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"saurait" poems
Lui, vivant dans un désert sentimental total, avait le teint si blafard Elle, ayant la main mise sur tant de cœurs, était au sommet de sa gloire Lui, cherchait une poignée pour remplacer celle cassée de son armoire Elle, se trouvant aussi dans les parages, se tenait en face sur le trottoir Et le destin décida de croiser leurs chemins en croisant leurs regards Lui, envoûte par ses yeux, ne savait que faire, que sentir ou que croire Elle, en mordillant sa lèvre inférieure, avait sur lui le plus total pouvoir Lui, médusé sur place, sentit ce qu'il n'a jamais senti a quiconque égard Elle, à l’âme arrogante se tourna, s'en alla sans même un petit au revoir Lui, cœur brisé regretta de s’être livré à ce jeu aux risques ostentatoires Pour dire que l'amour ,guerre ou personne ne peut jamais rien prévoir Car, le cœur a ses raisons que la raison elle même ne saurait savoir
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Jan 5, 2013
Jan 5, 2013 at 10:37 PM UTC
concours de circonstances
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Apr 21, 2016
Apr 21, 2016 at 6:16 AM UTC
Éloge de Monsieur de Montaigne
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Que me veux-tu, chère fleurette, Aimable et charmant souvenir ? Demi-morte et demi-coquette, Jusqu'à moi qui te fait venir ? Sous ce cachet enveloppée, Tu viens de faire un long chemin. Qu'as-tu vu ? que t'a dit la main Qui sur le buisson t'a coupée ? N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir ? Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme-t-il une pensée ? Ta fleur, hélas ! a la blancheur De la désolante innocence ; Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur. As-tu pour moi quelque message ? Tu peux parler, je suis discret. Ta verdure est-elle un secret ? Ton parfum est-il un langage ? S'il en est ainsi, parle bas, Mystérieuse messagère ; S'il n'en est rien, ne réponds pas ; Dors sur mon coeur, fraîche et légère. Je connais trop bien cette main, Pleine de grâce et de caprice, Qui d'un brin de fil souple et fin A noué ton pâle calice. Cette main-là, petite fleur, Ni Phidias ni Praxitèle N'en auraient pu trouver la soeur Qu'en prenant Vénus pour modèle. Elle est blanche, elle est douce et belle, Franche, dit-on, et plus encor ; A qui saurait s'emparer d'elle Elle peut ouvrir un trésor. Mais elle est sage, elle est sévère ; Quelque mal pourrait m'arriver. Fleurette, craignons sa colère. Ne dis rien, laisse-moi rêver.
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À une fleur
En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi par le temps ; Mon sang refroidi coule à peine, Semblable à cette onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans. Mais ta jeune et brillante image, Que le regret vient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir Comme l'âme, elle n'a point d'âge. Non, tu n'as pas quitté mes yeux ; Et quand mon regard solitaire Cessa de te voir sur la terre, Soudain je te vis dans les cieux. Là, tu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour, Quand vers ton céleste séjour Tu t'envolas avec l'aurore. Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux, où s'éteignait la vie, Rayonnent d'immortalité ! Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux ; Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène, L'ombre de ce voile incertain Adoucit encor ton image, Comme l'aube qui se dégage Des derniers voiles du matin. Du soleil la céleste flamme Avec les jours revient et fuit ; Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon âme. C'est toi que j'entends, que je vois, Dans le désert, dans le nuage ; L'onde réfléchit ton image ; Le zéphyr m'apporte ta voix. Tandis que la terre sommeille, Si j'entends le vent soupirer, Je crois t'entendre murmurer Des mots sacrés à mon oreille. Si j'admire ces feux épars Qui des nuits parsèment le voile, Je crois te voir dans chaque étoile Qui plaît le plus à mes regards. Et si le souffle du zéphyr M'enivre du parfum des fleurs. Dans ses plus suaves odeurs C'est ton souffle que je respire. C'est ta main qui sèche mes pleurs, Quand je vais, triste et solitaire, Répandre en secret ma prière Près des autels consolateurs. Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ; Tes ailes reposent sur moi ; Tous mes songes viennent de toi, Doux comme le regard d'une ombre. Pendant mon sommeil, si ta main De mes jours déliait la trame, Céleste moitié de mon âme, J'irais m'éveiller dans ton sein ! Comme deux rayons de l'aurore, Comme deux soupirs confondus, Nos deux âmes ne forment plus Qu'une âme, et je soupire encore !
