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"surgit" poems
Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main. J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu. Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, Non plus comme le champ de mes rêves chéris, Mais comme un champ de mort où mes ailes semées De moi-même partout me montrent les débris. Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ; La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste Et chacun de ces flots roule un peu de mon coeur.
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Les voiles
Remportée aux cris de Vive l'Empereur ! Au milieu, l'Empereur, dans une apothéose Bleue et jaune, s'en va, raide, sur son dada Flamboyant ; très heureux, - car il voit tout en rose, Féroce comme Zeus et doux comme un papa ; En bas, les bons Pioupious qui faisaient la sieste Près des tambours dorés et des rouges canons, Se lèvent gentiment. Piton remet sa veste, Et, tourné vers le Chef, s'étourdit de grands noms ! A droite, Dumanet, appuyé sur la crosse De son chassepot, sent frémir sa nuque en brosse, Et : " Vive l'Empereur !!! " - Son voisin reste coi... Un schako surgit, comme un soleil noir... - Au centre, Boquillon rouge et bleu, très naïf, sur son ventre Se dresse, et, - présentant ses derrières - : " De quoi ?..."
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L'éclatante victoire de Sarrebruck
Ces vrais vivants qui sont les saints, Et les vrais morts qui seront nous, C'est notre double fête à tous, Comme la fleur de nos desseins, Comme le drapeau symbolique Que l'ouvrier plante gaîment Au faite neuf du bâtiment, Mais, au lieu de pierre et de brique, C'est de notre chair qu'il s'agit, Et de notre âme en ce nôtre œuvre Qui, narguant la vieille couleuvre, A force de travaux surgit. Notre âme et notre chair domptées Par la truelle et le ciment Du patient renoncement Et des heures dûment comptées. Mais il est des âmes encor, Il est des chairs encore comme En chantier, qu'à tort on dénomme Les morts, puisqu'ils vivent, trésor Au repos, mais que nos prières Seulement peuvent monnayer Pour, l'architecte, l'employer Aux grandes dépenses dernières. Prions, entre les morts, pour maints De la terre et du Purgatoire, Prions de façon méritoire Ceux de là-haut qui sont les saints.
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Toussaint
Ton arrière-train Surgit du fond des abysses Comme un aerolite, Un diamant De 3106 carats, Une pierre d'exception, Un Cullinan Que je scinde en neuf Pour chaque incarnation de ma muse Qui éclate en mille facettes Quand je lapide sa majesté.
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Nov 17, 2019
Nov 17, 2019 at 12:28 PM UTC
Ton arrière-train
A toi qui me fais chanter, A ces rêves qui résonnent, dans cette cage palpitante. La raison m’échappe; de ton odeur sur mes draps, de la douceur de tes mots. A ces instants, rien ne me paraît si beau. Et pourtant, les échos de tes pensées se répandent un peu partout, sur les murs de ma chambre et même dans cette salle bruyante, joviale,   et sombre. Mais vraiment rien n’est plus beau, que nos rires, que nos regards alambiqués, dont seuls nous détenons le sens. Si simple serait-il, que ton tourbillon ne m’emporte pas, que tes vagues ne m’assomment pas. Car ta tempête me tord, bien fort, si fort, que je ne contemple plus la Terre tourner. Bien souvent, je rêve de cet océan, où les vagues glissent sur mes pieds, m’invitant à m’enfoncer. Mais alors que je rêve, silencieuse la lame devient, car surgit la houle qui me jette sur les rives. A chaque rêve qui se meurt naît un nouveau souffle. Et je perds le sens. Mais rien n’est plus beau, rien n’est plus beau que cet été.
