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"seins" poems
Alles, was bleibt, ist ein Riss, genau in der Mitte des Seins. Lass mich nicht die sein, die an allen Standpunkten teilhaben muss, nicht die, die mit Stift und Worten Angst zu bekämpfen vermag, nicht die, die sich im- mer brav rechts auf den Weg hält, die, deren Blick immer Fremdens Füße begutachten, nicht die, die sich ohne eine Tasse Koffein wachhalten versucht, die, die überhaupt nur zu den traurigen Songs tanzt, die, deren Herz sich nur schwer erwärmen lässt, die, mit den melancholischen Augen den Raum er- misst Someone taught me to be me - Es sind die Kämpfe mit meinem Selbst, die sich in meine Haut gebrannt haben, die Angst vor höheren Mächten, die meine Augenringe abzeichnen, es ist das große Vielleicht von dir, dass mich zittern lässt.
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Jul 30, 2014
Jul 30, 2014 at 5:56 AM UTC
I; the shortest word with the longest story
Je sais que tu ne peux toujours pas m'oublier, comme ta belle histoire. Tu ne peux pas oublier mon nom non plus, c'est comme chuchoter "bonsoir". Je veux oublier comment tu prononces mon nom, mais je n'arrive pas à me souvenir d'admettre que tu l'as dit le mieux. Peut-être que je le ferais enfin si seulement tu me disais aussi s'il y a quelqu'un qui pourrait t'embrasser mieux que moi. Même si mes amis me coupaient la tête parce que je pense encore à toi dix mois plus **** même si le monde entier me faisait un procès parce que je continue à essayer d'écrire sur toi après un an, je me brosserais les cheveux, remonte mes seins, je mettrais mon trousseau, réparer ma jupe je me tiendrais devant une vitre et je dirais: "Qu'ils mangent du brioche!" mais pas après que tu aies encore goûté à mon gâteau. Mais pas après que tu aies encore goûté à mon gâteau, encore et encore...
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Sep 13, 2024
Sep 13, 2024 at 12:53 AM UTC
Gâteau Gâgeaux
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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L'agonisant
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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L'Amour de l'Amour
I. Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ; C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève, Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux. Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures, Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels, Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures, Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels. Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ; C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse, Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau. Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange, Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau, Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange, Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau ! Aimez l'antique amour du règne de Saturne, Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché, Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne, Un baiser invisible aux lèvres de Psyché ! Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme, Lui dont la caravane humaine allait rêvant, Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme, Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent. Il revient ; le voici : son aurore éternelle A frémi comme un monde au ventre de la nuit, C'est le commencement des rumeurs de son aile ; Il veille sur le sage, et la vierge le suit. Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes, C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois, C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits. Il palpite toujours sous les tentes de toile, Au fond de tous les cris et de tous les secrets ; C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ; L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts. La source le pleurait, car il sera la mousse, Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit, Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce Qui fera reculer toute ombre et toute nuit. Le voici qui retourne à nous, son règne est proche, Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez ! Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche, Amour dans les déserts, amour dans les cités ! Amour sur l'Océan, amour sur les collines ! Amour dans les grands lys qui montent des vallons ! Amour dans la parole et les brises câlines ! Amour dans la prière et sur les violons ! Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres ! Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts ! Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres ! Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix ! Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles ! Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux ! Amour dans les couvents : anges, battez des ailes ! Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous ! II. Mais adorez l'Amour terrible qui demeure Dans l'éblouissement des futures Sions, Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
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Avez-vous vu, dans Barcelone, Une Andalouse au sein bruni ? Pâle comme un beau soir d'automne ! C'est ma maîtresse, ma lionne ! La marquesa d'Amaëgui ! J'ai fait bien des chansons pour elle, Je me suis battu bien souvent. Bien souvent j'ai fait sentinelle, Pour voir le coin de sa prunelle, Quand son rideau tremblait au vent. Elle est à moi, moi seul au monde. Ses grands sourcils noirs sont à moi, Son corps souple et sa jambe ronde, Sa chevelure qui l'inonde, Plus longue qu'un manteau de roi ! C'est à moi son beau col qui penche Quand elle dort dans son boudoir, Et sa basquina sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir ! Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille Sous la frange de ses réseaux, Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de Castille, On se ferait rompre les os. Qu'elle est superbe en son désordre, Quand elle tombe, les seins nus, Qu'on la voit, béante, se tordre Dans un baiser de rage, et mordre En criant des mots inconnus ! Et qu'elle est folle dans sa joie, Lorsqu'elle chante le matin, Lorsqu'en tirant son bas de soie, Elle fait, sur son flanc qui ploie, Craquer son corset de satin ! Allons, mon page, en embuscades ! Allons ! la belle nuit d'été ! Je veux ce soir des sérénades A faire damner les alcades De Tolose au Guadalété.
