"enveloppe" poems
Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit,
Auquel je dois cette plaisante fortune.
En compagnie d’étoiles clignotantes,
Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune.
Lave-moi dans ton eau argentée, translucide.
Sois près de moi lors de mes blanches nuits.
Veille sur moi tel un garde sans faille.
Enveloppe-moi de murmures, un calme répit.
Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme!
Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage…
Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants,
Des sables noyés, oppressé, tendres otages.
Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas.
Des brins épais et sombres de cheveux en cascades,
Dissimulent ton visage d’une manière séduisante.
Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir.
Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite
M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi.
Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt,
Je ne me sens pas prêt à être anéanti.
Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent.
J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace.
My coeur, aussi, déchiré bout par bout…
Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace.
Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance.
Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi…
Mais ils se contenteraient de briller, indifférents…
Même suite à tous mes appels, mes émois.
Desormais je suis incertain sur le nombre de passages.
Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses.
Cependant je joue des promesses celestes,
Pour le retour de ma folle quête amoureuse.
Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul…
C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur.
Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard,
Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs.
Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé,
Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine.
Une chanson pareille à celle que l’on prononçât,
Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…,
“Te voilà....”
Nov 23, 2014
Nov 23, 2014 at 7:16 PM UTC
Les être, le cosmos, la terre et le vin
(Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire)
Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux,
irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu.
Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes.
qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne.
Le vin est d’abord fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron.
Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves.
Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur,
Qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique.
Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles.
Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges.
Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne.
Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs,
alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir.
Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître.
Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger.
Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne
Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts,
C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin.
Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal,
avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles.
Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits.
L’on ne boit bien qu’en groupe, qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles.
Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres,
puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs,
et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur; qu’il y ait de l’ivresse, fort bien, mais jamais d’ivrognerie
Paul Arrighi ; Toulouse(France), le 3 novembre 2013
Nov 4, 2013
Nov 4, 2013 at 10:36 AM UTC
Furtive fugitive du noir
Tu apparais.
Chez toi tout n'est que contraste
Pure intensité.
Ta longue chevelure de soie
Enveloppe tes hanches
Alors que tu danses
De ton corps et de mon regard
Tu fais une unique joie.
Seul le hasard a le pouvoir de nous réunir
Et la vue est le seul sens
Par lequel nous nous connaissons.
Pourtant le dessin de ton galbe dans la nuit
Allume la flamme qui m'éveille
Et me fait renaître à la vie.
Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:20 PM UTC
Quelle soirée ! ô dieu ! que j'ai souffert !
Dans un trouble charmant je suivais l'Espérance ;
Elle enchantait pour moi les apprêts du concert,
Et je devais y pleurer ton absence.
Dans la foule cent fois j'ai cru t'apercevoir ;
Mes vœux toujours trahis n'embrassaient que ton ombre ;
L'amour me la laissait tout à coup entrevoir,
Pour l'entraîner bientôt vers le coin le plus sombre.
Séduite par mon cœur toujours plus agité,
Je voyais dans le vague errer ta douce image,
Comme un astre chéri, qu'enveloppe un nuage,
Par des rayons douteux perce l'obscurité.
Pour la première fois insensible à les charmes,
Art d'Orphée, art du cœur, j'ai méconnu ta loi :
J'étais toute à l'Amour, lui seul régnait sur moi,
Et le cruel faisait couler mes larmes !
D'un chant divin goûte-t-on la douceur
Lorsqu'on attend la voix de celui que l'on aime ?
Je craignais ton charme suprême,
II nourrissait trop ma langueur.
Les sons d'une harpe plaintive
En frappant sur mon sein le faisaient tressaillir ;
Ils fatiguaient mon oreille attentive,
Et je me sentais défaillir.
Et toi ! que faisais-tu, mon idole chérie,
Quand ton absence éternisait le jour ?
Quand je donnais tout mon être à l'amour,
M'as-tu donné ta rêverie ?
As-tu gémi de la longueur du temps ?
