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"tremblant" poems
Sonnet. Dans la salle à manger brune, que parfumait Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise Je ramassais un plat de je ne sais quel met Belge, et je m'épatais dans mon immense chaise. En mangeant, j'écoutais l'horloge, - heureux et coi. La cuisine s'ouvrit avec une bouffée, - Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi, Fichu moitié défait, malinement coiffée Et, tout en promenant son petit doigt tremblant Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc, En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue, Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m'aiser ; - Puis, comme ça, - bien sûr, pour avoir un baiser, - Tout bas : " Sens donc, j'ai pris 'une' froid sur la joue..."
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La maline
"qui es tu?" qui es tu? Je ne sais plus. Avant tu étais l'amour, l'âme soeur, l'ami , l'amant, le tout. Mais maintenant qui es tu? Une blessure, une vilaine cicatrice , une épidémie, une nuit blanche, un malaise constant, une pensé qui honte mon esprit, un passé douloureux, un présent douloureux? une éternité? Je ne sais pas exactement comment te qualifier. Je sens que bientôt tu va devenir un souvenir lointain, un soupire désolé, une remontrance. Mais va tu un jour allez jusqu’à en être un regrée? Qui es tu? Un lit chaud pendant la nuit, glacial au matin.Qui es tu? Un étranger, une âme perdu, un esprit fou. Qui es tu? La colère, la jalousie, l'envy, le mal, la souffrance. Qui es tu? Le plaisir, le bonheur, la vie. Qui es tu? Un espoir ou désespoir? Joix ou tristesse? Qui es tu? Une leçon? Une plaisanterie? Qui es tu? Le mensonge ou la vérité? Qui es tu? Une envie ou un besoin? Qui es tu? Un départ ou une arrivée? Qui es tu? Gloire ou perte? Qui es tu? Le début ou la fin? Qui es tu? Un chapitre ou toute l'histoire? Qui es tu? Un sourire ou une larme? Qui es tu? Franchise ou hypocrisie? Qui es tu? La folie ou la raison? Qui es tu? Le bien ou le mal? Qui es tu? Qui es tu? Qui es tu? Non ne me lance pas ce sourire narquois! Non ne me dis pas que tu n'es juste pas comme les autres! Cela ne me suffit pas! Arrête! Ne t'en va pas, reste avec moi, aime moi, protège moi, prends moi dans tes bras et dis moi des mots doux comme tu le fessait avant. J’abandonne, je me rends, je suis a toi, fais ce que tu veux mais ne me brise pas ..pas pour la énième fois! Efface ce regard victorieux de tes yeux , je sais que se cache en eux de la bonté. Tu sais la bonté et le pardon ne sont pas des faiblesses, au contraire c'est de la force. L'amour non plus n'est pas une faiblesse mais une bénédiction . N'aie pas peur de me faire confiance. Pourquoi cette hésitation dans ton regard? Je t'aime! Comprends le. Je ne te ferait pas mal promis. je sais que demain tu partira encore une fois, que tu n'es pas encore prêt et que tu dois vivre libre de tout ça, libre de moi, mais embrasse moi quand même, laisse moi le souvenir de tes lèvres pour me garder saine. Peut être que c'est ce que tu es a la fin, un baiser passionné qui laisse nos lèvres rêvasser d'une prochaine collision entre eux, ce désir fou qui fait battre nos cœurs, se plaisir qui laisse nos corps tremblant après une nuit torride.. Tu es le ******
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Jul 20, 2014
Jul 20, 2014 at 6:20 PM UTC
"qui es tu?"
"qui es tu?" qui es tu? Je ne sais plus. Avant tu étais l'amour, l'âme soeur, l'ami , l'amant, le tout. Mais maintenant qui es tu? Une blessure, une vilaine cicatrice , une épidémie, une nuit blanche, un malaise constant, une pensé qui honte mon esprit, un passé douloureux, un présent douloureux? une éternité? Je ne sais pas exactement comment te qualifier. Je sens que bientôt tu va devenir un souvenir lointain, un soupire désolé, une remontrance. Mais va tu un jour allez jusqu’à en être un regrée? Qui es tu? Un lit chaud pendant la nuit, glacial au matin.Qui es tu? Un étranger, une âme perdu, un esprit fou. Qui es tu? La colère, la jalousie, l'envy, le mal, la souffrance. Qui es tu? Le plaisir, le bonheur, la vie. Qui es tu? Un espoir ou désespoir? Joix ou tristesse? Qui es tu? Une leçon? Une plaisanterie? Qui es tu? Le mensonge ou la vérité? Qui es tu? Une envie ou un besoin? Qui es tu? Un départ ou une arrivée? Qui es tu? Gloire ou perte? Qui es tu? Le début ou la fin? Qui es tu? Un chapitre ou toute l'histoire? Qui es tu? Un sourire ou une larme? Qui es tu? Franchise ou hypocrisie? Qui es tu? La folie ou la raison? Qui es tu? Le bien ou le mal? Qui es tu? Qui es tu? Qui es tu? Non ne me lance pas ce sourire narquois! Non ne me dis pas que tu n'es juste pas comme les autres! Cela ne me suffit pas! Arrête! Ne t'en va pas, reste avec moi, aime moi, protège moi, prends moi dans tes bras et dis moi des mots doux comme tu le fessait avant. J’abandonne, je me rends, je suis a toi, fais ce que tu veux mais ne me brise pas ..pas pour la énième fois! Efface ce regard victorieux de tes yeux , je sais que se cache en eux de la bonté. Tu sais la bonté et le pardon ne sont pas des faiblesses, au contraire c'est de la force. L'amour non plus n'est pas une faiblesse mais une bénédiction . N'aie pas peur de me faire confiance. Pourquoi cette hésitation dans ton regard? Je t'aime! Comprends le. Je ne te ferait pas mal promis. je sais que demain tu partira encore une fois, que tu n'es pas encore prêt et que tu dois vivre libre de tout ça, libre de moi, mais embrasse moi quand même, laisse moi le souvenir de tes lèvres pour me garder saine. Peut être que c'est ce que tu es a la fin, un baiser passionné qui laisse nos lèvres rêvasser d'une prochaine collision entre eux, ce désir fou qui fait battre nos cœurs, se plaisir qui laisse nos corps tremblant après une nuit torride.. Tu es le ******
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Je ne songeais pas à Rose ; Rose au bois vint avec moi ; Nous parlions de quelque chose, Mais je ne sais plus de quoi. J'étais froid comme les marbres ; Je marchais à pas distraits ; Je parlais des fleurs, des arbres Son oeil semblait dire : " Après ? " La rosée offrait ses perles, Le taillis ses parasols ; J'allais ; j'écoutais les merles, Et Rose les rossignols. Moi, seize ans, et l'air morose ; Elle, vingt ; ses yeux brillaient. Les rossignols chantaient Rose Et les merles me sifflaient. Rose, droite sur ses hanches, Leva son beau bras tremblant Pour prendre une mûre aux branches Je ne vis pas son bras blanc. Une eau courait, fraîche et creuse, Sur les mousses de velours ; Et la nature amoureuse Dormait dans les grands bois sourds. Rose défit sa chaussure, Et mit, d'un air ingénu, Son petit pied dans l'eau pure Je ne vis pas son pied nu. Je ne savais que lui dire ; Je la suivais dans le bois, La voyant parfois sourire Et soupirer quelquefois. Je ne vis qu'elle était belle Qu'en sortant des grands bois sourds. " Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle. Depuis, j'y pense toujours. Paris, juin 1831.
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Vieille chanson du jeune temps
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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Les assis
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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When He asks, quietly, if I still think of You
 even when I’m here, 
I say "always." why? because snow falls just as softly here as it did during our first kiss, when it melted on your flushed cheeks in the mountain light of our childhood. 
 I think of your face as it was, like the neighbor’s cornfield, fogged but bright through the windows of your car 
 as you raced me home in the pastoral dawn
 to beat my parents' alarm clock. now when I look at you,
 I see the ruins of the storm: the once-grand Victorians of our town, 
sunken and foul, 
 the spray painted x’s, signaling “condemned,”
 barely masked by the slush. this new color in the landscape of your countenance, is 
a translucent grey
— I think it is called indifference. They told us “distance extinguishes small flames,
and fuels great fires.” my breath burns cold and sharp, 
 like the icicles that hung outside your mother’s store, 
 when You told me that it was easy to hurt me,
 and You didn’t know why. those words froze me solid like citrus trees killed in a late frost.
 He says that He still see the pinkness in my own cheeks,
 when I talk of You. I sigh and say that I will try harder 

to stop loving You, but 
the chairlift rocks and shifts the spears in my chest and I wince,
 because I know I will for all my life.
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May 19, 2013
May 19, 2013 at 3:20 PM UTC
Mont Tremblant
Colin gardait un jour les vaches de son père ; Colin n'avait pas de bergère, Et s'ennuyait tout seul. Le garde sort du bois : Depuis l'aube, dit-il, je cours dans cette plaine Après un vieux chevreuil que j'ai manqué deux fois Et qui m'a mis tout hors d'haleine. Il vient de passer par là-bas, Lui répondit Colin : mais, si vous êtes las, Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place, Et j'irai faire votre chasse ; Je réponds du chevreuil. - Ma foi, je le veux bien. Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien, Va le tuer. Colin s'apprête, S'arme, appelle Sultan. Sultan, quoiqu'à regret, Court avec lui vers la forêt. Le chien bat les buissons ; il va, vient, sent, arrête, Et voilà le chevreuil... Colin impatient Tire aussitôt, manque la bête, Et blesse le pauvre Sultan. A la suite du chien qui crie, Colin revient à la prairie. Il trouve le garde ronflant ; De vaches, point ; elles étaient volées. Le malheureux Colin, s'arrachant les cheveux, Parcourt en gémissant les monts et les vallées ; Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux, Colin retourne chez son père, Et lui conte en tremblant l'affaire. Celui-ci, saisissant un bâton de cormier, Corrige son cher fils de ses folles idées, Puis lui dit : chacun son métier, Les vaches seront bien gardées.
