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"remonter" poems
Un baiser sur mon front ! un baiser, même en rêve ! Mais de mon front pensif le frais baiser s'enfuit ; Mais de mes jours taris l'été n'a plus de sève ; Mais l'Aurore jamais n'embrassera la Nuit. Elle rêvait sans doute aussi que son haleine Me rendait les climats de mes jeunes saisons, Que la neige fondait sur une tête humaine, Et que la fleur de l'âme avait deux floraisons. Elle rêvait sans doute aussi que sur ma joue Mes cheveux par le vent écartés de mes yeux, Pareils aux jais flottants que sa tête secoue, Noyaient ses doigts distraits dans leurs flocons soyeux. Elle rêvait sans doute aussi que l'innocence Gardait contre un désir ses roses et ses lis ; Que j'étais Jocelyn et qu'elle était Laurence, Que la vallée en fleurs nous cachait dans ses plis. Elle rêvait sans doute aussi que mon délire En vers mélodieux pleurait comme autrefois ; Que mon cœur sous sa main devenait une lyre Qui dans un seul soupir accentuait deux voix. Fatale vision ! Tout mon être frissonne ; On dirait que mon sang veut remonter son cours. Enfant, ne dites plus vos rêves à personne, Et ne rêvez jamais, ou bien rêvez toujours !
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À une jeune fille
Quinze longs jours encore et plus de six semaines Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines La plus dolente angoisse est celle d'être **** On s'écrit, on se dit que l'on s'aime ; on a soin D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste De l'être en qui l'on mit son bonheur, et l'on reste Des heures à causer tout seul avec l'absent. Mais tout ce que l'on pense et tout ce que l'on sent Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste À demeurer blafard et fidèlement triste. Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux ! Se consoler avec des phrases et des mots, Puiser dans l'infini morose des pensées De quoi vous rafraîchir, espérances lassées, Et n'en rien remonter que de fade et d'amer ! Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, Plus rapide que les oiseaux et que les balles Et que le vent du sud en mer et ses rafales Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison, Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon Décoché par le Doute impur et lamentable. Est-ce bien vrai ? tandis qu'accoudé sur ma table Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, Sa lettre, où s'étale un aveu délicieux, N'est-elle pas alors distraite en d'autres choses ? Qui sait ? Pendant qu'ici pour moi lents et moroses Coulent les jours, ainsi qu'un fleuve au bord flétri, Peut-être que sa lèvre innocente a souri ? Peut-être qu'elle est très joyeuse et qu'elle oublie ? Et je relis sa lettre avec mélancolie.
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Quinze longs jours encore et plus de six semaines
L'eau, c'est un beau milieu ; pas vrai ? La piscine est un bel endroit pour tenter de faire le vide quand les pensées dans nos têtes nous bousculent. Lorsque tu y entres, oh tu as quelques doux frissons qui te traversent. Puis, ton beau corps s'habitue à la fraîche température de l'eau Tu te mets sur le dos, tu as peur de couler mais tu restes à la surface, tout paraît si calme mais c'est une guerre menée par les forces. Oh Newton, il essaie de te faire couler dans le fond de cette piscine. Oh Archimède, il se bat avec Newton en essayant de te faire remonter vers le haut. Les deux se combattent sans s'arrêter et puis aucun ne gagne, tu flottes.
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Feb 10, 2020
Feb 10, 2020 at 10:58 AM UTC
ton corps dans l'eau
Tu ne dois pas chercher le pouvoir, tu dois faire Ton œuvre ailleurs ; tu dois, esprit d'une autre sphère, Devant l'occasion reculer chastement. De la pensée en deuil doux et sévère amant, Compris ou dédaigné des hommes, tu dois être Pâtre pour les garder et pour les bénir prêtre. Lorsque les citoyens, par la misère aigris, Fils de la même France et du même Paris, S'égorgent ; quand, sinistre, et soudain apparue, La morne barricade au coin de chaque rue Monte et ***** la mort de partout à la fois, Tu dois y courir seul et désarmé ; tu dois Dans cette guerre impie, abominable, infâme, Présenter ta poitrine et répandre ton âme, Parler, prier, sauver les faibles et les forts, Sourire à la mitraille et pleurer sur les morts ; Puis remonter tranquille à ta place isolée, Et là, défendre, au sein de l'ardente assemblée, Et ceux qu'on veut proscrire et ceux qu'on croit juger, Renverser l'échafaud, servir et protéger L'ordre et la paix, qu'ébranle un parti téméraire, Nos soldats trop aisés à tromper, et ton frère, Le pauvre homme du peuple aux cabanons jeté, Et les lois, et la triste et fière liberté ; Consoler dans ces jours d'anxiété funeste, L'art divin qui frissonne et pleure, et pour le reste Attendre le moment suprême et décisif. Ton rôle est d'avertir et de rester pensif. Le 27 novembre 1848.