D'un soir... d'un siècle écoulé pour attendre ?
Non ! son poids douloureux accable le plus tendre ;
Seule, j'en ai compté les heures, les instants :
J'ai langui sans bonheur, de moi-même arrachée ;
Et toi, tu ne m'as point cherchée !
Mais quoi ! L'impatience a soulevé mon sein,
Et, lasse de rougir de ma tendre infortune,
Je me dérobe à ce bruyant essaim
Des papillons du soir, dont l'hommage importune.
L'heure, aujourd'hui si lente à s'écouler pour moi,
Ne marche pas encore avec plus de vitesse ;
Mais je suis seule au moins, seule avec ma tristesse,
Et je trace, en rêvant, cette lettre pour toi,
Pour toi, que j'espérais, que j'accuse, que j'aime !
Pour toi, mon seul désir, mon tourment, mon bonheur !
Mais je ne veux la livrer qu'à toi-même,
Et tu la liras sur mon cœur.
911
une semaine serpentine,
des pommes empoisonnées pendent d’un arbre perché,
j’en ai mangé jusqu’à la rupture,
et puis sept soleils sont morts, l’un après l’autre,
mais l’horloge ne s’en est pas rendu compte
et depuis
des poussières ont envahi ma poitrine,
ce qu’il y avait avant, je ne sais plus,
mais je n’arrive plus respirer …
mes poumons sont gonflées par une fumée noire
pendant qu’une brume funèbre m’enveloppe le cerveau
et ces jours-ci je n’avale que mes larmes
peut-être ….
quand je ne serai plus qu’un squelette,
je pourrai disparaître en toute tranquillité
de cette terre étrange
où les bêtes parlent à l’envers dans une langue inconnue
entre-temps, j’avale la mienne dans l’espoir de m’étouffer
d’où vient l’homme primordial
d’où vient cette femme lâche
Jul 17, 2013
Jul 17, 2013 at 11:10 AM UTC
Souvent Bounaberdi, sultan des francs d'Europe,
Que comme un noir manteau le semoun enveloppe,
Monte, géant lui-même, au front d'un mont géant,
D'où son regard, errant sur le sable et sur l'onde,
Embrasse d'un coup d'œil les deux moitiés du monde
Gisantes à ses pieds dans l'abîme béant.
Il est seul et debout sur ce sublime faîte.
À sa droite couché, le désert qui le fête
D'un nuage de poudre importune ses yeux ;
À sa gauche la mer, dont jadis il fut l'hôte,
Elève jusqu'à lui sa voix profonde et haute,
Comme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux.
Et le vieil empereur, que tout à tour réveille
Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille,
Rêve, et, comme à l'amante on voit songer l'amant,
Croit que c'est une armée, invisible et sans nombre,
Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre,
Et sous l'horizon gris passe éternellement !
Prière.
Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne,
Bounaberdi ! regarde un peu dans la campagne
Ma tente qui blanchit dans les sables grondants ;
Car je suis libre et pauvre, un arabe du Caire,
Et quand j'ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre
Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents !
Novembre 1828.
779
wednesday, october 18th 2017
Les cicatrices s'accumulent sur mes mains
La fatigue s'accumule sous mes yeux
Je songe au jour où tu mentionneras la fin
Je songe au jour où, enfin, nos mots prendront feu.
Et tu le sais, pour l'instant rien n'a commencé
Je m'emballe quand je te vois te rapprocher
Chaque battement est un avertissement,
Chaque seconde est l'espoir d'un rapprochement.
Continuelle prétention d'être le meilleur
Ce n'est pas sous mon lit que j'ai trouvé les monstres
C'est dans l'enveloppe charnelle masculine;
Sache-le.
Oct 19, 2017
Oct 19, 2017 at 5:38 PM UTC
Ik druk mijn lippen op jouw naam,
sierlijk op een enveloppe geschreven,
fragmenten van herinneringen,
in een brief die ik je nooit heb gegeven.
