"aveugle" poems
Il était trois fois,
Deux petites araignées,
Qui faisaient la course
À qui tire le plus court fil.
C’était toujours la rouge qui gagnait,
Car son sang coagulé,
Sur le bout de ses pates,
Rendait ses mouvement plus lents.
Elle faisait de toute sa faiblesse,
Couler son âme noire,
Emprisonnée dans son troisième œil,
Afin de rendre son fil plus visqueux.
Son amie, aveugle de ses sept yeux,
Ne voyait que son propre parcours,
Elle n’avait jamais à refaire son tour,
Son chemin étant déjà tracé.
Elle n’avait ni crainte ni peur,
De son adversaire satanée,
Cachée du côté,
Où elle ne pouvait regarder.
Bercée par sa nonchalance,
Elle ne se doutait point,
Qu’elle était le fruit,
Du dessin de son amie.
Il était trois fois,
Une petite araignée
Futur d’un passé oublié
Sur un papier accroché
A la toile de cet instant.
Oct 9, 2015
Oct 9, 2015 at 9:30 AM UTC
*My love my love Mon amour mon amour
You leave me blind Vous me quittez aveugle
Kept in the dark Gardé dans l'obscurité
Where light doesn’t shine Où la lumière ne brille pas
My love my love Mon amour mon amour
I am restless Je suis agité
You hold me so tight Vous me tenez si serré
I am left breathless On me quitte essoufflé
My love my love Mon amour mon amour
You are cruel Vous êtes cruels
You paint such sweet lies Vous peignez de tels mensonges doux
Taking me for a fool La prise de moi pour un imbécile
My love my love Mon amour mon amour
You leave me bereft Vous me quittez privé
Of dignity and hate De la dignité et de la haine
There is nothing left Il n'y a rien
My love my love Mon amour mon amour
You will leave me to die Vous me quitterez pour mourir
We cannot go together Nous ne pouvons pas aller ensemble
So I will say goodbye Donc je dirai au revoir
My love my love Mon amour mon amour
You gave such sweet thoughts Vous avez donné de telles pensées douces
Nothing was ever wanting Rien ne voulait jamais
In you whom I sought Dans vous que j'ai cherchés*
Jan 23, 2011
Jan 23, 2011 at 5:13 PM UTC
{English}
love that binds us,
truly pure,
love holds us together,
even though blind,
in love you will see all,
but hear none other..
{French}
l'amour qui nous lie,
vraiment pur,
l'amour qui
nous unit,
même si aveugle,
dans l'amour, vous
verrez tout,
mais entendre rien d'autre..
Jan 14, 2015
Jan 14, 2015 at 5:21 AM UTC
me tourner comme une or finement filée,
pivotant autour d'un oiseau aveugle.
dis-moi que tu m'aimes,
comme si c'était les seuls mots que tu savais.
essayez de ne pas se rappeler tout ce que j'ai vécu.
prends-moi dans, et ne laissez pas aller,
parce que je t'aime ..
c'est tout ce que je sais
Oct 25, 2011
Oct 25, 2011 at 1:59 PM UTC
I.
Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve
Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;
C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,
Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.
Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,
Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels,
Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,
Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.
Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse
Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ;
C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse,
Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.
Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange,
Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau,
Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange,
Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau !
Aimez l'antique amour du règne de Saturne,
Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,
Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne,
Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !
Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme,
Lui dont la caravane humaine allait rêvant,
Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme,
Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.
Il revient ; le voici : son aurore éternelle
A frémi comme un monde au ventre de la nuit,
C'est le commencement des rumeurs de son aile ;
Il veille sur le sage, et la vierge le suit.
Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,
C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,
C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes
Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.
Il palpite toujours sous les tentes de toile,
Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;
C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ;
L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.
La source le pleurait, car il sera la mousse,
Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit,
Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce
Qui fera reculer toute ombre et toute nuit.
Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,
Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez !
Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche,
Amour dans les déserts, amour dans les cités !
