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"serment" poems
Madrigal. Mes deux mains a l'envi disputent de leur gloire, Et dans leurs sentiments jaloux Je ne sais ce que j'en dois croire. Philis, je m'en rapporte à vous, Réglez mon amour par le vôtre : Vous savez leurs honneurs divers, La droite a mis au jour un million de vers ; Mais votre belle bouche a daigné baiser l'autre ; Adorable Philis, peut-on mieux décider, Que la droite lui doit céder ? (Réponse de Mademoiselle Serment.) Si vous parlez sincèrement Lorsque vous préférez la main gauche à la droite, De votre jugement je suis mal satisfaite. Le baiser le plus doux ne dure qu'un moment ; Un million de vers dure éternellement, Quand ils sont beaux comme les vôtres : Mais vous parlez comme un amant, Et peut-être comme un Normand ; Vendez vos coquilles à d'autres.
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À Mademoiselle Serment
Idole de ma vie, Mon tourment, mon plaisir, Dis-moi si ton envie S'accorde à mon désir ? Comme je t'aime en mes beaux jours, Je veux t'aimer toujours. Donne-moi l'espérance ; Je te l'offre en retour. Apprends-moi la constance ; Je t'apprendrai l'amour. Comme je t'aime en mes beaux jours, Je veux t'aimer toujours. Sois d'un cœur qui t'adore L'unique souvenir ; Je te promets encore Ce que j'ai d'avenir. Comme je t'aime en mes beaux jours, Je veux t'aimer toujours. Vers ton âme attirée Par le plus doux transport, Sur ta bouche adorée Laisse-moi dire encor : Comme je t'aime en mes beaux jours, Je veux t'aimer toujours.
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Le serment
Lo que siento por ti es algo demente Me mantiene despierta en las noches, no logro encontrarme en mi propia mente Mi sangre es caliente como el motor de los coches Tu beso es mi café del día Admiro tu piel suave y bronceada Dices que mis obras son una maravilla Tus greñas en mi oreja me causan una carcajada Meterme en problemas ya es una costumbre contigo Entiende que todo tiene un significado Piérdete en el sendero conmigo Ya ni sé cuántas veces he pecado Mis pensamientos hacia ti no se pueden comparar He aprendido la diferencia entre pedir y conseguir Tus ausencias me han enseñado a llorar Y con los años te he dejado ir Tus recuerdos se quedaron grabados en mi ser Duele ver las fotos Y te he dejado de querer Ahora todo lo veo como uno de mis grandes sucesos tontos Meterme en problemas ya es una costumbre conmigo Entiende que todo ha cambiada Al amor ya no le veo sentido Y no me arrepiento de haberte dejado Mis pensamientos hacia ti no se pueden comparar He aprendido la diferencia entre perder y dejar ir Tus ausencias me han enseñado a avanzar Y con los años he vuelto a sonreír Lo mejor que uno puede hacer es ser feliz Probando nuevas bocas Ahora te desvaneces como el anís Con mi presencia ya no te enfocas Las horas me enseñaron a ser fuerte Ya no me hace falta de tu calor He aprendido a detenerte Y ya ni siento ningún dolor Meterme en problemas, eso ya no lo persigo Entiendo que el camino está cerrado El amor ya no le visto Y no me arrepiento de haber progresado Mis pensamientos hacia ti ya no los puedo imaginar He aprendido la diferencia de ser feliz y consumir Tus ausencias me han enseñado a superar Y con los años dejé de sentir En fin, con esto te agradezco por darme una lección Te puede traicionar la persona que más amas Pero es tu decisión si quieres que sea tu nueva adicción No tengas tus expectativas altas - Andrea Serment Ch.