Weet je nog *** wij de eerste keer liepen,
door die oude hoofdstad van ons land?
Door de straten zwervend, lachend,
jouw koude in mijn warme hand.
En weet je nog de kleurigste herfst,
wandelend door het bos bij de duinen,
met jouw dochter die vol bewondering
naar paddenstoelen liep te struinen?
En weet je nog die hoogste schommel,
die bijna reikte tot de maan
waarop ik jou steeds hoger duwde,
omdat ik nog niet weg wilde gaan?
En weet je nog *** wij samen,
slenterend door winkels van ingebonden papier,
intiem pratend, de wereld negerend,
jij mijn hand pakte en zei “hier”?;
“Voel *** wij uit alle macht
hetzelfde dansen op het ritme van dit leven”
en *** ik toen ter plekke bedacht
dat ik jou mijn wereld wilde geven.
En weet je nog, toen het tij
zich tegen ons begon te keren
en wij nog dachten dat wij samen
de storm wel zouden kunnen trotseren,
*** ons roerloze schip
tezamen met mijn wereld is vergaan,
toen de golven van emoties
het tegen de rotsen hebben doen slaan?
En heb je het nog gehoord dat ik zoekend,
tussen het wrakhout in de koude oceaan,
jouw naam heb geroepen tot ik,
schor en half in verdriet verdronken,
maar aan land ben gegaan?
En heb je het geweten dat ik dolend,
over bospaden en de straten van die oude stad,
gezocht heb naar sporen van jou,
niet wetende of je aan mij dacht of dat je mij vergat?
Maar wat je niet hebt kunnen weten
en waarschijnlijk ook niet meer ziet
is dat ik nooit heb kunnen vullen,
de leegte die je achter liet.
Ik druk mijn lippen op jouw naam,
sierlijk op een enveloppe geschreven,
fragmenten van herinneringen,
in een brief die ik je nooit heb gegeven
Jul 18, 2018
Jul 18, 2018 at 10:56 AM UTC
pulling me towards
you seems to be something
you were made to do
-so close , comfortable-
you enveloppe me in
your everything, to remind me
that you're not pretend.
you cradle my head
to your chest with your
big, strong hands
-so warm , safe-
i breathe in the
thump of your heart
with closed eyes.
its beautiful,
how you hold me
like a baby bird,
-so carefully , gently-
though you're the only
one who doesn't mind how
delicate i really am.
Jun 12, 2013
Jun 12, 2013 at 12:16 AM UTC
(extrait)
II
Oh ! Paris est la cité mère !
Paris est le lieu solennel
Où le tourbillon éphémère
Tourne sur un centre éternel !
Paris ! feu sombre ou pure étoile !
Morne Isis couverte d'un voile !
Araignée à l'immense toile
Où se prennent les nations !
Fontaine d'urnes obsédée !
Mamelle sans cesse inondée
Où pour se nourrir de l'idée
Viennent les générations !
Quand Paris se met à l'ouvrage
Dans sa forge aux mille clameurs,
A tout peuple, heureux, brave ou sage,
Il prend ses lois, ses dieux, ses moeurs.
Dans sa fournaise, pêle-mêle,
Il fond, transforme et renouvelle
Cette science universelle
Qu'il emprunte à tous les humains ;
Puis il rejette aux peuples blêmes
Leurs sceptres et leurs diadèmes,
Leurs préjugés et leurs systèmes,
Tout tordus par ses fortes mains !
Paris, qui garde, sans y croire,
Les faisceaux et les encensoirs,
Tous les matins dresse une gloire,
Eteint un soleil tous les soirs ;
Avec l'idée, avec le glaive,
Avec la chose, avec le rêve,
Il refait, recloue et relève
L'échelle de la terre aux cieux ;
Frère des Memphis et des Romes,
Il bâtit au siècle où nous sommes
Une Babel pour tous les hommes,
Un Panthéon pour tous les dieux !
Ville qu'un orage enveloppe !
