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"presse" poems
I presse not to the Quire, nor dare I greet The holy Place with my unhallow’d feet: My unwasht Muse pollutes not things Divine, Nor mingles her prophaner notes with thine; Here, humbly at the Porch, she listning stayes, And with glad eares ***** in thy Sacred Layes. So, devout Penitents of old were wont, Some without doore, and some beneath the Font, To stand and heare the Churches Liturgies, Yet not assist the solemne Exercise. Sufficeth her, that she a Lay-place gaine, To trim thy Vestments, or but beare thy traine: Though nor in Tune, nor Wing, She reach thy Larke, Her Lyricke feet may dance before the Arke. Who knowes, but that Her wandring eyes, that run Now hunting Glow-wormes, may adore the Sun. A pure Flame may, shot by Almighty Power Into my brest, the earthy flame devoure: My Eyes, in Penitentiall dew may steepe That bryne, which they for sensuall love did weepe: So (though ‘gainst Natures course) fire may be quencht With fire, and water be with water drencht. Perhaps, my restlesse Soule, tyr’d with pursuit Of mortall beautie, seeking without fruit Contentment there; which hath not, when enjoy’d, Quencht all her thirst, nor satisfi’d, though cloy’d; Weary of her vaine search below, above In the first Faire may find th’ immortall Love. Prompted by thy Example then, no more In moulds of Clay will I my God adore; But teare those Idols from my Heart, and Write What his blest Sp’rit, not fond Love, shall endite. Then, I no more shall court the Verdant Bay, But the dry leavelesse Trunk on Golgotha: And rather strive to gaine from thence one Thorne, Then all the flourishing Wreathes by Laureats worne.
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To My Worthy Friend Mr. George Sandys
I presse not to the Quire, nor dare I greet The holy Place with my unhallow’d feet: My unwasht Muse pollutes not things Divine, Nor mingles her prophaner notes with thine; Here, humbly at the Porch, she listning stayes, And with glad eares ***** in thy Sacred Layes. So, devout Penitents of old were wont, Some without doore, and some beneath the Font, To stand and heare the Churches Liturgies, Yet not assist the solemne Exercise. Sufficeth her, that she a Lay-place gaine, To trim thy Vestments, or but beare thy traine: Though nor in Tune, nor Wing, She reach thy Larke, Her Lyricke feet may dance before the Arke. Who knowes, but that Her wandring eyes, that run Now hunting Glow-wormes, may adore the Sun. A pure Flame may, shot by Almighty Power Into my brest, the earthy flame devoure: My Eyes, in Penitentiall dew may steepe That bryne, which they for sensuall love did weepe: So (though ‘gainst Natures course) fire may be quencht With fire, and water be with water drencht. Perhaps, my restlesse Soule, tyr’d with pursuit Of mortall beautie, seeking without fruit Contentment there; which hath not, when enjoy’d, Quencht all her thirst, nor satisfi’d, though cloy’d; Weary of her vaine search below, above In the first Faire may find th’ immortall Love. Prompted by thy Example then, no more In moulds of Clay will I my God adore; But teare those Idols from my Heart, and Write What his blest Sp’rit, not fond Love, shall endite. Then, I no more shall court the Verdant Bay, But the dry leavelesse Trunk on Golgotha: And rather strive to gaine from thence one Thorne, Then all the flourishing Wreathes by Laureats worne.
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Det var et paradigmeskift dengang, den tirsdag for så længe siden, at kun jeg selv husker det alt for godt. Jeg ved nu, at livet ville have været rosenlet uden dig - uden mig. Det ville være lettere, hvis ikke mine øjne var så blå og mine følelser så punkterede af verdens forventninger. Jeg ville dog stadig ønske, at jeg ikke kunne finde min krop forvildet i et virvar af liv, jeg ikke er en del af. Ville ønske at kunne skære stykke for stykke af min krop sammen med byrde for byrde, til der ikke var mere tilbage end ben, lukkede døre og sterile lejer, hvor biedermeier kulturen ville herske uden at ærgre mig, at du ikke ville stå ved siden af og flå mig indefra, presse mig: For jeg kan jo ikke - vi kan jo ikke, du og jeg. Der blev stille, for du sagde ikke noget. Alligevel er fristelsen for stor, og du trykkede ekstra hårdt på venerne, der svulmede op og lyste, som var der netop gennemskuet inkurabel cancer. Hvis bare jeg kunne pakkes ind i velour og glemme dagene og græde lidt mere og binde sløjfer langs min rygsøjle med mine blå vinternegle i maj.
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Feb 13, 2015
Feb 13, 2015 at 1:09 PM UTC
Nemmere
Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui. Quand une fleur Va perdre sa couleur, On n'y doit plus De regrets superflus : Et le flambeau, Dont l'éclat fut si beau, Quand il s'éteint, Cède au froid qui l'atteint. Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui. Ton doux regard M'éclaira par hasard ; Et dans mes yeux Il répandit les cieux : Dès ce moment, Si fatal... si charmant, Mon cœur perdu Ne me fut pas rendu ! Adieu pour toujours, Mes amours ; Ne pleure pas, Tes pleurs ont trop d'appas ! Presse encor ma main ; Mais, demain, Il aura fui, Le bonheur d'aujourd'hui.
