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"rochers" poems
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Mar 23, 2014
Mar 23, 2014 at 1:31 PM UTC
Notre ami, le Mouflon (A Muvra)
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse. Sur le mol étendu De la crique aux rochers Ou le sable nous offre Un couchage argenté Et d'où le clapotis Des vagues qui se meurent Offre un balancement Si propice à la sieste Nous ne nous lassons pas De regarder la mer Qui se montre si douce Mais peut, être, féroce Mais nous n'y songeons pas Occupés à laisser La torpeur nous saisir. Mais le meilleur moment Est quand le soleil S'étire, paressant Sur l'horizon, comme Une orange mure. Un zeste de fraîcheur Vient nous revigorer Et un léger zéphyr Aiguise notre incessant Besoin de nous bouger Alors que nous étions précédemment apaisés. Une salinité un peu plus épicée Fait songer aux poissons, Peut être que ce soir ? Là-bas sous les « paillotes » et d’autres «brises de mer» où des cuisiniers s'affairent Pour nous donner envie De découvrir quelques saveurs Et ces vins blancs si frais Qui font claquer la langue Et vont si bien avec des poissons grillés, Ce soir, aucune restriction Ni régime fâcheux, Laissons l'austérité A ses propagandistes intéressés Et vivons selon ce moment Ou vivre est une fête. A Sagone, ce soir, Comme si cette fête Ne devait pas finir. Paul Arrighi
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Jul 29, 2016
Jul 29, 2016 at 5:40 AM UTC
La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse.
Aux bords de la rivière « La Catena » en Corse Elle porte un nom qui signifie «chaîne»; mais est bien au contraire expérience de Liberté. Dans les temps féodaux, un seigneur de la Cinarca, y fit construire une place forte, Dont il ne reste plus que quelques pierres éparses et le baptistère, Ainsi que des rumeurs d'un cruel massacre, jamais éteintes, par les siècles. L'été, sa musique de roches se joint à la fraîcheur pour en faire un lieu de détente et de pur bonheur, Pourtant les rocs de granit en obstruent parfois le cours et font ressembler ce torrent à une rivière peuplée par des géants de pierre et de quelques noyés violacés rejetés par ses colères. Son grondement ininterrompu laisse planer comme une symphonie  fantastique de dangers diffus. Les truites «fario» n'en sont pas absentes, même si trop pêchées, elles se nichent au plus profond des creux et anfractuosités des rochers. Les rires des enfants, le ruissellement de l'eau si fraîche sur la peau sont le sourire de celles et ceux qui savent admirer ce temple vert, et contempler sur ses bords cette flamboyance  de la  nature propre à apaiser  l'inquiétude des êtres. La musique monotone de son courant pousse à la sieste, le plus furieux des « hommes pressés ». Et « la Catena » a l'air de nous dire : « sachez écouter ma musique et prendre le temps de vous poser un peu ». Paul Arrighi
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Jul 30, 2016
Jul 30, 2016 at 2:07 PM UTC
Aux bords de la rivière « La Catena » en Corse
A la terrasse du café «Le Matin» aux Carmes (Dédié à Abder, Jean-Pierre et Toinou) Le soleil était brûlant Et la chaleur comme du plomb Pas possible de rester à l'intérieur, Dans l'étuve, alors je sorti Me protéger sous un parasol, ou ce qui en tenait lieu Tenant le verre De «coca-glaçons» a la main. Les parasols tamisaient mal L'ardeur du soleil. Mais un Zéphyr nous donnait un souffle de fraîcheur, Si bienfaisante, Que je commençais A me sentir bien et être moins oppressé par le rythme fou la fureur et les violences du Monde et à me réconcilier avec cette myriade de visages Si variés de l'humanité parcourant, rapides et pressés allez savoir pourquo ?  En ce Dix-huit juillet,  la «rue des Filatiers». Les demoiselles, courts vêtues. Étaient ravissantes, en cet été, Ou ne manquaient que les faunes, décidés à les  séduire, Et parfois, un éclair de chair Entrevue, virevoltant, comme un poisson volant. Venait troubler mon calme En aiguiser des désirs enfouis. Je vis passer l'ami d'Abder Étrangement pressé; je le hélais Il me dit aller prendre son café Italien, Et être enfin en vacances, L'après-midi s'annonçait Délicieuse et je commençais A congédier tout stress Et toute entrave à la délicieuse Sensation de se sentir vivre, Je me pris a songer aux lézards Des rochers de notre Corse Et aux chants des oiseaux. Le temps, s'était comme arrêté et l’ une horloge s’était cassée Seul, s'imposait, à moi