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"maudit" poems
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Sep 4, 2025
Sep 4, 2025 at 11:02 PM UTC
Les Pleurs Ou Les Larmes D’Une Mère
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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I stepped into the house and removed my rain-soaked shoes on the grizzled entrance mat. No one in the kitchen. Though the aroma lingered, the coffee *** had turned itself off. I touched the glass -- cool. No one in the living room. Half a pair of sequined flats were in the dog's mouth, half a lady's pantsuit -- the black legs -- lied on the floor. A soap opera on the screen, the volume low, the gold-tipped ceiling fan oscillating, and Serge Gainsbourg's Histore de Melody Nelson played down the hall. I followed the breathy vocals and wandering baseline to my room, and there she sat. The blinds open, veiny rain running along the pane, on the beige carpeted floor, next to my unmade bed, criss-crossed Jessica. "Hey, sweetheart," I said. Jessica smiled. When she smiles, her cheeks go flush, she lowers her head slowly, embarrassed, but yet when she laughs, she laughs loudly, boldly. I've never understood that. Jessica was wearing a white, spaghetti-strap undershirt and blue cotton ******* Her brunette curls -- down, reaching past her shoulders. Her toenails -- painted purple and chipped. Newspapers lied strewn about her, with puddles of acrylic paint atop them. In her lap, a white canvas stapled to a wooden backing frame. She sang, *"Princesse des ténèbres, archange maudit, Amazone modern' style que le sculpteur, En anglais, surnomma Spirit of Ecstasy."* as she painted two lovers growing together like curious oak trees. I sat behind her on my bed. Pushed aside the tangled sheets. She craned her neck to kiss my cheek sweetly. "How was your day?" I asked. "Oh, who cares," she responded. Her eyebrows lifted, her fingertips traced my thigh, "Tell me something beautiful." "What?" She dipped her paintbrush in red, in white and applied them to the lovers' lips. "Tell me something beautiful." "I can't think of anything," I said. "Try."
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Sep 28, 2012
Sep 28, 2012 at 12:03 AM UTC
tell me something beautiful
I stepped into the house and removed my rain-soaked shoes on the grizzled entrance mat. No one in the kitchen. Though the aroma lingered, the coffee *** had turned itself off. I touched the glass -- cool. No one in the living room. Half a pair of sequined flats were in the dog's mouth, half a lady's pantsuit -- the black legs -- lied on the floor. A soap opera on the screen, the volume low, the gold-tipped ceiling fan oscillating, and Serge Gainsbourg's Histore de Melody Nelson played down the hall. I followed the breathy vocals and wandering baseline to my room, and there she sat. The blinds open, veiny rain running along the pane, on the beige carpeted floor, next to my unmade bed, criss-crossed Jessica. "Hey, sweetheart," I said. Jessica smiled. When she smiles, her cheeks go flush, she lowers her head slowly, embarrassed, but yet when she laughs, she laughs loudly, boldly. I've never understood that. Jessica was wearing a white, spaghetti-strap undershirt and blue cotton ******* Her brunette curls -- down, reaching past her shoulders. Her toenails -- painted purple and chipped. Newspapers lied strewn about her, with puddles of acrylic paint atop them. In her lap, a white canvas stapled to a wooden backing frame. She sang, *"Princesse des ténèbres, archange maudit, Amazone modern' style que le sculpteur, En anglais, surnomma Spirit of Ecstasy."* as she painted two lovers growing together like curious oak trees. I sat behind her on my bed. Pushed aside the tangled sheets. She craned her neck to kiss my cheek sweetly. "How was your day?" I asked. "Oh, who cares," she responded. Her eyebrows lifted, her fingertips traced my thigh, "Tell me something beautiful." "What?" She dipped her paintbrush in red, in white and applied them to the lovers' lips. "Tell me something beautiful." "I can't think of anything," I said. "Try."
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C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or Je croyais voir Ses patientes mains calmer un incendie C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit C'était au beau milieu de notre tragédie Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire Pendant tout ce long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire Pendant tout ce long jour assise à son miroir À ranimer les fleurs sans fin de l'incendie Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit Elle martyrisait à plaisir sa mémoire C'était au beau milieu de notre tragédie Le monde ressemblait à ce miroir maudit Le peigne partageait les feux de cette moire Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire C'était un beau milieu de notre tragédie Comme dans la semaine est assis le jeudi Et pendant un long jour assise à sa mémoire Elle voyait au **** mourir dans son miroir Un à un les acteurs de notre tragédie Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits Et ce que signifient les flammes des longs soirs Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie.
