Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"croix" poems
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce Il n'y a pas d'amour heureux Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes Qu'on avait habillés pour un autre destin À quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu'on retrouve au soir désoeuvrés incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n'y a pas d'amour heureux Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant après moi les mots que j'ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent Il n'y a pas d'amour heureux Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop **** Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare Il n'y a pas d'amour heureux.
0
2.3k
Il n'y a pas d'amour heureux
Chaque poème que je sculpte dans le bois pour ma muse égarée Est un bout de sentier lumineux que je façonne Dans la glaise de la route de mon pèlerinage infatigable A la recherche des volcans éteints de ma muse. C'est un chemin de Compostelle Que j 'ai semé de ma trace d'olisbos de bois noir tendus vers le cosmos avec son image gravée Qui stridulent de plaisir à l 'approche de la lune descendante. C'est seulement hors sève que mes mots acceptent En holocauste que ce bel ébène de bonne grâce Soit coupé scié laminé en bonne lune Pour servir de festin lubrique à ma muse. Oh my God, dit ma muse Qui pourtant ne parle pas la langue de Shakespeare, Eblouie par la majestueuse forêt de godemichés De belle patine couleur miel En repos végétal. In God we trust, lui répond en stridulant toute l 'animalité volatile perchée au sommet de Priape Entre roses et croix : Ultreïa ! Ultreïa ! Et Suseïa ! Musa adjuva nos ! Ma muse devant un tel charivari frissonne Prend ses jambes à mon cou et dégouline du diable vauvert Sans demander son reste de canon à cent voix Maudissant les molles bandaisons du poète infidèle et vouant aux gémonies la lune, cette dévergondée, L 'accusant de guet-apens et autres sornettes Artificielles et sordides. Ultreïa ! Ultreïa ! Et Suseïa ! Musa adjuva nos !
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:25 AM UTC
Olisbos
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie. Tous les autres amours sont de commandement. Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement Pourra les allumer aux coeurs qui l'ont chérie. C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis, C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice, Et la douceur de coeur et le zèle au service, Comme je la priais, Elle les a permis ... C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins, C'est pour Elle que j'ai mon coeur dans les Cinq Plaies, Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies, Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins. Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie, Siège, de la Sagesse et source des pardons, Mère de France aussi, de qui nous attendons Inébranlablement l'honneur de la patrie. Marie Immaculée, amour essentiel, Logique de la foi cordiale et vivace, En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse, En vous aimant du seul amour, Porte du ciel ?
0
1.1k
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
0
1k
Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
Continue reading...
68
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
0
Dec 10, 2016
Dec 10, 2016 at 7:09 AM UTC
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
Continue reading...
56
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
0
1.1k
Une croix sur le bord d'un chemin
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
Continue reading...
52
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
0
1.1k
L'Amour de l'Amour
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
Continue reading...
62
Pas à pas. Ô Femme, l’Ange Gardien de mon cœur Je te poursuivrais jusqu’au chemin du bonheur Je ferais d’énormes sacrifices pour rejoindre ta route Je t'en supplie de n’avoir absolument aucun doute Je te retrouverai parce que je t’aime tant, je t’aime Je m’en ficherai de toutes sortes de problèmes Souviens-toi de la jolie chanson d’Alain Barrière Je franchirai les frontières et briserai des barrières Pour t’exhumer, t’enchérir et t’aimer davantage Comme cela a été fait à travers les âges Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit et grand pas Toi et moi serons ensemble sous un nouveau toit. Malgré marées, vents et ouragans : je t’aime Et je ne vais pas hurler