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Souvenir
En vain le jour succède au jour, Ils glissent sans laisser de trace ; Dans mon âme rien ne t'efface, Ô dernier songe de l'amour ! Je vois mes rapides années S'accumuler derrière moi, Comme le chêne autour de soi Voit tomber ses feuilles fanées. Mon front est blanchi par le temps ; Mon sang refroidi coule à peine, Semblable à cette onde qu'enchaîne Le souffle glacé des autans. Mais ta jeune et brillante image, Que le regret vient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir Comme l'âme, elle n'a point d'âge. Non, tu n'as pas quitté mes yeux ; Et quand mon regard solitaire Cessa de te voir sur la terre, Soudain je te vis dans les cieux. Là, tu m'apparais telle encore Que tu fus à ce dernier jour, Quand vers ton céleste séjour Tu t'envolas avec l'aurore. Ta pure et touchante beauté Dans les cieux même t'a suivie ; Tes yeux, où s'éteignait la vie, Rayonnent d'immortalité ! Du zéphyr l'amoureuse haleine Soulève encor tes longs cheveux ; Sur ton sein leurs flots onduleux Retombent en tresses d'ébène, L'ombre de ce voile incertain Adoucit encor ton image, Comme l'aube qui se dégage Des derniers voiles du matin. Du soleil la céleste flamme Avec les jours revient et fuit ; Mais mon amour n'a pas de nuit, Et tu luis toujours sur mon âme. C'est toi que j'entends, que je vois, Dans le désert, dans le nuage ; L'onde réfléchit ton image ; Le zéphyr m'apporte ta voix. Tandis que la terre sommeille, Si j'entends le vent soupirer, Je crois t'entendre murmurer Des mots sacrés à mon oreille. Si j'admire ces feux épars Qui des nuits parsèment le voile, Je crois te voir dans chaque étoile Qui plaît le plus à mes regards. Et si le souffle du zéphyr M'enivre du parfum des fleurs. Dans ses plus suaves odeurs C'est ton souffle que je respire. C'est ta main qui sèche mes pleurs, Quand je vais, triste et solitaire, Répandre en secret ma prière Près des autels consolateurs. Quand je dors, tu veilles dans l'ombre ; Tes ailes reposent sur moi ; Tous mes songes viennent de toi, Doux comme le regard d'une ombre. Pendant mon sommeil, si ta main De mes jours déliait la trame, Céleste moitié de mon âme, J'irais m'éveiller dans ton sein ! Comme deux rayons de l'aurore, Comme deux soupirs confondus, Nos deux âmes ne forment plus Qu'une âme, et je soupire encore !
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Soir de tilleul Été On parle bas aux portes Tout le monde écoute mes pas les coups de mon cœur sur l'asphalte Ma douleur ne vous regarde pas Œillère de la nuit Nudité Le chemin qui mène à la mer me conduit au fond de moi-même À deux doigts de ma perte Polypiers de la souffrance Algues Coraux Mes seuls amis Dans l'ombre on ne saurait voir l'objet de mes plaintes Une trop noire perfidie L'INTRIGUE (Air connu) Cette racine est souveraine GUÉRIT TOUTE AFFECTION
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Sans mot dire
À Madame *** qui demandait des vers pour son album. Les vers n'arrivent pas au gré de mon désir, L'heure du feu sacré ne saurait se choisir. Dites-vous au bouton qu'il devienne une rose, À l'oiseau dans son nid que sa couvée éclose ? Pourquoi me dire à moi : « Prends ton luth pour chanter ? » Les feuilles **** du vent ne sauraient s'agiter ; Et comme elles j'attends, immobile et timide, Qu'une brise du ciel, dans sa course rapide, Vienne douce et suave, inclinant les buissons, Comme aux feuilles des bois m'arracher quelques sons. Ne forcez point mes chants, je n'ai vu que l'aurore ; Pour moi, si Dieu le veut, le jour est long encore ! Doux espoir ou regret, amertume ou plaisir, Indécise en son vol, mon âme veut choisir ; Elle parcourt la vie, effleurant chaque chose ; Elle espère et soupire, et sur rien ne se pose. Ainsi l'on voit l'abeille, active en son labeur, S'agitant dans les airs, chercher longtemps la fleur, Qui, livrant ses trésors à son aile légère, Lui permet de porter son doux miel à la terre. Mais hélas ! nul calice, entr'ouvert à ma voix, Ne veut, dans ses parfums, laisser baigner mes doigts; Je m'arrête, interdite au seuil de ma demeure : En vain je veux chanter... je me tais et je pleure !