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Ce que le poète se disait en 1848
On vénère à Tolède une image de Vierge, Devant qui toujours tremble une lueur de cierge ; Poupée étincelante en robe de brocart, Comme si l'or était plus précieux que l'art ! Et sur cette statue on raconte une histoire Qu'un enfant de six mois refuserait de croire, Mais que doit accepter comme une vérité Tout poète amoureux de la sainte beauté. Quand la Reine des cieux au grand saint Ildefonse, Pour le récompenser de la grande réponse, Quittant sa tour d'ivoire au paradis vermeil, Apporta la chasuble en toile de soleil, Par curiosité, par caprice de femme, Elle alla regarder la belle Notre-Dame, Ouvrage merveilleux dans l'Espagne cité, Rêve d'ange amoureux, à deux genoux sculpté, Et devant ce portrait resta toute pensive Dans un ravissement de surprise naïve. Elle examina tout : - le marbre précieux ; Le travail patient, chaste et minutieux ; La jupe raide d'or comme une dalmatique ; Le corps mince et fluet dans sa grâce gothique ; Le regard virginal tout baigné de langueur, Et le petit Jésus endormi sur son cœur. Elle se reconnut et se trouva si belle, Qu'entourant de ses bras la sculpture fidèle, Elle mit, au moment de remonter aux cieux, Au front de son image un baiser radieux. Ah ! que de tels récits, dont la raison s'étonne Dans ce siècle trop clair pour que rien y rayonne, Au temps de poésie où chacun y croyait, Devaient calmer le cœur de l'artiste inquiet ! Faire admirer au ciel l'ouvrage de la terre, Cet espoir étoilait l'atelier solitaire, Et le ciseau pieux longtemps avec amour Pour le baiser divin caressait le contour. Si la Vierge, à Paris, avec son auréole, Sur les autels païens de notre âge frivole Descendait et venait visiter son portrait, Croyez-vous, ô sculpteurs, qu'elle s'embrasserait ?
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La Vierge de Tolède
On vénère à Tolède une image de Vierge, Devant qui toujours tremble une lueur de cierge ; Poupée étincelante en robe de brocart, Comme si l'or était plus précieux que l'art ! Et sur cette statue on raconte une histoire Qu'un enfant de six mois refuserait de croire, Mais que doit accepter comme une vérité Tout poète amoureux de la sainte beauté. Quand la Reine des cieux au grand saint Ildefonse, Pour le récompenser de la grande réponse, Quittant sa tour d'ivoire au paradis vermeil, Apporta la chasuble en toile de soleil, Par curiosité, par caprice de femme, Elle alla regarder la belle Notre-Dame, Ouvrage merveilleux dans l'Espagne cité, Rêve d'ange amoureux, à deux genoux sculpté, Et devant ce portrait resta toute pensive Dans un ravissement de surprise naïve. Elle examina tout : - le marbre précieux ; Le travail patient, chaste et minutieux ; La jupe raide d'or comme une dalmatique ; Le corps mince et fluet dans sa grâce gothique ; Le regard virginal tout baigné de langueur, Et le petit Jésus endormi sur son cœur. Elle se reconnut et se trouva si belle, Qu'entourant de ses bras la sculpture fidèle, Elle mit, au moment de remonter aux cieux, Au front de son image un baiser radieux. Ah ! que de tels récits, dont la raison s'étonne Dans ce siècle trop clair pour que rien y rayonne, Au temps de poésie où chacun y croyait, Devaient calmer le cœur de l'artiste inquiet ! Faire admirer au ciel l'ouvrage de la terre, Cet espoir étoilait l'atelier solitaire, Et le ciseau pieux longtemps avec amour Pour le baiser divin caressait le contour. Si la Vierge, à Paris, avec son auréole, Sur les autels païens de notre âge frivole Descendait et venait visiter son portrait, Croyez-vous, ô sculpteurs, qu'elle s'embrasserait ?