et crier que je t’aime. Femme, femme de mon cœur, si tu ne me revenais Pas à pas, je fouillerais les encyclopédies des secrets Pour trouver la porte de ton cœur et la clé de ton âme Je franchirai bravement toutes les frontières. Ô Femme ! Femme de mon être, je suis prêt pour être critiqué Flétri, censuré, canonné, voire crucifié et cloué Comme cela été fait à travers les ages Pour ressusciter l’amour et t’aimer davantage Je t’en prie de nourrir aucun, aucun doute Puisque tu seras seule sur ma voie, sur ma route Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit ou grand pas Toi et moi porterons ensemble la même croix. Malgré la pluie, le vent et le tonnerre : je t’aime Et je vais rigoler, rire, et sourire parce que je t’aime. P.S. Hommage à Alain Bellec (Barrière), un grand chanteur et poète. Copyright © Décembre 2004, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
0
Dec 22, 2024
Dec 22, 2024 at 9:05 PM UTC
Si Tu Ne Me Revenais
Pas à pas. Ô Femme, l’Ange Gardien de mon cœur Je te poursuivrais jusqu’au chemin du bonheur Je ferais d’énormes sacrifices pour rejoindre ta route Je t'en supplie de n’avoir absolument aucun doute Je te retrouverai parce que je t’aime tant, je t’aime Je m’en ficherai de toutes sortes de problèmes Souviens-toi de la jolie chanson d’Alain Barrière Je franchirai les frontières et briserai des barrières Pour t’exhumer, t’enchérir et t’aimer davantage Comme cela a été fait à travers les âges Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit et grand pas Toi et moi serons ensemble sous un nouveau toit. Malgré marées, vents et ouragans : je t’aime Et je ne vais pas hurler et crier que je t’aime. Femme, femme de mon cœur, si tu ne me revenais Pas à pas, je fouillerais les encyclopédies des secrets Pour trouver la porte de ton cœur et la clé de ton âme Je franchirai bravement toutes les frontières. Ô Femme ! Femme de mon être, je suis prêt pour être critiqué Flétri, censuré, canonné, voire crucifié et cloué Comme cela été fait à travers les ages Pour ressusciter l’amour et t’aimer davantage Je t’en prie de nourrir aucun, aucun doute Puisque tu seras seule sur ma voie, sur ma route Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit ou grand pas Toi et moi porterons ensemble la même croix. Malgré la pluie, le vent et le tonnerre : je t’aime Et je vais rigoler, rire, et sourire parce que je t’aime. P.S. Hommage à Alain Bellec (Barrière), un grand chanteur et poète. Copyright © Décembre 2004, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
Continue reading...
35
Lend me your arm To replace my leg The rats ate it for me At Verdun At Verdun I ate a lot of rats But they didn't give me back my leg And that's why I was given the Croix de Guerre And a wooden leg And a wooden leg
0
Oct 3, 2014
Oct 3, 2014 at 4:32 PM UTC
Song of the Maimed, Benjamin Peret.
Parfums, couleurs, systèmes, lois ! Les mots ont peur comme des poules. La chair sanglote sur la croix. Pied, c'est du rêve que tu foules, Et partout ricane la voix, La voix tentatrice des foules. Cieux bruns où nagent nos desseins, Fleurs qui n'êtes pas le calice, Vin et ton geste qui se glisse, Femme et l'oeillade de tes seins, Nuit câline aux frais traversins, Qu'est-ce que c'est que ce délice, Qu'est-ce que c'est que ce supplice, Nous les damnés et vous les Saints ?
0
831
Parfums, couleurs, systèmes, lois
sometimes being outdoors just hurts more than the dull ache of a morning with no aspirin and more than the reflection of the shattered glass under my feet sometimes I evolve to cope (but not often) from neon paint reminiscent of a traffic stop, streaked across bark to *** and la croix in trembling hands sometimes I wonder how your musician is doing do you love him like you love frayed brushes and marilyn monroe? sometimes I say this is the root of it all. perhaps my therapist would differ.
0
Dec 29, 2014
Dec 29, 2014 at 4:20 AM UTC
mirror shards from my father's class
Former Presidential Candidate   Adlai E. Stevenson II (Democrat--circa 1950s) was spotted reincarnated as a young trappist  Buddhist monk in a monastery in Saint Croix, U.S. ****** Islands. In the early evening hours he can be seen enjoying himself swinging in a hammock in the monastery's garden while making 12-mile inhalations on a marijuana cigarette and meditating on the possible dire encumbrances due the 2016 election year, though the balmy tinctured breezes thick with naughty **** often dissipate such fustian concentrations.
