Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"harmonie" poems
Die môre groet jou met ń nat soen En ontplooi haar goue gloed Oor jou fynbos en Olifants-oor Die wind ween oor die rykdom Wat jy deur jare van sweet en bloed, vir jouself terug geëis het , maar streel deur jou grashalms Met die harmonie van hoop wat deur jou are pols... Pols, wanneer 4x4 en ossewa spoor oorkruis! Hier timmer jy aan my - lê die hoeksteen van ń graniet gebou Ek sal strewe om jou te eer. Suid-Afrika , ń ode aan jou.
0
Apr 4, 2014
Apr 4, 2014 at 2:06 PM UTC
Ode aan my land
Adam est fade tellement il est ordinaire La gravite est monotone, elle date d'avant Terre Adam aime tout le monde, haïr est inique La gravite me permet d'attirer, or je n'ai rien d'unique Adam, vous; humains; vous comptez en milliards Gravite, de l'atome a Adam, rien n’échappe a ton radar Adam se sent serein au sein de sa famille La gravite arrange les atomes pesés en harmonie Ève vit Adam et ne trouva rien a lui reprocher Electricité domine toute gravite dans les distances rapprochées Ève trouve l'homme, la stabilité, la nécessaire et suffisante distraction L'electricite se moque des dimensions, seule compte l'attraction Ève, douée du sentiment, cède et concède par peur du changement L'electricite en mariant les atomes force leur rattachement Ève et Adam devinrent un couple, une eve et un adam L'electricite, égalisatrice, meurt sous les yeux de l'éternelle gravite
0
Oct 11, 2015
Oct 11, 2015 at 9:53 PM UTC
Tout
Je suis né ici, je suis un enfant de l'héraut Un enfant de france et un enfant du monde. Mais je ne suis plus un enfant, Alors qui suis-je vraiment? Je suis fils de mes parents, Le fils d'une tragédie, le fils de l'eau et le frère d'un ange. Mais je suis en vie, Je suis le fils du terroir et de la pluie, Des animaux et des plantes qui m'ont nourris Mais le temps est passé et j'ai grandi, Alors qui suis-je aujourd'hui? Je suis un homme, de taille moyenne, Avec une tête pleine de questions, Avec une bouche qui souri souvent, Et des yeux qui pleurent presque autant, Parce qu'on m'a appris a avoir des sentiments, Et a savoir être faible autant qu’être fort, A partager toutes mes idées, Et ne chercher que la vérité. Je suis un élève du doute, Et aujourd’hui plus que jamais, Je me demande où mes pensées vont m'emmener. On m'a enseigné l'harmonie et gentillesse, Mais comment ne jamais blesser? Comment se faire des amis Sans se faire autant d'ennemis? Quel que soit ce que je suis, Quels que soient mes choix, Quelqu'un les appelleras erreurs Et me haïra pour ça. Mais on m'a aussi dit que les choix ne sont pas des erreurs. Alors qui suis-je? Je suis moi. Je forge mon petit bout de miroir, et je l’appellerais vérité. Et si quelqu'un viens me le reprocher, Je lui dirais: "désolé, Mais j'ai dû faire un choix."
0
Nov 3, 2014
Nov 3, 2014 at 6:28 AM UTC
Qui suis-je?
Die verwoesting van die velede loop uit in die hede. Hier waar als tot rus kom met die lug wat soos 'n skarlakenrooi duin al *** stywer smeul, met die spanning klop in harmonie met die donker kol in my hart wat die toekoms verniel. Die bloedsaar le rooi op die horison soos 'n verlore asempie van 'n kind en die gefluister van die wind begin praat in die dieptes. Die verwoesting le in die rooi lug soos 'n sluier...
0
Jun 23, 2016
Jun 23, 2016 at 5:36 AM UTC
Verlede Verwoesting
(En réponse à la question : Qu'est-ce que la Poésie ?) Chasser tout souvenir et fixer sa pensée, Sur un bel axe d'or la tenir balancée, Incertaine, inquiète, immobile pourtant, Peut-être éterniser le rêve d'un instant ; Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ; Écouter dans son coeur l'écho de son génie ; Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ; D'un sourire, d'un mot, d'un soupir, d'un regard Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme Faire une perle d'une larme : Du poète ici-bas voilà la passion, Voilà son bien, sa vie et son ambition.
