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"avance" poems
Au temps Au temps où l'on va toujours plus vite, pour en gagner Autant de temps à perdre devant la télé Quand les pieds d'argile ont des chaussures en croco Au temps de la guerre des égos À celui passé à l'usine, qui roule sa bosse Quand c'est tout ce qu'on apprends à nos gosses Fais de l'argent, entres dans le moule À l'heure où notre joli navire coule Quand les recherches les plus subventionnées sont militaires Quand l'homme avance un pas en avant, deux pas en arrière Quand on a plus que jamais tous du sang sur nos doigts Là où on trouve moins d'eau que de soda À l'heure des strings et des braguettes Quand la pucelle à honte de l'être Quand on fait l'amour à des images, à du kevlar À l'heure où l'art fait sa pute, et au street art Aux endettés que le temps presse Aux laodicéens qui pensent boire de l'eau fraiche Au temps passé en emmenant nos valeurs Au temps modernes, au temps perdu, au temps qui fait peur Au temps qui veut m'arracher ce que j'ai de plus précieux Ma sauvagerie, ma liberté, comme la prunelle de mes yeux Au temps, à ses aiguilles qu'on ne peut casser, Qui passent sur nous comme on laboure un champ Plient et tâchent une peau tant de fois griffée, Puis laissent à nos yeux que le blanc Au temps qui nous abimes, qui passe et nous emporte l'un après l'autre Au temps des idoles et des rois, au temps des apôtres Au temps qui passe et estompe nos mirages Qui file tout le temps, qui jauni nos images Qui nous vieilli, nous flétris, nous habitue Qui nous ternis, nous aigris, puis qui nous tue. Au temps qui ne s'est pas passé comme prévu Aux tremblotants, au temps qui nous fait perdre la vue Aux palpitants qui s'arrêtent Aux pétillants qui naissent À ceux qui ont tant passé à contre courant, au monuments Qui résistent contre le vent, qui malgré tout et pour autant Au temps.
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Jul 6, 2014
Jul 6, 2014 at 2:13 PM UTC
Au temps
Au temps Au temps où l'on va toujours plus vite, pour en gagner Autant de temps à perdre devant la télé Quand les pieds d'argile ont des chaussures en croco Au temps de la guerre des égos À celui passé à l'usine, qui roule sa bosse Quand c'est tout ce qu'on apprends à nos gosses Fais de l'argent, entres dans le moule À l'heure où notre joli navire coule Quand les recherches les plus subventionnées sont militaires Quand l'homme avance un pas en avant, deux pas en arrière Quand on a plus que jamais tous du sang sur nos doigts Là où on trouve moins d'eau que de soda À l'heure des strings et des braguettes Quand la pucelle à honte de l'être Quand on fait l'amour à des images, à du kevlar À l'heure où l'art fait sa pute, et au street art Aux endettés que le temps presse Aux laodicéens qui pensent boire de l'eau fraiche Au temps passé en emmenant nos valeurs Au temps modernes, au temps perdu, au temps qui fait peur Au temps qui veut m'arracher ce que j'ai de plus précieux Ma sauvagerie, ma liberté, comme la prunelle de mes yeux Au temps, à ses aiguilles qu'on ne peut casser, Qui passent sur nous comme on laboure un champ Plient et tâchent une peau tant de fois griffée, Puis laissent à nos yeux que le blanc Au temps qui nous abimes, qui passe et nous emporte l'un après l'autre Au temps des idoles et des rois, au temps des apôtres Au temps qui passe et estompe nos mirages Qui file tout le temps, qui jauni nos images Qui nous vieilli, nous flétris, nous habitue Qui nous ternis, nous aigris, puis qui nous tue. Au temps qui ne s'est pas passé comme prévu Aux tremblotants, au temps qui nous fait perdre la vue Aux palpitants qui s'arrêtent Aux pétillants qui naissent À ceux qui ont tant passé à contre courant, au monuments Qui résistent contre le vent, qui malgré tout et pour autant Au temps.
