"roche" poems
Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie.
Bonjour mon oeil, bonjour ma chère amie,
Hé ! bonjour ma toute belle,
Ma mignardise, bonjour,
Mes délices, mon amour,
Mon doux printemps, ma douce fleur nouvelle,
Mon doux plaisir, ma douce colombelle,
Mon passereau, ma gente tourterelle,
Bonjour, ma douce rebelle.
Hé ! faudra-t-il que quelqu'un me reproche
Que j'aie vers toi le coeur plus dur que roche
De t'avoir laissée, maîtresse,
Pour aller suivre le Roi,
Mendiant je ne sais quoi
Que le vulgaire appelle une largesse ?
Plutôt périsse honneur, court, et richesse,
Que pour les biens jamais je te relaisse,
Ma douce et belle déesse.
2.5k
I feel like we're the only ones left here.
Your friend is on the floor, black-nyloned
Legs spilling into acute angles. Heels off,
Laughing at how fast she fell backwards.
Other than yelling, all I could say was that
I love you very much, and we all laughed
At that too.
Feb 3, 2017
Feb 3, 2017 at 9:33 AM UTC
Mon Père, ce grand Chêne,
Je le croyais indéracinable, en ses terres,
Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé.
Il nous semblait si grand, il paraissait si fort,
Si longtemps résistant aux grands vents de la vie,
Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères,
Il marchait, puis rêvait.
Parfois, il m'amenait, dans son refuge,
y faisait provision de «corned-beef» et de lait
en boite "gloria", et aussi de «bastelles»,
et ces repas hâtifs me semblaient un festin.
Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté.
Disparues les contraintes.
D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent,
En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine.
Il me mit dans les mains, sa fine carabine,
dont j'aimais le canon à l’acier effilé ;
mais avant que je presse, le geai était parti.
Il ne me gronda pas.
Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère,
dans la chambre aux obus, des tués de quatorze,
dont un panier d'osier exhalait tant les truites,
Nous le savions dormir dans la chambre à côté,
nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir.
Je lisais de vieux livre.
Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière,
encaissé dans les roches le «Fiume grosso» grondait.
Mon père nous racontait qu'il y avait dormi
avec quelques amis, à la flambée des feux.
Et le bruit lancinant était une musique
qui malgré le soleil nous tenait éveillé.
Magie des eaux profondes.
Quand un jour de détresse, je perdis «Nils le prince»
ressentant mon chagrin, il me facilita
L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au cœur,
ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie
Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour.
La tendresse d'un père.
Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère,
attention au torrent qui se faisait ruisseau,
aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté,
tant les fils ont besoin de croire invincible
Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies.
Besoin de protection.
Un père est une force qui paraît infinie
pour le jeune enfant qui en a tant besoin
peut être imaginaire, qui soutient et le guide.
Alors devenu homme, il découvre un soir
que le chêne vacille, s'appuie sur une canne.
Il est désormais seul.
Paul d'Aubin – Toulouse,
«Poésie élégiaque»,
En l'honneur de son père André Dominique,
dit, Candria », décédé le 29 novembre 2010.»
Oct 31, 2013
Oct 31, 2013 at 2:41 PM UTC
Je lape les laves vertes et jaunes de ma flamme jumelle
Comme si ce n'était qu'élixir végétal de chartreuse
Je bois, je me désaltère
Je me sers, je me ressers
Je répète le cocktail sans fin
Pure, on the rocks,
Deux doses de verte, une dose de jaune
Et vice versa
Histoire de bien sentir en bouche
Les cent trente saveurs sacrées
De cette liqueur en transe
Qui dévale du volcan réveillé qui dégorge.
Ma langue plonge et pêche en apnée
Dans les profondeurs de la roche mère
Des cris muets en fusion qui giclent en poissons étincelants
Comme des fumerolles des cratères.
J 'étanche, moine liquoriste,
Autant que faire se peut,
La soif perpétuelle
De cet élixir de vie
Qu 'une fois lapé
J 'avale et engloutis
Malgré la canicule
Malgré mes voeux d'abstinence
Malgré moi.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:12 AM UTC
C'est vrai, je suis épileptique,
Je peux tomber trois fois par jour
D'une fenêtre, d'un portique,
Et d'une cloche de l'Amour.
Mais... quel est cet air de reproche ?
Ça ne fait que trois ? J'ai péché
Et d'un joli quartier de roche,
Où j'étais doucement niché.
Je tombe, tombe, tombe, tombe,
Ça fait bien quatre cette fois,
Si j'étais un mort dans sa tombe,
J'en tomberais... sur tous les toits.
C'est du moins ce que j'entends dire,
Et qu'un petit bruit, dans un coin,
A jadis tenté d'introduire
En ton délicieux Bourgoin.
La chose, hélas ! n'est pas nouvelle,
Et tous, des facteurs aux abbés,
Ont des potins dans leur cervelle ;
Les bras ne m'en sont pas tombés.
Ils sont là, non **** de ma bouche,
Je vous le dis sans embarras ;
Je souffre un peu si l'on y touche,
Surtout avec des doigts trop gras.
Ça n'a pas troublé ma pensée.
1.2k
How could the mountains
forget
the ground beneath them
or the clouds deny
the sky
we bear this mark
this Galactic conception
and yet
we become fictional
a small etch
of understanding
nonexistent sketch
in the dredge pituitary
a one
dimensional edge
we watch like
a picture
show
existentialist
and it's fiery
seed
shooting it's
burning flames into
the black womb
soon to die
or birth a moon,
the candle is the soul
it is intent
that keeps it lit,
it is our lack of
immaculate
perception
that pulls it apart
Roche's limit
yearning
to string pearls
around heavenly
bodies
as
charisma reaches
to embrace
a burning,
and I see fire.
Oct 18, 2015
Oct 18, 2015 at 11:33 PM UTC
I.
Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve
Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;
C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,
Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.
Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,
Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels,
Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,
Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.
Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse
Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ;
C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse,
Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.
Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange,
Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau,
Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange,
Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau !
Aimez l'antique amour du règne de Saturne,
Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,
Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne,
Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !
Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme,
Lui dont la caravane humaine allait rêvant,
Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme,
Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.
Il revient ; le voici : son aurore éternelle
A frémi comme un monde au ventre de la nuit,
C'est le commencement des rumeurs de son aile ;
Il veille sur le sage, et la vierge le suit.
Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,
C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,
C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes
Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.
Il palpite toujours sous les tentes de toile,
Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;
C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ;
L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.
La source le pleurait, car il sera la mousse,
Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit,
Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce
Qui fera reculer toute ombre et toute nuit.
Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,
Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez !
Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche,
Amour dans les déserts, amour dans les cités !
Amour sur l'Océan, amour sur les collines !
Amour dans les grands lys qui montent des vallons !
Amour dans la parole et les brises câlines !
Amour dans la prière et sur les violons !
Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !
Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !
Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !
Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !
Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !
Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !
Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !
Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !
II.
Mais adorez l'Amour terrible qui demeure
Dans l'éblouissement des futures Sions,
Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure
Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
1.1k
a new career opportunity
has come Tom's way
and it shall pay him well
for many a day
some have said he's left
his run too late
but this vocation is of
the right time and date
you may ask what Tom
is going to pursue
if you hang around for a minute
I shall tell you
his tennis coach says
he's got potential
to become an older player
with fine credentials
Tom sharping
his ball tossing skills
and doing a lot of baseline
and net drills
he's been working
on his serving technique
so too on backhand shots
which are so oblique
the over fifties
singles title is his aim
which he hopes to win
with great acclaim
his coach reckons
he perform well in the competition
as he has the right attitude
and volition
Tom's entered tournaments
here and overseas
the ones on grass courts
he'll take out with ease
he's confident the tennis circuit
is where he belongs
his first match will take place
in Hong Kong
Tom has signed
a sponsorship deal with Wilson
all of their racquets
and tennis equipment he proudly don
Tony Roche has offered him
his valuable support
as he embarks on his tour
of world tennis courts
Oct 29, 2014
Oct 29, 2014 at 5:57 AM UTC
You never saw the inequality, or the folly of chasing a rainbow,
woe,
while you were eating bread and cheese and lusting after mammon
the fat cats in their white maybachs
were chewing on lean gammon,topped with creme la more
and the more you chased, the less time they wasted on you,
boo
how do you feel when you've been down at heel, and they're wearing shoes by choo,skin cared for by la roche,
did you ever feel that posh?
Well it's just a waste of feckin time,I'll only ever get what's mine by kicking down the built up shells wherein the rich man sits and dwells while counting out his ill got gains,
and me,poor me wrapped in the chains of misery and have not got,
I'd have all rich men shot,
but who would take their place
who'd be poor in my master race? not I
but then I'd die as well
I'd be locked inside the shell counting gelt
opening one more notch upon my belt,I'd be fat, a cat,another rich man, rat man, take what the man can
I can imagine it
drowning in **** and surrounded by money.
Ain't life funny when you've got it all,you've got sod all and in some big hall,you hold small *****
and that ain't a laughing matter.
Sep 2, 2013
Sep 2, 2013 at 2:15 AM UTC
Le lion dort, seul sous sa voûte.
Il dort de ce puissant sommeil
De la sieste, auquel s'ajoute,
Comme un poids sombre, le soleil.
Les déserts, qui de **** écoutent,
Respirent ; le maître est rentré.
Car les solitudes redoutent
Ce promeneur démesuré.
Son souffle soulève son ventre ;
Son oeil de brume est submergé,
Il dort sur le pavé de l'antre,
Formidablement allongé.
La paix est sur son grand visage,
Et l'oubli même, car il dort.
Il a l'altier sourcil du sage
Et l'ongle tranquille du fort.
Midi sèche l'eau des citernes ;
Rien du sommeil ne le distrait ;
Sa gueule ressemble aux cavernes,
Et sa crinière à la forêt.
Il entrevoit des monts difformes,
Des Ossas et des Pélions,
À travers les songes énormes
Que peuvent faire les lions.
Tout se tait sur la roche plate
Où ses pas tout à l'heure erraient.
S'il remuait sa grosse patte,
Que de mouches s'envoleraient !
743
Je suis Orphie, fils d'Orphée et d'Eurydice
Petits fils d'Oeagre et de Calliope,
Bercé par les Muses et les Naïades
J'ai hérité de la lyre à sept cordes
D'Apollon et j'en ai rajouté deux
Rien que pour caresser ma Muse
Ma voix est miel
Ma voix est feu
Ma voix est pierre
Elle joue, elle chante, elle danse
Elle s'insinue comme un fleuve secret sous la roche et la fissure
L'attendrit et elle s'élève tel un ballon et flotte dans le vent
Elle dévie le cours des laves en fusion
Et pénètre au coeur du Stromboli intime
De la colère des Muses
Quand elles se font Furies.
Elle dompte les bêtes féroces et charnelles
A distance elle fait fondre
Les résistances et les fantômes
On m'appelle aussi Amore
Les Furies pourront me déchiqueter
Me mettre en lambeaux
Me jeter comme mon père du haut du mont Rhodope
Je chanterai encore du fond des mers
L 'amour de mon éternelle Muse
Ma naïade bien aimée
Nue.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:25 AM UTC
Above the shoulders.
Under the tip,
Ferrero Roche of
The tongue
Saving a pendulum
Swinging thing
Appraised like the ocean in gentle breeze
Under a dip,
Taking care of an anchor
Delving toward the Earth and sky.
Sep 6, 2020
Sep 6, 2020 at 9:14 PM UTC
La roche qui s'attable à l'ombre
Dans le calme, dans la solitude,
Je m'imagine moi-même, pour un instant
Sur la roche qui s'appelle la solitude.
Cette roche, entouré de trois arbres,
Qui se balancent gracieusement
Comme ils juste regardent
En voudraient d'offrir de la companie,
Pour moi et pour cette roche.
Qui ne peut jamais offrir
Ni de l'amour ni de l'affection.
Juste une place,
Pour s'asseoir.
Mais ça suffit pour moi,
À l'ombre,
Une place sur cette roche,
Pour faire de la poésie
Avec plus de fantasie.
Aug 11, 2014
Aug 11, 2014 at 1:20 PM UTC
I go limp in his arms
just to see if he can catch me
_"don't forget about the stars, don't forget about the stars"_
they are beautiful, and all over
but the darkness between them is such a scary thing
Mar 27, 2021
Mar 27, 2021 at 6:09 PM UTC
Ton corps est devenu falaise
Insufflée de ton aura
Et pour en escalader les parois
Je contemple la pierre abrupte
Et ses labyrinthes infranchissables
J'envoie des papillons en éclaireurs
Tout autour du précipice
A la recherche d'une faille,
D'un interstice infime
Où je pourrais m'introduire
En catimini et partir
A l'assaut de tes cimes
Les rochers se dérobent,
S'effritent, se désagrègent
Mes mains n'adhèrent plus à ta surface
Mes mains sont moites
Je suis humide
Je grimpe à même la roche
Pendant des années-lumière
Les mains blanchies de craie
Je suis comme une exoplanète
Autour d'une naine rouge
Toutes mes rivières
Tous mes océans
Toutes mes eaux
Gravitent vers toi,
Ma petite étoile sacrée
Ma Muse constellée de Mer Noire.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:42 AM UTC
ecrasons l'infâme!
non,
une fois que plus!
not since time
"immemorial",
mon dieu!
not since then!
only the 18th century...
and that is... since:
roche sur roche
mime sur débat -
the infamous tale
of jean calas...
not since the last
intellectual vogue,
as of today:
"i am":
l'liste puant à le haut cieux...
of note-worthy distinction
between a Catholic
18th century France...
and a "protestant"
21st century England...
where once religious
intolerance,
échelle infime...
as of now,
what else: contra:
plein cercle!
laïque divinité...
for all the religious
freedoms,
glorified in our
dear England proud...
what else,
within these bastions
of faith...
civil intolerance
(recycling of garbage
being my
civicus debitum primo)...
of an Englishman
in England:
genus sub civis,
as "i":
genus pseudo sapiens.
- and a crude observation
at that, namely,
probably not true:
visus caecus.
p.s.
viz. jean calas
cf. anjem choudary...
i.e.
what becomes
of religious toleration
in the guise
of civil intolerance.
Dec 31, 2018
Dec 31, 2018 at 4:09 AM UTC
Lion ! J'étais pensif, ô bête prisonnière,
Devant la majesté de ta grave crinière ;
Du plafond de ta cage elle faisait un dais.
Nous songions tous les deux, et tu me regardais.
Ton regard était beau, lion. Nous autres hommes,
Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes,
Emplit notre pensée, et dans nos regards vains
Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins,
Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense,
Et notre petitesse, ivre de sa puissance ;
Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin,
Notre prunelle éclate et dit : « Je suis ce nain ! »
Nous avons dans nos yeux notre moi misérable.
Mais la bête qui vit sous le chêne et l'érable,
Qui paît le thym, ou fuit dans les halliers profonds,
Qui dans les champs, où nous, hommes, nous étouffons,
Respire, solitaire, avec l'astre et la rose,
L'être sauvage, obscur et tranquille qui cause
Avec la roche énorme et les petites fleurs,
Qui, parmi les vallons et les sources en pleurs,
Plonge son mufle roux aux herbes non foulées,
La brute qui rugit sous les nuits constellées,
Qui rêve et dont les pas fauves et familiers
De l'antre formidable ébranlent les piliers,
Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres,
A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres,
Les étoiles, les prés, le lac serein, les cieux,
Et le mystère obscur des bois silencieux,
Et porte en son œil calme, où l'infini commence,
Le regard éternel de la nature immense.
Juin 1842.
505
Il m’a dit qu’il a besoin de moi, comme il a besoin de l’eau
Quand il caresse ma joue, quand il caresse ma peau
‘Je t’aime,’ il m’a dit, quand il touche mon visage
‘L’amour’, je lui dis, ‘est éphémère comme les nuages.’
La vie, c’est un courant, c’est un fleuve, une rivière
T’as besoin de moi, mais moi, j’ai besoin de l’air
‘Ton amour, pour moi, est comme les menottes,’
Je lui dis, quand je prends mes vêtements et ma culotte.
‘Mais tu peux voyager, tu peux courir, si tu veux faire tout ça !’
‘Je voudrais être seule, et je n’peux pas y faire ça si t’es là.’
‘Tu peux faire tout choses ; c’est toi que tu t’arrêtes.’
‘C'est que t’es devoir pour moi, quand je n’veux pas utiliser ma tête.’
L’amour est la roche au fond du ruisseau qui m’a piégé toujours
Donc, je t’aime quand même, mais je vais te voir autour.
‘Non !’ Il m’a dit, ‘c’est libérer ! C’est la perfection, la vie !’
Par pitié mon chéri, la vie est la vie, mais l’amour est le purgatoire.
Nov 23, 2017
Nov 23, 2017 at 12:16 AM UTC
Fable VII, Livre V.
Hercule avait chassé sur le mont Pélion.
Percés de traits inévitables,
Frappés de coups épouvantables,
Que de monstres défaits ! Un énorme lion
À l'œil étincelant, à la voix menaçante,
À la faim toujours renaissante,
Depuis dix ans la crainte et l'horreur de ces lieux,
Ou le roi, si vous l'aimez mieux,
Malgré sa griffe aiguë et sa dent meurtrière,
Vaincu lui-même enfin gisait sur la poussière.
Du lion Néméen c'était l'affreux pendant.
Expirant comme lui sur une roche aride,
Il menaçait encor son vainqueur intrépide,
Dont la suite de **** tremble en le regardant.
Quelques vermisseaux cependant,
Qui, vils rebuts de la nature,
Sur quiconque a vécu s'arrogeant certains droits,
Des ânes, des lions, des goujats et des rois
Et des dieux mêmes, que je crois,
Font également leur pâture,
Quelques vermisseaux prétendaient
Qu'à tort on avait fait le défunt si terrible ;
À leur gré, rien de plus risible
Que les bruits qui s'en répandaient.
« Trois coups ont suffi pour l'abattre.
« Il serait dès longtemps ce qu'il est aujourd'hui
« Si, **** de trembler devant lui,
« Tel qu'il a digéré l'avait osé combattre.
« S'il a vaincu, s'il a régné,
« Sa force était dans leur faiblesse.
« - Cessez, dit Hercule indigné,
« Cessez un discours qui me blesse :
« Pareils à maint historien
« Qui dans sa nullité dissèque aussi la gloire,
« Vous réduisez l'obstacle à rien
« Pour réduire à rien la victoire.
« Quoi que vous en disiez, le roi de ces forêts
« N'était ni faible, ni timide.
« Songez que pour le vaincre il a fallu les traits,
« La massue et le bras d'Alcide. »
502
Les pitons des sierras, les dunes du désert,
Où ne pousse jamais un seul brin d'herbe vert ;
Les monts aux flancs zébrés de tuf, d'ocre et de marne,
Et que l'éboulement de jour en jour décharne,
Le grès plein de micas papillotant aux yeux,
Le sable sans profit buvant les pleurs des cieux,
Le rocher renfrogné dans sa barbe de ronce ;
L'ardente solfatare avec la pierre-ponce,
Sont moins secs et moins morts aux végétations
Que le roc de mon coeur ne l'est aux passions.
Le soleil de midi, sur le sommet aride,
Répand à flots plombés sa lumière livide,
Et rien n'est plus lugubre et désolant à voir
Que ce grand jour frappant sur ce grand désespoir.
Le lézard pâmé bâille, et parmi l'herbe cuite
On entend résonner les vipères en fuite.
Là, point de marguerite au coeur étoilé d'or,
Point de muguet prodigue égrenant son trésor ;
Là point de violette ignorée et charmante,
Dans l'ombre se cachant comme une pâle amante ;
Mais la broussaille rousse et le tronc d'arbre mort,
Que le genou du vent comme un arc plie et tord :
Là, pas d'oiseau chanteur, ni d'abeille en voyage,
Pas de ramier plaintif déplorant son veuvage ;
Mais bien quelque vautour, quelque aigle montagnard,
Sur le disque enflammé fixant son oeil hagard,
Et qui, du haut du pic où son pied prend racine,
Dans l'or fauve du soir durement se dessine.
Tel était le rocher que Moïse, au désert,
Toucha de sa baguette, et dont le flanc ouvert,
Tressaillant tout à coup, fit jaillir en arcade
Sur les lèvres du peuple une fraîche cascade.
Ah ! s'il venait à moi, dans mon aridité,
Quelque reine des coeurs, quelque divinité,
Une magicienne, un Moïse femelle,
Traînant dam le désert les peuples après elle,
Qui frappât le rocher de mon coeur endurci,
Comme de l'autre roche, on en verrait aussi
Sortir en jets d'argent des eaux étincelantes,
Où viendraient s'abreuver les racines des plantes ;
Où les pâtres errants conduiraient leurs troupeaux,
Pour se coucher à l'ombre et prendre le repos,
Où, comme en un vivier les cigognes fidèles
Plongeraient leurs grands becs et laveraient leurs ailes.
595
Sur un quartier de roche, un fantôme de marbre,
Le menton dans la main et le coude au genou,
Les pieds pris dans le sol, ainsi que des pieds d'arbre,
Pleure éternellement sans relever le cou.
Quel chagrin pèse donc sur ta tête abattue ?
À quel puits de douleurs tes yeux puisent-ils l'eau ?
Et que souffres-tu donc dans ton cœur de statue,
Pour que ton sein sculpté soulève ton manteau ?
Tes larmes, en tombant du coin de ta paupière,
Goutte à goutte, sans cesse et sur le même endroit,
Ont fait dans l'épaisseur de ta cuisse de pierre
Un creux où le bouvreuil trempe son aile et boit.
Ô symbole muet de l'humaine misère,
Niobé sans enfants, mère des sept douleurs,
Assise sur l'Athos ou bien sur le Calvaire,
Quel fleuve d'Amérique est plus grand que tes pleurs ?
403
Puisque le juste est dans l'abîme,
Puisqu'on donne le sceptre au crime,
Puisque tous les droits sont trahis,
Puisque les plus fiers restent mornes,
Puisqu'on affiche au coin des bornes
Le déshonneur de mon pays ;
Ô République de nos pères,
Grand Panthéon plein de lumières,
Dôme d'or dans le libre azur,
Temple des ombres immortelles,
Puisqu'on vient avec des échelles
Coller l'empire sur ton mur
Puisque toute âme est affaiblie,
Puisqu'on rampe, puisqu'on oublie
Le vrai, le pur, le grand, le beau,
Les yeux indignés de l'histoire,
L'honneur, la loi, le droit, la gloire,
Et ceux qui sont dans le tombeau ;
Je t'aime, exil ! douleur, je t'aime !
Tristesse, sois mon diadème !
Je t'aime, altière pauvreté !
J'aime ma porte aux vents battue.
J'aime le deuil, grave statue
Qui vient s'asseoir à mon côté.
J'aime le malheur qui m'éprouve,
Et cette ombre où je vous retrouve,
Ô vous à qui mon cœur sourit,
Dignité, foi, vertu voilée,
Toi, liberté, fière exilée,
Et toi, dévouement, grand proscrit !
J'aime cette île solitaire,
Jersey, que la libre Angleterre
Couvre de son vieux pavillon,
L'eau noire, par moments accrue,
Le navire, errante charrue,
Le flot, mystérieux sillon.
J'aime ta mouette, Ô mer profonde,
Qui secoue en perles ton onde
Sur son aile aux fauves couleurs,
Plonge dans les lames géantes,
Et sort de ces gueules béantes
Comme l'âme sort des douleurs.
J'aime la roche solennelle
D'où j'entends la plainte éternelle,
Sans trêve comme le remords,
Toujours renaissant dans les ombres,
Des vagues sur les écueils sombres,
Des mères sur leurs enfants morts.
Jersey, le 10 décembre.
377
Sonnet.
Océan, que vaux-tu dans l'infini du monde ?
Toi, si large à nos yeux enchaînés sur tes bords,
Mais étroit pour notre âme aux rebelles essors,
Qui, du haut des soleils te mesure et te sonde ;
Presque éternel pour nous plus instables que l'onde,
Mais pourtant, comme nous, œuvre et jouet des sorts,
Car tu nous vois mourir, mais des astres sont morts,
Et nulle éternité dans les jours ne se fonde.
Comme une vaste armée où l'héroïsme bout
Marche à l'assaut d'un mur, tu viens heurter la roche,
Mais la roche est solide et reparaît debout.
Va, tu n'es cru géant que du nain qui t'approche :
Ah ! Je t'admirais trop, le ciel me le reproche,
Il me dit : « Rien n'est grand ni puissant que le Tout ! »
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VII.
Toi qui bats de ton flux fidèle
La roche où j'ai ployé mon aile,
Vaincu, mais non pas abattu,
Gouffre où l'air joue, où l'esquif sombre
Pourquoi me parles-tu dans l'ombre ?
Ô sombre mer, que me veux-tu ?
Tu n'y peux rien ! Ronge tes digues,
Epands l'onde que tu prodigues,
Laisse-moi souffrir et rêver ;
Toutes les eaux de ton abîme,
Hélas ! passeraient sur ce crime,
Ô vaste mer, sans le laver !
Je comprends, tu veux m'en distraire
Tu me dis : Calme-toi, mon frère,
Calme-toi, penseur orageux !
Mais toi-même alors, mer profonde,
Calme ton flot puissant qui gronde,
Toujours amer, jamais fangeux !
Tu crois en ton pouvoir suprême,
Toi qu'on admire, toi qu'on aime,
Toi qui ressembles au destin,
Toi que les cieux ont azurée,
Toi qui dans ton onde sacrée
Laves l'étoile du matin !
Tu me dis : Viens, contemple, oublie !
Tu me montres le mât qui plie,
Les blocs verdis, les caps croulants,
L'écume au **** dans les décombres,
S'abattant sur les rochers sombres
Comme une troupe d'oiseaux blancs,
La pêcheuse aux pieds nus qui chante,
L'eau bleue où fuit la nef penchants,
Le marin, rude laboureur,
Les hautes vagues en démence
Tu me montres ta grâce immense
Mêlée à ton immense horreur ;
Tu me dis : Donne-moi ton âme
Proscrit, éteins en moi ta flamme
Marcheur, jette aux flots ton bâton
Tourne vers moi ta vue ingrate.
Tu me dis : J'endormais Socrate !
Tu me dis : J'ai calmé Caton !
Non ! respecte l'âpre pensée,
L'âme du juste courroucée,
L'esprit qui songe aux noirs forfaits !
Parle aux vieux rochers, tes conquêtes,
Et laisse en repos mes tempêtes !
D'ailleurs, mer sombre, je te hais !
Ô mer ! n'est-ce pas toi, servante,
Qui traînes sur ton eau mouvante,
Parmi les vents et les écueils,
Vers Cayenne aux fosses profondes
Ces noirs pontons qui sur tes ondes
Passent comme de grands cercueils !
N'est-ce pas toi qui les emportes
Vers le sépulcre ouvrant ses portes,
Tous nos martyrs au front serein,
Dans la cale où manque la paille,
Où les canons pleins de mitraille,
Béants, passent leur cou d'airain !
Et s'ils pleurent, si les tortures
Font fléchir ces hautes natures,
N'est-ce pas toi, gouffre exécré,
Qui te mêles à leur supplice,
Et qui de ta rumeur complice
Couvres leur cri désespéré !
Du 16 au 22 novembre 1852, à Jersey
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Fable X, Livre III.
« Enfin j'ai trouvé le repos ! »
Disait une huître de Marène.
« Fidèle au nœud qui nous enchaîne,
Ce roc me défendra des flots :
Nous ne faisons qu'un ; je défie
Au trident de nous séparer ;
Je défie au temps d'altérer
La tendre amitié qui nous lie. »
« - L'amitié, repart un marsouin,
De sa nature est peu constante,
Quand le besoin qui la cimente
N'est pas un mutuel besoin.
À maint courtisan qui s'accroche
Après maint puissant, c'est pourquoi
Je dis : - Crains le flot qui s'approche ;
Bien que tu tiennes à la roche,
La roche ne tient pas à toi. »
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