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L'adieu
Mon Père, ce grand Chêne, Je le croyais indéracinable, en ses terres, Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé. Il nous semblait si grand, il paraissait si fort, Si longtemps résistant aux grands vents de la vie, Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères, Il marchait, puis rêvait. Parfois, il m'amenait, dans son refuge, y faisait provision de «corned-beef» et de lait en boite "gloria", et aussi de «bastelles», et ces repas hâtifs me semblaient un festin. Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté. Disparues les contraintes. D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent, En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine. Il me mit dans les mains, sa fine carabine, dont j'aimais le canon à l’acier effilé ; mais avant que je presse, le geai était parti. Il ne me gronda pas. Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère, dans la chambre aux obus, des tués de quatorze, dont un panier d'osier exhalait tant les truites, Nous le savions dormir dans la chambre à côté, nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir. Je lisais de vieux livre. Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière, encaissé dans les roches le «Fiume grosso» grondait. Mon père nous racontait qu'il y avait dormi avec quelques amis, à la flambée des feux. Et le bruit lancinant était une musique qui malgré le soleil nous tenait éveillé. Magie des eaux profondes. Quand un jour de détresse, je perdis «Nils le prince» ressentant mon chagrin, il me facilita L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au cœur, ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour. La tendresse d'un père. Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère, attention au torrent qui se faisait ruisseau, aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté, tant les fils ont besoin de croire invincible Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies. Besoin de protection. Un père est une force qui paraît infinie pour le jeune enfant qui en a tant besoin peut être imaginaire, qui soutient et le guide. Alors devenu homme, il découvre un soir que le chêne vacille, s'appuie sur une canne. Il est désormais seul. Paul d'Aubin – Toulouse, «Poésie élégiaque», En l'honneur de son père André Dominique, dit, Candria », décédé le 29 novembre 2010.»
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Oct 31, 2013
Oct 31, 2013 at 2:41 PM UTC
Mon Père, ce grand Chêne,
Mon Père, ce grand Chêne, Je le croyais indéracinable, en ses terres, Comme ce chêne Corse, sur la roche, poussé. Il nous semblait si grand, il paraissait si fort, Si longtemps résistant aux grands vents de la vie, Sous les châtaigneraies et parmi les bruyères, Il marchait, puis rêvait. Parfois, il m'amenait, dans son refuge, y faisait provision de «corned-beef» et de lait en boite "gloria", et aussi de «bastelles», et ces repas hâtifs me semblaient un festin. Mais plus que tout, je goûtais si belle liberté. Disparues les contraintes. D'un pas de montagnard, il nous menait, souvent, En ces lieux de granit, qui semblaient son domaine. Il me mit dans les mains, sa fine carabine, dont j'aimais le canon à l’acier effilé ; mais avant que je presse, le geai était parti. Il ne me gronda pas. Le soir, si peu dormeurs, avec Régis, mon frère, dans la chambre aux obus, des tués de quatorze, dont un panier d'osier exhalait tant les truites, Nous le savions dormir dans la chambre à côté, nous ne cherchions pas trop, sommeil prompt à venir. Je lisais de vieux livre. Et puis nous descendions, furtifs vers la rivière, encaissé dans les roches le «Fiume grosso» grondait. Mon père nous racontait qu'il y avait dormi avec quelques amis, à la flambée des feux. Et le bruit lancinant était une musique qui malgré le soleil nous tenait éveillé. Magie des eaux profondes. Quand un jour de détresse, je perdis «Nils le prince» ressentant mon chagrin, il me facilita L’achat d'un jeune chien, je l'ai encore au cœur, ce cadeau si exquis, qui fut baume sur plaie Merci de m'avoir fait, ce présent plein d'amour. La tendresse d'un père. Il vécut si longtemps, que je ne prêtais guère, attention au torrent qui se faisait ruisseau, aux blancs cheveux venus, au dos un peu voûté, tant les fils ont besoin de croire invincible Le père qui fut grand à l’aube de leurs vies. Besoin de protection. Un père est une force qui paraît infinie pour le jeune enfant qui en a tant besoin peut être imaginaire, qui soutient et le guide. Alors devenu homme, il découvre un soir que le chêne vacille, s'appuie sur une canne. Il est désormais seul. Paul d'Aubin – Toulouse, «Poésie élégiaque», En l'honneur de son père André Dominique, dit, Candria », décédé le 29 novembre 2010.»
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Au temps Au temps où l'on va toujours plus vite, pour en gagner Autant de temps à perdre devant la télé Quand les pieds d'argile ont des chaussures en croco Au temps de la guerre des égos À celui passé à l'usine, qui roule sa bosse Quand c'est tout ce qu'on apprends à nos gosses Fais de l'argent, entres dans le moule À l'heure où notre joli navire coule Quand les recherches les plus subventionnées sont militaires Quand l'homme avance un pas en avant, deux pas en arrière Quand on a plus que jamais tous du sang sur nos doigts Là où on trouve moins d'eau que de soda À l'heure des strings et des braguettes Quand la pucelle à honte de l'être Quand on fait l'amour à des images, à du kevlar À l'heure où l'art fait sa pute, et au street art Aux endettés que le temps presse Aux laodicéens qui pensent boire de l'eau fraiche Au temps passé en emmenant nos valeurs Au temps modernes, au temps perdu, au temps qui fait peur Au temps qui veut m'arracher ce que j'ai de plus précieux Ma sauvagerie, ma liberté, comme la prunelle de mes yeux Au temps, à ses aiguilles qu'on ne peut casser, Qui passent sur nous comme on laboure un champ Plient et tâchent une peau tant de fois griffée, Puis laissent à nos yeux que le blanc Au temps qui nous abimes, qui passe et nous emporte l'un après l'autre Au temps des idoles et des rois, au temps des apôtres Au temps qui passe et estompe nos mirages Qui file tout le temps, qui jauni nos images Qui nous vieilli, nous flétris, nous habitue Qui nous ternis, nous aigris, puis qui nous tue. Au temps qui ne s'est pas passé comme prévu Aux tremblotants, au temps qui nous fait perdre la vue Aux palpitants qui s'arrêtent Aux pétillants qui naissent À ceux qui ont tant passé à contre courant, au monuments Qui résistent contre le vent, qui malgré tout et pour autant Au temps.