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O tempo é escasso e o espaço, amplo. O prazo é laço e engancha o pampo**. o BERRO é surdo sem algum alcance pra que o ouvido mudo do Universo dance. Galanteiam nebulosas em destino infante e trazem, ao eterno, singular instante. Cada transição traçada a que avance é passo dado em falso a fortuito lance. Aferir feridas de um pleno plano levará o homem a estado insano: a narcose de saber um objeto nulo. Na movimentação estática do engano, toda teoria traz na cura um dano entoado na garganta que, portanto, engulo. * bestia cupidissima rerum novarum  - animal ansiosíssimo por coisas novas. **Pampo - rebento tardio de cana de açucar: pampos de cana caiana (Dicionário UNESP do Português contemporâneo)
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Sep 8, 2010
Sep 8, 2010 at 5:05 AM UTC
bestia cupidissima
Tu es comme le printemps, Comme le vent qui souffle Par terre, qui me frappe À cœur, qui me soulève Et me jete au ciel, Où les nuages me caressent le visage Et me disent des mots D'amour et gentillesse, De force et de jeunesse. Tu es comme le printemps, Comme les arbres qui grossissent Pour que je puisse les admirer, Pour que je puisse les toucher, Et sentir la soie de ses P'tits cheveux qui restent Dans l'air timide mais éclatant, En attendant le couche de soleil Qui s'avance à l'horizon. Tu es comme le printemps, Comme les fleurs bleues et rouges Qui balancent comme des Spectateurs qui écoutent au musique, Qui descendent d'espace et embrasse La terre, et tu es comme le soleil Qui brille sur les champs, Qui réchauffe ma poitrine Et me caresse les lèvres. Tu es comme le printemps, Comme l'air frais en descendant Le soleil, comme l'orange du ciel Qui se couvre le monde, Comme l'odeur souple des pommes Qui accrochent des branches, Comme le tranquillité de ne rien se passer. Tu es comme le printemps, Comme la nuit qui s'approche Les villes et les campagnes, Comme les étoiles qui Me font penser, espérer Que je peux t'aimer, Ou te comprendre, Même si le printemps devient l'hiver. / You're like the spring, Like the wind that blows Across the earth, That knocks on my heart, That lifts me up And shoots me to heaven, Where the clouds caress my face And tell me words Of love and kindness, Of strength and youth. You are like the spring, Like the trees that grow So that I can admire them, So that I can touch them, And feel the silk of their Little hairs that sit In the timid yet lively air, Waiting for the sunset That advances on the horizon. You are like the spring, Like the blue and red flowers That sway like audience members Listening to music, Who descend from space and kiss the soil, And you are like the sun That shines on the fields, That heats my chest and kisses my lips. You are like the spring, Like the cool air that comes When the sun goes down, Like the orange of the sky that covers the world, Like the supple scent of apples That hang from branches, Like the peace of nothing happening. You are like the spring, Like the night that approaches The cities and country-sides, Like the stars that make me think, Even hope that I can love you, Or understand you, Even if the spring becomes winter.
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Sep 6, 2015
Sep 6, 2015 at 2:54 PM UTC
Le Printemps / The Spring
Tu es comme le printemps, Comme le vent qui souffle Par terre, qui me frappe À cœur, qui me soulève Et me jete au ciel, Où les nuages me caressent le visage Et me disent des mots D'amour et gentillesse, De force et de jeunesse. Tu es comme le printemps, Comme les arbres qui grossissent Pour que je puisse les admirer, Pour que je puisse les toucher, Et sentir la soie de ses P'tits cheveux qui restent Dans l'air timide mais éclatant, En attendant le couche de soleil Qui s'avance à l'horizon. Tu es comme le printemps, Comme les fleurs bleues et rouges Qui balancent comme des Spectateurs qui écoutent au musique, Qui descendent d'espace et embrasse La terre, et tu es comme le soleil Qui brille sur les champs, Qui réchauffe ma poitrine Et me caresse les lèvres. Tu es comme le printemps, Comme l'air frais en descendant Le soleil, comme l'orange du ciel Qui se couvre le monde, Comme l'odeur souple des pommes Qui accrochent des branches, Comme le tranquillité de ne rien se passer. Tu es comme le printemps, Comme la nuit qui s'approche Les villes et les campagnes, Comme les étoiles qui Me font penser, espérer Que je peux t'aimer, Ou te comprendre, Même si le printemps devient l'hiver. / You're like the spring, Like the wind that blows Across the earth, That knocks on my heart, That lifts me up And shoots me to heaven, Where the clouds caress my face And tell me words Of love and kindness, Of strength and youth. You are like the spring, Like the trees that grow So that I can admire them, So that I can touch them, And feel the silk of their Little hairs that sit In the timid yet lively air, Waiting for the sunset That advances on the horizon. You are like the spring, Like the blue and red flowers That sway like audience members Listening to music, Who descend from space and kiss the soil, And you are like the sun That shines on the fields, That heats my chest and kisses my lips. You are like the spring, Like the cool air that comes When the sun goes down, Like the orange of the sky that covers the world, Like the supple scent of apples That hang from branches, Like the peace of nothing happening. You are like the spring, Like the night that approaches The cities and country-sides, Like the stars that make me think, Even hope that I can love you, Or understand you, Even if the spring becomes winter.
