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"victoire" poems
II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (II)
II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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Le baiser (IV)
Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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Peut s’ouvrir un débat long comme l’éternité de savoir si vrai ou faux avait raison Don Gomez qui harangua son fils en disant : « Ce n’est que par le sang Qu’on lave tel outrage. » Ô quel mot fer, quel mot acier, sans une goute d’étain ! Le mot sans verdure, le mot rouge sans mélange, plus rouge que le sang, visant perdre le souffle au donneur de soufflet ! qui pourra le baptiser cannibalisme ou bien légitime défense ? Quoi qu’on dise, tranchons : ce fut verser le sang. Et jugeons : Ce qu’à l’époque fut d’or l’acte de le Cid1 Compeador ne le serait point aujourd’hui. C’est comme le triomphe d’Achille2 Sur son ennemi Hector. Les deux grand guerriers, avides de sang et de gloire malsaine, vallées et plaines coururent, lacs et rivières nagèrent, étangs et marécages pataugèrent, monts et collines gravirent, et descendirent en volant, se voulant l’un l’autre proie, et l’emporta le plus criminel. A l’Epoque Contemporaine Pas toute victoire ne se couvre de lauriers. La Pucelle d’Orléans ne fut-elle brûlée vive par l’ennemi, son tueur ignoré par tant, et son Nom à jamais porta la couronne à la façon de la Sainte Vierge qui jamais ne lutta que contre le péchée, et son arme au combat ne fut que piété, contrairement à Charlemagne qui fut couronné de fer dont il eut son bon usage. Le trépas d’un héro ne tue pas l’héroïsme. Ce fut le cas, ce semble, du Prince Né **** d’un palais royal. Ce Prince qu’on le nomme : Mohammed Bouazizi. La montée au sommet ne fut pas improviste ni sujet de surprise ; c’est le fruit du courage bénit, lequel conditionnera et la pluie et le soleil dans tous les coins du monde. 1. Le Cid : Personnage Principal de la Tragi-comédie qui porte son nom de Pierre Corneille dont la première représentation eut lieu le 5 janvier 16372. 2. Achille et Hector sont les personnages les plus célèbres de L’Iliade d’Homère VIIIe siècle av. J.-C.
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Jul 10, 2013
Jul 10, 2013 at 11:47 AM UTC
Pas toute victoire ne se couvre de lauriers
Peut s’ouvrir un débat long comme l’éternité de savoir si vrai ou faux avait raison Don Gomez qui harangua son fils en disant : « Ce n’est que par le sang Qu’on lave tel outrage. » Ô quel mot fer, quel mot acier, sans une goute d’étain ! Le mot sans verdure, le mot rouge sans mélange, plus rouge que le sang, visant perdre le souffle au donneur de soufflet ! qui pourra le baptiser cannibalisme ou bien légitime défense ? Quoi qu’on dise, tranchons : ce fut verser le sang. Et jugeons : Ce qu’à l’époque fut d’or l’acte de le Cid1 Compeador ne le serait point aujourd’hui. C’est comme le triomphe d’Achille2 Sur son ennemi Hector. Les deux grand guerriers, avides de sang et de gloire malsaine, vallées et plaines coururent, lacs et rivières nagèrent, étangs et marécages pataugèrent, monts et collines gravirent, et descendirent en volant, se voulant l’un l’autre proie, et l’emporta le plus criminel. A l’Epoque Contemporaine Pas toute victoire ne se couvre de lauriers. La Pucelle d’Orléans ne fut-elle brûlée vive par l’ennemi, son tueur ignoré par tant, et son Nom à jamais porta la couronne à la façon de la Sainte Vierge qui jamais ne lutta que contre le péchée, et son arme au combat ne fut que piété, contrairement à Charlemagne qui fut couronné de fer dont il eut son bon usage. Le trépas d’un héro ne tue pas l’héroïsme. Ce fut le cas, ce semble, du Prince Né **** d’un palais royal. Ce Prince qu’on le nomme : Mohammed Bouazizi. La montée au sommet ne fut pas improviste ni sujet de surprise ; c’est le fruit du courage bénit, lequel conditionnera et la pluie et le soleil dans tous les coins du monde. 1. Le Cid : Personnage Principal de la Tragi-comédie qui porte son nom de Pierre Corneille dont la première représentation eut lieu le 5 janvier 16372. 2. Achille et Hector sont les personnages les plus célèbres de L’Iliade d’Homère VIIIe siècle av. J.-C.