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Le vacher et le garde-chasse
C'est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde. L'ombre immense élargit ses ailes sur le monde. Dans vos joyeux palais gardés par le canon, Dans vos lits de velours, de damas, de linon, Sous vos chauds couvre-pieds de martres zibelines Sous le nuage blanc des molles mousselines, - Derrière vos rideaux qui cachent sous leurs plis Toutes les voluptés avec tous les oublis, Aux sons d'une fanfare amoureuse et lointaine, Tandis qu'une veilleuse, en tremblant, ose à peine Eclairer le plafond de pourpre et de lampas, Vous, duc de Saint-Arnaud, vous, comte de Maupas, Vous, sénateurs, préfets, généraux, juges, princes, Toi, César, qu'à genoux adorent tes provinces, Toi qui rêvas l'empire et le réalisas, Dormez, maîtres... - Voici le jour. Debout, forçats ! Jersey, le 28 octobre 1852.
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C'est la nuit ; la nuit noire
Bien **** quand il se sent l'estomac écoeuré, Le frère Milotus, un oeil à la lucarne D'où le soleil, clair comme un chaudron récuré, Lui darde une migraine et fait son regard darne, Déplace dans les draps son ventre de curé. Il se démène sous sa couverture grise Et descend, ses genoux à son ventre tremblant, Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise, Car il lui faut, le poing à l'anse d'un *** blanc, À ses reins largement retrousser sa chemise ! Or il s'est accroupi, frileux, les doigts de pied Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque Des jaunes de brioche aux vitres de papier ; Et le nez du bonhomme où s'allume la laque Renifle aux rayons, tel qu'un charnel polypier Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu, Et ses chausses roussir, et s'éteindre sa pipe ; Quelque chose comme un oiseau remue un peu À son ventre serein comme un monceau de tripe ! Autour dort un fouillis de meubles abrutis Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ; Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres Qu'entrouvre un sommeil plein d'horribles appétits. L'écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ; Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons. Il écoute les poils pousser dans sa peau moite, Et parfois, en hoquets fort gravement bouffons S'échappe, secouant son escabeau qui boite... Et le soir aux rayons de lune, qui lui font Aux contours du cul des bavures de lumière, Une ombre avec détails s'accroupit, sur un fond De neige rose ainsi qu'une rose trémière... Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
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Accroupissement
Bien **** quand il se sent l'estomac écoeuré, Le frère Milotus, un oeil à la lucarne D'où le soleil, clair comme un chaudron récuré, Lui darde une migraine et fait son regard darne, Déplace dans les draps son ventre de curé. Il se démène sous sa couverture grise Et descend, ses genoux à son ventre tremblant, Effaré comme un vieux qui mangerait sa prise, Car il lui faut, le poing à l'anse d'un *** blanc, À ses reins largement retrousser sa chemise ! Or il s'est accroupi, frileux, les doigts de pied Repliés, grelottant au clair soleil qui plaque Des jaunes de brioche aux vitres de papier ; Et le nez du bonhomme où s'allume la laque Renifle aux rayons, tel qu'un charnel polypier Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu, Et ses chausses roussir, et s'éteindre sa pipe ; Quelque chose comme un oiseau remue un peu À son ventre serein comme un monceau de tripe ! Autour dort un fouillis de meubles abrutis Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres ; Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres Qu'entrouvre un sommeil plein d'horribles appétits. L'écoeurante chaleur gorge la chambre étroite ; Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons. Il écoute les poils pousser dans sa peau moite, Et parfois, en hoquets fort gravement bouffons S'échappe, secouant son escabeau qui boite... Et le soir aux rayons de lune, qui lui font Aux contours du cul des bavures de lumière, Une ombre avec détails s'accroupit, sur un fond De neige rose ainsi qu'une rose trémière... Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond.
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Beaucoup de ces dieux ont péri C'est sur eux que pleurent les saules Le grand Pan l'amour Jésus-Christ Sont bien morts et les chats miaulent Dans la cour je pleure à Paris Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes L'amour est mort j'en suis tremblant J'adore de belles idoles Les souvenirs lui ressemblant Comme la femme de Mausole Je reste fidèle et dolent Je suis fidèle comme un dogue Au maître le lierre au tronc Et les Cosaques Zaporogues Ivrognes pieux et larrons Aux steppes et au décalogue Portez comme un joug le Croissant Qu'interrogent les astrologues Je suis le Sultan tout-puissant Ô mes Cosaques Zaporogues Votre Seigneur éblouissant Devenez mes sujets fidèles Leur avait écrit le Sultan Ils rirent à cette nouvelle Et répondirent à l'instant À la lueur d'une chandelle.