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Voyons, d'où vient le verbe ? Et d'où viennent les langues ? De qui tiens-tu les mots dont tu fais tes harangues ? Écriture, Alphabet, d'où tout cela vient-il ? Réponds. Platon voit l'I sortir de l'air subtil ; Messène emprunte l'M aux boucliers du Mède ; La grue offre en volant l'Y à Palamède ; Entre les dents du chien Perse voit grincer l'R ; Le Z à Prométhée apparaît dans l'éclair ; L'O, c'est l'éternité, serpent qui mord sa queue ; L'S et l'F et le G sont dans la voûte bleue, Des nuages confus gestes aériens ; Querelle à ce sujet chez les grammairiens : Le D, c'est le triangle où Dieu pour Job se lève ; Le T, croix sombre, effare Ézéchiel en rêve ; Soit ; crois-tu le problème éclairci maintenant ? Triptolème, a-t-il fait tomber, en moissonnant, Les mots avec les blés au tranchant de sa serpe ? Le grec est-il éclos sur les lèvres d'Euterpe ? L'hébreu vient-il d'Adam ? le celte d'Irmensul ? Dispute, si tu veux ! Le certain, c'est que nul Ne connaît le maçon qui posa sur le vide, Dans la direction de l'idéal splendide, Les lettres de l'antique alphabet, ces degrés Par où l'esprit humain monte aux sommets sacrés, Ces vingt-cinq marches d'or de l'escalier Pensée. Eh bien, juge à présent. Pauvre argile insensée, Homme, ombre, tu n'as point ton explication ; L'homme pour l'oeil humain n'est qu'une vision ; Quand tu veux remonter de ta langue à ton âme, Savoir comment ce bruit se lie à cette gamme, Néant. Ton propre fil en toi-même est rompu. En toi, dans ton cerveau, tu n'as pas encor pu Ouvrir ta propre énigme et ta propre fenêtre, Tu ne te connais pas, et tu veux le connaître, LUI ! Voyant sans regard, triste magicien, Tu ne sais pas ton verbe et veux savoir le sien !
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Voyons, d'où vient le verbe ?
Voyons, d'où vient le verbe ? Et d'où viennent les langues ? De qui tiens-tu les mots dont tu fais tes harangues ? Écriture, Alphabet, d'où tout cela vient-il ? Réponds. Platon voit l'I sortir de l'air subtil ; Messène emprunte l'M aux boucliers du Mède ; La grue offre en volant l'Y à Palamède ; Entre les dents du chien Perse voit grincer l'R ; Le Z à Prométhée apparaît dans l'éclair ; L'O, c'est l'éternité, serpent qui mord sa queue ; L'S et l'F et le G sont dans la voûte bleue, Des nuages confus gestes aériens ; Querelle à ce sujet chez les grammairiens : Le D, c'est le triangle où Dieu pour Job se lève ; Le T, croix sombre, effare Ézéchiel en rêve ; Soit ; crois-tu le problème éclairci maintenant ? Triptolème, a-t-il fait tomber, en moissonnant, Les mots avec les blés au tranchant de sa serpe ? Le grec est-il éclos sur les lèvres d'Euterpe ? L'hébreu vient-il d'Adam ? le celte d'Irmensul ? Dispute, si tu veux ! Le certain, c'est que nul Ne connaît le maçon qui posa sur le vide, Dans la direction de l'idéal splendide, Les lettres de l'antique alphabet, ces degrés Par où l'esprit humain monte aux sommets sacrés, Ces vingt-cinq marches d'or de l'escalier Pensée. Eh bien, juge à présent. Pauvre argile insensée, Homme, ombre, tu n'as point ton explication ; L'homme pour l'oeil humain n'est qu'une vision ; Quand tu veux remonter de ta langue à ton âme, Savoir comment ce bruit se lie à cette gamme, Néant. Ton propre fil en toi-même est rompu. En toi, dans ton cerveau, tu n'as pas encor pu Ouvrir ta propre énigme et ta propre fenêtre, Tu ne te connais pas, et tu veux le connaître, LUI ! Voyant sans regard, triste magicien, Tu ne sais pas ton verbe et veux savoir le sien !
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