0
Feb 27, 2016
Feb 27, 2016 at 9:06 PM UTC
fROM tHE sTRANGE LIttLE BOoK oF rEINCARNATIONS
Que j'aime à voir, dans la vallée Désolée, Se lever comme un mausolée Les quatre ailes d'un noir moutier ! Que j'aime à voir, près de l'austère Monastère, Au seuil du baron feudataire, La croix blanche et le bénitier ! Vous, des antiques Pyrénées Les aînées, Vieilles églises décharnées, Maigres et tristes monuments, Vous que le temps n'a pu dissoudre, Ni la foudre, De quelques grands monts mis en poudre N'êtes-vous pas les ossements ? J'aime vos tours à tête grise, Où se brise L'éclair qui passe avec la brise, J'aime vos profonds escaliers Qui, tournoyant dans les entrailles Des murailles, À l'hymne éclatant des ouailles Font répondre tous les piliers ! Oh ! lorsque l'ouragan qui gagne La campagne, Prend par les cheveux la montagne, Que le temps d'automne jaunit, Que j'aime, dans le bois qui crie Et se plie, Les vieux clochers de l'abbaye, Comme deux arbres de granit ! Que j'aime à voir, dans les vesprées Empourprées, Jaillir en veines diaprées Les rosaces d'or des couvents ! Oh ! que j'aime, aux voûtes gothiques Des portiques, Les vieux saints de pierre athlétiques Priant tout bas pour les vivants !
0
835
Stances - Que j'aime à voir
(Sur l'air de Malbrouck.) Dans l'affreux cimetière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dans l'affreux cimetière Frémit le nénuphar. Castaing lève sa pierre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Castaing lève sa pierre Dans l'herbe de Clamar, Et crie et vocifère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et crie et vocifère : Je veux être césar ! Cartouche en son suaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Cartouche en son suaire S'écrie ensanglanté - Je veux aller sur terre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux aller sur terre Pour être majesté ! Mingrat monte à sa chaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Mingrat monte à sa chaire, Et dit, sonnant le glas : - Je veux, dans l'ombre où j'erre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dans l'ombre où j'erre Avec mon coutelas, Etre appelé : mon frère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Etre appelé : mon frère, Par le czar Nicolas ! Poulmann, dans l'ossuaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Poulmann dans l'ossuaire S'éveillant en fureur, Dit à Mandrin : - Compère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dit à Mandrin : - Compère, Je veux être empereur ! - Je veux, dit Lacenaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dit Lacenaire, Etre empereur et roi ! Et Soufflard déblatère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et Soufflard déblatère, Hurlant comme un beffroi : - Au lieu de cette bière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Au lieu de cette bière, Je veux le Louvre, moi Ainsi, dans leur poussière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Ainsi, dans leur poussière, Parlent les chenapans. - Çà, dit Robert Macaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! - Ça, dit Robert Macaire, Pourquoi ces cris de paons ? Pourquoi cette colère ? Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Pourquoi cette colère ? Ne sommes-nous pas rois ? Regardez, le saint-père, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Regardez, le saint-père, Portant sa grande croix, Nous sacre tous ensemble, Ô misère, ô douleur, Paris tremble ! Nous sacre tous ensemble Dans Napoléon trois !
0
827
Le sacre
(Sur l'air de Malbrouck.) Dans l'affreux cimetière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dans l'affreux cimetière Frémit le nénuphar. Castaing lève sa pierre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Castaing lève sa pierre Dans l'herbe de Clamar, Et crie et vocifère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et crie et vocifère : Je veux être césar ! Cartouche en son suaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Cartouche en son suaire S'écrie ensanglanté - Je veux aller sur terre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux aller sur terre Pour être majesté ! Mingrat monte à sa chaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Mingrat monte à sa chaire, Et dit, sonnant le glas : - Je veux, dans l'ombre où j'erre, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dans l'ombre où j'erre Avec mon coutelas, Etre appelé : mon frère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Etre appelé : mon frère, Par le czar Nicolas ! Poulmann, dans l'ossuaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Poulmann dans l'ossuaire S'éveillant en fureur, Dit à Mandrin : - Compère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Dit à Mandrin : - Compère, Je veux être empereur ! - Je veux, dit Lacenaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Je veux, dit Lacenaire, Etre empereur et roi ! Et Soufflard déblatère, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Et Soufflard déblatère, Hurlant comme un beffroi : - Au lieu de cette bière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Au lieu de cette bière, Je veux le Louvre, moi Ainsi, dans leur poussière, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Ainsi, dans leur poussière, Parlent les chenapans. - Çà, dit Robert Macaire, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! - Ça, dit Robert Macaire, Pourquoi ces cris de paons ? Pourquoi cette colère ? Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Pourquoi cette colère ? Ne sommes-nous pas rois ? Regardez, le saint-père, Paris tremble, ô douleur, ô misère ! Regardez, le saint-père, Portant sa grande croix, Nous sacre tous ensemble, Ô misère, ô douleur, Paris tremble ! Nous sacre tous ensemble Dans Napoléon trois !