0
1k
Impromptu
Ek raak van tyd tot tyd verlore in die vlaktes van my verbeelding op 'n eindelose reiktog na die goue uitloopsels van more , ander kere skuil ek in die klowe en trek my toe in n berg kombers... daar kan ek skree - en huil -en lag. Daar kan ek die eie self in n lastergil uitlok en wag vir die koue kras kranse om dit terug te werp in my ope arms. My verbeeldingshuis le in die kranse... my drome rol in oor die see se soutwater golwe... en ek, ek le iewers in die middel van perfekte harmonie en absolute chaos. Ek . droom . eindeloos...
0
Nov 7, 2014
Nov 7, 2014 at 4:42 PM UTC
Legio dromer
You are my Masterpiece After you all other inspiration decease Like the Mona Lisa to Da Vinci Or the Harmonie Bleue to Matisse A beautiful work of art Your perfection is your best part Name is Michael but I aspire to be your Michelangelo You're missed in Heaven I can feel the other angels woe For them i shed a tear But losing you is my greatest fear Im every thing with you nothing without you So valuable that just the mentioning of your name is a taboo Girl you're more valuable than a Picasso You deserve the best, so I hang you in my castle Of my heart, You is the main piece So I guess that's why I call you my MasterPiece
0
Nov 1, 2011
Nov 1, 2011 at 3:01 AM UTC
My MasterPiece
Le ciel est gris La pluie s'écoule Je marche et je marche Insensible à tout L'harmonie des bruits routiniers Doucement fond en arrière-plan Pour mettre en avant Mes angoisses si troublantes Il semblerait Que ma vie a bousculé de travers Suis-je tombée de l'autre côté du miroir? C'est alors que ces pensées Descendirent vers mon cœur Qui serra de douleur Je laissa finalement mes larmes couler Au rythme de la pluie Comme mon cœur bat Au tempo de mes pas
0
May 8, 2015
May 8, 2015 at 3:37 PM UTC
vulnérable
Le Démon, dans ma chambre haute, Ce matin est venu me voir, Et, tâchant à me prendre en faute, Me dit : " Je voudrais bien savoir, Parmi toutes les belles choses Dont est fait son enchantement, Parmi les objets noirs ou roses Qui composent son corps charmant, Quel est le plus doux. " - Ô mon âme ! Tu répondis à l'Abhorré : " Puisqu'en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré. Lorsque tout me ravit, j'ignore Si quelque chose me séduit. Elle éblouit comme l'Aurore Et console comme la Nuit ; Et l'harmonie est trop exquise, Qui gouverne tout son beau corps, Pour que l'impuissante analyse En note les nombreux accords. Ô métamorphose mystique De tous mes sens fondus en un ! Son haleine fait la musique, Comme sa voix fait le parfum ! "
0
832
Tout entière
You are my Masterpiece After you all other inspiration decease Like the Mona Lisa to Da Vinci Or the Harmonie Bleue to Matisse A beautiful work of art Your imperfections is your best part I wish to be your Michelangelo You belong in the heaven I can feel the angels' woe For them I shed a tear But losing you is my greatest fear I'm everything with you... Noting without you Your so rare that just the mentioning of your name is taboo Girl you're more valuable than a Picasso You deserve the best so I place you in my castle And of my heart you are the main piece So I guess thats why I call you my "Master"Piece...
0
Mar 5, 2012
Mar 5, 2012 at 5:22 PM UTC
My Masterpiece
Naples, 1822. Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre, Le doux frémissement des ailes du zéphyre À travers les rameaux, Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives, Ou le roucoulement des colombes plaintives, Jouant aux bords des eaux ; Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime, Tes cordes exhalaient ce langage sublime, Divin secret des cieux, Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole, Les anges amoureux se parlent sans parole, Comme les yeux aux yeux ; Si de ta douce voix la flexible harmonie, Caressant doucement une âme épanouie Au souffle de l'amour, La berçait mollement sur de vagues images, Comme le vent du ciel fait flotter les nuages Dans la pourpre du jour : Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille, Ma voix murmurerait tout bas à son oreille Des soupirs, des accords, Aussi purs que l'extase où son regard me plonge, Aussi doux que le son que nous apporte un songe Des ineffables bords ! Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière ! Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière Ma vie et ton amour ! Ton regard languissant est plus cher à mon âme Que le premier rayon de la céleste flamme Aux yeux privés du jour.