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Under the tree Under the shade I sat me down and wrote my poem In the heat of noontide The braze of summer Reminiscence of my trials Under the tree Under the shade I stood and sat Stood and walked around Aimlessly in heaviness Wondering how, why and what for Under the tree Under the shade I sat with my pen And wrote my song immortal Recounting my quondam thralldom The genesis of my exodus The Numbering of my lapidation The Levitical ministry of providence The Deuteronomic prospects of victoire The Joshua-like expeditions and vigils That brought triumph on enemy And lead my feet to Canaan
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Jun 18, 2012
Jun 18, 2012 at 9:32 AM UTC
The Tree Of Decisions
Remportée aux cris de Vive l'Empereur ! Au milieu, l'Empereur, dans une apothéose Bleue et jaune, s'en va, raide, sur son dada Flamboyant ; très heureux, - car il voit tout en rose, Féroce comme Zeus et doux comme un papa ; En bas, les bons Pioupious qui faisaient la sieste Près des tambours dorés et des rouges canons, Se lèvent gentiment. Piton remet sa veste, Et, tourné vers le Chef, s'étourdit de grands noms ! A droite, Dumanet, appuyé sur la crosse De son chassepot, sent frémir sa nuque en brosse, Et : " Vive l'Empereur !!! " - Son voisin reste coi... Un schako surgit, comme un soleil noir... - Au centre, Boquillon rouge et bleu, très naïf, sur son ventre Se dresse, et, - présentant ses derrières - : " De quoi ?..."
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L'éclatante victoire de Sarrebruck
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
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La couronne et le bonnet de nuit
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
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Sonnet. Je chéris ma défaite, et mon destin m'est doux, Beauté, charme puissant des yeux et des oreilles : Et je n'ai point regret qu'une heure auprès de vous Me coûte en votre absence et des soins et des veilles. Se voir ainsi vaincu par vos rares merveilles, C'est un malheur commode à faire cent jaloux : Et le cœur ne soupire en des pertes pareilles, Que pour baiser la main qui fait de si grands coups. Recevez de la mienne, après votre victoire, Ce que pourrait un Roi tenir à quelque gloire ; Ce que les plus beaux yeux n'ont jamais dédaigné. Je vous en rends, Iris, un juste et prompt hommage, Hélas ! contentez-vous de me l'avoir gagné, Sans, me dérober davantage.
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Perdu au jeu
Les soldats de la vie sans cesse peiné. Il était un rêve, de ne jamais devenir le sol. Ces hommes ont vu de vieux camarades à se joindre départ. Toutes les forces et les compétences a été égrenée dans la douleur. Avec des chemins et des outils conçus smithed nouveau à gagner. Victoire o'er la tombe reste le prix qu'ils attendent. Peur de mettre fin à la course pour la victoire générationnelle. Ces soldats de la vie ont gardé le rythme dans leur chasse pour la gloire. Mais pour la Grâce, leurs vies ont peut-être eu la même histoire. Non étourdi par la lumière de sa sainteté. Les contemplaient Son don pour la défense. Aujourd'hui, les loua pour son salut si désintéressé. La bataille leur bravoure a échoué à remporter. Sa Grâce péniblement gagné et a donné à travers Lui. Ces soldats propre paix et pour son service sont aptes. Si vous aimez cela, ne pas hésiter relire et partager #amour
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Sep 10, 2015
Sep 10, 2015 at 12:04 PM UTC
SANS FUSIL VICTOIRE
Un auteur se plaignait que ses meilleurs écrits Etaient rongés par les souris. Il avait beau changer d'armoire, Avoir tous les pièges à rats Et de bons chats, Rien n'y faisait : prose, vers, drame, histoire, Tout était entamé ; les maudites souris Ne respectaient pas plus un héros et sa gloire, Ou le récit d'une victoire, Qu'un petit bouquet à Chloris. Notre homme au désespoir, et, l'on peut bien m'en croire, Pour y mettre un auteur peu de chose suffit, Jette un peu d'arsenic au fond de l'écritoire ; Puis, dans sa colère, il écrit. Comme il le prévoyait, les souris grignotèrent, Et crevèrent. C'est bien fait, direz-vous ; cet auteur eut raison. Je suis **** de le croire : il n'est point de volume Qu'on n'ait mordu, mauvais ou bon ; Et l'on déshonore sa plume En la trempant dans du poison.
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L'auteur et les souris
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Tout ce qu'ont dit les hirondelles Sur ce colossal bâtiment, C'est que c'était à cause d'elles Qu'on élevait un monument. Leur nid s'y pose si tranquille, Si près des grands chemins du jour, Qu'elles ont pris ce champ d'asile Pour causer d'affaire, ou d'amour. En hâte, à la géante porte, Parmi tous ces morts triomphants, Sans façon l'hirondelle apporte Un grain de chanvre à ses enfants. Dans le casque de la Victoire L'une, heureuse, a couvé ses œufs, Qui, tout ignorants de l'histoire, Éclosent fiers comme chez eux. Voulez-vous lire au fond des gloires, Dont le marbre est tout recouvert ? Mille doux cris à têtes noires Sortent du grand livre entr'ouvert. La plus mince qui rentre en France Dit aux oiseaux de l'étranger « Venez voir notre nid immense. Nous avons de quoi vous loger. » Car dans leurs plaines de nuages Les canons ne s'entendent pas Plus que si les hommes bien sages Riaient et s'entr'aimaient en bas. La guerre est un cri de cigale Pour l'oiseau qui monte chez Dieu ; Et le héros que rien n'égale N'est vu qu'à peine en si haut lieu. Voilà pourquoi les hirondelles, À l'aise dans ce bâtiment, Disent que c'est à cause d'elles Que Dieu fit faire un monument.
