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"hasard" poems
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Sep 4, 2025
Sep 4, 2025 at 11:02 PM UTC
Les Pleurs Ou Les Larmes D’Une Mère
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui. Quand une fleur Va perdre sa couleur, On n'y doit plus De regrets superflus : Et le flambeau, Dont l'éclat fut si beau, Quand il s'éteint, Cède au froid qui l'atteint. Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui. Ton doux regard M'éclaira par hasard ; Et dans mes yeux Il répandit les cieux : Dès ce moment, Si fatal... si charmant, Mon cœur perdu Ne me fut pas rendu ! Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui.
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L'adieu
La nuit, quand par hasard je m'éveille, et je pense Que dehors et dedans tout est calme et silence, Et qu'oubliant Laurence, auprès de moi dormant, Mon cœur mal éveillé se croit seul un moment ; Si j'entends tout à coup son souffle qui s'exhale, Régulier, de son sein sortir à brise égale, Ce souffle harmonieux d'un enfant endormi ! Sur un coude appuyé je me lève à demi, Comme au chevet d'un fils, une mère qui veille ; Cette haleine de paix rassure mon oreille ; Je bénis Dieu tout bas de m'avoir accordé Cet ange que je garde et dont je suis gardé ; Je sens, aux voluptés dont ces heures sont pleines, Que mon âme respire et vit dans deux haleines ; Quelle musique aurait pour moi de tels accords ? Je l'écoute longtemps dormir, et me rendors ! De la Grotte, 16 décembre 1793.
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Jocelyn, le 16 décembre 1793
Furtive fugitive du noir Tu apparais. Chez toi tout n'est que contraste Pure intensité. Ta longue chevelure de soie Enveloppe tes hanches Alors que tu danses De ton corps et de mon regard Tu fais une unique joie. Seul le hasard a le pouvoir de nous réunir Et la vue est le seul sens Par lequel nous nous connaissons. Pourtant le dessin de ton galbe dans la nuit Allume la flamme qui m'éveille Et me fait renaître à la vie.
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Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:20 PM UTC
Présence clandestine
(En réponse à la question : Qu'est-ce que la Poésie ?) Chasser tout souvenir et fixer sa pensée, Sur un bel axe d'or la tenir balancée, Incertaine, inquiète, immobile pourtant, Peut-être éterniser le rêve d'un instant ; Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ; Écouter dans son coeur l'écho de son génie ; Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ; D'un sourire, d'un mot, d'un soupir, d'un regard Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme Faire une perle d'une larme : Du poète ici-bas voilà la passion, Voilà son bien, sa vie et son ambition.
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Impromptu
Le navire est venu à cheval, à une heure inexacte Notre frère-matelot, du Panthéon  des Poètes, était à son bord Jean Pierre Basilic Dantor Frankétienne D’argent Qui écrivait, à la hâte, le dernier acte Se trouvait par hasard, miraculeusement sur le port Il est monté, il est parti sans parler, sans argent Sans ses chefs d’œuvre, sans une petite maison C’est la vie, on part à toute saison. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. Franckétienne n’est pas disparu Il est quelque part, à Ravine-Sèche,  dans les rues Son inspiration est dans ‘l’émission le Point’ Nous n’avons pas d’autres choix que de prendre soin De sa mémoire, de son invention et de son imagination Franckétienne était un génie Haïtien, poète, dramaturge, spiraliste Ministre de la culture, faiseur de mots, chanteur, peintre et artiste Son nom était une longue phrase Et ses paroles faisaient rire jusqu'à l’extase. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. De son vivant, il n’avait pas obtenu sa petite maison C’était un génie légendaire qui a défié l’imagination La dictature, l’ordinaire, l’inordinaire et l’abstraction En devenant un mapou, un baobab. Dirait Wendell Quel potomitan! Quelle cathédrale! Quelle citadelle! Pour paraphraser le fils du directeur de Mac Donald « S’il arrive que tu tombes, apprends vite à chevaucher Ta chute, que ta chute devienne un cheval, ton cheval Pour continuer le voyage », la randonnée. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. « Chaque minute compte après cinquante ans » Disait Franckétienne, puisqu’on peut partir A n’importe quelle heure, à n’importe quel instant ‘Galaxie plomb gaillé’, pas trop **** du nadir Une trace invisible sur la tète à la Valentino ou à la Tino Rossi Frankétienne s’en est allé, l’artiste est parti Il demeure plus que jamais un Être nouveau Le géant, l’écrivain, le comédien, le créateur des mots Est habillé en bretelle comme un gros blanc nègre Pas comme un monstre de Dr. Frankenstein. Comme une pègre Le navire est venu à cheval, c’est la mort Qui nous menace comme si nous avions tort Nous pleurons maintenant comme la mère Pour cet octogénaire avancé, pour ce prince de lumière. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. P.S. Un Hommage à Franckétienne et famille, à Wendell Théodore Et compagnie,  à Radio Métropole et à tous  les Haïtiens conséquents. J’offre mes sincères condoléances à tous. Sit ei terra levis! Copyright © Février 2025, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