Amour sur l'Océan, amour sur les collines !
Amour dans les grands lys qui montent des vallons !
Amour dans la parole et les brises câlines !
Amour dans la prière et sur les violons !
Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !
Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !
Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !
Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !
Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !
Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !
Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !
Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !
II.
Mais adorez l'Amour terrible qui demeure
Dans l'éblouissement des futures Sions,
Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure
Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
1.1k
Dans la rue.
Il est un vieil air populaire
Par tous les violons raclé,
Aux abois des chiens en colère
Par tous les orgues nasillé.
Les tabatières à musique
L'ont sur leur répertoire inscrit ;
Pour les serins il est classique,
Et ma grand'mère, enfant, l'apprit.
Sur cet air, pistons, clarinettes,
Dans les bals aux poudreux berceaux,
Font sauter commis et grisettes,
Et de leurs nids fuir les oiseaux.
La guinguette, sous sa tonnelle
De houblon et de chèvrefeuil,
Fête, en braillant la ritournelle,
Le *** dimanche et l'argenteuil.
L'aveugle au basson qui pleurniche
L'écorche en se trompant de doigts ;
La sébile aux dents, son caniche
Près de lui le grogne à mi-voix.
Et les petites guitaristes,
Maigres sous leurs minces tartans,
Le glapissent de leurs voix tristes
Aux tables des cafés chantants.
Paganini, le fantastique,
Un soir, comme avec un crochet,
A ramassé le thème antique
Du bout de son divin archet,
Et, brodant la gaze fanée
Que l'oripeau rougit encor,
Fait sur la phrase dédaignée
Courir ses arabesques d'or.
874
À Mademoiselle Marie Laurencin.
Frôlée par les ombres des morts
Sur l'herbe où le jour s'exténue
L'arlequine s'est mise nue
Et dans l'étang mire son corps
Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l'on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D'astres pâles comme du lait
Sur les tréteaux l'arlequin blême
Salue d'abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs
Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales
L'aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d'un air triste
Grandir l'arlequin trismégiste.
844
(À un poète exilé)
Généreux favoris des filles de mémoire,
Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir :
L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ;
Mortels, il faut choisir.
Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ;
La muse t'enivra de précoces faveurs ;
Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune,
Et tu verses des pleurs !
Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire
Le stérile repos dont son coeur est jaloux
Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre,
Mais la lyre est à nous.
Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie.
Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels
Où le juste avenir prépare à ton génie
Des honneurs immortels.
Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre
S'élance ; et, soutenant son vol audacieux,
Semble dire aux mortels : je suis né sur la terre,
Mais je vis dans les cieux.
Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et contemple
A quel prix on pénètre en ses parvis sacrés ;
Vois : l'infortune, assise à la porte du temple,
En garde les degrés.
Ici, c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie
A vu de mers en mers promener ses malheurs :
Aveugle, il mendiait au prix de son génie
Un pain mouillé de pleurs.
Là, le Tasse, brûlé d'une flamme fatale,
Expiant dans les fers sa gloire et son amour,
Quand il va recueillir la palme triomphale,
Descend au noir séjour.
Partout des malheureux, des proscrits, des victimes,
Luttant contre le sort ou contre les bourreaux ;
On dirait que le ciel aux coeurs plus magnanimes
Mesure plus de maux.
Impose donc silence aux plaintes de ta lyre,
Des coeurs nés sans vertu l'infortune est l'écueil ;
Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire
Un généreux orgueil !
Que t'importe après tout que cet ordre barbare
T'enchaîne **** des bords qui furent ton berceau ?
Que t'importe en quels lieux le destin te prépare
Un glorieux tombeau ?
Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du Tage
N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras :
Lisbonne la réclame, et voilà l'héritage
Que tu lui laisseras !
Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme ;
Athène à des proscrits ouvre son Panthéon ;
Coriolan expire, et les enfants de Rome
Revendiquent son nom.