0
857
Chant d'amour (I)
Toi et moi irons au bord de la mer Toi et moi fuirons le froid de l’hiver Pour habiter sur les belles plages Ou dans les vagues des rivages. Toi et moi rêverons ensemble chaque soir Toi et moi vivrons sous les nuages dans le noir Toi et moi coucherons avec nos oreillers Sur le sable blanc dans la chaleur de l’été. Toi et moi parcourrons tout le littoral Chaque soir nous rêverons à la belle étoile **** des amis, sous le ciel tropical Pour voir le départ des chaloupes à voile. Au bord de la mer, nous vivrons nos vies Dans la paix, l’harmonie, et **** de la frénésie Toi et moi vivrons au bord de la mer Dans l’amour, sous le ciel bleu et clair. Copyright © Décembre 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
0
Nov 27, 2024
Nov 27, 2024 at 7:45 PM UTC
Au Bord De La Mer
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
0
924
Le chant du cygne
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
Continue reading...
50
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir. Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige, Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir ! Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ; Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir, Du passé lumineux recueille tout vestige ! Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige... Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
0
731
Harmonie du soir
Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
0
749
À Alfred Tattet
Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
Continue reading...
48
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
0
787
Hier, la nuit d'été
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
Continue reading...
55
Sonnet. Ainsi, quand la fleur printanière Dans les bois va s'épanouir, Au premier souffle du zéphyr Elle sourit avec mystère ; Et sa tige, fraîche et légère, Sentant son calice s'ouvrir, Jusque dans le sein de la terre Frémit de joie et de désir. Ainsi, quand ma douce Marie Entr'ouvre sa lèvre chérie, Et lève, en chantant, ses yeux bleus, Dans l'harmonie et la lumière Son âme semble tout entière Monter en tremblant vers les cieux.
0
629
Marie
Tu te frappais le front en lisant Lamartine, Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit ; Le frisson te prenait, et la foudre divine, Tombant dans ta poitrine, T'épouvantait toi-même en traversant ta nuit. Ah ! frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie. C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour ; C'est là qu'est le rocher du désert de la vie, D'où les flots d'harmonie, Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour. Peut-être à ton insu déjà bouillonnent-elles, Ces laves du volcan, dans les pleurs de tes yeux. Tu partiras bientôt avec les hirondelles, Toi qui te sens des ailes Lorsque tu vois passer un oiseau dans les cieux. Ah ! tu sauras alors ce que vaut la paresse ; Sur les rameaux voisins tu voudras revenir. Edouard, Edouard, ton front est encor sans tristesse, Ton coeur plein de jeunesse... Ah ! ne les frappe pas, ils n'auraient qu'à s'ouvrir !
0
643
À mon ami Edouard B
À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
0
780
Le berger et le rossignol
À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
Continue reading...
47
À Lord Byron. Toi, dont le monde encore ignore le vrai nom, Esprit mystérieux, mortel, ange, ou démon, Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie, J'aime de tes concerts la sauvage harmonie, Comme j'aime le bruit de la foudre et des vents Se mêlant dans l'orage à la voix des torrents ! La nuit est ton séjour, l'horreur est ton domaine : L'aigle, roi des déserts, dédaigne ainsi la plaine Il ne veut, comme toi, que des rocs escarpés Que l'hiver a blanchis, que la foudre a frappés ; Des rivages couverts des débris du naufrage, Ou des champs tout noircis des restes du carnage.
0
565
L'homme
Sonnet. Je veux de songe en songe avec toi fuir sans trêve Le sol avare et froid de la réalité : Le rêve offre toujours une hospitalité Sereine et merveilleuse à l'âme qu'il soulève. Et, tu l'as dit, ce monde, après tout, n'est qu'un rêve, Fantôme insaisissable à qui l'a médité, Apparence cruelle et sans solidité Où l'idéal s'ébauche et jamais ne s'achève. Chaque sens fait un rêve : harmonie et parfum, Saveur, couleur, beauté, toute forme en est un ; L'homme à ces spectres vains prête un corps qu'il invente. Ému, je ne sais rien de la cause émouvante : C'est moi-même ébloui que j'ai nommé le ciel, Et je ne sens pas bien ce que j'ai de réel.