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Feb 24, 2025
Feb 24, 2025 at 7:38 AM UTC
Le Navire Est Venu À Cheval, Ou Hommage Au Fameux Poète Frankétienne
Le navire est venu à cheval, à une heure inexacte Notre frère-matelot, du Panthéon  des Poètes, était à son bord Jean Pierre Basilic Dantor Frankétienne D’argent Qui écrivait, à la hâte, le dernier acte Se trouvait par hasard, miraculeusement sur le port Il est monté, il est parti sans parler, sans argent Sans ses chefs d’œuvre, sans une petite maison C’est la vie, on part à toute saison. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. Franckétienne n’est pas disparu Il est quelque part, à Ravine-Sèche,  dans les rues Son inspiration est dans ‘l’émission le Point’ Nous n’avons pas d’autres choix que de prendre soin De sa mémoire, de son invention et de son imagination Franckétienne était un génie Haïtien, poète, dramaturge, spiraliste Ministre de la culture, faiseur de mots, chanteur, peintre et artiste Son nom était une longue phrase Et ses paroles faisaient rire jusqu'à l’extase. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. De son vivant, il n’avait pas obtenu sa petite maison C’était un génie légendaire qui a défié l’imagination La dictature, l’ordinaire, l’inordinaire et l’abstraction En devenant un mapou, un baobab. Dirait Wendell Quel potomitan! Quelle cathédrale! Quelle citadelle! Pour paraphraser le fils du directeur de Mac Donald « S’il arrive que tu tombes, apprends vite à chevaucher Ta chute, que ta chute devienne un cheval, ton cheval Pour continuer le voyage », la randonnée. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. « Chaque minute compte après cinquante ans » Disait Franckétienne, puisqu’on peut partir A n’importe quelle heure, à n’importe quel instant ‘Galaxie plomb gaillé’, pas trop **** du nadir Une trace invisible sur la tète à la Valentino ou à la Tino Rossi Frankétienne s’en est allé, l’artiste est parti Il demeure plus que jamais un Être nouveau Le géant, l’écrivain, le comédien, le créateur des mots Est habillé en bretelle comme un gros blanc nègre Pas comme un monstre de Dr. Frankenstein. Comme une pègre Le navire est venu à cheval, c’est la mort Qui nous menace comme si nous avions tort Nous pleurons maintenant comme la mère Pour cet octogénaire avancé, pour ce prince de lumière. Kalfou te kindeng miwo, miba ye. P.S. Un Hommage à Franckétienne et famille, à Wendell Théodore Et compagnie,  à Radio Métropole et à tous  les Haïtiens conséquents. J’offre mes sincères condoléances à tous. Sit ei terra levis! Copyright © Février 2025, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
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J'adore le mois de février, Le mois le plus court et le plus froid de la saison, Pour toute une série d’étranges raisons. Et pourtant, on a l'impression que février est le mois le plus long, Pour les événements qui se produisent au hasard, Au milieu des tempêtes  perfides et hivernales Presque tout est gelé et solide près de la nichée Des aigles américains à tête blanche, Sauf les masques de Mardi Gras sous les planches. Février est la saison de l'amour, Le mois de la Saint Valentin, Une crique paradisiaque par excellence, Où les amoureux se réfugient. Pur, immaculé, Neigeux, court, sombre et charmant ; Février est Maintenant le mois de célébration de l'histoire des Noirs, On se demande comment et pourquoi Nous obtenons le plus court. C'est une autre histoire Que nous devrions laisser aux mouettes nomades Pour déchiffrer. Pas de baigneurs sur les plages de sable, Sauf quelques oiseaux perchés sur les pauvres branches, **** des berceaux des pygargues à tête blanche. Février est un mois de contraste kaléidoscopique, Là où les chutes de neige se produisent d’une façon typique, Et où les amoureux fous rêvent de chaleur sous un paradis Plein d’espoir, d’amour, de beauté,  de glace et de pluie. Copyright © Janvier 2022, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Feb 4, 2025
Feb 4, 2025 at 1:00 AM UTC
Février Est Court, Froid, Neigeux Et Sauvage
Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage, Je te disais bonjour à la première page. Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ; En vérité, ce siècle est un mauvais moment. Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge, Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant, Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage, Lamartine vieilli qui me traite en enfant. La politique, hélas ! voilà notre misère. Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire. Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non. Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire. Si deux noms, par hasard, s'embrouillent sur ma lyre, Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.
