"lustres" poems
This is the time lean woods shall spend
A steeped-up twilight, and the pale evening drink,
And the perilous roe, the leaper to the west brink,
Trembling and bright to the caverned cloud descend.
Now shall you see pent oak gone gusty and frantic,
Stooped with dry weeping, ruinously unloosing
The sparse disheveled leaf, or reared and tossing
A dreary scarecrow bough in funeral antic.
Then, tatter you and rend,
Oak heart, to your profession mourning; not obscure
The outcome, not crepuscular; on the deep floor
Sable and gold match lustres and contend.
And rags of shrouding will not muffle the slain.
This is the immortal extinction, the priceless wound
Not to be staunched. The live gold leaks beyond,
And matter’s sanctified, dipped in a gold stain.
3.3k
See! I give myself to you, Beloved!
My words are little jars
For you to take and put upon a shelf.
Their shapes are quaint and beautiful,
And they have many pleasant colours and lustres
To recommend them.
Also the scent from them fills the room
With sweetness of flowers and crushed grasses.
When I shall have given you the last one,
You will have the whole of me,
But I shall be dead
3k
When the chill of earth black-breasted is uplifted at the
glance
Of the red sun million-crested, and the forest blossoms
dance
With the light that stirs and lustres of the dawn, and with
the bloom
Of the wind’s cheek as it clusters from the hidden valley’s
gloom :
Then I walk in woodland spaces, musing on the solemn
ways
Of the immemorial places shut behind the starry rays
Of the East and all its splendour, of the West and all its peace;
And the stubborn lights grow tender, and the hard sounds
hush and cease.
In the wheel of heaven revolving, mysteries of death and
birth,
In the wonb of time dissolving, shape anew a heaven and
earth
Ever changing, ever growing, ever dwindling, ever dear,
Ever worth the passion glowing to distil a doubtful tear.
These are with me, these are of me, these approve me,
these obey,
Choose me, move me, fear me, love me, master of the
night and day.
These are real, these illusion : I am of them, false or frail,
True or lasting, all is fusion in the spirit’s shadow-veil,
Till the knowledge -Lotus flowering hides the world
beneath its stem;
Neither I, nor nor God life-showering, find a counterpart in
them.
As a spirit in a vision shows a countenance in fear,
Laughs the looker to derision, only comes to disappear,
Gods and mortals, mind and matter, in the glowing bud
dissever :
Vein from vein they rend and shatter, and are nothingness
for ever.
In the blessed, the enlightened, perfect eyes these visions
pass,
Pass and cease, poor shadows frightened,
leave no stain
upon the glass.
One last stroke, O heart- free master, one last certain
calm of will,
And the maker of Disaster shall be strcken and grow
still.
Burn thou to the core of matter, to the spirit’s utmost
flame,
Consciousness and sense to shatter, ruin sight and form
and name!
Shatter, lake-reflected spectre; lake, rise up in mist to
sun;
Sun, dissolve in showers of nectar, and the Master’s
work is done.
Nectar perfume gently stealing, masterful and sweet and
strong,
Cleanse the world with light of healing in the ancient
House of Wrong !
Free a million mortals on the wheel of
being
tossed !
Open wide the mystic portals, and be altogether lost!
2.3k
You’re silent.
You’re embryos of animals
You’re charged weapons
You’re creatures sitting in the ark
You’re TVs
You’re a guide of metro
You’re passengers without weapons
You’re fallen lustres
You’re heaters
You’re toys
Mom loudly cried
She ran and hugged the policeman
At the window of a shop
The policeman, who killed a child yesterday
Mom cried loudly
She ran and hugged , in the corner of street
Next to the church,
Padre, in the front of vulcanization
Who ***** a girl in the corner of street yesterday, next to a church.
Mom is shouting
She ran and hugged the politician on pavilion
The politician, who sold motherland of others.
Mom was screaming and ran to shop
And bought *****
Mom drank *****
And whole night she looked alike a wistit
You’re silent.
You’re embryos of animals
You’re charged weapons
You’re creatures sitting in the ark
You’re TVs
You’re a guide of metro
You’re passengers without weapons
You’re fallen lustres
You’re heaters
You’re toys
You’re the mom , who hugged a guilty policeman with happiness/
And then in the corner of street, next to the church,
In the front of vulcanization, hugged a villain padre and a traitor politician standing in a pavilion.
Jul 9, 2016
Jul 9, 2016 at 11:12 PM UTC
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas **** -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
II
- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...
- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
1.2k
Il y a bien huit milliards d'années lumière
Huit cents millions de lustres
Huit cents mille siècles
Huit cents quatre-vingt-huit ans
Huit mois
Huit jours
Huit heures
Huit minutes
Et huit secondes
Nous étions le même corps
La même lune mathusalémique
En orbite autour de Saturne
Puis le grand horloger des Dioscures
Dans son grand égarement
Nous a déclarés péchés capitaux,
Luxure et gourmandise,
Et nous a séparés. Tu te souviens ?
Désormais tu es Epiméthée, Titan qui réfléchit après coup
Et moi Janus, bifrons ou quadrifrons, dieu des portes et des entrées
Aux visages qui se dévisagent
Et nous continuons sur la même orbite
En fer à cheval
Toi intérieure, moi extérieure
Et inversement
Tous les quatre ans
Jusqu'à la fin des temps.
Si l'on en croit Newton
"Deux corps s'attirent en raison directe de leur masse
Et en raison inverse du carré de leur distance "
Je suis comme toi couvert de cratères
Castor, Idas, Lynceus et Phoibe
Et chaque seconde me rapproche
De tes merveilleuses boursouflures
Pollux et Hilairea.
Ad libitum nous échangeons nos orbites jumelles
Et poursuivons notre ballet gravitationnel
Entre cosinus et sinus,
Constante et tangente,
Exponentielle et dérive,
En attendant la mutuelle collision,
La chevauchée céleste de nos hypoténuses
Sans jamais perdre de vue la donnée mathématique :
La primitive de x au carré
Vaut un tiers de x au cube
A une constante près.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 5:52 AM UTC
Ange rebelle
voyageur, nomade
le sucre dans vie:
pour vous, je fabrique des lustres -
j'écris des centaines de poèmes
qui éclaire l'été en noir.
Je regarde tes peintures
et je rends grâce aux esprits vaudous.
La rue pleure la nuit sans toi.
Le ciel va dans un sens.
La rivière l'autre.
Ange Nomade,
mon coeur va dans tes mains
si proprement.
"Rebel angel,
traveller, nomad,
the sugar in life:
for you I make chandeliers -
I write hundreds of poems
that illuminate the summer in black.
I gaze at your paintings
and give thanks to voodoo spirits.
The street cries at night without you.
The sky runs one way.
The river the other.
Nomad angel,
my heart fits inside your hands
so neatly."
Jun 23, 2019
Jun 23, 2019 at 2:21 PM UTC
Seul Décébale et nul Autre, me dis-tu, pourrait de sa dague d'eau bénite
Eteindre le feu qui couve sous ta carapace douce et soyeuse!
Décébale le Dace seul aurait la fougue et le courage nécessaires
Pour te faire tournoyer
Et tu dis encore que toi et Décébale ne font quasiment qu'un.
Je ne suis pas jaloux !
A Décébale ce qui appartient à Décébale
A Nul Autre ce qui appartient à Nul Autre.
Moi, comme Nul Autre pareil
Je veux juste apaiser ton feu
L'apprivoiser, l'amadouer
Pour qu'il ne te brûle pas.
Pour cela il faut que je me muscle :
Affronter le feu de Décébale n 'est pas rien,
Décébale c'est dix hommes à la fois.
Je pourrais, s'il le fallait, convoquer dix diablotins,
Dix chats-huants pour me porter assistance
Et défier Décébale en combat singulier.
Sur l'échiquier de ton corps
Mais ce serait tricher
Et tricher n'est pas jouer.
Et à vaincre sans péril on triomphe sans gloire
En conclusion :
Je cède en vertu du droit d'aînesse
A Décébale le feu. A moi le sirocco, la glace !
Pistache, coco et rhum raisins si tu le permets !
Vois-tu ce sont tes lacs glacés que je veux réchauffer,
Tes pics et tes pitons enneigés que je veux faire fondre
A petit feu sous mon vent de braise
Et que la chevauchée prenne des lustres à se consommer
Je veux que partout où tu es
Tu saches
Que je suis là au fond de toi !
Je nage comme un saumon ivre dans tes eaux glacées.
C'est seulement dans ces criques et ces fjords que j'arrive à nager
Je fais du crawl, de la brasse, du ski nautique, du paddle.
Je suis casse-cou dans tes eaux
Comme jamais je ne l'ai été.
Je fais même du surf, du plongeon
et du water polo.