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Beaucoup de ces dieux ont péri
La première est toute d'argent Et son nom tremblant c'est Pâline Sa lame un ciel d'hiver neigeant Son destin sanglant gibeline Vulcain mourut en la forgeant La seconde nommée Noubosse Est un bel arc-en-ciel joyeux Les dieux s'en servent à leurs noces Elle a tué trente Bé-Rieux Et fut douée par Carabosse La troisième bleu féminin N'en est pas moins un chibriape Appelé Lul de Faltenin Et que porte sur une nappe L'Hermès Ernest devenu nain La quatrième Malourène Est un fleuve vert et doré C'est le soir quand les riveraines Y baignent leurs corps adorés Et des chants de rameurs s'y traînent La cinquième Sainte-Fabeau C'est la plus belle des quenouilles C'est un cyprès sur un tombeau Où les quatre vents s'agenouillent Et chaque nuit c'est un flambeau La sixième métal de gloire C'est l'ami aux si douces mains Dont chaque matin nous sépare Adieu voilà votre chemin Les coqs s'épuisaient en fanfares Et la septième s'exténue Une femme une rose morte Merci que le dernier venu Sur mon amour ferme la porte Je ne vous ai jamais connue.
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Les Sept Épées
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
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Fantaisies d'hiver
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
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Supposez Goliath mené par Myrmidon. Le cornac est tout jeune et la bête est énorme. Le palanquin tremblant par instant se déforme Et vous cahote au point de vous estropier Sous ses rideaux de cuir et son toit de papier. Un monstre n'a pas moins de roulis qu'un navire ; Comme un vaisseau chancelle un éléphant chavire, Et vous avez le mal de mer sur Béhémoth. Le cornac, nain pensif, conseille à demi-mot Le colosse, et le monstre écoute et ne se trompe Sur rien, ni sur le gué qu'il sonde avec sa trompe, Ni sur la route à suivre, et jamais l'éléphant N'a peur, pourvu qu'il soit conduit par un enfant.
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À dos d'éléphant
Ma sœur, écoute-moi ! je vais t'ouvrir mon cœur... Mais détourne un instant ton regard scrutateur ; Pour mes quinze printemps, ne sois pas trop sévère ! Tu promis de m'aimer à notre vieille mère. Un ange aux blonds cheveux déjà te doit le jour : Étends aussi sur moi l'aile de ton amour ! Si de la vie, à peine, il voit la première heure, Moi, je suis faible aussi, je me trouble et je pleure. Dans ce monde joyeux où j'avance en tremblant, Comme des pas d'enfant, mon pas est chancelant. Tu cherches à sonder les replis de mon âme, Tu crois me deviner et ton regard me blâme ; Ne crains rien si parfois je soupire tout bas... Je t'assure, ma sœur, que je ne l'aime pas ! L'amour, c'est le bonheur, doux, riant comme un rêve, Et dans les pleurs pour moi le jour vient et s'achève. Jadis, j'aimais le monde et ses plaisirs bruyants, Et devant mon miroir je m'arrêtais longtemps ; J'aimais le blanc tissu de ma robe légère, Et de mes fleurs du soir la fraîcheur mensongère ; J'aimais, d'un bal brillant la lumière et le bruit, Et ce choix d'un instant qu'aucun regret ne suit : Mais, au lieu du bonheur qu'on dit que l'amour donne, À des pensers amers mon âme s'abandonne... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! De celui que l'on aime on chérit la présence, On bénit le moment qui fait cesser l'absence ; On se plaint **** de lui de la longueur du jour, On veut presser le temps pour hâter son retour. Lorsque j'entends la voix ou les pas de mon frère, Je souris, et je cours pour le voir la première ; Mais quand c'est lui... ma sœur, je frémis malgré moi... Sa présence me trouble et me glace d'effroi ! Lorsque j'entends ses pas, tremblante, je m'arrête, Et pour fuir son regard, je détourne la tête. Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! Quand je vois le bonheur briller sur ton visage, Je bénis le Seigneur qui chasse au **** l'orage, Mes yeux suivent tes yeux, je souris comme toi ; J'aime quand ton cœur aime, et je crois de ta foi ; Je confonds doucement mon âme avec la tienne, Je veux que ton bonheur, comme à toi, m'appartienne. Mais, comme lui, ma sœur, jamais je ne sens rien ; Sa gaîté me fait mal, ses pleurs me font du bien. Lorsque j'entends louer les traits de son visage, Je voudrais qu'il fût laid et je pleure de rage ! Lorsqu'il part pour le bal, mon cœur, cruel pour lui, Voudrait qu'il n'y trouvât que tristesse et qu'ennui ; Je hais tous ses amis, je m'afflige qu'on l'aime, Je voudrais l'isoler, l'éloigner de toi-même... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
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L'erreur