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Sonnet au lecteur
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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Voie lactée (2)
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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Blanche fille aux cheveux roux, Dont la robe par ses trous Laisse voir la pauvreté Et la beauté, Pour moi, poète chétif, Ton jeune corps maladif, Plein de taches de rousseur, A sa douceur. Tu portes plus galamment Qu'une reine de roman Ses cothurnes de velours Tes sabots lourds. Au lieu d'un haillon trop court, Qu'un superbe habit de cour Traîne à plis bruyants et longs Sur tes talons ; En place de bas troués, Que pour les yeux des roués Sur ta jambe un poignard d'or Reluise encor ; Que des noeuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes deux beaux seins, radieux Comme des yeux ; Que pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et chassent à coups mutins Les doigts lutins, Perles de la plus belle eau, Sonnets de maître Belleau Par tes galants mis aux fers Sans cesse offerts, Valetaille de rimeurs Te dédiant leurs primeurs Et contemplant ton soulier Sous l'escalier, Maint page épris du hasard, Maint seigneur et maint Ronsard Épieraient pour le déduit Ton frais réduit ! Tu compterais dans tes lits Plus de baisers que de lis Et rangerais sous tes lois Plus d'un Valois ! - Cependant tu vas gueusant Quelque vieux débris gisant Au seuil de quelque Véfour De carrefour ; Tu vas lorgnant en dessous Des bijoux de vingt-neuf sous Dont je ne puis, oh ! pardon ! Te faire don. Va donc ! sans autre ornement, Parfum, perles, diamant, Que ta maigre nudité, Ô ma beauté !
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À une mendiante rousse
Eh bien ! que fais-tu donc, ô Mémoire infidèle ? Tu ne sais plus ces vers, poésie immortelle, Consacrés par la gloire et redits en tous lieux ! Ces sublimes accents au rythme harmonieux, Où d'un poète aimé le génie étincelle, Mémoire, que fuis-tu, si tu ne les retiens ? « Je me souviens ! « Mais, passant à travers les grands bruits de la terre, Qui doit se souvenir, hélas ! a trop à faire. Contre moi, chaque jour, combat l'oubli jaloux : Je ne puis tout garder, et je choisis pour vous. Du rayon qui donna la plus fraîche lumière, D'un suave parfum, de sons éoliens, Je me souviens. « Souvent, abandonnant au burin de l'histoire, Tout ce qui tient en main le sceptre de la gloire, Je laisse à tout hasard, au **** errer mes pas, Dans des sentiers obscurs où l'on chante tout bas. Plus attentive alors, moi, pauvre humble Mémoire, D'espoirs, de doux pensers, rêves aériens, Je me souviens. « Si parfois un ami, triste et rempli d'alarme, Vient chercher près de vous quelque espoir qui le charme ; Sa main dans votre main, quand s'entr'ouvre son cœur, - Le cœur, qui sait si bien parler de la douleur ! - Du mal de votre ami, d'un regard, d'une larme, De tout ce qui s'échappe en vos longs entretiens, Je me souviens. « À tout ce qui gémit et pleure dans la vie, Je prête, en cheminant, une oreille attendrie ; J'écoute mieux encor ceux qui ne parlent plus, Les amis d'autrefois au tombeau descendus : Je fais revivre en moi l'âme qui s'est enfuie ; Des nœuds qui sont rompus rattachant les liens, Je me souviens ! « Assez d'autres sans moi garderont souvenance De ces vers tant aimés ; qu'importe mon silence ! Quand la gloire a parlé, mes soins sont superflus. » - C'est bien ! je suis contente, et ne veux rien de plus Si, n'oubliant jamais ni bonheur ni souffrance, Lorsque je vois s'enfuir les plus chers de mes biens, Tu te souviens !