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Je me tais et je pleure
Si tu ne m'aimais pas, dis-moi, fille insensée, Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ? Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ? Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée, Ces sanglots et ces cris ? Ah ! si le plaisir seul t'arrachait ces tendresses, Si ce n'était que lui qu'en triste moment Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses Comme un unique amant ; Si l'esprit et les sens, les baisers et les larmes, Se tiennent par la main de ta bouche à ton cœur, Et s'il te faut ainsi, pour y trouver des charmes, Sur l'autel du plaisir profaner le bonheur : Ah ! Laurette ! ah ! Laurette, idole de ma vie, Si le sombre démon de tes nuits d'insomnie Sans ce masque de feu ne saurait faire un pas, Pourquoi l'évoquais-tu, si tu ne m'aimais pas ?
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À Laure
Quelle était belle, l'époque ou nous pouvions rêver. Quelle était belle, l'époque ou nous nous entendions à merveille. Ou est elle, d'ailleurs ? Depuis si longtemps que je l'ai perdue, et que je la cherche. Pensant trouver mon bonheur dans le tiens, je t'ai demandé de partir. Es tu plus heureuse ? Moi non plus. Pensant te retrouver un jour, mes espoirs de te revoir sont perdus. Jamais, jamais, jamais, jamais, je ne recommencerais. Et toi ? Tant de lassitude entre nous. Cela ne pouvait plus durer. Rien ne pouvait me forcer à rester. Enfin si. Tout le pouvait. Mais la totalité, c'est le néant et je ne puis m'imaginer vivre sans cette faim inhumaine d'îvresse. Si ce n'est pas de ta faute, est-ce celle du temps ? Mais aussi, ne puis-je pas oublier une telle débauche. Une telle perte de temps. Tant de larmes pour si peu de satisfaction. Je n'en retiens qu'une chose, cetait une erreur. Mais comment la réparer ? Je n'oserai plus croiser dans ton regard cet amour que tu me donnais. Je ne pourrai plus imaginer subir telle honte. Jalousie disais tu. Ce n'est pour moi pas une excuse. Rien ne t'excusera jamais plus. Aurais-je au moins essayé de te sortir de ce trou si profond que même un géant parmi les géants ne saurait en sortir. Cette vie parsemée d'embûches ne me conviens plus, mais que puis je y faire.
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Jun 17, 2017
Jun 17, 2017 at 2:40 PM UTC
La belle époque
Fable XVII, Livre III. Deux dindons s'engraissaient dans une métairie ; Égaux en droits : l'un d'eux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. Hé pourquoi, je vous prie ? Parce qu'il était blanc, et que l'autre était noir. Aussi Dieu sait quels droits à la prééminence Par un tel avantage il se croyait acquis, Toisant son commensal de l'œil dont un marquis Regarde un homme, de finance. Vient cependant la Saint-Martin. Le maître invite sa famille ; Le maître ordonne un grand festin : Il célébrait sa fête et mariait sa fille. Or ce jour de bombance et d'indigestion, Inscrit par La Reynière au rang des jours célèbres, Est pour la basse-cour un jour des plus funèbres. Le poulailler fut mis à contribution. Dans le garde-manger dès la veille on admire Deux compagnons de truffes parfumés. Lequel des deux fut blanc ? on ne saurait le dire, Car tous les deux étaient plumés. Ainsi, sous l'éclat dont il brille, Tel homme paraît sans égal, Jusqu'au moment triste et fatal Qui pour jamais nous déshabille.