Continue reading...
73
(Extrait) Aigles qui passez sur nos têtes, Allez dire aux vents déchaînés Que nous défions leurs tempêtes Avec nos mâts enracinés. Qu'ils montent, ces tyrans de l'onde, Que leur aile s'ameute et gronde Pour assaillir nos bras nerveux ! Allons ! leurs plus fougueux vertiges Ne feront que bercer nos tiges Et que siffler dans nos cheveux ! Fils du rocher, nés de nous-même, Sa main divine nous planta ; Nous sommes le vert diadème Qu'aux sommets d'Éden il jeta. Quand ondoiera l'eau du déluge, Nos flancs creux seront le refuge De la race entière d'Adam, Et les enfants du patriarche Dans nos bois tailleront l'arche Du Dieu nomade d'Abraham ! C'est nous quand les tribus captives Auront vu les hauteurs d'Hermon, Qui couvrirons de nos solives L'arche immense de Salomon ; Si, plus **** un Verbe fait homme D'un nom plus saint adore et nomme Son père du haut d'une croix, Autels de ce grand sacrifice, De l'instrument de son supplice Nos rameaux fourniront le bois. En mémoire de ces prodiges, Des hommes inclinant leurs fronts Viendront adorer nos vestiges, Coller leurs lèvres à nos troncs. Les saints, les poètes, les sages Ecouteront dans nos feuillages Des bruits pareils aux grandes eaux, Et sous nos ombres prophétiques Formeront leurs plus beaux cantiques Des murmures de nos rameaux.
0
752
Chœur des Cèdres du Liban
(Ajoutée dans l'Édition des Souscripteurs de 1849.) Que l'on soit homme ou Dieu, tout génie est martyre : Du supplice plus **** on baise l'instrument ; L'homme adore la croix où sa victime expire, Et du cachot du Tasse enchâsse le ciment. Prison du Tasse ici, de Galilée à Rome, Échafaud de Sidney, bûchers, croix ou tombeaux, Ah ! vous donnez le droit de bien mépriser l'homme, Qui veut que Dieu l'éclaire, et qui hait ses flambeaux ! Grand parmi les petits, libre chez les serviles, Si le génie expire, il l'a bien mérité ; Car nous dressons partout aux portes de nos villes Ces gibets de la gloire et de la vérité. **** de nous amollir, que ce sort nous retrempe ! Sachons le prix du don, mais ouvrons notre main. Nos pleurs et notre sang son l'huile de la lampe Que Dieu nous fait porter devant le genre humain !
0
642
Ferrare
Mot-dièse : pharaonne Synonyme : reine-pharaon Exemple: Hapshepsout Attributs : pagne court en chendjit Coiffe-némès Double-couronne pschent Collier Barbe postiche cérémonielle Sceptre foral Mot-cible : pharaonne Synonyme : maîtresse souveraine Exemple : Maakarê Attributs: double plume sur mortier Robe fourreau Croix ankh Serpent-Uraeus Couronne néret Mot-balise : momie Mot-clic : le sistre Mot-clé : la ménat Tous les mots du monde Dièse cible clic clé ou balise Tous les hashtags du monde Entre croisillons et carrés Ne mettront sous étiquette ni label Qu'une infime parcelle intérimaire De ma pharaonne titulaire. Ses hanches généreuses s'imbriquent Idéalement dans l'architecture des pyramides fanfaronnes Ses courbes défient les lignes droites lubriques des pierres Et serpentent en gazouillant Comme des vautours tumides Entre les grains de sable humide Et l'oeil du cyclone solaire. Ma pharaonne porte barbiche cérémonielle Tous azimuts elle agite son hochet sacré Et tous les mois sont avril pour elle Qui ne se découvre jamais d'un fil de siècle. Veuve numide jamais nue Mais toujours vulve sincère à neuf têtes Jamais postiche, jamais potiche, Jamais cruche, jamais crèche Pharaonne de plein exercice, Dame de haute lignée tout simplement fraîche Et éternellement dispose A célébrer en elle les clics et les clacs de l'immortalité.