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Elsa au miroir
Sonnet. Je te donne ces vers afin que si mon nom Aborde heureusement aux époques lointaines, Et fait rêver un soir les cervelles humaines, Vaisseau favorisé par un grand aquilon, Ta mémoire, pareille aux fables incertaines, Fatigue le lecteur ainsi qu'un tympanon, Et par un fraternel et mystique chaînon Reste comme pendue à mes rimes hautaines ; Etre maudit à qui, de l'abîme profond Jusqu'au plus haut du ciel, rien, hors moi, ne répond ! - Ô toi qui, comme une ombre à la trace éphémère, Foules d'un pied léger et d'un regard serein Les stupides mortels qui t'ont jugée amère, Statue aux yeux de jais, grand ange au front d'airain !
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Je te donne ces vers
Somehow the rest of the day Fleeted like our fragile thoughts. The preoccupied crustacean Washed upon the shore, Thanks to the high tide, A swirl of earthly obsessions. An old woman awoke early In the morning to water her bonsai. Who is that at the front door? Who could it possibly be? Was it the childbearing of symmetry From a timid chamber? Does a poet create poetry or does poetry create a poet? Read and decide for me. Originally written 4/10/11 Revised 10/18/14 (c) 2014 Brandon Antonio Smith
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Oct 18, 2014
Oct 18, 2014 at 5:59 PM UTC
Poete Maudit
huge black hulk of sunken sagging bedding his armchair has seen its better days his mousy derelictions from society's dictums have born a wastrel with feet of clay a bookworm hiding from the birds of prey a lover unloved except for that long ago kiss on a Paris quay cigarette burns and sudden coffee spills scarce paper and broken quills tribunal assaults on ambition's embattled frays he holds fast to this chair through many a  disorienting maze holds fast to this comfort flop of better days canaries mourn the demise of his old dog lassie while johns down the street rejoice over their whores' chassis and the ice cream man takes a breather on the Santa Monica sands listening to the far away poet wrap up his film in the can for video night at the local poetry slam milk wood meetings in slumberous afternoons enforce the guilt of absent attractions though grateful bon ami erases evidence of the satisfaction then often leans back in his chair falling asleep on a half remembered line of Poe or John Clare awakening wishing once for a computer though he thinks them a crime a luddite at heart neighbors revile him for being an old **** yet sometimes he sinks deeper into his chair imagining taking the big step if he dare burp me mrs sweeny pleads to her lover who raps her on the back 2 or 3 times and a fourth for FOOD luck as on the bachelor's chair they commence to **** though after stepping into the morning's widowed wind all seems bleak and commonly thin but both he and she kept the loss of a sedentary promise fearfully within
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Sep 27, 2016
Sep 27, 2016 at 10:20 PM UTC
FROM THE LIFE OF A POETE MAUDIT
huge black hulk of sunken sagging bedding his armchair has seen its better days his mousy derelictions from society's dictums have born a wastrel with feet of clay a bookworm hiding from the birds of prey a lover unloved except for that long ago kiss on a Paris quay cigarette burns and sudden coffee spills scarce paper and broken quills tribunal assaults on ambition's embattled frays he holds fast to this chair through many a  disorienting maze holds fast to this comfort flop of better days canaries mourn the demise of his old dog lassie while johns down the street rejoice over their whores' chassis and the ice cream man takes a breather on the Santa Monica sands listening to the far away poet wrap up his film in the can for video night at the local poetry slam milk wood meetings in slumberous afternoons enforce the guilt of absent attractions though grateful bon ami erases evidence of the satisfaction then often leans back in his chair falling asleep on a half remembered line of Poe or John Clare awakening wishing once for a computer though he thinks them a crime a luddite at heart neighbors revile him for being an old **** yet sometimes he sinks deeper into his chair imagining taking the big step if he dare burp me mrs sweeny pleads to her lover who raps her on the back 2 or 3 times and a fourth for FOOD luck as on the bachelor's chair they commence to **** though after stepping into the morning's widowed wind all seems bleak and commonly thin but both he and she kept the loss of a sedentary promise fearfully within
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A celui dont le ciel a maudit les mirettes, Comme vieil oiseau à l’aile artificielle. Vole, bien peu adroit, accepte mais rejette, En deuil de la clarté, et pleure sa lourde attelle. Celui qui en dépit des voix et des regards Ne tira pas la bride, au quadruple galop S’enfonça dans le trou, la vie et son traquenard. Et maintenant de son être recherche les morceaux. Enfin, l’exotique reptile, exhibant ses atouts : Sombres et ternes couleurs ornent son capuchon, Pourtant si attirantes, quand il se tient debout. Il porte ce qu’il trouve beau, c’est sa grande conviction. Volatile épuisé, serpent ou équidé, Le bipède leur donnera sa petite mine d’or, Dans son pelage blanc, coton immaculé. L’Homme vit uniquement pour défier la mort.
