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"infinie" poems
Je m'étais endormi la nuit près de la grève. Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve, J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain Dans sa blancheur molle, infinie et charmante. Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente. L'astre éclatant changeait la nuée en duvet. C'était une clarté qui pensait, qui vivait Elle apaisait l'écueil où la vague déferle On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain, Le ciel s'illuminait d'un sourire divin. La lueur argentait le haut du mât qui penche ; Le navire était noir, mais la voile était blanche Des goélands debout sur un escarpement, Attentifs, contemplaient l'étoile gravement Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle, Et rugissant tout bas, la regardait briller, Et semblait avoir peur de la faire envoler. Un ineffable amour emplissait l'étendue. L'herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue, Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur Qui s'éveillait me dit -. c'est l'étoile ma soeur. Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile, J'entendis une voix qui venait de l'étoile Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord. Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort. J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ; Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette, Comme avec une fronde, au front noir de la nuit. Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit. Ô nations ! je suis la poésie ardente. J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante. Le lion océan est amoureux de moi. J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi ! Penseurs, esprits, montez sur la tour, sentinelles ! Paupières, ouvrez-vous, allumez-vous, prunelles, Terre, émeus le sillon, vie, éveille le bruit, Debout, vous qui dormez ! - car celui qui me suit, Car celui qui m'envoie en avant la première, C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière ! Jersey, le 31 août. 1853.
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Stella
Je m'étais endormi la nuit près de la grève. Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve, J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin. Elle resplendissait au fond du ciel lointain Dans sa blancheur molle, infinie et charmante. Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente. L'astre éclatant changeait la nuée en duvet. C'était une clarté qui pensait, qui vivait Elle apaisait l'écueil où la vague déferle On croyait voir une âme à travers une perle. Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain, Le ciel s'illuminait d'un sourire divin. La lueur argentait le haut du mât qui penche ; Le navire était noir, mais la voile était blanche Des goélands debout sur un escarpement, Attentifs, contemplaient l'étoile gravement Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle, Et rugissant tout bas, la regardait briller, Et semblait avoir peur de la faire envoler. Un ineffable amour emplissait l'étendue. L'herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue, Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur Qui s'éveillait me dit -. c'est l'étoile ma soeur. Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile, J'entendis une voix qui venait de l'étoile Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord. Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort. J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ; Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette, Comme avec une fronde, au front noir de la nuit. Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit. Ô nations ! je suis la poésie ardente. J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante. Le lion océan est amoureux de moi. J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi ! Penseurs, esprits, montez sur la tour, sentinelles ! Paupières, ouvrez-vous, allumez-vous, prunelles, Terre, émeus le sillon, vie, éveille le bruit, Debout, vous qui dormez ! - car celui qui me suit, Car celui qui m'envoie en avant la première, C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière ! Jersey, le 31 août. 1853.
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Je voulais tout supprimer et puis me pendre J’ai préféré écrire J’ai marché dix kilomètres dans un Paris assommé de tristesse J’ai vu des enfants aux crânes ruisselant de sueur, des vieux puant l’urine flétrie et des amoureux aux manches rétrécies par l’infinie similitude de leurs journées d’hiver J'ai erré dans le froid glacial d'une banlieue endormie Failli tomber trois fois Souri à une gamine en manteau couleur rose bonbon J'ai pas mangé, ingurgité un litre de vin sur le balcon des enfants morts J'ai pas parlé, je me suis juste évanouie J'ai voyagé dans vos souterrains les yeux rivés vers les étoiles Le lapin suspendu au fil à linge de la cave se vidait de son sang dans la bassine rouge Tu peux ****** sur moi, je ne dirai rien du tout Tu peux me fracasser la tête contre ton sale radiateur poussiéreux, je ne dirai rien du tout Tu peux me cracher dessus, je ne dirai rien du tout Tu peux tout me dire, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux me frapper encore un peu, encore plus fort, tu peux te venger sur moi, sur la tête de ma sale conne de mère, je te jure, je ne dirai rien tout Je ne dirai rien du tout Embrasse-moi et puis après si tu veux, je te laisserai faire tout ce que tu veux Tu fais quoi, là Fais quelque chose, fais-moi quelque chose T'es une jolie fille, intelligente en plus, tu fais juste un peu peur de temps en temps, quand t'écris, tu fais peur Alors coupe-moi les mains Je t'en supplie, coupe-moi les mains Je promets je ne dirai rien, je ne dirai rien du tout Tu peux ****** sur moi, je ne dirai rien du tout Tu peux me fracasser la tête contre ton sale radiateur poussiéreux, je ne dirai rien du tout Tu peux me cracher dessus, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux tout me dire, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux me frapper encore un peu, encore plus fort, tu peux te venger sur moi, sur la tête de ma sale conne de mère, je te jure, je ne dirai rien du tout Fais- moi mal Fais- moi très mal Je ne veux juste pas y aller. (Alors sauve-la)
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Mar 25, 2012
Mar 25, 2012 at 6:49 AM UTC
030109- Journal
