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"puisse" poems
Nous etions, en cet instant, prisonniers du bonheur. Heritiers de cette douce mais, o combien lourde, ferveur Brulant sous cette peau vernie de sueur, de sable et de sel, Portes, en princes sous les ficelles des tisseuses de ciel. Nous regardions le gris a nous ecorcher les yeux, Aimant de la passion infidele du zenith bleu Le vide encombrant de nos plus incroyables espoirs Et le remou sans debut ni fin de nouvelles memoires. Nous les connaissions, ces esprits, vagabonds des mers Chassant, au milieu des vagues ces humeurs incidencieres, Celles la meme qui jadis se prenommaient “reves d’enfance” Et qui depuis de sont transformes en dependence. Nous les connaissions, et meme si la nature de ce lien M’est masque par un sacerdoce qui ne sera jamais mien, Elle me dicte toujours chaque contour de leur lames grises Qui de cet air sec et fier sont tragiquement eprises Nous etions, en cet instant prisonniers de beaute, Celle la meme qui voit nos poumons dechiquetes A vouloir engouffrer ce monde entier sous nos pores Que demain a travers ces lettres je puisse a nouveau le voir.
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Feb 19, 2015
Feb 19, 2015 at 1:01 PM UTC
A Solis Occasum Cardine
Je n’en peux plus. …/… Je ne sais même pas comment je vais faire pour payer mon loyer Alors je rêve et puis je bois. …/… Croyez-vous que je puisse être expulsée de mon logement ? Un matin, comme ça, l’air de rien Ou bien peut-être même un soir J’aurai dîné dehors Je rentrerai chez moi et je n’aurai nulle part où aller dormir Peut-être juste dans la cave en bas de chez moi Comme avant Comme lorsque je n’étais presque rien Et au four les quenelles. …/… Mais où allons-nous ? Nulle part Justement Nous n’allons nulle part.
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May 17, 2012
May 17, 2012 at 5:25 AM UTC
130310- Journal
La vie est un ensemble de hauts et de bas.. il n'y a rien qui puisse changer cela.. Tu n'as qu'a vivre correctement et tu gagneras ce combat.. La vie est remplie de surprise.. Tu peux etre riche et quand tu t'attends le moin,tout se volatise.. Tu peux etre pauvre et quand tu prend ton destin en main,tout se stabilise.. La vie,ce n'est pas avoir et obtenir mais,plutot etre et devenir.. c'est comme ca que tu resteras a jamais dans des coeurs comme un souvenir.. La vie est un miracle.. avec confiance, evites les obstacles, car ce n'est pas en regardant le spectacle, que tu pourra etre au pinacle.. La vie est un mystere.. resoudre la a la facon adventuriere, et de toi,tu seras fiere.. La vie n'est pas toujours celle qu'on esperer, mais tant qu'on a la chance de respirer, tant qu'on a le pouvoir de perseverer, une vie meilleure,rien ne pourra en empecher.. Ne baisse jamais tes bras.. car ton jour viendra.. Tu peux te trouver confronter a de nombreuses problemes, pensant toujours a te sortir de ces dilemmes.. Mais n'oublie jamais que tes problemes, peut importe lesquels, peuvent etre vaincus par ton perseverance graduel.. car la vie est belle..
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Mar 8, 2016
Mar 8, 2016 at 11:45 AM UTC
La vie
Sonnet. Dans une terre grasse et pleine d'escargots Je veux creuser moi-même une fosse profonde, Où je puisse à loisir étaler mes vieux os Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde, Je hais les testaments et je hais les tombeaux ; Plutôt que d'implorer une larme du monde, Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde. Ô vers ! noirs compagnons sans oreille et sans yeux, Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ; Philosophes viveurs, fils de la pourriture, A travers ma ruine allez donc sans remords, Et dites-moi s'il est encor quelque torture Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !
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Le mort joyeux
Une lettre français!   Ne jamais révéler ce qui vérités que vous ressentez. Les sentiments ont été conjuré. il vous a fait si triste. Sentiments inhumés trouvés. Ne savais pas que vous aviez. Confus et si peur. Mon co-accusés faisaient. Dans un traumatisme. Où l'amour a volé son armure. Tout pour une dose de amore honnête. Un visage toujours caché afin qu'il ne se perde pas. La véritable amitié de la vie, la cause de ce gel. Une fois très fort, maintenant si tristement perdu. Vous a envoyé une carte pour le moment de l'année. Probablement jeté dans la poubelle de la peur. Je pourrais vous aimer jamais plus. Cela aurait pu être plus jamais. Mais maintenant, ma douce amie reposer en paix. Peut sommeil éternel pas venir trop tôt. Pour la gloire de l'amitié coincé au fond de cette tombe! Avec l'amour d'un ami poétique. Puisse notre amitié vraiment jamais de fin! par ladylivvi1 © 2013 ladylivvi1 (Tous droits réservés)
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Dec 9, 2013
Dec 9, 2013 at 1:34 AM UTC
A French Letter
Oh ! Non, ils ne devraient jamais parler de Porto Rico Borinquén, Porto Rico de façon aussi diabolique Porto Rico nage dans la mer des Caraïbes Avec d'autres îles comme Cuba, Haïti et la Jamaïque Puerto Rico est un magnifique archipel des Caraïbes Avec de hautes montagnes. Oh ! Oui, la belle Porto Rico A un ciel bleu et blanc parfait, des forêts tropicales de bonheur Des plages d'eau cristalline, et elle est l'une des meilleures Porto Rico ne peut jamais être « une île flottante de déchets » Elle est superbe avec beaucoup de potentiel. De nos jours Certains clowns ou comédiens fous doivent avoir beaucoup de nerfs Pour insulter une Boricua aussi douce avec un peuple plein d’amour J’irai bientôt à Porto Rico à la recherche de ma belle Sainte De mon Âme, de ma reine. Je deviendrai un artiste pour peindre Le sourire de cette île paradisiaque. Borinquén chérie, mon amour Javier Solís a raison. Tu es le pays des rêves, mon amour Personne ne peut ternir ton image. Je viendrai te rendre visite bientôt Avec de beaux rêves dans mon cœur et avec une cuillère en argent Pour que je puisse savourer ta cuisine et siroter ton cocktail tropical En plongeant très fond dans les yeux de ta fleur si **** et belle Notre Porto Rico est une île mythologique pour les rêveurs Notre Porto Rico est un archipel tropical pour les amoureux. Copyright © Novembre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de nombreux recueils de poésie.
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Nov 5, 2024
Nov 5, 2024 at 10:23 PM UTC
Notre Porto Rico
Oh ! Non, ils ne devraient jamais parler de Porto Rico Borinquén, Porto Rico de façon aussi diabolique Porto Rico nage dans la mer des Caraïbes Avec d'autres îles comme Cuba, Haïti et la Jamaïque Puerto Rico est un magnifique archipel des Caraïbes Avec de hautes montagnes. Oh ! Oui, la belle Porto Rico A un ciel bleu et blanc parfait, des forêts tropicales de bonheur Des plages d'eau cristalline, et elle est l'une des meilleures Porto Rico ne peut jamais être « une île flottante de déchets » Elle est superbe avec beaucoup de potentiel. De nos jours Certains clowns ou comédiens fous doivent avoir beaucoup de nerfs Pour insulter une Boricua aussi douce avec un peuple plein d’amour J’irai bientôt à Porto Rico à la recherche de ma belle Sainte De mon Âme, de ma reine. Je deviendrai un artiste pour peindre Le sourire de cette île paradisiaque. Borinquén chérie, mon amour Javier Solís a raison. Tu es le pays des rêves, mon amour Personne ne peut ternir ton image. Je viendrai te rendre visite bientôt Avec de beaux rêves dans mon cœur et avec une cuillère en argent Pour que je puisse savourer ta cuisine et siroter ton cocktail tropical En plongeant très fond dans les yeux de ta fleur si **** et belle Notre Porto Rico est une île mythologique pour les rêveurs Notre Porto Rico est un archipel tropical pour les amoureux. Copyright © Novembre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de nombreux recueils de poésie.
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Tu es comme le printemps, Comme le vent qui souffle Par terre, qui me frappe À cœur, qui me soulève Et me jete au ciel, Où les nuages me caressent le visage Et me disent des mots D'amour et gentillesse, De force et de jeunesse. Tu es comme le printemps, Comme les arbres qui grossissent Pour que je puisse les admirer, Pour que je puisse les toucher, Et sentir la soie de ses P'tits cheveux qui restent Dans l'air timide mais éclatant, En attendant le couche de soleil Qui s'avance à l'horizon. Tu es comme le printemps, Comme les fleurs bleues et rouges Qui balancent comme des Spectateurs qui écoutent au musique, Qui descendent d'espace et embrasse La terre, et tu es comme le soleil Qui brille sur les champs, Qui réchauffe ma poitrine Et me caresse les lèvres. Tu es comme le printemps, Comme l'air frais en descendant Le soleil, comme l'orange du ciel Qui se couvre le monde, Comme l'odeur souple des pommes Qui accrochent des branches, Comme le tranquillité de ne rien se passer. Tu es comme le printemps, Comme la nuit qui s'approche Les villes et les campagnes, Comme les étoiles qui Me font penser, espérer Que je peux t'aimer, Ou te comprendre, Même si le printemps devient l'hiver. / You're like the spring, Like the wind that blows Across the earth, That knocks on my heart, That lifts me up And shoots me to heaven, Where the clouds caress my face And tell me words Of love and kindness, Of strength and youth. You are like the spring, Like the trees that grow So that I can admire them, So that I can touch them, And feel the silk of their Little hairs that sit In the timid yet lively air, Waiting for the sunset That advances on the horizon. You are like the spring, Like the blue and red flowers That sway like audience members Listening to music, Who descend from space and kiss the soil, And you are like the sun That shines on the fields, That heats my chest and kisses my lips. You are like the spring, Like the cool air that comes When the sun goes down, Like the orange of the sky that covers the world, Like the supple scent of apples That hang from branches, Like the peace of nothing happening. You are like the spring, Like the night that approaches The cities and country-sides, Like the stars that make me think, Even hope that I can love you, Or understand you, Even if the spring becomes winter.