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Les deux dindons
Et les voilà mentant, inventant, misérables ! Les voilà, fronts sans honte et bouches incurables, Calomniant l'honneur du pays, flétrissant Tous les lutteurs, ceux-ci qui versèrent leur sang, Ceux-ci, plus grands encor, qui, voyant que la flamme Et l'espoir s'éteignaient, répandirent leur âme. Ces maroufles hideux outragent les héros ! Ils lancent au captif, à travers ses barreaux, Au proscrit, à travers son deuil, leur pierre infâme. Ils offensent la mère, ils insultent la femme ; Ils raillent l'exilé que l'ombre accable et suit ; Ils tâchent d'ajouter leur noirceur à sa nuit ; Ils entassent sur lui d'affreux réquisitoires ; Et si, voyant passer et flotter ces histoires, Vous demandez au cuistre, au conteur, au grimaud : - Croyez-vous tout cela ? - Moi, dit-il, pas un mot. - Bien. Mais alors pourquoi le dites-vous ? - Pour rire. Ah ! Les bêtes des bois ne savent pas écrire, Le tigre ne pourrait griffonner un journal, Le renard ne sort pas du confessionnal Et ne saurait narrer la Salette en bon style ; Mais au moins l'aspic siffle en honnête reptile ; Si, dans son hurlement candide, affreux, complet, L'ours se montre affamé de meurtre, c'est qu'il l'est ; Le jaguar ne ment pas et pense ce qu'il gronde ; Il n'est pas un lion dans la forêt profonde Qui ne soit, dans l'horreur de son antre fumant, Sincère, et qui ne croie à son rugissement. Mais, honte et deuil ! Ciel noir ! Comment faut-il qu'on nomme Ces scribes qui demain diront d'un honnête homme : - Je suis son assassin, mais non son ennemi ! - Ah ! Ces gueux devant qui ma jeunesse eût frémi, Pires que Mérimée et Planche, nains horribles, Ces drôles, que je n'eusse enfin pas crus possibles Jadis, quand d'espérance, hélas ! Je m'enivrais, N'ont pas la probité d'être des monstres vrais.
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Et les voilà mentant, inventant, misérables
Et les voilà mentant, inventant, misérables ! Les voilà, fronts sans honte et bouches incurables, Calomniant l'honneur du pays, flétrissant Tous les lutteurs, ceux-ci qui versèrent leur sang, Ceux-ci, plus grands encor, qui, voyant que la flamme Et l'espoir s'éteignaient, répandirent leur âme. Ces maroufles hideux outragent les héros ! Ils lancent au captif, à travers ses barreaux, Au proscrit, à travers son deuil, leur pierre infâme. Ils offensent la mère, ils insultent la femme ; Ils raillent l'exilé que l'ombre accable et suit ; Ils tâchent d'ajouter leur noirceur à sa nuit ; Ils entassent sur lui d'affreux réquisitoires ; Et si, voyant passer et flotter ces histoires, Vous demandez au cuistre, au conteur, au grimaud : - Croyez-vous tout cela ? - Moi, dit-il, pas un mot. - Bien. Mais alors pourquoi le dites-vous ? - Pour rire. Ah ! Les bêtes des bois ne savent pas écrire, Le tigre ne pourrait griffonner un journal, Le renard ne sort pas du confessionnal Et ne saurait narrer la Salette en bon style ; Mais au moins l'aspic siffle en honnête reptile ; Si, dans son hurlement candide, affreux, complet, L'ours se montre affamé de meurtre, c'est qu'il l'est ; Le jaguar ne ment pas et pense ce qu'il gronde ; Il n'est pas un lion dans la forêt profonde Qui ne soit, dans l'horreur de son antre fumant, Sincère, et qui ne croie à son rugissement. Mais, honte et deuil ! Ciel noir ! Comment faut-il qu'on nomme Ces scribes qui demain diront d'un honnête homme : - Je suis son assassin, mais non son ennemi ! - Ah ! Ces gueux devant qui ma jeunesse eût frémi, Pires que Mérimée et Planche, nains horribles, Ces drôles, que je n'eusse enfin pas crus possibles Jadis, quand d'espérance, hélas ! Je m'enivrais, N'ont pas la probité d'être des monstres vrais.