L'impératif et le goût de vivre Mais aussi de ressentir intensément, cette sensation aiguë et finalement trop rare, De se sentir vivre, partie prenante Du rythme de la rue et de des flâneurs. Je songeais à Jean-Sol Partre A ces philosophies de l'existence Qui sont, le Maître l’a dit: «un Humanisme» Et à ce quartier des Carmes, Enchanteur et fébrile, que j'ai toujours aimé pour sa variété de lumières d'accents et de saveurs. J'ai voulu durant de longs instants pouvoir figer ce moment Et à ce que les visages de la vie restent si charmeurs et variés J'avais face à moi ce bouquet de vie s'écoulant à ce coin de rues Devant le café «Le Matin» Faisant assurément partie. De mes bars préférés à Toulouse Car l'on y voit passer Tant d'inconnus et de figures amies. Paul Arrighi
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Jul 26, 2016
Jul 26, 2016 at 10:17 AM UTC
A la terrasse du café «Le Matin» aux Carmes
A la terrasse du café «Le Matin» aux Carmes (Dédié à Abder, Jean-Pierre et Toinou) Le soleil était brûlant Et la chaleur comme du plomb Pas possible de rester à l'intérieur, Dans l'étuve, alors je sorti Me protéger sous un parasol, ou ce qui en tenait lieu Tenant le verre De «coca-glaçons» a la main. Les parasols tamisaient mal L'ardeur du soleil. Mais un Zéphyr nous donnait un souffle de fraîcheur, Si bienfaisante, Que je commençais A me sentir bien et être moins oppressé par le rythme fou la fureur et les violences du Monde et à me réconcilier avec cette myriade de visages Si variés de l'humanité parcourant, rapides et pressés allez savoir pourquo ?  En ce Dix-huit juillet,  la «rue des Filatiers». Les demoiselles, courts vêtues. Étaient ravissantes, en cet été, Ou ne manquaient que les faunes, décidés à les  séduire, Et parfois, un éclair de chair Entrevue, virevoltant, comme un poisson volant. Venait troubler mon calme En aiguiser des désirs enfouis. Je vis passer l'ami d'Abder Étrangement pressé; je le hélais Il me dit aller prendre son café Italien, Et être enfin en vacances, L'après-midi s'annonçait Délicieuse et je commençais A congédier tout stress Et toute entrave à la délicieuse Sensation de se sentir vivre, Je me pris a songer aux lézards Des rochers de notre Corse Et aux chants des oiseaux. Le temps, s'était comme arrêté et l’ une horloge s’était cassée Seul, s'imposait, à moi L'impératif et le goût de vivre Mais aussi de ressentir intensément, cette sensation aiguë et finalement trop rare, De se sentir vivre, partie prenante Du rythme de la rue et de des flâneurs. Je songeais à Jean-Sol Partre A ces philosophies de l'existence Qui sont, le Maître l’a dit: «un Humanisme» Et à ce quartier des Carmes, Enchanteur et fébrile, que j'ai toujours aimé pour sa variété de lumières d'accents et de saveurs. J'ai voulu durant de longs instants pouvoir figer ce moment Et à ce que les visages de la vie restent si charmeurs et variés J'avais face à moi ce bouquet de vie s'écoulant à ce coin de rues Devant le café «Le Matin» Faisant assurément partie. De mes bars préférés à Toulouse Car l'on y voit passer Tant d'inconnus et de figures amies. Paul Arrighi
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Ode XXVI. En vous donnant ce pourtraict mien Dame, je ne vous donne rien Car tout le bien qui estoit nostre Amour dès le jour le fit vostre Que vous me fistes prisonnier, Mais tout ainsi qu'un jardinier Envoye des presens au maistre De son jardin loüé, pour estre Toujours la grace desservant De l'heritier, qu'il va servant Ainsi tous mes presens j'adresse A vous Cassandre ma maistresse, Corne à mon tout, et maintenant Mon portrait je vous vois donnant : Car la chose est bien raisonnable Que la peinture ressemblable, Au cors qui languist en souci Pour vostre amour, soit vostre aussi. Mais voyez come elle me semble Pensive, triste et pasle ensemble, Portraite de mesme couleur Qu'amour a portrait son seigneur. Que pleust à Dieu que la Nature M'eust fait au coeur une ouverture, Afin que vous eussiez pouvoir De me cognoistre et de me voir ! Car ce n'est rien de voir, Maistresse, La face qui est tromperesse, Et le front bien souvent moqueur, C'est le tout que de voir le coeur. Vous voyriés du mien la constance, La foi, l'amour, l'obeissance, Et les voyant, peut estre aussi Qu'auriés de lui quelque merci, Et des angoisses qu'il endure : Voire quand vous seriés plus dure Que les rochers Caucaseans Ou les cruels flos Aegeans Qui sourds n'entendent les prieres Des pauvres barques marinieres.