Aux rivages des morts avant que de descendre,
Ovide lève au ciel ses suppliantes mains :
Aux Sarmates grossiers il a légué sa cendre,
Et sa gloire aux Romains.
862
Le jeune homme dont l'oeil est brillant, la peau brune,
Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,
Et qu'eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune
Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu,
Impétueux avec des douceurs virginales
Et noires, fier de ses premiers entêtements,
Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales,
Qui se retournent sur des lits de diamants ;
Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde,
Tressaille dans son coeur largement irrité,
Et plein de la blessure éternelle et profonde,
Se prend à désirer sa soeur de charité.
Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce,
Tu n'es jamais la Soeur de charité, jamais,
Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse,
Ni doigts légers, ni seins splendidement formés.
Aveugle irréveillée aux immenses prunelles,
Tout notre embrassement n'est qu'une question :
C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles,
Nous te berçons, charmante et grave Passion.
Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances,
Et les brutalités souffertes autrefois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances,
Comme un excès de sang épanché tous les mois.
- Quand la femme, portée un instant, l'épouvante,
Amour, appel de vie et chanson d'action,
Viennent la Muse verte et la Justice ardente
Le déchirer de leur auguste obsession.
Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes,
Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant
Avec tendresse après la science aux bras almes,
Il porte à la nature en fleur son front saignant.
Mais la noire alchimie et les saintes études
Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ;
Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes.
Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil,
Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades
Immenses, à travers les nuits de Vérité,
Et t'appelle en son âme et ses membres malades,
Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité.
833
Oui, vous avez un ange ; un jeune ange qui pleure ;
Il pleure, car il aime... et vous ne pleurez pas ;
Il s'en plaint doucement dans le ciel, puis dans l'heure,
Quand elle sonne triste à ralentir vos pas.
Voyez comme il vous donne et couve sous son aile
Des mots harmonieux tièdes d'âme et d'encens :
Et, quand vous les prenez dans sa main fraternelle,
Comme ils forment aux yeux de célestes accents.
Nous avons tous notre ange, et je tiens de ma mère,
Qu'on ne marche pas seul dans une voie amère.
Le rayon de soleil qui passe et vient vous voir,
L'haleine de vos fleurs que vous buvez le soir ;
Un pauvre qui bénit votre obole furtive,
Dont la prière à Dieu s'achève moins plaintive ;
La fraîche voix d'enfant qui vous jette : Bonjour !
Comptez que c'est votre ange et votre ange d'amour !
D'autres fois, je croyais qu'on nous coupait les ailes,
Pour nous faire oublier le chemin des oiseaux.
Puis, qu'elles renaissaient plus vives et plus belles,
Quand nous avions marché longtemps, quand les roseaux
Ne se relevaient plus près des dormantes eaux :
Nous remontions alors raconter nos voyages
Aux frères parcourant leurs villes de nuages ;
Et las de cette terre où tombent toutes fleurs,
Nous chantions au soleil avec des voix sans pleurs !
Rêves d'enfant pensif et bercé de prières,
Dont quelque doux cantique assoupit les paupières ;
Indigent, mais comblé de biens mystérieux,
Au foyer calme et nu qu'ornait le buis pieux !
À présent je suis femme à la terre exilée,
Descendue à l'école où vous brûlez vos jours ;
Toujours en pénitence ou d'un livre accablée,
N'apprenant rien du monde et l'épelant toujours !
Ce livre, c'est ma vie et ses mobiles pages
Où le cyprès serpente à chaque ligne. Eh quoi !
N'avez-vous pas des pleurs à cacher comme moi,
Sous l'album périssable et lourd de trop d'images ?
Dans ces jours embaumés respirés par le cœur,
N'avez-vous pas aussi vu tomber bien des roses ?
N'aviez-vous pas choisi parmi ces frêles choses,
Un intime trésor qui s'appela : Malheur !
Mais je crois ! mais quelque ange à l'aveugle écolière,
Ouvre parfois son aile et sa pitié de feu :
Il me laisse à genoux ; mais il desserre un peu
L'anneau qui **** de lui me retient prisonnière !
817
Fable IV, Livre II.
Dans l'Olympe on s'ennuie. - Y pensez-vous, grands Dieux !
- Oui, Messieurs ; oui, j'y pense, et je veux le redire :
Dans l'Olympe on s'ennuie, ainsi qu'en d'autres lieux
Qui souffrent peu le mot pour rire.
Dieux d'en-haut, Dieux d'en-bas, vous jetez quelquefois
Des regards envieux sur la fange où nous sommes.
Il est beau d'être dieux, il est bon d'être rois ;
Mais il est doux parfois d'être hommes.
Jupiter le pensait ainsi ;
Un soir, libre de tout souci,
Voulant se divertir sans user son tonnerre,
Or ça, dit-il aux Dieux, amusons-nous ici
Comme on s'amuse sur la terre.
Momus, un jeu bien *** ! - Bien *** ! dit l'égrillard,
Qui des jeux dans sa tête a tout le répertoire ;
Jouons un jeu d'enfants ; si vous voulez m'en croire,
Nous ferons un Colin-Maillard.
En quatre mois, il fait connaître
Le jeu terrestre à la céleste cour ;
Comment on prend, comment on est pris tour à tour.
Junon prête un mouchoir : c'est au plus jeune à l'être ;
Le plus jeune c'était l'Amour,
L'enfant, qui déjà n'y voit goutte,
Un bandeau de plus sur les yeux,
Va d'un côté, de l'autre ; et les éclats joyeux
De l'Olympe étonné font retentir la voûte.
Les Dieux, qui riaient fort, comptaient rire encor plus,
Quand notre espiègle eut mis la main sur la Justice.
Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ;
Elle est là pour longtemps disait surtout Momus.
Il se trompait. Elle entre en lice,
Et, dès le premier pas, elle attrapa Plutus.
Celui-là devait-il s'attendre
À jamais sortir d'embarras ?
Il est quelque peu lourd Venus, tu m'apprendras
Comment il a fait pour te prendre.
815
Qu'as-tu fait d'un aveu doux à ton espérance ?
Mes pleurs, qu'en as-tu fait ? Ton bonheur d'un moment.
Les secrets de mon âme ont aigri ta souffrance,
Et, pour y croire enfin, tu voulus un serment.
Le serment est livré : tu ne crois pas encore,
Tu doutes des parfums en respirant les fleurs ;
Tu voudrais ajouter des rayons à l'aurore,
Au soleil des flambeaux, à l'iris des couleurs.
Incrédule, inquiète, ingrate jalousie !
Amour, aveugle amour qui méconnaît l'amour !
Qui regarde un ciel pur, et demande le jour ;
Oh ! que je... que je t'aime, aimable frénésie !
719
quand sera la prochaine fois?
une lumière aveugle
montre mon chemin.
/
venu de ****
mes semblants, trouvant la misère
qu'ils se sont enfuis.
touche pas à mon pote!
May 15, 2015
May 15, 2015 at 1:45 PM UTC
Enfant aux airs d'impératrice,
Colombe aux regards de faucon,
Tu me hais, mais c'est mon caprice,
De me planter sous ton balcon.
Là, je veux, le pied sur la borne,
Pinçant les nerfs, tapant le bois,
Faire luire à ton carreau morne
Ta lampe et ton front à la fois.
Je défends à toute guitare
De bourdonner aux alentours.
Ta rue est à moi : - je la barre
Pour y chanter seul mes amours,
Et je coupe les deux oreilles
Au premier racleur de jambon
Qui devant la chambre où tu veilles
Braille un couplet mauvais ou bon.
Dans sa gaine mon couteau bouge ;
Allons, qui veut de l'incarnat ?
A son jabot qui veut du rouge
Pour faire un bouton de grenat ?
Le sang dans les veines s'ennuie,
Car il est fait pour se montrer ;
Le temps est noir, gare la pluie !
Poltrons, hâtez-vous de rentrer.
Sortez, vaillants ! sortez, bravaches !
L'avant-bras couvert du manteau,
Que sur vos faces de gavaches
J'écrive des croix au couteau !
Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande,
De pied ferme je les attends.
A ta gloire il faut que je fende
Les naseaux de ces capitans.
Au ruisseau qui gêne ta marche
Et pourrait salir tes pieds blancs,
Corps du Christ ! je veux faire une arche
Avec les côtes des galants.
Pour te prouver combien je t'aime,
Dis, je tuerai qui tu voudras :
J'attaquerai Satan lui-même,
Si pour linceul j'ai tes deux draps.
Porte sourde ! - Fenêtre aveugle !
Tu dois pourtant ouïr ma voix ;
Comme un taureau blessé je beugle,
Des chiens excitant les abois !
Au moins plante un clou dans ta porte :
Un clou pour accrocher mon coeur.
A quoi sert que je le remporte
Fou de rage, mort de langueur ?
693
je ne te céderai pas, jamais plus,
toi, le monstre, parti pour un carnage,
voulant montrer tes crocs, mais hélas, tu oublies
que je suis aveugle, et que toi, tu m'appartiens.
j'oublierai le goût de ses lèvres
et l'odeur de son cou,
et le toucher de son pull, oui,
j'oublierai tout.
je serai sans pitié vis-à-vis des mémoires
qu'elles aillent craintives se recroqueviller
dans un coin sombre de ma pensée
intransigeante. sans concessions. une statue
de marbre sur la joue de laquelle
coule une larme.
*i won't give it to you, never again,
you, the monster, off in a rampage,
wanting to bear your fangs, but alas, you forget
that i am blind, and you, you are part of me.
i'll forget the taste of his lips
and the smell of his neck
and the touch of his sweater, yes,
i'll forget everything, without exception.
i'll be ruthless regarding the memories
i hope they go cower, fearful,
in a dark corner of my mind.
intransigent. without concession. a marble
statue on whose cheek
falls a tear.*
Mar 15, 2015
Mar 15, 2015 at 6:00 PM UTC
Ma plume pleure les agonies et les souffrances
De mon peuple qui se noie dans la misère.
Mon stylo stylise les lentes cadences
D’un mendiant qui s’égare au sein de la galère.
Ma voix dénonce la vaine guerre et l’injustice
Qui punissent les plus impotents de la vallée.
Un petit groupe se voit maigrement récompenser,
Quelle honte pour un monde infesté de vices!
Mon pinceau démasque l’inégalité et le déséquilibre
Qui bottinent tout un univers soi-disant libre.
Mes 'rayons laser' brûlent l’iris des aveugles
Qui voient très clair le mini-tableau de mon peuple.
Je suis le gendre du poète lâchement exécuté
Et le petit-fils du plus pauvre empereur assassiné.
J’abhorre la vanité et la mièvrerie de l’homme
Qui se croit supérieur à l’hérisson et à la pomme.
Ma plume pleure pour mon peuple
Qui boit l’absinthe comme un aveugle.
Ma voix emportée, par le vent de la liberté
Est pareille aux soupirs perçants des enfants affamés.
Copyright© 18 Mai 2010, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés
Hébert Logerie est l’auteur de quatre recueils de poèmes.
May 17, 2025
May 17, 2025 at 3:01 PM UTC
The way you look at me
Like there's no one else around
I love your smile
That weary spark in your eyes
I didn't want to fall again
Not this time
It caught me by surprise
And left scales in my eyes
You're beautiful
But now I'm blind
Oct 3, 2012
Oct 3, 2012 at 5:03 PM UTC
Sonnet.
Vrai Dieu, si quelque part dans un monde écarté
J'eusse grandi tout seul, nourri par une chèvre,
Sans maîtres, bégayant du cœur et de la lèvre,
Par l'esprit et les yeux épelant la clarté,
J'aurais pu dans tes bras jouir en liberté
Des robustes plaisirs dont l'étude me sèvre ;
Religieux debout, et curieux sans fièvre,
Je n'aurais pas perdu la paix et la fierté.
Mais ils sont venus tous s'acharner sur mon âme.
Ils me rendent aveugle au jour qui te proclame
Et n'agitent en moi que des flambeaux obscurs.
Tes chemins sont barrés de tant de sacrés murs,
Qu'à peine, en sapant tout sur mes pas, te verrai-je,
Et que ma piété ressemble au sacrilège !
544
Il est de longs soupirs qui traversent les âges
Pour apprendre l'amour aux âmes les plus sages.
Ô sages ! De si **** que ces soupirs viendront,
Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront.
Et s'il vous faut garder parmi vos solitudes
Le calme qui préside aux sévères études,
Ne risquez pas vos yeux sur les tendres éclairs
De l'orage éternel enfermé dans ces vers,
Dans ces chants, dans ces cris, dans ces plaintes voilées,
Tocsins toujours vibrant de douleurs envolées.
Oh ! N'allez pas tenter, d'un courage hardi,
Tout cet amour qui pleure avec Léopardi !
Léopardi ! Doux Christ oublié de son père,
Altéré de la mort sans le ciel qu'elle espère,
Qu'elle ouvre d'une clé pendue à tout berceau,
Levant de l'avenir l'insoulevable sceau.
Ennemi de lui seul ! Aimer, et ne pas croire !
Sentir l'eau sur sa lèvre, et ne pas l'oser boire !
Ne pas respirer Dieu dans l'âme d'une fleur !
Ne pas consoler l'ange attristé dans son coeur !
Ce que l'ange a souffert chez l'homme aveugle et tendre,
Ce qu'ils ont dit entre eux sans venir à s'entendre,
Ce qu'ils ont l'un par l'autre enduré de combats,
Sages qui voulez vivre, oh ! Ne l'apprenez pas !
Oh ! La mort ! Ce sera le vrai réveil du songe !
Liberté ! Ce sera ton règne sans mensonge !
Le grand dévoilement des âmes et du jour !
Ce sera Dieu lui-même... oh ! Ce sera l'amour !
632
Aidons-nous mutuellement,
La charge des malheurs en sera plus légère ;
Le bien que l'on fait à son frère
Pour le mal que l'on souffre est un soulagement.
Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine.
Pour la persuader aux peuples de la Chine,
Il leur contait le trait suivant.
Dans une ville de l'Asie
Il existait deux malheureux,
L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux.
Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ;
Mais leurs cris étaient superflus,
Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique,
Couché sur un grabat dans la place publique,
Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus.
L'aveugle, à qui tout pouvait nuire,
Etait sans guide, sans soutien,
Sans avoir même un pauvre chien
Pour l'aimer et pour le conduire.
Un certain jour, il arriva
Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue,
Près du malade se trouva ;
Il entendit ses cris, son âme en fut émue.
Il n'est tel que les malheureux
Pour se plaindre les uns les autres.
" J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres :
Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux.
- Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère,
Que je ne puis faire un seul pas ;
Vous-même vous n'y voyez pas :
A quoi nous servirait d'unir notre misère ?
- A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux
Nous possédons le bien à chacun nécessaire :
J'ai des jambes, et vous des yeux.
Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide :
Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ;
Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez.
Ainsi, sans que jamais notre amitié décide
Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
502
Un aveugle au coin d'une borne,
Hagard comme au jour un hibou,
Sur son flageolet, d'un air morne,
Tâtonne en se trompant de trou,
Et joue un ancien vaudeville
Qu'il fausse imperturbablement ;
Son chien le conduit par la ville,
Spectre diurne à l'oeil dormant.
Les jours sur lui passent sans luire ;
Sombre, il entend le monde obscur,
Et la vie invisible bruire
Comme un torrent derrière un mur !
Dieu sait quelles chimères noires
Hantent cet opaque cerveau !
Et quels illisibles grimoires
L'idée écrit en ce caveau !
Ainsi dans les puits de Venise,
Un prisonnier à demi fou,
Pendant sa nuit qui s'éternise,
Grave des mots avec un clou.
Mais peut-être aux heures funèbres,
Quand la mort souffle le flambeau,
L'âme habituée aux ténèbres
Y verra clair dans le tombeau !
467
In God is all.
DEVISE DES SALTOUN.
Ô toi qui si longtemps vis luire à mon côté
Le jour égal et pur de la prospérité,
Toi qui, lorsque mon âme allait de doute en doute,
Et comme un voyageur te demandait sa route,
Endormis sur ton sein mes rêves ténébreux,
Et pour toute raison disais : Soyons heureux !
Hélas ! ô mon amie, hélas ! voici que l'ombre
Envahit notre ciel, et que la vie est sombre ;
Voici que le malheur s'épanche lentement
Sur l'azur radieux de notre firmament ;
Voici qu'à nos regards s'obscurcit et recule
Notre horizon, perdu dans un noir crépuscule ;
Or, dans ce ciel, où va la nuit se propageant,
Comme un œil lumineux, vivant, intelligent,
Vois-tu briller là-bas cette profonde étoile ?
Des mille vérités que le bonheur nous voile,
C'est une qui paraît ! c'est la première encor
Qui nous ait éblouis de sa lumière d'or !
Notre ciel, que déjà le sombre deuil réclame,
N'a plus assez d'éclat pour cacher cette flamme,
Et du sud, du couchant, ou du septentrion,
Chaque ombre qui survient donne à l'astre un rayon.
Et plus viendra la nuit, et plus, à plis funèbres,
S'épaissiront sur nous son deuil et ses ténèbres,
Plus dans ce ciel sublime, à nos yeux enchantés,
En foule apparaîtront de splendides clartés !
Plus nous verrons dans l'ombre, où leur loi les rassemble,
Toutes les vérités étinceler ensemble,
Et graviter autour d'un centre impérieux,
Et rompre et renouer leur chœur mystérieux !
Cette fatale nuit, que le malheur amène,
Fait voir plus clairement la destinée humaine,
Et montre à ses deux bouts, écrits en traits de feu,
Ces mots : Âme immortelle ! éternité de Dieu !
Car tant que luit le jour, de son soleil de flamme
Il accable nos yeux, il aveugle notre âme,
Et nous nous reposons dans un doute serein
Sans savoir si le ciel est d'azur ou d'airain.
Mais la nuit rend aux cieux leurs étoiles, leurs gloires,
Candélabres que Dieu pend à leurs voûtes noires.
L'œil dans leurs profondeurs découvre à chaque pas
Mille mondes nouveaux qu'il ne soupçonnait pas,
Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l'ombre,
Qu'en l'abîme sans fin il voit luire sans nombre !
Août 1829.
528
Un soir, alors que je réfléchissais,
Je me demandais comment j'en étais
Arrivé là, seul. La réponse soufflait,
Et, comme l'écho des cris d'un enfant,
Dans l'ampleur d'une forêt, me scindant
L'esprit en deux, je me perdais sûrement
Dans mes pensées. Alors, une fois de trop ;
Comme chaque nuit, si ce n'est pas beau,
Rien ne m'amènerait à la raison.
La folie s'emparait-elle de moi ?
J'étais incapable de réfléchir,
À demi conscient, pensant aux passions
Qui me guidaient, comme un aveugle-sourd,
Apeuré et surtout tremblant de froid,
Agrippé à l'épaule de son père,
Guidé par l'instinct. "Bon, à qui le tour ?"