Je voulais tout supprimer et puis me pendre J’ai préféré écrire J’ai marché dix kilomètres dans un Paris assommé de tristesse J’ai vu des enfants aux crânes ruisselant de sueur, des vieux puant l’urine flétrie et des amoureux aux manches rétrécies par l’infinie similitude de leurs journées d’hiver J'ai erré dans le froid glacial d'une banlieue endormie Failli tomber trois fois Souri à une gamine en manteau couleur rose bonbon J'ai pas mangé, ingurgité un litre de vin sur le balcon des enfants morts J'ai pas parlé, je me suis juste évanouie J'ai voyagé dans vos souterrains les yeux rivés vers les étoiles Le lapin suspendu au fil à linge de la cave se vidait de son sang dans la bassine rouge Tu peux ****** sur moi, je ne dirai rien du tout Tu peux me fracasser la tête contre ton sale radiateur poussiéreux, je ne dirai rien du tout Tu peux me cracher dessus, je ne dirai rien du tout Tu peux tout me dire, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux me frapper encore un peu, encore plus fort, tu peux te venger sur moi, sur la tête de ma sale conne de mère, je te jure, je ne dirai rien tout Je ne dirai rien du tout Embrasse-moi et puis après si tu veux, je te laisserai faire tout ce que tu veux Tu fais quoi, là Fais quelque chose, fais-moi quelque chose T'es une jolie fille, intelligente en plus, tu fais juste un peu peur de temps en temps, quand t'écris, tu fais peur Alors coupe-moi les mains Je t'en supplie, coupe-moi les mains Je promets je ne dirai rien, je ne dirai rien du tout Tu peux ****** sur moi, je ne dirai rien du tout Tu peux me fracasser la tête contre ton sale radiateur poussiéreux, je ne dirai rien du tout Tu peux me cracher dessus, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux tout me dire, je promets je ne dirai rien du tout Tu peux me frapper encore un peu, encore plus fort, tu peux te venger sur moi, sur la tête de ma sale conne de mère, je te jure, je ne dirai rien du tout Fais- moi mal Fais- moi très mal Je ne veux juste pas y aller. (Alors sauve-la)
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Ce n'est pas Pierrot en herbe Non plus que Pierrot en gerbe, C'est Pierrot, Pierrot, Pierrot. Pierrot gamin, Pierrot gosse, Le cerneau hors de la cosse, C'est Pierrot, Pierrot, Pierrot ! Bien qu'un rien plus haut qu'un mètre, Le mignon drôle sait mettre Dans ses yeux l'éclair d'acier Qui sied au subtil génie De sa malice infinie De poète-grimacier. Lèvres rouge-de-blessure Où sommeille la luxure, Face pâle aux rictus fins, Longue, très accentuée, Qu'on dirait habituée À contempler toutes fins, Corps fluet et non pas maigre, Voix de fille et non pas aigre, Corps d'éphèbe en tout petit, Voix de tête, corps en fête, Créature toujours prête À soûler chaque appétit. Va, frère, va, camarade, Fais le diable, bats l'estrade Dans ton rêve et sur Paris Et par le monde, et sois l'âme Vile, haute, noble, infâme De nos innocents esprits ! Grandis, car c'est la coutume, Cube ta riche amertume, Exagère ta gaieté, Caricature, auréole, La grimace et le symbole De notre simplicité !
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Pierrot Gamin
Mon Père, ce grand Chêne, Je le croyais indéracinable, en ses terres, Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé. Il nous semblait si grand, il paraissait si fort, Si longtemps résistant aux grands vents de la vie, Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères, Il marchait, puis rêvait. Parfois, il m'amenait, dans son refuge, y faisait provision de «corned-beef» et de lait en boite "gloria", et aussi de «bastelles», et ces repas hâtifs me semblaient un festin. Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté. Disparues les contraintes. D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent, En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine. Il me mit dans les mains, sa fine carabine, dont j'aimais le canon à l’acier effilé ; mais avant que je presse, le geai était parti. Il ne me gronda pas. Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère, dans la chambre aux obus, des tués de quatorze, dont un panier d'osier exhalait tant les truites, Nous le savions dormir dans la chambre à côté, nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir. Je lisais de vieux livre. Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière, encaissé dans les roches le «Fiume grosso» grondait. Mon père nous racontait qu'il y avait dormi avec quelques amis, à la flambée des feux. Et le bruit lancinant était une musique qui malgré le soleil nous tenait éveillé. Magie des eaux profondes. Quand un jour de détresse, je perdis «Nils le prince» ressentant mon chagrin, il me facilita L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au cœur, ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour. La tendresse d'un père. Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère, attention au torrent qui se faisait ruisseau, aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté, tant les fils ont besoin de croire invincible Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies. Besoin de protection. Un père est une force qui paraît infinie pour le jeune enfant qui en a tant besoin peut être imaginaire, qui soutient et le guide. Alors devenu homme, il découvre un soir que le chêne vacille, s'appuie sur une canne. Il est désormais seul. Paul d'Aubin – Toulouse, «Poésie élégiaque», En l'honneur de son père André Dominique, dit, Candria », décédé le 29 novembre 2010.»
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Oct 31, 2013
Oct 31, 2013 at 2:41 PM UTC
Mon Père, ce grand Chêne,
Mon Père, ce grand Chêne, Je le croyais indéracinable, en ses terres, Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé. Il nous semblait si grand, il paraissait si fort, Si longtemps résistant aux grands vents de la vie, Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères, Il marchait, puis rêvait. Parfois, il m'amenait, dans son refuge, y faisait provision de «corned-beef» et de lait en boite "gloria", et aussi de «bastelles», et ces repas hâtifs me semblaient un festin. Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté. Disparues les contraintes. D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent, En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine. Il me mit dans les mains, sa fine carabine, dont j'aimais le canon à l’acier effilé ; mais avant que je presse, le geai était parti. Il ne me gronda pas. Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère, dans la chambre aux obus, des tués de quatorze, dont un panier d'osier exhalait tant les truites, Nous le savions dormir dans la chambre à côté, nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir. Je lisais de vieux livre. Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière, encaissé dans les roches le «Fiume grosso» grondait. Mon père nous racontait qu'il y avait dormi avec quelques amis, à la flambée des feux. Et le bruit lancinant était une musique qui malgré le soleil nous tenait éveillé. Magie des eaux profondes. Quand un jour de détresse, je perdis «Nils le prince» ressentant mon chagrin, il me facilita L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au cœur, ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour. La tendresse d'un père. Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère, attention au torrent qui se faisait ruisseau, aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté, tant les fils ont besoin de croire invincible Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies. Besoin de protection. Un père est une force qui paraît infinie pour le jeune enfant qui en a tant besoin peut être imaginaire, qui soutient et le guide. Alors devenu homme, il découvre un soir que le chêne vacille, s'appuie sur une canne. Il est désormais seul. Paul d'Aubin – Toulouse, «Poésie élégiaque», En l'honneur de son père André Dominique, dit, Candria », décédé le 29 novembre 2010.»