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Jul 6, 2014
Jul 6, 2014 at 2:13 PM UTC
Au temps
Au temps Au temps où l'on va toujours plus vite, pour en gagner Autant de temps à perdre devant la télé Quand les pieds d'argile ont des chaussures en croco Au temps de la guerre des égos À celui passé à l'usine, qui roule sa bosse Quand c'est tout ce qu'on apprends à nos gosses Fais de l'argent, entres dans le moule À l'heure où notre joli navire coule Quand les recherches les plus subventionnées sont militaires Quand l'homme avance un pas en avant, deux pas en arrière Quand on a plus que jamais tous du sang sur nos doigts Là où on trouve moins d'eau que de soda À l'heure des strings et des braguettes Quand la pucelle à honte de l'être Quand on fait l'amour à des images, à du kevlar À l'heure où l'art fait sa pute, et au street art Aux endettés que le temps presse Aux laodicéens qui pensent boire de l'eau fraiche Au temps passé en emmenant nos valeurs Au temps modernes, au temps perdu, au temps qui fait peur Au temps qui veut m'arracher ce que j'ai de plus précieux Ma sauvagerie, ma liberté, comme la prunelle de mes yeux Au temps, à ses aiguilles qu'on ne peut casser, Qui passent sur nous comme on laboure un champ Plient et tâchent une peau tant de fois griffée, Puis laissent à nos yeux que le blanc Au temps qui nous abimes, qui passe et nous emporte l'un après l'autre Au temps des idoles et des rois, au temps des apôtres Au temps qui passe et estompe nos mirages Qui file tout le temps, qui jauni nos images Qui nous vieilli, nous flétris, nous habitue Qui nous ternis, nous aigris, puis qui nous tue. Au temps qui ne s'est pas passé comme prévu Aux tremblotants, au temps qui nous fait perdre la vue Aux palpitants qui s'arrêtent Aux pétillants qui naissent À ceux qui ont tant passé à contre courant, au monuments Qui résistent contre le vent, qui malgré tout et pour autant Au temps.
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Ma douce main de maîtresse et d'amant Passe et rit sur ta chère chair en fête, Rit et jouit de ton jouissement. Pour la servir tu sais bien qu'elle est faite, Et ton beau corps faut que je le dévête Pour l'enivrer sans fin d'un art nouveau Toujours dans la caresse toujours prête. Je suis pareil à la grande Sappho. Laisse ma tête errant et s'abîmant À l'aventure, un peu farouche, en quête D'ombre et d'odeur et d'un travail charmant Vers les saveurs de ta gloire secrète. Laisse rôder l'âme de ton poète Partout par là, champ ou bois, mont ou vau, Comme tu veux et si je le souhaite. Je suis pareil à la grande Sappho. Je presse alors tout ton corps goulûment, Toute ta chair contre mon corps d'athlète Qui se bande et s'amollit par moment, Heureux du triomphe et de la défaite En ce conflit du cœur et de la tête. Pour la stérile étreinte où le cerveau Vient faire enfin la nature complète Je suis pareil à la grande Sappho. Envoi Prince ou princesse, honnête ou malhonnête, Qui qu'en grogne et quel que soit son niveau, Trop su poète ou divin proxénète, Je suis pareil à la grande Sappho.
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Ballade Sappho
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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L'agonisant
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Duften af kaffe forandre sig når vandet rammer de knuste bønner Kan spejle mig i regnbueboblerne på skummet Tilføjer vand mer og mer i en tynd stråle De siger det sådan den bedste smag trænger igennem vent 5 minutter og så pres Jeg ved ikke om jeg tror på dem Men jeg gør det for hvis nu det er sådan Vil jeg ikke gå glip af den særlige smag jeg vil ikke vente 5 minutter har trang til at presse nu Det er spild ikke at få det bedste ud af det Den gode duft forsvandt jo allerede da vandet ramte de knuste bønner. Det sidste må ej forsvinde for så er det hele meningsløst
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Jun 13, 2015
Jun 13, 2015 at 12:21 PM UTC
som de andre siger
Ô pucelle plus tendre Qu'un beau bouton vermeil Que le rosier engendre Au lever du soleil, D'une part verdissant De l'autre rougissant ! Plus fort que le lierre Qui se gripe à l'entour Du chesne aimé, qu'il serre Enlassé de maint tour, Courbant ses bras épars Sus luy de toutes parts, Serrez mon col, maistresse, De vos deux bras pliez ; D'un neud qui tienne et presse Doucement me liez ; Un baiser mutuel Nous soit perpetuel. Ny le temps, ny l'envie D'autre amour desirer, Ne pourra point ma vie De vos lévres tirer ; Ainsi serrez demourrons, Et baisant nous mourrons. En mesme an et mesne heure, Et en même saison, Irons voir la demeure De la palle maison, Et les champs ordonnez Aux amants fortunez. Amour par les fleurettes Du printemps éternel Voirra nos amourettes Sous le bois maternel ; Là nous sçaurons combien Les amants ont de bien. Le long des belles plaines Et parmy les prez vers Les rives sonnent pleines De maints accords divers ; L'un joue, et l'autre au son Danse d'une chanson. Là le beau ciel décueuvre Tousjours un front benin, Sur les fleurs la couleuvre Ne ***** son venin, Et tousjours les oyseaux Chantent sur les rameaux ; Tousjours les vens y sonnent Je ne sçay quoy de doux, Et les lauriers y donnent Tousjours ombrages moux ; Tousjours les belles fleurs Y gardent leurs couleurs. Parmy le grand espace De ce verger heureux, Nous aurons tous deux place Entre les amoureux, Et comme eux sans soucy Nous aimerons aussi. Nulle amie ancienne Ne se dépitera, Quand de la place sienne Pour nous deux s'ostera, Non celles dont les yeux Prirent le cœur des dieux.