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Un arc de triomphe
Verson ces roses pres ce vin, De ce vin verson ces roses, Et boyvon l'un à l'autre, afin Qu'au coeur noz tristesses encloses Prennent en boyvant quelque fin. La belle Rose du Printemps Aubert, admoneste les hommes Passer joyeusement le temps, Et pendant que jeunes nous sommes Esbatre la fleur de noz ans. Tout ainsi qu'elle défleurit Fanie en une matinée, Ainsi nostre âge se flestrit, Làs ! et en moins d'une journée Le printemps d'un homme perit. Ne veis-tu pas hier Brinon Parlant, et faisant bonne chere, Qui làs ! aujourd'huy n'est sinon Qu'un peu de poudre en une biere, Qui de luy n'a rien que le nom ? Nul ne desrobe son trespas, Caron serre tout en sa nasse, Rois et pauvres tombent là bas : Mais ce-pendant le temps se passe Rose, et je ne te chante pas. La Rose est l'honneur d'un pourpris, La Rose est des fleurs la plus belle, Et dessus toutes a le pris : C'est pour cela que je l'appelle La violette de Cypris. La Rose est le bouquet d'Amour, La Rose est le jeu des Charites, La Rose blanchit tout au tour Au matin de perles petites Qu'elle emprunte du Poinct du jour. La Rose est le parfum des Dieux, La Rose est l'honneur des pucelles, Qui leur sein beaucoup aiment mieux Enrichir de Roses nouvelles, Que d'un or, tant soit precieux. Est-il rien sans elle de beau ? La Rose embellit toutes choses, Venus de Roses a la peau, Et l'Aurore a les doigts de Roses, Et le front le Soleil nouveau. Les Nymphes de Rose ont le sein, Les coudes, les flancs et les hanches : Hebé de Roses a la main, Et les Charites, tant soient blanches, Ont le front de Roses tout plein. Que le mien en soit couronné, Ce m'est un Laurier de victoire : Sus, appellon le deux-fois-né, Le bon pere, et le fàison boire De ces Roses environné. Bacchus espris de la beauté Des Roses aux fueilles vermeilles, Sans elles n'a jamais esté, Quand en chemise sous les treilles Beuvoit au plus chaud de l'Esté.
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Versons ces roses près ce vin
Verson ces roses pres ce vin, De ce vin verson ces roses, Et boyvon l'un à l'autre, afin Qu'au coeur noz tristesses encloses Prennent en boyvant quelque fin. La belle Rose du Printemps Aubert, admoneste les hommes Passer joyeusement le temps, Et pendant que jeunes nous sommes Esbatre la fleur de noz ans. Tout ainsi qu'elle défleurit Fanie en une matinée, Ainsi nostre âge se flestrit, Làs ! et en moins d'une journée Le printemps d'un homme perit. Ne veis-tu pas hier Brinon Parlant, et faisant bonne chere, Qui làs ! aujourd'huy n'est sinon Qu'un peu de poudre en une biere, Qui de luy n'a rien que le nom ? Nul ne desrobe son trespas, Caron serre tout en sa nasse, Rois et pauvres tombent là bas : Mais ce-pendant le temps se passe Rose, et je ne te chante pas. La Rose est l'honneur d'un pourpris, La Rose est des fleurs la plus belle, Et dessus toutes a le pris : C'est pour cela que je l'appelle La violette de Cypris. La Rose est le bouquet d'Amour, La Rose est le jeu des Charites, La Rose blanchit tout au tour Au matin de perles petites Qu'elle emprunte du Poinct du jour. La Rose est le parfum des Dieux, La Rose est l'honneur des pucelles, Qui leur sein beaucoup aiment mieux Enrichir de Roses nouvelles, Que d'un or, tant soit precieux. Est-il rien sans elle de beau ? La Rose embellit toutes choses, Venus de Roses a la peau, Et l'Aurore a les doigts de Roses, Et le front le Soleil nouveau. Les Nymphes de Rose ont le sein, Les coudes, les flancs et les hanches : Hebé de Roses a la main, Et les Charites, tant soient blanches, Ont le front de Roses tout plein. Que le mien en soit couronné, Ce m'est un Laurier de victoire : Sus, appellon le deux-fois-né, Le bon pere, et le fàison boire De ces Roses environné. Bacchus espris de la beauté Des Roses aux fueilles vermeilles, Sans elles n'a jamais esté, Quand en chemise sous les treilles Beuvoit au plus chaud de l'Esté.