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Chaque jour, chaque nuit, Á la recherche de l'infinie. Ton ombre me fait compagnie, Sans toi je vis. Les moments de notre amour, Les chemins avec des mûrs. Les fleurs que tu as cueillis, Sans toi je vis... Toujours with les beaux sourires, Un oiseaux qui voulait partir... Je me souviens de ta machine á écrire, Ton visage, le souvenir... Le papier blanc toujours passionné, Mon amour est blessé, Tous les mots avec tendre passion, Je vis e navigue dans ton monde d'illussion. Victor Marques
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Dec 14, 2009
Dec 14, 2009 at 8:59 AM UTC
Je Vis
Miroir, miroir N'arrives-tu pas à voir? Derrière ce monde ingénu Se cache des gens malotrus Miroir, miroir N'arrives-tu pas à voir? Derrière ce sourire chaleureux Se cache un océan de pleurs Miroir, miroir N'arrives-tu pas à voir? Derrière ce sourire ébloui Se cache un tristesse infinie Miroir, miroir N'arrives-tu pas à voir? Ce que tu reflètes Est la raison secrète De ma tristesse
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Nov 11, 2013
Nov 11, 2013 at 6:45 PM UTC
mirroir
Des lumières tamisées Sur vos lèvres irisées Des couleurs de ses phalanges Ailées comme deux beaux anges Vous et votre éternité Ombres de la noire nuitée Vous savourez la caresse De son rythme. Votre détresse Devient détente divine Par vos rires on le devine… Là, la douceur infinie Tout commence, tout fini Par ce que ce corps vous fait Dans ce soir noir si parfait Lentement, si tendrement  Par ses doigtés, doucement  Connaissant votre plaisir Et comment y parvenir  Vous lui rendez, soprano L'extatique mélodie, Ainsi l'on aurait bien dit, Que vous êtes son piano… 26 Août 2015  Lyon, France
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Nov 28, 2015
Nov 28, 2015 at 8:12 AM UTC
Éloge de la douceur
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Les pauvres à l'église
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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I Got Roses For Her, I Got Roses For Her, I Got Roses For Earth, Growth Occurs, Just Be, Love Is Within, Just Wrapping Me, No Depth Can Trap Its Wind, Just Breathe Beautiful Beach, That Warm Breeze, Purple Sheets, Iced Tea Love Is So Free, I Hold You , You Hold Me, ‘Togther , We Hold We , Flowers On Trees, Magik Mushrooms IN Our Teeth, Infinie , Galactic, Theres No Attachment, Naked ,Dressed Like Aladin, In A Forest Full Of Magik , Dancing In The Creek, I Don’t Sleep In A Cabin, No Chains, Love The Rain, No Violence, Violin Tears Washes Silence, , Pure No Sinin, I’m In Bliss, No Titles OR Idols It Just Is, I Am 1, I Am Sun, I Am Darkenss, Never Apart From MY Heart, Aligned With The Spark, Wings Span Universal, Dna Code Gold Swirl, I’m An Alien Ghost Peral, Well I Am That I AM, My Imagiton Doesn’t End Nor Begin, The Now Is So Precious, I AM Compltey Free & Open I’m Oceans, A Poet In Simationus Motion, MAgikal With Hold IT, Relax With The Potion, Moon Light Kisses Like Roses, Your Freucny Is Reaching Me, We Both Know It, Sacred Type, Make The Night, Elctric Light, Trippy Existenice , Mystical Vison, Indigo Star Seed, Silocybin Bar **** Don’t Drink No Bar Scene, Just Romance & Hold Hands, Psychelic Acesion , Free From All Tesnion, Illumanited With A Sphere, Here To Raise Questions, Grave Yard Seconds, Immortal Stepping, I Have Energy Inside Of ME , I Don’t Need No Weapons, I’m Remedy Trancending Into Purity, Tabs To Get A Lift, ON Hearth To Heal For Real Raise The COnsoisness, At My Highest Vibration , Government Hate It tHey ON To This, **** It The Galactic Dimesnions SPonor This, Honored With To Gift To Conqor Midst, Strong As **** I Let MY Ego Free To Fly Now Im Accomplishment
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May 5, 2016
May 5, 2016 at 5:29 PM UTC
Magik Wand
I Got Roses For Her, I Got Roses For Her, I Got Roses For Earth, Growth Occurs, Just Be, Love Is Within, Just Wrapping Me, No Depth Can Trap Its Wind, Just Breathe Beautiful Beach, That Warm Breeze, Purple Sheets, Iced Tea Love Is So Free, I Hold You , You Hold Me, ‘Togther , We Hold We , Flowers On Trees, Magik Mushrooms IN Our Teeth, Infinie , Galactic, Theres No Attachment, Naked ,Dressed Like Aladin, In A Forest Full Of Magik , Dancing In The Creek, I Don’t Sleep In A Cabin, No Chains, Love The Rain, No Violence, Violin Tears Washes Silence, , Pure No Sinin, I’m In Bliss, No Titles OR Idols It Just Is, I Am 1, I Am Sun, I Am Darkenss, Never Apart From MY Heart, Aligned With The Spark, Wings Span Universal, Dna Code Gold Swirl, I’m An Alien Ghost Peral, Well I Am That I AM, My Imagiton Doesn’t End Nor Begin, The Now Is So Precious, I AM Compltey Free & Open I’m Oceans, A Poet In Simationus Motion, MAgikal With Hold IT, Relax With The Potion, Moon Light Kisses Like Roses, Your Freucny Is Reaching Me, We Both Know It, Sacred Type, Make The Night, Elctric Light, Trippy Existenice , Mystical Vison, Indigo Star Seed, Silocybin Bar **** Don’t Drink No Bar Scene, Just Romance & Hold Hands, Psychelic Acesion , Free From All Tesnion, Illumanited With A Sphere, Here To Raise Questions, Grave Yard Seconds, Immortal Stepping, I Have Energy Inside Of ME , I Don’t Need No Weapons, I’m Remedy Trancending Into Purity, Tabs To Get A Lift, ON Hearth To Heal For Real Raise The COnsoisness, At My Highest Vibration , Government Hate It tHey ON To This, **** It The Galactic Dimesnions SPonor This, Honored With To Gift To Conqor Midst, Strong As **** I Let MY Ego Free To Fly Now Im Accomplishment
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Quelle honte que cet oubli, où as-tu rangé cette douce sympathie qui, dans son absence infinie, réitère la beauté qu’a été sa vie ? Malheur… que ta douleur reprenne propre ampleur si jamais tu parvenais à piétiner cette belle petite fleur pleine de douceur. Les traits de son visage s’estompent, quelle honte, ne la laisse pas s’échapper ainsi au fil des années. N’oublie jamais sa douceur et le bonheur qu’elle t’a apporté. Aujourd’hui elle n’exprimerait que son désaccord; le jeune homme qu’elle connaissait, existe-t’il encore ?