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Ode à Cassandre
Tout près du lac filtre une source, Entre deux pierres, dans un coin ; Allègrement l'eau prend sa course Comme pour s'en aller bien **** Elle murmure : Oh ! quelle joie ! Sous la terre il faisait si noir ! Maintenant ma rive verdoie, Le ciel se mire à mon miroir. Les myosotis aux fleurs bleues Me disent : Ne m'oubliez pas ! Les libellules de leurs queues M'égratignent dans leurs ébats ; A ma coupe l'oiseau s'abreuve ; Qui sait ? - Après quelques détours Peut-être deviendrai-je un fleuve Baignant vallons, rochers et tours. Je broderai de mon écume Ponts de pierre, quais de granit, Emportant le steamer qui fume A l'Océan où tout finit. Ainsi la jeune source jase, Formant cent projets d'avenir ; Comme l'eau qui bout dans un vase, Son flot ne peut se contenir ; Mais le berceau touche à la tombe ; Le géant futur meurt petit ; Née à peine, la source tombe Dans le grand lac qui l'engloutit !
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La source
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
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Anxiété
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
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Quand je suis vingt ou trente mois Sans retourner en Vendômois, Plein de pensées vagabondes, Plein d'un remords et d'un souci, Aux rochers je me plains ainsi, Aux bois, aux antres et aux ondes. Rochers, bien que soyez âgés De trois mil ans, vous ne changez Jamais ni d'état ni de forme ; Mais toujours ma jeunesse fuit, Et la vieillesse qui me suit, De jeune en vieillard me transforme. Bois, bien que perdiez tous les ans En l'hiver vos cheveux plaisants, L'an d'après qui se renouvelle, Renouvelle aussi votre chef ; Mais le mien ne peut derechef R'avoir sa perruque nouvelle. Antres, je me suis vu chez vous Avoir jadis verts les genoux, Le corps habile, et la main bonne ; Mais ores j'ai le corps plus dur, Et les genoux, que n'est le mur Qui froidement vous environne. Ondes, sans fin vous promenez Et vous menez et ramenez Vos flots d'un cours qui ne séjourne ; Et moi sans faire long séjour Je m'en vais, de nuit et de jour, Au lieu d'où plus on ne retourne. Si est-ce que je ne voudrois Avoir été rocher ou bois Pour avoir la peau plus épaisse, Et vaincre le temps emplumé ; Car ainsi dur je n'eusse aimé Toy qui m'as fait vieillir, Maistresse.
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Quand je suis vingt ou trente mois
La rosée arrondie en perles Scintille aux pointes du gazon ; Les chardonnerets et les merles Chantent à l'envi leur chanson ; Les fleurs de leurs paillettes blanches Brodent le bord vert du chemin ; Un vent léger courbe les branches Du chèvrefeuille et du jasmin ; Et la lune, vaisseau d'agate, Sur les vagues des rochers bleus S'avance comme la frégate Au dos de l'Océan houleux. Jamais la nuit de plus d'étoiles N'a semé son manteau d'azur, Ni, du doigt entr'ouvrant ses voiles, Mieux fait voir Dieu dans le ciel pur. Prends mon bras, ô ma bien-aimée, Et nous irons, à deux, jouir De la solitude embaumée, Et, couchés sur la mousse, ouïr Ce que tout bas, dans la ravine Où brillent ses moites réseaux, En babillant, l'eau qui chemine Conte à l'oreille des roseaux.
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Promenade nocturne
Près des ruisseaux, près des cascades, Dans les champs d'oliviers fleuris, Sur les rochers, sous les arcades Dont le temps sape les débris, Sous les murs du vieux monastère. Dans le bois qu'aime le mystère, Sous l'ombre du pin solitaire, Sous le platane aux frais abris ; A l'heure où, sous l'humble chaumière. Le chevrier prend son repas, A l'heure où brille la lumière, A l'heure où le jour ne luit pas ; L'été, quand sous le vert ombrage Tu viens t'asseoir après l'ouvrage : L'hiver, par le froid, par l'orage ; Toujours, partout, je suis tes pas. Lorsque les cloches argentines Réveillent l'oiseau dans son nid, C'est moi qui te suis à matines : Et quand la prière finit. Au sortir du temple gothique, C'est moi qui vais sous le portique T'offrir, suivant l'usage antique. L'eau sainte et le rameau bénit. Quand, vers la fin de la journée, Tu vas près du saint tribunal, Devant l'ermite prosternée. Incliner ton front virginal, C'est moi qui d'un air humble et tendre. Quand l'Angélus s'est fait entendre, Esclave assidu, vais t'attendre Auprès du confessionnal. Viens, je te dirai le cantique Que je suis allé, ce matin. Choisir pour toi dans la boutique D'un colporteur napolitain, Et contre la dent meurtrière Des loups errants dans la clairière, Je t'apprendrai quelle prière Il faut réciter en latin. Je mettrai dans ton oratoire Un missel à fermoirs dorés, Où des moines ont peint l'histoire De nos anciens livres sacrés ; Des apôtres les douze images, La bonne Vierge, et les trois Mages Au Christ apportant leurs hommages, Et baisant ses pieds adorés. Oh, regarde-moi sans colère ! Promets-moi que tu m'aimeras : Ne me défends pas de te plaire, Laisse-toi serrer dans mes bras ! Que cette froideur t'abandonne ; A péché secret Dieu pardonne, Et je mettrai sur ta madone Le voile que tu quitteras.