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À Cassandre
Ô pucelle plus tendre Qu'un beau bouton vermeil Que le rosier engendre Au lever du soleil, D'une part verdissant De l'autre rougissant ! Plus fort que le lierre Qui se gripe à l'entour Du chesne aimé, qu'il serre Enlassé de maint tour, Courbant ses bras épars Sus luy de toutes parts, Serrez mon col, maistresse, De vos deux bras pliez ; D'un neud qui tienne et presse Doucement me liez ; Un baiser mutuel Nous soit perpetuel. Ny le temps, ny l'envie D'autre amour desirer, Ne pourra point ma vie De vos lévres tirer ; Ainsi serrez demourrons, Et baisant nous mourrons. En mesme an et mesne heure, Et en même saison, Irons voir la demeure De la palle maison, Et les champs ordonnez Aux amants fortunez. Amour par les fleurettes Du printemps éternel Voirra nos amourettes Sous le bois maternel ; Là nous sçaurons combien Les amants ont de bien. Le long des belles plaines Et parmy les prez vers Les rives sonnent pleines De maints accords divers ; L'un joue, et l'autre au son Danse d'une chanson. Là le beau ciel décueuvre Tousjours un front benin, Sur les fleurs la couleuvre Ne ***** son venin, Et tousjours les oyseaux Chantent sur les rameaux ; Tousjours les vens y sonnent Je ne sçay quoy de doux, Et les lauriers y donnent Tousjours ombrages moux ; Tousjours les belles fleurs Y gardent leurs couleurs. Parmy le grand espace De ce verger heureux, Nous aurons tous deux place Entre les amoureux, Et comme eux sans soucy Nous aimerons aussi. Nulle amie ancienne Ne se dépitera, Quand de la place sienne Pour nous deux s'ostera, Non celles dont les yeux Prirent le cœur des dieux.
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Fable XVII, Livre II. À qui diable en veut cet Anglais ? Il sort du lit avant l'aurore, Laisse dormir sa femme, éveille ses valets, Et court déjà les champs qu'il n'est pas jour encore. Le silence a fui **** des bois ; Comme ceux des murs où nous sommes, Leur écho redit à la fois Les jurements, les cris, les voix Des chiens, des chevaux et des hommes. Mais quoi ! le limier est lâché ; Sur ses pas, en hurlant, le chien courant détale : La queue en l'air, le nez à la terre attaché, Des bassets suit la meute intrépide et bancale. Un commun espoir les soutient. On trotte, on court, on va, l'on vient ; On se rejoint, on se sépare ; On presse, on retient son essor, Au gré des sons bruyants du cor, Au caprice de la fanfare. Point de repos : bêtes et gens, À qui mieux mieux chacun s'excite. Mais tombe enfin qui va si vite ; Tout l'équipage est sur les dents. Couvert d'écume et de fumée, Le coursier du maître est rendu ; Plus d'un chien haletant sur l'herbe est étendu, Et de sa gueule en feu pend sa langue enflammée. Milord, qui de chemise a besoin de changer, Et lentement chez soi retourne à la nuit noire, À passé le jour sans manger, Et, qui pis est pour lui, sans boire ! Et pourquoi tant de bruit, tant de soins, tant de mal ? Pour forcer un triste animal Qui perd, aussitôt qu'on l'attrape, Le prix qu'il semble avoir alors qu'il nous échappe ; Et, **** de nous valoir ce qu'il nous a coûté, N'offre à l'heureux vainqueur de tous ses stratagèmes, Qu'un mets auquel deux fois on n'a jamais goûté, Et dont les chiens à jeun ne veulent pas eux-mêmes ! Toi qui possèdes la grandeur, Et t'es éreinté sur sa trace, S'il se peut, parle avec candeur ; As-tu fait plus heureuse chasse ?
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La chasse au renard
Fable XVII, Livre II. À qui diable en veut cet Anglais ? Il sort du lit avant l'aurore, Laisse dormir sa femme, éveille ses valets, Et court déjà les champs qu'il n'est pas jour encore. Le silence a fui **** des bois ; Comme ceux des murs où nous sommes, Leur écho redit à la fois Les jurements, les cris, les voix Des chiens, des chevaux et des hommes. Mais quoi ! le limier est lâché ; Sur ses pas, en hurlant, le chien courant détale : La queue en l'air, le nez à la terre attaché, Des bassets suit la meute intrépide et bancale. Un commun espoir les soutient. On trotte, on court, on va, l'on vient ; On se rejoint, on se sépare ; On presse, on retient son essor, Au gré des sons bruyants du cor, Au caprice de la fanfare. Point de repos : bêtes et gens, À qui mieux mieux chacun s'excite. Mais tombe enfin qui va si vite ; Tout l'équipage est sur les dents. Couvert d'écume et de fumée, Le coursier du maître est rendu ; Plus d'un chien haletant sur l'herbe est étendu, Et de sa gueule en feu pend sa langue enflammée. Milord, qui de chemise a besoin de changer, Et lentement chez soi retourne à la nuit noire, À passé le jour sans manger, Et, qui pis est pour lui, sans boire ! Et pourquoi tant de bruit, tant de soins, tant de mal ? Pour forcer un triste animal Qui perd, aussitôt qu'on l'attrape, Le prix qu'il semble avoir alors qu'il nous échappe ; Et, **** de nous valoir ce qu'il nous a coûté, N'offre à l'heureux vainqueur de tous ses stratagèmes, Qu'un mets auquel deux fois on n'a jamais goûté, Et dont les chiens à jeun ne veulent pas eux-mêmes ! Toi qui possèdes la grandeur, Et t'es éreinté sur sa trace, S'il se peut, parle avec candeur ; As-tu fait plus heureuse chasse ?