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L'andalouse
Parfums, couleurs, systèmes, lois ! Les mots ont peur comme des poules. La chair sanglote sur la croix. Pied, c'est du rêve que tu foules, Et partout ricane la voix, La voix tentatrice des foules. Cieux bruns où nagent nos desseins, Fleurs qui n'êtes pas le calice, Vin et ton geste qui se glisse, Femme et l'oeillade de tes seins, Nuit câline aux frais traversins, Qu'est-ce que c'est que ce délice, Qu'est-ce que c'est que ce supplice, Nous les damnés et vous les Saints ?
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Parfums, couleurs, systèmes, lois
I hereby sing to Winter, to Death and to Fall, to listen to the plea that rips through my throat: to descend upon this bed, far from your own; pour qu'ils arrachent vite de ma poitrine ta fleur qui pousse depuis le coeur, mon corps traversé par ses épines faites d'espoir, à force des larmes aiguisés. I hereby sing to Silence, to Quiet and to Calm, to please come and deaden the voices that call with words so complicated, I cannot comprehend qui poussaient de ta langue, bouche que moi j'ose désirer; des phrases qui m'ont promis pouvoir la mer traverser, des chants qui sortent de **** des lèvres étrangers. I hereby sing to Sleep, to Dreams and to Dark to come to my rescue and let my lids abide; that Morpheus he may take me by his hand to your side; et même si ce n'est qu'Iris qui touche mes mains, elle connaît tes seins, tes yeux, ton bassin, et en mes rêves me laisse un cher gout à toi.
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May 4, 2015
May 4, 2015 at 5:33 PM UTC
I hereby sing to Winter
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Les pauvres à l'église
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Blanche fille aux cheveux roux, Dont la robe par ses trous Laisse voir la pauvreté Et la beauté, Pour moi, poète chétif, Ton jeune corps maladif, Plein de taches de rousseur, A sa douceur. Tu portes plus galamment Qu'une reine de roman Ses cothurnes de velours Tes sabots lourds. Au lieu d'un haillon trop court, Qu'un superbe habit de cour Traîne à plis bruyants et longs Sur tes talons ; En place de bas troués, Que pour les yeux des roués Sur ta jambe un poignard d'or Reluise encor ; Que des noeuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes deux beaux seins, radieux Comme des yeux ; Que pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et chassent à coups mutins Les doigts lutins, Perles de la plus belle eau, Sonnets de maître Belleau Par tes galants mis aux fers Sans cesse offerts, Valetaille de rimeurs Te dédiant leurs primeurs Et contemplant ton soulier Sous l'escalier, Maint page épris du hasard, Maint seigneur et maint Ronsard Épieraient pour le déduit Ton frais réduit ! Tu compterais dans tes lits Plus de baisers que de lis Et rangerais sous tes lois Plus d'un Valois ! - Cependant tu vas gueusant Quelque vieux débris gisant Au seuil de quelque Véfour De carrefour ; Tu vas lorgnant en dessous Des bijoux de vingt-neuf sous Dont je ne puis, oh ! pardon ! Te faire don. Va donc ! sans autre ornement, Parfum, perles, diamant, Que ta maigre nudité, Ô ma beauté !
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À une mendiante rousse
Le jeune homme dont l'oeil est brillant, la peau brune, Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu, Et qu'eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu, Impétueux avec des douceurs virginales Et noires, fier de ses premiers entêtements, Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales, Qui se retournent sur des lits de diamants ; Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde, Tressaille dans son coeur largement irrité, Et plein de la blessure éternelle et profonde, Se prend à désirer sa soeur de charité. Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce, Tu n'es jamais la Soeur de charité, jamais, Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse, Ni doigts légers, ni seins splendidement formés. Aveugle irréveillée aux immenses prunelles, Tout notre embrassement n'est qu'une question : C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles, Nous te berçons, charmante et grave Passion. Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances, Et les brutalités souffertes autrefois, Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances, Comme un excès de sang épanché tous les mois. - Quand la femme, portée un instant, l'épouvante, Amour, appel de vie et chanson d'action, Viennent la Muse verte et la Justice ardente Le déchirer de leur auguste obsession. Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes, Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant Avec tendresse après la science aux bras almes, Il porte à la nature en fleur son front saignant. Mais la noire alchimie et les saintes études Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ; Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes. Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil, Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades Immenses, à travers les nuits de Vérité, Et t'appelle en son âme et ses membres malades, Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité.