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Jun 29, 2016
Jun 29, 2016 at 11:40 PM UTC
Fleur de douceur
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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Hier, la nuit d'été
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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Je te note, Maitreyi, Comme je te l'ai promis Non pas que je te compare à d'autres Ni que j'évalue ta sismicité Sur une échelle quelconque de Richter Ou une valence particulière À laquelle tu serais prédisposée . Je te note, ma poétesse, ma philosophe, Ma peintre, mon actrice, ma nourrice, Non pas pour te donner une côte Un numéro dans une course handicap À la jouissance absolue À la jouissance infinie À la jouissance inaccessible. Dans ma note il n'y a ni favori Ni outsider ni tocard Il n'y a pas de trente-huit contre un Et je ne joue pas le champ sur ton nom Et peu m'importent ton entraîneur, ton soigneur, ton jockey, ton lad Peu m'importe le guru qui te drive Je ne te note ni de zéro à vingt Je ne te note ni de a à z Et même si je sais fort bien Que toute note dénote un à priori Un parti pris J'essaie d'être le moins partial possible J'essaie d'être juste. Et même quand on chante faux On ne mérite jamais de zéro pointé Car on a essayé, on a osé On a performé. On a perforé l'air de sa voix. On a existé. Je te note donc, ma pantheiste, Tout en relativisant la portée de mon geste Je te note les lèvres mineures et majeures, Les jambes, les chevilles au ralenti Comme par effraction symbolique Je t'effleure de ma clé d'ut Et je te parsème de dièses et de bémols Subjectivement Inconsciemment Je soupèse tes noires et tes blanches Je te caresse indistinctement tes do Tes la, tes mi, tes sol, tes fa, tes ré Qui bouillonnant de concert Dans un indécryptable maelström Et je décrète de ma toute-puissance Arbitrale et analytique Que tu es muse atypique De chocolat et de vanille En sempiternelle excursion dans le plaisir Et donc par définition histrionique Éternellement insatisfaite Et la note coquette que je te donne en dot C'est le silence de la divine comédie Que j'ai plaisir à déchiffrer Dans la distance pudique de l'absence incurable Des Ganges couleur avocat qui couinent muets Entre trente-deuxième de soupir Et bâton de pause.
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Nov 30, 2019
Nov 30, 2019 at 3:06 AM UTC
Je te note
Je te note, Maitreyi, Comme je te l'ai promis Non pas que je te compare à d'autres Ni que j'évalue ta sismicité Sur une échelle quelconque de Richter Ou une valence particulière À laquelle tu serais prédisposée . Je te note, ma poétesse, ma philosophe, Ma peintre, mon actrice, ma nourrice, Non pas pour te donner une côte Un numéro dans une course handicap À la jouissance absolue À la jouissance infinie À la jouissance inaccessible. Dans ma note il n'y a ni favori Ni outsider ni tocard Il n'y a pas de trente-huit contre un Et je ne joue pas le champ sur ton nom Et peu m'importent ton entraîneur, ton soigneur, ton jockey, ton lad Peu m'importe le guru qui te drive Je ne te note ni de zéro à vingt Je ne te note ni de a à z Et même si je sais fort bien Que toute note dénote un à priori Un parti pris J'essaie d'être le moins partial possible J'essaie d'être juste. Et même quand on chante faux On ne mérite jamais de zéro pointé Car on a essayé, on a osé On a performé. On a perforé l'air de sa voix. On a existé. Je te note donc, ma pantheiste, Tout en relativisant la portée de mon geste Je te note les lèvres mineures et majeures, Les jambes, les chevilles au ralenti Comme par effraction symbolique Je t'effleure de ma clé d'ut Et je te parsème de dièses et de bémols Subjectivement Inconsciemment Je soupèse tes noires et tes blanches Je te caresse indistinctement tes do Tes la, tes mi, tes sol, tes fa, tes ré Qui bouillonnant de concert Dans un indécryptable maelström Et je décrète de ma toute-puissance Arbitrale et analytique Que tu es muse atypique De chocolat et de vanille En sempiternelle excursion dans le plaisir Et donc par définition histrionique Éternellement insatisfaite Et la note coquette que je te donne en dot C'est le silence de la divine comédie Que j'ai plaisir à déchiffrer Dans la distance pudique de l'absence incurable Des Ganges couleur avocat qui couinent muets Entre trente-deuxième de soupir Et bâton de pause.
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Si tous les astres, ô nature, Trompant la main qui les conduit, S'entre-choquaient par aventure Pour se dissoudre dans la nuit ; Ou comme une flotte qui sombre, Si ces foyers, grands et petits, Lentement dévorés par l'ombre, Y disparaissaient engloutis, Tu pourrais repeupler l'abîme, Et rallumer un firmament Plus somptueux et plus sublime, Avec la terre seulement ! Car il te suffirait, pour rendre À l'infini tous ses flambeaux, D'y secouer l'humaine cendre Qui sommeille au fond des tombeaux, La cendre des cœurs innombrables, Enfouis, mais brûlants toujours, Où demeurent inaltérables Dans la mort d'immortels amours. Sous la terre, dont les entrailles Absorbent les cœurs trépassés, En six mille ans de funérailles Quels trésors de flamme amassés ! Combien dans l'ombre sépulcrale Dorment d'invisibles rayons ! Quelle semence sidérale Dans la poudre des passions ! Ah ! Que sous la voûte infinie Périssent les anciens soleils, Avec les éclairs du génie Tu feras des midis pareils ; Tu feras des nuits populeuses, Des nuits pleines de diamants, En leur donnant pour nébuleuses Tous les rêves des cœurs aimants ; Les étoiles plus solitaires, Éparses dans le sombre azur, Tu les feras des cœurs austères Où veille un feu profond et sûr ; Et tu feras la blanche voie Qui nous semble un ruisseau lacté, De la pure et sereine joie Des cœurs morts avant leur été ; Tu feras jaillir tout entière L'antique étoile de Vénus D'un atome de la poussière Des cœurs qu'elle embrasa le plus ; Et les fermes cœurs, pour l'attaque Et la résistance doués, Reformeront le zodiaque Où les titans furent cloués ! Pour moi-même enfin, grain de sable Dans la multitude des morts, Si ce que j'ai d'impérissable Doit scintiller au ciel d'alors, Qu'un astre généreux renaisse De mes cendres à leur réveil ! Rallume au feu de ma jeunesse Le plus clair, le plus chaud soleil ! Rendant sa flamme primitive À Sirius, des nuits vainqueur, Fais-en la pourpre encor plus vive Avec tout le sang de mon cœur !