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Ma fine Muse Je te jure passion indéfectible et courtoise Vénération et totale soumission Je suis vassal et dévôt chevalier Prêt à guerroyer de tournois en tournois Pour mon inaccessible dame suzeraine. Tu m'as octroyé pour encourager ma flamme Un mouchoir brodé de tes initiales Comme gage de ton amour adultère Et quand le désir de toi me ronge, me consomme Et me brûle de jalousie C'est avec extase que je presse Contre mon front tes douces initiales. Fais de ton fine et fol amant Ce que tu voudras Je suis ton esclave Assermenté Je ne cherche ni liberté Ni affranchissement Et s'il te plaît que je meure Je mourrai de fine amour En chantant la joie de ta beauté précieuse Comme un troubadour et sa viole pieuse.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:50 AM UTC
Dame suzeraine
Inexplicable cœur, énigme de toi-même, Tyran de ma raison, de la vertu que j'aime, Ennemi du repos, amant de la douleur, Que tu me fais de mal, inexplicable cœur ! Si l'horizon plus clair me permet de sourire, De mon sort désarmé tu trompes le dessein ; Dans ma sécurité tu ne vois qu'un délire ; D'une vague frayeur tu soulèves mon sein. Si de tes noirs soupçons l'amertume m'oppresse, Si je veux par la fuite apaiser ton effroi, Tu demandes du temps, quelques jours, rien ne presse ; J'hésite, tu gémis, je cède malgré moi. Que je crains, ô mon cœur, ce tyrannique empire ! Que d'ennuis, que de pleurs il m'a déjà coûté ! Rappelle-toi ce temps de liberté, Ce bien perdu dont ma fierté soupire. Tu me trahis toujours, et tu me fais pitié. Crois-moi, rends à l'amour un sentiment trop tendre ; Pour ton repos, si tu voulais m'entendre, Tu n'en aurais encor que trop de la moitié ! Non, dis-tu, non, jamais ! trop faible esclave, écoute, Écoute ! Et ma raison te pardonne et t'absout : Rends-lui du moins les pleurs ! Tu vas céder sans doute ? Hélas ! non ! toujours non ! Ô mon cœur ! prends donc tout.
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La prière perdue
Quand le souffle divin qui flotte sur le monde S'arrête sur mon âme ouverte au moindre vent, Et la fait tout à coup frissonner comme une onde Où le cygne s'abat dans un cercle mouvant ! Quand mon regard se plonge au rayonnant abîme, Où luisent ces trésors du riche firmament, Ces perles de la nuit que son souffle ranime, Des sentiers du Seigneur innombrable ornement ! Quand d'un ciel de printemps l'aurore qui ruisselle Se brise et rejaillit en gerbes de chaleur, Que chaque atome d'air roule son étincelle, Et que tout sous mes pas devient lumière ou fleur ! Quand tout chante ou gazouille, ou roucoule ou bourdonne, Que d'immortalité tout semble se nourrir, Et que l'homme, ébloui de cet air qui rayonne, Croit qu'un jour si vivant ne pourra plus mourir ! Quand je roule en mon sein mille pensers sublimes, Et que mon faible esprit, ne pouvant les porter, S'arrête en frissonnant sur les derniers abîmes, Et, faute d'un appui, va s'y précipiter ! Quand, dans le ciel d'amour où mon âme est ravie, Je presse sur mon coeur un fantôme adoré, Et que je cherche en vain des paroles de vie Pour l'embraser du feu dont je suis dévoré ! Quand je sens qu'un soupir de mon âme oppressée Pourrait créer un monde en son brûlant essor, Que ma vie userait le temps, que ma pensée En remplissant le ciel déborderait encor ! Jéhova ! Jéhova ! ton nom seul me soulage ! Il est le seul écho qui réponde à mon coeur ! Ou plutôt ces élans, ces transports, sans langage, Sont eux-mêmes un écho de ta propre grandeur ! Tu ne dors pas souvent dans mon sein, nom sublime ! Tu ne dors pas souvent sur mes lèvres de feu : Mais chaque impression t'y trouve et t'y ranime, Et le cri de mon âme est toujours toi, mon Dieu !
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Le cri de l'âme
Quand le souffle divin qui flotte sur le monde S'arrête sur mon âme ouverte au moindre vent, Et la fait tout à coup frissonner comme une onde Où le cygne s'abat dans un cercle mouvant ! Quand mon regard se plonge au rayonnant abîme, Où luisent ces trésors du riche firmament, Ces perles de la nuit que son souffle ranime, Des sentiers du Seigneur innombrable ornement ! Quand d'un ciel de printemps l'aurore qui ruisselle Se brise et rejaillit en gerbes de chaleur, Que chaque atome d'air roule son étincelle, Et que tout sous mes pas devient lumière ou fleur ! Quand tout chante ou gazouille, ou roucoule ou bourdonne, Que d'immortalité tout semble se nourrir, Et que l'homme, ébloui de cet air qui rayonne, Croit qu'un jour si vivant ne pourra plus mourir ! Quand je roule en mon sein mille pensers sublimes, Et que mon faible esprit, ne pouvant les porter, S'arrête en frissonnant sur les derniers abîmes, Et, faute d'un appui, va s'y précipiter ! Quand, dans le ciel d'amour où mon âme est ravie, Je presse sur mon coeur un fantôme adoré, Et que je cherche en vain des paroles de vie Pour l'embraser du feu dont je suis dévoré ! Quand je sens qu'un soupir de mon âme oppressée Pourrait créer un monde en son brûlant essor, Que ma vie userait le temps, que ma pensée En remplissant le ciel déborderait encor ! Jéhova ! Jéhova ! ton nom seul me soulage ! Il est le seul écho qui réponde à mon coeur ! Ou plutôt ces élans, ces transports, sans langage, Sont eux-mêmes un écho de ta propre grandeur ! Tu ne dors pas souvent dans mon sein, nom sublime ! Tu ne dors pas souvent sur mes lèvres de feu : Mais chaque impression t'y trouve et t'y ranime, Et le cri de mon âme est toujours toi, mon Dieu !
