"passant" poems
You make me feel so stupid
When we play chess
The way you en passant all nonchalant
You chase me into castle
From there I watch you intently
The way the Russians watched Bobby Fischer
In his hotel room
But while I wait for a move to develop
I become the Boredest Spazsky
My mind in a stalemate
As I try to crush your Sicilian defenses
As much as I harangue
You leave me in zugzwang
Which confuses my feeble mind
For I may be a pawn
But I'm the king pawn
Which means the board usually revolves around me
But your queen takes that instantly
And I'm left in a fool's checkmate
I wish you could see things from my side of the board
You'd see how desperately I wanted the king
All the complex and unique obstacles in the way
But instead you just sit there
And laugh at me losing all my pieces trying to reach you
Jun 12, 2017
Jun 12, 2017 at 2:17 AM UTC
I dream of rigged lacrosse matches
won in 4th quarter
overtime
of chess games won with en passant
(what exactly is that?)
of horses falling at the first hurdle.
I dream of Martian landscapes
through sand-dunes of heartache
because as a child, at McDonalds
I was never allowed a milk shake,
while in my waking hours I have
absolved a multitude of sins for
lapsed nuns, ringmasters and troubadours.
I have filmed riots,
marathons and abortions.
I have seen things
pickled in jars
holding open heavy doors.
I have tried,
like an idiot
to commit all this to
memory.
Dec 31, 2012
Dec 31, 2012 at 2:15 PM UTC
check it out check it out
chic chicky boom chicky boom chic chic
it's da state of this here disunion
this here bangalore torpedo seeks yer minefields
this here suffering hero
n
crows about strafes
multitudes peripherally
****** blind prophets
exclaim
chic chicky boom chicky boom chic chic
it's nothing but beginning
of beginning & z end of approximation
time's sweet angry subluxation
universal caving in on U & U
chic chicky boom chicky boom chic chic
when was z last time U really loved
i mean really really really loved
ha i could only hold to z imagination
z skeleton z allegory z myth
'cause everything slides & falls
screams careens outta control
chic chicky boom chicky boom chic chic
she brought in rrrrevolution.evolution.now
is z caustic effervescence of her wit
eroding my sandy castle of deceit?
ha and repeat ha
chic chicky boom chicky boom chic chic
forgive-me-notes are written high
on z forehead of my despair
a cursive flowing interdiction
malediction cruxifiction err-u-diction
en-passant
in each pyrotechnic moment when we don't see I-to-I
on anything relevant to what we once hoped was us
but we continue dance dance dance
perseveration aberration indiscretion cha-cha-cha
chic chicky boom chicky boom chic chic
she said *** is z engine of z world
like engine like world like ***
like like like
could say no more
oh it's tiresome to go on
describing that chimeric uniting
flesh-to-flesh-in-flesh eliding
we all are guilty of
do not end a line with a preposition such as
that or a proposition such as this:
given angle a prove that old triangle theorem
two simultaneous loves don't make a right
cherchez les angles les anglais la bon mot
ya know
chic chicky boom chicky boom chic chic
when i die please bury me upside down
prone to z ground making dead love to earth ya kno
while the centuries lie down next to me
chic chicky boom chicky boom chic chic
chic chicky boom chicky boom chic chic
chic chicky boom chicky boom chic chic
chic!
chic!
Jan 24, 2010
Jan 24, 2010 at 3:14 PM UTC
La Llorona
(ce poéme écrit après avoir écouté la chanson est
dédié à Frida Kahlo et à Joan Baez)
Sur les remparts de Tenochtitlan
tu ne sors qu'à la nuit couchante
les nuits ou la lune est orange tourne
rouge de sang et d'amertume.
Tu fais briller ta chevelure
de geai, tel un diamant noir,
ton nom est "Llorona la belle"
qui nous appelle de ses pleurs.
Et tente de nous attirer
Avec sa voix rauque et ses pleurs.
Tu annonces la venue de ceux
par qui la mort doit advenir.
Car telle est ta prophétie
magicienne, du Monde Indien.