0
Oct 4, 2019
Oct 4, 2019 at 5:38 AM UTC
Mot-dièse : pharaonne
Enfant aux airs d'impératrice, Colombe aux regards de faucon, Tu me hais, mais c'est mon caprice, De me planter sous ton balcon. Là, je veux, le pied sur la borne, Pinçant les nerfs, tapant le bois, Faire luire à ton carreau morne Ta lampe et ton front à la fois. Je défends à toute guitare De bourdonner aux alentours. Ta rue est à moi : - je la barre Pour y chanter seul mes amours, Et je coupe les deux oreilles Au premier racleur de jambon Qui devant la chambre où tu veilles Braille un couplet mauvais ou bon. Dans sa gaine mon couteau bouge ; Allons, qui veut de l'incarnat ? A son jabot qui veut du rouge Pour faire un bouton de grenat ? Le sang dans les veines s'ennuie, Car il est fait pour se montrer ; Le temps est noir, gare la pluie ! Poltrons, hâtez-vous de rentrer. Sortez, vaillants ! sortez, bravaches ! L'avant-bras couvert du manteau, Que sur vos faces de gavaches J'écrive des croix au couteau ! Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande, De pied ferme je les attends. A ta gloire il faut que je fende Les naseaux de ces capitans. Au ruisseau qui gêne ta marche Et pourrait salir tes pieds blancs, Corps du Christ ! je veux faire une arche Avec les côtes des galants. Pour te prouver combien je t'aime, Dis, je tuerai qui tu voudras : J'attaquerai Satan lui-même, Si pour linceul j'ai tes deux draps. Porte sourde ! - Fenêtre aveugle ! Tu dois pourtant ouïr ma voix ; Comme un taureau blessé je beugle, Des chiens excitant les abois ! Au moins plante un clou dans ta porte : Un clou pour accrocher mon coeur. A quoi sert que je le remporte Fou de rage, mort de langueur ?
0
693
Rondalla
Enfant aux airs d'impératrice, Colombe aux regards de faucon, Tu me hais, mais c'est mon caprice, De me planter sous ton balcon. Là, je veux, le pied sur la borne, Pinçant les nerfs, tapant le bois, Faire luire à ton carreau morne Ta lampe et ton front à la fois. Je défends à toute guitare De bourdonner aux alentours. Ta rue est à moi : - je la barre Pour y chanter seul mes amours, Et je coupe les deux oreilles Au premier racleur de jambon Qui devant la chambre où tu veilles Braille un couplet mauvais ou bon. Dans sa gaine mon couteau bouge ; Allons, qui veut de l'incarnat ? A son jabot qui veut du rouge Pour faire un bouton de grenat ? Le sang dans les veines s'ennuie, Car il est fait pour se montrer ; Le temps est noir, gare la pluie ! Poltrons, hâtez-vous de rentrer. Sortez, vaillants ! sortez, bravaches ! L'avant-bras couvert du manteau, Que sur vos faces de gavaches J'écrive des croix au couteau ! Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande, De pied ferme je les attends. A ta gloire il faut que je fende Les naseaux de ces capitans. Au ruisseau qui gêne ta marche Et pourrait salir tes pieds blancs, Corps du Christ ! je veux faire une arche Avec les côtes des galants. Pour te prouver combien je t'aime, Dis, je tuerai qui tu voudras : J'attaquerai Satan lui-même, Si pour linceul j'ai tes deux draps. Porte sourde ! - Fenêtre aveugle ! Tu dois pourtant ouïr ma voix ; Comme un taureau blessé je beugle, Des chiens excitant les abois ! Au moins plante un clou dans ta porte : Un clou pour accrocher mon coeur. A quoi sert que je le remporte Fou de rage, mort de langueur ?