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À Gianetta
Près des ruisseaux, près des cascades, Dans les champs d'oliviers fleuris, Sur les rochers, sous les arcades Dont le temps sape les débris, Sous les murs du vieux monastère. Dans le bois qu'aime le mystère, Sous l'ombre du pin solitaire, Sous le platane aux frais abris ; A l'heure où, sous l'humble chaumière. Le chevrier prend son repas, A l'heure où brille la lumière, A l'heure où le jour ne luit pas ; L'été, quand sous le vert ombrage Tu viens t'asseoir après l'ouvrage : L'hiver, par le froid, par l'orage ; Toujours, partout, je suis tes pas. Lorsque les cloches argentines Réveillent l'oiseau dans son nid, C'est moi qui te suis à matines : Et quand la prière finit. Au sortir du temple gothique, C'est moi qui vais sous le portique T'offrir, suivant l'usage antique. L'eau sainte et le rameau bénit. Quand, vers la fin de la journée, Tu vas près du saint tribunal, Devant l'ermite prosternée. Incliner ton front virginal, C'est moi qui d'un air humble et tendre. Quand l'Angélus s'est fait entendre, Esclave assidu, vais t'attendre Auprès du confessionnal. Viens, je te dirai le cantique Que je suis allé, ce matin. Choisir pour toi dans la boutique D'un colporteur napolitain, Et contre la dent meurtrière Des loups errants dans la clairière, Je t'apprendrai quelle prière Il faut réciter en latin. Je mettrai dans ton oratoire Un missel à fermoirs dorés, Où des moines ont peint l'histoire De nos anciens livres sacrés ; Des apôtres les douze images, La bonne Vierge, et les trois Mages Au Christ apportant leurs hommages, Et baisant ses pieds adorés. Oh, regarde-moi sans colère ! Promets-moi que tu m'aimeras : Ne me défends pas de te plaire, Laisse-toi serrer dans mes bras ! Que cette froideur t'abandonne ; A péché secret Dieu pardonne, Et je mettrai sur ta madone Le voile que tu quitteras.
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Favorite things: Sandwiches Reconciliation Music Justice ************ Forerro Rochers Nice things people have said about me Drugs Love Good long stories River rocks Tall trees Gifts Art Deep dreams
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Jul 19, 2023
Jul 19, 2023 at 12:11 PM UTC
Favorite things
Ton corps est devenu falaise Insufflée de ton aura Et pour en escalader les parois Je contemple la pierre abrupte Et ses labyrinthes infranchissables J'envoie des papillons en éclaireurs Tout autour du précipice A la recherche d'une faille, D'un interstice infime Où je pourrais m'introduire En catimini et partir A l'assaut de tes cimes Les rochers se dérobent, S'effritent, se désagrègent Mes mains n'adhèrent plus à ta surface Mes mains sont moites Je suis humide Je grimpe à même la roche Pendant des années-lumière Les mains blanchies de craie Je suis comme une exoplanète Autour d'une naine rouge Toutes mes rivières Tous mes océans Toutes mes eaux Gravitent vers toi, Ma petite étoile sacrée Ma Muse constellée de Mer Noire.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:42 AM UTC
Moite
Avec ses nerfs rompus, une main écorchée, Qui marche sans le corps dont elle est arrachée, Crispe ses doigts crochus armés d'ongles de fer Pour me saisir ; des feux pareils aux feux d'enfer Se croisent devant moi ; dans l'ombre, des yeux fauves Rayonnent ; des vautours, à cous rouges et chauves, Battent mon front de l'aile en poussant des cris sourds ; En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds, Des flots de plomb fondu subitement les baignent, À des pointes d'acier ils se heurtent et saignent, Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant, Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent De naseaux enflammés, de gueules haletantes : Les voilà, les voilà ! dans mes chairs palpitantes Je sens des becs d'oiseaux avides se plonger, Fouiller profondément, jusqu'aux os me ronger, Et puis des dents de loups et de serpents qui mordent Comme une scie aiguë, et des pinces qui tordent ; Ensuite le sol manque à mes pas chancelants : Un gouffre me reçoit ; sur des rochers brûlants, Sur des pics anguleux que la lune reflète, Tremblant, je roule, roule, et j'arrive squelette. Dans un marais de sang ; bientôt, spectres hideux, Des morts au teint bleuâtre en sortent deux à deux, Et, se penchant vers moi, m'apprennent les mystères Que le trépas révèle aux pâles feudataires De son empire ; alors, étrange enchantement, Ce qui fut moi s'envole, et passe lentement À travers un brouillard couvrant les flèches grêles D'une église gothique aux moresques dentelles. Déchirant une proie enlevée au tombeau, En me voyant venir, tout joyeux, un corbeau Croasse, et, s'envolant aux steppes de l'Ukraine, Par un pouvoir magique à sa suite m'entraîne, Et j'aperçois bientôt, non **** d'un vieux manoir, À l'angle d'un taillis, surgir un gibet noir Soutenant un pendu ; d'effroyables sorcières Dansent autour, et moi, de fureurs carnassières Agité, je ressens un immense désir De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir, Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte, Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.