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Sursum corda
Si tous les astres, ô nature, Trompant la main qui les conduit, S'entre-choquaient par aventure Pour se dissoudre dans la nuit ; Ou comme une flotte qui sombre, Si ces foyers, grands et petits, Lentement dévorés par l'ombre, Y disparaissaient engloutis, Tu pourrais repeupler l'abîme, Et rallumer un firmament Plus somptueux et plus sublime, Avec la terre seulement ! Car il te suffirait, pour rendre À l'infini tous ses flambeaux, D'y secouer l'humaine cendre Qui sommeille au fond des tombeaux, La cendre des cœurs innombrables, Enfouis, mais brûlants toujours, Où demeurent inaltérables Dans la mort d'immortels amours. Sous la terre, dont les entrailles Absorbent les cœurs trépassés, En six mille ans de funérailles Quels trésors de flamme amassés ! Combien dans l'ombre sépulcrale Dorment d'invisibles rayons ! Quelle semence sidérale Dans la poudre des passions ! Ah ! Que sous la voûte infinie Périssent les anciens soleils, Avec les éclairs du génie Tu feras des midis pareils ; Tu feras des nuits populeuses, Des nuits pleines de diamants, En leur donnant pour nébuleuses Tous les rêves des cœurs aimants ; Les étoiles plus solitaires, Éparses dans le sombre azur, Tu les feras des cœurs austères Où veille un feu profond et sûr ; Et tu feras la blanche voie Qui nous semble un ruisseau lacté, De la pure et sereine joie Des cœurs morts avant leur été ; Tu feras jaillir tout entière L'antique étoile de Vénus D'un atome de la poussière Des cœurs qu'elle embrasa le plus ; Et les fermes cœurs, pour l'attaque Et la résistance doués, Reformeront le zodiaque Où les titans furent cloués ! Pour moi-même enfin, grain de sable Dans la multitude des morts, Si ce que j'ai d'impérissable Doit scintiller au ciel d'alors, Qu'un astre généreux renaisse De mes cendres à leur réveil ! Rallume au feu de ma jeunesse Le plus clair, le plus chaud soleil ! Rendant sa flamme primitive À Sirius, des nuits vainqueur, Fais-en la pourpre encor plus vive Avec tout le sang de mon cœur !
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Sonnet. Chaque nuit, tourmenté par un doute nouveau, Je provoque le sphinx, et j'affirme et je nie... Plus terrible se dresse aux heures d'insomnie L'inconnu monstrueux qui hante mon cerveau. En silence, les yeux grands ouverts, sans flambeau, Sur le géant je tente une étreinte infinie, Et dans mon lit étroit, d'où la joie est bannie, Je lutte sans bouger comme dans un tombeau. Parfois ma mère vient, lève sur moi sa lampe Et me dit, en voyant la sueur qui me trempe : « Souffres-tu, mon enfant ? Pourquoi ne dors-tu pas ? Je lui réponds, ému de sa bonté chagrine, Une main sur mon front, l'autre sur ma poitrine : « Avec Dieu cette nuit, mère, j'ai des combats. »
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La lutte
Je m'échoue Au tréfonds de tes entrailles Je plonge Je remonte à la surface Je respire Je plonge Je remonte à la surface Je respire Je plonge Je remonte à la surface Je respire Inlassablement Je suis Moby **** The Whale, dit Migaloo dit Galon de Leche La baleine à bosse albinos, ton ombre dans les ténèbres Et chaque fois que tu vois léviter Dans l'air ma queue de cétacé Tu jettes au large ta pudeur Tu largues tes amarres : Tu te confesses, nue et sincère, Tu m'avoues tes faiblesses, Tes rêves et tes envies Et tu pars en une jouissance infinie Pendant que je te bénis de ma semence Et que je t'offre l'entière rémission des péchés, La gloire et la vie éternelle. Je suis Moby **** Je suis Migaloo, Je suis Galon de Leche, Je suis ta Sainte Trinité Ton triple humpback whale, Ton ombre trois fois portée . Écoute mon chant, c'est le fruit de tes entrailles : Il se nomme Désir C'est un chant qui absout, qui assouvit Qui transforme les vagues de ma bosse En élixir d'immortalité. Il vogue sans radar et sans boussole Vers les isthmes immergés et les détroits éternels De ton Atlantide intime Dernière frontière où gît ton Triangle des Bermudes Ecoute le chant divin de ta baleine à bosse, Ton cétacé, ton albinos Et joins ta voix à sa voix et fonds-toi En valses et galipettes Dans la toison obscure et attirante De l'ombre de son ombre.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:52 AM UTC
Le fruit de tes entrailles
L'âme antique était rude et vaine Et ne voyait dans la douleur Que l'acuité de la peine Ou l'étonnement du malheur. L'art, sa figure la plus claire Traduit ce double sentiment Par deux grands types de la Mère En proie au suprême tourment. C'est la vieille reine de Troie : Tous ses fils sont morts par le fer. Alors ce deuil brutal aboie Et glapit au bord de la mer. Elle court le long du rivage, Bavant vers le flot écumant, Hirsute, criade, sauvage, La chienne littéralement !... Et c'est Niobé qui s'effare Et garde fixement des yeux Sur les dalles de pierre rare Ses enfants tués par les cieux. Le souille expire sur sa bouche. Elle meurt dans un geste fou. Ce n'est plus qu'un marbre farouche Là transporté nul ne sait d'où !... La douleur chrétienne est immense. Elle, comme le cœur humain, Elle souffre, puis elle pense. Et calme poursuit son chemin. Elle est debout sur le Calvaire Pleine de larmes et sans cris. C'est également une mère. Mais quelle mère de quel fils ! Elle participe au Supplice Qui sauve toute nation, Attendrissant le sacrifice Par sa vaste compassion. Et comme tous sont les fils d'elle, Sur le monde et sur sa langueur Toute la charité ruisselle Des sept blessures de son cœur, Au jour qu'il faudra, pour la gloire Des cieux enfin tout grands ouverts, Ceux qui surent et purent croire, Bons et doux, sauf au seul Pervers, Ceux-là vers la joie infinie Sur la colline de Sion Monteront d'une aile bénie Aux plis de son assomption.