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Plus dur que fer j'ay fini mon ouvrage, Que l'an, dispos à demener les pas, Que l'eau, le vent ou le brulant orage, L'injuriant, ne ru'ront point à bas. Quand ce viendra que le dernier trespas M'assoupira d'un somme dur, à l'heure Sous le tombeau tout Ronsard n'ira pas, Restant de luy la part qui est meilleure. Tousjours, tousjours, sans que jamais je meure, Je voleray tout vif par l'univers, Eternisant les champs où je demeure, De mes lauriers fatalement couvers, Pour avoir joint les deux harpeurs divers Au doux babil de ma lyre d'yvoire, Que j'ay rendus Vandomois par mes vers. Sus donque, Muse, emporte au ciel la gloire Que j'ay gaignée, annonçant la victoire Dont à bon droit je me voy jouissant, Et de ton fils consacre la memoire ; Serrant son front d'un laurier verdissant.
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À sa muse
Petits amis qui sûtes nous prouver Par A plus B que deux et deux font quatre, Mais qui depuis voulez parachever Une victoire où l'on se laissait battre, Et couronner vos conquêtes d'un coup Par ce soufflet à la mémoire humaine ; « Dieu ne vous a révélé rien du tout, Car nous disions qu'il n'est que l'ombre vaine, Que le profil et que l'allongement, Sur tous les murs que la peur édifie De votre pur et simple mouvement, Et nous dictons cette philosophie. » - Frères trop chers, laissez-nous rire un peu, Nous les fervents d'une logique rance, Qui justement n'avons de foi qu'en Dieu Et mettons notre espoir dans l'Espérance, Laissez-nous rire un peu, pleurer aussi, Pleurer sur vous, rire du vieux blasphème, Rire du vieux Satan stupide ainsi, Pleurer sur cet Adam dupe quand même ! Frère de nous qui payons vos orgueils, Tous fils du même Amour, ah ! la science, Allons donc, allez donc, c'est nos cercueils Naïfs ou non, c'est notre méfiance Ou notre confiance aux seuls Récits, C'est notre oreille ouverte toute grande Ou tristement fermée au Mot précis ! Frères, lâchez la science gourmande Qui veut voler sur les ceps défendus Le fruit sanglant qu'il ne faut pas connaître. Lâchez son bras qui vous tient attendus Pour des enfers que Dieu n'a pas fait naître, Mais qui sont l'œuvre affreuse du péché, Car nous, les fils attentifs de l'Histoire, Nous tenons pour l'honneur jamais taché De la Tradition, supplice et gloire ! Nous sommes sûrs des Aïeux nous disant Qu'ils ont vu Dieu sous telle ou telle forme, Et prédisant aux crimes d'à présent La peine immense ou le pardon énorme. Puisqu'ils avaient vu Dieu présent toujours, Puisqu'ils ne mentaient pas, puisque nos crimes Vont effrayants, puisque vos yeux sont courts, Et puisqu'il est des repentirs sublimes, Ils ont dit tout. Savoir le reste est bien : Que deux et deux fassent quatre, à merveille ! Riens innocents, mais des riens moins que rien, La dernière heure étant là qui surveille Tout autre soin dans l'homme en vérité ! Gardez que trop chercher ne vous séduise **** d'une sage et forte humilité... Le seul savant, c'est encore Moïse.
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Petits amis qui sûtes nous prouver
Petits amis qui sûtes nous prouver Par A plus B que deux et deux font quatre, Mais qui depuis voulez parachever Une victoire où l'on se laissait battre, Et couronner vos conquêtes d'un coup Par ce soufflet à la mémoire humaine ; « Dieu ne vous a révélé rien du tout, Car nous disions qu'il n'est que l'ombre vaine, Que le profil et que l'allongement, Sur tous les murs que la peur édifie De votre pur et simple mouvement, Et nous dictons cette philosophie. » - Frères trop chers, laissez-nous rire un peu, Nous les fervents d'une logique rance, Qui justement n'avons de foi qu'en Dieu Et mettons notre espoir dans l'Espérance, Laissez-nous rire un peu, pleurer aussi, Pleurer sur vous, rire du vieux blasphème, Rire du vieux Satan stupide ainsi, Pleurer sur cet Adam dupe quand même ! Frère de nous qui payons vos orgueils, Tous fils du même Amour, ah ! la science, Allons donc, allez donc, c'est nos cercueils Naïfs ou non, c'est notre méfiance Ou notre confiance aux seuls Récits, C'est notre oreille ouverte toute grande Ou tristement fermée au Mot précis ! Frères, lâchez la science gourmande Qui veut voler sur les ceps défendus Le fruit sanglant qu'il ne faut pas connaître. Lâchez son bras qui vous tient attendus Pour des enfers que Dieu n'a pas fait naître, Mais qui sont l'œuvre affreuse du péché, Car nous, les fils attentifs de l'Histoire, Nous tenons pour l'honneur jamais taché De la Tradition, supplice et gloire ! Nous sommes sûrs des Aïeux nous disant Qu'ils ont vu Dieu sous telle ou telle forme, Et prédisant aux crimes d'à présent La peine immense ou le pardon énorme. Puisqu'ils avaient vu Dieu présent toujours, Puisqu'ils ne mentaient pas, puisque nos crimes Vont effrayants, puisque vos yeux sont courts, Et puisqu'il est des repentirs sublimes, Ils ont dit tout. Savoir le reste est bien : Que deux et deux fassent quatre, à merveille ! Riens innocents, mais des riens moins que rien, La dernière heure étant là qui surveille Tout autre soin dans l'homme en vérité ! Gardez que trop chercher ne vous séduise **** d'une sage et forte humilité... Le seul savant, c'est encore Moïse.