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Les soeurs de charité
Le jeune homme dont l'oeil est brillant, la peau brune, Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu, Et qu'eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu, Impétueux avec des douceurs virginales Et noires, fier de ses premiers entêtements, Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales, Qui se retournent sur des lits de diamants ; Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde, Tressaille dans son coeur largement irrité, Et plein de la blessure éternelle et profonde, Se prend à désirer sa soeur de charité. Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce, Tu n'es jamais la Soeur de charité, jamais, Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse, Ni doigts légers, ni seins splendidement formés. Aveugle irréveillée aux immenses prunelles, Tout notre embrassement n'est qu'une question : C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles, Nous te berçons, charmante et grave Passion. Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances, Et les brutalités souffertes autrefois, Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances, Comme un excès de sang épanché tous les mois. - Quand la femme, portée un instant, l'épouvante, Amour, appel de vie et chanson d'action, Viennent la Muse verte et la Justice ardente Le déchirer de leur auguste obsession. Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes, Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant Avec tendresse après la science aux bras almes, Il porte à la nature en fleur son front saignant. Mais la noire alchimie et les saintes études Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ; Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes. Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil, Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades Immenses, à travers les nuits de Vérité, Et t'appelle en son âme et ses membres malades, Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité.
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What is so beautiful about me? Are you attracted to my mind, Or the thing that blows you is my smile, Is it my eyes that are windows to my soul, Or is it my case of Jean *** which you troll, Are my seins more alluring to look at, Or is it cliché you love that I am confident, Like a alpha male do you like a hourglass, courbes are more extensive that my cognizance, When you look at the marks in my face, Does it feel like she is a Empress?
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Oct 19, 2019
Oct 19, 2019 at 7:54 AM UTC
What is so beautiful about me?
Dieu, c'est la beauté, Dieu, beauté même, a parlé Dans le buisson de flamme à son peuple assemblé, Aux lèvres de Moïse, aux lèvres des prophètes, Et ses discours profonds sont clairs comme des fêtes. Son livre est un chœur vaste où David a chanté, Et c'est un fleuve, il coule avec l'immensité De ses vagues, noyant dans leur écume ardente Ton navire, ô Milton, et ta galère, ô Dante ! Et Jésus a parlé, rouge et bleu sous le ciel, Et des mots qu'il a dits la terre a fait son miel. Les lys ont confondu sa robe avec l'aurore, Sa voix, sur la montagne, elle résonne encore. Paroles de Jésus, source sous les palmiers Où s'abattent les cœurs ainsi que des ramiers, Où les âmes vont boire ainsi que des chamelles ! Nourrice, tu suspends le monde à tes mamelles ! Car Il est aussi beau qu'Il est vrai ; sa beauté Est mère de la fleur, de l'aube et de l'été. Le Beau n'est qu'un mot creux, l'idéal qu'un mot vide, Mais la beauté, c'est Dieu dont notre âme est avide ; La beauté, mais, poète, elle est au cœur de Dieu Le lotus de lumière et la rose de feu ; De plus haut que les Tyrs et les Sions sublimes, Elle descend sur l'ange, elle est vouée aux cimes, Soleil des paradis, étoile des matins, Et nos regards sont faits de ses rayons éteints. - Beauté, face de Dieu, gouffre des purs délices Formidable aux élus, devant vous les milices Célestes dont les seins sont cuirassés d'ardeur, Guerriers gantés de grâce et chaussés de candeur, Dont les ailes de feu battent le dos par douze, Capitaines d'amour dont l'aurore est jalouse Et dont l'épée au poing n'est qu'un rayon vermeil, Tremblent comme la brume au lever du soleil ! - Alléluia vers vous, beauté du Père, et gloire ! Gloire à vous sur la terre et sur les luths d'ivoire Des riants chérubins, votre escabeau vivant ! Gloire à vous sur la lyre et les harpes au vent Des séraphins chantant dans les apothéoses ! Doigts des anges, courez sur les violons roses ! Formez-vous, doux nuage, autour des encensoirs ! Brûlez, soleils levants ! fumez, parfums des soirs ! Montez vers la colombe, ô blanches innocences, Montez ! Et vous, Vertus, Principautés, Puissances, Menez, parmi les lys, le cortège des dieux, Sur les pas de Jésus miséricordieux !