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L'âme antique était rude et vaine
L'âme antique était rude et vaine Et ne voyait dans la douleur Que l'acuité de la peine Ou l'étonnement du malheur. L'art, sa figure la plus claire Traduit ce double sentiment Par deux grands types de la Mère En proie au suprême tourment. C'est la vieille reine de Troie : Tous ses fils sont morts par le fer. Alors ce deuil brutal aboie Et glapit au bord de la mer. Elle court le long du rivage, Bavant vers le flot écumant, Hirsute, criade, sauvage, La chienne littéralement !... Et c'est Niobé qui s'effare Et garde fixement des yeux Sur les dalles de pierre rare Ses enfants tués par les cieux. Le souille expire sur sa bouche. Elle meurt dans un geste fou. Ce n'est plus qu'un marbre farouche Là transporté nul ne sait d'où !... La douleur chrétienne est immense. Elle, comme le cœur humain, Elle souffre, puis elle pense. Et calme poursuit son chemin. Elle est debout sur le Calvaire Pleine de larmes et sans cris. C'est également une mère. Mais quelle mère de quel fils ! Elle participe au Supplice Qui sauve toute nation, Attendrissant le sacrifice Par sa vaste compassion. Et comme tous sont les fils d'elle, Sur le monde et sur sa langueur Toute la charité ruisselle Des sept blessures de son cœur, Au jour qu'il faudra, pour la gloire Des cieux enfin tout grands ouverts, Ceux qui surent et purent croire, Bons et doux, sauf au seul Pervers, Ceux-là vers la joie infinie Sur la colline de Sion Monteront d'une aile bénie Aux plis de son assomption.
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Plates-bandes d'amarantes jusqu'à L'agréable palais de Jupiter. - Je sais que c'est Toi qui, dans ces lieux, Mêles ton bleu presque de Sahara ! Puis, comme rose et sapin du soleil Et liane ont ici leurs jeux enclos, Cage de la petite veuve !... Quelles Troupes d'oiseaux, ô ia io, ia io !... - Calmes maisons, anciennes passions ! Kiosque de la Folle par affection. Après les fesses des rosiers, balcon Ombreux et très bas de la Juliette. - La Juliette, ça rappelle l'Henriette, Charmante station du chemin de fer, Au coeur d'un mont, comme au fond d'un verger Où mille diables bleus dansent dans l'air ! Banc vert où chante au paradis d'orage, Sur la guitare, la blanche Irlandaise. Puis, de la salle à manger guyanaise, Bavardage des enfants et des cages. Fenêtre du duc qui fais que je pense Au poison des escargots et du buis Qui dort ici-bas au soleil. Et puis C'est trop beau ! trop ! Gardons notre silence. - Boulevard sans mouvement ni commerce, Muet, tout drame et toute comédie, Réunion des scènes infinie Je te connais et t'admire en silence.
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Bruxelles
Ave, Maria, gratia plena. Oh ! votre oeil est timide et votre front est doux. Mais quoique, par pudeur ou par pitié pour nous, Vous teniez secrète votre âme, Quand du souffle d'en haut votre coeur est touché, Votre coeur, comme un feu sous la cendre caché, Soudain étincelle et s'enflamme. Élevez-là souvent cette voix qui se tait. Quand vous vîntes au jour un rossignol chantait ; Un astre charmant vous vit naître. Enfant, pour vous marquer du poétique sceau, Vous eûtes au chevet de votre heureux berceau Un dieu, votre père peut-être ! Deux vierges, Poésie et Musique, deux soeurs, Vous font une pensée infinie en douceurs ; Votre génie a deux aurores, Et votre esprit tantôt s'épanche en vers touchants, Tantôt sur le clavier, qui frémit sous vos chants, S'éparpille en notes sonores ! Oh ! vous faites rêver le poète, le soir ! Souvent il songe à vous, lorsque le ciel est noir, Quand minuit déroule ses voiles ; Car l'âme du poète, âme d'ombre et d'amour, Est une fleur des nuits qui s'ouvre après le jour Et s'épanouit aux étoiles ! Décembre 1830.
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À Madame Marie M
C'est bien ; puisqu'au sénat, puisqu'à la pourriture, Tu poses, calme, altier, fier, ta candidature, Puisque tu tends la main à l'argent de César, Puisque ta conscience est cotée au bazar, Puisque tu prends ton rang dans la honte infinie, Ne te gêne pas, jette au peuple l'ironie. Être le serviteur de l'ennemi public, Avoir les torsions souples du basilic, Vendre aux dévots hautains des bassesses athées, Disperser dans les vents des choses effrontées, Offrir ta rhétorique abjecte à tout venant, Collaborer dans l'ombre au crime rayonnant, Baver, salir, avoir l'affront pour camarade, Être un sauteur de plus dans cette mascarade, C'est ce que maintenant tu peux faire de mieux. Ainsi, quand la passante aux bras blancs, aux doux yeux, Qui fut femme d'honneur, se fait fille de joie, Quand elle est devenue un fumier, une proie, Un sein qui la nuit s'offre à qui veut l'acheter, Elle n'a plus qu'à rire, à danser, à chanter, Et qu'à se divertir jusqu'à ce qu'elle tombe Charogne à l'hôpital et spectre dans la tombe. Le 30 mai 1875.
