"barbe" poems
A chaque fois que tu rentres de bonne heure,
Mon coeur se remplit de Bonheur.
Tu illumines nos soirées monotones,
Tu nous fais rire avec tes blagues, même si elles redondonnent.
Avec toi on ne s'ennuie jamais,
On parle, on crie, on s'échange des secrets.
Tu n'hésites pas à nous faire des câlins,
Même quand tu t'en vas de bon matin.
On n'aime pas te voir partir si ****
On préfère quand tu restes dans le coin.
La Russie, c'est comme le bout du monde,
Heureusement que tu n'es pas James Bond!
On aime te voir à la maison,
Avec tes pyjamas troués et ta barbe de bison.
Même pas peur quand tu vas chez le coiffeur,
On connaît ta tête de pomme par cœur!
On a beau se plaindre de ton penchant pour les sucreries,
Il faut avouer qu'un peu de graisse, c'est aussi confortable qu'un lit.
Même si tu trempes ton pain au fromage dans ton café,
Nous, on a même pas peur de t'embrasser.
On a toujours hâte que tu reviennes,
Même si ca ne fait pas une heure que tu es parti.
Ne t'inquiètes pas on restera les mêmes,
On sera toujours là pour te faire des guilis.
T'es le roi des bisous, t'es le roi des Papas,
On t'aimera toujours, même si tu manges du chocolat!
Sep 20, 2014
Sep 20, 2014 at 6:12 AM UTC
Mon papa, c'est le plus fort des papas.
Mon papa, c'est le plus beau des papas.
Mon papa, même quand il est fatigué, on dirait Richard Gere.
Mon papa, même si il est carnivore, moi, je l'aime quand même.
Mon papa, quand il mange, on dirait qu'il a 5 ans, mais moi, je l'aime quand même.
Mon papa, il a des voitures super cool qui font vroom.
Mon papa, quand il conduit, on dirait Michel Vaillant, même pas peur.
Mon papa, quand il me dit bonne nuit, j'ai même plus peur.
Les monstres sous mon lit, eux, ils se désintègrent avec la force des bisous de mon papa.
Mon papa, parfois, il ronfle et je l'aime quand même.
Mon papa, quand on est dans la piscine, il joue au crocrodile avec nous.
Mon papa, quand il porte des choses, les manches de sa chemise se déchire sous les muscles.
Mon papa, avec une barbe, on dirait un homme des caverne, c'est trop cool.
Mon papa, quand il fait des câlins, on disparait sous ses couches d'amour.
Mon papa, quand il nous emmène faire du shopping, il supporte des heures et il sourit.
Mon papa, il nous laisse faire des trucs qui lui font peur, mais il veut nous faire plaisir, alors il dit oui.
Mon papa, il m'a laissé faire du saut en parachute, et je suis même pas morte.
Mon papa, il râle parfois mais on sait qu'en fait, c'est parce qu'il nous aime.
Mon papa, même quand il voyage, il pense à nous.
Mon papa, il nous emmène en voyage avec des photos tout le temps quand il travail.
Mon papa, il nous emmène en voyage tout le temps quand il est en vacances.
Mon papa, il fait des trucs de papa trop génial.
Par exemple, il connait nos restaurants préférés, et il sait ce qui nous fait plaisir.
Alors il nous y emmène.
Mon papa, même quand il est en colère, il est beau.
Mon papa, quand il sourit il est comme Thor, le dieu du tonnerre, il est puissant.
Du coup, parfois, ma maman elle fait un nervous break down.
Parce que mon papa il est trop beau c'est même pas normal.
Mon papa, il a un double menton pour que si un jour Game Of Thrones arrive dans la vraie vie, on pourra pas lui trancher la gorge.
Mon papa, il fait du vélo plus vite que le Tour de France. La preuve, ca fait des années qu'ils sont en France, mon papa, lui, il est déjà à Dubai.
Mon papa, parfois il oublie notre anniversaire quand on lui demande au pif, mais il oublie jamais de le souhaiter, donc on lui pardonne.
Mon papa, il voyage en first class.
Mon papa, il connait les aéroports mieux que James Bond.
Mon papa, il regarde des series TV de jeunes.
Mon papa, il porte des costards.
Mon papa, il nous emmène manger des dans endroits incroyables.
Mon papa, il nous emmène dans des hôtels de luxe.
Mon papa, il devrait être président du monde.
Mon papa, il est mieux que les autres papa parce que c'est le mien.
Mon papa, il est irremplaçable.