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Cauchemar
Avec ses nerfs rompus, une main écorchée, Qui marche sans le corps dont elle est arrachée, Crispe ses doigts crochus armés d'ongles de fer Pour me saisir ; des feux pareils aux feux d'enfer Se croisent devant moi ; dans l'ombre, des yeux fauves Rayonnent ; des vautours, à cous rouges et chauves, Battent mon front de l'aile en poussant des cris sourds ; En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds, Des flots de plomb fondu subitement les baignent, À des pointes d'acier ils se heurtent et saignent, Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant, Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent De naseaux enflammés, de gueules haletantes : Les voilà, les voilà ! dans mes chairs palpitantes Je sens des becs d'oiseaux avides se plonger, Fouiller profondément, jusqu'aux os me ronger, Et puis des dents de loups et de serpents qui mordent Comme une scie aiguë, et des pinces qui tordent ; Ensuite le sol manque à mes pas chancelants : Un gouffre me reçoit ; sur des rochers brûlants, Sur des pics anguleux que la lune reflète, Tremblant, je roule, roule, et j'arrive squelette. Dans un marais de sang ; bientôt, spectres hideux, Des morts au teint bleuâtre en sortent deux à deux, Et, se penchant vers moi, m'apprennent les mystères Que le trépas révèle aux pâles feudataires De son empire ; alors, étrange enchantement, Ce qui fut moi s'envole, et passe lentement À travers un brouillard couvrant les flèches grêles D'une église gothique aux moresques dentelles. Déchirant une proie enlevée au tombeau, En me voyant venir, tout joyeux, un corbeau Croasse, et, s'envolant aux steppes de l'Ukraine, Par un pouvoir magique à sa suite m'entraîne, Et j'aperçois bientôt, non **** d'un vieux manoir, À l'angle d'un taillis, surgir un gibet noir Soutenant un pendu ; d'effroyables sorcières Dansent autour, et moi, de fureurs carnassières Agité, je ressens un immense désir De broyer sous mes dents sa chair, et de saisir, Avec quelque lambeau de sa peau bleue et verte, Son cœur demi-pourri dans sa poitrine ouverte.
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Ciel, air et vents, plains et monts découverts, Tertres vineux et forêts verdoyantes, Rivages torts et sources ondoyantes, Taillis rasés et vous bocages verts, Antres moussus à demi-front ouverts, Prés, boutons, fleurs et herbes roussoyantes, Vallons bossus et plages blondoyantes, Et vous rochers, les hôtes de mes vers, Puis qu'au partir, rongé de soin et d'ire, A ce bel oeil Adieu je n'ai su dire, Qui près et **** me détient en émoi, Je vous supplie, Ciel, air, vents, monts et plaines, Taillis, forêts, rivages et fontaines, Antres, prés, fleurs, dites-le-lui pour moi.
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Ciel, air et vents, plains et monts découverts
Tout là-haut, tout là-haut, **** de la route sûre, Des fermes, des vallons, par delà les coteaux, Par delà les forêts, les tapis de verdure, **** des derniers gazons foulés par les troupeaux, On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme Que forment quelques pics désolés et neigeux ; L'eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime, Et n'interrompt jamais son silence orageux. Dans ce morne désert, à l'oreille incertaine Arrivent par moments des bruits faibles et longs, Et des échos plus morts que la cloche lointaine D'une vache qui paît aux penchants des vallons. Sur ces monts où le vent efface tout vestige, Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil, Sur ces rochers altiers où guette le vertige, Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil, Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence, Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver, Le silence éternel et la montagne immense, Car l'air est immobile et tout semble rêver. On dirait que le ciel, en cette solitude, Se contemple dans l'onde, et que ces monts, là-bas, Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude, Un mystère divin que l'homme n'entend pas. Et lorsque par hasard une nuée errante Assombrit dans son vol le lac silencieux, On croirait voir la robe ou l'ombre transparente D'un esprit qui voyage et passe dans les cieux.
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Incompatibilité
Non **** des rochers de l'Atlas, Au milieu des déserts où cent tribus errantes Promènent au hasard leurs chameaux et leurs tentes, Un jour, certain enfant précipitait ses pas. C'était le jeune fils de quelque musulmane Qui s'en allait en caravane. Quand sa mère dormait, il courait le pays. Dans un ravin profond, **** de l'aride plaine, Notre enfant trouve une fontaine, Auprès, un beau dattier tout couvert de ses fruits. Oh ! quel bonheur ! dit-il, ces dattes, cette eau claire, M'appartiennent ; sans moi, dans ce lieu solitaire, Ces trésors cachés, inconnus, Demeuraient à jamais perdus. Je les ai découverts, ils sont ma récompense. Parlant ainsi, l'enfant vers le dattier s'élance, Et jusqu'à son sommet tâche de se hisser. L'entreprise était périlleuse : L'écorce, tantôt lisse et tantôt raboteuse, Lui déchirait les mains, ou les faisait glisser : Deux fois il retomba : mais d'une ardeur nouvelle Il recommence de plus belle, Et parvient enfin, haletant, A ces fruits qu'il désirait tant. Il se jette alors sur les dattes. Se tenant d'une main, de l'autre fourrageant. Et mangeant, Sans choisir les plus délicates. Tout à coup voilà notre enfant Qui réfléchit et qui descend. Il court chercher sa bonne mère, Prend avec lui son jeune frère, Les conduit au dattier. Le cadet incliné, S'appuyant au tronc qu'il embrasse, Présente son dos à l'aîné ; L'autre y monte, et de cette place, Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger, Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse, Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger : La récolte achevée, et la nappe étant mise, Les deux frères tranquillement, Souriant à leur mère au milieu d'eux assise, Viennent au bord de l'eau faire un repas charmant. De la société ceci nous peint l'image : Je ne connais de biens que ceux que l'on partage. Coeurs dignes de sentir le prix de l'amitié, Retenez cet ancien adage : Le tout ne vaut pas la moitié.
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L'enfant et le dattier
Non **** des rochers de l'Atlas, Au milieu des déserts où cent tribus errantes Promènent au hasard leurs chameaux et leurs tentes, Un jour, certain enfant précipitait ses pas. C'était le jeune fils de quelque musulmane Qui s'en allait en caravane. Quand sa mère dormait, il courait le pays. Dans un ravin profond, **** de l'aride plaine, Notre enfant trouve une fontaine, Auprès, un beau dattier tout couvert de ses fruits. Oh ! quel bonheur ! dit-il, ces dattes, cette eau claire, M'appartiennent ; sans moi, dans ce lieu solitaire, Ces trésors cachés, inconnus, Demeuraient à jamais perdus. Je les ai découverts, ils sont ma récompense. Parlant ainsi, l'enfant vers le dattier s'élance, Et jusqu'à son sommet tâche de se hisser. L'entreprise était périlleuse : L'écorce, tantôt lisse et tantôt raboteuse, Lui déchirait les mains, ou les faisait glisser : Deux fois il retomba : mais d'une ardeur nouvelle Il recommence de plus belle, Et parvient enfin, haletant, A ces fruits qu'il désirait tant. Il se jette alors sur les dattes. Se tenant d'une main, de l'autre fourrageant. Et mangeant, Sans choisir les plus délicates. Tout à coup voilà notre enfant Qui réfléchit et qui descend. Il court chercher sa bonne mère, Prend avec lui son jeune frère, Les conduit au dattier. Le cadet incliné, S'appuyant au tronc qu'il embrasse, Présente son dos à l'aîné ; L'autre y monte, et de cette place, Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger, Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse, Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger : La récolte achevée, et la nappe étant mise, Les deux frères tranquillement, Souriant à leur mère au milieu d'eux assise, Viennent au bord de l'eau faire un repas charmant. De la société ceci nous peint l'image : Je ne connais de biens que ceux que l'on partage. Coeurs dignes de sentir le prix de l'amitié, Retenez cet ancien adage : Le tout ne vaut pas la moitié.
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Jéhova de la terre a consacré les cimes ; Elles sont de ses pas le divin marchepied, C'est là qu'environné de ses foudres sublimes Il vole, il descend, il s'assied. Sina, l'Olympe même, en conservent la trace ; L'Oreb, en tressaillant, s'inclina sous ses pas ; Thor entendit sa voix, Gelboé vit sa face ; Golgotha pleura son trépas. Dieu que l'Hébron connait, Dieu que Cédar adore, Ta gloire à ces rochers jadis se dévoila ; Sur le sommet des monts nous te cherchons encore ; Seigneur, réponds-nous ! es-tu là ? Paisibles habitants de ces saintes retraites, Comme l'ont entendu les guides d'Israël, Dans le calme des nuits, des hauteurs où vous êtes N'entendez-vous donc rien du ciel ? Ne voyez-vous jamais les divines phalanges Sur vos dômes sacrés descendre et se pencher ? N'entendez-vous jamais des doux concerts des anges Retentir l'écho du rocher ? Quoi ! l'âme en vain regarde, aspire, implore, écoute ; Entre le ciel et nous, est-il un mur d'airain ? Vos yeux, toujours levés vers la céleste voûte, Vos yeux sont-ils levés en vain ? Pour s'élancer, Seigneur, où ta voix les appelle, Les astres de la nuit ont des chars de saphirs, Pour s'élever à toi, l'aigle au moins a son aile ; Nous n'avons rien que nos soupirs ! Que la voix de tes saints s'élève et te désarme, La prière du juste est l'encens des mortels ; Et nous, pêcheurs, passons: nous n'avons qu'une larme A répandre sur tes autels.
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À la grande chartreuse
Sur la bruyère arrosée De rosée ; Sur le buisson d'églantier ; Sur les ombreuses futaies ; Sur les haies Croissant au bord du sentier ; Sur la modeste et petite Marguerite, Qui penche son front rêvant ; Sur le seigle, verte houle Qui déroule Le caprice ailé du vent ; Sur les prés, sur la colline Qui s'incline Vers le champ bariolé De pittoresques guirlandes ; Sur les landes ; Sur le grand orme isolé, La demoiselle se berce ; Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille, Elle brille Comme un regard d'Ariel. Traversant, près des charmilles, Les familles Des bourdonnants moucherons, Elle se mêle à leur ronde Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds. Bientôt elle vole et joue Sur la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule Et s'écoule En un ruisseau bruissant. Plus rapide que la brise, Elle frise, Dans son vol capricieux, L'eau transparente où se mire Et s'admire Le saule au front soucieux ; Où, s'entr'ouvrant blancs et jaunes, Près des aunes, Les deux nénuphars en fleurs, Au gré du flot qui gazouille Et les mouille, Étalent leurs deux couleurs ; Où se baigne le nuage ; Où voyage Le ciel d'été souriant ; Où le soleil plonge, tremble, Et ressemble Au beau soleil d'Orient. Et quand la grise hirondelle Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur, Dans sa chasse circulaire, L'onde claire, Elle s'enfuit d'un vol sûr. Bois qui chantent, fraîches plaines D'odeurs pleines, Lacs de moire, coteaux bleus, Ciel où le nuage passe, Large espace, Monts aux rochers anguleux, Voilà l'immense domaine Où promène Ses caprices, fleur des airs, La demoiselle nacrée, Diaprée De reflets roses et verts. Dans son étroite famille, Quelle fille N'a pas vingt fois souhaité, Rêveuse, d'être comme elle Demoiselle, Demoiselle en liberté ?
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La demoiselle
Sur la bruyère arrosée De rosée ; Sur le buisson d'églantier ; Sur les ombreuses futaies ; Sur les haies Croissant au bord du sentier ; Sur la modeste et petite Marguerite, Qui penche son front rêvant ; Sur le seigle, verte houle Qui déroule Le caprice ailé du vent ; Sur les prés, sur la colline Qui s'incline Vers le champ bariolé De pittoresques guirlandes ; Sur les landes ; Sur le grand orme isolé, La demoiselle se berce ; Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille, Elle brille Comme un regard d'Ariel. Traversant, près des charmilles, Les familles Des bourdonnants moucherons, Elle se mêle à leur ronde Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds. Bientôt elle vole et joue Sur la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule Et s'écoule En un ruisseau bruissant. Plus rapide que la brise, Elle frise, Dans son vol capricieux, L'eau transparente où se mire Et s'admire Le saule au front soucieux ; Où, s'entr'ouvrant blancs et jaunes, Près des aunes, Les deux nénuphars en fleurs, Au gré du flot qui gazouille Et les mouille, Étalent leurs deux couleurs ; Où se baigne le nuage ; Où voyage Le ciel d'été souriant ; Où le soleil plonge, tremble, Et ressemble Au beau soleil d'Orient. Et quand la grise hirondelle Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur, Dans sa chasse circulaire, L'onde claire, Elle s'enfuit d'un vol sûr. Bois qui chantent, fraîches plaines D'odeurs pleines, Lacs de moire, coteaux bleus, Ciel où le nuage passe, Large espace, Monts aux rochers anguleux, Voilà l'immense domaine Où promène Ses caprices, fleur des airs, La demoiselle nacrée, Diaprée De reflets roses et verts. Dans son étroite famille, Quelle fille N'a pas vingt fois souhaité, Rêveuse, d'être comme elle Demoiselle, Demoiselle en liberté ?
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Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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En écoutant les oiseaux
Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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Comme un bétail pensif sur le sable couchées, Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers, Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées Ont de douces langueurs et des frissons amers. Les unes, coeurs épris des longues confidences, Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux, Vont épelant l'amour des craintives enfances Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ; D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves A travers les rochers pleins d'apparitions, Où saint Antoine a vu surgir comme des laves Les seins nus et pourprés de ses tentations ; Il en est, aux lueurs des résines croulantes, Qui dans le creux muet des vieux antres païens T'appellent au secours de leurs fièvres hurlantes, Ô Bacchus, endormeur des remords anciens ! Et d'autres, dont la gorge aime les scapulaires, Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements, Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires, L'écume du plaisir aux larmes des tourments. Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres, De la réalité grands esprits contempteurs, Chercheuses d'infini, dévotes et satyres, Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs, Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies, Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains, Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies, Et les urnes d'amour dont vos grands coeurs sont pleins !
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Femmes damnées (1)
Ce ne sont qu'horizons calmes et pacifiques ; On voit sur les coteaux des chasses magnifiques ; Le reste du pays, sous le ciel gris ou bleu, Est une plaine avec une église au milieu. Un lierre monstrueux à tige arborescente Qui sort de l'herbe, ainsi qu'une griffe puissante, Comme un des mille bras de Cybèle au front vert, Semble, en ce champ aride et de ronces couvert, Avoir un jour saisi l'église solitaire, Et la tirer d'en bas lentement dans la terre. Tour, arcs-boutants, chevet, portail aux larges fûts, Il cache et ronge tout sous ses rameaux touffus. Sans doute que dans l'ombre il parle à ces murailles Et qu'il leur dit : « Jadis vous-dormiez aux entrailles Des collines d'où l'homme arrache incessamment Le marbre, le granit, l'argile et le ciment. Ô pierres, vous devez être lasses d'entendre Les hommes bourdonner, les orages s'épandre, Et les cloches d'airain gémir dans les clochers. Redevenez cailloux, galets, débris, rochers ! Dans la terre au flanc noir retombez pêle-mêle ! Rentrez au sein profond de l'aïeule éternelle ! » Bondouf, le 5 novembre 1846.
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Aux champs
Tu as juré de filmer un à un tes fantasmes : Les noirs, Les fondants, Les doux, Les amers, Toutes les phases d'affaitage du faucon, Et aujourd'hui tu prépares le matériel En bonne fauconnière que tu es. Et que les faucons gerfauts, sacres ou pèlerins Le veuillent ou non, Tu leur couvres la tête d'un chaperon Et tu déploies au tout venant tes perches, Tes anneaux et tes leurres, Tes sonnettes et tes noeuds Et je quitte mes gorges et mes rochers Et me perche en majesté à ton gantelet de dentelle Où tu as brodé, enlumineuse d'or, L'initiale S, comme leurre. Et chaque fois que je m'avise De dérober mes sonnettes, De me libérer de ta filière, Tu me déchaperonnes Et tu me gardes au ventre. Tu me nourris consciencieusement Pour que j'atteigne mon poids de chasse Et tu me frist-frastes de tes fantasmes Pour que je devienne un rapace de haut vol Et que je fonde vers toi Et que je fasse bonne gorge De ton loup à crinière Au goût de chocolat amer.
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Nov 17, 2019
Nov 17, 2019 at 11:57 AM UTC
Video show
Dans mes jours de malheur, Alfred, seul entre mille, Tu m'es resté fidèle où tant d'autres m'ont fui. Le bonheur m'a prêté plus d'un lien fragile ; Mais c'est l'adversité qui m'a fait un ami. C'est ainsi que les fleurs sur les coteaux fertiles Etalent au soleil leur vulgaire trésor ; Mais c'est au sein des nuits, sous des rochers stériles, Que fouille le mineur qui cherche un rayon d'or. C'est ainsi que les mers calmes et sans orages Peuvent d'un flot d'azur bercer le voyageur ; Mais c'est le vent du nord, c'est le vent des naufrages Qui jette sur la rive une perle au pêcheur. Maintenant Dieu me garde ! Où vais-je ? Eh ! que m'importe ? Quels que soient mes destins, je dis comme Byron : "L'Océan peut gronder, il faudra qu'il me porte." Si mon coursier s'abat, j'y mettrai l'éperon. Mais du moins j'aurai pu, frère, quoi qu'il m'arrive, De mon cachet de deuil sceller notre amitié, Et, que demain je meure ou que demain je vive, Pendant que mon coeur bat, t'en donner la moitié.
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À mon ami Alfred T
J'étais monté plus haut que l'aigle et le nuage ; Sous mes pieds s'étendait un vaste paysage, Cerclé d'un double azur par le ciel et la mer ; Et les crânes pelés des montagnes géantes En foule jaillissaient des profondeurs béantes, Comme de blancs écueils sortant du gouffre amer. C'était un vaste amas d'éboulements énormes, Des rochers grimaçant dans des poses difformes, Des pics dont l'oeil à peine embrasse la hauteur, Et, la neige faisant une écume à leur crête, On eût dit une mer prise un jour de tempête, Un chaos attendant le mot du Créateur. Là dorment les débris des races disparues, Le vieux monde noyé sous les ondes accrues, Le Béhémôt biblique et le Léviathan. Chaque mont de la chaîne, immense cimetière, Cache un corps monstrueux dans son ventre de pierre, Et ses blocs de granit sont des os de Titan !
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J'étais monté plus haut