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La mémoire
Eh bien ! que fais-tu donc, ô Mémoire infidèle ? Tu ne sais plus ces vers, poésie immortelle, Consacrés par la gloire et redits en tous lieux ! Ces sublimes accents au rythme harmonieux, Où d'un poète aimé le génie étincelle, Mémoire, que fuis-tu, si tu ne les retiens ? « Je me souviens ! « Mais, passant à travers les grands bruits de la terre, Qui doit se souvenir, hélas ! a trop à faire. Contre moi, chaque jour, combat l'oubli jaloux : Je ne puis tout garder, et je choisis pour vous. Du rayon qui donna la plus fraîche lumière, D'un suave parfum, de sons éoliens, Je me souviens. « Souvent, abandonnant au burin de l'histoire, Tout ce qui tient en main le sceptre de la gloire, Je laisse à tout hasard, au **** errer mes pas, Dans des sentiers obscurs où l'on chante tout bas. Plus attentive alors, moi, pauvre humble Mémoire, D'espoirs, de doux pensers, rêves aériens, Je me souviens. « Si parfois un ami, triste et rempli d'alarme, Vient chercher près de vous quelque espoir qui le charme ; Sa main dans votre main, quand s'entr'ouvre son cœur, - Le cœur, qui sait si bien parler de la douleur ! - Du mal de votre ami, d'un regard, d'une larme, De tout ce qui s'échappe en vos longs entretiens, Je me souviens. « À tout ce qui gémit et pleure dans la vie, Je prête, en cheminant, une oreille attendrie ; J'écoute mieux encor ceux qui ne parlent plus, Les amis d'autrefois au tombeau descendus : Je fais revivre en moi l'âme qui s'est enfuie ; Des nœuds qui sont rompus rattachant les liens, Je me souviens ! « Assez d'autres sans moi garderont souvenance De ces vers tant aimés ; qu'importe mon silence ! Quand la gloire a parlé, mes soins sont superflus. » - C'est bien ! je suis contente, et ne veux rien de plus Si, n'oubliant jamais ni bonheur ni souffrance, Lorsque je vois s'enfuir les plus chers de mes biens, Tu te souviens !
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Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
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Déclaration
Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
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Les sots sont un peuple nombreux, Trouvant toutes choses faciles : Il faut le leur passer, souvent ils sont heureux ; Grand motif de se croire habiles. Un âne, en broutant ses chardons, Regardait un pasteur jouant, sous le feuillage, D'une flûte dont les doux sons Attiraient et charmaient les bergers du bocage. Cet âne mécontent disait : ce monde est fou ! Les voilà tous, bouche béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente À souffler dans un petit trou. C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire, Tandis que moi... suffit... allons-nous-en d'ici, Car je me sens trop en colère. Notre âne, en raisonnant ainsi, Avance quelques pas, lorsque sur la fougère Une flûte oubliée en ces champêtres lieux Par quelque pasteur amoureux Se trouve sous ses pieds. Notre âne se redresse, Sur elle de côté fixe ses deux gros yeux ; Une oreille en avant, lentement il se baisse, Applique son naseau sur le pauvre instrument, Et souffle tant qu'il peut. ô hasard incroyable ! Il en sort un son agréable. L'âne se croit un grand talent, Et tout joyeux s'écrie en faisant la culbute : Eh ! Je joue aussi de la flûte !
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L'âne et la flûte
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme, Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin, Verse confusément le bienfait et le crime, Et l'on peut pour cela te comparer au vin. Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore ; Tu répands des parfums comme un soir orageux ; Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore Qui font le héros lâche et l'enfant courageux. Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ? Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ; Tu sèmes au hasard la joie et les désastres, Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien. Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ; De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant, Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques, Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement. L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle, Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau ! L'amoureux pantelant incliné sur sa belle A l'air d'un moribond caressant son tombeau. Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe, Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu ! Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ? De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène, Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours, Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! - L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?
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Hymne à la beauté
Un écureuil sautant, gambadant sur un chêne, Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard, Tomber sur un vieux léopard Qui faisait sa méridienne. Vous jugez s'il eut peur ! En sursaut s'éveillant, L'animal irrité se dresse ; Et l'écureuil s'agenouillant Tremble et se fait petit aux pieds de son altesse. Après l'avoir considéré, Le léopard lui dit : je te donne la vie, Mais à condition que de toi je saurai Pourquoi cette gaîté, ce bonheur que j'envie, Embellissent tes jours, ne te quittent jamais, Tandis que moi, roi des forêts, Je suis si triste et je m'ennuie. Sire, lui répond l'écureuil, Je dois à votre bon accueil La vérité : mais, pour la dire, Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis. - Soit, j'y consens, monte. - J'y suis. À présent je peux vous instruire. Mon grand secret pour être heureux, C'est de vivre dans l'innocence ; L'ignorance du mal fait toute ma science ; Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux. Vous ne connaissez pas la volupté suprême De dormir sans remords : vous mangez les chevreuils, Tandis que je partage à tous les écureuils Mes feuilles et mes fruits ; vous haïssez, et j'aime : Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu De cette vérité que je tiens de mon père : Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu, La gaîté vient bientôt de notre caractère.