Ma sœur, écoute-moi ! je vais t'ouvrir mon cœur... Mais détourne un instant ton regard scrutateur ; Pour mes quinze printemps, ne sois pas trop sévère ! Tu promis de m'aimer à notre vieille mère. Un ange aux blonds cheveux déjà te doit le jour : Étends aussi sur moi l'aile de ton amour ! Si de la vie, à peine, il voit la première heure, Moi, je suis faible aussi, je me trouble et je pleure. Dans ce monde joyeux où j'avance en tremblant, Comme des pas d'enfant, mon pas est chancelant. Tu cherches à sonder les replis de mon âme, Tu crois me deviner et ton regard me blâme ; Ne crains rien si parfois je soupire tout bas... Je t'assure, ma sœur, que je ne l'aime pas ! L'amour, c'est le bonheur, doux, riant comme un rêve, Et dans les pleurs pour moi le jour vient et s'achève. Jadis, j'aimais le monde et ses plaisirs bruyants, Et devant mon miroir je m'arrêtais longtemps ; J'aimais le blanc tissu de ma robe légère, Et de mes fleurs du soir la fraîcheur mensongère ; J'aimais, d'un bal brillant la lumière et le bruit, Et ce choix d'un instant qu'aucun regret ne suit : Mais, au lieu du bonheur qu'on dit que l'amour donne, À des pensers amers mon âme s'abandonne... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! De celui que l'on aime on chérit la présence, On bénit le moment qui fait cesser l'absence ; On se plaint **** de lui de la longueur du jour, On veut presser le temps pour hâter son retour. Lorsque j'entends la voix ou les pas de mon frère, Je souris, et je cours pour le voir la première ; Mais quand c'est lui... ma sœur, je frémis malgré moi... Sa présence me trouble et me glace d'effroi ! Lorsque j'entends ses pas, tremblante, je m'arrête, Et pour fuir son regard, je détourne la tête. Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas ! Quand je vois le bonheur briller sur ton visage, Je bénis le Seigneur qui chasse au **** l'orage, Mes yeux suivent tes yeux, je souris comme toi ; J'aime quand ton cœur aime, et je crois de ta foi ; Je confonds doucement mon âme avec la tienne, Je veux que ton bonheur, comme à toi, m'appartienne. Mais, comme lui, ma sœur, jamais je ne sens rien ; Sa gaîté me fait mal, ses pleurs me font du bien. Lorsque j'entends louer les traits de son visage, Je voudrais qu'il fût laid et je pleure de rage ! Lorsqu'il part pour le bal, mon cœur, cruel pour lui, Voudrait qu'il n'y trouvât que tristesse et qu'ennui ; Je hais tous ses amis, je m'afflige qu'on l'aime, Je voudrais l'isoler, l'éloigner de toi-même... Ne crains rien si parfois je soupire tout bas, Car tu vois bien, ma sœur, que je ne l'aime pas !
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Sonnet. Ainsi, quand la fleur printanière Dans les bois va s'épanouir, Au premier souffle du zéphyr Elle sourit avec mystère ; Et sa tige, fraîche et légère, Sentant son calice s'ouvrir, Jusque dans le sein de la terre Frémit de joie et de désir. Ainsi, quand ma douce Marie Entr'ouvre sa lèvre chérie, Et lève, en chantant, ses yeux bleus, Dans l'harmonie et la lumière Son âme semble tout entière Monter en tremblant vers les cieux.
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Marie
Five beats four lines one feeling This dream I had last night is dear so odd Of thoughts it could be but a silent stream Your face was sun was soft in such a dream I stop the quill, it quivers, quiet flood. Villeurbanne, 1:50 am, Wed Oct 21, 2015 (translation in French below) Cinq temps, quatre vers, un sentiment Mon cher j’ai fait ce rêve la nuit d’avant Des pensées c’est mais un calme courant Dans ce rêve doux soleil était ta face Je freine ma plume, tremblant le long flot glace. Villeurbanne, 2:18 du matin, 21 Octobre 2015
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Aug 22, 2016
Aug 22, 2016 at 4:26 AM UTC
Five beats four lines one feeling
Dans les vieilles forêts où la sève à grands flots Court du fût noir de l'aulne au tronc blanc des bouleaux, Bien des fois, n'est-ce pas ? à travers la clairière, Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif, Ô mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif ! On devine, devant tes tableaux qu'on vénère, Que dans les noirs taillis ton œil visionnaire Voyait distinctement, par l'ombre recouverts, Le faune aux doigts palmés, le sylvain aux yeux verts, Pan, qui revêt de fleurs l'antre où tu te recueilles, Et l'antique dryade aux mains pleines de feuilles. Une forêt pour toi, c'est un monde hideux. Le songe et le réel s'y mêlent tous les deux. Là se penchent rêveurs les vieux pins, les grands ormes Dont les rameaux tordus font cent coudes difformes, Et dans ce groupe sombre agité par le vent, Rien n'est tout à fait mort ni tout à fait vivant. Le cresson boit ; l'eau court ; les frênes sur les pentes, Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes, Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs. Les fleurs au cou de cygne ont les lacs pour miroirs ; Et sur vous qui passez et l'avez réveillée, Mainte chimère étrange à la gorge écaillée, D'un arbre entre ses doigts serrant les larges nœuds, Du fond d'un antre obscur fixe un œil lumineux. Ô végétation ! esprit ! matière ! force ! Couverte de peau rude ou de vivante écorce ! Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois. Le 20 avril 1837.
