"draps" poems
Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute;
Mais une nuit d’été, les voici à Ravenne,
A l’aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises;
La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne.
Ils restent sur le dos écartant les genoux
De quatre jambes molles tout gonflées de morsures.
On relève le drap pour mieux égratigner.
Moins d’une lieue d’ici est Saint Apollinaire
En Classe, basilique connue des amateurs
De chapitaux d’acanthe que tournoie le vent.
Ils vont prendre le train de huit heures
Prolonger leurs misères de Padoue à Milan
Où se trouvent la Cène, et un restaurant pas cher.
Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan.
Ils auront vu la Suisse et traversé la France.
Et Saint Apollinaire, raide et ascétique,
Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encore
Dans ses pierres écroulantes la forme précise de Byzance.
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La porte qui claque
A creusé un trou
Plus noir que noir
Dans le silence
De ta mémoire.
Le silence qui frappe -
Qui luit partout -
Quand vient le soir,
Il plaie les panses
Et te rend fou.
Ces plaies ouvertes
Se taisent et pleurent;
Le vacarme discret
Te couvre de secousses
Et disparaît.
Enveloppé dans tes draps,
La lumière devenue ligne,
Une porte entre-ouverte -
Tu voudrais qu'elle t’explique
Cet état d'alerte.
Le temps fait violence
Mais s'apaise comme le vent.
Très vite tu t'endors,
Et les mots se font tendre
Arrivé à bon port.
La veille se couvre d'un voile
Enroulé sur tes nuits.
Toujours l'éclat de noirceur
Qui alors t'attaqua
Luira sur ta vie.
Sep 7, 2018
Sep 7, 2018 at 2:05 AM UTC
Aujourd’hui, l’odeur de tes draps m’est revenue
Pis j’me serais étendu, j’me serais perdu
Dans cette mer de soie si seulement
Tu m’avais pas noyé de toutes ces paroles, hier.
Aujourd’hui, j’ai pensé à toi
J’ai pas pleuré, j’ai pas crié
J’ai juste pensé si seulement
J’avais pu pensé avant, hier.
Aujourd’hui, hier, on s’en criss.
T’es où pour marquer mes jours?
Dec 21, 2011
Dec 21, 2011 at 12:31 AM UTC
Bien **** quand il se sent l'estomac écoeuré,
Le frère Milotus, un oeil à la lucarne
D'où le soleil, clair comme un chaudron récuré,
Lui darde une migraine et fait son regard darne,
Déplace dans les draps son ventre de curé.
Il se démène sous sa couverture grise
Et descend, ses genoux à son ventre tremblant,
Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise,
Car il lui faut, le poing à l'anse d'un *** blanc,
À ses reins largement retrousser sa chemise !
Or il s'est accroupi, frileux, les doigts de pied
Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque
Des jaunes de brioche aux vitres de papier ;
Et le nez du bonhomme où s'allume la laque
Renifle aux rayons, tel qu'un charnel polypier
Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe
Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu,
Et ses chausses roussir, et s'éteindre sa pipe ;
Quelque chose comme un oiseau remue un peu
À son ventre serein comme un monceau de tripe !
Autour dort un fouillis de meubles abrutis
Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ;
Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis
Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres
Qu'entrouvre un sommeil plein d'horribles appétits.
L'écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ;
Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons.
Il écoute les poils pousser dans sa peau moite,
Et parfois, en hoquets fort gravement bouffons
S'échappe, secouant son escabeau qui boite...
Et le soir aux rayons de lune, qui lui font
Aux contours du cul des bavures de lumière,
Une ombre avec détails s'accroupit, sur un fond
De neige rose ainsi qu'une rose trémière...
Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
985
I hide myself away so beautifully,
So I am perceived as an art form and nothing else,
Mimicking a mannequin,
An undeniably inhuman Facade upholds me,
A mere antique is all I can claim to be,
Inhabited in which is a crack,
That i pledges to veil,
Until,
Draps are drawn,
And amused audience embrace their ways to home,
Oct 5, 2024
Oct 5, 2024 at 3:19 PM UTC
I only had one window in the world.
This window, like a scrawny kid, had been recently clobbered by the rain.
Just looking at the trickling rain made me all cold. That was when I pondered
all the things we
could have done
yesterday,
eyes closed,
lying above the sheets.
I thought about your breath close to my ear,
staccato, powerful,
like wind during a storm.
And I thought about our bodies: mine, cold; yours, burning - entwined, our bodies make a
Hurricane.
Then again, it is what it is. Your heart is cold to me; you think my heart is too feverish: you think it needs to be exiled, quarantined,
outside
underneath the rain.