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Dieu
Dieu, c'est la beauté, Dieu, beauté même, a parlé Dans le buisson de flamme à son peuple assemblé, Aux lèvres de Moïse, aux lèvres des prophètes, Et ses discours profonds sont clairs comme des fêtes. Son livre est un chœur vaste où David a chanté, Et c'est un fleuve, il coule avec l'immensité De ses vagues, noyant dans leur écume ardente Ton navire, ô Milton, et ta galère, ô Dante ! Et Jésus a parlé, rouge et bleu sous le ciel, Et des mots qu'il a dits la terre a fait son miel. Les lys ont confondu sa robe avec l'aurore, Sa voix, sur la montagne, elle résonne encore. Paroles de Jésus, source sous les palmiers Où s'abattent les cœurs ainsi que des ramiers, Où les âmes vont boire ainsi que des chamelles ! Nourrice, tu suspends le monde à tes mamelles ! Car Il est aussi beau qu'Il est vrai ; sa beauté Est mère de la fleur, de l'aube et de l'été. Le Beau n'est qu'un mot creux, l'idéal qu'un mot vide, Mais la beauté, c'est Dieu dont notre âme est avide ; La beauté, mais, poète, elle est au cœur de Dieu Le lotus de lumière et la rose de feu ; De plus haut que les Tyrs et les Sions sublimes, Elle descend sur l'ange, elle est vouée aux cimes, Soleil des paradis, étoile des matins, Et nos regards sont faits de ses rayons éteints. - Beauté, face de Dieu, gouffre des purs délices Formidable aux élus, devant vous les milices Célestes dont les seins sont cuirassés d'ardeur, Guerriers gantés de grâce et chaussés de candeur, Dont les ailes de feu battent le dos par douze, Capitaines d'amour dont l'aurore est jalouse Et dont l'épée au poing n'est qu'un rayon vermeil, Tremblent comme la brume au lever du soleil ! - Alléluia vers vous, beauté du Père, et gloire ! Gloire à vous sur la terre et sur les luths d'ivoire Des riants chérubins, votre escabeau vivant ! Gloire à vous sur la lyre et les harpes au vent Des séraphins chantant dans les apothéoses ! Doigts des anges, courez sur les violons roses ! Formez-vous, doux nuage, autour des encensoirs ! Brûlez, soleils levants ! fumez, parfums des soirs ! Montez vers la colombe, ô blanches innocences, Montez ! Et vous, Vertus, Principautés, Puissances, Menez, parmi les lys, le cortège des dieux, Sur les pas de Jésus miséricordieux !
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Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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Le poème de la femme
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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N'êtes-vous pas toute petite Dans votre vaste appartement, Où comme un oiseau qui palpite Voltige votre pied normand ? N'est-elle pas toute mignonne, Blanche dans l'ombre où tu souris, Votre taille qui s'abandonne, Parisienne de Paris ? N'est-il pas à Vous, pleine d'âme, Franc comme on doit l'être, à l'excès, Votre cœur d'adorable femme, Nu, comme votre corps français ? Ne sont-ils pas, à Vous si fière, Les neiges sous la nuit qui dort Dans leur silence et leur lumière, Vos magnifiques seins du Nord ? N'est-il pas doux, à Vous sans haine, Frémissante aux bruits de l'airain, Votre ventre d'Européenne, Oui votre ventre européen ; N'est-elle pas semblable au Monde, Pareille au globe entouré d'air, Ta croupe terrestre aussi ronde Que la montagne et que la mer ? N'est-il pas infini le râle De bonheur pur comme le sel, Dans ta matrice interastrale Sous ton baiser universel ? Et par la foi qui me fait vivre Dans ton parfum et dans ton jour, N'entre-t-elle pas, mon âme ivre, En plein, au plein de ton amour ?
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Le baiser (I)
Au-dessus de ta cordillère, Là où pointent tes seins et tes rêves, Là où s 'ébrouent les félins de lave Deux voyeurs aux yeux artificiels Deux volcans, L 'un éteint, l 'autre endormi, T'épient de leurs cratères et peignent de leurs pinceaux de feu bleu Chaque battement de la rivière céleste de tes cils Chaque feulement de souffre des ténèbres De tes paupières closes plongées Dans un feu d'artifices paradoxal. Plus **** encore un troisième volcan En activité, émousse en miaulant, Tel un ténor ombrageux, Ses griffes de matou en mi bémol.
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Sep 21, 2019
Sep 21, 2019 at 4:05 AM UTC
Au-dessus de ta cordillère
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène, D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement. Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l'époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre Se tenait à la barre et coupait le flot noir, Mais le calme héros, courbé sur sa rapière, Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
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Don Juan aux enfers
Parmi les marbres qu'on renomme Sous le ciel d'Athène ou de Rome, Je prends le plus pur, le plus blanc, Je le taille et puis je l'étale Dans ta pose d'Horizontale Soulevée... un peu... sur le flanc... Voici la tête qui se dresse, Qu'une ample chevelure presse, Le cou blanc, dont le pur contour Rappelle à l'œil qui le contemple Une colonne, au front d'un temple, Le plus beau temple de l'Amour ! Voici la gorge féminine, Le bout des seins sur la poitrine Délicatement accusé, Les épaules, le dos, le ventre Où le nombril se renfle et rentre Comme un tourbillon apaisé. Voici le bras plein qui s'allonge ; Voici, comme on les voit en songe, Les deux petites mains d'Éros, Le bassin immense, les hanches, Et les adorablement blanches Et fermes fesses de Paros. Voici le mont au fond des cuisses Les plus fortes pour que tu puisses Porter les neuf mois de l'enfant ; Et voici tes jambes parfaites... Et, pour les sonnets des poètes, Voici votre pied triomphant. Pas plus grande que Cléopâtre Pour qui deux peuples vont se battre, Voici la Femme dont le corps Fait sur les gestes et les signes Courir la musique des lignes En de magnifiques accords. Je m'élance comme un barbare, J'abats la tête, le pied rare, Les mains... et puis... au bout d'un an... Lorsque sa gloire est colossale, Je la dispose en une salle, La plus riche du Vatican.
