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"semblables" poems
Après la chose faite, après le coup porté Après le joug très dur librement accepté, Et le fardeau plus lourd que le ciel et la terre, Levé d'un dos vraiment et gaîment volontaire, Après la bonne haine et la chère rancœur. Le rêve de tenir, implacable vainqueur. Les ennemis du cœur et de l'âme et les autres ; De voir couler des pleurs plus affreux que les nôtres De leurs yeux dont on est le Moïse au rocher, Tout ce train mis en fuite, et courez le chercher ! Alors on est content comme au sortir d'un rêve, On se retrouve net, clair, simple, on sent que crève Un abcès de sottise et d'erreur, et voici Que de l'éternité, symbole en raccourci Toute une plénitude afflue, aime et s'installe, L'être palpite entier dans la forme totale. Et la chair est moins faible et l'esprit moins prompt ; Désormais, on le sait, on s'y tient, fleuriront Le lys du faire pur, celui du chaste dire, Et, si daigne Jésus, la rose du martyre. Alors on trouve, ô Jésus si lent à vous venger, Combien doux est le joug et le fardeau léger ! Charité la plus forte entre toutes les Forces, Tu veux dire, saint piège aux célestes amorces, Les mains tendres du fort, de l'heureux et du grand Autour du sort plaintif du faible et du souffrant. Le regard franc du riche au pauvre exempt d'envie Ou jaloux, et ton nom encore signifie Quelle douceur choisie, et quel droit dévouement, Et ce tact virginal, et l'ange exactement ! Mais l'ange est innocent, essence bienheureuse. Il n'a point à passer par notre vie affreuse Et toi, Vertu sans pair, presqu'Une, n'es-tu pas Humaine en même temps que divine, ici-bas ? Aussi la conscience a dû, pour des fins sûres. Surtout sentir en toi le pardon des injures. Par toi nous devenons semblables à Jésus Portant sa croix infâme et qui, cloué dessus, Priait pour ses bourreaux d'Israël et de Rome, À Jésus qui, du moins, homme avec tout d'un homme, N'avait lui jamais eu de torts de son côté, Et, par Lui, tu nous fais croire en l'éternité.
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Après la chose faite, après le coup porté
Après la chose faite, après le coup porté Après le joug très dur librement accepté, Et le fardeau plus lourd que le ciel et la terre, Levé d'un dos vraiment et gaîment volontaire, Après la bonne haine et la chère rancœur. Le rêve de tenir, implacable vainqueur. Les ennemis du cœur et de l'âme et les autres ; De voir couler des pleurs plus affreux que les nôtres De leurs yeux dont on est le Moïse au rocher, Tout ce train mis en fuite, et courez le chercher ! Alors on est content comme au sortir d'un rêve, On se retrouve net, clair, simple, on sent que crève Un abcès de sottise et d'erreur, et voici Que de l'éternité, symbole en raccourci Toute une plénitude afflue, aime et s'installe, L'être palpite entier dans la forme totale. Et la chair est moins faible et l'esprit moins prompt ; Désormais, on le sait, on s'y tient, fleuriront Le lys du faire pur, celui du chaste dire, Et, si daigne Jésus, la rose du martyre. Alors on trouve, ô Jésus si lent à vous venger, Combien doux est le joug et le fardeau léger ! Charité la plus forte entre toutes les Forces, Tu veux dire, saint piège aux célestes amorces, Les mains tendres du fort, de l'heureux et du grand Autour du sort plaintif du faible et du souffrant. Le regard franc du riche au pauvre exempt d'envie Ou jaloux, et ton nom encore signifie Quelle douceur choisie, et quel droit dévouement, Et ce tact virginal, et l'ange exactement ! Mais l'ange est innocent, essence bienheureuse. Il n'a point à passer par notre vie affreuse Et toi, Vertu sans pair, presqu'Une, n'es-tu pas Humaine en même temps que divine, ici-bas ? Aussi la conscience a dû, pour des fins sûres. Surtout sentir en toi le pardon des injures. Par toi nous devenons semblables à Jésus Portant sa croix infâme et qui, cloué dessus, Priait pour ses bourreaux d'Israël et de Rome, À Jésus qui, du moins, homme avec tout d'un homme, N'avait lui jamais eu de torts de son côté, Et, par Lui, tu nous fais croire en l'éternité.