Continue reading...
48
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
0
690
À Victor Hugo
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
Continue reading...
80
Shimano reel filled with 14 pound trilene. St. Croix rod, medium heavy, backbone is mean. bullet weight slid on the line after run through guides. teflon coated truturn hook tied on with palomar, ready for the ride. watermelon lizard on and ready to cast. flick of the wrist and the lure flies far and fast Lands on the bank, two inches from the water crawl it down the side of an old log, hollow. pulse the rod tip up and down while lifting. let the lure drop back down, trolling motor keeps us from driftng. reel up the slack do it again all the way to the boat. do it again, like dad taught me rote. We troll on down the bank looking for a likely place the boat dock up ahead is usually an ace ease on up, perfect flip under and all the way back let sink and sit, slowly reel up slack Bump, then thump, then **** and run snap the rod tip way up high and fish on. rod tip down, fish running under dock drag schreeching, pull back lines not moving just like its locked Fish jumps on other side, has me wrapped around a piling. change angles give it a pop, nothing, know the metal is filing down the line. Please don't break, pop it once again. the line begins to move and slide, pulled by power of fin. The fights back on, in open water now which, fish or angler will be made to cow. fish goes deep, uh oh nothing but slack. reel fast now, got to get her back. fish running right at boat, trying a different tact. Not the right one, I catch back up and **** once more the she is, grab the net, worn out from the chore. off the hook and on the scale, in the live well dunk her. pull out the phone, TPWD calling share a lunker. 15 pounder in the well headed to the marina parks and wildlife said that's where to meet her. off to the Texas fisheries center in Athens to spawn. back at home few days later relaxing on my lawn. Package arrives  fiberglass replica  of my fish awaiting word, if I can live release her, is my wish. wish granted a few days later, back out in the lake she tail walks and swims off while cutting a graceful wake.
0
Sep 16, 2016
Sep 16, 2016 at 10:02 AM UTC
Texas Rigged
Shimano reel filled with 14 pound trilene. St. Croix rod, medium heavy, backbone is mean. bullet weight slid on the line after run through guides. teflon coated truturn hook tied on with palomar, ready for the ride. watermelon lizard on and ready to cast. flick of the wrist and the lure flies far and fast Lands on the bank, two inches from the water crawl it down the side of an old log, hollow. pulse the rod tip up and down while lifting. let the lure drop back down, trolling motor keeps us from driftng. reel up the slack do it again all the way to the boat. do it again, like dad taught me rote. We troll on down the bank looking for a likely place the boat dock up ahead is usually an ace ease on up, perfect flip under and all the way back let sink and sit, slowly reel up slack Bump, then thump, then **** and run snap the rod tip way up high and fish on. rod tip down, fish running under dock drag schreeching, pull back lines not moving just like its locked Fish jumps on other side, has me wrapped around a piling. change angles give it a pop, nothing, know the metal is filing down the line. Please don't break, pop it once again. the line begins to move and slide, pulled by power of fin. The fights back on, in open water now which, fish or angler will be made to cow. fish goes deep, uh oh nothing but slack. reel fast now, got to get her back. fish running right at boat, trying a different tact. Not the right one, I catch back up and **** once more the she is, grab the net, worn out from the chore. off the hook and on the scale, in the live well dunk her. pull out the phone, TPWD calling share a lunker. 15 pounder in the well headed to the marina parks and wildlife said that's where to meet her. off to the Texas fisheries center in Athens to spawn. back at home few days later relaxing on my lawn. Package arrives  fiberglass replica  of my fish awaiting word, if I can live release her, is my wish. wish granted a few days later, back out in the lake she tail walks and swims off while cutting a graceful wake.
Continue reading...
41
and i don't know if that's allowed or if i'm just too basic of a ***** for it to matter but i'm dancing in the kitchen to j cole and making galaxy cookies as valeona would call them and maybe i get the hype
0
May 1, 2019
May 1, 2019 at 10:22 PM UTC
mixed wine with my la croix
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
0
618
À l'obéissance passive (VII)
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
Continue reading...