Mon papa, si on m'en donnait un autre, j'en voudrais pas.
Mon papa, je veux que celui la.
Mon papa il est pas toujours là, mais c'est pas grave, parce qu'il est jamais ****
Mon papa, il traverse le monde mais après il nous raconte, alors c'est cool.
Mon papa, il fait une super vinaigrette. Dommage que j'aime pas la vinaigrette.
Mon papa, quand il fait un barbeque, ca fait beaucoup de fumée et pas beaucoup de feu, mais c'est pour mieux nous impressioner quand il fait rôtir la viande.
Mon papa, il parle Anglais.
Mon papa, c'est le meilleur papa du monde.
Mon papa, je l'aime, même si maintenant, il a presque un demi siècle.
Mon papa, c'est comme un druide.
Ca meurt jamais.
C'est trop cool.
Mon papa, c'est comme une mode indémodable, tu veux jamais le remplacer, il est toujours tendance.
Mon papa, on peut pas le comparer a une mode fashion, parce que c'est un humain.
Mon papa, c'est le meilleur humain que je connaisse.
Avec ma maman et ma soeur et mon chat, mais chuuuuut.
C'est un secret.
Mais ce que je préfère à propos de mon papa, c'est que dès que je le vois, je peux lui dire:
"mon papa, je l'aime."
Sep 19, 2014
Sep 19, 2014 at 12:08 PM UTC
Lisa was carefully pulling a strand of cotton candy off a paper-coned “barbe à papa” - winding it around her finger while absentmindedly gazing at a carousel. She seemed hypnotized by its white horses, trimmed in gold, with their brassy red and blond manes, as they hopped, like slow-motion rabbits, in circles beneath wreaths and garlands of colored lights.
My watch jiggled me awake, mid-dream. I was bemused. It took me a moment to orient myself. I groggily pushed the sheets off and performed a big stretch. It's Monday morning, I think. “Alexa, what’s today?” I ask, to be sure. “It’s Monday, April 25th,” she says.
A beautiful, if cloudy spring morning was going to bloom on the other side of my jacobian glass windows - any minute now. At least according to my weather app. “Alexa, good morning,” I say, to start my rattling, sputtering, steampunk sounding coffee maker.
College time is warped, measured more in deadlines than minutes. There’s no plan other than your class or test schedule and let me refresh you on the rules – there are no rules, I’m free to do whatever I want. I actually chuckle at that thought.
College is transformative but there’s a hoary sameness to it. Read, discuss, review and test - wash, rinse and repeat. This morning is reserved for test review. I have a final this morning - well, sort of.
Some classes have a quintet of tests instead of a big midterm and nerve-racking final. It smooths out the stress, but you still have an almost forensic exploration of ideas, and you want the answers queued-up, ready for easy access.
I quickly washed and donned my workout-wear. A glance at my watch told me I was right on time. I’d loaded my shoulder bag last night, with my book, highlighters, my phone, Air-Pods and a water bottle. I grab it as I head out. I’ll do my review on the treadmill.
Anna opens her door just as I do mine - perfect. We’re off to the gym.
Apr 25, 2022
Apr 25, 2022 at 7:13 AM UTC
Chanson.
Vos beaux yeux sur ma franchise
N'adressent pas bien leurs coups,
Tête chauve et barbe grise
Ne sont pas viande pour vous ;
Quand j'aurais l'heure de vous plaire,
Ce serait perdre du temps ;
Iris, que pourriez-vous faire
D'un galant de cinquante ans ?
Ce qui vous rend adorable
N'est propre qu'à m'alarmer,
Je vous trouve trop aimable
Et crains de vous trop aimer :
Mon cœur à prendre est facile,
Mes vœux sont des plus constants ;
Mais c'est un meuble inutile
Qu'un galant de cinquante ans.
Si l'armure n'est complète,
Si tout ne va comme il faut,
Il vaut mieux faire retraite
Que d'entreprendre un assaut :
L'amour ne rend point la place
À de mauvais combattants,
Et rit de la vaine audace
Des galants de cinquante ans.
985
Hier, c’était ton anniversaire de naissance
Par contre, ta journée était surchargée par inadvertance
Cependant, je suis allé au jardin
De mon cœur ce beau matin
Où j’ai cueilli une rose invisible qui pourrait t’apporter :
Bonheur, joie, santé, humeur et un printemps prématuré.
