Hello Poetry
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Superblue3838
43/F/Grenoble, France
Le plafond n’a pas cédé ce matin, Suspendus à la voûte de ton esprit, Le tumulte est resté lointain, Ou tout au moins contenu, amorti. Tapis dans un recoin du cerveau, Silencieux, mais jamais en repos, Nous tournons en cercles étroits Pour mieux t’arracher la foi. Le soleil freine nos morsures, Les rires sabotent nos détours, Trop de lumière pour nos blessures, Trop de vivant pour nos retours. Nous nous gorgeons de tes traumas, Le passé aiguise notre ardeur, Nous chassons là où tu saignes déjà, Nous buvons le sang de tes douleurs. Cours vers la lumière, crois t’en sortir, Nous n’avons ni visage ni colère, Nous excellons dans l’art de te faire souffrir Dans les replis obscurs d'hier
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Feb 2
Feb 2, 2026 at 4:19 PM UTC
Vampires
J’ai grandi dans une maison de travers Où la peur régnait, nuit et jour. J’ai dormi dans un lit de débris de verre, Mes espoirs pour unique secours. L’affection se transmettait à l’envers, Il fallait, sans cesse, mériter l’amour. Contre les coupures et le froid pervers, Je me suis bâtie par de longs détours. J'ai appris tôt à ignorer mes blessures, A sourire droit sous les plafonds qui écrasent A m'évader en infiltrant les fissures Pour oublier que tout est pourri à la base.
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Jan 27
Jan 27, 2026 at 2:05 PM UTC
Maison de travers
I wish I were stronger — armored, unbent, Immune to the world and its civil torment. Vaccinated against the everyday snare, Its polished cruelty, poised and aware, The kind that strikes softly, then smiles to ensnare. I wish I were sharper, quick-minded, severe, A dangerous edge to cut through the weird, To sever the venom, behead the obscene, To say: I see clearly. I know what you mean. No need to persist. Don’t push. Don’t insist. To nail shut the mouths that are swollen with sound, No anger, no shaking, no quiver unbound, Just one exact word, perfectly thrown, That lands like a verdict — final, alone. To face injustice, not letting flames rise, To leash all the rage, let my tight heart untie. To stop letting ******** move into my seams, Feed on my nerves, live off cuts and old screams. To stand up straight. Clear-sighted. Out of reach.
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Jan 9
Jan 9, 2026 at 4:49 PM UTC
Out of Reach
J'ai croisé hier une âme torturée Elle gisait par terre sur le trottoir L'œil hagard, l'aile à moitié repliée Les passants faisant semblant de voir Je l'ai saisie tout doucement Bercée délicatement dans mes bras Je lui ai parlé calmement Pour lui faire croire en moi Petit à petit j'ai vu une étincelle Lentement revenir à ses prunelles Un éclair furtif, comme un espoir D'une vivacité à demi réveillée Alors elle a relevé sa tête meurtrie, Bête blessée qui redoute encore les cris, Elle tremblait, amaigrie, indécise, Craignant qu’un regard ne la brise. Je suis resté là sans rien exiger, Présence simple, sans mots à poser, Elle n’avait pas besoin d’être sauvée, Seulement du temps pour se retrouver. Sous mes doigts, j’ai senti son souffle changer, Plus lent, plus sûr, presque apaisé, Ce n’était pas guérir, ni même espérer, Juste assez de force pour se relever. Alors doucement je l’ai laissée partir, L’aile encore lourde, mais prête à s’ouvrir, A l'instant de s'envoler un dernier regard Où j'ai aperçu mon reflet en miroir.
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Dec 29, 2025
Dec 29, 2025 at 7:36 AM UTC
Âme blessée
Je porte le fardeau de mille âmes Je vois leurs joies, je vois leurs drames, J’effleure leurs émotions fragiles Comme on caresse une feuille d’argile. Elles sont belles, pures, incandescentes, Mais lourdes au point de m’écraser. Je leur parle, comme pour me convaincre Que je puis dompter ces bêtes ardentes : Désirs féroces, appétits violents, Vérités nues qu’on cache aux vivants Sous des masques de sérénité. J’ai ramassé, sans jamais trier, Ce chaos brut, ce flot sauvage, Ces sentiments nus, déchaînés, Qui m'emportent dans leur orage. Je ne sais pas forger l’armure Qui saurait filtrer la morsure, Le voile protecteur qui retient le mal Et laisse s’échapper le cristal. Apprenez-moi à garder la lumière, À laisser fuir le poids amer, À tamiser l’ombre et le sable, Pour ne retenir que l’essentiel : Le beau, le tendre, l'affable
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Dec 29, 2025
Dec 29, 2025 at 7:34 AM UTC
Empathie
The borders of my body Are not where they should be. They lie in a land I cannot reach. My memories drift west, My reason heads south, The wind has no grip And smooths the roughness of my skin. My fingers point nowhere, My limbs split apart Across a fractured ground, Cracks on an arid land Where nothing can grow. Like a king without a homeland, Plot by plot, Battle after battle, I am the banished sovereign Trying to reclaim my country, To claim what is mine, To finally plant my flag, To become a resident of my own skin.