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Sep 6, 2015
Sep 6, 2015 at 2:54 PM UTC
Le Printemps / The Spring
Tu es comme le printemps, Comme le vent qui souffle Par terre, qui me frappe À cœur, qui me soulève Et me jete au ciel, Où les nuages me caressent le visage Et me disent des mots D'amour et gentillesse, De force et de jeunesse. Tu es comme le printemps, Comme les arbres qui grossissent Pour que je puisse les admirer, Pour que je puisse les toucher, Et sentir la soie de ses P'tits cheveux qui restent Dans l'air timide mais éclatant, En attendant le couche de soleil Qui s'avance à l'horizon. Tu es comme le printemps, Comme les fleurs bleues et rouges Qui balancent comme des Spectateurs qui écoutent au musique, Qui descendent d'espace et embrasse La terre, et tu es comme le soleil Qui brille sur les champs, Qui réchauffe ma poitrine Et me caresse les lèvres. Tu es comme le printemps, Comme l'air frais en descendant Le soleil, comme l'orange du ciel Qui se couvre le monde, Comme l'odeur souple des pommes Qui accrochent des branches, Comme le tranquillité de ne rien se passer. Tu es comme le printemps, Comme la nuit qui s'approche Les villes et les campagnes, Comme les étoiles qui Me font penser, espérer Que je peux t'aimer, Ou te comprendre, Même si le printemps devient l'hiver. / You're like the spring, Like the wind that blows Across the earth, That knocks on my heart, That lifts me up And shoots me to heaven, Where the clouds caress my face And tell me words Of love and kindness, Of strength and youth. You are like the spring, Like the trees that grow So that I can admire them, So that I can touch them, And feel the silk of their Little hairs that sit In the timid yet lively air, Waiting for the sunset That advances on the horizon. You are like the spring, Like the blue and red flowers That sway like audience members Listening to music, Who descend from space and kiss the soil, And you are like the sun That shines on the fields, That heats my chest and kisses my lips. You are like the spring, Like the cool air that comes When the sun goes down, Like the orange of the sky that covers the world, Like the supple scent of apples That hang from branches, Like the peace of nothing happening. You are like the spring, Like the night that approaches The cities and country-sides, Like the stars that make me think, Even hope that I can love you, Or understand you, Even if the spring becomes winter.
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Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
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Dec 10, 2016
Dec 10, 2016 at 7:09 AM UTC
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
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Vous demandez si l'amour rend heureuse ; Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour. Ah ! pour un jour d'existence amoureuse, Qui ne mourrait ? la vie est dans l'amour. Quand je vivais tendre et craintive amante, Avec ses feux je peignais ses douleurs : Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs, Que cette image en paraît moins charmante. Si le sourire, éclair inattendu, Brille parfois au milieu de mes larmes, C'était l'amour ; c'était lui, mais sans armes ; C'était le ciel... qu'avec lui j'ai perdu. Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ; Il brûle tout, ce doux empoisonneur. J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme : Demandez-donc s'il donne le bonheur ! Vous le saurez : oui, quoi qu'il en puisse être, De gré, de force, amour sera le maître ; Et, dans sa fièvre alors lente à guérir, Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir. Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse ; Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour ; Souvent enfin la mort est dans l'amour ; Et cependant... oui, l'amour rend heureuse !
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L'amour
Oui, femmes, quoi qu'on puisse dire, Vous avez le fatal pouvoir De nous jeter par un sourire Dans l'ivresse ou le désespoir. Oui, deux mots, le silence même, Un regard distrait ou moqueur, Peuvent donner à qui vous aime Un coup de poignard dans le coeur. Oui, votre orgueil doit être immense, Car, grâce à notre lâcheté, Rien n'égale votre puissance, Sinon votre fragilité. Mais toute puissance sur terre Meurt quand l'abus en est trop grand, Et qui sait souffrir et se taire S'éloigne de vous en pleurant. Quel que soit le mal qu'il endure, Son triste rôle est le plus beau. J'aime encor mieux notre torture Que votre métier de bourreau.