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Sep 10, 2019
Sep 10, 2019 at 6:57 PM UTC
A toi, à l'été
Le poème éploré se lamente ; le drame Souffre, et par vingt acteurs répand à flots son âme ; Et la foule accoudée un moment s'attendrie, Puis reprend : « Bah ! l'auteur est un homme d'esprit, Qui, sur de faux héros lançant de faux tonnerres, Rit de nous voir pleurer leurs maux imaginaires. Ma femme, calme-toi ; sèche tes yeux, ma soeur. » La foule a tort : l'esprit c'est le coeur ; le penseur Souffre de sa pensée et se brûle à sa flamme. Le poète a saigné le sang qui sort du drame ; Tous ces êtres qu'il fait l'étreignent de leurs noeuds ; Il tremble en eux, il vit en eux, il meurt en eux ; Dans sa création le poète tressaille ; Il est elle ; elle est lui ; quand dans l'ombre, il travaille, Il pleure, et s'arrachant les entrailles, les met Dans son drame, et, sculpteur, seul sur son noir sommet Pétrit sa propre chair dans l'argile sacrée ; Il y renaît sans cesse, et ce songeur qui crée Othello d'une larme, Alceste d'un sanglot, Avec eux pêle-mêle en ses oeuvres éclôt. Dans sa genèse immense et vraie, une et diverse, Lui, le souffrant du mal éternel, il se verse, Sans épuiser son flanc d'où sort une clarté. Ce qui fait qu'il est dieu, c'est plus d'humanité. Il est génie, étant, plus que les autres, homme. Corneille est à Rouen, mais son âme est à Rome ; Son front des vieux Catons porte le mâle ennui. Comme Shakspeare est pâle ! avant Hamlet, c'est lui Que le fantôme attend sur l'âpre plate-forme, Pendant qu'à l'horizon surgit la lune énorme. Du mal dont rêve Argan, Poquelin est mourant ; Il rit : oui, peuple, il râle ! Avec Ulysse errant, Homère éperdu fuit dans la brume marine. Saint Jean frissonne : au fond de sa sombre poitrine, L'Apocalypse horrible agite son tocsin. Eschyle ! Oreste marche et rugit dans ton sein, Et c'est, ô noir poète à la lèvre irritée, Sur ton crâne géant qu'est cloué Prométhée. Paris, janvier 1834.
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Le poème éploré se lamente
Le poème éploré se lamente ; le drame Souffre, et par vingt acteurs répand à flots son âme ; Et la foule accoudée un moment s'attendrie, Puis reprend : « Bah ! l'auteur est un homme d'esprit, Qui, sur de faux héros lançant de faux tonnerres, Rit de nous voir pleurer leurs maux imaginaires. Ma femme, calme-toi ; sèche tes yeux, ma soeur. » La foule a tort : l'esprit c'est le coeur ; le penseur Souffre de sa pensée et se brûle à sa flamme. Le poète a saigné le sang qui sort du drame ; Tous ces êtres qu'il fait l'étreignent de leurs noeuds ; Il tremble en eux, il vit en eux, il meurt en eux ; Dans sa création le poète tressaille ; Il est elle ; elle est lui ; quand dans l'ombre, il travaille, Il pleure, et s'arrachant les entrailles, les met Dans son drame, et, sculpteur, seul sur son noir sommet Pétrit sa propre chair dans l'argile sacrée ; Il y renaît sans cesse, et ce songeur qui crée Othello d'une larme, Alceste d'un sanglot, Avec eux pêle-mêle en ses oeuvres éclôt. Dans sa genèse immense et vraie, une et diverse, Lui, le souffrant du mal éternel, il se verse, Sans épuiser son flanc d'où sort une clarté. Ce qui fait qu'il est dieu, c'est plus d'humanité. Il est génie, étant, plus que les autres, homme. Corneille est à Rouen, mais son âme est à Rome ; Son front des vieux Catons porte le mâle ennui. Comme Shakspeare est pâle ! avant Hamlet, c'est lui Que le fantôme attend sur l'âpre plate-forme, Pendant qu'à l'horizon surgit la lune énorme. Du mal dont rêve Argan, Poquelin est mourant ; Il rit : oui, peuple, il râle ! Avec Ulysse errant, Homère éperdu fuit dans la brume marine. Saint Jean frissonne : au fond de sa sombre poitrine, L'Apocalypse horrible agite son tocsin. Eschyle ! Oreste marche et rugit dans ton sein, Et c'est, ô noir poète à la lèvre irritée, Sur ton crâne géant qu'est cloué Prométhée. Paris, janvier 1834.
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