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La statue
Quoique tes sourcils méchants Te donnent un air étrange Qui n'est pas celui d'un ange, Sorcière aux yeux alléchants, Je t'adore, ô ma frivole, Ma terrible passion ! Avec la dévotion Du prêtre pour son idole. Le désert et la forêt Embaument tes tresses rudes, Ta tête a les attitudes De l'énigme et du secret. Sur ta chair le parfum rôde Comme autour d'un encensoir ; Tu charmes comme le soir, Nymphe ténébreuse et chaude. Ah ! les philtres les plus forts Ne valent pas ta paresse, Et tu connais la caresse Qui fait revivre les morts ! Tes hanches sont amoureuses De ton dos et de tes seins, Et tu ravis les coussins Par tes poses langoureuses. Quelquefois, pour apaiser Ta rage mystérieuse, Tu prodigues, sérieuse, La morsure et le baiser ; Tu me déchires, ma brune, Avec un rire moqueur, Et puis tu mets sur mon coeur Ton oeil doux comme la lune. Sous tes souliers de satin, Sous tes charmants pieds de soie, Moi, je mets ma grande joie, Mon génie et mon destin, Mon âme par toi guérie, Par toi, lumière et couleur ! Explosion de chaleur Dans ma noire Sibérie !
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Chanson d'après-midi
C'est une femme belle et de riche encolure, Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure. Les griffes de l'amour, les poisons du tripot, Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau. Elle rit à la mort et nargue la Débauche, Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche, Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté De ce corps ferme et droit la rude majesté. Elle marche en déesse et repose en sultane ; Elle a dans le plaisir la foi mahométane, Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, Elle appelle des yeux la race des humains. Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde Et pourtant nécessaire à la marche du monde, Que la beauté du corps est un sublime don Qui de toute infamie arrache le pardon. Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire, Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire, Elle regardera la face de la Mort, Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord.
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Allégorie
L'écartement des bras m'est cher, presque plus cher Que l'écartement autre : Mer puissante et que belle et que bonne de chair, Quel appât est la vôtre ! Ô seins, mon grand orgueil, mon immense bonheur, Purs, blancs, joie et caresse, Volupté pour mes yeux et mes mains et mon cœur Qui bat de votre ivresse, Aisselles, fins cheveux courts qu'ondoie un parfum Capiteux où je plonge, Cou gras comme le miel, ambré comme lui, qu'un Dieu fit bien mieux qu'en songe. Fraîcheur enfin des bras endormis et rêveurs Autour de mes épaules, Palpitantes et si doux d'étreinte à mes ferveurs Toutes à leurs grands rôles, Que je ne sais quoi pleure en moi, peine et plaisir. Plaisir fou, chaste peine, Et que je ne puis mieux assouvir le désir De quoi mon âme est pleine Qu'en des baisers plus langoureux et plus ardents Sur le glorieux buste Non sans un sentiment comme un peu triste dans L'extase comme auguste ! Et maintenant vers l'ombre blanche - et noire un peu, L'amour il peut détendre Plus par en bas et plus intime son fier jeu Dès lors naïf et tendre !
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L'écartement des bras
Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes, Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes, Vos pleurs de diamant ; Lune, lis de la nuit, fleur du divin parterre, Verse-moi tes rayons, ô blanche solitaire, Du fond du firmament ! Oeil ouvert sans repos au milieu de l'espace, Perce, soleil puissant, ce nuage qui passe ! Que je te voie encor ; Aigles, vous qui fouettez le ciel à grands coups d'ailes, Griffons au vol de feu, rapides hirondelles, Prêtez-moi votre essor ! Vents, qui prenez aux fleurs leurs âmes parfumées Et les aveux d'amour aux bouches bien-aimées ; Air sauvage des monts, Encor tout imprégné des senteurs du mélèze ; Brise de l'Océan où l'on respire à l'aise, Emplissez mes poumons ! Avril, pour m'y coucher, m'a fait un tapis d'herbe ; Le lilas sur mon front s'épanouit en gerbe, Nous sommes au printemps. Prenez-moi dans vos bras, doux rêves du poète, Entre vos seins polis posez ma pauvre tête Et bercez-moi longtemps. **** de moi, cauchemars, spectres des nuits ! Les roses, Les femmes, les chansons, toutes les belles choses Et tous les beaux amours, Voilà ce qu'il me faut. Salut, ô muse antique, Muse au frais laurier vert, à la blanche tunique, Plus jeune tous les jours ! Brune aux yeux de lotus, blonde à paupière noire, Ô Grecque de Milet, sur l'escabeau d'ivoire Pose tes beaux pieds nus ; Que d'un nectar vermeil la coupe se couronne ! Je bois à ta beauté d'abord, blanche Théone, Puis aux dieux inconnus. Ta gorge est plus lascive et plus souple que l'onde ; Le lait n'est pas si pur et la pomme est moins ronde. Allons, un beau baiser ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Notre vie, ô Théone, Est un cheval ailé que le Temps éperonne, Hâtons-nous d'en user. Chantons Io, Péan !... Mais quelle est cette femme Si pâle sous son voile ? Ah ! c'est toi, vieille infâme ! Je vois ton crâne ras ; Je vois tes grands yeux creux, prostituée immonde, Courtisane éternelle environnant le monde Avec tes maigres bras !