C'est elle, hélas ! qui, nuit et jour,
Réveille le géant Europe
Avec sa cloche et son tambour !
Sans cesse, qu'il veille ou qu'il dorme,
Il entend la cité difforme
Bourdonner sur sa tête énorme
Comme un essaim dans la forêt.
Toujours Paris s'écrie et gronde.
Nul ne sait, question profonde !
Ce que perdrait le bruit du monde
Le jour où Paris se tairait !
686
L'épaisse fumée qui m'enveloppe
Mes sens en feu, j'aurais aimé perdre mon âme
dans tes touchers divins
J'ai perdu la raison
Dec 6, 2021
Dec 6, 2021 at 5:32 PM UTC
Tombez, larmes silencieuses,
Sur une terre sans pitié ;
Non plus entre des mains pieuses,
Ni sur le sein de l'amitié !
Tombez comme une aride pluie
Qui rejaillit sur le rocher,
Que nul rayon du ciel n'essuie,
Que nul souffle ne vient sécher.
Qu'importe à ces hommes mes frères
Le coeur brisé d'un malheureux ?
Trop au-dessus de mes misères,
Mon infortune est si **** d'eux !
Jamais sans doute aucunes larmes
N'obscurciront pour eux le ciel ;
Leur avenir n'a point d'alarmes,
Leur coupe n'aura point de fiel.
Jamais cette foule frivole
Qui passe en riant devant moi
N'aura besoin qu'une parole
Lui dise: " Je pleure avec toi ! "
Eh bien ! ne cherchons plus sans cesse
La vaine pitié des humains ;
Nourrissons-nous de ma tristesse,
Et cachons mon front dans mes mains.
À l'heure où l'âme solitaire
S'enveloppe d'un crêpe noir,
Et n'attend plus rien de la terre,
Veuve de son dernier espoir ;
Lorsque l'amitié qui l'oublie
Se détourne de son chemin,
Que son dernier bâton, qui plie,
Se brise et déchire sa main ;
Quand l'homme faible, et qui redoute
La contagion du malheur,
Nous laisse seul sur notre route
Face à face avec la douleur ;
Quand l'avenir n'a plus de charmes
Qui fassent désirer demain,
Et que l'amertume des larmes
Est le seul goût de notre pain ;
C'est alors que ta voix s'élève
Dans le silence de mon coeur,
Et que ta main, mon Dieu ! soulève
Le poids glacé de ma douleur.
On sent que ta tendre parole
À d'autres ne peut se mêler,
Seigneur ! et qu'elle ne console
Que ceux qu'on n'a pu consoler.
Ton bras céleste nous attire
Comme un ami contre son coeur,
Le monde, qui nous voit sourire,
Se dit : " D'où leur vient ce bonheur ? "
Et l'âme se fond en prière
Et s'entretient avec les cieux,
Et les larmes de la paupière
Sèchent d'elles-même à nos yeux,
Comme un rayon d'hiver essuie,
Sur la branche ou sur le rocher,
La dernière goutte de pluie
Qu'aucune ombre n'a pu sécher.
457
Fable XIII, Livre V.
Entre nos frères les meuniers
Et nos frères les charbonniers
J'ai vu régner longtemps une haine assez forte.
À quel propos ? C'était... que le diable m'emporte,
Si plus qu'eux-mêmes je l'ai su !
Eh ! n'est-ce pas souvent pour un malentendu
Qu'un premier combat se donne ?
Le tort en est à tous, comme il n'est à personne,
Au second, où l'on rend ce que l'on a reçu,
Où l'on se bat du moins parce qu'on s'est battu.
Mais revenons au fait : ainsi qu'on peut le croire,
Chaque héros dans sa valeur,
Se signalant pour sa couleur,
Criait haro sur l'autre, et tombait, dit l'histoire,
Charbonnier sur la blanche et meunier sur la noire.
Par la seule nature armés,
Les voyez-vous en cent manières
Les bras tendus, les poings fermés,
Venger l'honneur de leurs bannières ?
Que de coups donnés et rendus !