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À Albert Dürer
Dans les vieilles forêts où la sève à grands flots Court du fût noir de l'aulne au tronc blanc des bouleaux, Bien des fois, n'est-ce pas ? à travers la clairière, Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif, Ô mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif ! On devine, devant tes tableaux qu'on vénère, Que dans les noirs taillis ton œil visionnaire Voyait distinctement, par l'ombre recouverts, Le faune aux doigts palmés, le sylvain aux yeux verts, Pan, qui revêt de fleurs l'antre où tu te recueilles, Et l'antique dryade aux mains pleines de feuilles. Une forêt pour toi, c'est un monde hideux. Le songe et le réel s'y mêlent tous les deux. Là se penchent rêveurs les vieux pins, les grands ormes Dont les rameaux tordus font cent coudes difformes, Et dans ce groupe sombre agité par le vent, Rien n'est tout à fait mort ni tout à fait vivant. Le cresson boit ; l'eau court ; les frênes sur les pentes, Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes, Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs. Les fleurs au cou de cygne ont les lacs pour miroirs ; Et sur vous qui passez et l'avez réveillée, Mainte chimère étrange à la gorge écaillée, D'un arbre entre ses doigts serrant les larges nœuds, Du fond d'un antre obscur fixe un œil lumineux. Ô végétation ! esprit ! matière ! force ! Couverte de peau rude ou de vivante écorce ! Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois. Le 20 avril 1837.
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VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VIII)
VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Madame, vous étiez petite, J'avais douze ans ; Vous oubliez vos courtisans Bien vite ! Je ne voyais que vous au jeu Parmi les autres ; Mes doigts frôlaient parfois les vôtres Un peu... Comme à la première visite Faite au rosier, Le papillon sans appuyer Palpite, Et de feuille en feuille, hésitant, S'approche, et n'ose Monter droit au miel que la rose Lui tend, Tremblant de ses premières fièvres, Mon cœur n'osait Voler droit, des doigts qu'il baisait, Aux lèvres. Je sentais en moi, tour à tour, Plaisir et peine, Un mélange d'aise et de gêne : L'amour. L'amour à douze ans ! Oui, madame, Et vous aussi, N'aviez-vous pas quelque souci De femme ? Vous faisiez beaucoup d'embarras, Très occupée De votre robe, une poupée Au bras. Si j'adorais, trop tôt poète, Vos petits pieds, Trop tôt belle, vous me courbiez La tête. Nous menâmes si bien, un soir, Le badinage, Que nous nous mîmes en ménage, Pour voir. Vous parliez de bijoux de noces, Moi du serment, Car nous étions différemment Précoces. On fit la dînette, on dansa ; Vous prétendîtes Qu'il n'est noces proprement dites Sans ça. Vous goûtiez la plaisanterie Tant que bientôt J'osai vous appeler tout haut : Chérie, Et je vous ai (car je rêvais) Baisé la joue ; Depuis ce soir-là je ne joue Jamais.
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Enfantillage
Ma petite colombelle, Ma mignonne toute belle, Mon petit œil, baisez-moi ; D'une bouche toute pleine De musc, chassez-moi la peine De mon amoureux émoi. Quand je vous dirai, Mignonne, Approchez-vous, qu'on me donne Neuf baisers tout à la fois, Donnez-m'en seulement trois, Tels que Diane guerrière Les donne à Phébus son frère, Et l'Aurore à son vieillard : Puis reculez votre bouche, Et bien **** toute farouche Fuyez d'un pied frétillard. Comme un taureau par le pré Court après son amourée, Ainsi tout chaud de courroux Je courrai fou après vous ; Et prise d'une main forte Vous tiendrai, de telle sorte Qu'un Aigle un Cygne tremblant. Lors faisant de la modeste, De me redonner le reste Des baisers, ferez semblant. Mais en vain serez pendante Toute à mon col, attendante (Tenant un peu l'œil baissé) Pardon de m'avoir laissé. Car en lieu de six adonques (1) J'en demanderai plus qu'oncques (2) Tout le ciel d'étoiles n'eut ; Plus que d'arène poussée Aux bords, quand l'eau courroucée Contre les rives s'émeut. 1. Adonques : Alors, maintenant. 2. Oncques : Jamais.
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À Cassandre (I)
Avec ses nerfs rompus, une main écorchée, Qui marche sans le corps dont elle est arrachée, Crispe ses doigts crochus armés d'ongles de fer Pour me saisir ; des feux pareils aux feux d'enfer Se croisent devant moi ; dans l'ombre, des yeux fauves Rayonnent ; des vautours, à cous rouges et chauves, Battent mon front de l'aile en poussant des cris sourds ; En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds, Des flots de plomb fondu subitement les baignent, À des pointes d'acier ils se heurtent et saignent, Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant, Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent De naseaux enflammés, de gueules haletantes : Les voilà, les voilà ! dans mes chairs palpitantes Je sens des becs d'oiseaux avides se plonger, Fouiller profondément, jusqu'aux os me ronger, Et puis des dents de loups et de serpents qui mordent Comme une scie aiguë, et des pinces qui tordent ; Ensuite le sol manque à mes pas chancelants : Un gouffre me reçoit ; sur des rochers brûlants, Sur des pics anguleux que la lune reflète, Tremblant, je roule, roule, et j'arrive squelette. Dans un marais de sang ; bientôt, spectres hideux, Des morts au teint bleuâtre en sortent deux à deux, Et, se penchant vers moi, m'apprennent les mystères Que le trépas révèle aux pâles feudataires De son empire ; alors, étrange enchantement, Ce qui fut moi s'envole, et passe lentement À travers un brouillard couvrant les flèches grêles D'une église gothique aux moresques dentelles. Déchirant une proie enlevée au tombeau, En me voyant venir, tout joyeux, un corbeau Croasse, et, s'envolant aux steppes de l'Ukraine, Par un pouvoir magique à sa suite m'entraîne, Et j'aperçois bientôt, non **** d'un vieux manoir, À l'angle d'un taillis, surgir un gibet noir Soutenant un pendu ; d'effroyables sorcières Dansent autour, et moi, de fureurs carnassières Agité, je ressens un immense désir De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir, Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte, Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.