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Étoiles
Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes, Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes, Vos pleurs de diamant ; Lune, lis de la nuit, fleur du divin parterre, Verse-moi tes rayons, ô blanche solitaire, Du fond du firmament ! Oeil ouvert sans repos au milieu de l'espace, Perce, soleil puissant, ce nuage qui passe ! Que je te voie encor ; Aigles, vous qui fouettez le ciel à grands coups d'ailes, Griffons au vol de feu, rapides hirondelles, Prêtez-moi votre essor ! Vents, qui prenez aux fleurs leurs âmes parfumées Et les aveux d'amour aux bouches bien-aimées ; Air sauvage des monts, Encor tout imprégné des senteurs du mélèze ; Brise de l'Océan où l'on respire à l'aise, Emplissez mes poumons ! Avril, pour m'y coucher, m'a fait un tapis d'herbe ; Le lilas sur mon front s'épanouit en gerbe, Nous sommes au printemps. Prenez-moi dans vos bras, doux rêves du poète, Entre vos seins polis posez ma pauvre tête Et bercez-moi longtemps. **** de moi, cauchemars, spectres des nuits ! Les roses, Les femmes, les chansons, toutes les belles choses Et tous les beaux amours, Voilà ce qu'il me faut. Salut, ô muse antique, Muse au frais laurier vert, à la blanche tunique, Plus jeune tous les jours ! Brune aux yeux de lotus, blonde à paupière noire, Ô Grecque de Milet, sur l'escabeau d'ivoire Pose tes beaux pieds nus ; Que d'un nectar vermeil la coupe se couronne ! Je bois à ta beauté d'abord, blanche Théone, Puis aux dieux inconnus. Ta gorge est plus lascive et plus souple que l'onde ; Le lait n'est pas si pur et la pomme est moins ronde. Allons, un beau baiser ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Notre vie, ô Théone, Est un cheval ailé que le Temps éperonne, Hâtons-nous d'en user. Chantons Io, Péan !... Mais quelle est cette femme Si pâle sous son voile ? Ah ! c'est toi, vieille infâme ! Je vois ton crâne ras ; Je vois tes grands yeux creux, prostituée immonde, Courtisane éternelle environnant le monde Avec tes maigres bras !
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Amour qui voles dans les nues, Baisers blancs, fuyant sur l'azur, Et qui palpites dans les mues, Au nid sourd des forêts émues ; Qui cours aux fentes des vieux murs, Dans la mer qui de joie écume, Au flanc des navires, et sur Les grandes voiles de lin pur ; Amour sommeillant sur la plume Des aigles et des traversins, Que clame la sibylle à Cume, Amour qui chantes sur l'enclume ; Amour qui rêves sur les seins De Lucrèce et de Messaline, Noir dans les yeux des assassins, Rouge aux lèvres des spadassins ; Amour riant à la babine Des dogues noirs et des taureaux, Au bout de la patte féline Et de la rime féminine ; Amour qu'on noie au fond des brocs Ou qu'on reporte sur la lune, Cher aux galons des caporaux, Doux aux guenilles des marauds ; Aveugle qui suis la fortune, Menteur naïf dont les leçons Enflamment, dans l'ombre opportune, L'oreille rose de la brune ; Amour bu par les nourrissons Aux boutons sombres des Normandes ; Amour des ducs et des maçons, Vieil amour des jeunes chansons ; Amour qui pleures sur les brandes Avec l'angélus du matin, Sur les steppes et sur les landes Et sur les polders des Hollandes ; Amour qui voles du hautain Et froid sourire des poètes Aux yeux des filles dont le teint Semble de fleur et de satin ; Qui vas, sous le ciel des prophètes, Du chêne biblique au palmier, De la reine aux anachorètes, Du coeur de l'homme au coeur des bêtes ; De la tourterelle au ramier, Du valet à la demoiselle, Des doigts du chimiste à l'herbier, De la prière au bénitier ; Du prêtre à l'hérétique belle, D'Abel à Caïn réprouvé ; Amour, tu mêles sous ton aile Toute la vie universelle ! Mais, ô vous qui m'avez trouvé, Moi, pauvre pécheur que Dieu pousse Diseur de Pater et d'Ave, Sans oreiller que le pavé, Votre présence me soit douce.