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Fable VII, Livre V. Hercule avait chassé sur le mont Pélion. Percés de traits inévitables, Frappés de coups épouvantables, Que de monstres défaits ! Un énorme lion À l'œil étincelant, à la voix menaçante, À la faim toujours renaissante, Depuis dix ans la crainte et l'horreur de ces lieux, Ou le roi, si vous l'aimez mieux, Malgré sa griffe aiguë et sa dent meurtrière, Vaincu lui-même enfin gisait sur la poussière. Du lion Néméen c'était l'affreux pendant. Expirant comme lui sur une roche aride, Il menaçait encor son vainqueur intrépide, Dont la suite de **** tremble en le regardant. Quelques vermisseaux cependant, Qui, vils rebuts de la nature, Sur quiconque a vécu s'arrogeant certains droits, Des ânes, des lions, des goujats et des rois Et des dieux mêmes, que je crois, Font également leur pâture, Quelques vermisseaux prétendaient Qu'à tort on avait fait le défunt si terrible ; À leur gré, rien de plus risible Que les bruits qui s'en répandaient. « Trois coups ont suffi pour l'abattre. « Il serait dès longtemps ce qu'il est aujourd'hui « Si, **** de trembler devant lui, « Tel qu'il a digéré l'avait osé combattre. « S'il a vaincu, s'il a régné, « Sa force était dans leur faiblesse. « - Cessez, dit Hercule indigné, « Cessez un discours qui me blesse : « Pareils à maint historien « Qui dans sa nullité dissèque aussi la gloire, « Vous réduisez l'obstacle à rien « Pour réduire à rien la victoire. « Quoi que vous en disiez, le roi de ces forêts « N'était ni faible, ni timide. « Songez que pour le vaincre il a fallu les traits, « La massue et le bras d'Alcide. »
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Hercule, le lion et les vermisseaux
Fable VII, Livre V. Hercule avait chassé sur le mont Pélion. Percés de traits inévitables, Frappés de coups épouvantables, Que de monstres défaits ! Un énorme lion À l'œil étincelant, à la voix menaçante, À la faim toujours renaissante, Depuis dix ans la crainte et l'horreur de ces lieux, Ou le roi, si vous l'aimez mieux, Malgré sa griffe aiguë et sa dent meurtrière, Vaincu lui-même enfin gisait sur la poussière. Du lion Néméen c'était l'affreux pendant. Expirant comme lui sur une roche aride, Il menaçait encor son vainqueur intrépide, Dont la suite de **** tremble en le regardant. Quelques vermisseaux cependant, Qui, vils rebuts de la nature, Sur quiconque a vécu s'arrogeant certains droits, Des ânes, des lions, des goujats et des rois Et des dieux mêmes, que je crois, Font également leur pâture, Quelques vermisseaux prétendaient Qu'à tort on avait fait le défunt si terrible ; À leur gré, rien de plus risible Que les bruits qui s'en répandaient. « Trois coups ont suffi pour l'abattre. « Il serait dès longtemps ce qu'il est aujourd'hui « Si, **** de trembler devant lui, « Tel qu'il a digéré l'avait osé combattre. « S'il a vaincu, s'il a régné, « Sa force était dans leur faiblesse. « - Cessez, dit Hercule indigné, « Cessez un discours qui me blesse : « Pareils à maint historien « Qui dans sa nullité dissèque aussi la gloire, « Vous réduisez l'obstacle à rien « Pour réduire à rien la victoire. « Quoi que vous en disiez, le roi de ces forêts « N'était ni faible, ni timide. « Songez que pour le vaincre il a fallu les traits, « La massue et le bras d'Alcide. »
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Sa grandeur éblouit l'histoire. Quinze ans, il fut Le dieu que traînait la victoire Sur un affût ; L'Europe sous la loi guerrière Se débattit. - Toi, son singe, marche derrière, Petit, petit. Napoléon dans la bataille, Grave et serein, Guidait à travers la mitraille L'aigle d'airain. Il entra sur le pont d'Arcole, Il en sortit. - Voici de l'or, viens, pille et vole, Petit, petit. Berlin, Vienne, étaient ses maîtresses ; Il les forçait, Leste, et prenant les forteresses Par le corset. Il triompha de cent bastilles Qu'il investit. - Voici pour toi, voici des filles, Petit, petit. Il passait les monts et les plaines, Tenant en main La palme, la foudre, et les rênes Du genre humain ; Il était ivre de sa gloire Qui retentit. - Voici du sang, accours, viens boire, Petit, petit. Quand il tomba, lâchant le monde, L'immense mer Ouvrit à sa chute profonde Son gouffre amer ; Il y plongea, sinistre archange, Et s'engloutit. - Toi, tu te noieras dans la fange, Petit, petit. Jersey, septembre 1853.