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Sobre la piel del cielo, sobre sus precipicios se remontan los hombres. ¿Quién ha impulsado el vuelo? Sonoros, derramados en aéreos ejercicios,               raptan la piel del cielo. Más que el cálido aceite, sí, más que los motores, el ímpetu mecánico del aparato alado, cóleras entusiastas, geológicos rencores,               iras les han llevado. Les han llevado al aire, como un aire rotundo que desde el corazón resoplara un plumaje. Y ascienden y descienden sobre la piel del mundo               alados de coraje. En un avance cósmico de llamas y zumbidos que aeródromos de pueblos emocionados lanzan, los soldados del aire, veloces, esculpidos,               acerados avanzan. El azul se enardece y adquiere una alegría, un movimiento, una juventud libre y clara, lo mismo que si mayo, la claridad del día               corriera, resonara. Los estremecimientos del valor y la altura, los enardecimientos del azul y el vacío: el cielo retrocede sintiendo la hermosura               como un escalofrío. Impulsado, asombrado, perseguido, regresa al aire al torbellino nativo y absorbente, mientras evolucionan los héroes en su empresa               inverosímilmente. Es el mundo tan breve para un ala atrevida, para una juventud con la audacia por pluma; reducido es el cielo, poderosa la vida,               domada y con espuma. El vuelo significa la alegría más alta, la agilidad más viva, la juventud más firme. En la pasión del vuelo truena la luz, y exalta               alas con que batirme. Hombres que son capaces de volar bajo el suelo, para quienes no hay ámbitos ni grandes ni imposibles, con la mirada tensa, prorrumpen en el vuelo               gladiadores, temibles. Arrebatados, tensos, peligrosos, tajantes, igual que una colmena de soles extendidos, de astros motorizados, de cigarras tremantes,               cruzan con sus bramidos. Ni un paso de planetas, ni un tránsito de toros batiéndose, volcándose por un desfiladero, **** al universo ni acentos más sonoros               ni resplandor más fiero. Todos los aviadores tenéis este trabajo: echar abajo el pájaro fraguador de cadenas, las ciudades podridas abajo, y más abajo               las cárceles, las penas. En vuestra mano está la libertad del ala, la libertad del mundo, soldados voladores: y arrancaréis del cielo la codiciosa y mala               hierba de otros motores. El aire no os ofrece ni escudos ni barreras: el esfuerzo ha de ser todo de vuestro impulso. Y al polvo entregaréis el vuelo de las fieras               abatido, convulso. Si ardéis, si eso es posible, poseedores del fuego, no dejaréis ceniza ni rastro, sino gloria. Espejos sobrehumanos, iluminaréis luego               la creación, la historia.
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El vuelo de los hombres
Sobre la piel del cielo, sobre sus precipicios se remontan los hombres. ¿Quién ha impulsado el vuelo? Sonoros, derramados en aéreos ejercicios,               raptan la piel del cielo. Más que el cálido aceite, sí, más que los motores, el ímpetu mecánico del aparato alado, cóleras entusiastas, geológicos rencores,               iras les han llevado. Les han llevado al aire, como un aire rotundo que desde el corazón resoplara un plumaje. Y ascienden y descienden sobre la piel del mundo               alados de coraje. En un avance cósmico de llamas y zumbidos que aeródromos de pueblos emocionados lanzan, los soldados del aire, veloces, esculpidos,               acerados avanzan. El azul se enardece y adquiere una alegría, un movimiento, una juventud libre y clara, lo mismo que si mayo, la claridad del día               corriera, resonara. Los estremecimientos del valor y la altura, los enardecimientos del azul y el vacío: el cielo retrocede sintiendo la hermosura               como un escalofrío. Impulsado, asombrado, perseguido, regresa al aire al torbellino nativo y absorbente, mientras evolucionan los héroes en su empresa               inverosímilmente. Es el mundo tan breve para un ala atrevida, para una juventud con la audacia por pluma; reducido es el cielo, poderosa la vida,               domada y con espuma. El vuelo significa la alegría más alta, la agilidad más viva, la juventud más firme. En la pasión del vuelo truena la luz, y exalta               alas con que batirme. Hombres que son capaces de volar bajo el suelo, para quienes no hay ámbitos ni grandes ni imposibles, con la mirada tensa, prorrumpen en el vuelo               gladiadores, temibles. Arrebatados, tensos, peligrosos, tajantes, igual que una colmena de soles extendidos, de astros motorizados, de cigarras tremantes,               cruzan con sus bramidos. Ni un paso de planetas, ni un tránsito de toros batiéndose, volcándose por un desfiladero, **** al universo ni acentos más sonoros               ni resplandor más fiero. Todos los aviadores tenéis este trabajo: echar abajo el pájaro fraguador de cadenas, las ciudades podridas abajo, y más abajo               las cárceles, las penas. En vuestra mano está la libertad del ala, la libertad del mundo, soldados voladores: y arrancaréis del cielo la codiciosa y mala               hierba de otros motores. El aire no os ofrece ni escudos ni barreras: el esfuerzo ha de ser todo de vuestro impulso. Y al polvo entregaréis el vuelo de las fieras               abatido, convulso. Si ardéis, si eso es posible, poseedores del fuego, no dejaréis ceniza ni rastro, sino gloria. Espejos sobrehumanos, iluminaréis luego               la creación, la historia.