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Sep 16, 2018
Sep 16, 2018 at 8:06 AM UTC
La Lentille
Tu te frappais le front en lisant Lamartine, Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit ; Le frisson te prenait, et la foudre divine, Tombant dans ta poitrine, T'épouvantait toi-même en traversant ta nuit. Ah ! frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie. C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour ; C'est là qu'est le rocher du désert de la vie, D'où les flots d'harmonie, Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour. Peut-être à ton insu déjà bouillonnent-elles, Ces laves du volcan, dans les pleurs de tes yeux. Tu partiras bientôt avec les hirondelles, Toi qui te sens des ailes Lorsque tu vois passer un oiseau dans les cieux. Ah ! tu sauras alors ce que vaut la paresse ; Sur les rameaux voisins tu voudras revenir. Edouard, Edouard, ton front est encor sans tristesse, Ton coeur plein de jeunesse... Ah ! ne les frappe pas, ils n'auraient qu'à s'ouvrir !
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À mon ami Edouard B
J'aime d'un fol amour les monts fiers et sublimes ! Les plantes n'osent pas poser leurs pieds frileux Sur le linceul d'argent qui recouvre leurs cimes ; Le soc s'émousserait à leurs pics anguleux. Ni vigne aux bras lascifs, ni blés dorés, ni seigles ; Rien qui rappelle l'homme et le travail maudit. Dans leur air libre et pur nagent des essaims d'aigles, Et l'écho du rocher siffle l'air du bandit. Ils ne rapportent rien et ne sont pas utiles ; Ils n'ont que leur beauté, je le sais, c'est bien peu ; Mais, moi, je les préfère aux champs gras et fertiles, Qui sont si **** du ciel qu'on n'y voit jamais Dieu !
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Dans la Sierra
Quien no ama, no vive. Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux, riche ou sage, Si jamais vous n'avez épié le passage, Le soir, d'un pas léger, d'un pas mélodieux, D'un voile blanc qui glisse et fuit dans les ténèbres, Et, comme un météore au sein des nuits funèbres, Vous laisse dans le coeur un sillon radieux ; Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire, Ce suprême bonheur qui fait nos jours dorés, De posséder un coeur sans réserve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour étoiles, De n'avoir pour soleils que deux yeux adorés ; Si vous n'avez jamais attendu, morne et sombre, Sous les vitres d'un bal qui rayonne dans l'ombre, L'heure où pour le départ les portes s'ouvriront, Pour voir votre beauté, comme un éclair qui brille, Rose avec des yeux bleus et toute jeune fille, Passer dans la lumière avec des fleurs au front ; Si vous n'avez jamais senti la frénésie De voir la main qu'on veut par d'autres mains choisie, De voir le coeur aimé battre sur d'autres coeurs ; Si vous n'avez jamais vu d'un oeil de colère La valse impure, au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les fleurs ; Si jamais vous n'avez descendu les collines, Le coeur tout débordant d'émotions divines ; Si jamais vous n'avez le soir, sous les tilleuls, Tandis qu'au ciel luisaient des étoiles sans nombre, Aspiré, couple heureux, la volupté de l'ombre, Cachés, et vous parlant tout bas, quoique tout seuls ; Si jamais une main n'a fait trembler la vôtre ; Si jamais ce seul mot qu'on dit l'un après l'autre, JE T'AIME ! n'a rempli votre âme tout un jour ; Si jamais vous n'avez pris en pitié les trônes En songeant qu'on cherchait les sceptres, les couronnes, Et la gloire, et l'empire, et qu'on avait l'amour ! La nuit, quand la veilleuse agonise dans l'urne, Quand Paris, enfoui sous la brume nocturne Avec la tour saxonne et l'église des Goths, Laisse sans les compter passer les heures noires Qui, douze fois, semant les rêves illusoires, S'envolent des clochers par groupes inégaux ; Si jamais vous n'avez, à l'heure où tout sommeille, Tandis qu'elle dormait, oublieuse et vermeille, Pleuré comme un enfant à force de souffrir, Crié cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore, Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore, Et maudit votre mère, et désiré mourir ; Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre âme allumait une autre âme, Que vous étiez charmé, qu'un ciel s'était ouvert, Et que pour cette enfant, qui de vos pleurs se joue, Il vous serait bien doux d'expirer sur la roue ; ... Vous n'avez point aimé, vous n'avez point souffert ! Novembre 1831.