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Vous m'avez demandé quelques vers sur « Amour ». Ce mien livre, d'émoi cruel et de détresse, Déjà **** dans mon Œuvre étrange qui se presse Et dévale, flot plus amer de jour en jour. Qu'en dire, sinon : « Poor Yorick ! » ou mieux « poor Lelian ! » et pauvre âme à tout faire, faiblesse, Mollesse par des fois et caresse et paresse, Ou tout à coup partie en guerre comme pour Tout casser d'un passé si pur, si chastement Ordonné par la beauté des calmes pensées. Et pour damner tant d'heures en Dieu dépensées. Puis il revient, mon Œuvre, las d'un tel ahan, Pénitent, et tombant à genoux mains dressées... Priez avec et pour le pauvre Lelian !
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Vous m'avez demandé quelques vers sur Amour
Il y a plus de faiblesse que de raison À être humiliés de ce qui nous manque. Vauvenargues. Or, je suppose que nous sommes, Madame, dans votre salon : On parle chiffres, rentes, sommes : « Je suis le plus pauvre des hommes, J'ai dans ma bourse un seul doublon », Vous dis-je, tout-à-coup, sans cause. Cela vous fait ouvrir les yeux, Et vous me dites, un peu... rose ; « Que c'est bête, un homme qui pose Pour être pauvre et que c'est vieux ! Posez plutôt pour être riche, Ce sera tout aussi hideux ; Mais dès l'instant que l'on s'affiche, Il vaut encor mieux, ... » Je m'en fiche ! Je veux, moi, poser pour les deux, « Comment, pour les deux ? » Mais, sans doute ; Supposons qu'à travers les bois Nous ayons l'une et l'autre route. Ou bien... deux cloches... qu'on écoute... Pour toutes les deux à la fois. Oui, pour deux qui seraient comme une Au bourg de Fouilly-les-merdeux, Dans le clocher de la Commune ; Laquelle, n'étant pas commune, Serait, je dis bien, comme deux. Ou comme cent, ou comme mille... Ça dépend de la qualité. Mon doublon, lui, n'est point débile, Et les marchandes de la ville L'ont trouvé bon, en vérité. « Mais, si vous aviez la paire, est-ce Que cela... ne vous dirait rien ? » Si !... j'en ferais part... à la Presse ; À la condition expresse Que je conserverais le mien. Car, une quelconque, de paire, Serait-elle trois avec six Zéros, alignés par Ampère, Je m'en fous comme de mon père, S'il s'en fout comme de son fils. « Vous allez trop **** prenez garde ! On pourrait se moquer de vous. Vous criez plus fort que la garde. Voyez, je crois qu'on nous regarde. - Puisque je vous dis : je m'en fou ! » Et tenez ! sortons... dans la rue, Ou mieux... dans votre appartement, Vous pourriez faire, toute nue, Si vous le passiez en ***** Baisser les yeux au régiment ! Eh bien ! pour vous donner la preuve, Que je ne suis rien qu'un... doublon, Quand vous seriez pucelle ou veuve, Nous allons le f... à l'épreuve. . . . . . . . . . . . . . . . . Quand je vous dis, il est très bon.
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Toute nue
Il y a plus de faiblesse que de raison À être humiliés de ce qui nous manque. Vauvenargues. Or, je suppose que nous sommes, Madame, dans votre salon : On parle chiffres, rentes, sommes : « Je suis le plus pauvre des hommes, J'ai dans ma bourse un seul doublon », Vous dis-je, tout-à-coup, sans cause. Cela vous fait ouvrir les yeux, Et vous me dites, un peu... rose ; « Que c'est bête, un homme qui pose Pour être pauvre et que c'est vieux ! Posez plutôt pour être riche, Ce sera tout aussi hideux ; Mais dès l'instant que l'on s'affiche, Il vaut encor mieux, ... » Je m'en fiche ! Je veux, moi, poser pour les deux, « Comment, pour les deux ? » Mais, sans doute ; Supposons qu'à travers les bois Nous ayons l'une et l'autre route. Ou bien... deux cloches... qu'on écoute... Pour toutes les deux à la fois. Oui, pour deux qui seraient comme une Au bourg de Fouilly-les-merdeux, Dans le clocher de la Commune ; Laquelle, n'étant pas commune, Serait, je dis bien, comme deux. Ou comme cent, ou comme mille... Ça dépend de la qualité. Mon doublon, lui, n'est point débile, Et les marchandes de la ville L'ont trouvé bon, en vérité. « Mais, si vous aviez la paire, est-ce Que cela... ne vous dirait rien ? » Si !... j'en ferais part... à la Presse ; À la condition expresse Que je conserverais le mien. Car, une quelconque, de paire, Serait-elle trois avec six Zéros, alignés par Ampère, Je m'en fous comme de mon père, S'il s'en fout comme de son fils. « Vous allez trop **** prenez garde ! On pourrait se moquer de vous. Vous criez plus fort que la garde. Voyez, je crois qu'on nous regarde. - Puisque je vous dis : je m'en fou ! » Et tenez ! sortons... dans la rue, Ou mieux... dans votre appartement, Vous pourriez faire, toute nue, Si vous le passiez en ***** Baisser les yeux au régiment ! Eh bien ! pour vous donner la preuve, Que je ne suis rien qu'un... doublon, Quand vous seriez pucelle ou veuve, Nous allons le f... à l'épreuve. . . . . . . . . . . . . . . . . Quand je vous dis, il est très bon.