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Sur la corde tendue un jeune voltigeur Apprenait à danser ; et déjà son adresse, Ses tours de force, de souplesse, Faisaient venir maint spectateur. Sur son étroit chemin on le voit qui s'avance, Le balancier en main, l'air libre, le corps droit, Hardi, léger autant qu'adroit ; Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance, Retombe, remonte en cadence, Et, semblable à certains oiseaux Qui rasent en volant la surface des eaux, Son pied touche, sans qu'on le voie, À la corde qui plie et dans l'air le renvoie. Notre jeune danseur, tout fier de son talent, Dit un jour : à quoi bon ce balancier pesant Qui me fatigue et m'embarrasse ? Si je dansais sans lui, j'aurais bien plus de grâce, De force et de légèreté. Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté, Notre étourdi chancelle, étend les bras, et tombe. Il se cassa le nez, et tout le monde en rit. Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit Que sans règle et sans frein tôt ou **** on succombe ? La vertu, la raison, les lois, l'autorité, Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine ; C'est le balancier qui vous gêne, Mais qui fait votre sûreté.
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Le danseur de corde et le balancier
Fable XI, Livre I. Un bon chien de berger, au coin d'une forêt, Rencontre un jour un chien d'arrêt. On a bientôt fait connaissance. À quelques pas, d'abord, on s'est considéré, L'oreille en l'air ; puis on s'avance ; Puis, en virant la queue, on flaire, on est flairé ; Puis enfin l'entretien commence. Vous, ici ! dit avec un ris des plus malins, Au gardeur de brebis, le coureur de lapins ; Qui vous amène au bois ? Si j'en crois votre race, Mon ami, ce n'est pas la chasse. Tant pis ! c'est un métier si noble pour un chien ! Il exige, il est vrai, l'esprit et le courage, Un nez aussi fin que le mien, Et quelques mois d'apprentissage. S'il est ainsi, répond, d'un ton simple et soumis, Au coureur de lapins, le gardeur de brebis, Je bénis d'autant plus le sort qui nous rassemble. Un loup, la terreur du canton, Vient de nous voler un mouton ; Son fort est près d'ici, donnons-lui chasse ensemble. Si vous avez quelque loisir, Je vous promets gloire et plaisir, Les loups se battent à merveille ; Vingt fois par eux au cou je me suis vu saisir ; Mais on peut au fermier rapporter leurs oreilles ; Notre porte en fait foi. Marchons donc. Qui fut pris ? Ce fut le chien d'arrêt. Moins courageux que traître, Comme aux lapins, parfois il chassait aux perdrix ; Mais encor fallait-il qu'il fût avec son maître. « Serviteur ; à ce jeu je n'entends rien du tout. J'aime la chasse et non la guerre : Tu cours sur l'ennemi debout, Et moi j'attends qu'il soit par terre. »
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Le chien de chasse et le chien de berger
Fable XI, Livre I. Un bon chien de berger, au coin d'une forêt, Rencontre un jour un chien d'arrêt. On a bientôt fait connaissance. À quelques pas, d'abord, on s'est considéré, L'oreille en l'air ; puis on s'avance ; Puis, en virant la queue, on flaire, on est flairé ; Puis enfin l'entretien commence. Vous, ici ! dit avec un ris des plus malins, Au gardeur de brebis, le coureur de lapins ; Qui vous amène au bois ? Si j'en crois votre race, Mon ami, ce n'est pas la chasse. Tant pis ! c'est un métier si noble pour un chien ! Il exige, il est vrai, l'esprit et le courage, Un nez aussi fin que le mien, Et quelques mois d'apprentissage. S'il est ainsi, répond, d'un ton simple et soumis, Au coureur de lapins, le gardeur de brebis, Je bénis d'autant plus le sort qui nous rassemble. Un loup, la terreur du canton, Vient de nous voler un mouton ; Son fort est près d'ici, donnons-lui chasse ensemble. Si vous avez quelque loisir, Je vous promets gloire et plaisir, Les loups se battent à merveille ; Vingt fois par eux au cou je me suis vu saisir ; Mais on peut au fermier rapporter leurs oreilles ; Notre porte en fait foi. Marchons donc. Qui fut pris ? Ce fut le chien d'arrêt. Moins courageux que traître, Comme aux lapins, parfois il chassait aux perdrix ; Mais encor fallait-il qu'il fût avec son maître. « Serviteur ; à ce jeu je n'entends rien du tout. J'aime la chasse et non la guerre : Tu cours sur l'ennemi debout, Et moi j'attends qu'il soit par terre. »
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Traspasada por junio, por España y la sangre, se levanta mi lengua con clamor a llamarte. Campesino que mueres, campesino que yaces en la tierra que siente no tragar alemanes, no morder italianos: español que te abates con la nuca marcada por un yugo infamante, que traicionas al pueblo defensor de los panes: campesino, despierta, español, que no es tarde. Calabozos y hierros, calabozos y cárceles, desventuras, presidios, atropellos y hambres, eso estás defendiendo, no otra cosa más grande. Perdición de tus hijos, maldición de tus padres, que doblegas tus huesos al verdugo sangrante, que deshonras tu trigo, que tu tierra deshaces, campesino, despierta, español, que no es tarde. Retroceden al hoyo que se cierra y se abre, por la fuerza del pueblo forjador de verdades, escuadrones del crimen, corazones brutales, dictadores del polvo, soberanos voraces. Con la prisa del fuego, en un mágico avance, un ejército férreo que cosecha gigantes los arrastra hasta el polvo, hasta el polvo los barre. No hay quien sitie la vida, no hay quien cerque la sangre cuando empuña sus alas y las clava en el aire. La alegría y la fuerza de estos músculos parte como un hondo y sonoro manantial de volcanes. Vencedores seremos, porque somos titanes sonriendo a las balas y gritando: ¡Adelante! La salud de los trigos sólo aquí huele y arde. De la muerte y la muerte sois: de nadie y de nadie. De la vida nosotros, del sabor de los árboles. Victoriosos saldremos de las fúnebres fauces, remontándonos libres sobre tantos plumajes, dominantes las frentes, el mirar dominante, y vosotros vencidos como aquellos cadáveres. Campesino, despierta, español, que no es tarde. A este lado de España esperamos que pases: que tu tierra y tu cuerpo la invasión no se trague.