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Cauchemar
Avec ses nerfs rompus, une main écorchée, Qui marche sans le corps dont elle est arrachée, Crispe ses doigts crochus armés d'ongles de fer Pour me saisir ; des feux pareils aux feux d'enfer Se croisent devant moi ; dans l'ombre, des yeux fauves Rayonnent ; des vautours, à cous rouges et chauves, Battent mon front de l'aile en poussant des cris sourds ; En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds, Des flots de plomb fondu subitement les baignent, À des pointes d'acier ils se heurtent et saignent, Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant, Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent De naseaux enflammés, de gueules haletantes : Les voilà, les voilà ! dans mes chairs palpitantes Je sens des becs d'oiseaux avides se plonger, Fouiller profondément, jusqu'aux os me ronger, Et puis des dents de loups et de serpents qui mordent Comme une scie aiguë, et des pinces qui tordent ; Ensuite le sol manque à mes pas chancelants : Un gouffre me reçoit ; sur des rochers brûlants, Sur des pics anguleux que la lune reflète, Tremblant, je roule, roule, et j'arrive squelette. Dans un marais de sang ; bientôt, spectres hideux, Des morts au teint bleuâtre en sortent deux à deux, Et, se penchant vers moi, m'apprennent les mystères Que le trépas révèle aux pâles feudataires De son empire ; alors, étrange enchantement, Ce qui fut moi s'envole, et passe lentement À travers un brouillard couvrant les flèches grêles D'une église gothique aux moresques dentelles. Déchirant une proie enlevée au tombeau, En me voyant venir, tout joyeux, un corbeau Croasse, et, s'envolant aux steppes de l'Ukraine, Par un pouvoir magique à sa suite m'entraîne, Et j'aperçois bientôt, non **** d'un vieux manoir, À l'angle d'un taillis, surgir un gibet noir Soutenant un pendu ; d'effroyables sorcières Dansent autour, et moi, de fureurs carnassières Agité, je ressens un immense désir De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir, Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte, Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.
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Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène, D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement. Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l'époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre Se tenait à la barre et coupait le flot noir, Mais le calme héros, courbé sur sa rapière, Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
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Don Juan aux enfers
Un soir, alors que je réfléchissais, Je me demandais comment j'en étais Arrivé là, seul. La réponse soufflait, Et, comme l'écho des cris d'un enfant, Dans l'ampleur d'une forêt, me scindant L'esprit en deux, je me perdais sûrement Dans mes pensées. Alors, une fois de trop ; Comme chaque nuit, si ce n'est pas beau, Rien ne m'amènerait à la raison. La folie s'emparait-elle de moi ? J'étais incapable de réfléchir, À demi conscient, pensant aux passions Qui me guidaient, comme un aveugle-sourd, Apeuré et surtout tremblant de froid, Agrippé à l'épaule de son père, Guidé par l'instinct. "Bon, à qui le tour ?" Repensant au passé, et plus empli, En moi, de colère que de courage, tout brillait dans la noirceur de la nuit Qui semblait s'abattre tel un orage Sur des plaines désertes. Rien ni personne Ne pouvait me sortir de là. Aucun Espoir n'eut été aussi puissant qu'un Éveil raté. Mais par chance, rien ne sonne. J'étais là, heureux, dans ma position Préférée, je ne pensais déjà plus, Aux rêveries de belles régions, Ni même à mes amours trop tôt perdus. Je dominais tout, sauf cette nuit là.
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Jun 11, 2017
Jun 11, 2017 at 1:55 PM UTC
Extase nocturne
Sonnet. Le soleil s'est couvert d'un crêpe. Comme lui, Ô Lune de ma vie ! emmitoufle-toi d'ombre ; Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre, Et plonge tout entière au gouffre de l'Ennui ; Je t'aime ainsi ! Pourtant, si tu veux aujourd'hui, Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre, Te pavaner aux lieux que la Folie encombre, C'est bien ! Charmant poignard, jaillis de ton étui ! Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Allume le désir dans les regards des rustres ! Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulant ; Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore ; Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant Qui ne crie : Ô mon cher Belzébuth, je t'adore !