J’ai rasé ma barbe et moustache pour te plaire
De tout mon cœur, je te souhaite un heureux anniversaire
Oh ! Je voudrais te charmer jusqu’à la tombée de la nuit
Quand l’arc-en-ciel aura franchi l’orifice inouï
Vers un autre horizon, pour une autre saison
Veuilles accueillir cette rose, ce poème, cette chanson.
P.S. : Ce poème est dédié à une chère amie.
Translation in French of 'An Invisible Rose For Your Birthday'.
Copyright © Août 2025 Hébert Logerie, Tous droits réservés.
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
Aug 6, 2025
Aug 6, 2025 at 6:49 PM UTC
Carnaval.
Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.
Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d'une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs.
Battant de l'aile avec sa manche
Comme un pingouin sur un écueil,
Le blanc Pierrot, par une blanche,
Passe la tête et cligne l'oeil.
Le Docteur bolonais rabâche
Avec la basse aux sons traînés ;
Polichinelle, qui se fâche,
Se trouve une croche pour nez.
Heurtant Trivelin qui se mouche
Avec un trille extravagant,
A Colombine Scaramouche
Rend son éventail ou son gant.
Sur une cadence se glisse
Un domino ne laissant voir
Qu'un malin regard en coulisse
Aux paupières de satin noir.
Ah ! fine barbe de dentelle,
Que fait voler un souffle pur,
Cet arpège m'a dit : C'est elle !
Malgré tes réseaux, j'en suis sûr,
Et j'ai reconnu, rose et fraîche,
Sous l'affreux profil de carton,
Sa lèvre au fin duvet de pêche,
Et la mouche de son menton.
754
Dans ce bar dont la porte
Sans cesse bat au vent
Une affiche écarlate
Vante un autre savon
Dansez dansez ma chère
Dansez nous avons des banjos
Oh
Qui me donnera seulement à mâcher
Les chewing-gums inutiles
Qui parfument très doucement
L'haleine des filles des villes
Épices dans l'alcool mesuré par les pailles
Et menthes sans raison barbouillant les liqueurs
Il est des amours sans douceurs
Dans les docks sans poissons où la barmaid
Défaille
Sous le fallacieux prétexte
Que je n'ai pas rasé ma barbe
Aux relents douteux d'un gin
Que son odorat devine
D'un bar du Massachussets
Au trente-troisième étage
Sous l'œil fixe des fenêtres
Arrête
Mon cœur est dans le ciel et manque de vertu
Mais les ascenseurs se suivent
Et ne se ressemblent pas
Le groom nègre sourit tout bas
Pour ne pas salir ses dents blanches
Ha si j'avais mon revolver
Pour interrompre la musique
De la chanson polyphonique
Des cent machines à écrire
Dans l'état de Michigan
Justement quatre-vingt-trois jours
Après la mort de quelqu'un
Trois joyeux garçons de velours
Dansèrent entre eux un quadrille
Dansèrent avec le défunt
Comme font avec les filles
Les gens de la vieille Europe
Dans les quartiers mal famés
Heureusement que leurs lèvres
Ignoraient les mots méchants
Car tous les trois étaient vierges
Comme on ne l'est pas longtemps.
766
Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans
Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants
Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents
Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand
Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus **** en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant
Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.
751
Mot-dièse : pharaonne
Synonyme : reine-pharaon
Exemple: Hapshepsout
Attributs : pagne court en chendjit
Coiffe-némès
Double-couronne pschent
Collier
Barbe postiche cérémonielle
Sceptre foral
Mot-cible : pharaonne
Synonyme : maîtresse souveraine
Exemple : Maakarê
Attributs: double plume sur mortier
Robe fourreau
Croix ankh
Serpent-Uraeus
Couronne néret
Mot-balise : momie
Mot-clic : le sistre
Mot-clé : la ménat
Tous les mots du monde
Dièse cible clic clé ou balise
Tous les hashtags du monde
Entre croisillons et carrés
Ne mettront sous étiquette ni label
Qu'une infime parcelle intérimaire
De ma pharaonne titulaire.
Ses hanches généreuses s'imbriquent
Idéalement dans l'architecture des pyramides fanfaronnes
Ses courbes défient les lignes droites lubriques des pierres
Et serpentent en gazouillant
Comme des vautours tumides
Entre les grains de sable humide
Et l'oeil du cyclone solaire.
Ma pharaonne porte barbiche cérémonielle
Tous azimuts elle agite son hochet sacré
Et tous les mois sont avril pour elle
Qui ne se découvre jamais d'un fil de siècle.