Tant que tu joues avec moi
Je flotte sans bouée
Tant que tu es généreuse
Je dérive
Tant que tu te donnes sans compter
Dans notre nage synchronisée
J'existe de figures en figures.
Et pendant que je te dis tout ça
Voila que ce fieffé diablotin lève la tête,
Bombe le torse,
Et se prend pour Décébale.
Ce n'est qu'un petit pétrel diablotin,
Un simple et infime cottous à peine sorti du nid
Mais j'ai beau lui dire
Qu'il n'est pas multiple de quatre
Il se prend pour Décébale
"Tu n'es pas Dace ",
Lui ai-je pourtant dit cent fois ce matin
Mais il persiste et signe.
Il chante même à tue-tête l'hymne :
Je suis Dacien, voila ma gloire, mon espérance et mon soutien
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:22 PM UTC
Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;
Léonard de Vinci, miroir profond et sombre,
Où des anges charmants, avec un doux souris
Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
Des glaciers et des pins qui ferment leur pays,
Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;
Michel-Ange, lieu vague où l'on voit des Hercules
Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;
Colères de boxeur, impudences de faune,
Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
Grand coeur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
Puget, mélancolique empereur des forçats,
Watteau, ce carnaval où bien des coeurs illustres,
Comme des papillons, errent en flamboyant,
Décors frais et légers éclairés par des lustres
Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;
Goya, cauchemar plein de choses inconnues,
De foetus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues,
Pour tenter les démons ajustant bien leurs bas ;
Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges,
Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;
Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces Te Deum,
Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
C'est pour les coeurs mortels un divin ***** !
C'est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C'est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
Que nous puissions donner de notre dignité
Que cet ardent sanglot qui roule d'âge en âge
Et vient mourir au bord de votre éternité !
507
Sonnet.
Le soleil s'est couvert d'un crêpe. Comme lui,
Ô Lune de ma vie ! emmitoufle-toi d'ombre ;
Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre,
Et plonge tout entière au gouffre de l'Ennui ;
Je t'aime ainsi ! Pourtant, si tu veux aujourd'hui,
Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre,
Te pavaner aux lieux que la Folie encombre,
C'est bien ! Charmant poignard, jaillis de ton étui !
Allume ta prunelle à la flamme des lustres !
Allume le désir dans les regards des rustres !
Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulant ;
Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore ;
Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant
Qui ne crie : Ô mon cher Belzébuth, je t'adore !
424
Eyes shut down on a dead city,
I sense the vibration of my deep inhalation.
(All the snickers lost their lustres.)
Mouths closed beneath the galaxy of prosperity,
I gasped at the tremor of my heart's creation.
(The siren drowned out the deserved cheers.)
Still my thoughts flashing into reality,
Reminiscing the fingerprints of those gone before me.
(Fingers all poised to my forehead now.)
Listen in on the silence of the cosmos.
Suddenly my self control collapses-----
-Out////to///the////air
my////rages////flew
like////servants
to////my////pride-
The vibration that is me explodes,
a seed of fire leaps through the weeds.
(They all fall back now; I raised higher my fists).
Proliferating in the ashes,
My memories, my love and my deathless ambition.
A spasm of colors as the door crashes,
I am here against all their mean wishes,
Claiming the shameless vanity
of being unapologetically me.
As I exhale.
Jun 17, 2017
Jun 17, 2017 at 8:47 PM UTC
Vicomte de Foucault, lorsque vous empoignâtes
L'éloquent Manuel de vos mains auvergnates,
Comme l'océan bout quand tressaille l'Etna,
Le peuple tout entier s'émut et frissonna ;
On vit, sombre lueur, poindre mil huit cent trente
L'antique royauté, fière et récalcitrante,
Chancela sur son trône, et dans ce noir moment
On sentit commencer ce vaste écroulement ;
Et ces rois, qu'on punit d'oser toucher un homme,
Etaient grands, et mêlés à notre histoire en somme,
Ils avaient derrière eux des siècles éblouis,
Henri quatre et Coutras, Damiette et saint-Louis.
Aujourd'hui, dans Paris, un prince de la pègre,
Un pied plat, copiant Faustin, singe d'un nègre,
Plus faux qu'Ali pacha, plus cruel que Rosas,
Fourre en prison la loi, met la gloire à Mazas,
Chasse l'honneur, le droit, les probités punies,
Orateurs, généraux, représentants, génies,
Les meilleurs serviteurs du siècle et de l'état,
Et c'est tout ! et le peuple, après cet attentat,
Souffleté mille fois sur ces faces illustres,
Va voir de l'Elysée étinceler les lustres,
Ne sent rien sur sa joue, et contemple César !