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Le léopard et l'écureuil
Sonnet. Béatrix Donato fut le doux nom de celle Dont la forme terrestre eut ce divin contour. Dans sa blanche poitrine était un coeur fidèle, Et dans son corps sans tache un esprit sans détour. Le fils du Titien, pour la rendre immortelle, Fit ce portrait, témoin d'un mutuel amour ; Puis il cessa de peindre à compter de ce jour, Ne voulant de sa main illustrer d'autre qu'elle. Passant, qui que tu sois, si ton coeur sait aimer, Regarde ma maîtresse avant de me blâmer, Et dis si, par hasard, la tienne est aussi belle. Vois donc combien c'est peu que la gloire ici-bas, Puisque tout beau qu'il est, ce portrait ne vaut pas (Crois-m'en sur ma parole) un baiser du modèle.
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Béatrix Donato
Fable I, Livre III. Toi qui, peintre et rival de Flore, Comme elle à la nature empruntes les couleurs Dont se parent toutes les fleurs Que sous tes doigts on voit éclore, Que je porte envie à ton art ! Tout est rose pour toi. Plus tes tableaux fidèles Se rapprochent de tes modèles, Et plus on t'applaudit ; et moi, si par hasard J'ose crayonner quelque page, D'un tout contraire accueil je suis souvent payé. Et je plais d'autant moins au modèle effrayé Que j'ai mieux tracé son image. À ses yeux qu'ai-je offert en effet ? maint défaut, Maint travers. Cher ami, dans le siècle où nous sommes Tout est vice ou sottise ; et, pour charmer, il faut Peindre les fleurs et non les hommes. La fleur du chardon se carrait Au milieu des piquants dont sa tige est armée ; Et sans plus de façons, d'elle-même charmée, À la rose se préférait. « Je suis plus qu'elle encore et sévère et pudique, Car on la vit parfois s'humaniser un peu. Quant à moi, qu'on approche, et l'on verra beau jeu ! Ma devise est, enfin : Qui s'y frotte s'y pique. « - Et pourquoi s'y frotterait-on ? » Dit un jeune berger qui cherchait aventure : « Pour jouir d'une rose on brave une blessure ; Mais se fait-on piquer pour cueillir un chardon ? »
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Le chardon et la rose
Je connais, Madame, un bonhomme Qui serait bien mal à la Cour. Je ne sais comment il se nomme, Sa femme n'est pas laide, en somme, Non..., elle est très digne d'amour. Elle a de l'œil et de la taille, Un petit soulier de satin. C'est une blonde, toute en paille. Mais, voyez, Madame, elle baille Dès les onze heures du matin. L'hiver, sa servante auprès d'elle, Elle garde le coin du feu, Demandant s'il vente ou s'il gèle ; Quelquefois un bout de querelle Avec son chéri, c'est fort peu. Au mois de juin, pour la distraire, Celui-ci la mène à la mer, Mais son fauteuil est solitaire ; Surtout, pas de célibataire ; Car ces messieurs vous ont un air... Les Français, coureurs d'aventures, Les Gaulois aux propos soignés, Les amis de toutes natures, Et les cousins, même en peintures, Sont soigneusement éloignés. C'est pour des voisines posées, Ou le regard des inconnus, Que ses robes se sont usées ; Pas de romans, ni de musée Où l'on voit des hommes tout nus. De **** en **** les jours de foire, Une soirée avec du thé, Une valse en robe de moire, Ou la loge perdue et noire, D'un théâtre collet monté. Lorsque par hasard, elle cause Avec quelqu'un, c'est plus banal Que le papillon et la rose, C'est froid, c'est triste, quelque chose Comme les murs d'un tribunal. Pourtant, elle aimerait à rire, À plaire, à plaisanter un brin, Elle est française, c'est tout dire ; Si son cœur a ce qu'il désire Son âme, elle, a bien du chagrin. Près de la porte de sa dame Le Monsieur se tient de planton ; Qu'en espère-t-il sur mon âme ? A-t-il peur qu'on viole sa femme Comme une poupée en carton ? Saints du Ciel, venez à leur aide Et qu'à l'heure où l'on fait l'amour, Elle lui dise froide et raide : Vois, ami, comme je suis laide, Personne ne me fait la cour.