ORIGINAL POEM (OR CHANCE TO ROCK OUT YOUR BEAUTEOUS FRENCH ACCENTS)
*Je n’avais qu’une fenêtre sur le monde.
Comme un gosse maigre, elle se faisait
tabasser par la pluie.
J’avais froid rien qu’en contemplant le
ruissellement. C’est alors que je pensé à toutes les choses qu’on
aurait pu faire
hier
au-dessus des draps
les yeux fermés.
J’ai pensé à ton souffle près de mon oreille,
puissant et saccadé
comme un vent de tempête.
Et j’ai pensé à nos corps: le mien froid, le tien
brûlant - entrelacés, nos corps font un
Ouragan.
Mais enfin, tant pis. Ton coeur m’est froid;
mon coeur t’est trop fiévreux: il le faut
exiler, il le faut mettre en quarantaine,
dehors,
au-dessous de la pluie.*
May 31, 2015
May 31, 2015 at 10:36 PM UTC
Ouvre tes yeux, ouvre les aux miens
Yeux de tigre pour le bleu des tiens
Peaux pâles, fondant dans les draps
Vois cette fille unique, vois moi que moi
Je ne resterai pas longtemps tu uses tes chances
Avant que de mon cœur je n’arrache ta lance
Cours étranger, cours, ou je ne serai plus là
Plus longtemps que ça Je ne te tolèrerai pas
S’il te plait regarde devant toi
Et vois ce cadeau tendu à bout de bras :
Je t’offre mon cœur comme un appât.
Oct 17, 2014
Oct 17, 2014 at 11:00 AM UTC
VOLUPTÉ Déjeuner de soleil
Je me meurs Salive Sommeil
Sonnez Matines
Masque à chloroforme Amour
je roule de tout mon long
Abime Au fond
La descente de lit n'est pas morte
Elle bouge en chantant très bas
Panthère Panthère
Mon corps n'en finit plus sous les rides des draps
Un homme à la mer Encre
À la dérive.
634
Enfant aux airs d'impératrice,
Colombe aux regards de faucon,
Tu me hais, mais c'est mon caprice,
De me planter sous ton balcon.
Là, je veux, le pied sur la borne,
Pinçant les nerfs, tapant le bois,
Faire luire à ton carreau morne
Ta lampe et ton front à la fois.
Je défends à toute guitare
De bourdonner aux alentours.
Ta rue est à moi : - je la barre
Pour y chanter seul mes amours,
Et je coupe les deux oreilles
Au premier racleur de jambon
Qui devant la chambre où tu veilles
Braille un couplet mauvais ou bon.
Dans sa gaine mon couteau bouge ;
Allons, qui veut de l'incarnat ?
A son jabot qui veut du rouge
Pour faire un bouton de grenat ?
Le sang dans les veines s'ennuie,
Car il est fait pour se montrer ;
Le temps est noir, gare la pluie !
Poltrons, hâtez-vous de rentrer.
Sortez, vaillants ! sortez, bravaches !
L'avant-bras couvert du manteau,
Que sur vos faces de gavaches
J'écrive des croix au couteau !
Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande,
De pied ferme je les attends.
A ta gloire il faut que je fende
Les naseaux de ces capitans.
Au ruisseau qui gêne ta marche
Et pourrait salir tes pieds blancs,
Corps du Christ ! je veux faire une arche
Avec les côtes des galants.
Pour te prouver combien je t'aime,
Dis, je tuerai qui tu voudras :
J'attaquerai Satan lui-même,
Si pour linceul j'ai tes deux draps.
Porte sourde ! - Fenêtre aveugle !
Tu dois pourtant ouïr ma voix ;
Comme un taureau blessé je beugle,
Des chiens excitant les abois !
Au moins plante un clou dans ta porte :
Un clou pour accrocher mon coeur.
A quoi sert que je le remporte
Fou de rage, mort de langueur ?
693
I find i write in drips and draps. I remember when I wrote like thunder and my words would lash and simmer and bring the world to its knees.
Now i am left with bricks and mortar and empty pictures hearing only the echos if a storm.
I feel as if i am a reflection of a reflection, that i am a copy of somebody before me and unexciting as a blank page.
May 3, 2015
May 3, 2015 at 3:03 PM UTC
Sous les draps de ta pyramide
On a vue en 3D sur la mangrove
Rhomboïde
De rhizomes entrelacés
À perte de vue.
Et j'essaie le sabre aux lèvres
Grâce à mon géo-radar
De me frayer un chemin dans le feu inextricable
Vers ta chambre nuptiale
D'eau enchevêtrée d'éclairs et de lave en fusion.