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VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (VIII)
VIII. Ô Dieu, puisque voilà ce qu'a fait cette armée, Puisque, comme une porte est barrée et fermée, Elle est sourde à l'honneur, Puisque tous ces soldats rampent sans espérance, Et puisque dans le sang ils ont éteint la France, Votre flambeau, Seigneur ! Puisque la conscience en deuil est sans refuge Puisque le prêtre assis dans la chaire, et le juge D'hermine revêtu, Adorent le succès, seul vrai, seul légitime, Et disent qu'il vaut mieux réussir par le crime, Que choir par la vertu ; Puisque les âmes sont pareilles à des filles ; Puisque ceux-là sont morts qui brisaient les bastilles, Ou bien sont dégradés ; Puisque l'abjection, aux conseils misérables, Sortant de tous les cœurs, fait les bouches semblables Aux égouts débordés ; Puisque l'honneur décroît pendant que César monte ; Puisque dans ce Paris on n'entend plus, ô honte, Que des femmes gémir ; Puisqu'on n'a plus de cœur devant les grandes tâches, Puisque les vieux faubourgs, tremblant comme des lâches Font semblant de dormir, Ô Dieu vivant, mon Dieu ! prêtez-moi votre force, Et, moi qui ne suis rien, j'entrerai chez ce corse Et chez cet inhumain ; Secouant mon vers sombre et plein de votre flamme, J'entrerai là, Seigneur, la justice dans l'âme Et le fouet à la main, Et, retroussant ma manche ainsi qu'un belluaire, Seul, terrible, des morts agitant le suaire Dans ma sainte fureur, Pareil aux noirs vengeurs devant qui l'on se sauve, J'écraserai du pied l'antre et la bête fauve, L'empire et l'empereur ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Tes cheveux de braise, Peu semblables à ceux des autres marseillaises ; Et tes beaux yeux ! Ah... Plus prêts de moi, je les veux ! Et ton parfum exotique, Dans le creux où se réfugie Ta croix catholique ; Dans ma tête, tout s'assagit ! Ton corps aphroditien, Enfant bénie du feu, Si tu le veux, je suis tiens... – Muse ! Tu fais des envieux. Tu es précieuse Comme une nébuleuse. Sous le soleil à peine chaud, Oublie tes maux... Partage moi ton lyrisme, Qui m'inspire, Comme ta belle voix de lyre : "Quel érotisme !"
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Apr 5, 2025
Apr 5, 2025 at 3:29 PM UTC
Érato
La vie n'est pas toujours juste, on le dit souvent. La vie nous joue tout son jeu de cartes. Normal que ce n'est pas toujours bleu-ciel. Mais pourquoi dire que le problème de l'homme, c'est l'homme ? Cette déduction, on la tire à partir des faits semblables. On peut être Maître de nos décisions, mais pas Maître de la vie. Fait ce qu tu veux, mais tu ne peux pas influencer sur ce que la vie veut. Quand on arrive à ce point, le sage ne combat plus, le moins avisé renforce son armure et court à sa perte. Est-il alors son problème ?