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La cour
Je connais, Madame, un bonhomme Qui serait bien mal à la Cour. Je ne sais comment il se nomme, Sa femme n'est pas laide, en somme, Non..., elle est très digne d'amour. Elle a de l'œil et de la taille, Un petit soulier de satin. C'est une blonde, toute en paille. Mais, voyez, Madame, elle baille Dès les onze heures du matin. L'hiver, sa servante auprès d'elle, Elle garde le coin du feu, Demandant s'il vente ou s'il gèle ; Quelquefois un bout de querelle Avec son chéri, c'est fort peu. Au mois de juin, pour la distraire, Celui-ci la mène à la mer, Mais son fauteuil est solitaire ; Surtout, pas de célibataire ; Car ces messieurs vous ont un air... Les Français, coureurs d'aventures, Les Gaulois aux propos soignés, Les amis de toutes natures, Et les cousins, même en peintures, Sont soigneusement éloignés. C'est pour des voisines posées, Ou le regard des inconnus, Que ses robes se sont usées ; Pas de romans, ni de musée Où l'on voit des hommes tout nus. De **** en **** les jours de foire, Une soirée avec du thé, Une valse en robe de moire, Ou la loge perdue et noire, D'un théâtre collet monté. Lorsque par hasard, elle cause Avec quelqu'un, c'est plus banal Que le papillon et la rose, C'est froid, c'est triste, quelque chose Comme les murs d'un tribunal. Pourtant, elle aimerait à rire, À plaire, à plaisanter un brin, Elle est française, c'est tout dire ; Si son cœur a ce qu'il désire Son âme, elle, a bien du chagrin. Près de la porte de sa dame Le Monsieur se tient de planton ; Qu'en espère-t-il sur mon âme ? A-t-il peur qu'on viole sa femme Comme une poupée en carton ? Saints du Ciel, venez à leur aide Et qu'à l'heure où l'on fait l'amour, Elle lui dise froide et raide : Vois, ami, comme je suis laide, Personne ne me fait la cour.
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Ne m'aimez pas !... Je veux pouvoir prier pour vous, Comme pour les amis dont le soir, à genoux, Je me souviens - afin qu'éloignant la tempête, Dieu leur donne un ciel pur pour abriter leur tête. Je veux, de vos bonheurs, prendre tout haut ma part, Le front calme et serein, sans craindre aucun regard ; Je veux, quand vous entrez, vous donner un sourire, Trouver doux de vous voir, en osant vous le dire. Je veux, si vous souffrez, partageant vos destins, Vous dire : « Qu'avez-vous ? » et vous tendre les mains. Je veux, si par hasard votre raison chancelle, Vous réserver l'appui de l'amitié fidèle, Et qu'entraîné par moi dans le sentier du bien, Votre pas soit guidé par la trace du mien. Je veux, si je me blesse aux buissons de la route, Vous chercher du regard, et sans crainte, sans doute, Murmurer à voix basse : « Ami, protégez-moi ! » Et prenant votre bras, m'y pencher sans effroi. Je veux qu'en nos vieux jours, au déclin de la vie, Nous détournant pour voir la route... alors finie, Nos yeux, en parcourant le long sillon tracé, Ne trouvent nul remords dans les champs du passé. Laissez les sentiments qu'on brise ou qu'on oublie ; Gardons notre amitié, que ce soit pour la vie ! Votre sœur, chaque jour, vous suivra pas à pas... Oh ! je vous en conjure, ami, ne m'aimez pas !
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Ne m'aimez pas
Ah ! Si vous saviez comme on pleure De vivre seul et sans foyers, Quelquefois devant ma demeure Vous passeriez. Si vous saviez ce que fait naître Dans l'âme triste un pur regard, Vous regarderiez ma fenêtre Comme au hasard. Si vous saviez quel baume apporte Au cœur la présence d'un cœur, Vous vous assoiriez sous ma porte Comme une sœur. Si vous saviez que je vous aime, Surtout si vous saviez comment, Vous entreriez peut-être même Tout simplement.