Surtout passant, ferme les yeux
et retiens ton amour naissant
car la Llorona ne vient pas
pour te serrer dans ses bras
et te donner sa douce peau,
Ni te couvrir de baisers.
Elle se fait messagère de malheur.
Et annonce les temps nouveaux
D’où surgiront les hommes barbus, bardés de fer
avec ces animaux fabuleux
Et leur bâton de foudre et de tonnerre
qui tuent mieux que la guerre fleurie.
Son chant est hymne funèbre
ou la prophétie s'accomplit
dans les cliquetis d’acier,
la maudite soif de l’or
et le feu des bûchers.
Garde toi de suivre « la pleureuse »
qui t'annonce les jours maudits,
ou le sang indien va couler
et le Peuple être mis en servage.
Loran ta beauté est venin
cartes présages sont les flèches
que nous lancent les "temps nouveaux".
Pleurons, tous, notre liberté
et les jours de cendre venus,
et la chute des Dieux serpents.
Paul Arrighi, Toulouse
Jan 9, 2014
Jan 9, 2014 at 4:12 PM UTC
and just like that
off we went
setting our course
for uncharted waters
full to the brim
with hopes, ideas, memories
free at last
of values, tastes, prejudices
that weren’t even ours, to begin with
a mere word, said en passant,
was the very wind filling our sails
our hearts the wheel
our eyes the rudder
whatever storms we might face,
whatever perils lie in wait,
we shall overcome
for the ship we’re on
is called ‘love’
Jul 19, 2023
Jul 19, 2023 at 12:01 PM UTC
you climb a tree, right to the top
the tree took years to reach those nauseating heights
energy, commitment, obstinateness to make it
and you, the one with the selfish gene, climb up it
cutting out all the hard work
and I can't blame you, for I have done it too
tu montes à un arbre, jusqu'à la cime
l'arbre a passé des années à arriver à cette hauteur écoeurante
l'énergie, l'engagement, l'obstination pour réussir
et toi, celui avec le gène égoïste, tu montes
en passant tout le travail dur
et je ne te reproche pas de le faire, car je l'ai fait aussi
Aug 24, 2015
Aug 24, 2015 at 7:15 PM UTC
She'd not laid out the chessboard yet your fingers played the game
moving up her body like a rook upon its frame
And all directions scattered as the vacant squares were won
kept by her fidelity then claimed as if a pawn
But only one can occupy the spaces in between
a narrow road that leads you into that which can't be seen
The guard is up and she is safe inside the lines that pave
a path without an end in sight - eternity, the way
Her en passant captivity may drain her weakened state
and bring about the enemy to stand before her face
But nothing's made if it's not moved for then it has no verve
advance, retreat - her victory is what you will preserve
Feb 14, 2013
Feb 14, 2013 at 12:57 PM UTC
Le Pont sur le Liamone entre Arbori et Vico
Nous venions du «clos d'Alzetto»,
Domaine réputé en Corse,
Passant par Arbori et Ampigna
Sur une route plus noueuse,
Qu'une couleuvre se tortillant.
Le couvert boisé tempérait
Le soleil qui dardait la lunette
Et la nature semblait impénétrable,
Comme dans les maquis
De Prosper Mérimée.
Il ne manquait, dans nombre d'endroits
Faits pour l'embuscade,
Que la lueur d'acier
Du canon d'un fusil,
Lorsqu'apparut un pont génois
Haut dresse sur le Liamone.
La route, pour franchir la rivière
Faisait un coude
Et nous sortirent de l'auto
Saisis par le charme du lieu,
pour jeter des regards,
Portant au **** du cours du torrent,
sur les à pics de la rivière,
A la fois tumultueuse et grondante
Avec ses bassins de granit
Sculptés dans le cours du fleuve,
Et baignés d'eaux vertes sur fonds mauves,
Qui semblaient réclame
leur trophée
De nageurs et nageuses
Pour tenir compagnie
A ses truites fario
Si bien cachées,
Dans les cavités de granit.
Et au génie tutélaire
De ce haut Liamone,
Qui règne sur ces torrents
de Montagne
en donnant,
Depuis des temps immémoriaux.