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Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux
Quien no ama, no vive. Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux, riche ou sage, Si jamais vous n'avez épié le passage, Le soir, d'un pas léger, d'un pas mélodieux, D'un voile blanc qui glisse et fuit dans les ténèbres, Et, comme un météore au sein des nuits funèbres, Vous laisse dans le coeur un sillon radieux ; Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire, Ce suprême bonheur qui fait nos jours dorés, De posséder un coeur sans réserve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour étoiles, De n'avoir pour soleils que deux yeux adorés ; Si vous n'avez jamais attendu, morne et sombre, Sous les vitres d'un bal qui rayonne dans l'ombre, L'heure où pour le départ les portes s'ouvriront, Pour voir votre beauté, comme un éclair qui brille, Rose avec des yeux bleus et toute jeune fille, Passer dans la lumière avec des fleurs au front ; Si vous n'avez jamais senti la frénésie De voir la main qu'on veut par d'autres mains choisie, De voir le coeur aimé battre sur d'autres coeurs ; Si vous n'avez jamais vu d'un oeil de colère La valse impure, au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les fleurs ; Si jamais vous n'avez descendu les collines, Le coeur tout débordant d'émotions divines ; Si jamais vous n'avez le soir, sous les tilleuls, Tandis qu'au ciel luisaient des étoiles sans nombre, Aspiré, couple heureux, la volupté de l'ombre, Cachés, et vous parlant tout bas, quoique tout seuls ; Si jamais une main n'a fait trembler la vôtre ; Si jamais ce seul mot qu'on dit l'un après l'autre, JE T'AIME ! n'a rempli votre âme tout un jour ; Si jamais vous n'avez pris en pitié les trônes En songeant qu'on cherchait les sceptres, les couronnes, Et la gloire, et l'empire, et qu'on avait l'amour ! La nuit, quand la veilleuse agonise dans l'urne, Quand Paris, enfoui sous la brume nocturne Avec la tour saxonne et l'église des Goths, Laisse sans les compter passer les heures noires Qui, douze fois, semant les rêves illusoires, S'envolent des clochers par groupes inégaux ; Si jamais vous n'avez, à l'heure où tout sommeille, Tandis qu'elle dormait, oublieuse et vermeille, Pleuré comme un enfant à force de souffrir, Crié cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore, Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore, Et maudit votre mère, et désiré mourir ; Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre âme allumait une autre âme, Que vous étiez charmé, qu'un ciel s'était ouvert, Et que pour cette enfant, qui de vos pleurs se joue, Il vous serait bien doux d'expirer sur la roue ; ... Vous n'avez point aimé, vous n'avez point souffert ! Novembre 1831.
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Fais rafraîchir mon vin, de sorte Qu'il passe en froideur un glaçon ; Fais venir Jeanne, qu'elle apporte Son Luth pour dire une chanson ; Nous ballerons tous trois au son ; Et dis à Barbe qu'elle vienne, Les cheveux tors à la façon D'une folâtre Italienne. Ne vois-tu que le jour se passe ? Je ne vis point au lendemain : Page, reverse dans ma tasse, Que ce grand verre soit tout plein : Maudit soit qui languit en vain ! Ces vieux Médecins je n'approuve ; Mon cerveau n'est jamais bien sain Si beaucoup de vin ne l'abreuve.
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À son Page
Quand l'empire romain tomba désespéré, - Car, ô Rome, l'abîme où Carthage a sombré Attendait que tu la suivisses ! - Quand, n'ayant rien en lui de grand qu'il n'eût brisé, Ce monde agonisa, triste, ayant épuisé Tous les Césars et tous les vices ; Quand il expira, vide et riche comme Tyr ; Tas d'esclaves ayant pour gloire de sentir Le pied du maître sur leurs nuques ; Ivre de vin, de sang et d'or ; continuant Caton par Tigellin, l'astre par le néant, Et les géants par les eunuques ; Ce fut un noir spectacle et dont on s'enfuyait. Le pâle cénobite y songeait, inquiet, Dans les antres visionnaires ; Et, pendant trois cents ans, dans l'ombre on entendit Sur ce monde **** sur ce festin maudit, Un écroulement de tonnerres. Et Luxure, Paresse, Envie, Orgie, Orgueil, Avarice et Colère, au-dessus de ce deuil, Planèrent avec des huées ; Et, comme des éclairs sous le plafond des soirs, Les glaives monstrueux des sept archanges noirs Flamboyèrent dans les nuées. Juvénal, qui peignit ce gouffre universel, Est statue aujourd'hui ; la statue est de sel, Seule sous le nocturne dôme ; Pas un arbre à ses pieds ; pas d'herbe et de rameaux ; Et dans son oeil sinistre on lit ces sombres mots : « Pour avoir regardé Sodôme. » Février 1843.