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Hymne
Amour qui voles dans les nues, Baisers blancs, fuyant sur l'azur, Et qui palpites dans les mues, Au nid sourd des forêts émues ; Qui cours aux fentes des vieux murs, Dans la mer qui de joie écume, Au flanc des navires, et sur Les grandes voiles de lin pur ; Amour sommeillant sur la plume Des aigles et des traversins, Que clame la sibylle à Cume, Amour qui chantes sur l'enclume ; Amour qui rêves sur les seins De Lucrèce et de Messaline, Noir dans les yeux des assassins, Rouge aux lèvres des spadassins ; Amour riant à la babine Des dogues noirs et des taureaux, Au bout de la patte féline Et de la rime féminine ; Amour qu'on noie au fond des brocs Ou qu'on reporte sur la lune, Cher aux galons des caporaux, Doux aux guenilles des marauds ; Aveugle qui suis la fortune, Menteur naïf dont les leçons Enflamment, dans l'ombre opportune, L'oreille rose de la brune ; Amour bu par les nourrissons Aux boutons sombres des Normandes ; Amour des ducs et des maçons, Vieil amour des jeunes chansons ; Amour qui pleures sur les brandes Avec l'angélus du matin, Sur les steppes et sur les landes Et sur les polders des Hollandes ; Amour qui voles du hautain Et froid sourire des poètes Aux yeux des filles dont le teint Semble de fleur et de satin ; Qui vas, sous le ciel des prophètes, Du chêne biblique au palmier, De la reine aux anachorètes, Du coeur de l'homme au coeur des bêtes ; De la tourterelle au ramier, Du valet à la demoiselle, Des doigts du chimiste à l'herbier, De la prière au bénitier ; Du prêtre à l'hérétique belle, D'Abel à Caïn réprouvé ; Amour, tu mêles sous ton aile Toute la vie universelle ! Mais, ô vous qui m'avez trouvé, Moi, pauvre pécheur que Dieu pousse Diseur de Pater et d'Ave, Sans oreiller que le pavé, Votre présence me soit douce.
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La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ; Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse Pour vous pomper le sang, Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes, Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes, Roulent leur oeil luisant. En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne Des os demi-rongés, des restes de charogne, Des crânes sonnant creux. On voit de chaque trou sortir des jambes raides ; Des apparitions monstrueusement laides Fendent l'air ténébreux. C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe, Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe L'antique obscurité. C'est ici que la mort propose son problème, Et que le voyageur, devant sa face blême, Recule épouvanté. Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies, Vainement, à travers toutes les poésies, Toutes les passions, Ont poursuivi le mot de la page fatale, Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale Et sans inscriptions ! Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies Sous les plus doux baisers, Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère ! Que de désirs au ciel sont remontés de terre Toujours inapaisés ! Il est des écoliers qui voudraient tout connaître, Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître De Méphistophélès. Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite, Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ; Tous ceux-là, plaignez-les ! Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ; Ils mêlent une larme à chaque grain de sable Que le temps laisse choir. Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine, Râle piteusement dans leur maigre poitrine L'hymne du désespoir. Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne, Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne Quelque reste de vert, Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues, Silencieux, pareils à des files de grues Quand approche l'hiver. Leurs tourments ne sont point redits par le poète Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête L'auréole qui luit ; Par les chemins du monde ils marchent sans cortège, Et sur le sol glacé tombent comme la neige Qui descend dans la nuit.
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La spirale sans fin
La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ; Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse Pour vous pomper le sang, Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes, Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes, Roulent leur oeil luisant. En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne Des os demi-rongés, des restes de charogne, Des crânes sonnant creux. On voit de chaque trou sortir des jambes raides ; Des apparitions monstrueusement laides Fendent l'air ténébreux. C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe, Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe L'antique obscurité. C'est ici que la mort propose son problème, Et que le voyageur, devant sa face blême, Recule épouvanté. Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies, Vainement, à travers toutes les poésies, Toutes les passions, Ont poursuivi le mot de la page fatale, Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale Et sans inscriptions ! Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies Sous les plus doux baisers, Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère ! Que de désirs au ciel sont remontés de terre Toujours inapaisés ! Il est des écoliers qui voudraient tout connaître, Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître De Méphistophélès. Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite, Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ; Tous ceux-là, plaignez-les ! Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ; Ils mêlent une larme à chaque grain de sable Que le temps laisse choir. Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine, Râle piteusement dans leur maigre poitrine L'hymne du désespoir. Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne, Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne Quelque reste de vert, Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues, Silencieux, pareils à des files de grues Quand approche l'hiver. Leurs tourments ne sont point redits par le poète Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête L'auréole qui luit ; Par les chemins du monde ils marchent sans cortège, Et sur le sol glacé tombent comme la neige Qui descend dans la nuit.