Que de flots de sang répandus
Par tous ces nez cassés des mains de la victoire !
Chantre de Jeanne et de Bourbon,
C'est ta voix qui devrait transmettre la mémoire
De tous ces preux couverts de gloire et de charbon,
Couverts de farine et de gloire !
Certain jour cependant que ces poudreux guerriers
Se reposaient sur leurs lauriers,
Un philosophe, un philanthrope,
Un marguillier, mortel ennemi des combats,
Tenta de mettre un terme à ces trop longs débats.
D'un manteau neutre il s'enveloppe ;
Et le voilà, du matin jusqu'au soir,
De l'un à l'autre camp sans cesse en promenade ;
Qui va, vient et revient, en courtier d'ambassade,
Du noir au blanc, du blanc au noir.
Or, à son drap qui n'est noir, ni blanc, mais pistache,
Tantôt le blanc, tantôt le noir laisse une tache.
Comme on en murmurait d'un et d'autre côté :
« Charbonniers et meuniers, dit-il, parlons sans feinte :
Voit-on les deux partis, sans prendre un peu la teinte
Des gens à qui l'on s'est frotté ? »
415
Ô douce Poésie !
Couvre de quelques fleurs
La triste fantaisie
Qui fait couler mes pleurs ;
Trompe mon âme tendre
Que l'on blessa toujours :
Je ne veux plus attendre
Mes plaisirs des amours.
Donne aux vers de ma lyre
Une aimable couleur,
Ta grâce à mon délire,
Ton charme à ma douleur.
Que le nuage sombre
Qui voile mes destins,
S'échappe, comme une ombre,
À tes accents divins.
Sois toujours attentive
À mes chants douloureux ;
D'une pudeur craintive
Enveloppe mes vœux ;
Cache l'erreur brûlante
Qui trouble mon bonheur :
Mais, ô Dieu ! qu'elle est lente
À sortir de mon cœur !
346
Des champs de caramel dans vos yeux
la vapeur de la beauté tout autour de vous.
Le foulard de nuit vous enveloppe,
les manches du jour sur le sol.
Ville froide, ville chaude
ville du cœur
vous êtes un citoyen universel.
Je suis votre cartographe,
votre biographe,
votre poète de nuit.
Je présente votre chanson au piano.
Femme caramel
quand ton cœur s’ouvre
c’est moi qui suis là
avec une bouteille de vin
et un cierge.
"Caramel fields in your eyes
the steam of beauty all around you.
The night scarf envelops you,
the sleeves of the day on the ground.
Cold city, hot city
city of the heart
you are a universal citizen.
I am your cartographer,
your biographer,
your poet of the night.
I present your song to the piano.
Caramel woman
when your heart opens
it's me who stands
with a bottle of wine
& a candle."
Jun 23, 2019
Jun 23, 2019 at 5:15 PM UTC
Sonnet.
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,
**** d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;
Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
285
Nain qui me railles,
Gnome aperçu
Dans les broussailles,
Ailé, bossu ;
Face moisie,
Sur toi, boudeur,
La poésie
Tourne en laideur.
Magot de l'Inde,
Dieu d'Abydos,
Ce mont, le Pinde,
Est sur ton dos.
Ton nom est Fable.
Ton boniment
Quelquefois hâble
Et toujours ment.
Ta verve est faite
De ton limon,
Et le poète
Sort du démon.
Monstre apocryphe,
Trouble-raisons,
On sent ta griffe
Dans ces buissons.
Tu me dénonces
Un rendez-vous,
Ô fils des ronces,
Frère des houx,
Et ta voix grêle
Vient accuser
D'un sourire, elle,
Lui, d'un baiser.
Quel vilain rôle !
Je n'en crois rien,
Vieux petit drôle
Aérien.
Reprends ta danse,
Spectre badin ;
Reçois quittance
De mon dédain.
Où j'enveloppe
Tous tes aïeux
Depuis Ésope
Jusqu'à Mayeux.
303