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C'est bien ; puisqu'au sénat, puisqu'à la pourriture
L'odeur qui émane de ta peau, brillante sous les rayons du soleil Adoucit mes narines, par lesquelles l'air frais des montagnes s'y mélange J'ai aimé te prendre dans mes bras hier, t'enlacer Lorsque les feuilles des arbres ainsi que ses grandes branches         nous protégeaient naturellement de la pluie battante Cette face de ton visage que tu collais contre mon torse et         ma main passante sur ta nuque au travers de tes cheveux noirs humides J'avais comme l'impression que nos corps étaient enracinés ensemble Que de la terre, s'échappait une énergie transcendante qui renforçait nos émotions Le silence des hommes qui laisse la parole à la nature vieille et dominante Du milieu de cette vaste forêt, la composition de la cascade à distance         des lourdes gouttes d'eau tombantes, glissantes sur les immenses feuilles         des oiseaux, rois, et de ton cœur battant à rythme régulier mais avec         l'intensité d'un coup de tambour donné lors d'un carnaval Nos corps en vibraient. À nouveau je ressentais que nous faisions partie de quelque chose Bien au-delà de notre compréhension : notre essence même Nous, Êtres. La prochaine fois, sur tes lèvres qui n'attirent que convoitise à mes yeux J'y déposerai les miennes, si tu me le permets Car du fond de mon âme,         je te désire J'ai à tes côtés de l'appétit pour la vie,         qui m'apparaît alors comme infinie.
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Feb 28, 2025
Feb 28, 2025 at 1:02 PM UTC
Corps enracinés
L'odeur qui émane de ta peau, brillante sous les rayons du soleil Adoucit mes narines, par lesquelles l'air frais des montagnes s'y mélange J'ai aimé te prendre dans mes bras hier, t'enlacer Lorsque les feuilles des arbres ainsi que ses grandes branches         nous protégeaient naturellement de la pluie battante Cette face de ton visage que tu collais contre mon torse et         ma main passante sur ta nuque au travers de tes cheveux noirs humides J'avais comme l'impression que nos corps étaient enracinés ensemble Que de la terre, s'échappait une énergie transcendante qui renforçait nos émotions Le silence des hommes qui laisse la parole à la nature vieille et dominante Du milieu de cette vaste forêt, la composition de la cascade à distance         des lourdes gouttes d'eau tombantes, glissantes sur les immenses feuilles         des oiseaux, rois, et de ton cœur battant à rythme régulier mais avec         l'intensité d'un coup de tambour donné lors d'un carnaval Nos corps en vibraient. À nouveau je ressentais que nous faisions partie de quelque chose Bien au-delà de notre compréhension : notre essence même Nous, Êtres. La prochaine fois, sur tes lèvres qui n'attirent que convoitise à mes yeux J'y déposerai les miennes, si tu me le permets Car du fond de mon âme,         je te désire J'ai à tes côtés de l'appétit pour la vie,         qui m'apparaît alors comme infinie.
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under this gray forgotten sky I look to the ground and take flight I reply to a distant call of a deserved lonesome exodus minimum quantum spaces freedom in the first moments voices and lights in the lips of a child that takes life and peace from the breast of the world under this gray forgotten sky I look to the ground and take flight I turn back I'm alone but I do not fear this solo drum and absorbed in my infinite intimacy I migrate to the wild sanctuary that will save my soul ------------- sotto questo cielo grigio dimenticato guardo a terra e prendo il volo ad una chiamata remota rispondo di un meritato esodo solitario minimi spazi quantici libertà dei primi momenti voci e luci nelle labbra di un bambino che prende vita e pace dal seno del mondo sotto questo cielo grigio dimenticato fisso la terra e prendo il volo guardo indietro sono solo ma non temo questo rullo di tamburo ed assorto nella mia infinita intimità migro verso il selvatico santuario che salverà la mia anima ---------------- bajo este olvidado cielo gris miro el suelo e inicio el vuelo respondo una llamada lejana de un merecido éxodo solitario mínimos espacios cuánticos libertad de los primeros momentos voces y luces en los labios de un niño eso agarra la vida y la paz del seno del mundo bajo este olvidado cielo gris miro la tierra e inicio el vuelo me doy vuelta, estoy solo pero no temo este rollo de tambor y absorto en mi infinita intimidad migro a la naturaleza santuario que mi alma salvará ... sous ce ciel gris oublié Je regarde le sol et commence le vol Je réponds à un appel distant d'un exode solitaire bien mérité espaces quantiques minimaux la liberté des premiers instants voix et lumières sur les lèvres d'un enfant qui saisit la vie et la paix du sein du monde sous ce ciel gris oublié Je regarde la terre et je commence le vol Je me retourne, je suis seul mais je ne crains pas ce rouleau tambour et absorbé dans mon intimité infinie Je migre vers la nature sanctuaire que sauvera mon âme
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Sep 5, 2018
Sep 5, 2018 at 4:33 PM UTC
exodus n. 1
under this gray forgotten sky I look to the ground and take flight I reply to a distant call of a deserved lonesome exodus minimum quantum spaces freedom in the first moments voices and lights in the lips of a child that takes life and peace from the breast of the world under this gray forgotten sky I look to the ground and take flight I turn back I'm alone but I do not fear this solo drum and absorbed in my infinite intimacy I migrate to the wild sanctuary that will save my soul ------------- sotto questo cielo grigio dimenticato guardo a terra e prendo il volo ad una chiamata remota rispondo di un meritato esodo solitario minimi spazi quantici libertà dei primi momenti voci e luci nelle labbra di un bambino che prende vita e pace dal seno del mondo sotto questo cielo grigio dimenticato fisso la terra e prendo il volo guardo indietro sono solo ma non temo questo rullo di tamburo ed assorto nella mia infinita intimità migro verso il selvatico santuario che salverà la mia anima ---------------- bajo este olvidado cielo gris miro el suelo e inicio el vuelo respondo una llamada lejana de un merecido éxodo solitario mínimos espacios cuánticos libertad de los primeros momentos voces y luces en los labios de un niño eso agarra la vida y la paz del seno del mundo bajo este olvidado cielo gris miro la tierra e inicio el vuelo me doy vuelta, estoy solo pero no temo este rollo de tambor y absorto en mi infinita intimidad migro a la naturaleza santuario que mi alma salvará ... sous ce ciel gris oublié Je regarde le sol et commence le vol Je réponds à un appel distant d'un exode solitaire bien mérité espaces quantiques minimaux la liberté des premiers instants voix et lumières sur les lèvres d'un enfant qui saisit la vie et la paix du sein du monde sous ce ciel gris oublié Je regarde la terre et je commence le vol Je me retourne, je suis seul mais je ne crains pas ce rouleau tambour et absorbé dans mon intimité infinie Je migre vers la nature sanctuaire que sauvera mon âme