Repensant au passé, et plus empli,
En moi, de colère que de courage,
tout brillait dans la noirceur de la nuit
Qui semblait s'abattre tel un orage
Sur des plaines désertes. Rien ni personne
Ne pouvait me sortir de là. Aucun
Espoir n'eut été aussi puissant qu'un
Éveil raté. Mais par chance, rien ne sonne.
J'étais là, heureux, dans ma position
Préférée, je ne pensais déjà plus,
Aux rêveries de belles régions,
Ni même à mes amours trop tôt perdus.
Je dominais tout, sauf cette nuit là.
Jun 11, 2017
Jun 11, 2017 at 1:55 PM UTC
J'ai vu pendant trois jours de haine et de remords
L'eau refléter des feux et charrier des morts
Dans une grande et noble ville.
Le tisserand, par l'ombre et la faim énervé,
De son dernier métier brûlé sur le pavé
Attisait la guerre civile.
Le soldat fratricide égorgeait l'ouvrier ;
L'ouvrier sacrilège, aveugle meurtrier,
Massacrait le soldat son frère ;
Peuple, armée, oubliaient qu'ils sont du même sang ;
Et les sages pensifs disaient en frémissant :
Ô siècle ! ô patrie ! ô misère !
Durant trois nuits la ville, hélas ! ne dormit plus.
Tous luttaient. Le tocsin fut le seul angélus
Qu'eurent ces sinistres aurores.
Les noirs canons, roulant à travers la cité,
Ébranlaient, au-dessus du fleuve ensanglanté,
L'arche sombre des ponts sonores !
Ah ! la nature et Dieu, devant l'humanité,
Même étalant leur grâce avec leur majesté,
N'empêchent pas ces tristes choses !
Car ces événements se passaient, ô destin,
Sur les bords où Lyon à l'horizon lointain
Voit resplendir les Alpes roses.
Le 4 septembre 1841.
433
Amour qui voles dans les nues,
Baisers blancs, fuyant sur l'azur,
Et qui palpites dans les mues,
Au nid sourd des forêts émues ;
Qui cours aux fentes des vieux murs,
Dans la mer qui de joie écume,
Au flanc des navires, et sur
Les grandes voiles de lin pur ;
Amour sommeillant sur la plume
Des aigles et des traversins,
Que clame la sibylle à Cume,
Amour qui chantes sur l'enclume ;
Amour qui rêves sur les seins
De Lucrèce et de Messaline,
Noir dans les yeux des assassins,
Rouge aux lèvres des spadassins ;
Amour riant à la babine
Des dogues noirs et des taureaux,
Au bout de la patte féline
Et de la rime féminine ;
Amour qu'on noie au fond des brocs
Ou qu'on reporte sur la lune,
Cher aux galons des caporaux,
Doux aux guenilles des marauds ;
Aveugle qui suis la fortune,
Menteur naïf dont les leçons
Enflamment, dans l'ombre opportune,
L'oreille rose de la brune ;
Amour bu par les nourrissons
Aux boutons sombres des Normandes ;
Amour des ducs et des maçons,
Vieil amour des jeunes chansons ;
Amour qui pleures sur les brandes
Avec l'angélus du matin,
Sur les steppes et sur les landes
Et sur les polders des Hollandes ;
Amour qui voles du hautain
Et froid sourire des poètes
Aux yeux des filles dont le teint
Semble de fleur et de satin ;
Qui vas, sous le ciel des prophètes,
Du chêne biblique au palmier,
De la reine aux anachorètes,
Du coeur de l'homme au coeur des bêtes ;
De la tourterelle au ramier,
Du valet à la demoiselle,
Des doigts du chimiste à l'herbier,
De la prière au bénitier ;
Du prêtre à l'hérétique belle,
D'Abel à Caïn réprouvé ;
Amour, tu mêles sous ton aile
Toute la vie universelle !
Mais, ô vous qui m'avez trouvé,
Moi, pauvre pécheur que Dieu pousse
Diseur de Pater et d'Ave,
Sans oreiller que le pavé,
Votre présence me soit douce.
425