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Dec 9, 2025
Dec 9, 2025 at 1:15 PM UTC
Homeland
Je suis le vent Je vole et souffle sur les plaines Je ne fais que passer Je survole les joies les peines Sans jamais m'enraciner Je suis faite d'air et de particules Je suis une force invisible Je ne pèse rien et n'imprime pas Je ne laisse pas trace Et l'on ne se souvient pas de moi Je suis faite d'atomes de rêves De douces folies et d'illusions Qui ne font de mal à personne Et me maintiennent en lévitation Je n'ai pas de nom pas d'accroche Je glisse à la surface de la terre Pas de berceau pas de tombe Juste un souffle frais Frêle frémissement de feuillage Ou ride à la surface de l'eau
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Dec 4, 2025
Dec 4, 2025 at 3:03 PM UTC
Le Vent
The spirit has pierced its shell, Born from infamous thoughts. The skull is cracked wide open, Loosened by vile memories. The lungs have ruptured, Forcing out the stale air Heavy with sobs, And truths I never spoke. The eyes burst from their sockets, Reaching for light, Trying to smother the filthy visions And cool the burning lids. The skin peels away, Leaves falling on the bed, Tinting the night with dread and wonder. A body lies open, Stabbed and riddled with gaping wounds. Could that be mine?
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Dec 3, 2025
Dec 3, 2025 at 9:55 AM UTC
Organs
Il fait trop de bruit dans ma tête Les voix de mes peurs Fouillent les blessures de mon ame Leurs braillements occupent chaque recoin Et mangent l'oxygène de ma boîte crânienne Je leur hurle qu'elles ont tort Que je refuse d'écouter leurs cris Qui veulent fendre mes certitudes Mordre le silence Dans l'enfer de ma conscience Anéantir mes voeux de sérénité Pour mieux me persuader Que je suis un démon déguisé Mais mes tortionnaires insistent et aboient Une litanie de confessions forcées Ces bêtes jappent leur perfidie Ressassent que je me trompe que je mens Que je vole que je triche Que ça ne sert à rien Que je suis définitivement perdue Je ne peux pas arrêter ce bruit Dans la douleur de ma lucidité Je peux seulement tenter de l'ignorer Le contourner d'une parenthèse Le temps d'une course salvatrice Dans un grand rayon de soleil Dans les profondeurs des eaux froides Dans quelque ligne de poésie Mais les images intrusives surgissent encore Des amas de chair Des flammes de l'enfer Ou au contraire un noir total Un puits sombre et abyssal Et je me débats de toutes mes forces Je hurle mon cri d'impuissance Pour conjurer ces visions atroces Je projette la force de ma résistance mentale Je cours de plus en plus **** De plus en plus vite Mais on ne s'évade pas de son destin Encore moins de sa prison intérieure
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Dec 3, 2025
Dec 3, 2025 at 9:50 AM UTC
Incontrôlable
Je vis dans un jardin de chaos. Autrefois, j’en aimais la tendresse : les allées dérangées, les ronces qui piquaient, les herbes folles que je caressais. Je m’étais faite à cette jungle, que je maquillais d’Eden. Mais la vie m’a forcée à voir. J’ai ôté le voile de mes illusions, j’ai ouvert les yeux sur le désastre. Alors j’ai retroussé mes manches — sans tablier, sans gants — et j’ai commencé à tout défricher. J’arrache mes ronces à mains nues, écorchée jusqu’au sang. Je brûle ce qui doit mourir au feu lucide de ma conscience. Je veux faire de ce jardin un lieu habitable, sans fioriture, sans illusion.
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Dec 2, 2025
Dec 2, 2025 at 5:54 PM UTC
Jardin