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À Mademoiselle ***
Tout seul au plus profond d'un bois, Dans un fouillis de ronce et d'herbe, Se dresse, oublié, mais superbe, Un grand vase du temps des rois. Beau de matière et pur de ligne, Il a pour anses deux béliers Qu'un troupeau d'amours familiers Enlace d'une souple vigne. À ses bords, autrefois tout blancs, La mousse noire append son givre ; Une lèpre aux couleurs de cuivre Étoile et dévore ses flancs. Son poids a fait pencher sa base Où gît un amas de débris, Car il a ses angles meurtris, Mais il tient bon, l'orgueilleux vase. Il songe : « Autour de moi tout dort, Que fait le monde ? Je m'ennuie, Mon cratère est plein d'eau de pluie, D'ombre, de rouille et de bois mort. « Où donc aujourd'hui se promène Le flot soyeux des courtisans ? Je n'ai pas vu figure humaine À mon pied depuis bien des ans. » Pendant qu'il regrette sa gloire, Perdu dans cet exil obscur, Un oiseau par un trou d'azur S'abat sur ses lèvres pour boire. « Holà ! Manant du ciel, dis-moi, Toi devant qui l'horizon s'ouvre, Sais-tu ce qui se passe au Louvre ? Je n'entends plus parler du roi. - Ah ! Tu prends, à l'heure où nous sommes, Dit l'autre, un bien tardif souci ! Rien n'est donc venu jusqu'ici Des branle-bas qu'on faits les hommes ? - Parfois un soubresaut brutal, Des rumeurs extraordinaires, Comme de souterrains tonnerres Font tressaillir mon piédestal. - C'est l'écho de leurs grands vacarmes : Plus une tour, plus un clocher Où l'oiseau puisse en paix nicher ; Partout l'incendie et les armes ! « J'ai naguère, à Paris, en vain Heurté du bec les vitres closes, Nulle part, même aux lèvres roses, La moindre miette de vrai pain. « Aux mansardes des tuileries Je logeais, le printemps passé, Mais les flammes m'en ont chassé, Ce n'était que feux et tueries. « Sur le front du génie ailé Qui plane où sombra la bastille, J'ai voulu poser ma famille, Mais cet asile a chancelé. « Des murs de granit qu'on restaure Nous sommes l'un et l'autre exclus, Là le temps des palais n'est plus, Et celui des nids, pas encore. »
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Le vase et l'oiseau
Tout seul au plus profond d'un bois, Dans un fouillis de ronce et d'herbe, Se dresse, oublié, mais superbe, Un grand vase du temps des rois. Beau de matière et pur de ligne, Il a pour anses deux béliers Qu'un troupeau d'amours familiers Enlace d'une souple vigne. À ses bords, autrefois tout blancs, La mousse noire append son givre ; Une lèpre aux couleurs de cuivre Étoile et dévore ses flancs. Son poids a fait pencher sa base Où gît un amas de débris, Car il a ses angles meurtris, Mais il tient bon, l'orgueilleux vase. Il songe : « Autour de moi tout dort, Que fait le monde ? Je m'ennuie, Mon cratère est plein d'eau de pluie, D'ombre, de rouille et de bois mort. « Où donc aujourd'hui se promène Le flot soyeux des courtisans ? Je n'ai pas vu figure humaine À mon pied depuis bien des ans. » Pendant qu'il regrette sa gloire, Perdu dans cet exil obscur, Un oiseau par un trou d'azur S'abat sur ses lèvres pour boire. « Holà ! Manant du ciel, dis-moi, Toi devant qui l'horizon s'ouvre, Sais-tu ce qui se passe au Louvre ? Je n'entends plus parler du roi. - Ah ! Tu prends, à l'heure où nous sommes, Dit l'autre, un bien tardif souci ! Rien n'est donc venu jusqu'ici Des branle-bas qu'on faits les hommes ? - Parfois un soubresaut brutal, Des rumeurs extraordinaires, Comme de souterrains tonnerres Font tressaillir mon piédestal. - C'est l'écho de leurs grands vacarmes : Plus une tour, plus un clocher Où l'oiseau puisse en paix nicher ; Partout l'incendie et les armes ! « J'ai naguère, à Paris, en vain Heurté du bec les vitres closes, Nulle part, même aux lèvres roses, La moindre miette de vrai pain. « Aux mansardes des tuileries Je logeais, le printemps passé, Mais les flammes m'en ont chassé, Ce n'était que feux et tueries. « Sur le front du génie ailé Qui plane où sombra la bastille, J'ai voulu poser ma famille, Mais cet asile a chancelé. « Des murs de granit qu'on restaure Nous sommes l'un et l'autre exclus, Là le temps des palais n'est plus, Et celui des nids, pas encore. »
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Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage, Je te disais bonjour à la première page. Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ; En vérité, ce siècle est un mauvais moment. Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge, Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant, Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage, Lamartine vieilli qui me traite en enfant. La politique, hélas ! voilà notre misère. Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire. Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non. Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire. Si deux noms, par hasard, s'embrouillent sur ma lyre, Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.