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Feb 20, 2017
Feb 20, 2017 at 8:43 PM UTC
Desvaneces lentamente
Lo que siento por ti es algo demente Me mantiene despierta en las noches, no logro encontrarme en mi propia mente Mi sangre es caliente como el motor de los coches Tu beso es mi café del día Admiro tu piel suave y bronceada Dices que mis obras son una maravilla Tus greñas en mi oreja me causan una carcajada Meterme en problemas ya es una costumbre contigo Entiende que todo tiene un significado Piérdete en el sendero conmigo Ya ni sé cuántas veces he pecado Mis pensamientos hacia ti no se pueden comparar He aprendido la diferencia entre pedir y conseguir Tus ausencias me han enseñado a llorar Y con los años te he dejado ir Tus recuerdos se quedaron grabados en mi ser Duele ver las fotos Y te he dejado de querer Ahora todo lo veo como uno de mis grandes sucesos tontos Meterme en problemas ya es una costumbre conmigo Entiende que todo ha cambiada Al amor ya no le veo sentido Y no me arrepiento de haberte dejado Mis pensamientos hacia ti no se pueden comparar He aprendido la diferencia entre perder y dejar ir Tus ausencias me han enseñado a avanzar Y con los años he vuelto a sonreír Lo mejor que uno puede hacer es ser feliz Probando nuevas bocas Ahora te desvaneces como el anís Con mi presencia ya no te enfocas Las horas me enseñaron a ser fuerte Ya no me hace falta de tu calor He aprendido a detenerte Y ya ni siento ningún dolor Meterme en problemas, eso ya no lo persigo Entiendo que el camino está cerrado El amor ya no le visto Y no me arrepiento de haber progresado Mis pensamientos hacia ti ya no los puedo imaginar He aprendido la diferencia de ser feliz y consumir Tus ausencias me han enseñado a superar Y con los años dejé de sentir En fin, con esto te agradezco por darme una lección Te puede traicionar la persona que más amas Pero es tu decisión si quieres que sea tu nueva adicción No tengas tus expectativas altas - Andrea Serment Ch.
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Chanson. Voulant, ô ma douce moitié, T'assurer que mon amitié Ne se verra jamais finie, Je fis, pour t'en assurer mieux Un serment juré par mes yeux Et par mon cœur et par ma vie. Tu jures ce qui n'est à toi ; Ton cœur et tes yeux sont à moi D'une promesse irrévocable, Ce médis-tu. Hélas ! au moins Reçoit mes larmes pour témoins Que ma parole est véritable ! Alors, Belle, tu me baisas, Et doucement désattisas Mon feu, d'un gracieux visage : Puis tu fis signe de ton œil, Que tu recevais bien mon deuil Et mes larmes pour témoignage.
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Ô ma douce moitié
Qu'as-tu fait d'un aveu doux à ton espérance ? Mes pleurs, qu'en as-tu fait ? Ton bonheur d'un moment. Les secrets de mon âme ont aigri ta souffrance, Et, pour y croire enfin, tu voulus un serment. Le serment est livré : tu ne crois pas encore, Tu doutes des parfums en respirant les fleurs ; Tu voudrais ajouter des rayons à l'aurore, Au soleil des flambeaux, à l'iris des couleurs. Incrédule, inquiète, ingrate jalousie ! Amour, aveugle amour qui méconnaît l'amour ! Qui regarde un ciel pur, et demande le jour ; Oh ! que je... que je t'aime, aimable frénésie !
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La jalousie
Vous souvient-il de cette jeune amie, Au regard tendre, au maintien sage et doux ? À peine, hélas ! au printemps de sa vie, Son cœur sentit qu'il était fait pour vous. Point de serment, point de vaine promesse : Si jeune encore, on ne les connaît pas ; Son âme pure aimait avec ivresse, Et se livrait sans honte et sans combats. Elle a perdu son idole chérie ; Bonheur si doux a duré moins qu'un jour ! Elle n'est plus au printemps de sa vie : Elle est encore à son premier amour.
