Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
Mes yeux rendus à la lumière, Mais fatigués de tant de pleurs, S'offensent des vives couleurs, Et baissent leur faible paupière. Les voix n'ont plus leurs doux accents, Rien ne m'émeut, rien ne m'alarme : Ah ! si je n'ai plus une larme, C'est donc le bonheur que je sens ? Croyons-le. Puisque tout m'éclaire, C'est le bonheur qui m'est rendu : Puisque rien ne sait plus me plaire, C'est le bandeau que j'ai perdu. Je regarde à présent la vie Comme un lieu que j'avais quitté ; Mais une erreur longtemps suivie Change jusqu'à la vérité. Vers sa belle image envolée Mon cœur ne retournera plus : Pour ramener l'onde écoulée, Tous les efforts sont superflus. Mais pourquoi, lorsque le jour tombe, Semble-t-il isoler mon sort, Comme s'il passait sur la tombe De tous ceux qui m'aiment encor ? Ah ! c'est que mon âme est changée ; C'est que je suis faible au malheur ; C'est que j'ai bravé la douleur, Et que la douleur s'est vengée. C'est que des jeux le tendre essaim, Déserte au cri de la souffrance ; Que tout est froid sans l'espérance, Et qu'elle est morte dans mon sein. Et pour celui qui fit ma peine, Que ma voix ne sait plus nommer, Dieu ! qu'il a mérité ma haine ! Que je voudrais ne plus l'aimer !
0
427
L'accablement
Mes yeux rendus à la lumière, Mais fatigués de tant de pleurs, S'offensent des vives couleurs, Et baissent leur faible paupière. Les voix n'ont plus leurs doux accents, Rien ne m'émeut, rien ne m'alarme : Ah ! si je n'ai plus une larme, C'est donc le bonheur que je sens ? Croyons-le. Puisque tout m'éclaire, C'est le bonheur qui m'est rendu : Puisque rien ne sait plus me plaire, C'est le bandeau que j'ai perdu. Je regarde à présent la vie Comme un lieu que j'avais quitté ; Mais une erreur longtemps suivie Change jusqu'à la vérité. Vers sa belle image envolée Mon cœur ne retournera plus : Pour ramener l'onde écoulée, Tous les efforts sont superflus. Mais pourquoi, lorsque le jour tombe, Semble-t-il isoler mon sort, Comme s'il passait sur la tombe De tous ceux qui m'aiment encor ? Ah ! c'est que mon âme est changée ; C'est que je suis faible au malheur ; C'est que j'ai bravé la douleur, Et que la douleur s'est vengée. C'est que des jeux le tendre essaim, Déserte au cri de la souffrance ; Que tout est froid sans l'espérance, Et qu'elle est morte dans mon sein. Et pour celui qui fit ma peine, Que ma voix ne sait plus nommer, Dieu ! qu'il a mérité ma haine ! Que je voudrais ne plus l'aimer !