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Campesino de españa
Traspasada por junio, por España y la sangre, se levanta mi lengua con clamor a llamarte. Campesino que mueres, campesino que yaces en la tierra que siente no tragar alemanes, no morder italianos: español que te abates con la nuca marcada por un yugo infamante, que traicionas al pueblo defensor de los panes: campesino, despierta, español, que no es tarde. Calabozos y hierros, calabozos y cárceles, desventuras, presidios, atropellos y hambres, eso estás defendiendo, no otra cosa más grande. Perdición de tus hijos, maldición de tus padres, que doblegas tus huesos al verdugo sangrante, que deshonras tu trigo, que tu tierra deshaces, campesino, despierta, español, que no es tarde. Retroceden al hoyo que se cierra y se abre, por la fuerza del pueblo forjador de verdades, escuadrones del crimen, corazones brutales, dictadores del polvo, soberanos voraces. Con la prisa del fuego, en un mágico avance, un ejército férreo que cosecha gigantes los arrastra hasta el polvo, hasta el polvo los barre. No hay quien sitie la vida, no hay quien cerque la sangre cuando empuña sus alas y las clava en el aire. La alegría y la fuerza de estos músculos parte como un hondo y sonoro manantial de volcanes. Vencedores seremos, porque somos titanes sonriendo a las balas y gritando: ¡Adelante! La salud de los trigos sólo aquí huele y arde. De la muerte y la muerte sois: de nadie y de nadie. De la vida nosotros, del sabor de los árboles. Victoriosos saldremos de las fúnebres fauces, remontándonos libres sobre tantos plumajes, dominantes las frentes, el mirar dominante, y vosotros vencidos como aquellos cadáveres. Campesino, despierta, español, que no es tarde. A este lado de España esperamos que pases: que tu tierra y tu cuerpo la invasión no se trague.
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Ma sœur, écoute-moi ! je vais t'ouvrir mon cœur... Mais détourne un instant ton regard scrutateur ; Pour mes quinze printemps, ne sois pas trop sévère ! Tu promis de m'aimer à notre vieille mère. Un ange aux blonds cheveux déjà te doit le jour : Étends aussi sur moi l'aile de ton amour ! Si de la vie, à peine, il voit la première heure, Moi, je suis faible aussi, je me trouble et je pleure. Dans ce monde joyeux où j'avance en tremblant, Comme des pas d'enfant, mon pas est chancelant. Tu cherches à sonder les replis de mon âme, Tu crois me deviner et ton regard me blâme ; Ne crains rien si parfois je soupire tout bas... Je t'assure, ma sœur, que je ne l'aime pas ! L'amour, c'est le bonheur, doux, riant comme un rêve, Et dans les pleurs pour moi le jour vient et s'achève. Jadis, j'aimais le monde et ses plaisirs bruyants, Et devant mon miroir je m'arrêtais longtemps ; J'aimais le blanc tissu de ma robe légère, Et de mes fleurs du soir la fraîcheur mensongère ; J'aimais, d'un bal brillant la lumière et le bruit, Et ce choix d'un instant qu'aucun regret ne suit : Mais, au lieu du bonheur qu'on dit que l'amour donne, À des pensers amers mon âme s'abandonne... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! De celui que l'on aime on chérit la présence, On bénit le moment qui fait cesser l'absence ; On se plaint **** de lui de la longueur du jour, On veut presser le temps pour hâter son retour. Lorsque j'entends la voix ou les pas de mon frère, Je souris, et je cours pour le voir la première ; Mais quand c'est lui... ma sœur, je frémis malgré moi... Sa présence me trouble et me glace d'effroi ! Lorsque j'entends ses pas, tremblante, je m'arrête, Et pour fuir son regard, je détourne la tête. Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! Quand je vois le bonheur briller sur ton visage, Je bénis le Seigneur qui chasse au **** l'orage, Mes yeux suivent tes yeux, je souris comme toi ; J'aime quand ton cœur aime, et je crois de ta foi ; Je confonds doucement mon âme avec la tienne, Je veux que ton bonheur, comme à toi, m'appartienne. Mais, comme lui, ma sœur, jamais je ne sens rien ; Sa gaîté me fait mal, ses pleurs me font du bien. Lorsque j'entends louer les traits de son visage, Je voudrais qu'il fût laid et je pleure de rage ! Lorsqu'il part pour le bal, mon cœur, cruel pour lui, Voudrait qu'il n'y trouvât que tristesse et qu'ennui ; Je hais tous ses amis, je m'afflige qu'on l'aime, Je voudrais l'isoler, l'éloigner de toi-même... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
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L'erreur