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Sonnet au lecteur
*Excusez moi mademoiselle, J'espionnais votre compte d'instagram et j'ai regardé toutes vos images, Parce que votre apparence peut mettre des modèles hors entreprise si vous décidez de poursuivre la mode, J'ai une théorie sur vos origines et j'aimerais partager cela avec vous, Vos parents doivent être profondément amoureux quand ils vous ont donné naissance parce que c'est la seule explication que je puisse imaginer, Vous êtes ridiculement belles, êtes-vous sûr d'être une femme et pas une déesse? Haha. Je suis sûr que vous avez entendu de meilleurs compliments, mais ma chérie est sincère, Je peux voir que vous êtes une femme amoureuse d'elle-même et que les gens vous envient pour cette réalisation, Peut-être que certaines personnes pensent que vous êtes détestabile, mais je pense que vous êtes admirable, Je me demande ce que les gars doivent faire pour passer du temps autour de vous parce que le chocolat noir, les roses bleues et les conversations douces ne sont pas assez bonnes pour une femme comme vous. Vous mettez-vous une robe rouge la nuit et dansez-vous au clair de lune? Parce que vous avez l'air charmant tous les matins entre-temps, le reste d'entre nous est encore désordonné, Je n'ai jamais essayé de cocaïne, mais je suis plutôt sûr que vous avez le goût de vous, C'était censé être un compliment, alors j'espère que tu peux sourire, Je suis athée mais Dieu vous bénit coiffeur parce que j'adore vraiment votre coiffure. Lorsque vous mettez votre rouge à lèvres, vous avez l'air si beau que cela fait la grande faucheuse pour vous éviter tous les jours. Je sais que nous ne nous connaissons pas et c'est tout à fait ma faute, Peut-être la peur du rejet m'a-t-elle pris dans la tête et maintenant ça me rend timide comme une petite souris, J'admet! Je suis passionnément curieux de vous et il me tue doucement ne vous connait pas, Bien que vous sachiez quelle opportunité amusante pourrait être? Pour moi de prendre une centaine de photos de vous, car c'est ce que font les photographes, Et cela me donne beaucoup de chances de vous admirer, Je sais que ce poème stupide n'a pas de rime, mais même si, j'espère que je vous ai fait rire pendant un moment et que tout ira bien.* Stef Devid Alexandru ©
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Apr 16, 2017
Apr 16, 2017 at 7:38 AM UTC
irrésistible (french)
*Excusez moi mademoiselle, J'espionnais votre compte d'instagram et j'ai regardé toutes vos images, Parce que votre apparence peut mettre des modèles hors entreprise si vous décidez de poursuivre la mode, J'ai une théorie sur vos origines et j'aimerais partager cela avec vous, Vos parents doivent être profondément amoureux quand ils vous ont donné naissance parce que c'est la seule explication que je puisse imaginer, Vous êtes ridiculement belles, êtes-vous sûr d'être une femme et pas une déesse? Haha. Je suis sûr que vous avez entendu de meilleurs compliments, mais ma chérie est sincère, Je peux voir que vous êtes une femme amoureuse d'elle-même et que les gens vous envient pour cette réalisation, Peut-être que certaines personnes pensent que vous êtes détestabile, mais je pense que vous êtes admirable, Je me demande ce que les gars doivent faire pour passer du temps autour de vous parce que le chocolat noir, les roses bleues et les conversations douces ne sont pas assez bonnes pour une femme comme vous. Vous mettez-vous une robe rouge la nuit et dansez-vous au clair de lune? Parce que vous avez l'air charmant tous les matins entre-temps, le reste d'entre nous est encore désordonné, Je n'ai jamais essayé de cocaïne, mais je suis plutôt sûr que vous avez le goût de vous, C'était censé être un compliment, alors j'espère que tu peux sourire, Je suis athée mais Dieu vous bénit coiffeur parce que j'adore vraiment votre coiffure. Lorsque vous mettez votre rouge à lèvres, vous avez l'air si beau que cela fait la grande faucheuse pour vous éviter tous les jours. Je sais que nous ne nous connaissons pas et c'est tout à fait ma faute, Peut-être la peur du rejet m'a-t-elle pris dans la tête et maintenant ça me rend timide comme une petite souris, J'admet! Je suis passionnément curieux de vous et il me tue doucement ne vous connait pas, Bien que vous sachiez quelle opportunité amusante pourrait être? Pour moi de prendre une centaine de photos de vous, car c'est ce que font les photographes, Et cela me donne beaucoup de chances de vous admirer, Je sais que ce poème stupide n'a pas de rime, mais même si, j'espère que je vous ai fait rire pendant un moment et que tout ira bien.* Stef Devid Alexandru ©
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Monsieur du ciel, Je me demande s’il me souviendrait encore. Je n'oublie jamais de ce moment que j'ai redescendu l'escalier. Le 2h que je répète toujours dans la tète Il y a 10 mois mais c'est assez très lucide. S’il y a un amant dans son cœur donc Il la sait bien. Qu’aurais-je? La regrette, et les questions. Que je puisse retourner. A un souri dans la réalité.