Sous les draps de ta pyramide
J'emprunte ta face Nord
À travers une oubliette à l'abri des regards
Des crabes et des salamandres
J'emprunte la descenderie
Et au bout du couloir
Me voici à l'antichambre
Et un sphynx exige de moi un mot de passe
Pour accéder au nec plus ultra de tes entrailles.
Et je dis : soldat du feu !
Et ce que je croyais être un simple feu de broussailles
De mangle rouge momifié
Se révèle un feu de jungle folle
Où sauterelles et criquets grésillent
Sous les flammes humides de ta chrysalide.
Et j'ouvre ma pompe et j'arrose
De mon eau de rose ton sanctuaire
De fleur de grenade inviolée
Et je comble ta faim
D'un bon mortier fait de venin de sable et de sève d'argile
Montante et descendante
Que tu dégustes en te pourléchant les lèvres.
Pour ne pas en perdre une miette.
Nov 2, 2019
Nov 2, 2019 at 5:36 AM UTC
Dans Mon Lit
je viens de réveiller
mes rêves étaient une sensation tristes
et étaient trop supporter
mais je ne peux pas souvenir quoi ils ont été
je me rappelle dernier nuit, mes larmes sont tombés
sur mon lit, parmi les draps et j'ai dormi
avec mes échecs en formulaire liquide
mes yeux étaient bouffies et mouillés
j'ai réveillé en l'obscurité, et je peux sentir
mes gonflés, séches yeux et mon vide espirit
J'ai allongé dans le silence sans bouger
jusqu'a j'ai souvenu pourquoi j'ai pleure
j'ai espéré que si j'ai sans bouger
le souvenir ne serait jamais revenir
et que réalité serait s'effondre
puis être rebati encore sans cette
mais, ce n'a pas été ca façon
et j'ai dû bouger toujours
j'ai dû revenir au réalité j'ai cassé
et recolle les morceaux
Apr 22, 2024
Apr 22, 2024 at 7:46 PM UTC
Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d'Amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié ;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l'âme, en pleurant, s'anéantissait.
Sur ses cheveux roux un charme glissait ;
Sa robe rendait d'étranges musiques
Quand Marco passait.
Quand Marco chantait, ses mains, sur l'ivoire
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n'a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l'enthousiasme alors transportait
Vers des cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d'argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.
Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l'éclat des plus belles armes ;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n'avait rien d'humain ;
Pareil au foyer que l'huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l'on aurait
Dit d'une lionne à l'âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.
Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
Et, tel qu'un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc ;
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.
Quand Marco dormait, oh ! quels parfums d'ambre
Et de chair mêlés opprimaient la chambre !
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l'ombre des rideaux
L'haleine montait, rhythmique et légère ;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l'étagère,
Quand Marco dormait.
Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d'une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout :
Le torrent rompait les digues de l'âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.
442
Amour, je ne me plains de l'orgueil endurci,
Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce,
Ni comme, sans recours, languir elle me laisse :
Je me plains de sa main et de son godmicy.
C'est un gros instrument par le bout étréci,
Dont chaste elle corrompt toute nuit sa jeunesse :
Voilà contre l'Amour sa prudente finesse,
Voilà comme elle trompe un amoureux souci.
Aussi, pour récompense, une haleine puante,
Une glaire épaissie entre ses draps gluante,
Un oeil hâve et battu, un teint pâle et défait,
Montrent qu'un faux plaisir toute nuit la possède.
Il vaut mieux être Phryne et Laïs tout à fait,
Que se feindre Portie avec un tel remède.
398
Tu restes avec moi quand je suis malade
avec tes cheveux drapés comme des rideaux
les lèvres peintes en rouge comme des roses sur la table
tu t'es couchée avec moi, les bras enroulés autour de moi
ton souffle sur mon épaule
et ton cœur dans mes paumes sèches
tu m'as donné chaque partie de toi
ton amour, ton corps, ton âme, ta vie...
"tout ce que tu veux dans le monde, je te le donnerai"
tu m'as parlé en silence
mais quand je me réveille,
les fleurs rouges vibrantes sont fanées
tes marques ont disparu
les draps sont neufs et propres
et je pleure
Apr 13, 2021
Apr 13, 2021 at 11:21 AM UTC
C'est une laide de Boucher
Sans poudre dans sa chevelure
Follement blonde et d'une allure
Vénuste à tous nous débaucher.
Mais je la crois mienne entre tous,
Cette crinière tant baisée,
Cette cascatelle embrasée
Qui m'allume par tous les bouts.