Lui, souverain, il suit en esclave le char !
Il regarde danser dans le Louvre les maîtres,
Ces immondes faisant vis-à-vis à ces traîtres,
La fraude en grand habit, le meurtre en apparat,
Et le ventre Berger près du ventre Murat !
On dit : - vivons ! adieu grandeur, gloire, espérance ! -
Comme si, dans ce monde, un peuple appelé France,
Alors qu'il n'est plus libre, était encor vivant !
On boit, on mange, on dort, on achète et l'on vend,
Et l'on vote, en riant des doubles fonds de l'urne
Et pendant ce temps-là, ce gredin taciturne,
Ce chacal à sang froid, ce corse hollandais,
Etale, front d'airain, son crime sous le dais,
Gorge d'or et de vin sa bande scélérate,
S'accoude sur la nappe, et cuvant, noir pirate,
Son guet-apens français, son guet-apens romain,
Mâche son cure-dents taché de sang humain !
Jersey, le 20 mai 1853.
440
Dans des fauteuils fanés des courtisanes vieilles,
Pâles, le sourcil peint, l'oeil câlin et fatal,
Minaudant, et faisant de leurs maigres oreilles
Tomber un cliquetis de pierre et de métal ;
Autour des verts tapis des visages sans lèvre,
Des lèvres sans couleur, des mâchoires sans dent,
Et des doigts convulsés d'une infernale fièvre,
Fouillant la poche vide ou le sein palpitant ;
Sous de sales plafonds un rang de pâles lustres
Et d'énormes quinquets projetant leurs lueurs
Sur des fronts ténébreux de poètes illustres
Qui viennent gaspiller leurs sanglantes sueurs ;
Voilà le noir tableau qu'en un rêve nocturne
Je vis se dérouler sous mon oeil clairvoyant.
Moi-même, dans un coin de l'antre taciturne,
Je me vis accoudé, froid, muet, enviant,
Enviant de ces gens la passion tenace,
De ces vieilles putains la funèbre gaieté,
Et tous gaillardement trafiquant à ma face,
L'un de son vieil honneur, l'autre de sa beauté !
Et mon coeur s'effraya d'envier maint pauvre homme
Courant avec ferveur à l'abîme béant,
Et qui, soûl de son sang, préférerait en somme
La douleur à la mort et l'enfer au néant !
341
Caféière rime avec cimetière
Comme doublons rime avec bourdons.
Quel rapport me direz-vous ?
Synonymie. Homonymie. Toponymie. Antonymie. Taphonomie
Je vous en fais la démonstration ?
Revenons des lustres ou des siècles en arrière
Au temps des bois-debout
Quand il n'y avait ni gaulettes ni squelettes
Ni café rat, ni robusta,
Ni machette, ni croix
Mais seulement des trous de crabe,
Des conques et des mordants épars
Jonchés au gré du hasard des vagues et des cyclones.
Revenons aux origines où bonifieur n'était même pas un mot
Way before Gabriel was a thought
Même pas une pensée en parche
Et qu'ainsi caféière n'étant rien
Elle pouvait aussi bien être synonyme, antonyme
Toponyme et antonyme de cimetière
qui lui aussi n'évoquait
ni café ni mandibule,
ni cerise ni tibia,
ni humérus ni libéria,
ni robusta ni radius
ni torréfaction ni putréfaction
ni arabica ni mort...
Dans les pépinières carrées de la mort
Caféière et cimetière se donnaient la main
On murmure même qu'ils étaient amants !
L'un bonifiait l'autre
Pour le meilleur et pour le pire
Tandis que la houe du soleil ne torréfiait pas encore
Dans un cycle immuable leurs terres consacrées,
Sarclées par le temps,
Binées par le vent,
Creusées par les laves,
Repiquées par les cendres,
Paillées par les eaux,
Egourmandées par les croix,
Cueillies par les armes
Trempées par les bénitiers,
Frottées ,
Lavées,
Essorées,
Séchées,
Bonifiées,
Taillées,
Traitées
Etait aussi invisible que la galerie creusée dans les ravines
en ce temps-là l'idée même d'une caféière désaffectée semblait incongrue.
Aug 23, 2019
Aug 23, 2019 at 3:01 AM UTC