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Chanson (Les châtiments, V)
Je suis l’homme de guerre, non ? Je fais du combattu, non ? Je serai mort éventuellement, non ? Mais fais je me sens le mal ? Vais-je m’appellerai le mal ? Non. Je suis l’homme de guerre. J’ai pensé que je me crois quand je dis « Vous n’avez pas l’esprit assez fort pour les engagements de la guerre, » Mais je réalise la chose la plus importante n’est jamais les éléments que je vois dans les autres. « Je ne peux pas comprends les autres comme les autres ne peux pas comprends moi, » Pourquoi ? Parce que le soldat est une créature de comparaison. Je suis fort, non ? Je fais le travail bien, non ? J’ai le rythme de l’acier, non ? Les guerres des autres n’ont rien impact, je dis. Les guerres des autres n’ont rien signification. À moi. Je ne suis pas un soldat ! Je suis l’homme de guerre ! Et comme un homme de guerre, je suis complexe, oui ? Je fais du combattu ! Je serai mort éventuellement ! Je suis fort ! Je fais le travail bien ! J’ai le rythme de l’acier ! Mais je me sens, je me sens, je me sens ! Je suis l’humain, c’est bien ! Mais suis-je le mal ? Mon adversaire c’est moi. Le plus puissant. Mais je me bats en avant. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai donné mon cœur la victoire et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai vu mal de mon cœur et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai vu le plus grave mal de mon cœur et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. En avant !
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Feb 19, 2020
Feb 19, 2020 at 1:33 AM UTC
L'homme de Guerre
Je suis l’homme de guerre, non ? Je fais du combattu, non ? Je serai mort éventuellement, non ? Mais fais je me sens le mal ? Vais-je m’appellerai le mal ? Non. Je suis l’homme de guerre. J’ai pensé que je me crois quand je dis « Vous n’avez pas l’esprit assez fort pour les engagements de la guerre, » Mais je réalise la chose la plus importante n’est jamais les éléments que je vois dans les autres. « Je ne peux pas comprends les autres comme les autres ne peux pas comprends moi, » Pourquoi ? Parce que le soldat est une créature de comparaison. Je suis fort, non ? Je fais le travail bien, non ? J’ai le rythme de l’acier, non ? Les guerres des autres n’ont rien impact, je dis. Les guerres des autres n’ont rien signification. À moi. Je ne suis pas un soldat ! Je suis l’homme de guerre ! Et comme un homme de guerre, je suis complexe, oui ? Je fais du combattu ! Je serai mort éventuellement ! Je suis fort ! Je fais le travail bien ! J’ai le rythme de l’acier ! Mais je me sens, je me sens, je me sens ! Je suis l’humain, c’est bien ! Mais suis-je le mal ? Mon adversaire c’est moi. Le plus puissant. Mais je me bats en avant. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai donné mon cœur la victoire et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai vu mal de mon cœur et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. Je sais que je suis l’homme de guerre parce que j’ai vu le plus grave mal de mon cœur et je vivre. Aujourd’hui, demain, je vivre. En avant !
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I heard crickets today I heard them every night and day. I heard lazy conversations in French To the sound of reggae and a glass of rosé. I smelt the freshness of Mont-Saint-Victoire And dryness of the ground beneath my feet. Smelt the distinct odour of oil paint in the distance, Creating a new 'œuvre d'art’. I touched a rough stone wall, covered with dust and dead leaves It seemed sharp against my fingers but I only smiled. I felt the soft fur of a stray cat It hissed at me but didn't move a limb. My tongue tingled from the bitter sweet bubbles of apple cyder, Tingling my throat and warming my chest. I took another sip and it ran through my body, Relaxing every muscle. My eyes were half closed yet still focused. I saw children running around, I saw old houses leaning one side I saw Vauvenargues.