0
576
À Kant
Ah ! si j'avais des paroles, Des images, des symboles, Pour peindre ce que je sens ! Si ma langue, embarrassée Pour révéler ma pensée, Pouvait créer des accents ! Loi sainte et mystérieuse ! Une âme mélodieuse Anime tout l'univers ; Chaque être a son harmonie, Chaque étoile son génie, Chaque élément ses concerts. Ils n'ont qu'une voix, mais pure, Forte comme la nature, Sublime comme son Dieu ; Et, quoique toujours la même, Seigneur, cette voix suprême Se fait entendre en tout lieu. Quand les vents sifflent sur l'onde, Quand la mer gémit ou gronde, Quand la foudre retentit, Tout ignorants que nous sommes, Qui de nous, enfants des hommes, Demande ce qu'ils ont dit ? L'un a dit : « Magnificence ! » L'autre : « Immensité ! puissance ! » L'autre : « Terreur et courroux ! » L'un a fui devant sa face, L'autre a dit : « Son ombre passe : Cieux et terre, taisez-vous ! » Mais l'homme, ta créature, Lui qui comprend la nature, Pour parler n'a que des mots, Des mots sans vie et sans aile, De sa pensée immortelle Trop périssables échos ! Son âme est comme l'orage Qui gronde dans le nuage Et qui ne peut éclater, Comme la vague captive Qui bat et blanchit sa rive Et ne peut la surmonter. Elle s'use et se consume Comme un aiglon dont la plume N'aurait pas encor grandi, Dont l'œil aspire à sa sphère, Et qui rampe sur la terre Comme un reptile engourdi. Ah ! ce qu'aux anges j'envie N'est pas l'éternelle vie, Ni leur glorieux destin : C'est la lyre, c'est l'organe Par qui même un cœur profane Peut chanter l'hymne sans fin ! Quelque chose en moi soupire, Aussi doux que le zéphyr Que la nuit laisse exhaler, Aussi sublime que l'onde, Ou que la foudre qui gronde ; Et mon cœur ne peut parler ! Océan, qui sur tes rives Épands tes vagues plaintives, Rameaux murmurants des bois, Foudre dont la nue est pleine, Ruisseaux à la molle haleine, Ah ! si j'avais votre voix ! Si seulement, ô mon âme, Ce Dieu dont l'amour t'enflamme Comme le feu, l'aquilon, Au zèle ardent qui t'embrase Accordait, dans une extase, Un mot pour dire son nom ! Son nom, tel que la nature Sans parole le murmure, Tel que le savent les deux ; Ce nom que J'aurore voile, Et dont l'étoile à l'étoile Est l'écho mélodieux ; Les ouragans, le tonnerre, Les mers, les feux et la terre, Se tairaient pour l'écouter ; Les airs, ravis de l'entendre, S'arrêteraient pour l'apprendre, Les deux pour le répéter. Ce nom seul, redit sans cesse, Soulèverait ma tristesse Dans ce vallon de douleurs ; Et je dirais sans me plaindre : « Mon dernier jour peut s'éteindre, J'ai dit sa gloire, et je meurs ! »
0
429
Désir
Ah ! si j'avais des paroles, Des images, des symboles, Pour peindre ce que je sens ! Si ma langue, embarrassée Pour révéler ma pensée, Pouvait créer des accents ! Loi sainte et mystérieuse ! Une âme mélodieuse Anime tout l'univers ; Chaque être a son harmonie, Chaque étoile son génie, Chaque élément ses concerts. Ils n'ont qu'une voix, mais pure, Forte comme la nature, Sublime comme son Dieu ; Et, quoique toujours la même, Seigneur, cette voix suprême Se fait entendre en tout lieu. Quand les vents sifflent sur l'onde, Quand la mer gémit ou gronde, Quand la foudre retentit, Tout ignorants que nous sommes, Qui de nous, enfants des hommes, Demande ce qu'ils ont dit ? L'un a dit : « Magnificence ! » L'autre : « Immensité ! puissance ! » L'autre : « Terreur et courroux ! » L'un a fui devant sa face, L'autre a dit : « Son ombre passe : Cieux et terre, taisez-vous ! » Mais l'homme, ta créature, Lui qui comprend la nature, Pour parler n'a que des mots, Des mots sans vie et sans aile, De sa pensée immortelle Trop périssables échos ! Son âme est comme l'orage Qui gronde dans le nuage Et qui ne peut éclater, Comme la vague captive Qui bat et blanchit sa rive Et ne peut la surmonter. Elle s'use et se consume Comme un aiglon dont la plume N'aurait pas encor grandi, Dont l'œil aspire à sa sphère, Et qui rampe sur la terre Comme un reptile engourdi. Ah ! ce qu'aux anges j'envie N'est pas l'éternelle vie, Ni leur glorieux destin : C'est la lyre, c'est l'organe Par qui même un cœur profane Peut chanter l'hymne sans fin ! Quelque chose en moi soupire, Aussi doux que le zéphyr Que la nuit laisse exhaler, Aussi sublime que l'onde, Ou que la foudre qui gronde ; Et mon cœur ne peut parler ! Océan, qui sur tes rives Épands tes vagues plaintives, Rameaux murmurants des bois, Foudre dont la nue est pleine, Ruisseaux à la molle haleine, Ah ! si j'avais votre voix ! Si seulement, ô mon âme, Ce Dieu dont l'amour t'enflamme Comme le feu, l'aquilon, Au zèle ardent qui t'embrase Accordait, dans une extase, Un mot pour dire son nom ! Son nom, tel que la nature Sans parole le murmure, Tel que le savent les deux ; Ce nom que J'aurore voile, Et dont l'étoile à l'étoile Est l'écho mélodieux ; Les ouragans, le tonnerre, Les mers, les feux et la terre, Se tairaient pour l'écouter ; Les airs, ravis de l'entendre, S'arrêteraient pour l'apprendre, Les deux pour le répéter. Ce nom seul, redit sans cesse, Soulèverait ma tristesse Dans ce vallon de douleurs ; Et je dirais sans me plaindre : « Mon dernier jour peut s'éteindre, J'ai dit sa gloire, et je meurs ! »
Continue reading...
90
Sonnet. Ô maître des charmeurs de l'oreille, ô Ronsard, J'admire tes vieux vers, et comment ton génie Aux lois d'un juste sens et d'une ample harmonie Sait dans le jeu des mots asservir le hasard. Mais, plus que ton beau verbe et plus que ton grand art, J'aime ta passion d'antique poésie Et cette téméraire et sainte fantaisie D'être un nouvel Orphée aux hommes nés trop **** Ah ! Depuis que les cieux, les champs, les bois et l'onde N'avaient plus d'âme, un deuil assombrissait le monde, Car le monde sans lyre est comme inhabité ! Tu viens, tu ressaisis la lyre, tu l'accordes, Et, fier, tu rajeunis la gloire des sept cordes, Et tu refais aux dieux une immortalité.
0
348
À Ronsard
Un bouvreuil, un corbeau, chacun dans une cage, Habitaient le même logis. L'un enchantait par son ramage La femme, le mari, les gens, tout le ménage : L'autre les fatiguait sans cesse de ses cris ; Il demandait du pain, du rôti, du fromage, Qu'on se pressait de lui porter, Afin qu'il voulût bien se taire. Le timide bouvreuil ne faisait que chanter, Et ne demandait rien : aussi, pour l'ordinaire, On l'oubliait ; le pauvre oiseau Manquait souvent de grain et d'eau. Ceux qui louaient le plus de son chant l'harmonie N'auraient pas fait le moindre pas Pour voir si l'auge était remplie. Ils l'aimaient bien pourtant, mais ils n'y pensaient pas. Un jour on le trouva mort de faim dans sa cage. Ah ! Quel malheur ! Dit-on : las ! Il chantait si bien ! De quoi donc est-il mort ? Certes, c'est grand dommage ! Le corbeau crie encore et ne manque de rien.
0
338
Le bouvreuil et le corbeau
J'aime ton nom d'Apollonie, Echo grec du sacré vallon, Qui, dans sa robuste harmonie, Te baptise soeur d'Apollon. Sur la lyre au plectre d'ivoire, Ce nom splendide et souverain, Beau comme l'amour et la gloire, Prend des résonances d'airain. Classique, il fait plonger les Elfes Au fond de leur lac allemand, Et seule la Pythie à Delphes Pourrait le porter dignement, Quand relevant sa robe antique Elle s'assoit au trépied d'or, Et dans sa pose fatidique Attend le dieu qui tarde encor.
0
302
Apollonie