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Jun 10, 2013
Jun 10, 2013 at 1:41 AM UTC
9.6.13
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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À l'amour
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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(Sur la conquête de la Franche-Comté.) Quelle rapidité, de conquête en conquête, En dépit des hivers guident tes étendards ? Et quel dieu dans tes yeux tient cette foudre prête Qui fait tomber les murs d'un seul de tes regards ? A peine tu parais qu'une province entière Rend hommage à tes lys, et justice à tes droits ; Et ta course en neuf jours achève une carrière Que l'on verrait coûter un siècle à d'autres rois. En vain pour l'applaudir ma muse impatiente, Attendant ton retour, prête l'oreille au bruit ; Ta vitesse l'accable, et sa plus haute attente Ne peut imaginer ce que ton bras produit. Mon génie, étonné de ne pouvoir te suivre, En perd haleine et force ; et mon zèle confus, Bien qu'il t'ait consacré ce qui me reste à vivre, S'épouvante, t'admire, et n'ose rien de plus. Je rougis de me taire, et d'avoir tant à dire ; Mais c'est le seul parti que je puisse choisir : Grand roi, pour me donner quelque loisir d'écrire, Daigne prendre pour vaincre un peu plus de loisir !
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Au Roi
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Le sirop et les mouches
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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À Alfred Tattet
Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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Sonnet. Croissez, jeune héros ; notre douleur profonde N'a que ce doux espoir qui la puisse affaiblir. Croissez, et hâtez-vous de faire voir au monde Que le plus noble sang peut encor s'ennoblir. Croissez pour voir sous vous trembler la terre et l'onde : Un grand prince vous laisse un grand nom à remplir ; Et ce que se promit sa valeur sans seconde, C'est par vous que le ciel réserve à l'accomplir. Vos aïeux vous diront par d'illustres exemples Comme il faut mériter des sceptres et des temples ; Vous ne verrez que gloire et que vertus en tous. Sur des pas si fameux suivez l'ordre céleste ; Et de tant de héros qui revivent en vous, Égalez le dernier, vous passerez le reste.
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À Monseigneur de Guise
20th September 2016 C'était l'odeur de l'eau de cologne, du tabac, de l'air pollué qui m'enivraient C'était le ciel en pleine nuit et nos doigts entremêlés qui m'évadaient Il est étrange l'univers où deux âmes solitaires Se rencontrent, non pas pour le plaisir de la chair Où même les grands silences deviennent succulents Puisqu'ils sont comblés par les tendres mouvements De ses lèvres contre les miennes De ma langue sur la sienne Où seuls comptent les minutes qu'il nous reste Alors que l'on fixe le noir infini et céleste En espérant avoir le droit privilégié d'une pause Juste un simple arrêt bref dans le temps pour que je puisse écrire notre histoire en prose
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Nov 23, 2017
Nov 23, 2017 at 7:57 PM UTC
an old poem
[Pour Marie C.] Tu te souviens de cette fois Quand tu m’as demandé Si j’ai jamais pleuré de la douleur ? Car je te réponds profondément et tendrement que oui. « Oui » vrai de nouveau chaque jour. De supporter un nom Un sexe Un âge Des vêtements qui me donnent des descriptions et m’emprisonnent en plus. De la longueur de ma maison. Et ça fait mal comme un pur viol. Voir, sur les genoux parmi des bêtes, devant soi-même tout ce qui t’admire, ce qui te laisse respirer, t’aime, te donne l’identité et vit en tes soupirs des yeux et des larmes, juste à la distance de la main pour ne pas être jamais rendu à toi en publique et te tuant ainsi dans un pays étrange. « Oui » de souffrance inédite. Quand j’t’entends, te vois en mon esprit, Je nous demande Combien de nuits sourdes, trop silencieuses, du goût du sang et du métal as-tu passé séparé, tout en eau, Sans air, les mélodies comme la seule compagnie ? Combien des choses y a-t-il auxquels tu ne donne jamais la voix ? Combien de masques as-tu créés et détruits ? Combien des portes as-tu claqué devant les personnes qui s’appelaient ta famille ? Combien d’êtres as-tu blessé pour te protéger ? La masque de pierre n’endurcira plus un jour Et la pierre se cassera en porcelaine sanglante. Je désire te voir te romper, Toucher une corde sensible de ton piano, Pour que tu meurtes et naisses de nouveau. Pour que tu puisses authentiquement respirer. Pour que tu te laisse pleurer sans cesse. Pour que je puisse te tenir dans mes bras. Comme si tu étais la chose plus valeureuse et fragile du monde, Et pour qu’on puisse se regarder dans nos yeux pour des heures, Sans mots ni pensées se retrouver, Devenir fragiles tous les deux. « T’es trop lumineux », tu dis, « pour moi », Eh ben, t’es pas trop sombre pour moi. Tu t’emportes des écouteurs, Ta barrière et ta rédemption. Seule distraction et chemin au ciel. On se rend tous les deux aux étoiles, On peut s’y rencontrer un jour et entrelacer les mains. Peut-être même s’appeler de derrière de nos miroirs étroits Avec des nouveaux sons pour nos noms. Je t’embrasse, observe Et écris de là, Marie.