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Le premier amour
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VII)
VII. Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille, Ses rubans et sa croix, après cette bataille Et ce coup de lacet, Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue, N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue Qui vous éclaboussait ? Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore ! Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore, Et ce qu'elle promit. Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée Car il est parmi vous plus d'une âme accablée Qui songe et qui frémit ! Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ; Fils de la république et fils de la chaumière, Que l'honneur échauffait, Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre, Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre, Que vous ont-elles fait ? Après qui marchez-vous, ô légion trompée ? L'homme à qui vous avez prostitué l'épée, Ce criminel flagrant, Cet aventurier vil en qui vous semblez croire, Sera Napoléon le Petit dans l'histoire, Ou Cartouche le Grand. Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière Le serment, le devoir, la loyauté guerrière, Le droit aux vents jeté, La révolution sur ce grand siècle empreinte, Le progrès, l'avenir, la République sainte, La sainte Liberté, Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres, Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres, Lui, ce nain tout-puissant, Qui préside l'orgie immonde et triomphale, Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale L'affreux hoquet du sang ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Madame, vous étiez petite, J'avais douze ans ; Vous oubliez vos courtisans Bien vite ! Je ne voyais que vous au jeu Parmi les autres ; Mes doigts frôlaient parfois les vôtres Un peu... Comme à la première visite Faite au rosier, Le papillon sans appuyer Palpite, Et de feuille en feuille, hésitant, S'approche, et n'ose Monter droit au miel que la rose Lui tend, Tremblant de ses premières fièvres, Mon cœur n'osait Voler droit, des doigts qu'il baisait, Aux lèvres. Je sentais en moi, tour à tour, Plaisir et peine, Un mélange d'aise et de gêne : L'amour. L'amour à douze ans ! Oui, madame, Et vous aussi, N'aviez-vous pas quelque souci De femme ? Vous faisiez beaucoup d'embarras, Très occupée De votre robe, une poupée Au bras. Si j'adorais, trop tôt poète, Vos petits pieds, Trop tôt belle, vous me courbiez La tête. Nous menâmes si bien, un soir, Le badinage, Que nous nous mîmes en ménage, Pour voir. Vous parliez de bijoux de noces, Moi du serment, Car nous étions différemment Précoces. On fit la dînette, on dansa ; Vous prétendîtes Qu'il n'est noces proprement dites Sans ça. Vous goûtiez la plaisanterie Tant que bientôt J'osai vous appeler tout haut : Chérie, Et je vous ai (car je rêvais) Baisé la joue ; Depuis ce soir-là je ne joue Jamais.
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Enfantillage
Ils me disent que tu me trompes. D'abord, qu'est-ce que ça leur fait ? Chère frivole, que tu rompes Un serment que tu n'as pas fait ? Ils me disent que t'es méchante Envers moi, - moi, qui suis si bon ! Toi méchante ! Qu'un autre chante Ce refrain très **** d'être bon Méchante, toi qui toujours m'offres Un sourire amusant toujours, Toi, ma reine, qui de tes coffres Me puise des trésors toujours. Ils me disent et croient bien dire, Ô toi que tu ne m'aimes pas ? Que m'importe, j'ai ton sourire, Et puis tu ne m'aimerais pas ? Tu ne m'aimes ? Et la grâce Et la force de ta beauté. Tu me les donnes, grande et grasse Et voluptueuse beauté. Tu ne m'aimes pas? Et quand même Ce serait vrai, qu'est-ce que fait ? « Si tu ne m'aimes pas, je t'aime. » - Mais tu m'aimes, dis, par le fait.
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Ils me disent que tu me trompes
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène, D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement. Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l'époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre Se tenait à la barre et coupait le flot noir, Mais le calme héros, courbé sur sa rapière, Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
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Don Juan aux enfers
Le ciel si pâle et les arbres si grêles Semblent sourire à nos costumes clairs Qui vont flottant légers avec des airs De nonchalance et des mouvements d'ailes. Et le vent doux ride l'humble bassin, Et la lueur du soleil qu'atténue L'ombre des bas tilleuls de l'avenue Nous parvient bleue et mourante à dessein. Trompeurs exquis et coquettes charmantes, Coeurs tendres mais affranchis du serment, Nous devisons délicieusement, Et les amants lutinent les amantes De qui la main imperceptible sait Parfois donner un souffle qu'on échange Contre un baiser sur l'extrême phalange Du petit doigt, et comme la chose est Immensément excessive et farouche, On est puni par un regard très sec, Lequel contraste, au demeurant, avec La moue assez clémente de la bouche.