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Prière
Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon, Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom ! Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure ! Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure, Te voilà presque assis sur ce hautain sommet ! Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ; Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ; Tu prends Napoléon dans les régions bleues ; Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi, Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi ! Thersite est le neveu d'Achille Péliade ! C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade ! C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs ! C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis, Terrible, apparaissait, cravachant leur armée ! C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents ! C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques ! Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques, Que tout le continent trembla sous Attila, Et que Londres frémit, et que Moscou brûla ! C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles, Pour que tu puisses boire avec de belles filles, Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart, C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart, Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée, Que le front des soldats, entrouvert par l'épée, Saigna sous le shako, le casque et le colback, Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach, Expirèrent frappés au milieu de leur route, Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute, Et que la vieille garde est morte à Waterloo ! C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau, Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines, Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines ! Faquin ! - Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin, Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin ! Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes ! Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois Et tranquille, attelant à ton numéro trois Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre, Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre ! Jersey, le 31 mai 1853.
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Napoléon III
Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon, Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom ! Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure ! Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure, Te voilà presque assis sur ce hautain sommet ! Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ; Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ; Tu prends Napoléon dans les régions bleues ; Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi, Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi ! Thersite est le neveu d'Achille Péliade ! C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade ! C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs ! C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis, Terrible, apparaissait, cravachant leur armée ! C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents ! C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques ! Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques, Que tout le continent trembla sous Attila, Et que Londres frémit, et que Moscou brûla ! C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles, Pour que tu puisses boire avec de belles filles, Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart, C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart, Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée, Que le front des soldats, entrouvert par l'épée, Saigna sous le shako, le casque et le colback, Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach, Expirèrent frappés au milieu de leur route, Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute, Et que la vieille garde est morte à Waterloo ! C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau, Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines, Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines ! Faquin ! - Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin, Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin ! Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes ! Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois Et tranquille, attelant à ton numéro trois Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre, Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre ! Jersey, le 31 mai 1853.
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Tout là-haut, tout là-haut, **** de la route sûre, Des fermes, des vallons, par delà les coteaux, Par delà les forêts, les tapis de verdure, **** des derniers gazons foulés par les troupeaux, On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme Que forment quelques pics désolés et neigeux ; L'eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime, Et n'interrompt jamais son silence orageux. Dans ce morne désert, à l'oreille incertaine Arrivent par moments des bruits faibles et longs, Et des échos plus morts que la cloche lointaine D'une vache qui paît aux penchants des vallons. Sur ces monts où le vent efface tout vestige, Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil, Sur ces rochers altiers où guette le vertige, Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil, Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence, Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver, Le silence éternel et la montagne immense, Car l'air est immobile et tout semble rêver. On dirait que le ciel, en cette solitude, Se contemple dans l'onde, et que ces monts, là-bas, Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude, Un mystère divin que l'homme n'entend pas. Et lorsque par hasard une nuée errante Assombrit dans son vol le lac silencieux, On croirait voir la robe ou l'ombre transparente D'un esprit qui voyage et passe dans les cieux.
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Incompatibilité
Notre être, à l’incipit, apparaît minuscule Puis se développe notre histoire jusqu’à son crépuscule Une existence imaginée comme un cycle par quelques têtus Constituée d’un début, d’une suite d’intrigues, et d’une fin, avant de nous voir repus La partie la plus longue est communément appelée la vie Selon le contexte certaines dérangent et d’autres donnent envie Certaines sont accompagnées de louanges et d’autres de mépris D’échecs qui démangent, et de réussites anodines qu’on oublie Est-il raisonnable de se comparer et de se sentir misérable ? Alors qu’en creusant un peu on trouverait facilement quelque chose de louable Quelque chose que l’on a accompli pour aider une personne Peu importe la teneur de l’effort, l’essentiel est que l’on donne De sa personne, de son temps, de son pécule Apportant ainsi un instant de joie, un sourire, en somme rien de ridicule A quelqu’un dans le besoin, en détresse, ou se sentant inutile Tel une montre suisse à laquelle il manquerait une pile En oubliant que nous faisons tous partie d’un seul et même écosystème Que la mort du phytoplancton* entraînerait l’extinction de la race humaine Dans une époque où il semblerait que la réussite se mesure à la hauteur de ce qui est ou peut être consommé, J’estime que nous sommes tous importants et avons tous une valeur Inestimable, tout en étant palpable et faisant preuve de splendeur Et qui ne se restreint pas seulement à quelques possessions futiles et prochainement démodées Pauvreté et richesse se retrouvent souvent en cohabitation Quelques âmes en peine et perdues rêvent de jouir un jour de la possibilité de posséder un avion Alors qu’il est possible de voler et de voyager rien qu’avec de l’imagination Que courir, c’est voler entre deux foulées, voler par intermittence Que penser c’est voyager et contempler des pensées, sans avoir besoin de prendre des vacances Il est possible de créer et d’exister via la culture d’une passion Permettant la naissance d’un bien commun Un bien immatériel ou non, portant un amour inconsidéré en son sein Non par hasard mais par dessein. « Au milieu des choses », on se retrouve parachuté Dans un monde, une société qu’il est pénible de changer Mais l’histoire française nous a montré Qu’en nous y mettant tous ensemble rien ne pourra nous résister.
