Le plafond n’a pas cédé ce matin,
Suspendus à la voûte de ton esprit,
Le tumulte est resté lointain,
Ou tout au moins contenu, amorti.
Tapis dans un recoin du cerveau,
Silencieux, mais jamais en repos,
Nous tournons en cercles étroits
Pour mieux t’arracher la foi.
Le soleil freine nos morsures,
Les rires sabotent nos détours,
Trop de lumière pour nos blessures,
Trop de vivant pour nos retours.
Nous nous gorgeons de tes traumas,
Le passé aiguise notre ardeur,
Nous chassons là où tu saignes déjà,
Nous buvons le sang de tes douleurs.
Cours vers la lumière, crois t’en sortir,
Nous n’avons ni visage ni colère,
Nous excellons dans l’art de te faire souffrir
Dans les replis obscurs d'hier
Feb 2
Feb 2, 2026 at 4:19 PM UTC
J’ai grandi dans une maison de travers
Où la peur régnait, nuit et jour.
J’ai dormi dans un lit de débris de verre,
Mes espoirs pour unique secours.
L’affection se transmettait à l’envers,
Il fallait, sans cesse, mériter l’amour.
Contre les coupures et le froid pervers,
Je me suis bâtie par de longs détours.
J'ai appris tôt à ignorer mes blessures,
A sourire droit sous les plafonds qui écrasent
A m'évader en infiltrant les fissures
Pour oublier que tout est pourri à la base.
Jan 27
Jan 27, 2026 at 2:05 PM UTC
I wish I were stronger — armored, unbent,
Immune to the world and its civil torment.
Vaccinated against the everyday snare,
Its polished cruelty, poised and aware,
The kind that strikes softly, then smiles to ensnare.
I wish I were sharper, quick-minded, severe,
A dangerous edge to cut through the weird,
To sever the venom, behead the obscene,
To say: I see clearly. I know what you mean.
No need to persist. Don’t push. Don’t insist.
To nail shut the mouths that are swollen with sound,
No anger, no shaking, no quiver unbound,
Just one exact word, perfectly thrown,
That lands like a verdict — final, alone.
To face injustice, not letting flames rise,
To leash all the rage, let my tight heart untie.
To stop letting ******** move into my seams,
Feed on my nerves, live off cuts and old screams.
To stand up straight.
Clear-sighted.
Out of reach.
Jan 9
Jan 9, 2026 at 4:49 PM UTC
J'ai croisé hier une âme torturée
Elle gisait par terre sur le trottoir
L'œil hagard, l'aile à moitié repliée
Les passants faisant semblant de voir
Je l'ai saisie tout doucement
Bercée délicatement dans mes bras
Je lui ai parlé calmement
Pour lui faire croire en moi
Petit à petit j'ai vu une étincelle
Lentement revenir à ses prunelles
Un éclair furtif, comme un espoir
D'une vivacité à demi réveillée
Alors elle a relevé sa tête meurtrie,
Bête blessée qui redoute encore les cris,
Elle tremblait, amaigrie, indécise,
Craignant qu’un regard ne la brise.
Je suis resté là sans rien exiger,
Présence simple, sans mots à poser,
Elle n’avait pas besoin d’être sauvée,
Seulement du temps pour se retrouver.
Sous mes doigts, j’ai senti son souffle changer,
Plus lent, plus sûr, presque apaisé,
Ce n’était pas guérir, ni même espérer,
Juste assez de force pour se relever.
Alors doucement je l’ai laissée partir,
L’aile encore lourde, mais prête à s’ouvrir,
A l'instant de s'envoler un dernier regard
Où j'ai aperçu mon reflet en miroir.
Dec 29, 2025
Dec 29, 2025 at 7:36 AM UTC
Je porte le fardeau de mille âmes
Je vois leurs joies, je vois leurs drames,
J’effleure leurs émotions fragiles
Comme on caresse une feuille d’argile.
Elles sont belles, pures, incandescentes,
Mais lourdes au point de m’écraser.
Je leur parle, comme pour me convaincre
Que je puis dompter ces bêtes ardentes :
Désirs féroces, appétits violents,
Vérités nues qu’on cache aux vivants
Sous des masques de sérénité.
J’ai ramassé, sans jamais trier,
Ce chaos brut, ce flot sauvage,
Ces sentiments nus, déchaînés,
Qui m'emportent dans leur orage.
Je ne sais pas forger l’armure
Qui saurait filtrer la morsure,
Le voile protecteur qui retient le mal
Et laisse s’échapper le cristal.