Veuve numide jamais nue
Mais toujours vulve sincère à neuf têtes
Jamais postiche, jamais potiche, Jamais cruche, jamais crèche
Pharaonne de plein exercice,
Dame de haute lignée tout simplement fraîche
Et éternellement dispose
A célébrer en elle les clics et les clacs de l'immortalité.
Oct 4, 2019
Oct 4, 2019 at 5:38 AM UTC
Les pitons des sierras, les dunes du désert,
Où ne pousse jamais un seul brin d'herbe vert ;
Les monts aux flancs zébrés de tuf, d'ocre et de marne,
Et que l'éboulement de jour en jour décharne,
Le grès plein de micas papillotant aux yeux,
Le sable sans profit buvant les pleurs des cieux,
Le rocher renfrogné dans sa barbe de ronce ;
L'ardente solfatare avec la pierre-ponce,
Sont moins secs et moins morts aux végétations
Que le roc de mon coeur ne l'est aux passions.
Le soleil de midi, sur le sommet aride,
Répand à flots plombés sa lumière livide,
Et rien n'est plus lugubre et désolant à voir
Que ce grand jour frappant sur ce grand désespoir.
Le lézard pâmé bâille, et parmi l'herbe cuite
On entend résonner les vipères en fuite.
Là, point de marguerite au coeur étoilé d'or,
Point de muguet prodigue égrenant son trésor ;
Là point de violette ignorée et charmante,
Dans l'ombre se cachant comme une pâle amante ;
Mais la broussaille rousse et le tronc d'arbre mort,
Que le genou du vent comme un arc plie et tord :
Là, pas d'oiseau chanteur, ni d'abeille en voyage,
Pas de ramier plaintif déplorant son veuvage ;
Mais bien quelque vautour, quelque aigle montagnard,
Sur le disque enflammé fixant son oeil hagard,
Et qui, du haut du pic où son pied prend racine,
Dans l'or fauve du soir durement se dessine.
Tel était le rocher que Moïse, au désert,
Toucha de sa baguette, et dont le flanc ouvert,
Tressaillant tout à coup, fit jaillir en arcade
Sur les lèvres du peuple une fraîche cascade.
Ah ! s'il venait à moi, dans mon aridité,
Quelque reine des coeurs, quelque divinité,
Une magicienne, un Moïse femelle,
Traînant dam le désert les peuples après elle,
Qui frappât le rocher de mon coeur endurci,
Comme de l'autre roche, on en verrait aussi
Sortir en jets d'argent des eaux étincelantes,
Où viendraient s'abreuver les racines des plantes ;
Où les pâtres errants conduiraient leurs troupeaux,
Pour se coucher à l'ombre et prendre le repos,
Où, comme en un vivier les cigognes fidèles
Plongeraient leurs grands becs et laveraient leurs ailes.
595
Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair
Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher,
Pour ton combat avec les contingences vaines ;
Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ;
Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier,
Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier,
Prier pour le courage et la persévérance
De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France,
Siècle et France ignorants et tristement railleurs.
(Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs
Et la solution est autre du problème.)
Sois de chair et même aime cette chair, la même
Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux,
Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux
Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle
De ta chair vénérable en sa moindre parcelle
Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ;
Car ce mystère, l'Incarnation, est tel,
Par l'exégèse autour comme par sa nature ;
Qu'il fait égale au Créateur la créature,
Cependant que, par un miracle encor plus grand,
L'Eucharistie, elle, les confond et les rend
Identiques. Or cette chair expiatoire.
Fais-t'en une arme douloureuse de victoire
Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer
Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer
Comme le prix suprême et le but enviable.
Tout le reste n'est rien que malice du diable !
Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts
L'armure inaccessible à braver le Mauvais,
Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance.
Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance
Par ses trous le regard de tes yeux assurés,
Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
438
Tout amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.
L'un d'une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d'aile de geai.
L'autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l'on dévide du cocon.
Un troisième, au fond d'une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc, de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.
Cet autre, pour s'en faire un charme,
Dans un sachet, d'un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu'on reprend fané.
Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-ci conserve un souffle
Dans la barbe d'un masque noir.
Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier :
Pure rosée, unique goutte,
D'un ciel d'azur tombée un jour,
Joyau sans prix, perle dissoute
Dans la coupe de mon amour !
Et, pour moi, cette obscure tache
Reluit comme un écrin d'Ophyr,
Et du vélin bleu se détache,
Diamant éclos d'un saphir.