Elle est à moi bien plus encor
Comme une flamboyante enceinte
Aux entours de la porte sainte,
L'alme, la dive toison d'or !
Et qui pourrait dire ce corps
Sinon moi, son chantre et son prêtre,
Et son esclave humble et son maître
Qui s'en damnerait sans remords,
Son cher corps rare, harmonieux,
Suave, blanc comme une rose
Blanche, blanc de lait pur, et rose
Comme un lys sous de pourpres cieux ?
Cuisses belles, seins redressants,
Le dos, les reins, le ventre, fête
Pour les yeux et les mains en quête
Et pour la bouche et tous les sens ?
Mignonne, allons voir si ton lit
A toujours sous le rideau rouge
L'oreiller sorcier qui tant bouge
Et les draps fous. Ô vers ton lit !
377
Après le départ des cloches
Au milieu du Gloria,
Dès l'heure ordinaire des vêpres
On consacre les Saintes Huiles
Qu'escorte ensuite un long cortège
De pontifes et de lévites.
Il pluvine, il neigeotte,
L'hiver vide sa hotte.
Le tabernacle bâille, vide,
L'autel, tout nu, n'a plus de cierges,
De grands draps noirs pendent aux grilles,
Les orgues saintes sont muettes.
Du brouillard danse à même
Le ciel encore blême.
On dispense à flots d'eau bénite,
Toutes cires sont allumées,
Et de solennelle musique
S'enfle au chœur et monte au jubé,
Un clair soleil qui grise
Réchauffe l'âpre bise.
Gloria ! Voici les cloches
Revenir ! Alleluia !
351
Je t'aime à vol d'oiseau
Et j'évalue la distance
Qui nous sépare de l'irréversible,
De l'irréparable,
De l'incommensurable,
Ombre déplumée de nous-même.
Je t'aime à tire d'aile
Et de mots en mots je plane nu
Sur un tapis magique de nourritures lubriques
Vers des planètes volcaniques
Sans laves ni cratères.
Je t'aime comme l'alouette, gentille alouette,
Je te plume le bec divin
Je te plume le dos angélique
Je te plume le cou céleste
Et le cou et le dos et le bec
Je te plume la nuque diabolique
Je te plume les fossettes virginales
Et le talon d'Achille ensorceleur
Et la toison du Mont de Venus paradisiaque
Et les lèvres et les doigts féeriques
A distance réglementaire.
Je te plume l'ombre et je garde mes écarts
Au pas cadencé de ma transe
Et chaque plume arrachée est comme un baiser
Sinon volé du moins emprunté
Aux mythes obscurs qui nous ont devancés.
Et chaque plume plongée dans l'encrier
S'imbibe des amours lubriques de jadis
Qui se nouèrent entre vie et trépas
Entre les draps et oreillers de la page blanche
Dont se nourrissent mutuellement les muses et les poètes.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:52 AM UTC
Une averse déferlante
Frappant contre ma fenêtre,
Une odeur mouillé,
Le doux son de l'orage,
Mon corps relâché,
Une vue mélancolique,
Mon cerveau divaguant,
Une légère froideur,
Toi dans mes pensées,
Un éclat de caresse,
Un baiser suave,
Et toi, dans mes draps de soi,
Pour un jour pluvieux
Remplit de souvenir.
May 22, 2024
May 22, 2024 at 12:18 PM UTC
On dit que je suis fort malade,
Ami ; j'ai déjà l'oeil terni ;
Je sens la sinistre accolade
Du squelette de l'infini.
Sitôt levé, je me recouche ;
Et je suis comme si j'avais
De la terre au fond de la bouche ;
Je trouve le souffle mauvais.
Comme une voile entrant au havre,
Je frissonne ; mes pas sont lents,
J'ai froid ; la forme du cadavre,
Morne, apparaît sous mes draps blancs.
Mes mains sont en vain réchauffées ;
Ma chair comme la neige fond ;
Je sens sur mon front des bouffées
De quelque chose de profond.
Est-ce le vent de l'ombre obscure ?
Ce vent qui sur Jésus passa !
Est-ce le grand Rien d'Épicure,
Ou le grand Tout de Spinosa ?
Les médecins s'en vont moroses ;
On parle bas autour de moi,
Et tout penche, et même les choses
Ont l'attitude de l'effroi.
Perdu ! voilà ce qu'on murmure.
Tout mon corps vacille, et je sens
Se déclouer la sombre armure
De ma raison et de mes sens.
Je vois l'immense instant suprême
Dans les ténèbres arriver.
