Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
« Rue du Chien » Il dit que le silence maintenant sent le chien disparu, le collier vide qui tinte encore comme une horloge blessée qui refuse de s’arrêter. Il dit que le matin il cherche ses mains dans le vide, comme si là, juste là, restait encore une chaleur, un souffle, une petite âme qui disait oui à la vie — tant qu’il la serrait contre lui. Alors il descend seul la rue du Chien, cette rue qui jadis souriait sous quatre pattes et un cœur fidèle. Les pavés se souviennent de lui, et lui, des pas des pensionnaires de la grande maison sur la colline, qui traversent le village le regard tantôt lumineux, tantôt perdu ailleurs. Il les salue toujours, car ce sont les seuls qui ne lui demandent pas pourquoi il est seul. Ils vont à la boulangerie, ou nulle part, et il marche avec eux dans leur silence, comme s’ils savaient ensemble adoucir le monde. Mais le soir, quand la lune rapetisse son ombre, il ouvre une bouteille d’absinthe pour apprendre à son chagrin à murmurer au lieu de hurler. Alors il écrit des mots qui poussent vers lui comme des chiens qui reviennent en rêve : des vers tordus, des vers mouillés, des vers que personne ne lira avant qu’il ne soit lui-même absent. Car alors seulement, pense-t-il, on comprendra peut-être combien d’amour tient dans une peine, combien d’hommes se cachent dans un chien, et comment un garçon peut perdre son cœur dans les yeux d’un être qui ne savait pas mentir. Il attend. Non pour mourir, mais pour un jour redevenir entier. Et en attendant, il chante tout bas dans la nuit, comme si ***** Thielemans l’accompagnait depuis une étoile, avec une harmonica qui apprendrait à l’âme à respirer. Et dans la rue du Chien, le vent lui souffle qu’il n’est pas vraiment seul, que toute trace qui a aimé continue de marcher dans celui qui s’en souvient.
0
Dec 20, 2025
Dec 20, 2025 at 10:35 PM UTC
(Rue) Chienrue
« Rue du Chien » Il dit que le silence maintenant sent le chien disparu, le collier vide qui tinte encore comme une horloge blessée qui refuse de s’arrêter. Il dit que le matin il cherche ses mains dans le vide, comme si là, juste là, restait encore une chaleur, un souffle, une petite âme qui disait oui à la vie — tant qu’il la serrait contre lui. Alors il descend seul la rue du Chien, cette rue qui jadis souriait sous quatre pattes et un cœur fidèle. Les pavés se souviennent de lui, et lui, des pas des pensionnaires de la grande maison sur la colline, qui traversent le village le regard tantôt lumineux, tantôt perdu ailleurs. Il les salue toujours, car ce sont les seuls qui ne lui demandent pas pourquoi il est seul. Ils vont à la boulangerie, ou nulle part, et il marche avec eux dans leur silence, comme s’ils savaient ensemble adoucir le monde. Mais le soir, quand la lune rapetisse son ombre, il ouvre une bouteille d’absinthe pour apprendre à son chagrin à murmurer au lieu de hurler. Alors il écrit des mots qui poussent vers lui comme des chiens qui reviennent en rêve : des vers tordus, des vers mouillés, des vers que personne ne lira avant qu’il ne soit lui-même absent. Car alors seulement, pense-t-il, on comprendra peut-être combien d’amour tient dans une peine, combien d’hommes se cachent dans un chien, et comment un garçon peut perdre son cœur dans les yeux d’un être qui ne savait pas mentir. Il attend. Non pour mourir, mais pour un jour redevenir entier. Et en attendant, il chante tout bas dans la nuit, comme si ***** Thielemans l’accompagnait depuis une étoile, avec une harmonica qui apprendrait à l’âme à respirer. Et dans la rue du Chien, le vent lui souffle qu’il n’est pas vraiment seul, que toute trace qui a aimé continue de marcher dans celui qui s’en souvient.
https://suno.com/s/L5DoFRs03kz5byr6
Written by
Dec 20, 2025
Dec 20, 2025 at 10:35 PM UTC
Request permission to use this poem