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Cusin, monstre à double aile, au mufle Elephantin, Canal à tirer sang, qui voletant en presse Sifles d'un son aigu, ne picque ma Maistresse, Et la laisse dormir du soir jusqu'au matin. Si ton corps d'un atome, et ton nez de mastin Cherche tant à picquer la peau d'une Deesse, En lieu d'elle, Cusin, la mienne je te laisse : Succe la, que mon sang te soit comme un butin. Cusin, je m'en desdy : hume moy de la belle Le sang, et m'en apporte une goutte nouvelle Pour gouster quel il est. Ha, que le sort fatal Ne permet à mon corps de prendre ton essence ! Repicquant ses beaux yeux, elle auroit cognoissance Qu'un rien qu'on ne voit pas, fait souvent un grand mal.
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Cusin, monstre à double aile, au mufle Elephantin
Parmi les marbres qu'on renomme Sous le ciel d'Athène ou de Rome, Je prends le plus pur, le plus blanc, Je le taille et puis je l'étale Dans ta pose d'Horizontale Soulevée... un peu... sur le flanc... Voici la tête qui se dresse, Qu'une ample chevelure presse, Le cou blanc, dont le pur contour Rappelle à l'œil qui le contemple Une colonne, au front d'un temple, Le plus beau temple de l'Amour ! Voici la gorge féminine, Le bout des seins sur la poitrine Délicatement accusé, Les épaules, le dos, le ventre Où le nombril se renfle et rentre Comme un tourbillon apaisé. Voici le bras plein qui s'allonge ; Voici, comme on les voit en songe, Les deux petites mains d'Éros, Le bassin immense, les hanches, Et les adorablement blanches Et fermes fesses de Paros. Voici le mont au fond des cuisses Les plus fortes pour que tu puisses Porter les neuf mois de l'enfant ; Et voici tes jambes parfaites... Et, pour les sonnets des poètes, Voici votre pied triomphant. Pas plus grande que Cléopâtre Pour qui deux peuples vont se battre, Voici la Femme dont le corps Fait sur les gestes et les signes Courir la musique des lignes En de magnifiques accords. Je m'élance comme un barbare, J'abats la tête, le pied rare, Les mains... et puis... au bout d'un an... Lorsque sa gloire est colossale, Je la dispose en une salle, La plus riche du Vatican.
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La statue
Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse, Ôtez ces rares dons que vous tenez des cieux, Ôtez ce bel esprit, ôtez-moi ces beaux yeux, Cet aller, ce parler digne d'une Déesse : Je ne vous serai plus d'une importune presse Fâcheux comme je suis : vos dons si précieux Me font, en les voyant, devenir furieux, Et par le désespoir l'âme prend hardiesse. Pour ce, si quelquefois je vous touche la main, Par courroux votre teint n'en doit devenir blême : Je suis fol, ma raison n'obéit plus au frein, Tant je suis agité d'une fureur extrême. Ne prenez, s'il vous plaît, mon offense à dédain, Mais, douce, pardonnez mes fautes à vous-même.
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Ôtez votre beauté, ôtez votre jeunesse
Rummeligheden oser mellem væggene i dit hjem Imens familiære søvnige melodier undslipper munde Toner indpakket i bobler baner sig vej gennem brystets dyb, runger og spadserer ud gennem tungens fastlagte rute I takt til morgenfriske Beethovenlyttende mænd kravler søvnrester på skift ud af vanddrænede kroge Baner sig vej mod møre fingre Og havner dernæst på foranliggende aviser Endnu engang omhandlende jorden og dens utallige affærer med fjenden Måske det havner på gulvet så det kan trædes på Måske det havner på stolen så det kan siddes på Uanede mængder søvnrester knuses under ballernes velvære og tyngde, som var det ulovligt at savne bløde sengelinneder Kroppe kæmper sig standhaftigt op på ømme fødder Størkner i lodret position Vipper hovedets ydmyge vinkel ud af takt Pudens smertetærskel har vokset sig større end nakkens Mærker blæren presse på som var det en fødsel Som ville kroppen tvinge al udmattelse ud af ren desperation om At få tømt urinsække Nyder undslippelsen kan nu Sidde på stolen, knuse søvn, begynde opstandelsen på ny som en marionetdukke Husker på ikke at være en glemsom sjæl Glemmer trods alt ikke at hive i egne snore
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Jan 11, 2019
Jan 11, 2019 at 3:37 PM UTC
Søvnbrunst
Un de ses bras fléchit sous son cou qui le presse, L'autre sur son beau front retombe avec mollesse, Et le couvre à demi : Telle, pour sommeiller, la blanche tourterelle Courbe son cou d'albâtre et ramène son aile Sur son oeil endormi ! Le doux gémissement de son sein qui respire Se mêle au bruit plaintif de l'onde qui soupire À flots harmonieux ; Et l'ombre de ses cils, que le zéphyr soulève, Flotte légèrement comme l'ombre d'un rêve Qui passe sur ses yeux ! ................................................. Que ton sommeil est doux, ô vierge ! ô ma colombe ! Comme d'un cours égal ton sein monte et retombe Avec un long soupir ! Deux vagues que blanchit le rayon de la lune, D'un mouvement moins doux viennent l'une après l'une Murmurer et mourir ! Laisse-moi respirer sur ces lèvres vermeilles Ce souffle parfumé !...Qu'ai-je fait ? Tu t'éveilles : L'azur voilé des cieux Vient chercher doucement ta timide paupière ; Mais toi, ton doux regard, en voyant la lumière, N'a cherché que mes yeux ! Ah ! que nos longs regards se suivent, se