Cette larme, qui fait ma joie,
Roula, trésor inespéré,
Sur un de mes vers qu'elle noie,
D'un oeil qui n'a jamais pleuré !
411
Fais rafraîchir mon vin, de sorte
Qu'il passe en froideur un glaçon ;
Fais venir Jeanne, qu'elle apporte
Son Luth pour dire une chanson ;
Nous ballerons tous trois au son ;
Et dis à Barbe qu'elle vienne,
Les cheveux tors à la façon
D'une folâtre Italienne.
Ne vois-tu que le jour se passe ?
Je ne vis point au lendemain :
Page, reverse dans ma tasse,
Que ce grand verre soit tout plein :
Maudit soit qui languit en vain !
Ces vieux Médecins je n'approuve ;
Mon cerveau n'est jamais bien sain
Si beaucoup de vin ne l'abreuve.
338
Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri.
C'était une grisette ou bien une houri.
Je ne sais si l'effet fut moral ou physique,
Mais son pas en marchant faisait une musique.
Quoi ! Ton pavé bruyant et fangeux, ô Paris,
A de ces visions ineffables ! Je pris
Ses yeux fixés sur moi pour deux étoiles bleues.
Fraîche et joyeuse enfant ! Moineaux et hochequeues
Ont moins de gaîté folle et de vivacité.
Elle avait une robe en taffetas d'été,
De petits brodequins couleur de scarabée,
L'air d'une ombre qui passe avant la nuit tombée,
Je ne sais quoi de fier qui permettait l'espoir.
Pendant que je songeais, croyant encor la voir
Même après qu'elle était enfuie et disparue,
Et que debout, pensif au milieu de la rue,
Contemplant, ébloui, cet être gracieux,
J'avais l'œil dans l'espace et l'âme dans les cieux,
Une vieille, moitié chatte et moitié harpie,
Au menton hérissé d'une barbe en charpie,
Vêtue affreusement d'un sinistre haillon,
Effroyable, et parlant comme avec un bâillon,
Me dit tout bas : - Monsieur veut-il de cette fille ?
Ô pauvre colibri que vend une chenille !
386
Mon masque !
Je voudrais que cet *****
Soit une longue, lente et délicieuse homélie
Longue, lente et délicieuse
Lente, délicieuse et longue
Dé-li-cieuse, longue et lente
Résurrection de l'âme et de la chair
Interminable chant grégorien
Messe quotidienne trois fois répétée
Et solfiée par nos peaux jumelles et complices
Sous le haut patronage des mânes et des muses
Des saints et des divinités
Qui gouvernent nos mythes.
Je voudrais que nos ombres respirent
Sous nos masques divins et angéliques
Et délient leurs langues de papier mâché et nous instillent en riant
Au nez et à la barbe du Docteur La Peste
Voluptés, petites morts et paix plurielles .
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:35 AM UTC
Un solide gaillard ! dix-huit ans : larges bras ;
Mains à vous arracher la tête de l'épaule ;
Sur un front bas et dur, cheveux roux, coupés ras.
Puis, à la danse, il a, ma foi, crâne air, le drôle !
Les enfants poussent drus aux filles qu'il enjôle,
Dans la puberté fière et fauve, le beau gas
Va, comme dans sa pourpre un roi qui sait son rôle
Et parle à voix hautaine, et marche à vastes pas.
Plus **** soit que le sort l'épargne ou le désigne,
On le verra, bon vieux, barbe blanche, œil terni,
S'éteindre doucement, comme un jour qui finit,
Ou bien, humble héros, martyr de la consigne,
Au fond d'une tranchée obscure ou d'un talus
Rouler, le crâne ouvert par quelque éclat d'obus.
332
Sonnet.
Atlas porte le monde, et, les poings sur les reins,
Suant, le front plissé, le sang à la narine ;
Il pleure, et dans le creux de sa grande poitrine
Appuie en gémissant sa barbe aux rudes crins.
« Debout ! forgez des socs, des leviers et des freins !
Crie Atlas aux mortels que le travail chagrine ;
Les bêtes, les forêts, les champs et l'eau marine,
Subjugués, vous feront rivaux des dieux sereins ;
« C'est moi qu'ils ont chargé de la plus lourde tâche.
Aurez-vous à ce point l'âme inféconde et lâche
De rester fainéants quand je peine pour vous ?
« Dressez une montagne ou quelque énorme ville,
Pour égaler les dieux et rendre moins stérile
Le labeur éternel de mes fermes genoux. »
318