Ma sœur, écoute-moi ! je vais t'ouvrir mon cœur... Mais détourne un instant ton regard scrutateur ; Pour mes quinze printemps, ne sois pas trop sévère ! Tu promis de m'aimer à notre vieille mère. Un ange aux blonds cheveux déjà te doit le jour : Étends aussi sur moi l'aile de ton amour ! Si de la vie, à peine, il voit la première heure, Moi, je suis faible aussi, je me trouble et je pleure. Dans ce monde joyeux où j'avance en tremblant, Comme des pas d'enfant, mon pas est chancelant. Tu cherches à sonder les replis de mon âme, Tu crois me deviner et ton regard me blâme ; Ne crains rien si parfois je soupire tout bas... Je t'assure, ma sœur, que je ne l'aime pas ! L'amour, c'est le bonheur, doux, riant comme un rêve, Et dans les pleurs pour moi le jour vient et s'achève. Jadis, j'aimais le monde et ses plaisirs bruyants, Et devant mon miroir je m'arrêtais longtemps ; J'aimais le blanc tissu de ma robe légère, Et de mes fleurs du soir la fraîcheur mensongère ; J'aimais, d'un bal brillant la lumière et le bruit, Et ce choix d'un instant qu'aucun regret ne suit : Mais, au lieu du bonheur qu'on dit que l'amour donne, À des pensers amers mon âme s'abandonne... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! De celui que l'on aime on chérit la présence, On bénit le moment qui fait cesser l'absence ; On se plaint **** de lui de la longueur du jour, On veut presser le temps pour hâter son retour. Lorsque j'entends la voix ou les pas de mon frère, Je souris, et je cours pour le voir la première ; Mais quand c'est lui... ma sœur, je frémis malgré moi... Sa présence me trouble et me glace d'effroi ! Lorsque j'entends ses pas, tremblante, je m'arrête, Et pour fuir son regard, je détourne la tête. Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! Quand je vois le bonheur briller sur ton visage, Je bénis le Seigneur qui chasse au **** l'orage, Mes yeux suivent tes yeux, je souris comme toi ; J'aime quand ton cœur aime, et je crois de ta foi ; Je confonds doucement mon âme avec la tienne, Je veux que ton bonheur, comme à toi, m'appartienne. Mais, comme lui, ma sœur, jamais je ne sens rien ; Sa gaîté me fait mal, ses pleurs me font du bien. Lorsque j'entends louer les traits de son visage, Je voudrais qu'il fût laid et je pleure de rage ! Lorsqu'il part pour le bal, mon cœur, cruel pour lui, Voudrait qu'il n'y trouvât que tristesse et qu'ennui ; Je hais tous ses amis, je m'afflige qu'on l'aime, Je voudrais l'isoler, l'éloigner de toi-même... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
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Les sots sont un peuple nombreux, Trouvant toutes choses faciles : Il faut le leur passer, souvent ils sont heureux ; Grand motif de se croire habiles. Un âne, en broutant ses chardons, Regardait un pasteur jouant, sous le feuillage, D'une flûte dont les doux sons Attiraient et charmaient les bergers du bocage. Cet âne mécontent disait : ce monde est fou ! Les voilà tous, bouche béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente À souffler dans un petit trou. C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire, Tandis que moi... suffit... allons-nous-en d'ici, Car je me sens trop en colère. Notre âne, en raisonnant ainsi, Avance quelques pas, lorsque sur la fougère Une flûte oubliée en ces champêtres lieux Par quelque pasteur amoureux Se trouve sous ses pieds. Notre âne se redresse, Sur elle de côté fixe ses deux gros yeux ; Une oreille en avant, lentement il se baisse, Applique son naseau sur le pauvre instrument, Et souffle tant qu'il peut. ô hasard incroyable ! Il en sort un son agréable. L'âne se croit un grand talent, Et tout joyeux s'écrie en faisant la culbute : Eh ! Je joue aussi de la flûte !
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L'âne et la flûte
La rosée arrondie en perles Scintille aux pointes du gazon ; Les chardonnerets et les merles Chantent à l'envi leur chanson ; Les fleurs de leurs paillettes blanches Brodent le bord vert du chemin ; Un vent léger courbe les branches Du chèvrefeuille et du jasmin ; Et la lune, vaisseau d'agate, Sur les vagues des rochers bleus S'avance comme la frégate Au dos de l'Océan houleux. Jamais la nuit de plus d'étoiles N'a semé son manteau d'azur, Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles, Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur. Prends mon bras, ô ma bien-aimée, Et nous irons, à deux, jouir De la solitude embaumée, Et, couchés sur la mousse, ouïr Ce que tout bas, dans la ravine Où brillent ses moites réseaux, En babillant, l'eau qui chemine Conte à l'oreille des roseaux.