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La statue
Don’t belong here I try to escape in the words and hide from the world.
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Mar 14, 2020
Mar 14, 2020 at 6:44 AM UTC
Poète maudit
Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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Orientale
Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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Un jour Ali passait : les têtes les plus hautes Se courbaient au niveau des pieds de ses arnautes ; Tout le peuple disait : Allah ! Un derviche soudain, cassé par l'âge aride, Fendit la foule, prit son cheval par la bride, Et voici comme il lui parla : « Ali-Tépéléni, lumière des lumières, Qui sièges au divan sur les marches premières, Dont le grand nom toujours grandit, Ecoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre, Ombre du padischah qui de Dieu même est l'ombre, Tu n'es qu'un chien et qu'un maudit ! « Un flambeau du sépulcre à ton insu t'éclaire. Comme un vase trop plein tu répands ta colère Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une faulx dans l'herbe Et tu fait un ciment à ton palais superbe De leur os broyés dans leur sang. « Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe, Que sous tes pas enfin croule et s'ouvre la tombe ; Dieu te garde un carcan de fer Sous l'arbre du segjin chargé d'âmes impies Qui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies, Dans la nuit du septième enfer ! « Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimes Un démon te lira les noms de tes victimes ; Tu les verras autour de toi, Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines, Se presser, plus nombreux que les paroles vaines Que balbutiera ton effroi ! « Ceci t'arrivera, sans que ta forteresse Ou ta flotte te puisse aider dans ta détesse De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde, Pour tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde, En mourant changerait de nom ! » Ali sous sa pelisse avait un cimeterre, Un tromblon tout chargé, s'ouvrant comme un cratère, Trois longs pistolets, un poignard ; Il écouta le prêtre et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard. Le 8 novembre 1828.
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Le Derviche
Un jour Ali passait : les têtes les plus hautes Se courbaient au niveau des pieds de ses arnautes ; Tout le peuple disait : Allah ! Un derviche soudain, cassé par l'âge aride, Fendit la foule, prit son cheval par la bride, Et voici comme il lui parla : « Ali-Tépéléni, lumière des lumières, Qui sièges au divan sur les marches premières, Dont le grand nom toujours grandit, Ecoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre, Ombre du padischah qui de Dieu même est l'ombre, Tu n'es qu'un chien et qu'un maudit ! « Un flambeau du sépulcre à ton insu t'éclaire. Comme un vase trop plein tu répands ta colère Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une faulx dans l'herbe Et tu fait un ciment à ton palais superbe De leur os broyés dans leur sang. « Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe, Que sous tes pas enfin croule et s'ouvre la tombe ; Dieu te garde un carcan de fer Sous l'arbre du segjin chargé d'âmes impies Qui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies, Dans la nuit du septième enfer ! « Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimes Un démon te lira les noms de tes victimes ; Tu les verras autour de toi, Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines, Se presser, plus nombreux que les paroles vaines Que balbutiera ton effroi ! « Ceci t'arrivera, sans que ta forteresse Ou ta flotte te puisse aider dans ta détesse De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde, Pour tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde, En mourant changerait de nom ! » Ali sous sa pelisse avait un cimeterre, Un tromblon tout chargé, s'ouvrant comme un cratère, Trois longs pistolets, un poignard ; Il écouta le prêtre et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard. Le 8 novembre 1828.
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Comme la vie est faite ! Et que le train du monde Nous pousse aveuglément en des chemins divers ! Pareil au Juif maudit, l'un, par tout l'univers, Promène sans repos sa course vagabonde ; L'autre, vrai docteur Faust, baigné d'ombre profonde, Auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts, Poursuit de son fauteuil quelques rêves amers, Et dans l'âme sans fond laisse filer la sonde. Eh bien ! Celui qui court sur la terre était né Pour vivre au coin du feu ; le foyer, la famille, C'était son vœu ; mais Dieu ne l'a pas couronné. Et l'autre, qui n'a vu du ciel que ce qui brille Par le trou du volet, était le voyageur. Ils ont passé tous deux à côté du bonheur.
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Destinée