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Sonnet. La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes ; La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts A beau précipiter dans ses ténèbres vides De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts, Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes, Par où fuiraient mille ans de sueurs et d'efforts, Quand même elle saurait ranimer ses victimes, Et pour les pressurer ressusciter leurs corps. La Haine est un ivrogne au fond d'une taverne, Qui sent toujours la soif naître de la liqueur Et se multiplier comme l'hydre de Lerne. - Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur, Et la Haine est vouée à ce sort lamentable De ne pouvoir jamais s'endormir sous la table.
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Le tonneau de la haine
Nos cris perdus dans le vent qui comme le temps file ; Nos ripostes dissipées dans la brume des souvenirs évanouis ; L’histoire se répète malgré les présages ; Nul n’a su faire marche en pas chassés. La jeunesse dans l’élan de son ignorance, La sagesse dans la mollesse de ses membres; Nos leçons sont diffuses et égarées - Nous n’apprenons pas même à la dure cette notion des cycles trop répétés. Même de cette vue depuis la cime, Les doigts de nos poings demeurent liés. Et comme nos cris perdus dans le vent qui comme le temps file, Nous dirons que nous vécûmes alors Ce qu’aujourd’hui ne saurait décrire. Que nous regardons le monde désormais D'un regard que l'on n'aurait pas su nous prédire. Nous ne sommes pas les mêmes; Ces cris furent un murmure hélas perdu à jamais, Qui nous revient en langage des signes, Qui nous étourdit comme un reflet, Mais qui trouve écho et retentira Dans l'innocence que l'on précède.
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Feb 6, 2025
Feb 6, 2025 at 5:43 PM UTC
Nos Cris Perdus [FR] (2025)
Oh ! vous aurez trop dit au pauvre petit ange Qu'il est d'autres anges là-haut, Que rien ne souffre au ciel, que jamais rien n'y change, Qu'il est doux d'y rentrer bientôt ; Que le ciel est un dôme aux merveilleux pilastres, Une tente aux riches couleurs, Un jardin bleu rempli de lis qui sont des astres, Et d'étoiles qui sont des fleurs ; Que c'est un lieu joyeux plus qu'on ne saurait dire, Où toujours, se laissant charmer, On a les chérubins pour jouer et pour rire, Et le bon Dieu pour nous aimer ; Qu'il est doux d'être un coeur qui brûle comme un cierge, Et de vivre, en toute saison, Près de l'enfant Jésus et de la sainte Vierge Dans une si belle maison ! Et puis vous n'aurez pas assez dit, pauvre mère, A ce fils si frêle et si doux, Que vous étiez à lui dans cette vie amère, Mais aussi qu'il était à vous ; Que, tant qu'on est petit, la mère sur nous veille, Mais que plus **** on la défend ; Et qu'elle aura besoin, quand elle sera vieille, D'un homme qui soit son enfant ; Vous n'aurez point assez dit à cette jeune âme Que Dieu veut qu'on reste ici-bas, La femme guidant l'homme et l'homme aidant la femme, Pour les douleurs et les combats ; Si bien qu'un jour, ô deuil ! irréparable perte ! Le doux être s'en est allé !... - Hélas ! vous avez donc laissé la cage ouverte, Que votre oiseau s'est envolé ! Avril 1843.