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À la promenade
HARMODIUS La nuit vient. Vénus brille. L'ÉPÉE Harmodius, c'est l'heure ! LA BORNE DU CHEMIN Le tyran va passer. HARMODIUS J'ai froid, rentrons. UN TOMBEAU Demeure. HARMODIUS Qu'es-tu ? LE TOMBEAU Je suis la tombe. - Exécute, ou péris. UN NAVIRE A L'HORIZON Je suis la tombe aussi, j'emporte les proscrits. L'ÉPÉE Attendons le tyran. HARMODIUS J'ai froid. Quel vent ! LE VENT Je passe. Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace Les cris des exilés, de misère expirants, Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents, Meurent en regardant du côté de la Grèce. VOIX DANS L'AIR Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse ! L'ÉPÉE C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend. LA TERRE Je suis pleine de morts. LA MER Je suis rouge de sang. Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre. LA TERRE Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre. À chaque pas qu'il fait sous le clair firmament, Je les sens s'agiter en moi confusément. UN FORÇAT Je suis forçat, voici la chaîne que je porte, Hélas ! pour n'avoir pas chassé **** de ma porte Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen. L'ÉPÉE Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien. LA LOI J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée. LA JUSTICE De moi, prêtresse, il fait une prostituée. LES OISEAUX Il a retiré l'air des cieux, et nous fuyons. LA LIBERTÉ Je m'enfuis avec eux ; - ô terre sans rayons, Grèce, adieu ! UN VOLEUR Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître Que respecte le juge et qu'admire le prêtre, Qu'on accueille partout de cris encourageants, Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens. LE SERMENT Dieux puissants ! à jamais fermez toutes les bouches ! La confiance est morte au fond des cœurs farouches. Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez ! Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez L'honneur et la vertu, cette sombre chimère ! LA PATRIE Mon fils, je suis aux fers ! Mon fils, je suis ta mère ! Je tends les bras vers toi du fond de ma prison. HARMODIUS Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison ! Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne ! Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne, En présence de l'ombre et de l'immensité ! LA CONSCIENCE Tu peux tuer cet homme avec tranquillité. Jersey, le 25 octobre.
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Le bord de la mer
HARMODIUS La nuit vient. Vénus brille. L'ÉPÉE Harmodius, c'est l'heure ! LA BORNE DU CHEMIN Le tyran va passer. HARMODIUS J'ai froid, rentrons. UN TOMBEAU Demeure. HARMODIUS Qu'es-tu ? LE TOMBEAU Je suis la tombe. - Exécute, ou péris. UN NAVIRE A L'HORIZON Je suis la tombe aussi, j'emporte les proscrits. L'ÉPÉE Attendons le tyran. HARMODIUS J'ai froid. Quel vent ! LE VENT Je passe. Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace Les cris des exilés, de misère expirants, Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents, Meurent en regardant du côté de la Grèce. VOIX DANS L'AIR Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse ! L'ÉPÉE C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend. LA TERRE Je suis pleine de morts. LA MER Je suis rouge de sang. Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre. LA TERRE Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre. À chaque pas qu'il fait sous le clair firmament, Je les sens s'agiter en moi confusément. UN FORÇAT Je suis forçat, voici la chaîne que je porte, Hélas ! pour n'avoir pas chassé **** de ma porte Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen. L'ÉPÉE Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien. LA LOI J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée. LA JUSTICE De moi, prêtresse, il fait une prostituée. LES OISEAUX Il a retiré l'air des cieux, et nous fuyons. LA LIBERTÉ Je m'enfuis avec eux ; - ô terre sans rayons, Grèce, adieu ! UN VOLEUR Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître Que respecte le juge et qu'admire le prêtre, Qu'on accueille partout de cris encourageants, Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens. LE SERMENT Dieux puissants ! à jamais fermez toutes les bouches ! La confiance est morte au fond des cœurs farouches. Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez ! Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez L'honneur et la vertu, cette sombre chimère ! LA PATRIE Mon fils, je suis aux fers ! Mon fils, je suis ta mère ! Je tends les bras vers toi du fond de ma prison. HARMODIUS Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison ! Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne ! Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne, En présence de l'ombre et de l'immensité ! LA CONSCIENCE Tu peux tuer cet homme avec tranquillité. Jersey, le 25 octobre.