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Le possédé
Un ami me parlait et me regardait vivre : Alors, c'était mourir... mon jeune âge était ivre De l'orage enfermé dont la foudre est au coeur ; Et cet ami riait, car il était moqueur. Il n'avait pas d'aimer la funeste science. Son seul orage à lui, c'était l'impatience. Léger comme l'oiseau qui siffle avant d'aimer, Disant : « Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer ; » Plein de chants, plein d'audace et d'orgueil sans alarme, Il eût mis tout un jour à comprendre une larme. De nos printemps égaux lui seul portait les fleurs ; J'étais déjà l'aînée, hélas ! Par bien des pleurs. Décorant sa pitié d'une grâce insolente, Il disputait, joyeux, avec ma voix tremblante. À ses doutes railleurs, je répondais trop bas... Prouve-t-on que l'on souffre à qui ne souffre pas ? Soudain, presque en colère, il m'appela méchante De tromper la saison où l'on joue, où l'on chante : « Venez, sortez, courez où sonne le plaisir ! Pourquoi restez-vous là navrant votre loisir ? Pourquoi défier vos immobiles peines ? Venez, la vie est belle, et ses coupes sont pleines ! ... Non ? Vous voulez pleurer ? Soit ! J'ai fait mon devoir : Adieu ! - quand vous rirez, je reviendrai vous voir. » Et je le vis s'enfuir comme l'oiseau s'envole ; Et je pleurai longtemps au bruit de sa parole. Mais quoi ? La fête en lui chantait si haut alors Qu'il n'entendait que ceux qui dansent au dehors. Tout change. Un an s'écoule, il revient... qu'il est pâle ! Sur son front quelle flamme a soufflé tant de hâle ? Comme il accourt tremblant ! Comme il serre ma main ! Comme ses yeux sont noirs ! Quel démon en chemin L'a saisi ? - c'est qu'il aime ! Il a trouvé son âme. Il ne me dira plus : « Que c'est lâche ! Une femme. » Triste, il m'a demandé : « C'est donc là votre enfer ? Et je riais... grand dieu ! Vous avez bien souffert ! »
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L'ami d'enfance
Un ami me parlait et me regardait vivre : Alors, c'était mourir... mon jeune âge était ivre De l'orage enfermé dont la foudre est au coeur ; Et cet ami riait, car il était moqueur. Il n'avait pas d'aimer la funeste science. Son seul orage à lui, c'était l'impatience. Léger comme l'oiseau qui siffle avant d'aimer, Disant : « Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer ; » Plein de chants, plein d'audace et d'orgueil sans alarme, Il eût mis tout un jour à comprendre une larme. De nos printemps égaux lui seul portait les fleurs ; J'étais déjà l'aînée, hélas ! Par bien des pleurs. Décorant sa pitié d'une grâce insolente, Il disputait, joyeux, avec ma voix tremblante. À ses doutes railleurs, je répondais trop bas... Prouve-t-on que l'on souffre à qui ne souffre pas ? Soudain, presque en colère, il m'appela méchante De tromper la saison où l'on joue, où l'on chante : « Venez, sortez, courez où sonne le plaisir ! Pourquoi restez-vous là navrant votre loisir ? Pourquoi défier vos immobiles peines ? Venez, la vie est belle, et ses coupes sont pleines ! ... Non ? Vous voulez pleurer ? Soit ! J'ai fait mon devoir : Adieu ! - quand vous rirez, je reviendrai vous voir. » Et je le vis s'enfuir comme l'oiseau s'envole ; Et je pleurai longtemps au bruit de sa parole. Mais quoi ? La fête en lui chantait si haut alors Qu'il n'entendait que ceux qui dansent au dehors. Tout change. Un an s'écoule, il revient... qu'il est pâle ! Sur son front quelle flamme a soufflé tant de hâle ? Comme il accourt tremblant ! Comme il serre ma main ! Comme ses yeux sont noirs ! Quel démon en chemin L'a saisi ? - c'est qu'il aime ! Il a trouvé son âme. Il ne me dira plus : « Que c'est lâche ! Une femme. » Triste, il m'a demandé : « C'est donc là votre enfer ? Et je riais... grand dieu ! Vous avez bien souffert ! »
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De la musique avant toute chose, Et pour cela préfère l'Impair Plus vague et plus soluble dans l'air, Sans rien en lui qui pèse ou qui pose. Il faut aussi que tu n'ailles point Choisir tes mots sans quelque méprise : Rien de plus cher que la chanson grise Où l'Indécis au Précis se joint. C'est des beaux yeux derrière des voiles, C'est le grand jour tremblant de midi, C'est, par un ciel d'automne attiédi, Le bleu fouillis des claires étoiles ! Car nous voulons la Nuance encor, Pas la Couleur, rien que la nuance ! Oh ! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor ! Fuis du plus **** la Pointe assassine, L'Esprit cruel et le Rire impur, Qui font pleurer les yeux de l'Azur, Et tout cet ail de basse cuisine ! Prends l'éloquence et tords-lui son cou ! Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la Rime assagie. Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ? O qui dira les torts de la Rime ? Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d'un sou Qui sonne creux et faux sous la lime ? De la musique encore et toujours ! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours. Que ton vers soit la bonne aventure Eparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym... Et tout le reste est littérature.
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Art poétique