L'astre pâle au fond du ciel blême
Dessine son vague lever.
L'heure réelle, ou décevante,
Dresse son front mystérieux.
Ne crois pas que je m'épouvante ;
J'ai toujours été curieux.
Mon âme se change en prunelle ;
Ma raison sonde Dieu voilé ;
Je tâte la porte éternelle,
Et j'essaie à la nuit ma clé.
C'est Dieu que le fossoyeur creuse ;
Mourir, c'est l'heure de savoir ;
Je dis à la mort : Vieille ouvreuse,
Je viens voir le spectacle noir.
374
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver
Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.
Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s'asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l'enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
345
A toi qui me fais chanter,
A ces rêves qui résonnent,
dans cette cage palpitante.
La raison m’échappe;
de ton odeur sur mes draps,
de la douceur de tes mots.
A ces instants,
rien ne me paraît si beau.
Et pourtant,
les échos de tes pensées
se répandent un peu partout,
sur les murs de ma chambre
et même dans cette salle
bruyante,
joviale,
et sombre.
Mais vraiment rien n’est plus beau,
que nos rires,
que nos regards alambiqués,
dont seuls nous détenons le sens.
Si simple serait-il,
que ton tourbillon
ne m’emporte pas,
que tes vagues
ne m’assomment pas.
Car ta tempête me tord,
bien fort, si fort,
que je ne contemple plus
la Terre tourner.
Bien souvent,
je rêve de cet océan,
où les vagues glissent sur mes pieds,
m’invitant à m’enfoncer.
Mais alors que je rêve,
silencieuse la lame devient,
car surgit la houle
qui me jette sur les rives.
A chaque rêve qui se meurt
naît un nouveau souffle.
Et je perds le sens.
Mais rien n’est plus beau,
rien n’est plus beau que cet été.
Sep 10, 2019
Sep 10, 2019 at 6:57 PM UTC
les klaxons et la circulation assourdissante
l’humidité et la pollution, la brume aveuglante
les banlieues de la mégalopole
une nouvelle fois, encore
toujours étourdie de la veille
en sursaut je me réveille
longue chevelure, noire et ébouriffée
s’en échappe un certain pouvoir
indescriptible, j’en suis esclave
elle ferait taire la ville si elle le voulait
elle purifierais l'air si elle le voulait
comme elle a purifié mon âme
la nuit passée.
oui, elle a de l'aura
car non, je n'étais pas seule encore
hier en rentrant à l’appartement
les cocktails ont fait de moi leur
une énième fois
ainsi que sa séduction asiatique
ainsi ce matin elle et moi sommes nues
au-dessus des draps
son bras posé sur moi,
sa main sur mon sein droit
et cette chevelure dominante
que j'en suis intimidée
désemparée
en outre, ses lèvres rouges de la veille
pulpeuses de par sa naissance
rouge à lèvres séché sur l’oreiller
je saisirais sa mâchoire et je les embrasserais
comme on l’a si bien fait, hier
aux heures les plus sombres de la journées
avant qu'elle ne parte,
que je ne sache la retenir
et qu’elle ne redevienne
cette prédatrice venue de l'indochine.
Jan 12, 2025
Jan 12, 2025 at 11:16 PM UTC
Seul, le coude dans la plume,
J'ai froissé jusqu'au matin
Les feuillets d'un gros volume
Plein de grec et de latin ;
Car nulle étroite pantoufle
Ne traîne au pied de mon lit,
Et mon chevet n'a qu'un souffle
Sous ma lampe qui pâlit.
Cependant des meurtrissures
Marbrent mon corps, que n'a pas
Tatoué de ses morsures
Un vampire aux blancs appas.
S'il faut croire un conte sombre,
Les morts aimés autrefois
Nous marquent ainsi, dans l'ombre,
Du sceau de leurs baisers froids.
À leurs places, dans nos couches,
Ils s'allongent sous les draps,
Et signent avec leurs bouches
Leur visite sur nos bras.
Seule, une de mes aimées,
Dans son lit noirâtre et frais,
Dort les paupières fermées
Pour ne les rouvrir jamais.
- Soulevant de ta main frêle
Le couvercle du cercueil,
Est-ce toi, dis ! Pauvre belle,
Qui, la nuit, franchis mon seuil,
Toi qui, par un soir de fête,
À la fin d'un carnaval,
Laissas choir, pâle et muette,
Ton masque et tes fleurs de bal ?
Ô mon amour la plus tendre,
De ce ciel où je te crois,
Reviendrais-tu pour me rendre
Les baisers que tu me dois ?
310