Apprenez-moi à garder la lumière,
À laisser fuir le poids amer,
À tamiser l’ombre et le sable,
Pour ne retenir que l’essentiel :
Le beau, le tendre, l'affable
Dec 29, 2025
Dec 29, 2025 at 7:34 AM UTC
The borders of my body
Are not where they should be.
They lie in a land
I cannot reach.
My memories drift west,
My reason heads south,
The wind has no grip
And smooths the roughness of my skin.
My fingers point nowhere,
My limbs split apart
Across a fractured ground,
Cracks on an arid land
Where nothing can grow.
Like a king without a homeland,
Plot by plot,
Battle after battle,
I am the banished sovereign
Trying to reclaim my country,
To claim what is mine,
To finally plant my flag,
To become a resident of my own skin.
Dec 9, 2025
Dec 9, 2025 at 1:15 PM UTC
Je suis le vent
Je vole et souffle sur les plaines
Je ne fais que passer
Je survole les joies les peines
Sans jamais m'enraciner
Je suis faite d'air et de particules
Je suis une force invisible
Je ne pèse rien et n'imprime pas
Je ne laisse pas trace
Et l'on ne se souvient pas de moi
Je suis faite d'atomes de rêves
De douces folies et d'illusions
Qui ne font de mal à personne
Et me maintiennent en lévitation
Je n'ai pas de nom pas d'accroche
Je glisse à la surface de la terre
Pas de berceau pas de tombe
Juste un souffle frais
Frêle frémissement de feuillage
Ou ride à la surface de l'eau
Dec 4, 2025
Dec 4, 2025 at 3:03 PM UTC
The spirit has pierced its shell,
Born from infamous thoughts.
The skull is cracked wide open,
Loosened by vile memories.
The lungs have ruptured,
Forcing out the stale air
Heavy with sobs,
And truths I never spoke.
The eyes burst from their sockets,
Reaching for light,
Trying to smother the filthy visions
And cool the burning lids.
The skin peels away,
Leaves falling on the bed,
Tinting the night with dread and wonder.
A body lies open,
Stabbed and riddled with gaping wounds.
Could that be mine?
Dec 3, 2025
Dec 3, 2025 at 9:55 AM UTC
Il fait trop de bruit dans ma tête
Les voix de mes peurs
Fouillent les blessures de mon ame
Leurs braillements occupent chaque recoin
Et mangent l'oxygène de ma boîte crânienne
Je leur hurle qu'elles ont tort
Que je refuse d'écouter leurs cris
Qui veulent fendre mes certitudes
Mordre le silence
Dans l'enfer de ma conscience
Anéantir mes voeux de sérénité
Pour mieux me persuader
Que je suis un démon déguisé
Mais mes tortionnaires insistent et aboient
Une litanie de confessions forcées
Ces bêtes jappent leur perfidie
Ressassent que je me trompe que je mens
Que je vole que je triche
Que ça ne sert à rien
Que je suis définitivement perdue
Je ne peux pas arrêter ce bruit
Dans la douleur de ma lucidité
Je peux seulement tenter de l'ignorer
Le contourner d'une parenthèse
Le temps d'une course salvatrice
Dans un grand rayon de soleil
Dans les profondeurs des eaux froides
Dans quelque ligne de poésie
Mais les images intrusives surgissent encore
Des amas de chair
Des flammes de l'enfer
Ou au contraire un noir total
Un puits sombre et abyssal
Et je me débats de toutes mes forces
Je hurle mon cri d'impuissance
Pour conjurer ces visions atroces
Je projette la force de ma résistance mentale
Je cours de plus en plus ****
De plus en plus vite
Mais on ne s'évade pas de son destin
Encore moins de sa prison intérieure
Dec 3, 2025
Dec 3, 2025 at 9:50 AM UTC
Je vis dans un jardin de chaos.
Autrefois, j’en aimais la tendresse :
les allées dérangées,
les ronces qui piquaient,
les herbes folles que je caressais.
Je m’étais faite à cette jungle,
que je maquillais d’Eden.
Mais la vie m’a forcée à voir.
J’ai ôté le voile de mes illusions,
j’ai ouvert les yeux sur le désastre.
Alors j’ai retroussé mes manches —
sans tablier, sans gants —
et j’ai commencé à tout défricher.
J’arrache mes ronces à mains nues,
écorchée jusqu’au sang.
Je brûle ce qui doit mourir
au feu lucide de ma conscience.
Je veux faire de ce jardin
un lieu habitable,
sans fioriture,
sans illusion.
Dec 2, 2025
Dec 2, 2025 at 5:54 PM UTC