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Jul 8, 2025
Jul 8, 2025 at 7:30 AM UTC
Vauvenargues
Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher, Pour ton combat avec les contingences vaines ; Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ; Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier, Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier, Prier pour le courage et la persévérance De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France, Siècle et France ignorants et tristement railleurs. (Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs Et la solution est autre du problème.) Sois de chair et même aime cette chair, la même Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux, Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle De ta chair vénérable en sa moindre parcelle Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ; Car ce mystère, l'Incarnation, est tel, Par l'exégèse autour comme par sa nature ; Qu'il fait égale au Créateur la créature, Cependant que, par un miracle encor plus grand, L'Eucharistie, elle, les confond et les rend Identiques. Or cette chair expiatoire. Fais-t'en une arme douloureuse de victoire Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer Comme le prix suprême et le but enviable. Tout le reste n'est rien que malice du diable ! Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts L'armure inaccessible à braver le Mauvais, Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance. Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance Par ses trous le regard de tes yeux assurés, Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
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Sois de bronze et de marbre
Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher, Pour ton combat avec les contingences vaines ; Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ; Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier, Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier, Prier pour le courage et la persévérance De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France, Siècle et France ignorants et tristement railleurs. (Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs Et la solution est autre du problème.) Sois de chair et même aime cette chair, la même Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux, Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle De ta chair vénérable en sa moindre parcelle Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ; Car ce mystère, l'Incarnation, est tel, Par l'exégèse autour comme par sa nature ; Qu'il fait égale au Créateur la créature, Cependant que, par un miracle encor plus grand, L'Eucharistie, elle, les confond et les rend Identiques. Or cette chair expiatoire. Fais-t'en une arme douloureuse de victoire Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer Comme le prix suprême et le but enviable. Tout le reste n'est rien que malice du diable ! Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts L'armure inaccessible à braver le Mauvais, Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance. Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance Par ses trous le regard de tes yeux assurés, Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
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Tu t'en vas ? Reste encore : Je te perds pour longtemps ! Et tu vois que l'aurore Luit depuis peu d'instants. Tantôt sur le rivage Je marcherai sans toi : J'y reste en esclavage, Pauvre de moi ! Nous avons vu la vie Sous les mêmes couleurs ; Elle a pu faire envie, Car elle eut bien des fleurs. La guerre était la gloire, J'y courus avec toi : J'ai payé la victoire, Pauvre de moi ! Sur combien de blessures A-t-on rivé nos fers ! Ils en font de plus sûres, Dans leurs prisons d'enfers. J'ai raillé ma souffrance, Enchaîné près de toi ; Mais tu pars pour la France, Pauvre de moi ! Ma plaie envenimée Arrête ici mes pas ; Mortelle et renfermée, Elle s'aigrit tout bas. Sur un ponton de guerre Faut-il languir sans toi ? Je te suivais naguère, Pauvre de moi ! Si ma blonde Angeline, En te voyant passer, Inquiète s'incline, Timide à t'embrasser ; A cet auge modeste, Qui m'attend avec toi, Ne dis pas où je reste, Pauvre de moi ! Au foyer de ton père Si le mien va s'asseoir, Mon nom sera, j'espère, Dans vos récits du soir, Quand ses yeux pleins de larmes S'attacheront sur toi, Fais-lui bénir nos armes, Pauvre de moi !
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Le prisonnier de guerre
Qu'attend-il sur la route Ce guerrier voyageur ? L'idole de son cœur, C'est la gloire, sans doute ? Mais à Notre-Dame d'Amour Il priait l'autre jour. Bien que l'on dût m'attendre, J'ai ralenti mes pas ; Mais il priait trop bas ; Dieu seul pouvait l'entendre. Ah ! si Notre-Dame d'Amour Voulait parler un jour ! Ne sait-il de victoire Qu'en suivant son drapeau ? Que sert-il d'être beau Pour n'aimer que la gloire ? Est-ce bien là, Dame d'Amour, Son vœu de l'autre jour ? Un charme m'environne... Vous qui priez pour nous, Pourquoi sur vos genoux Posa-t-il ma couronne ? Faudra-t-il pas, Dame d'Amour, Qu'il me la rende un jour ?