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À la mère de l'enfant mort
Madame, on m'a dit l'autre jour Que j'imitais... qui donc ? devine ; Que j'imitais Musset : le tour N'en est pas nouveau, j'imagine. Musset a répondu pour nous : « C'est imiter quelqu'un, que diantre ! Écrit-il, que planter des choux En terre... ou des enfants... en ventre. » Et craquez, corsets de satin ! Quant à moi, s'il me faut tout dire, J'imite quelqu'un, c'est certain, Quelqu'un du poétique empire. Je m'élance sur son chemin Avec la foi bénédictine ; Cherchez dans tout le genre humain. Eh ! bien... c'est elle, Valentine. On ne peut copier son air, Ses propos et son moindre geste, Mais son cœur ! mais son esprit fier ! Je peux attendre pour le reste. Ça me conduira qui sait où ? Je crois être elle, ma parole ! Au lieu de dire : je suis fou, L'autre jour j'ai dit : je suis folle ! Ma personnalité, ma foi ! S'est envolée ; et ceci même, Mes vers sont d'elle et non de moi, Si toutefois elle les aime ; Ce serait par trop hasardeux Que de mettre tout un volume Sur son dos ; si nous sommes deux, Je suis seul à tenir la plume ! Oh ! bien seul ! ne confondons pas, Je suis parfaitement le maître ; Car des fautes ou de faux pas Elle ne saurait en commettre. Vous voyez, c'est bien différent De ce que racontait l'histoire. Ah ! Si son verre était moins grand, J'aurais voulu peut-être y boire... Il est bien grand, en vérité ! Ne croyez pas que je badine ; Je boirai donc à sa santé, Dans le Verre de Valentine.
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Le verre
Commencer noir et désespoir pour finir sur une note lumineuse et pleine d’espoir Rêve déchu, hors de portée dès la maternité ? Cicatrice profonde et indélébile ou souvenir d’un tropisme transitoire ? Rêve et réalité But d’une vie ? Pourquoi ne pas y être arrivé, devrait-on être surpris ? Différence entre rêve et réalité Qu’est-ce donc que la réalité ? Est-elle universelle ? Quel référentiel utiliser pour en décrire les éléments essentiels ? Qu’est-ce que la réussite ? Relative ? Comment réussir dans un monde désormais gouverné par l’argent et les bits ? Au final, ce qui compte, n’est-ce-pas sa propre pensée, ce qui souvent émane de notre mémoire sélective. Au-delà du rêve ? Passé et présent Jamais aucune trêve, Ne saurait figer un moment exaltant Présent et avenir Faut-il toujours s’encombrer de souvenirs ? Espoir triomphant de la désillusion Crise du grec « krisis » Signifie décision Prise au moment propice Peut mener au bonheur Crise n’est donc pas intrinsèquement rancœur Pour les japonais et les chinois, Crise est une équation associant danger et opportunité La mort d’une idée, essoufflée, noyée Et la naissance d’une nouvelle, qui bourgeonne et qui croît Décisive peut être un jour Une unique opportunité peut mener à pléthore de possibilités Notre cerveau parfois nous joue des tours Qu’il est souvent sensé d’esquiver Et si le rêve déchu donnait naissance à une réalité devenue superflue Car la vérité est ailleurs, quelque part entre introspection et vertu.
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Apr 29, 2020
Apr 29, 2020 at 4:16 AM UTC
Rêve déchu
Commencer noir et désespoir pour finir sur une note lumineuse et pleine d’espoir Rêve déchu, hors de portée dès la maternité ? Cicatrice profonde et indélébile ou souvenir d’un tropisme transitoire ? Rêve et réalité But d’une vie ? Pourquoi ne pas y être arrivé, devrait-on être surpris ? Différence entre rêve et réalité Qu’est-ce donc que la réalité ? Est-elle universelle ? Quel référentiel utiliser pour en décrire les éléments essentiels ? Qu’est-ce que la réussite ? Relative ? Comment réussir dans un monde désormais gouverné par l’argent et les bits ? Au final, ce qui compte, n’est-ce-pas sa propre pensée, ce qui souvent émane de notre mémoire sélective. Au-delà du rêve ? Passé et présent Jamais aucune trêve, Ne saurait figer un moment exaltant Présent et avenir Faut-il toujours s’encombrer de souvenirs ? Espoir triomphant de la désillusion Crise du grec « krisis » Signifie décision Prise au moment propice Peut mener au bonheur Crise n’est donc pas intrinsèquement rancœur Pour les japonais et les chinois, Crise est une équation associant danger et opportunité La mort d’une idée, essoufflée, noyée Et la naissance d’une nouvelle, qui bourgeonne et qui croît Décisive peut être un jour Une unique opportunité peut mener à pléthore de possibilités Notre cerveau parfois nous joue des tours Qu’il est souvent sensé d’esquiver Et si le rêve déchu donnait naissance à une réalité devenue superflue Car la vérité est ailleurs, quelque part entre introspection et vertu.
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