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Jun 12, 2020
Jun 12, 2020 at 7:35 AM UTC
In medias res
Notre être, à l’incipit, apparaît minuscule Puis se développe notre histoire jusqu’à son crépuscule Une existence imaginée comme un cycle par quelques têtus Constituée d’un début, d’une suite d’intrigues, et d’une fin, avant de nous voir repus La partie la plus longue est communément appelée la vie Selon le contexte certaines dérangent et d’autres donnent envie Certaines sont accompagnées de louanges et d’autres de mépris D’échecs qui démangent, et de réussites anodines qu’on oublie Est-il raisonnable de se comparer et de se sentir misérable ? Alors qu’en creusant un peu on trouverait facilement quelque chose de louable Quelque chose que l’on a accompli pour aider une personne Peu importe la teneur de l’effort, l’essentiel est que l’on donne De sa personne, de son temps, de son pécule Apportant ainsi un instant de joie, un sourire, en somme rien de ridicule A quelqu’un dans le besoin, en détresse, ou se sentant inutile Tel une montre suisse à laquelle il manquerait une pile En oubliant que nous faisons tous partie d’un seul et même écosystème Que la mort du phytoplancton* entraînerait l’extinction de la race humaine Dans une époque où il semblerait que la réussite se mesure à la hauteur de ce qui est ou peut être consommé, J’estime que nous sommes tous importants et avons tous une valeur Inestimable, tout en étant palpable et faisant preuve de splendeur Et qui ne se restreint pas seulement à quelques possessions futiles et prochainement démodées Pauvreté et richesse se retrouvent souvent en cohabitation Quelques âmes en peine et perdues rêvent de jouir un jour de la possibilité de posséder un avion Alors qu’il est possible de voler et de voyager rien qu’avec de l’imagination Que courir, c’est voler entre deux foulées, voler par intermittence Que penser c’est voyager et contempler des pensées, sans avoir besoin de prendre des vacances Il est possible de créer et d’exister via la culture d’une passion Permettant la naissance d’un bien commun Un bien immatériel ou non, portant un amour inconsidéré en son sein Non par hasard mais par dessein. « Au milieu des choses », on se retrouve parachuté Dans un monde, une société qu’il est pénible de changer Mais l’histoire française nous a montré Qu’en nous y mettant tous ensemble rien ne pourra nous résister.
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Dans le beau siècle d'or, quand les premiers humains, Au milieu d'une paix profonde, Coulaient des jours purs et sereins, La vérité courait le monde Avec son miroir dans les mains. Chacun s'y regardait, et le miroir sincère Retraçait à chacun son plus secret désir Sans jamais le faire rougir ; Temps heureux, qui ne dura guère ! L'homme devint bientôt méchant et criminel. La vérité s'enfuit au ciel, En jetant de dépit son miroir sur la terre. Le pauvre miroir se cassa. Ses débris qu'au hasard la chute dispersa Furent perdus pour le vulgaire. Plusieurs siècles après on en connut le prix : Et c'est depuis ce temps que l'on voit plus d'un sage Chercher avec soin ces débris, Les retrouver parfois ; mais ils sont si petits, Que personne n'en fait usage. Hélas ! Le sage le premier Ne s'y voit jamais tout entier.
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Le miroir de la vérité
Sonnet. Qu'il est doux d'être au monde, et quel bien que la vie ! Tu le disais ce soir par un beau jour d'été. Tu le disais, ami, dans un site enchanté, Sur le plus vert coteau de ta forêt chérie. Nos chevaux, au soleil, foulaient l'herbe fleurie : Et moi, silencieux, courant à ton côté, Je laissais au hasard flotter ma rêverie ; Mais dans le fond du cœur je me suis répété : Oui, la vie est un bien, la joie est une ivresse ; Il est doux d'en user sans crainte et sans soucis ; Il est doux de fêter les dieux de la jeunesse, De couronner de fleurs son verre et sa maîtresse, D'avoir vécu trente ans comme Dieu l'a permis, Et, si jeunes encor, d'être de vieux amis. Bury, le 10 août 1838.
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À Alfred Tattet