38
Après la chose faite, après le coup porté Après le joug très dur librement accepté, Et le fardeau plus lourd que le ciel et la terre, Levé d'un dos vraiment et gaîment volontaire, Après la bonne haine et la chère rancœur. Le rêve de tenir, implacable vainqueur. Les ennemis du cœur et de l'âme et les autres ; De voir couler des pleurs plus affreux que les nôtres De leurs yeux dont on est le Moïse au rocher, Tout ce train mis en fuite, et courez le chercher ! Alors on est content comme au sortir d'un rêve, On se retrouve net, clair, simple, on sent que crève Un abcès de sottise et d'erreur, et voici Que de l'éternité, symbole en raccourci Toute une plénitude afflue, aime et s'installe, L'être palpite entier dans la forme totale. Et la chair est moins faible et l'esprit moins prompt ; Désormais, on le sait, on s'y tient, fleuriront Le lys du faire pur, celui du chaste dire, Et, si daigne Jésus, la rose du martyre. Alors on trouve, ô Jésus si lent à vous venger, Combien doux est le joug et le fardeau léger ! Charité la plus forte entre toutes les Forces, Tu veux dire, saint piège aux célestes amorces, Les mains tendres du fort, de l'heureux et du grand Autour du sort plaintif du faible et du souffrant. Le regard franc du riche au pauvre exempt d'envie Ou jaloux, et ton nom encore signifie Quelle douceur choisie, et quel droit dévouement, Et ce tact virginal, et l'ange exactement ! Mais l'ange est innocent, essence bienheureuse. Il n'a point à passer par notre vie affreuse Et toi, Vertu sans pair, presqu'Une, n'es-tu pas Humaine en même temps que divine, ici-bas ? Aussi la conscience a dû, pour des fins sûres. Surtout sentir en toi le pardon des injures. Par toi nous devenons semblables à Jésus Portant sa croix infâme et qui, cloué dessus, Priait pour ses bourreaux d'Israël et de Rome, À Jésus qui, du moins, homme avec tout d'un homme, N'avait lui jamais eu de torts de son côté, Et, par Lui, tu nous fais croire en l'éternité.
0
629
Après la chose faite, après le coup porté
Après la chose faite, après le coup porté Après le joug très dur librement accepté, Et le fardeau plus lourd que le ciel et la terre, Levé d'un dos vraiment et gaîment volontaire, Après la bonne haine et la chère rancœur. Le rêve de tenir, implacable vainqueur. Les ennemis du cœur et de l'âme et les autres ; De voir couler des pleurs plus affreux que les nôtres De leurs yeux dont on est le Moïse au rocher, Tout ce train mis en fuite, et courez le chercher ! Alors on est content comme au sortir d'un rêve, On se retrouve net, clair, simple, on sent que crève Un abcès de sottise et d'erreur, et voici Que de l'éternité, symbole en raccourci Toute une plénitude afflue, aime et s'installe, L'être palpite entier dans la forme totale. Et la chair est moins faible et l'esprit moins prompt ; Désormais, on le sait, on s'y tient, fleuriront Le lys du faire pur, celui du chaste dire, Et, si daigne Jésus, la rose du martyre. Alors on trouve, ô Jésus si lent à vous venger, Combien doux est le joug et le fardeau léger ! Charité la plus forte entre toutes les Forces, Tu veux dire, saint piège aux célestes amorces, Les mains tendres du fort, de l'heureux et du grand Autour du sort plaintif du faible et du souffrant. Le regard franc du riche au pauvre exempt d'envie Ou jaloux, et ton nom encore signifie Quelle douceur choisie, et quel droit dévouement, Et ce tact virginal, et l'ange exactement ! Mais l'ange est innocent, essence bienheureuse. Il n'a point à passer par notre vie affreuse Et toi, Vertu sans pair, presqu'Une, n'es-tu pas Humaine en même temps que divine, ici-bas ? Aussi la conscience a dû, pour des fins sûres. Surtout sentir en toi le pardon des injures. Par toi nous devenons semblables à Jésus Portant sa croix infâme et qui, cloué dessus, Priait pour ses bourreaux d'Israël et de Rome, À Jésus qui, du moins, homme avec tout d'un homme, N'avait lui jamais eu de torts de son côté, Et, par Lui, tu nous fais croire en l'éternité.
Continue reading...
42