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Chanson IV. Plus étroit que la vigne à l'Ormeau se marie, De bras souplement forts, Du lien de tes mains, maîtresse, je te prie, Enlace-moi le corps. Et feignant de dormir, d'une mignarde face Sur mon front penche-toi ; Inspire, en me baisant, ton haleine et ta grâce Et ton cœur dedans moi. Puis appuyant ton sein sur le mien qui se pâme, Pour mon mal apaiser, Serre plus fort mon col, et me redonne l'âme Par l'esprit d'un baiser. Si tu me fais ce bien, par tes yeux je te jure, Serment qui m'est si cher, Que de tes bras aimez jamais autre aventure Ne pourra m'arracher. Mais souffrant doucement le joug de ton Empire, Tant soit-il rigoureux, Dans les champs Élysez un même navire Nous passera tous deux. Là, morts de trop aimer, sous les branches Myrtilles Nous verrons tous les jours Les anciens Héros auprès des Héroïnes Ne parler que d'amours. Tantôt nous danserons par les fleurs des rivages Sous maints accords divers, Tantôt lassés du bal irons sous les ombrages Des Lauriers toujours verts ; Où le mollet Zéphyr en haletant secoue De soupirs printaniers Ores les Orangers, ores mignard se joue Entre les Citronniers. Là du plaisant Avril la saison immortelle Sans échange le suit : La terre, sans labeur, de sa grasse mamelle, Toute chose y produit. D'en bas la troupe sainte autrefois amoureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s'estimant bienheureuse De s'accointer (1) de nous. Puis nous faisant asseoir dessus l'herbe fleurie, De toutes au milieu, Nulle, en se retirant, ne sera point marrie De nous quitter son lieu ; Non celle (2) qu'un Taureau sous une peau menteuse Emporta par la mer ; Non celle (3) qu'Apollon vu, vierge dépiteuse, En Laurier se former ; Ni celles qui s'en vont toutes tristes ensemble, Artemise et Didon ; Ni cette belle Grecque, à qui ta beauté semble Comme tu fais de nom. 1. S'accointer : S'approcher, se lier. 2. Europe. 3. Daphné.
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Chanson (I)
Chanson IV. Plus étroit que la vigne à l'Ormeau se marie, De bras souplement forts, Du lien de tes mains, maîtresse, je te prie, Enlace-moi le corps. Et feignant de dormir, d'une mignarde face Sur mon front penche-toi ; Inspire, en me baisant, ton haleine et ta grâce Et ton cœur dedans moi. Puis appuyant ton sein sur le mien qui se pâme, Pour mon mal apaiser, Serre plus fort mon col, et me redonne l'âme Par l'esprit d'un baiser. Si tu me fais ce bien, par tes yeux je te jure, Serment qui m'est si cher, Que de tes bras aimez jamais autre aventure Ne pourra m'arracher. Mais souffrant doucement le joug de ton Empire, Tant soit-il rigoureux, Dans les champs Élysez un même navire Nous passera tous deux. Là, morts de trop aimer, sous les branches Myrtilles Nous verrons tous les jours Les anciens Héros auprès des Héroïnes Ne parler que d'amours. Tantôt nous danserons par les fleurs des rivages Sous maints accords divers, Tantôt lassés du bal irons sous les ombrages Des Lauriers toujours verts ; Où le mollet Zéphyr en haletant secoue De soupirs printaniers Ores les Orangers, ores mignard se joue Entre les Citronniers. Là du plaisant Avril la saison immortelle Sans échange le suit : La terre, sans labeur, de sa grasse mamelle, Toute chose y produit. D'en bas la troupe sainte autrefois amoureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s'estimant bienheureuse De s'accointer (1) de nous. Puis nous faisant asseoir dessus l'herbe fleurie, De toutes au milieu, Nulle, en se retirant, ne sera point marrie De nous quitter son lieu ; Non celle (2) qu'un Taureau sous une peau menteuse Emporta par la mer ; Non celle (3) qu'Apollon vu, vierge dépiteuse, En Laurier se former ; Ni celles qui s'en vont toutes tristes ensemble, Artemise et Didon ; Ni cette belle Grecque, à qui ta beauté semble Comme tu fais de nom. 1. S'accointer : S'approcher, se lier. 2. Europe. 3. Daphné.
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