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Notre-Dame d'Amour
Fable XIII, Livre V. Entre nos frères les meuniers Et nos frères les charbonniers J'ai vu régner longtemps une haine assez forte. À quel propos ? C'était... que le diable m'emporte, Si plus qu'eux-mêmes je l'ai su ! Eh ! n'est-ce pas souvent pour un malentendu Qu'un premier combat se donne ? Le tort en est à tous, comme il n'est à personne, Au second, où l'on rend ce que l'on a reçu, Où l'on se bat du moins parce qu'on s'est battu. Mais revenons au fait : ainsi qu'on peut le croire, Chaque héros dans sa valeur, Se signalant pour sa couleur, Criait haro sur l'autre, et tombait, dit l'histoire, Charbonnier sur la blanche et meunier sur la noire. Par la seule nature armés, Les voyez-vous en cent manières Les bras tendus, les poings fermés, Venger l'honneur de leurs bannières ? Que de coups donnés et rendus ! Que de flots de sang répandus Par tous ces nez cassés des mains de la victoire ! Chantre de Jeanne et de Bourbon, C'est ta voix qui devrait transmettre la mémoire De tous ces preux couverts de gloire et de charbon, Couverts de farine et de gloire ! Certain jour cependant que ces poudreux guerriers Se reposaient sur leurs lauriers, Un philosophe, un philanthrope, Un marguillier, mortel ennemi des combats, Tenta de mettre un terme à ces trop longs débats. D'un manteau neutre il s'enveloppe ; Et le voilà, du matin jusqu'au soir, De l'un à l'autre camp sans cesse en promenade ; Qui va, vient et revient, en courtier d'ambassade, Du noir au blanc, du blanc au noir. Or, à son drap qui n'est noir, ni blanc, mais pistache, Tantôt le blanc, tantôt le noir laisse une tache. Comme on en murmurait d'un et d'autre côté : « Charbonniers et meuniers, dit-il, parlons sans feinte : Voit-on les deux partis, sans prendre un peu la teinte Des gens à qui l'on s'est frotté ? »
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Les charbonniers, les meuniers, et le marguillier
Fable XIII, Livre V. Entre nos frères les meuniers Et nos frères les charbonniers J'ai vu régner longtemps une haine assez forte. À quel propos ? C'était... que le diable m'emporte, Si plus qu'eux-mêmes je l'ai su ! Eh ! n'est-ce pas souvent pour un malentendu Qu'un premier combat se donne ? Le tort en est à tous, comme il n'est à personne, Au second, où l'on rend ce que l'on a reçu, Où l'on se bat du moins parce qu'on s'est battu. Mais revenons au fait : ainsi qu'on peut le croire, Chaque héros dans sa valeur, Se signalant pour sa couleur, Criait haro sur l'autre, et tombait, dit l'histoire, Charbonnier sur la blanche et meunier sur la noire. Par la seule nature armés, Les voyez-vous en cent manières Les bras tendus, les poings fermés, Venger l'honneur de leurs bannières ? Que de coups donnés et rendus ! Que de flots de sang répandus Par tous ces nez cassés des mains de la victoire ! Chantre de Jeanne et de Bourbon, C'est ta voix qui devrait transmettre la mémoire De tous ces preux couverts de gloire et de charbon, Couverts de farine et de gloire ! Certain jour cependant que ces poudreux guerriers Se reposaient sur leurs lauriers, Un philosophe, un philanthrope, Un marguillier, mortel ennemi des combats, Tenta de mettre un terme à ces trop longs débats. D'un manteau neutre il s'enveloppe ; Et le voilà, du matin jusqu'au soir, De l'un à l'autre camp sans cesse en promenade ; Qui va, vient et revient, en courtier d'ambassade, Du noir au blanc, du blanc au noir. Or, à son drap qui n'est noir, ni blanc, mais pistache, Tantôt le blanc, tantôt le noir laisse une tache. Comme on en murmurait d'un et d'autre côté : « Charbonniers et meuniers, dit-il, parlons sans feinte : Voit-on les deux partis, sans prendre un peu la teinte Des gens à qui l'on s'est frotté ? »
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(En lui envoyant « Sagesse ») Nul parmi vos flatteurs d'aujourd'hui n'a connu Mieux que moi la fierté d'admirer votre gloire : Votre nom m'enivrait comme un nom de victoire, Votre œuvre, je l'aimais d'un amour ingénu. Depuis, la Vérité m'a mis le monde à nu. J'aime Dieu, son Église, et ma vie est de croire Tout ce que vous tenez, hélas ! pour dérisoire, Et j'abhorre en vos vers le Serpent reconnu. J'ai changé. Comme vous. Mais d'une autre manière. Tout petit que je suis j'avais aussi le droit D'une évolution, la bonne, la dernière. Or, je sais la louange, ô maître, que vous doit L'enthousiasme ancien ; la voici franche, pleine, Car vous me fûtes doux en des heures de peine.
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À Victor Hugo
Un serpent, s'élançant du tronc creux d'un vieux chêne Darde son noir venin sur l'aigle ami des dieux. Le noble oiseau s'abaisse et sa serre hautaine A bientôt châtié le reptile odieux. La bête, qui tordait ses anneaux avec gloire, A son tour est blessée au flanc et le bec d'or Du roi des airs, tout rouge encor de sa victoire, Déchire en vingt tronçons son adversaire mort. Ayant bien satisfait ses vengeances sublimes Et bien rassasié son ail de sang vermeil, L'aigle alors jette au **** ses dépouilles opimes Et, l'aile ouverte au vent, vole vers le soleil.
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Imité de Cicéron
Victoire, ami ! je dépêche En hâte et de grand matin Une strophe toute fraîche Pour crier le bulletin. J'embouche sur la montagne La trompette aux longs éclats ; Sachez que le printemps gagne La bataille des lilas. Jeanne met dans sa pantoufle Son pied qui n'est plus frileux ; Et voici qu'un vaste souffle Emplit les abîmes bleus. L'oiseau chante, l'agneau broute ; Mai, poussant des cris railleurs, Crible l'hiver en déroute D'une mitraille de fleurs.
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Ordre du jour de floréal