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Plus je t'observe Plus je te contourne Plus je te cisèle à distance Dans le marbre de Carrara Plus il m'apparaît Sans équivoque Que debout ou assise Allongée ou dans un étrange lotus De dos ou de profil Nue ou endormie Cartomancienne ou bohémienne Tu es mon rêve fait femme Le portrait craché de ma Muse. Partout où le vent me porte Je te vois flâner dans l'ombre de mes pas Un jour tu es Madone et tu me souris De ton piédestal de croix et de chapelets De bougies et d'encens qui brûlent L'instant d'après, cantatrice tu entonnes En soprano lyrique les grands airs de l'opéra Tu es fille de roi, tu es esclave Tu es servante mais toujours amoureuse. J'essaie de façonner dans la glaise Une à une les courbes parfaites Dont t'as doté la nature Et je ne vois que chair généreuse et souple Cuisses ouvertes et offertes Nonchalantes et sensuelles Je te vois forte et légère Bien ancrée à la terre comme au ciel Et même si je t'habille c'est nue que je te vois Que je te détaille sous ton masque Et que j'essaie de reproduire la lumière Qui nimbe ton corps. Et surtout je vois ton âme Inlassablement charnelle : Tes seins qui éclatent dans leur corset de soie Tes yeux qui sourient des larmes de joie Tes bras qui font des arabesques Tes fesses pulpeuses et fraîches Qui chevauchent les chevaux en transe Ta bouche qui mordille la peau des nuages Tes pieds de Gradiva qui s'enfoncent dans les sables mouvants Et tes mains qui me font signe au **** De chanter ta gloire éternelle. Le creux de ta nuque qui m'encourage Et m'invite à l'envol vers toi Et cette vulve souveraine au delà des monts et des mers Qui m'attire comme un aimant invisible Vers ton royaume et me charrie dans le flot De tes désirs les plus innommables. Finalement jour après nuit je m'accroche Aux fils de tes cheveux tressés En une longue natte de poissons gigotants Et de fruits odorants Pour m'accueillir à ton balcon Et je grimpe comme un funambule Pour te rejoindre Tu m'encourages de la parole de ton coeur Et le vent souffle et il ne reste que peu d'espace A parcourir pour vaincre la distance Qui nous sépare et nous lie Indissociablement l'un dans l'autre.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:41 AM UTC
Tu es mon rêve fait femme
Plus je t'observe Plus je te contourne Plus je te cisèle à distance Dans le marbre de Carrara Plus il m'apparaît Sans équivoque Que debout ou assise Allongée ou dans un étrange lotus De dos ou de profil Nue ou endormie Cartomancienne ou bohémienne Tu es mon rêve fait femme Le portrait craché de ma Muse. Partout où le vent me porte Je te vois flâner dans l'ombre de mes pas Un jour tu es Madone et tu me souris De ton piédestal de croix et de chapelets De bougies et d'encens qui brûlent L'instant d'après, cantatrice tu entonnes En soprano lyrique les grands airs de l'opéra Tu es fille de roi, tu es esclave Tu es servante mais toujours amoureuse. J'essaie de façonner dans la glaise Une à une les courbes parfaites Dont t'as doté la nature Et je ne vois que chair généreuse et souple Cuisses ouvertes et offertes Nonchalantes et sensuelles Je te vois forte et légère Bien ancrée à la terre comme au ciel Et même si je t'habille c'est nue que je te vois Que je te détaille sous ton masque Et que j'essaie de reproduire la lumière Qui nimbe ton corps. Et surtout je vois ton âme Inlassablement charnelle : Tes seins qui éclatent dans leur corset de soie Tes yeux qui sourient des larmes de joie Tes bras qui font des arabesques Tes fesses pulpeuses et fraîches Qui chevauchent les chevaux en transe Ta bouche qui mordille la peau des nuages Tes pieds de Gradiva qui s'enfoncent dans les sables mouvants Et tes mains qui me font signe au **** De chanter ta gloire éternelle. Le creux de ta nuque qui m'encourage Et m'invite à l'envol vers toi Et cette vulve souveraine au delà des monts et des mers Qui m'attire comme un aimant invisible Vers ton royaume et me charrie dans le flot De tes désirs les plus innommables. Finalement jour après nuit je m'accroche Aux fils de tes cheveux tressés En une longue natte de poissons gigotants Et de fruits odorants Pour m'accueillir à ton balcon Et je grimpe comme un funambule Pour te rejoindre Tu m'encourages de la parole de ton coeur Et le vent souffle et il ne reste que peu d'espace A parcourir pour vaincre la distance Qui nous sépare et nous lie Indissociablement l'un dans l'autre.
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