Un spectacle si rare et saisissant,
Qu'il emplit les esprits
D'une sensation de contempler,
L'un de ces objet d'art,
Façonné par notre mère la Nature.
Et levant les yeux nous vîmes,
Planer l'aigle royal,
Paraissant ainsi saluer,
L’altière grandeur de ces lieux.
Paul Arrighi
Aug 19, 2016
Aug 19, 2016 at 5:28 AM UTC
Fable V, Livre II.
Plus galant que sensé, Colin voulut jadis
Réunir dans son champ l'agréable à l'utile,
Et cultiver les fleurs au milieu des épis,
Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile.
Parmi les blés, dans la saison,
Il va donc semant à foison
Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille
Qu'on voit égayer nos guérets,
Quand Flore, en passant chez Cérès,
A laissé pencher sa corbeille.
Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau !
Avant l'ample récolte au moissonneur promise,
Que de bouquets pour Suzette, pour Lise,
Pour les fillettes du hameau !
Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ;
Ou rien pour rien, c'est ma devise.
Le doux printemps paraît enfin :
Le bluet naît avec la rose.
En mai, le bonheur de Colin
Faisait envie à maint voisin ;
En août ce fut tout autre chose.
Tandis qu'il n'était pas d'endroits
Où la moisson ne fût certaine ;
Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine,
Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine
Que celle de trouver ses greniers trop étroits ;
Trop **** désabusé de ses projets futiles,
D'un œil obscurci par les pleurs,
Colin, dans ses sillons stérilement fertiles,
Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs.
Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance,
Ceci vous regarde, je crois ;
Chez vous, on apprend à la fois
Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse.
C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis,
Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis.
Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système
Colin, vous dit-il sagement,
Ne cultivons que le froment,
Le bluet viendra de lui-même.
1.2k
- Qu'es-tu, passant ? Le bois est sombre,
Les corbeaux volent en grand nombre,
Il va pleuvoir.
- Je suis celui qui va dans l'ombre,
Le Chasseur Noir !
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Sifflent... on dirait
Qu'un sabbat nocturne emplit de huées
Toute la forêt ;
Dans une clairière au sein des nuées
La lune apparaît.
- Chasse le daim, chasse la biche,
Cours dans les bois, cours dans la friche,
Voici le soir.
Chasse le czar, chasse l'Autriche,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois -
Souffle en ton cor, boucle ta guêtre,
Chasse les cerfs qui viennent paître
Près du manoir.
Chasse le roi, chasse le prêtre,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois -
Il tonne, il pleut, c'est le déluge.
Le renard fuit, pas de refuge
Et pas d'espoir !
Chasse l'espion, chasse le juge,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois -
Tous les démons de saint-Antoine
Bondissent dans la folle avoine
Sans t'émouvoir ;
Chasse l'abbé, chasse le moine,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois -
Chasse les ours ! ta meute jappe.
Que pas un sanglier n'échappe !
Fais ton devoir !
Chasse César, chasse le pape,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois -
Le loup de ton sentier s'écarte.
Que ta meute à sa suite parte !
Cours ! fais-le choir !
Chasse le brigand Bonaparte,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Tombent... on dirait
Que le sabbat sombre aux rauques huées
À fui la forêt ;
Le clair chant du coq perce les nuées ;
Ciel ! l'aube apparaît !
Tout reprend sa forme première.
Tu redeviens la France altière
Si belle à voir,
L'ange blanc vêtu de lumière,
Ô Chasseur Noir !
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Tombent... on dirait
Que le sabbat sombre aux rauques huées
À fui la forêt ;
Le clair chant du coq perce les nuées,
Ciel ! l'aube apparaît !
Jersey, le 22 octobre 1852.
1.1k
The king and the queen
And a few bleeding pawns
Fractured souls and bodies
The victors and the defeaters
Standing all alone
Wails deafening the cheers
Oh the game of chess
When played by Rooks*
What a mess.