prolongent, Comme deux purs rayons l'un dans l'autre se plongent, Et portent tour à tour Dans le coeur l'un de l'autre une tremblante flamme, Ce jour intérieur que donne seul à l'âme Le regard de l'amour ! Jusqu'à ce qu'une larme aux bords de ta paupière, De son nuage errant te cachant la lumière, Vienne baigner tes yeux, Comme on voit, au réveil d'une charmante aurore, Les larmes du matin, qu'elle attire et colore, L'ombrager dans les cieux. ................................................. Parle-moi ! Que ta voix me touche ! Chaque parole sur ta bouche Est un écho mélodieux ! Quand ta voix meurt dans mon oreille, Mon âme résonne et s'éveille, Comme un temple à la voix des dieux ! Un souffle, un mot, puis un silence, C'est assez : mon âme devance Le sens interrompu des mots, Et comprend ta voix fugitive, Comme le gazon de la rive Comprend le murmure des flots. Un son qui sur ta bouche expire, Une plainte, un demi-sourire, Mon coeur entend tout sans effort : Tel, en passant par une lyre, Le souffle même du zéphyre Devient un ravissant accord !
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Chant d'amour (II)
Un de ses bras fléchit sous son cou qui le presse, L'autre sur son beau front retombe avec mollesse, Et le couvre à demi : Telle, pour sommeiller, la blanche tourterelle Courbe son cou d'albâtre et ramène son aile Sur son oeil endormi ! Le doux gémissement de son sein qui respire Se mêle au bruit plaintif de l'onde qui soupire À flots harmonieux ; Et l'ombre de ses cils, que le zéphyr soulève, Flotte légèrement comme l'ombre d'un rêve Qui passe sur ses yeux ! ................................................. Que ton sommeil est doux, ô vierge ! ô ma colombe ! Comme d'un cours égal ton sein monte et retombe Avec un long soupir ! Deux vagues que blanchit le rayon de la lune, D'un mouvement moins doux viennent l'une après l'une Murmurer et mourir ! Laisse-moi respirer sur ces lèvres vermeilles Ce souffle parfumé !...Qu'ai-je fait ? Tu t'éveilles : L'azur voilé des cieux Vient chercher doucement ta timide paupière ; Mais toi, ton doux regard, en voyant la lumière, N'a cherché que mes yeux ! Ah ! que nos longs regards se suivent, se prolongent, Comme deux purs rayons l'un dans l'autre se plongent, Et portent tour à tour Dans le coeur l'un de l'autre une tremblante flamme, Ce jour intérieur que donne seul à l'âme Le regard de l'amour ! Jusqu'à ce qu'une larme aux bords de ta paupière, De son nuage errant te cachant la lumière, Vienne baigner tes yeux, Comme on voit, au réveil d'une charmante aurore, Les larmes du matin, qu'elle attire et colore, L'ombrager dans les cieux. ................................................. Parle-moi ! Que ta voix me touche ! Chaque parole sur ta bouche Est un écho mélodieux ! Quand ta voix meurt dans mon oreille, Mon âme résonne et s'éveille, Comme un temple à la voix des dieux ! Un souffle, un mot, puis un silence, C'est assez : mon âme devance Le sens interrompu des mots, Et comprend ta voix fugitive, Comme le gazon de la rive Comprend le murmure des flots. Un son qui sur ta bouche expire, Une plainte, un demi-sourire, Mon coeur entend tout sans effort : Tel, en passant par une lyre, Le souffle même du zéphyre Devient un ravissant accord !
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Un jeune grand seigneur à des jeux de hasard Avait perdu sa dernière pistole, Et puis joué sur sa parole : Il fallait payer sans ****** ; Les dettes du jeu sont sacrées. On peut faire attendre un marchand, Un ouvrier, un indigent, Qui nous a fourni ses denrées ; Mais un escroc ? L'honneur veut qu'au même moment On le paye, et très poliment. La loi par eux fut ainsi faite. Notre jeune seigneur, pour acquitter sa dette, Ordonne une coupe de bois. Aussitôt les ormes, les frênes, Et les hêtres touffus, et les antiques chênes, Tombent l'un sur l'autre à la fois. Les faunes, les sylvains, désertent les bocages ; Les dryades en pleurs regrettent leurs ombrages ; Et le dieu Pan, dans sa fureur, Instruit que le jeu seul a causé ces ravages, S'en prend à la Fortune : ô mère du malheur, Dit-il, infernale furie, Tu troubles à la fois les mortels et les dieux, Tu te plais dans le mal, et ta rage ennemie... Il parlait, lorsque dans ces lieux Tout-à-coup paraît la déesse. Calme, dit-elle à Pan, le chagrin qui te presse ; Je n'ai point causé tes malheurs : Même aux jeux de hasard, avec certains joueurs, Je ne fais rien. - Qui donc fait tout ? - L'adresse.
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Pan et la Fortune
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi, Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie, Mille et mille baisers donne-moi je te prie, Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi. Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie, A baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie), N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ? En vivant presse-moi de tes lèvres de roses, Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras. Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée, Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas, Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.
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Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi