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"fuit" poems
Ma Jalouse, Mon Unique, Mon Ultime Sais-tu ce que Lord Invader, Sam Manning Cyril Monrose, Charlie Parker, Louis Armstrong Jack Sneed et Ernest Rangling Sans oublier Blue Glaze Mento Band et Phil Madison ? Et je m'arrête là pour l'instant, Sais-tu ce qu'ils ont en commun ? Eh bien vois-tu, ce sont tous mes ombres. Tu ne pourras jamais me comprendre Si tu ne les comprends pas Et si tu ne sais pas ce que représentent pour moi La mangouste et le raccoon. De même que pour te comprendre il faut avoir lu tout Dostoievski Pour me comprendre il faut avoir écouté tout Sly Mongoose Car peut être n'as-tu vu en moi qu'aria et boléro, symphonie et concerto Alors je t'explique : pour comprendre, n'essaie pas de philosopher Lève-toi et bouge tout simplement et tu toucheras l 'essence C'est du folklore, c'est du reggae, c 'est du mento, c'est du calypso, c'est du jazz, C'est instrumental ou c'est vocal C'est moi, mes ascendances et descendances. Sly Mongoose c'est mes Frères Karamasov Smerdiakov, Aliocha, Ivan et Dmitri C'est mon Idiot, mon prince Lev Mychkine C'est mon Joueur, mon Alexei Ivanovitch Mon Rêve d'un Homme Ridicule Et Raskolnikov errant dans la nuit dans Crime et Châtiment. Sly Mongoose c'est l'histoire d'une mangouste maline Qui a baptisé la fille du pasteur De son eau sainte Et qui fuit la Jamaïque Et part à l'étranger Après son forfait. C'est l'histoire d'une mangouste qui vole les poules les plus grasses de la cuisine Et qui les met dans la poche de son veston C'est l'histoire d'une mangouste qui entre dans la cuisine d'un prédicateur Et qui repart avec une des poules les plus grasses Et tous les chiens savent son nom. il s'appelle Sly Mangoose Il est malin, il est vicieux, le compère C'est mon ombre, que veux-tu Et parfois pour échapper aux prédateurs Il prend l'apparence de l'ombre d'un raccoon.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:05 AM UTC
Mangouste et raccoon
Ma Jalouse, Mon Unique, Mon Ultime Sais-tu ce que Lord Invader, Sam Manning Cyril Monrose, Charlie Parker, Louis Armstrong Jack Sneed et Ernest Rangling Sans oublier Blue Glaze Mento Band et Phil Madison ? Et je m'arrête là pour l'instant, Sais-tu ce qu'ils ont en commun ? Eh bien vois-tu, ce sont tous mes ombres. Tu ne pourras jamais me comprendre Si tu ne les comprends pas Et si tu ne sais pas ce que représentent pour moi La mangouste et le raccoon. De même que pour te comprendre il faut avoir lu tout Dostoievski Pour me comprendre il faut avoir écouté tout Sly Mongoose Car peut être n'as-tu vu en moi qu'aria et boléro, symphonie et concerto Alors je t'explique : pour comprendre, n'essaie pas de philosopher Lève-toi et bouge tout simplement et tu toucheras l 'essence C'est du folklore, c'est du reggae, c 'est du mento, c'est du calypso, c'est du jazz, C'est instrumental ou c'est vocal C'est moi, mes ascendances et descendances. Sly Mongoose c'est mes Frères Karamasov Smerdiakov, Aliocha, Ivan et Dmitri C'est mon Idiot, mon prince Lev Mychkine C'est mon Joueur, mon Alexei Ivanovitch Mon Rêve d'un Homme Ridicule Et Raskolnikov errant dans la nuit dans Crime et Châtiment. Sly Mongoose c'est l'histoire d'une mangouste maline Qui a baptisé la fille du pasteur De son eau sainte Et qui fuit la Jamaïque Et part à l'étranger Après son forfait. C'est l'histoire d'une mangouste qui vole les poules les plus grasses de la cuisine Et qui les met dans la poche de son veston C'est l'histoire d'une mangouste qui entre dans la cuisine d'un prédicateur Et qui repart avec une des poules les plus grasses Et tous les chiens savent son nom. il s'appelle Sly Mangoose Il est malin, il est vicieux, le compère C'est mon ombre, que veux-tu Et parfois pour échapper aux prédateurs Il prend l'apparence de l'ombre d'un raccoon.
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Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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Sep 11, 2025
Sep 11, 2025 at 1:12 AM UTC
La Violence Pleut Dans Les Rues
Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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La prudence est bonne de soi, Mais la pousser trop **** est une duperie : L'exemple suivant en fait foi. Des moineaux habitaient dans une métairie : Un beau champ de millet, voisin de la maison, Leur donnait du grain à foison. Ces moineaux dans le champ passaient toute leur vie, Occupés de gruger les épis de millet Le vieux chat du logis les guettait d'ordinaire, Tournait et retournait ; mais il avait beau faire, Sitôt qu'il paraissait la bande s'envolait. Comment les attraper ? Notre vieux chat y songe, Médite, fouille en son cerveau, Et trouve un tour tout neuf. II va tremper dans l'eau Sa patte dont il fait éponge. Dans du millet en grain aussitôt il la plonge ; Le grain s'attache tout autour. Alors à cloche-pied, sans bruit, par un détour, II va gagner le champ, s'y couche La patte en l'air et sur le dos, Ne bougeant non plus qu'une souche : Sa patte ressemblait à l'épi le plus gros. L'oiseau s'y méprenait, il approchait sans crainte, Venait pour becqueter ; de l'autre patte, crac, Voilà mon oiseau dans le sac. Il en prit vingt par cette feinte. Un moineau s'aperçoit du piège scélérat, Et prudemment fuit la machine ; Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain était patte de chat. Au fond de son trou solitaire II se retire, et plus n'en sort, Supporte la faim, la misère, Et meurt pour éviter la mort.
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Le chat et le moineau
Plasmatic schematics mold plastics & filament dangles in the doorway. Grape fuit sweat, enough to fill a Basilisk flask, stains my nostrils. Thermodynamic hammocks solved the energy crisis between me & her. A golden silhouette postulates in my doorway; speaking in tongues to her **** She is the structure of water. The process of a thought. Gouge out my eye & hold it consciously between those clammy palms .
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Oct 25, 2014
Oct 25, 2014 at 11:37 PM UTC
VHS
Le tiroir De  la vie S'est ouvert ici Un matin noir Sans bruit Sauf un cri. Merci Ma mère D'avoir ouvert L'infini Dans l'air Du temps qui fuit, à l'envers. Tu ne manques Pas d'air De courir si vite La distance. Sans en avoir l'air Je suis la fuite Des jours Fleuris de sourires Ou rincés de larmes Aux alentours, L’amour s’en va languir Et sonne l’alarme Bonjour la vie ! En ce beau matin D’espérance Qui efface l’ennuie Et réveille le destin De la fleur de jouvence.
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May 14, 2016
May 14, 2016 at 11:36 PM UTC
Allier (French-poème en Français)
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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Epitaphe de François Rabelais
Si d'un mort qui pourri repose Nature engendre quelque chose, Et si la generation Se fait de la corruption, Une vigne prendra naissance De l'estomac et de la pance Du bon Rabelais, qui boivoit Tousjours ce pendant qu'il vivoit La fosse de sa grande gueule Eust plus beu de vin toute seule (L'epuisant du nez en deus cous) Qu'un porc ne hume de lait dous, Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore De vagues le rivage more. Jamais le Soleil ne l'a veu s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu, Et jamais au soir la nuit noire Tant fut **** ne l'a veu sans boire. Car, alteré, sans nul sejour Le gallant boivoit nuit et jour. Mais quand l'ardante Canicule Ramenoit la saison qui brule, Demi-nus se troussoit les bras, Et se couchoit tout plat à bas Sur la jonchée, entre les taces : Et parmi des escuelles grasses Sans nulle honte se touillant, Alloit dans le vin barbouillant Comme une grenouille en sa fange Puis ivre chantoit la louange De son ami le bon Bacus, Comme sous lui furent vaincus Les Thebains, et comme sa mere Trop chaudement receut son pere, Qui en lieu de faire cela Las ! toute vive la brula. Il chantoit la grande massue, Et la jument de Gargantüe, Son fils Panurge, et les païs Des Papimanes ébaïs : Et chantoit les Iles Hieres Et frere Jan des autonnieres, Et d'Episteme les combas : Mais la mort qui ne boivoit pas Tira le beuveur de ce monde, Et ores le fait boire en l'onde Qui fuit trouble dans le giron Du large fleuve d'Acheron. Or toi quiconques sois qui passes Sur sa fosse repen des taces, Repen du bril, et des flacons, Des cervelas et des jambons, Car si encor dessous la lame Quelque sentiment a son ame, Il les aime mieux que les Lis, Tant soient ils fraichement cueillis.
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O vraie et lamentable image de la vie ! La joie entre par où la douleur est sortie ! Le bonheur prend le lit d'où fuit le désespoir ! À ce qui naît le jour Dieu fait place le soir ; La coupe de la vie a toujours même dose, Mais une main la prend quand l'autre la dépose, Hélas ! et si notre œil pouvait parfois sonder Ces coupes de bonheur qui semblent déborder, Ne trouverions-nous pas que chaque joie humaine Des cendres et des pleurs d'un autre est toujours pleine ? Du village de sa naissance, le 20 juillet 1800.
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Jocelyn, le 20 juillet 1800
J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs Je marche, sans trouver de bras qui me secourent, Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent, Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ; Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête, J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ; Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour, Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ; Puisque l'espoir serein dans mon âme est vaincu ; Puisqu'en cette saison des parfums et des roses, Ô ma fille ! j'aspire à l'ombre où tu reposes, Puisque mon coeur est mort, j'ai bien assez vécu. Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre. Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici. J'ai vécu souriant, toujours plus adouci, Debout, mais incliné du côté du mystère. J'ai fait ce que j'ai pu ; j'ai servi, j'ai veillé, Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine. Je me suis étonné d'être un objet de haine, Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé. Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile, Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains, Morne, épuisé, raillé par les forçats humains, J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle. Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi ; Je ne me tourne plus même quand on me nomme ; Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi. Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse, Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit. Ô Seigneur ! ouvrez-moi les portes de la nuit, Afin que je m'en aille et que je disparaisse !
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Veni, vidi, vixi
J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs Je marche, sans trouver de bras qui me secourent, Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent, Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ; Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête, J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ; Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour, Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ; Puisque l'espoir serein dans mon âme est vaincu ; Puisqu'en cette saison des parfums et des roses, Ô ma fille ! j'aspire à l'ombre où tu reposes, Puisque mon coeur est mort, j'ai bien assez vécu. Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre. Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici. J'ai vécu souriant, toujours plus adouci, Debout, mais incliné du côté du mystère. J'ai fait ce que j'ai pu ; j'ai servi, j'ai veillé, Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine. Je me suis étonné d'être un objet de haine, Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé. Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile, Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains, Morne, épuisé, raillé par les forçats humains, J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle. Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi ; Je ne me tourne plus même quand on me nomme ; Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi. Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse, Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit. Ô Seigneur ! ouvrez-moi les portes de la nuit, Afin que je m'en aille et que je disparaisse !
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Le brouillard est froid, la bruyère est grise ; Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs ; La lune, sortant des nuages noirs, Semble une clarté qui vient par surprise. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le voyageur marche et la lande est brune ; Une ombre est derrière, une ombre est devant ; Blancheur au couchant, lueur au levant ; Ici crépuscule, et là clair de lune. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La sorcière assise allonge sa lippe ; L'araignée accroche au toit son filet ; Le lutin reluit dans le feu follet Comme un pistil d'or dans une tulipe. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. On voit sur la mer des chasse-marées ; Le naufrage guette un mât frissonnant ; Le vent dit : demain ! l'eau dit : maintenant ! Les voix qu'on entend sont désespérées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le coche qui va d'Avranche à Fougère Fait claquer son fouet comme un vif éclair ; Voici le moment où flottent dans l'air Tous ces bruits confus que l'ombre exagère. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Dans les bois profonds brillent des flambées ; Un vieux cimetière est sur un sommet ; Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu'il met Dans les coeurs brisés et les nuits tombées ? Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Des flaques d'argent tremblent sur les sables ; L'orfraie est au bord des talus crayeux ; Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux Le vol monstrueux et vague des diables. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Un panache gris sort des cheminées ; Le bûcheron passe avec son fardeau ; On entend, parmi le bruit des cours d'eau, Des frémissements de branches traînées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La faim fait rêver les grands loups moroses ; La rivière court, le nuage fuit ; Derrière la vitre où la lampe luit, Les petits enfants ont des têtes roses. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou.
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Choses du soir
Le brouillard est froid, la bruyère est grise ; Les troupeaux de boeufs vont aux abreuvoirs ; La lune, sortant des nuages noirs, Semble une clarté qui vient par surprise. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le voyageur marche et la lande est brune ; Une ombre est derrière, une ombre est devant ; Blancheur au couchant, lueur au levant ; Ici crépuscule, et là clair de lune. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La sorcière assise allonge sa lippe ; L'araignée accroche au toit son filet ; Le lutin reluit dans le feu follet Comme un pistil d'or dans une tulipe. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. On voit sur la mer des chasse-marées ; Le naufrage guette un mât frissonnant ; Le vent dit : demain ! l'eau dit : maintenant ! Les voix qu'on entend sont désespérées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Le coche qui va d'Avranche à Fougère Fait claquer son fouet comme un vif éclair ; Voici le moment où flottent dans l'air Tous ces bruits confus que l'ombre exagère. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Dans les bois profonds brillent des flambées ; Un vieux cimetière est sur un sommet ; Où Dieu trouve-t-il tout ce noir qu'il met Dans les coeurs brisés et les nuits tombées ? Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Des flaques d'argent tremblent sur les sables ; L'orfraie est au bord des talus crayeux ; Le pâtre, à travers le vent, suit des yeux Le vol monstrueux et vague des diables. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. Un panache gris sort des cheminées ; Le bûcheron passe avec son fardeau ; On entend, parmi le bruit des cours d'eau, Des frémissements de branches traînées. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou. La faim fait rêver les grands loups moroses ; La rivière court, le nuage fuit ; Derrière la vitre où la lampe luit, Les petits enfants ont des têtes roses. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, Maître Yvon soufflait dans son biniou.
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- Qu'es-tu, passant ? Le bois est sombre, Les corbeaux volent en grand nombre, Il va pleuvoir. - Je suis celui qui va dans l'ombre, Le Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Sifflent... on dirait Qu'un sabbat nocturne emplit de huées Toute la forêt ; Dans une clairière au sein des nuées La lune apparaît. - Chasse le daim, chasse la biche, Cours dans les bois, cours dans la friche, Voici le soir. Chasse le czar, chasse l'Autriche, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Souffle en ton cor, boucle ta guêtre, Chasse les cerfs qui viennent paître Près du manoir. Chasse le roi, chasse le prêtre, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Il tonne, il pleut, c'est le déluge. Le renard fuit, pas de refuge Et pas d'espoir ! Chasse l'espion, chasse le juge, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Tous les démons de saint-Antoine Bondissent dans la folle avoine Sans t'émouvoir ; Chasse l'abbé, chasse le moine, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Chasse les ours ! ta meute jappe. Que pas un sanglier n'échappe ! Fais ton devoir ! Chasse César, chasse le pape, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Le loup de ton sentier s'écarte. Que ta meute à sa suite parte ! Cours ! fais-le choir ! Chasse le brigand Bonaparte, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Tombent... on dirait Que le sabbat sombre aux rauques huées À fui la forêt ; Le clair chant du coq perce les nuées ; Ciel ! l'aube apparaît ! Tout reprend sa forme première. Tu redeviens la France altière Si belle à voir, L'ange blanc vêtu de lumière, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Tombent... on dirait Que le sabbat sombre aux rauques huées À fui la forêt ; Le clair chant du coq perce les nuées, Ciel ! l'aube apparaît ! Jersey, le 22 octobre 1852.
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Le chasseur noir
- Qu'es-tu, passant ? Le bois est sombre, Les corbeaux volent en grand nombre, Il va pleuvoir. - Je suis celui qui va dans l'ombre, Le Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Sifflent... on dirait Qu'un sabbat nocturne emplit de huées Toute la forêt ; Dans une clairière au sein des nuées La lune apparaît. - Chasse le daim, chasse la biche, Cours dans les bois, cours dans la friche, Voici le soir. Chasse le czar, chasse l'Autriche, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Souffle en ton cor, boucle ta guêtre, Chasse les cerfs qui viennent paître Près du manoir. Chasse le roi, chasse le prêtre, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Il tonne, il pleut, c'est le déluge. Le renard fuit, pas de refuge Et pas d'espoir ! Chasse l'espion, chasse le juge, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Tous les démons de saint-Antoine Bondissent dans la folle avoine Sans t'émouvoir ; Chasse l'abbé, chasse le moine, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Chasse les ours ! ta meute jappe. Que pas un sanglier n'échappe ! Fais ton devoir ! Chasse César, chasse le pape, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois - Le loup de ton sentier s'écarte. Que ta meute à sa suite parte ! Cours ! fais-le choir ! Chasse le brigand Bonaparte, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Tombent... on dirait Que le sabbat sombre aux rauques huées À fui la forêt ; Le clair chant du coq perce les nuées ; Ciel ! l'aube apparaît ! Tout reprend sa forme première. Tu redeviens la France altière Si belle à voir, L'ange blanc vêtu de lumière, Ô Chasseur Noir ! Les feuilles des bois, du vent remuées, Tombent... on dirait Que le sabbat sombre aux rauques huées À fui la forêt ; Le clair chant du coq perce les nuées, Ciel ! l'aube apparaît ! Jersey, le 22 octobre 1852.
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Je ne sens plus le poids du temps ; le vol de l'heure D'une aile égale et douce en s'écoulant m'effleure ; Je voudrais chaque soir que le jour avancé Fût encore au matin à peine commencé ; Ou plutôt que le jour naisse ou meurt dans l'ombre, Que le ciel du vallon soit rayonnant ou sombre, Que l'alouette chante ou non à mon réveil. Mon cœur ne dépend plus d'un rayon de soleil, De la saison qui fuit, du nuage qui passe ; Son bonheur est en lui ; toute heure, toute place. Toute saison, tout ciel, sont bons quand on est deux ; Qu'importe aux cœurs unis ce qui change autour d'eux ? L'un à l'autre ils se font leur temps, leur ciel, leur monde ; L'heure qui fuit revient plus pleine et plus féconde, Leur cœur intarissable, et l'un à l'autre ouvert, Leur est un firmament qui n'est jamais couvert. Ils y plongent sans ombre, ils y lisent sans voile. Un horizon nouveau sans cesse s'y dévoile ; Du mot de chaque ami le retentissement Éveille au sein de l'autre un même sentiment ; La parole dont l'un révèle sa pensée Sur les lèvres de l'autre est déjà commencée ; Le geste aide le mot, l'œil explique le cœur, L'âme coule toujours et n'a plus de langueur ; D'un univers nouveau l'impression commune Vibre à la fois, s'y fond, et ne fait bientôt qu'une ; Dans cet autre soi-même, où tout va retentir, On se regarde vivre, on s'écoute sentir ; En laissant échapper sa pensée ingénue, On s'explique, on se crée une langue inconnue ; En entendant le mot que l'on cherchait en soi, On se comprend soi-même, on rêve, on dit : c'est moi ! Dans sa vivante image on trouve son emblème, On admire le monde à travers ce qu'on aime ; Et la vie appuyée, appuyant tour à tour, Est un fardeau sacré qu'on porte avec amour ! De la Grotte, 20 septembre 1793.
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Jocelyn, le 20 septembre 1793
Je ne sens plus le poids du temps ; le vol de l'heure D'une aile égale et douce en s'écoulant m'effleure ; Je voudrais chaque soir que le jour avancé Fût encore au matin à peine commencé ; Ou plutôt que le jour naisse ou meurt dans l'ombre, Que le ciel du vallon soit rayonnant ou sombre, Que l'alouette chante ou non à mon réveil. Mon cœur ne dépend plus d'un rayon de soleil, De la saison qui fuit, du nuage qui passe ; Son bonheur est en lui ; toute heure, toute place. Toute saison, tout ciel, sont bons quand on est deux ; Qu'importe aux cœurs unis ce qui change autour d'eux ? L'un à l'autre ils se font leur temps, leur ciel, leur monde ; L'heure qui fuit revient plus pleine et plus féconde, Leur cœur intarissable, et l'un à l'autre ouvert, Leur est un firmament qui n'est jamais couvert. Ils y plongent sans ombre, ils y lisent sans voile. Un horizon nouveau sans cesse s'y dévoile ; Du mot de chaque ami le retentissement Éveille au sein de l'autre un même sentiment ; La parole dont l'un révèle sa pensée Sur les lèvres de l'autre est déjà commencée ; Le geste aide le mot, l'œil explique le cœur, L'âme coule toujours et n'a plus de langueur ; D'un univers nouveau l'impression commune Vibre à la fois, s'y fond, et ne fait bientôt qu'une ; Dans cet autre soi-même, où tout va retentir, On se regarde vivre, on s'écoute sentir ; En laissant échapper sa pensée ingénue, On s'explique, on se crée une langue inconnue ; En entendant le mot que l'on cherchait en soi, On se comprend soi-même, on rêve, on dit : c'est moi ! Dans sa vivante image on trouve son emblème, On admire le monde à travers ce qu'on aime ; Et la vie appuyée, appuyant tour à tour, Est un fardeau sacré qu'on porte avec amour ! De la Grotte, 20 septembre 1793.
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Il avait l'âme aride et vaine de sa mère, L'œil froid du dieu voleur qui marche à reculons ; Il promenait sa grâce, insouciante, altière, Et les nymphes disaient : « Quel marbre nous aimons ! » Un jour que cet enfant d'Hermès et d'Aphrodite Méprisait Salmacis, nymphe du mont Ida, La vierge, l'embrassant d'une étreinte subite, Pénétra son beau corps si bien qu'elle y resta ! De surprise et d'horreur ses divines compagnes, Qui dans cet être unique en reconnaissaient deux, Comme un sphinx égaré dans leurs chastes montagnes, Fuyaient ce double faune au visage douteux. La volupté souffrait dans sa prunelle étrange, Il faisait des serments d'une hésitante voix ; L'amour et le dédain par un hideux mélange Dans son vague sourire étaient peints à la fois. Son inutile sein n'offrait ni lait ni flamme ; En s'y posant, l'oreille, hélas ! eût découvert Un cœur d'homme où chantait un pauvre cœur de femme, Comme un oiseau perdu dans un temple désert. Ô symbole effrayant de ces unions louches Où l'un des deux amants, sans joie et sans désir, Fuit le regard de l'autre ; où l'une des deux bouches En goûtant les baisers sent l'autre les subir !
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Hermaphrodite
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Une croix sur le bord d'un chemin
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Petite étoile, au sein des vastes cieux, Toi que suivaient et mon cœur et mes yeux, Toi dont j'aimais la lumière timide, Où t'en vas-tu dans ta course rapide ? Ah ! j'espérais que, dans ce ciel d'azur, Du moins pour toi le repos était sûr. Pourquoi t'enfuir, mon étoile chérie ? Pourquoi quitter le ciel de ma patrie ? Mon cœur connut le bonheur et l'amour : Amour, bonheur, tout n'a duré qu'un jour. Près d'un ami, je cherchai l'espérance... Et mon ami m'oublia dans l'absence ! Le cœur brisé, j'aimais encor les fleurs, Quand je les vis se faner sous mes pleurs ; Au ciel alors, pour n'être plus trahie, J'avais aimé.... l'étoile qui m'oublie ! Adieux à toi, belle étoile du soir ! Adieux à toi, toi, mon dernier espoir !... Errante au ciel comme moi sur la terre, En d'autres lieux va briller ta lumière. Rien n'est constant pour moi que la douleur, Rien ici-bas n'a voulu de mon cœur ; Autour de moi, tout est sombre et se voile, Et tout me fuit... même au ciel, une étoile !
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L'étoile qui file
Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre pour le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger Un jour tu passes la frontière D'où viens-tu mais où vas-tu donc Demain qu'importe et qu'importe hier Le coeur change avec le chardon Tout est sans rime ni pardon Passe ton doigt là sur ta tempe Touche l'enfance de tes yeux Mieux vaut laisser basses les lampes La nuit plus longtemps nous va mieux C'est le grand jour qui se fait vieux Les arbres sont beaux en automne Mais l'enfant qu'est-il devenu Je me regarde et je m'étonne De ce voyageur inconnu De son visage et ses pieds nus Peu a peu tu te fais silence Mais pas assez vite pourtant Pour ne sentir ta dissemblance Et sur le toi-même d'antan Tomber la poussière du temps C'est long vieillir au bout du compte Le sable en fuit entre nos doigts C'est comme une eau froide qui monte C'est comme une honte qui croît Un cuir à crier qu'on corroie C'est long d'être un homme une chose C'est long de renoncer à tout Et sens-tu les métamorphoses Qui se font au-dedans de nous Lentement plier nos genoux Ô mer amère ô mer profonde Quelle est l'heure de tes marées Combien faut-il d'années-secondes À l'homme pour l'homme abjurer Pourquoi pourquoi ces simagrées Rien n'est précaire comme vivre Rien comme être n'est passager C'est un peu fondre pour le givre Et pour le vent être léger J'arrive où je suis étranger.
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J'arrive où je suis étranger
Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ? Comme il est sombre et pâle ! il ressemble à la nuit. Comme il s'envole vite !... et de ma main tremblante S'échappe malgré moi son aile impatiente. « Reste encore ! il me semble, ange au triste regard, Qu'avec toi, de mes jours fuit la meilleure part ! Quel est ton nom ? réponds. - Tu dis vrai, je suis triste ; Et pourtant, à mes lois jamais rien ne résiste ; Je dépouille en passant les arbres de leur fleur, L'âme, de son espoir, le cœur, de son bonheur ; Je prends tous les trésors, jamais rien ne m'arrête ; Je ne vois pas les pleurs... je détourne la tête. Sur mon nom, interroge un cœur que j'ai blessé : « Hélas ! s'écrira-t-il, c'est l'ange du passé ! » - Le Passé !! devant toi mon âme est sans prière, Et je lâche ta main froide comme la pierre. Contre toi, tout effort demeure superflu... De mes biens les plus chers, ange, qu'emportes-tu ? J'emporte **** de toi l'heureuse insouciance Dont le calme est si doux qu'on dirait l'espérance ; J'emporte la gaîté, ce bonheur sans motif Qui répand à l'entour son parfum fugitif ; J'emporte ces doux chants, rêves de poésie, Enivrant en secret l'âme qu'ils ont choisie ; J'emporte ta jeunesse et ton joyeux espoir Se brisant le matin pour renaître le soir ; J'emporte ces pensers, qui, dans la solitude, Donnent un but qu'on aime aux efforts de l'étude ; J'emporte les bonheurs qui jadis te charmaient, Car j'emporte avec moi tous les cœurs qui t'aimaient. - Qu'ai-je fait pour les perdre ? - Hélas ! rien... mais j'appelle ; Nul à mes volontés ne peut être rebelle. Et ne savais-tu pas qu'incertain en son cours, Tout bonheur doit passer... peut-être en quelques jours ! Que tel est le pouvoir qui gouverne la terre : Une joie, un regret ; l'ombre après la lumière. Quand j'ai dit : C'est assez ! en vain on crie : « Encor ! » Je veux ceux qui l'aimaient... j'emporte mon trésor ! - Oh ! rends-moi quelque instant, ou d'espoir, ou de doute ! Et puis, me dépouillant, tu poursuivras ta route. - Je ne puis. - Mais alors, pour mes jours à venir, Que me laisses-tu donc, mon Dieu ! - Le souvenir.
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Le passé
Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ? Comme il est sombre et pâle ! il ressemble à la nuit. Comme il s'envole vite !... et de ma main tremblante S'échappe malgré moi son aile impatiente. « Reste encore ! il me semble, ange au triste regard, Qu'avec toi, de mes jours fuit la meilleure part ! Quel est ton nom ? réponds. - Tu dis vrai, je suis triste ; Et pourtant, à mes lois jamais rien ne résiste ; Je dépouille en passant les arbres de leur fleur, L'âme, de son espoir, le cœur, de son bonheur ; Je prends tous les trésors, jamais rien ne m'arrête ; Je ne vois pas les pleurs... je détourne la tête. Sur mon nom, interroge un cœur que j'ai blessé : « Hélas ! s'écrira-t-il, c'est l'ange du passé ! » - Le Passé !! devant toi mon âme est sans prière, Et je lâche ta main froide comme la pierre. Contre toi, tout effort demeure superflu... De mes biens les plus chers, ange, qu'emportes-tu ? J'emporte **** de toi l'heureuse insouciance Dont le calme est si doux qu'on dirait l'espérance ; J'emporte la gaîté, ce bonheur sans motif Qui répand à l'entour son parfum fugitif ; J'emporte ces doux chants, rêves de poésie, Enivrant en secret l'âme qu'ils ont choisie ; J'emporte ta jeunesse et ton joyeux espoir Se brisant le matin pour renaître le soir ; J'emporte ces pensers, qui, dans la solitude, Donnent un but qu'on aime aux efforts de l'étude ; J'emporte les bonheurs qui jadis te charmaient, Car j'emporte avec moi tous les cœurs qui t'aimaient. - Qu'ai-je fait pour les perdre ? - Hélas ! rien... mais j'appelle ; Nul à mes volontés ne peut être rebelle. Et ne savais-tu pas qu'incertain en son cours, Tout bonheur doit passer... peut-être en quelques jours ! Que tel est le pouvoir qui gouverne la terre : Une joie, un regret ; l'ombre après la lumière. Quand j'ai dit : C'est assez ! en vain on crie : « Encor ! » Je veux ceux qui l'aimaient... j'emporte mon trésor ! - Oh ! rends-moi quelque instant, ou d'espoir, ou de doute ! Et puis, me dépouillant, tu poursuivras ta route. - Je ne puis. - Mais alors, pour mes jours à venir, Que me laisses-tu donc, mon Dieu ! - Le souvenir.
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into deja vu apercu into extreme reality, meaning seeming so lifelike, prescient. I have done something similar , before, 28 % of the time my origin story says. a propos or aide-memoire like *** remembering an anieu regime- au contraire, I say to me. I am au courant, in we! In conversations with my past and present, my Indian and French, extremes, I see I am au fuit, been pensaut seeing, two ways, bon vivant, being, a ****** tunes.
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Nov 12, 2014
Nov 12, 2014 at 6:28 PM UTC
entre vous
La lune de ses mains distraites A laissé choir, du haut de l'air, Son grand éventail à paillettes Sur le bleu tapis de la mer. Pour le ravoir elle se penche Et tend son beau bras argenté ; Mais l'éventail fuit sa main blanche, Par le flot qui passe emporté. Au gouffre amer pour te le rendre, Lune, j'irais bien me jeter, Si tu voulais du ciel descendre, Au ciel si je pouvais monter !
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Au bord de la mer
Comme un chevreuil, quand le printemps destruit L'oyseux crystal de la morne gelée, Pour mieulx brouster l'herbette emmielée Hors de son boys avec l'Aube s'en fuit, Et seul, et seur, loing de chiens et de bruit, Or sur un mont, or dans une vallée, Or pres d'une onde à l'escart recelée, Libre follastre où son pied le conduit ; De retz ne d'arc sa liberté n'a crainte, Sinon alors que sa vie est attainte, D'un trait meurtrier empourpré de son sang : Ainsi j'alloy sans espoyr de dommage, Le jour qu'un oeil sur l'avril de mon age Tira d'un coup mille traitz dans mon flanc.
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Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
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Le chant du cygne
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
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En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi par le temps ; Mon sang refroidi coule à peine, Semblable à cette onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans. Mais ta jeune et brillante image, Que le regret vient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir Comme l'âme, elle n'a point d'âge. Non, tu n'as pas quitté mes yeux ; Et quand mon regard solitaire Cessa de te voir sur la terre, Soudain je te vis dans les cieux. Là, tu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour, Quand vers ton céleste séjour Tu t'envolas avec l'aurore. Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux, où s'éteignait la vie, Rayonnent d'immortalité ! Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux ; Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène, L'ombre de ce voile incertain Adoucit encor ton image, Comme l'aube qui se dégage Des derniers voiles du matin. Du soleil la céleste flamme Avec les jours revient et fuit ; Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon âme. C'est toi que j'entends, que je vois, Dans le désert, dans le nuage ; L'onde réfléchit ton image ; Le zéphyr m'apporte ta voix. Tandis que la terre sommeille, Si j'entends le vent soupirer, Je crois t'entendre murmurer Des mots sacrés à mon oreille. Si j'admire ces feux épars Qui des nuits parsèment le voile, Je crois te voir dans chaque étoile Qui plaît le plus à mes regards. Et si le souffle du zéphyr M'enivre du parfum des fleurs. Dans ses plus suaves odeurs C'est ton souffle que je respire. C'est ta main qui sèche mes pleurs, Quand je vais, triste et solitaire, Répandre en secret ma prière Près des autels consolateurs. Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ; Tes ailes reposent sur moi ; Tous mes songes viennent de toi, Doux comme le regard d'une ombre. Pendant mon sommeil, si ta main De mes jours déliait la trame, Céleste moitié de mon âme, J'irais m'éveiller dans ton sein ! Comme deux rayons de l'aurore, Comme deux soupirs confondus, Nos deux âmes ne forment plus Qu'une âme, et je soupire encore !
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Souvenir
En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi par le temps ; Mon sang refroidi coule à peine, Semblable à cette onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans. Mais ta jeune et brillante image, Que le regret vient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir Comme l'âme, elle n'a point d'âge. Non, tu n'as pas quitté mes yeux ; Et quand mon regard solitaire Cessa de te voir sur la terre, Soudain je te vis dans les cieux. Là, tu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour, Quand vers ton céleste séjour Tu t'envolas avec l'aurore. Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux, où s'éteignait la vie, Rayonnent d'immortalité ! Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux ; Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène, L'ombre de ce voile incertain Adoucit encor ton image, Comme l'aube qui se dégage Des derniers voiles du matin. Du soleil la céleste flamme Avec les jours revient et fuit ; Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon âme. C'est toi que j'entends, que je vois, Dans le désert, dans le nuage ; L'onde réfléchit ton image ; Le zéphyr m'apporte ta voix. Tandis que la terre sommeille, Si j'entends le vent soupirer, Je crois t'entendre murmurer Des mots sacrés à mon oreille. Si j'admire ces feux épars Qui des nuits parsèment le voile, Je crois te voir dans chaque étoile Qui plaît le plus à mes regards. Et si le souffle du zéphyr M'enivre du parfum des fleurs. Dans ses plus suaves odeurs C'est ton souffle que je respire. C'est ta main qui sèche mes pleurs, Quand je vais, triste et solitaire, Répandre en secret ma prière Près des autels consolateurs. Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ; Tes ailes reposent sur moi ; Tous mes songes viennent de toi, Doux comme le regard d'une ombre. Pendant mon sommeil, si ta main De mes jours déliait la trame, Céleste moitié de mon âme, J'irais m'éveiller dans ton sein ! Comme deux rayons de l'aurore, Comme deux soupirs confondus, Nos deux âmes ne forment plus Qu'une âme, et je soupire encore !
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Quand je suis vingt ou trente mois Sans retourner en Vendômois, Plein de pensées vagabondes, Plein d'un remords et d'un souci, Aux rochers je me plains ainsi, Aux bois, aux antres et aux ondes. Rochers, bien que soyez âgés De trois mil ans, vous ne changez Jamais ni d'état ni de forme ; Mais toujours ma jeunesse fuit, Et la vieillesse qui me suit, De jeune en vieillard me transforme. Bois, bien que perdiez tous les ans En l'hiver vos cheveux plaisants, L'an d'après qui se renouvelle, Renouvelle aussi votre chef ; Mais le mien ne peut derechef R'avoir sa perruque nouvelle. Antres, je me suis vu chez vous Avoir jadis verts les genoux, Le corps habile, et la main bonne ; Mais ores j'ai le corps plus dur, Et les genoux, que n'est le mur Qui froidement vous environne. Ondes, sans fin vous promenez Et vous menez et ramenez Vos flots d'un cours qui ne séjourne ; Et moi sans faire long séjour Je m'en vais, de nuit et de jour, Au lieu d'où plus on ne retourne. Si est-ce que je ne voudrois Avoir été rocher ou bois Pour avoir la peau plus épaisse, Et vaincre le temps emplumé ; Car ainsi dur je n'eusse aimé Toy qui m'as fait vieillir, Maistresse.
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Quand je suis vingt ou trente mois
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Le sirop et les mouches
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Volez, nobles coursiers, franchissez la distance ! Pour le prix disputé, luttez avec constance ! Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ; Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ; Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière, Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend. Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines, S'échappe palpitant de vos larges narines ! Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir... Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir ! Au milieu des bravos, votre course s'achève ; Le silence revient - puis, je pense et je rêve... Notre vie est l'arène où se hâtent nos pas ; Nous volons vers le but que l'on ne connaît pas. Fatigués, épuisés, prêts à tomber, qu'importe ! Nous marchons à grands pas, le torrent nous emporte. Oubliant le passé, repoussant le présent, Nos regards inquiets se portent en avant ; Rien n'est beau que plus **** et notre flanc palpite, Sous l'éperon caché qui nous dit : « Marche vite ! » Nous marchons. - Quelquefois, à travers les déserts, Une oasis répand ses parfums dans les airs, Un doux chant retentit sur le bord de la route : L'oasis, on la fuit ; le chant, nul ne l'écoute. Sans garder du chemin regret ou souvenir, D'un avide regard, on cherche l'avenir ; L'avenir, c'est le but ! l'avenir, c'est la vie ! Bientôt, à notre gré, la distance est franchie ; Haletants de la course, épuisés de l'effort, Nous touchons l'avenir... L'avenir, c'est la mort ! Qu'ai-je dit ? - Ô mon Dieu ! toi qui m'entends, pardonne !... L'avenir, c'est le ciel, où ton soleil rayonne Sans que la nuit succède à l'éclat d'un beau jour, Sans que l'oubli succède aux paroles d'amour ! L'avenir, c'est le ciel où s'arrête l'orage ! C'est le port qui reçoit les débris du naufrage ; C'est la fin des regrets ; c'est l'éternel printemps ; C'est l'ange dont la voix a de divins accents. L'avenir, ô mon Dieu ! c'est la sainte auréole Que pose sur nos fronts ta main qui nous console. Oui, marchons ! et vers toi levant souvent les yeux, Avançons vers le but que nous montrent les cieux. Chut ! voici le signal, franchissez la distance. Volez, nobles coursiers, luttez avec constance ! Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ; Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ; Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière, Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend. Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines, S'échappe palpitant de vos larges narines ! Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir... Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir !
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Une course au Champs de Mars
Volez, nobles coursiers, franchissez la distance ! Pour le prix disputé, luttez avec constance ! Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ; Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ; Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière, Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend. Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines, S'échappe palpitant de vos larges narines ! Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir... Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir ! Au milieu des bravos, votre course s'achève ; Le silence revient - puis, je pense et je rêve... Notre vie est l'arène où se hâtent nos pas ; Nous volons vers le but que l'on ne connaît pas. Fatigués, épuisés, prêts à tomber, qu'importe ! Nous marchons à grands pas, le torrent nous emporte. Oubliant le passé, repoussant le présent, Nos regards inquiets se portent en avant ; Rien n'est beau que plus **** et notre flanc palpite, Sous l'éperon caché qui nous dit : « Marche vite ! » Nous marchons. - Quelquefois, à travers les déserts, Une oasis répand ses parfums dans les airs, Un doux chant retentit sur le bord de la route : L'oasis, on la fuit ; le chant, nul ne l'écoute. Sans garder du chemin regret ou souvenir, D'un avide regard, on cherche l'avenir ; L'avenir, c'est le but ! l'avenir, c'est la vie ! Bientôt, à notre gré, la distance est franchie ; Haletants de la course, épuisés de l'effort, Nous touchons l'avenir... L'avenir, c'est la mort ! Qu'ai-je dit ? - Ô mon Dieu ! toi qui m'entends, pardonne !... L'avenir, c'est le ciel, où ton soleil rayonne Sans que la nuit succède à l'éclat d'un beau jour, Sans que l'oubli succède aux paroles d'amour ! L'avenir, c'est le ciel où s'arrête l'orage ! C'est le port qui reçoit les débris du naufrage ; C'est la fin des regrets ; c'est l'éternel printemps ; C'est l'ange dont la voix a de divins accents. L'avenir, ô mon Dieu ! c'est la sainte auréole Que pose sur nos fronts ta main qui nous console. Oui, marchons ! et vers toi levant souvent les yeux, Avançons vers le but que nous montrent les cieux. Chut ! voici le signal, franchissez la distance. Volez, nobles coursiers, luttez avec constance ! Sous un soleil de feu, le sol est éclatant ; Pour vous voir aujourd'hui, tout est bruit et lumière ; Ainsi qu'un flot d'encens, la légère poussière, Devant vos pas, s'envole au but qui vous attend. Que l'air rapide et vif, soulevant vos poitrines, S'échappe palpitant de vos larges narines ! Laissez sous l'éperon votre flanc s'entr'ouvrir... Volez, nobles coursiers, dussiez-vous en mourir !
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Donne-moi tes mains pour l'inquiétude Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi tes mains que je sois sauvé Lorsque je les prends à mon propre piège De paume et de peur de hâte et d'émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fuit de partout dans mes mains à moi Sauras-tu jamais ce qui me traverse Qui me bouleverse et qui m'envahit Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli Ce que dit ainsi le profond langage Ce parler muet de sens animaux Sans bouche et sans yeux miroir sans image Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent D'une proie entre eux un instant tenue Sauras-tu jamais ce que leur silence Un éclair aura connu d'inconnu Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme S'y taise le monde au moins un moment Donne-moi tes mains que mon âme y dorme Que mon âme y dorme éternellement.
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Les mains d'Elsa