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Dec 31, 2021
Dec 31, 2021 at 2:34 PM UTC
Si notre ennemi n'était pas nous, mais la vie
Criminel ! Tu m'as appelé criminel. Tout cela parce que, malgré tout ce que j'avais prétendu être, j'ai fini par tuer. J'avais pourtant résisté à la tentation. J'avais usé tant de stratagèmes et même prétendu que pour rien au monde, moi, sain de corps et d'esprit, moi, animal parmi les animaux, je ne mettrais fin à l'existence de l'un de mes congénères. J'avais juré sur tout ce que j'avais de plus cher au monde que jamais je n'arriverais à cette extrémité finale. Jamais je ne tuerais un de mes semblables. Pire ! Je riais de toi, la meurtrière. Je te faisais la morale. Au diable les allergies que tu me soumettais comme excuses pour pouvoir commettre tes meurtres en série. Je te disais même en bon prêcheur que nous étions tous des créatures de Dieu alors que je ne crois même pas en Dieu. Je disais que tuer une fois c'était comme tuer mille fois, qu'il n'y avait pas de petite mort et patati et patata et qu'une fois qu'on avait mis le doigt dans l'engrenage on n'avait plus aucun pouvoir sur la gâchette. Mais voilà tout ça c'est désormais le passé. Oui voilà c'est désormais chose faite. Je te rejoins sur le banc des accusés. Meurtrier ! Meurtrier ! Meurtrier ! J'ai tué. Je suis un criminel. Ne me condamnez pas à la chaise électrique. J'ai des circonstances atténuantes, Madame le Juge d'Assise, ayez pitié du primo récidiviste. Une erreur de vieillesse mérite le sursis. J'avais pourtant essayé le vinaigre, je vous le jure, pour me débarrasser de ces vandales. L'essence de citronnelle. J'avais mis le ventilo et la clim. Rien n'y faisait. C'est alors que m'est venue une nuit vers deux heures du matin la lumière. C'est ainsi que j'exécutai sans états d'âme 12 moustiques des plus virulents à la raquette électrique. Il n'y a pas de petit crime, de crime véniel et de crime mortel, votre honneur ! J'ai tué, j'ai tué de sang froid et les veufs et veuves et les orphelins de mes victimes me hantent et me hanteront de génération en génération... Criminel ! Criminel ! Criminel !
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Aug 25, 2019
Aug 25, 2019 at 8:12 AM UTC
Criminel !
Criminel ! Tu m'as appelé criminel. Tout cela parce que, malgré tout ce que j'avais prétendu être, j'ai fini par tuer. J'avais pourtant résisté à la tentation. J'avais usé tant de stratagèmes et même prétendu que pour rien au monde, moi, sain de corps et d'esprit, moi, animal parmi les animaux, je ne mettrais fin à l'existence de l'un de mes congénères. J'avais juré sur tout ce que j'avais de plus cher au monde que jamais je n'arriverais à cette extrémité finale. Jamais je ne tuerais un de mes semblables. Pire ! Je riais de toi, la meurtrière. Je te faisais la morale. Au diable les allergies que tu me soumettais comme excuses pour pouvoir commettre tes meurtres en série. Je te disais même en bon prêcheur que nous étions tous des créatures de Dieu alors que je ne crois même pas en Dieu. Je disais que tuer une fois c'était comme tuer mille fois, qu'il n'y avait pas de petite mort et patati et patata et qu'une fois qu'on avait mis le doigt dans l'engrenage on n'avait plus aucun pouvoir sur la gâchette. Mais voilà tout ça c'est désormais le passé. Oui voilà c'est désormais chose faite. Je te rejoins sur le banc des accusés. Meurtrier ! Meurtrier ! Meurtrier ! J'ai tué. Je suis un criminel. Ne me condamnez pas à la chaise électrique. J'ai des circonstances atténuantes, Madame le Juge d'Assise, ayez pitié du primo récidiviste. Une erreur de vieillesse mérite le sursis. J'avais pourtant essayé le vinaigre, je vous le jure, pour me débarrasser de ces vandales. L'essence de citronnelle. J'avais mis le ventilo et la clim. Rien n'y faisait. C'est alors que m'est venue une nuit vers deux heures du matin la lumière. C'est ainsi que j'exécutai sans états d'âme 12 moustiques des plus virulents à la raquette électrique. Il n'y a pas de petit crime, de crime véniel et de crime mortel, votre honneur ! J'ai tué, j'ai tué de sang froid et les veufs et veuves et les orphelins de mes victimes me hantent et me hanteront de génération en génération... Criminel ! Criminel ! Criminel !
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