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Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes Les mouches viennent, vont, reviennent ; les oiseaux Jettent leur petite ombre errante sur les eaux ; Le moulin prend la source et l'arrête au passage ; L'étang est un miroir où le frais paysage Se renverse et se change en vague vision ; Tout dans la profondeur fait une fonction ; Pas d'atome qui n'ait sa tâche ; tout s'agite ; Le grain dans le sillon, la bête dans son gîte, Ont un but ; la matière obéit à l'aimant ; L'immense herbe infinie est un fourmillement ; Partout le mouvement sans relâche et sans trêve, Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève, Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux, Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ; En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ; On dirait que l'obscure immensité vermeille Qui balance la mer pour bercer l'alcyon, Et que nous appelons Vie et Création, Charmante, fait semblant de dormir, et caresse L'universel travail avec de la paresse. Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur ! De partout, du vallon, du pré, de la hauteur, Du bois qui s'épaissit et du ciel qui rougeoie, Sort cette ombre, la paix, et ce rayon, la joie. Et maintenant, tandis qu'à travers les ravins, Une petite fille avec des yeux divins Et de lestes pieds nus dignes de Praxitèle, Chasse à coups de sarment sa chèvre devant elle, Voici ce qui remue en l'âme du banni : - Hélas ! tout n'est pas dit et tout n'est pas fini Parce qu'on a creusé dans la rue une fosse, Parce qu'un chef désigne un mur où l'on adosse De pauvres gens devant les feux de pelotons, Parce qu'on exécute au hasard, à tâtons, Sans choix, sous la mitraille et sous la fusillade, Pères, mères, le fou, le brigand, le malade, Et qu'on fait consumer en hâte par la chaux Des corps d'hommes sanglants et d'enfants encor chauds !
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À Vianden
Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes Les mouches viennent, vont, reviennent ; les oiseaux Jettent leur petite ombre errante sur les eaux ; Le moulin prend la source et l'arrête au passage ; L'étang est un miroir où le frais paysage Se renverse et se change en vague vision ; Tout dans la profondeur fait une fonction ; Pas d'atome qui n'ait sa tâche ; tout s'agite ; Le grain dans le sillon, la bête dans son gîte, Ont un but ; la matière obéit à l'aimant ; L'immense herbe infinie est un fourmillement ; Partout le mouvement sans relâche et sans trêve, Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève, Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux, Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ; En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ; On dirait que l'obscure immensité vermeille Qui balance la mer pour bercer l'alcyon, Et que nous appelons Vie et Création, Charmante, fait semblant de dormir, et caresse L'universel travail avec de la paresse. Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur ! De partout, du vallon, du pré, de la hauteur, Du bois qui s'épaissit et du ciel qui rougeoie, Sort cette ombre, la paix, et ce rayon, la joie. Et maintenant, tandis qu'à travers les ravins, Une petite fille avec des yeux divins Et de lestes pieds nus dignes de Praxitèle, Chasse à coups de sarment sa chèvre devant elle, Voici ce qui remue en l'âme du banni : - Hélas ! tout n'est pas dit et tout n'est pas fini Parce qu'on a creusé dans la rue une fosse, Parce qu'un chef désigne un mur où l'on adosse De pauvres gens devant les feux de pelotons, Parce qu'on exécute au hasard, à tâtons, Sans choix, sous la mitraille et sous la fusillade, Pères, mères, le fou, le brigand, le malade, Et qu'on fait consumer en hâte par la chaux Des corps d'hommes sanglants et d'enfants encor chauds !
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III. Prie encor pour tous ceux qui passent Sur cette terre des vivants ! Pour ceux dont les sentiers s'effacent À tous les flots, à tous les vents ! Pour l'insensé qui met sa joie Dans l'éclat d'un manteau de soie, Dans la vitesse d'un cheval ! Pour quiconque souffre et travaille, Qu'il s'en revienne ou qu'il s'en aille, Qu'il fasse le bien ou le mal ! Pour celui que le plaisir souille D'embrassements jusqu'au matin, Qui prend l'heure où l'on s'agenouille Pour sa danse et pour son festin, Qui fait hurler l'orgie infâme Au même instant du soir où l'âme Répète son hymne assidu, Et, quand la prière est éteinte, Poursuit, comme s'il avait crainte Que Dieu ne l'ait pas entendu ! Enfant ! pour les vierges voilées ! Pour le prisonnier dans sa tour ! Pour les femmes échevelées Qui vendent le doux nom d'amour ! Pour l'esprit qui rêve et médite ! Pour l'impie à la voix maudite Qui blasphème la sainte loi ! - Car la prière est infinie ! Car tu crois pour celui qui nie ! Car l'enfance tient lieu de foi ! Prie aussi pour ceux que recouvre La pierre du tombeau dormant, Noir précipice qui s'entrouvre Sous notre foule à tout moment ! Toutes ces âmes en disgrâce Ont besoin qu'on les débarrasse De la vieille rouille du corps. Souffrent-elles moins pour se taire ? Enfant ! regardons sous la terre ! Il faut avoir pitié des morts ! Mai 1830.
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La prière pour tous (III)