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Promenade nocturne
Sur la rive du Nil un jour deux beaux enfants S'amusaient à faire sur l'onde, Avec des cailloux plats, ronds, légers et tranchants, Les plus beaux ricochets du monde. Un crocodile affreux arrive entre deux eaux, S'élance tout-à-coup, happe l'un des marmots, Qui crie et disparaît dans sa gueule profonde, L'autre fuit, en pleurant son pauvre compagnon. Un honnête et digne esturgeon, Témoin de cette tragédie, S'éloigne avec horreur, se cache au fond des flots ; Mais bientôt il entend le coupable amphibie Gémir et pousser des sanglots : Le monstre a des remords, dit-il : ô providence, Tu venges souvent l'innocence ; Pourquoi ne la sauves-tu pas ? Ce scélérat du moins pleure ses attentats ; L'instant est propice, je pense, Pour lui prêcher la pénitence : Je m'en vais lui parler. Plein de compassion, Notre saint homme d'esturgeon Vers le crocodile s'avance : Pleurez, lui cria-t-il, pleurez votre forfait ; Livrez votre âme impitoyable Au remords, qui des dieux est le dernier bienfait, Le seul médiateur entre eux et le coupable. Malheureux, manger un enfant ! Mon cœur en a frémi ; j'entends gémir le vôtre... Oui, répond l'assassin, je pleure en ce moment De regret d'avoir manqué l'autre. Tel est le remords du méchant.
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Le crocodile et l'esturgeon
Amour, Amour, donne-moi paix ou trêve, Ou bien retire, et d'un garrot plus fort Tranche ma vie et m'avance la mort : Douce est la mort qui vient subite et brève. Soit que le jour ou se couche ou se lève, Je sens toujours un penser qui me mord, Et malheureux en si heureux effort, Me fait la guerre et mes peine rengrèvent (1). Que dois-je faire ? Amour me fait errer Si hautement, que je n'ose espérer De mon salut que la désespérance. Puis qu'Amour donc ne me veut secourir, Pour me défende il me plaît de mourir, Et par la mort trouver ma délivrance. 1. Rengrève signifie s'aggrave.
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Amour, Amour, donne-moi paix ou trêve
Envers et contre L'oeil de ton cyclone Je me fraie un chemin Entre les eaux qui montent Entre les eaux qui courent Entre les vents qui noient Irresistiblement. Envers et contre Le néant du cataclysme qui s' annonce Dans mon bathyscaphe j'avance Je ne distingue plus terre C'est la pleine mer Et pourtant je suis en haut des terres Sur la ligne de crête frêle En équilibre précaire Envers et contre l'abîme. Envers et contre le roulis J'avance millimétriquement Lentement mais sûrement Le navire tangue sans cris Et l'horizon est invisible et muet Et tel un scaphandrier Je cingle en eaux profondes Envers et contre tout Envers et contre toi Dans un silence sans clapotis J'abandonne la distance : Je sourds.
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Sep 6, 2019
Sep 6, 2019 at 12:27 AM UTC
Envers et contre
Alors laissons aller Je vis, je crie, Je pleure, j’oublie, Je marche, je danse, Je tombe et j'avance Je perds je doute Je parle, j'écoute Je crois, je change Je plais ou je dérange Et j'ai le même sang que toi \\Translation// So let's go I live, I yell, I cry, I forget, I walk, I dance, I fall and I advance I lose I doubt I speak, I listen I think, I change I like or annoy me And I have the same blood as you
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Apr 4, 2017
Apr 4, 2017 at 4:58 PM UTC
The same blood
La Reina, al son de fúlgidos clarines vibradores, desnuda, y en el lomo de un gran tigre tendida, ve, con la Orgía inmensa de que ella va seguida, el avance de Baco, del mar a los rumores. y el monstruo, bajo el peso real, entre fulgores de sol radiante, huella la playa florecida; y al roce de la mano que conduce la brida, muerde, de amor rugiendo, de la brida las flores. Sueltos sobre la espalda los dorados cabellos, uvas negras  y de ámbar enlazadas en ellos, la Esposa no oye entonces el rugido estridente. y ebria al fin de ambrosía su boca, y anhelante, y olvidando sus gritos hacia el infiel amante, ríe al próximo beso del Domador de Oriente.