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Jun 23, 2020
Jun 23, 2020 at 6:55 AM UTC
Écouteurs (Headphones)
[Pour Marie C.] Tu te souviens de cette fois Quand tu m’as demandé Si j’ai jamais pleuré de la douleur ? Car je te réponds profondément et tendrement que oui. « Oui » vrai de nouveau chaque jour. De supporter un nom Un sexe Un âge Des vêtements qui me donnent des descriptions et m’emprisonnent en plus. De la longueur de ma maison. Et ça fait mal comme un pur viol. Voir, sur les genoux parmi des bêtes, devant soi-même tout ce qui t’admire, ce qui te laisse respirer, t’aime, te donne l’identité et vit en tes soupirs des yeux et des larmes, juste à la distance de la main pour ne pas être jamais rendu à toi en publique et te tuant ainsi dans un pays étrange. « Oui » de souffrance inédite. Quand j’t’entends, te vois en mon esprit, Je nous demande Combien de nuits sourdes, trop silencieuses, du goût du sang et du métal as-tu passé séparé, tout en eau, Sans air, les mélodies comme la seule compagnie ? Combien des choses y a-t-il auxquels tu ne donne jamais la voix ? Combien de masques as-tu créés et détruits ? Combien des portes as-tu claqué devant les personnes qui s’appelaient ta famille ? Combien d’êtres as-tu blessé pour te protéger ? La masque de pierre n’endurcira plus un jour Et la pierre se cassera en porcelaine sanglante. Je désire te voir te romper, Toucher une corde sensible de ton piano, Pour que tu meurtes et naisses de nouveau. Pour que tu puisses authentiquement respirer. Pour que tu te laisse pleurer sans cesse. Pour que je puisse te tenir dans mes bras. Comme si tu étais la chose plus valeureuse et fragile du monde, Et pour qu’on puisse se regarder dans nos yeux pour des heures, Sans mots ni pensées se retrouver, Devenir fragiles tous les deux. « T’es trop lumineux », tu dis, « pour moi », Eh ben, t’es pas trop sombre pour moi. Tu t’emportes des écouteurs, Ta barrière et ta rédemption. Seule distraction et chemin au ciel. On se rend tous les deux aux étoiles, On peut s’y rencontrer un jour et entrelacer les mains. Peut-être même s’appeler de derrière de nos miroirs étroits Avec des nouveaux sons pour nos noms. Je t’embrasse, observe Et écris de là, Marie.
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Je porte un nom assez... bizarre, Tu diras : « Ton cas n'est pas rare. » Oh !... je ne pose pas pour ça, Du tout... mais... permettez, Madame, Je découvre en son anagramme : Amour ingénue, et puis : Va ! Si... comme un régiment qu'on place Sous le feu... je change la face... De ce nom... drôlement venu, Dans le feu sacré qui le dore, Tiens ! regarde... je lis encore : Amour ignée, et puis : Va, nu ! Pas une lettre de perdue ! Il avait la tête entendue, Le parrain qui me le trouva ! Mais ce n'est pas là tout, écoute ! Je lis encor, pour Toi, sans doute : Amour ingénu, puis : Éva ! Tu sais... nous ne sommes... peut-être Les seuls amours... qu'on ait vus naître ; Il en naît... et meurt tous les jours ; On en voit sous toutes les formes ; Et petits, grands... ou même énormes, Tous les hommes sont des amours. Pourtant... ce nom me prédestine... À t'aimer, ô ma Valentine ! Ingénument, avec mon corps, Avec mon cœur, avec mon âme, À n'adorer que Vous, Madame, Naturellement, sans efforts. Il m'invite à brûler sans trêve, Comme le cierge qui s'élève D'un feu très doux à ressentir, Comme le Cierge dans l'Église ; À ne pas garder ma chemise Et surtout... à ne pas mentir. Et si c'est la mode qu'on nomme La compagne du nom de l'homme, J'appellerai ma femme : Éva. J'ôte É, je mets lent, j'ajoute ine, Et cela nous fait : Valentine ! C'est un nom chic ! et qui me va ! Tu vois comme cela s'arrange. Ce nom, au fond, est moins étrange Que de prime abord il n'a l'air. Ses deux majuscules G. N. Qui font songer à la Géhenne Semblent les Portes de l'Enfer ! Eh, bien !... mes mains ne sont pas fortes, Mais Moi, je fermerai ces Portes, Qui ne laisseront plus filtrer Le moindre rayon de lumière, Je les fermerai de manière Qu'on ne puisse jamais entrer. En jouant sur le mot Géhenne, J'ai, semble-t-il dire, la Haine, Et je ne l'ai pas à moitié, Je l'ai, je la tiens, la Maudite ! Je la tiens bien, et toute, et vite, Je veux l'étrangler sans pitié ! Puisque c'est par Elle qu'on souffre, Qu'elle est la Bête aux yeux de soufre Qu'elle n'écoute... rien du tout, Qu'elle ment, la sale mâtine ! Et pour qu'on s'aime en Valentine D'un bout du monde à l'autre bout.
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Le nom
Je porte un nom assez... bizarre, Tu diras : « Ton cas n'est pas rare. » Oh !... je ne pose pas pour ça, Du tout... mais... permettez, Madame, Je découvre en son anagramme : Amour ingénue, et puis : Va ! Si... comme un régiment qu'on place Sous le feu... je change la face... De ce nom... drôlement venu, Dans le feu sacré qui le dore, Tiens ! regarde... je lis encore : Amour ignée, et puis : Va, nu ! Pas une lettre de perdue ! Il avait la tête entendue, Le parrain qui me le trouva ! Mais ce n'est pas là tout, écoute ! Je lis encor, pour Toi, sans doute : Amour ingénu, puis : Éva ! Tu sais... nous ne sommes... peut-être Les seuls amours... qu'on ait vus naître ; Il en naît... et meurt tous les jours ; On en voit sous toutes les formes ; Et petits, grands... ou même énormes, Tous les hommes sont des amours. Pourtant... ce nom me prédestine... À t'aimer, ô ma Valentine ! Ingénument, avec mon corps, Avec mon cœur, avec mon âme, À n'adorer que Vous, Madame, Naturellement, sans efforts. Il m'invite à brûler sans trêve, Comme le cierge qui s'élève D'un feu très doux à ressentir, Comme le Cierge dans l'Église ; À ne pas garder ma chemise Et surtout... à ne pas mentir. Et si c'est la mode qu'on nomme La compagne du nom de l'homme, J'appellerai ma femme : Éva. J'ôte É, je mets lent, j'ajoute ine, Et cela nous fait : Valentine ! C'est un nom chic ! et qui me va ! Tu vois comme cela s'arrange. Ce nom, au fond, est moins étrange Que de prime abord il n'a l'air. Ses deux majuscules G. N. Qui font songer à la Géhenne Semblent les Portes de l'Enfer ! Eh, bien !... mes mains ne sont pas fortes, Mais Moi, je fermerai ces Portes, Qui ne laisseront plus filtrer Le moindre rayon de lumière, Je les fermerai de manière Qu'on ne puisse jamais entrer. En jouant sur le mot Géhenne, J'ai, semble-t-il dire, la Haine, Et je ne l'ai pas à moitié, Je l'ai, je la tiens, la Maudite ! Je la tiens bien, et toute, et vite, Je veux l'étrangler sans pitié ! Puisque c'est par Elle qu'on souffre, Qu'elle est la Bête aux yeux de soufre Qu'elle n'écoute... rien du tout, Qu'elle ment, la sale mâtine ! Et pour qu'on s'aime en Valentine D'un bout du monde à l'autre bout.
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Promène-moi au long du fleuve Inonde-moi à la rive La reliure du livre, Mainte fois épanoui comme L'envergure d'une danseuse, Déchirée par la pluie Interpelle mon nom Sur tes lèvres noyés, et que je ne manque le chaos qui m'attendait d'ailleurs, hier soir Hommage d'un papillon, Choyé par la lueur clignotante, Un mensonge, une trahison atroce Que quiconque n'essaie de dévorer ma démise Je ne suis que vent, tempête, ouragan Une bête ensorcelée, Éternelle à la douleur Puisse que tenace de jeunesse, Et crise de nulle part, Nous entrelace les mains dans la terre Faites que je me retrouve six pieds sous la mer Perdre sa langue, Que sois chose plus pire Que perdre sa voix, Et ne plus pouvoir dormir Toute qu'une brume Triomphant l'aube, et La chair de mon sang Aussi fatal que le sifflement, Le sifflement du vent
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Dec 12, 2020
Dec 12, 2020 at 3:33 PM UTC
Poème gris
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VII)
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Traduites du latin d'Audoenus (Owen). Liv. I, . Ép. 30. Jeanne, toute la journée, Dit que le joug d'hyménée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature, Tout le long de la nuit, jure Qu'il n'en est point de si doux. Liv. I, . Ép. 145. Les huguenotes de Paris Disent qu'il leur faut deux maris, Qu'autrement il n'est en nature De moyen par où, sans pécher, On puisse, suivant l'Écriture, Se mettre deux en une chair. Liv. II, . Ép. 47. Catin, ce gentil visage, Épousant un huguenot, Le soir de son mariage, Disait à ce pauvre sot : De peur que la différence En fait de religion, Rompant notre intelligence Nous mette en division ; Laisse-moi mon franc arbitre, Et du reste de la foi, Je veux avoir le chapitre, Si j'en dispute avec toi. Liv. II, . Ép. 88. Depuis que l'hiver est venu Je plains le froid qu'Amour endure, Sans songer que plus il est nu Et tant moins il craint la froidure. Liv. III, . Ép. 65. Dans les divers succès de la fin de leur vie, Le prodigue et l'avare ont de quoi m'étonner ; Car l'un ne donne rien qu'après qu'elle est ravie, Et l'autre après sa mort n'a plus rien à donner. Liv. III, . Ép. 124. Lorsque nous sommes mal, la plus grande maison Ne nous peut contenir, faute d'assez d'espace ; Mais, sitôt que Phylis revient à la raison, Le lit le plus étroit a pour nous trop de place.
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Épigrammes