Sep 13, 2011
Sep 13, 2011 at 12:57 AM UTC
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade
(Chronique des années de Blues et de fièvres)
C'était un bar de Croix-Daurade,
Dans les années soixante-dix,
Placé sur la route d'Albi,
Près du Lycée Raymond-Naves
Qui lui donnait sa clientèle
De jeunes gens émerveillés
De découvrir leur liberté
**** des regards de leurs parents
Ce bar était dans l’air du temps,
Des banquettes de moleskine
Un jukebox passant les tubes
De ces «golden seventies»
dont les jeunesses s’étaient saisies
Pour jeter les bases d’un Monde
Qui puisse leur ressembler un peu
Les chansons étaient leurs bannières :
Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois
«My Sweet Lord» de Georges Harrison
Quelque fois, l'harmonica de Dylan
Évoquant Monsieur «Tambourine Man»,
Et bien d'autres que j’ai oubliées.
Nous buvions le plus souvent
Des petits noirs sans soif ni fin,
Parfois quelques bières pour les garçons
Des diabolos menthe pour les filles.
Nos conversations infinies,
S'enflammaient d'esquisses de flirt,
Et nous étions tous fascinés,
par leurs regards pareil à des aimants,
Leurs les longs cheveux dénoués,
et leurs yeux emplis de lumière.
Les filles nous semblaient belles et douces
Et nous n'osions pas assez le leur dire.
Mais leur présence charmante
Piquaient notre fièvre de «Tchatcher»
Lorsqu'il y eu la grève au lycée,
Suite aux blessures infligées
au normalien, Richard Deshayes
Le café devint un vrai QG,
Où nous préparions nos expéditions,
Des militants vinrent recruter,
Et nous initièrent aux querelles
Qui n'avaient rien à envier
A celles des Byzantins assiégés.
Il y avait le bel Alfredo,
Et des étudiants qui faisaient
Tourner la tête aux Lycéennes .
C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon :
«Des temps déraisonnables»
Mais c’était une époque de fantaisie
Ou le demain se conjuguait
Au rythme de notre insolence
Et d’une soif de vivre sans pareil.
Paul Arrighi
Dec 10, 2016
Dec 10, 2016 at 7:09 AM UTC
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau,
Fuyant le nid léger que balance l'ormeau,
Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose,
Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose.
Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier,
De pétales dorés parsemant le sentier,
Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure,
Qu'un sourire d'avril ramène la verdure.
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs
Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ;
Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne,
Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône.
Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau,
Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau,
Me cache ses détours, mais qui murmure et chante,
S'emparant en fuyant de ma pensée errante.
Sur le bord du chemin, que j'aime le berger,
Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ;
La cloche du troupeau, triste comme une plainte,
Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte.
Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor
La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ;
À ses pieds, une fleur humide de rosée,
Par l'humble laboureur, humblement déposée.
Sur le bord du chemin, la fleur se fanera,
Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ;
Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ;
Mais la croix restera saintement immortelle !
Sur le bord du chemin, tout varie en son cours,
Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours !
Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute,
Qu'il est bon de trouver une croix sur la route !
Sur le bord du chemin, les paroles d'amour,
Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour,
S'en vont avec le vent, aussi légère chose
Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose.
Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir,
Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ;
Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage,
On s'assied sur la route à moitié du voyage.
Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi !
Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi.
Tu me montres le but ; une voix qui console,
Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole :
« Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli
Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli,
Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance,
Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! »
Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix,
Consolant les bergers et consolant les rois,
Offrant à tout passant son appui tutélaire...
Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
1.1k
De mon balcon terrassés d’herbes fines je les vois
Des taches noires mes yeux plissés les aperçoivent
Des hirondelles accompagnées de moineaux
Une parade douce et enivrante les oiseaux
Instiguent le goût de planer alléchant
De rejoindre leurs rangs célestes bien avant
Que la nuit dévore les dernières lumières
Qui, ores, livrent une spectaculaire
Fresque de couleurs vives et de nuages
Lisses ou joufflus tels que des personnages
Passant de jaune à bleu argenté, l’horizon
Tranché par de silencieux et petits avions
Gazouille d’invisibles meutes d’insectes
Qui rempliront bientôt de joyeux becs
Sep 9, 2019
Sep 9, 2019 at 7:29 PM UTC
Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ?
Comme il est sombre et pâle ! il ressemble à la nuit.
Comme il s'envole vite !... et de ma main tremblante
S'échappe malgré moi son aile impatiente.
