« Rue du Chien »
Il dit que le silence maintenant
sent le chien disparu,
le collier vide qui tinte encore
comme une horloge blessée
qui refuse de s’arrêter.
Il dit que le matin
il cherche ses mains dans le vide,
comme si là, juste là,
restait encore une chaleur,
un souffle, une petite âme
qui disait oui à la vie
— tant qu’il la serrait contre lui.
Alors il descend seul
la rue du Chien,
cette rue qui jadis souriait
sous quatre pattes et un cœur fidèle.
Les pavés se souviennent de lui,
et lui, des pas des pensionnaires
de la grande maison sur la colline,
qui traversent le village
le regard tantôt lumineux,
tantôt perdu ailleurs.
Il les salue toujours,
car ce sont les seuls
qui ne lui demandent pas
pourquoi il est seul.
Ils vont à la boulangerie,
ou nulle part,
et il marche avec eux
dans leur silence,
comme s’ils savaient ensemble
adoucir le monde.
Mais le soir,
quand la lune rapetisse son ombre,
il ouvre une bouteille d’absinthe
pour apprendre à son chagrin
à murmurer au lieu de hurler.
Alors il écrit des mots
qui poussent vers lui
comme des chiens qui reviennent en rêve :
des vers tordus,
des vers mouillés,
des vers que personne ne lira
avant qu’il ne soit lui-même absent.
Car alors seulement, pense-t-il,
on comprendra peut-être
combien d’amour tient dans une peine,
combien d’hommes se cachent dans un chien,
et comment un garçon
peut perdre son cœur
dans les yeux d’un être
qui ne savait pas mentir.
Il attend.
Non pour mourir,
mais pour un jour redevenir entier.
Et en attendant,
il chante tout bas dans la nuit,
comme si ***** Thielemans
l’accompagnait depuis une étoile,
avec une harmonica
qui apprendrait à l’âme
à respirer.
Et dans la rue du Chien,
le vent lui souffle
qu’il n’est pas vraiment seul,
que toute trace qui a aimé
continue de marcher
dans celui qui s’en souvient.
Dec 20, 2025
Dec 20, 2025 at 10:35 PM UTC
« Rue du Chien »
Il dit que le silence maintenant
sent le chien disparu,
le collier vide qui tinte encore
comme une horloge blessée
qui refuse de s’arrêter.
Il dit que le matin
il cherche ses mains dans le vide,
comme si là, juste là,
restait encore une chaleur,
un souffle, une petite âme
qui disait oui à la vie
— tant qu’il la serrait contre lui.
Alors il descend seul
la rue du Chien,
cette rue qui jadis souriait
sous quatre pattes et un cœur fidèle.
Les pavés se souviennent de lui,
et lui, des pas des pensionnaires
de la grande maison sur la colline,
qui traversent le village
le regard tantôt lumineux,
tantôt perdu ailleurs.
Il les salue toujours,
car ce sont les seuls
qui ne lui demandent pas
pourquoi il est seul.
Ils vont à la boulangerie,
ou nulle part,
et il marche avec eux
dans leur silence,
comme s’ils savaient ensemble
adoucir le monde.
Mais le soir,
quand la lune rapetisse son ombre,
il ouvre une bouteille d’absinthe
pour apprendre à son chagrin
à murmurer au lieu de hurler.
Alors il écrit des mots
qui poussent vers lui
comme des chiens qui reviennent en rêve :
des vers tordus,
des vers mouillés,
des vers que personne ne lira
avant qu’il ne soit lui-même absent.
Car alors seulement, pense-t-il,
on comprendra peut-être
combien d’amour tient dans une peine,
combien d’hommes se cachent dans un chien,
et comment un garçon
peut perdre son cœur
dans les yeux d’un être
qui ne savait pas mentir.
Il attend.
Non pour mourir,
mais pour un jour redevenir entier.
Et en attendant,
il chante tout bas dans la nuit,
comme si ***** Thielemans
l’accompagnait depuis une étoile,
avec une harmonica
qui apprendrait à l’âme
à respirer.
Et dans la rue du Chien,
le vent lui souffle
qu’il n’est pas vraiment seul,
que toute trace qui a aimé
continue de marcher
dans celui qui s’en souvient.