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Ariana
Fable X, Livre IV. « Ma sœur, vois-tu là-bas, là-bas, Vois-tu ce tourbillon s'élever sur la route ! Comme il grossit ! vers nous comme il vient à grands pas ! Que nous annonce-t-il ? un carrosse sans doute. » « - Oui, mon frère, et celui d'un prince assurément. » « - Ah ! dis plutôt du roi ; car très distinctement Je vois d'ici ses équipages, Ses gardes-du-corps, ses courriers, Ses postillons, ses écuyers, Ses chiens, et même aussi ses pages. » Pendant que le frère et la sœur, Enfants plus hommes qu'on ne pense, Jugeaient ainsi sur l'apparence, Le poudreux tourbillon de plus en plus s'avance, Et permet à leurs yeux d'en percer l'épaisseur. Produit par un cortège en sa course rapide, Que cachait-il ? C'étaient, je ne puis le nier, C'étaient les ânes d'un meunier, Qui galopaient autour de sa charrette vide. Je vous laisse à penser quel fut l'étonnement, J'allais presque dire la honte, De nos pauvres petits en voyant leur mécompte. Le père en rit d'abord ; et puis, très sensément : « Votre erreur, leur dit-il, n'était pas si grossière. Les grands et les petits ne diffèrent pas tant Que vous pensez ; maint fait le prouve à chaque instant. Rien surtout, mes amis, ne se ressemble autant Que les hommes dans la poussière. »
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Le carrosse et la charrette
La vie est un bateau Qui ne doit pas couler Mais qui ne peut voler Flottant sur l’eau Sur une jolie toile Il avance tranquillement Grâce à la voile Et au vent changeant Mais parfois ça devient rugueux Et l’équilibre devient instable Et les vagues sont grandes Et le bateau ne peut pas supporter la tempête Il s’enfonce profondément, Plus profond, encore plus Et au fond Le bateau est oublié Mais pourquoi ? Pourquoi le bateau a-t-il été oublié ? Parce qu’il n’y avait personne qui l’attendait. Il a erré dans le monde À la recherche de quelqu’un qui l’accepterait Personne ne l’a vu pour qui il était Mais c’est ainsi que la vie est parfois Et ainsi, à jamais le bateau doit reposer Sur le fond de l’océan.
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Jan 2, 2019
Jan 2, 2019 at 6:19 PM UTC
La Vie est Un Bateau
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
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Le beau navire
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
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Un moment suffira pour payer une année ; Le regret plus longtemps ne peut nourrir mon sort. Quoi ! L'amour n'a-t-il pas une heure fortunée Pour celle dont, peut-être, il avance la mort ? Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes, Avec lui, **** du monde ! Après ce long tourment, Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ; Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment ! Vois-tu ces fleurs, amour ? C'est lui qui les envoie, Brûlantes de son souffle, humides de ses pleurs ; Sèche-les sur mon sein par un rayon de joie, Et que je vive assez pour lui rendre ses fleurs ! Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes, Avec lui, **** du monde ! Après ce long tourment, Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ; Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment ! Rends-moi le son chéri de cette voix fidèle : Il m'aime, il souffre, il meurt, et tu peux le guérir ! Que je sente sa main, que je dise : « C'est elle ! » Qu'il me dise : « Je meurs ! » alors, fais-moi mourir. Une heure, une heure, amour ! Une heure sans alarmes, Avec lui, **** du monde ! Après ce long tourment, Laisse encor se mêler nos regards et nos larmes ; Et si c'est trop d'une heure... un moment ! Un moment !
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Un moment
Trop de consciences. Trop de doutes. Trop de choix. Trop d'issues. Trop de possibilités mais trop d'hésitation. J'avance à reculons.
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Oct 25, 2017
Oct 25, 2017 at 3:29 PM UTC
Hésitation
Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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La tourterelle et la fauvette
Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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Retour
Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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Perte de la gaieté et absence de sérénité, Une découverte déserte, certes, toute inerte. Cherchant à comprendre, détachant des évènements méchants, tout en trébuchant, tomberai-je dans le néant? Une grande ombre bien sombre, cependant éclaircissant les décombres, avance. Grande malchance pour le guerrier contrarié, fuyant la chute, se fera emmurer par sa lutte. Tenté, par la délivrance, mais c’est une révolution sans la moindre solution, étrange, car toujours rien ne change. En dépit de quelques récits, ça chauffe, ça boue, serais-je qu’un pauvre fou? Risque ou réalité j'ai tout connu, cette fureur, pourvu qu’elle ne m’avale tout cru…
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Aug 16, 2017
Aug 16, 2017 at 1:56 PM UTC
Disparaître
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
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L'hermine, le castor et le sanglier
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
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Como la lava de un volcán, que deja su huella allá por donde pasa.. transformando y alterando profundamente el paisaje. En esta danza continua entre el paso del tiempo y las cosas de la vida.. en evolucion constante. Un viaje existencial, libre de influencias tóxicas, alteradas o superficiales. Evolucionando  personalmente, florece en sincronía con lo que se piensa, se dice y se hace. En un mundo de altibajos, desdichas y sinsentidos, pero también de senderos de luz, ventura y oportunidades... ¡para seguir hacia adelante, sin estancarse! El silencio, la reflexión, la introspección, y la buena compañía nutren la mente... guiándola hacia un sendero iluminado por su propia metamorfosis y evolución constante. Transformando la existencia en arte despierto, genuino, reflexivo, en perpetuo avance. Por eso mejor, que a cada tiempo lo suyo, aprovechando cada aliento, cada instante, viviendo plenamente consciente... ¡sabiendo lo que se hace!
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Sep 22, 2025
Sep 22, 2025 at 2:16 AM UTC
A cada tiempo lo suyo, sabiendo lo que se hace