« Reste encore ! il me semble, ange au triste regard,
Qu'avec toi, de mes jours fuit la meilleure part !
Quel est ton nom ? réponds.
- Tu dis vrai, je suis triste ;
Et pourtant, à mes lois jamais rien ne résiste ;
Je dépouille en passant les arbres de leur fleur,
L'âme, de son espoir, le cœur, de son bonheur ;
Je prends tous les trésors, jamais rien ne m'arrête ;
Je ne vois pas les pleurs... je détourne la tête.
Sur mon nom, interroge un cœur que j'ai blessé :
« Hélas ! s'écrira-t-il, c'est l'ange du passé ! »
- Le Passé !! devant toi mon âme est sans prière,
Et je lâche ta main froide comme la pierre.
Contre toi, tout effort demeure superflu...
De mes biens les plus chers, ange, qu'emportes-tu ?
J'emporte **** de toi l'heureuse insouciance
Dont le calme est si doux qu'on dirait l'espérance ;
J'emporte la gaîté, ce bonheur sans motif
Qui répand à l'entour son parfum fugitif ;
J'emporte ces doux chants, rêves de poésie,
Enivrant en secret l'âme qu'ils ont choisie ;
J'emporte ta jeunesse et ton joyeux espoir
Se brisant le matin pour renaître le soir ;
J'emporte ces pensers, qui, dans la solitude,
Donnent un but qu'on aime aux efforts de l'étude ;
J'emporte les bonheurs qui jadis te charmaient,
Car j'emporte avec moi tous les cœurs qui t'aimaient.
- Qu'ai-je fait pour les perdre ?
- Hélas ! rien... mais j'appelle ;
Nul à mes volontés ne peut être rebelle.
Et ne savais-tu pas qu'incertain en son cours,
Tout bonheur doit passer... peut-être en quelques jours !
Que tel est le pouvoir qui gouverne la terre :
Une joie, un regret ; l'ombre après la lumière.
Quand j'ai dit : C'est assez ! en vain on crie : « Encor ! »
Je veux ceux qui l'aimaient... j'emporte mon trésor !
- Oh ! rends-moi quelque instant, ou d'espoir, ou de doute !
Et puis, me dépouillant, tu poursuivras ta route.
- Je ne puis.
- Mais alors, pour mes jours à venir,
Que me laisses-tu donc, mon Dieu !
- Le souvenir.
962
La vie s'en est allée
La vie s'en est allée
comme vont et viennent les vagues
avec leur écume et leurs ressacs.
Avec leurs rêves de jeunesse
trop souvent envolés
dans la forêt des illusions perdues.
La vie s'en est allée
Comme une pluie d'illusions
Pour nous, rêveurs trébuchants,
Et celles et ceux, brillants
comme des papillons
Happés par leurs mirages.
La vie s'en est allée
Comme l'on fait naufrage,
En se retrouvant Robinson
Dans une île inconnue, **** de tout secours
Guettant les signes de vaisseaux
Qui ne passeront probablement jamais.
La vie, s'en est allée
Comme meurent les roses
Laissant charmes et beauté,
Se dissiper comme des parfums
Évaporés avec le temps.
Ne laissant qu'une faible empreinte.
La vie s'en est allée,
Comme un dernier souffle
Comme un regard mouillé
Qui voudrait s'attarder
Mais n'a plus le pouvoir
de capter l'attention
Des passant(e)s fuyant(e)s.
Paul Arrighi
Sep 16, 2016
Sep 16, 2016 at 2:59 PM UTC
The 64 squares on a chessboard
match the tally of my years –
some passed in red,
others in black -
another day, another game.
Mostly I prefer to play
the knight with angled junkets
cutting a dashing profile
like the head of his noble steed
(though many moves, alas,
resemble another part of the horse) .
Of course it is rather grand
to be monarch for a day
calling the shots
from a gilded throne
in a rustic medieval castle
but a mere half turn of the wheel
busts me down to humble pawn -
moving one square at a time -
rendering to Caesar his due.
Chess may not be my game of choice
but there isn’t any other
and on the whole it’s not so bad
save for that infernal timer!
December, 2007
Aug 3, 2013
Aug 3, 2013 at 5:25 AM UTC
my life ends here / on a Sunday’s evening
after the cross and the globe on the church’s steeple became cooler
I have never felt more non-pain non-love non-fear
the asphalt feels empty and dull for my soles / the resounding box lost its echo
I step further asymmetrically / my soul is slanting / I have no better thing to do
than to stare at people right into the whole / the full of them
without any thought
only the shadow of my elbow embraces other shadows
en passant
silhouette after silhouette
Modigliani’s women / Brâncuşi’s magic birds
la dolce morte della luce
everything flows into thoughts / thoughts into other thoughts even Charon’s boat
and right now my lips paralyzed to stop me from proving something
Aug 24, 2014
Aug 24, 2014 at 5:12 PM UTC
Ils marchaient à côté l'un de l'autre ; des danses
Troublaient le bois joyeux ; ils marchaient, s'arrêtaient,
Parlaient, s'interrompaient, et, pendant les silences,
Leurs bouches se taisant, leurs âmes chuchotaient.
Ils songeaient ; ces deux coeurs, que le mystère écoute,
Sur la création au sourire innocent
Penchés, et s'y versant dans l'ombre goutte à goutte,
Disaient à chaque fleur quelque chose en passant.
Elle sait tous les noms des fleurs qu'en sa corbeille
Mai nous rapporte avec la joie et les beaux jours ;
Elle les lui nommait comme eût fait une abeille,
Puis elle reprenait : « Parlons de nos amours.
Je suis en haut, je suis en bas », lui disait-elle,
« Et je veille sur vous, d'en bas comme d'en haut. »
Il demandait comment chaque plante s'appelle,
Se faisant expliquer le printemps mot à mot.
Ô champs ! il savourait ces fleurs et cette femme.
Ô bois ! ô prés ! nature où tout s'absorbe en un,
Le parfum de la fleur est votre petite âme,
Et l'âme de la femme est votre grand parfum !
La nuit tombait ; au tronc d'un chêne, noir pilastre,
Il s'adossait pensif ; elle disait : « Voyez
Ma prière toujours dans vos cieux comme un astre,
Et mon amour toujours comme un chien à tes pieds. »
Juin 18...
845
Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.
Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.
Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.
Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !
Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;
Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.
Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,
Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,
Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !
787
(Sur la mort de Mademoiselle Élisabeth Ranquet,
Femme de M. Du Chevreul, Écuyer, Seigneur d'Esturnville.)
Sonnet.
Ne verse point de pleurs sur cette sépulture,
Passant : ce lit funèbre est un lit précieux,
Où gît d'un corps tout pur la cendre toute pure ;
Mais le zèle du cœur vit encore en ces lieux.
Avant que de payer le droit de la nature
Son âme, s'élevant au-delà de ses yeux,
Avait au Créateur uni la créature ;
Et marchant sur la terre elle était dans les cieux.
Les pauvres bien mieux qu'elle ont senti sa richesse :
L'humilité, la peine, étaient son allégresse ;
Et son dernier soupir fut un soupir d'amour.
Passant, qu'à son exemple un beau feu te transporte ;
Et, **** de la pleurer d'avoir perdu le jour,
Crois qu'on ne meurt jamais quand on meurt de la sorte.
763
Eh bien ! que fais-tu donc, ô Mémoire infidèle ?
Tu ne sais plus ces vers, poésie immortelle,
Consacrés par la gloire et redits en tous lieux !
Ces sublimes accents au rythme harmonieux,
Où d'un poète aimé le génie étincelle,
Mémoire, que fuis-tu, si tu ne les retiens ?
« Je me souviens !
« Mais, passant à travers les grands bruits de la terre,
Qui doit se souvenir, hélas ! a trop à faire.
Contre moi, chaque jour, combat l'oubli jaloux :
Je ne puis tout garder, et je choisis pour vous.
Du rayon qui donna la plus fraîche lumière,
D'un suave parfum, de sons éoliens,
Je me souviens.
« Souvent, abandonnant au burin de l'histoire,
Tout ce qui tient en main le sceptre de la gloire,
Je laisse à tout hasard, au **** errer mes pas,
Dans des sentiers obscurs où l'on chante tout bas.
Plus attentive alors, moi, pauvre humble Mémoire,
D'espoirs, de doux pensers, rêves aériens,
Je me souviens.
« Si parfois un ami, triste et rempli d'alarme,
Vient chercher près de vous quelque espoir qui le charme ;
Sa main dans votre main, quand s'entr'ouvre son cœur,
- Le cœur, qui sait si bien parler de la douleur ! -
Du mal de votre ami, d'un regard, d'une larme,
De tout ce qui s'échappe en vos longs entretiens,
Je me souviens.
« À tout ce qui gémit et pleure dans la vie,
Je prête, en cheminant, une oreille attendrie ;
J'écoute mieux encor ceux qui ne parlent plus,
Les amis d'autrefois au tombeau descendus :
Je fais revivre en moi l'âme qui s'est enfuie ;
Des nœuds qui sont rompus rattachant les liens,
Je me souviens !
« Assez d'autres sans moi garderont souvenance
De ces vers tant aimés ; qu'importe mon silence !
Quand la gloire a parlé, mes soins sont superflus. »
- C'est bien ! je suis contente, et ne veux rien de plus
Si, n'oubliant jamais ni bonheur ni souffrance,
Lorsque je vois s'enfuir les plus chers de mes biens,
Tu te souviens !
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Attendees at the game of the gods,
come in three
Pythogorean sorts:
First kinds are the lovers of wisdom,
the second are the lovers of honor and
the third are the lovers of gains.
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Ah, now, now
There is a demon
of the old kind attempting me
to lashout
my flagella and wipe my competitors from the stream
in this
only race that counts,
first and only, no second place in this race
to pass
through
into the egg, where life, as we know it begins.
All I brought, my entire being
as a cellulate entity with a will to win, is absorbed into
her.
Here, she perfects that which concerns me,
my will is done. I won.
Or did the others fail? Should I have slowed and let
another pierce this egg
and marvel at its works, while I am left useless forever?
Nay, or why would I retain this will to win?
Or this will to
calmly carry on, knowing now, this final phase in the course
of compleat being becoming,
slow and steady sets the pace,
right
up to now, k-pow, push meets shove and I win again,
recalling the joy when
I, the wiggly carrier of all that made me possible,
pass through your attentive staring, sorting egg-eye
maybe,
osmotical magical silliness wells up in me.
I was chosen. Or formed to fit, this
complex knot
lock meet for me, the key
ingredi-ant,
in ever stories provoking old men to grow on.
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Strange though it be, true,
Isaac Bashevis Singer inspires me, with words he left behind
for just this reason.
From <https://en.wikipedia.org/wiki/Isaac_Bashevis_Singer>
Sep 20, 2019
Sep 20, 2019 at 12:12 PM UTC
Sonnet.
Sous ces arbres chéris, où j'allais à mon tour
Pour cueillir, en passant, seul, un brin de verveine,
Sous ces arbres charmants où votre fraîche haleine
Disputait au printemps tous les parfums du jour ;
Des enfants étaient là qui jouaient alentour ;
Et moi, pensant à vous, j'allais traînant ma peine ;
Et si de mon chagrin vous êtes incertaine
Vous ne pouvez pas l'être au moins de mon amour.
Mais qui saura jamais le mal qui me tourmente ?
Les fleurs des bois, dit-on, jadis ont deviné !
Antilope aux yeux noirs, dis, quelle est mon amante ?
Ô lion, tu le sais, toi, mon noble enchaîné ;
Toi qui m'as vu pâlir lorsque sa main charmante
Se baissa doucement sur ton front incliné.
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Why hiding your fears in an unchewed No
Or sparkling your eyes just one liquid moment?
We are already tired before we begin.
En passant I have to tell you about the glue
That is cast upon our hips
scattered images in fugitive dreams
us at the same table
me waving good bye
perfume on your hands
but not enough laughter
to open some space in time
It’s noon and I miss you
Mar 6, 2014
Mar 6, 2014 at 8:27 AM UTC