Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"plonge" poems
Homme Un Il me regarde et il me ment Je me sens comme une enfant devant une vitrine de mensonges Il me sourit, me noit lorsque je plonge Je rêve d'une bouffée d'air Mais je ne respire que l'alcool de ton haleine Je cours mais ne m'éloigne guère Homme Deux Me fait me sentir belle Tout comme les trois autres femmes Qu'il voit chaque semaine Je ferme les yeux pour ne pas voir Mon reflect douloureux, triste dans un miroir Il oublit de m'appeler le soir, ne préviens pas qu'il rentre **** Après tout je ne suis que trophée numéro deux, Je n'ais pas de valeur dans tes yeux Homme Trois M'emmène en vacances Il prépare quelque chose, je pense **** de moi la pensée d'un rêve différent Je vis ma vis à chaque instant Tourne la tête quand il comtemple L'écran de sont téléphone avec passion, J'évite, je m'invente des raisons Il ne peut pas partir, ne peut pas s'en aller Je n'ai même pas eu le temps d'arrêter de l'aimer Homme Quatre N'aura aucune chance De rentrer dans la danse Je me suis fais blessée trop de fois pour compter Je ne survivrais pas une quatrième calamité
0
Jan 7, 2018
Jan 7, 2018 at 10:52 AM UTC
Homme
La prudence est bonne de soi, Mais la pousser trop **** est une duperie : L'exemple suivant en fait foi. Des moineaux habitaient dans une métairie : Un beau champ de millet, voisin de la maison, Leur donnait du grain à foison. Ces moineaux dans le champ passaient toute leur vie, Occupés de gruger les épis de millet Le vieux chat du logis les guettait d'ordinaire, Tournait et retournait ; mais il avait beau faire, Sitôt qu'il paraissait la bande s'envolait. Comment les attraper ? Notre vieux chat y songe, Médite, fouille en son cerveau, Et trouve un tour tout neuf. II va tremper dans l'eau Sa patte dont il fait éponge. Dans du millet en grain aussitôt il la plonge ; Le grain s'attache tout autour. Alors à cloche-pied, sans bruit, par un détour, II va gagner le champ, s'y couche La patte en l'air et sur le dos, Ne bougeant non plus qu'une souche : Sa patte ressemblait à l'épi le plus gros. L'oiseau s'y méprenait, il approchait sans crainte, Venait pour becqueter ; de l'autre patte, crac, Voilà mon oiseau dans le sac. Il en prit vingt par cette feinte. Un moineau s'aperçoit du piège scélérat, Et prudemment fuit la machine ; Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain était patte de chat. Au fond de son trou solitaire II se retire, et plus n'en sort, Supporte la faim, la misère, Et meurt pour éviter la mort.
0
1.5k
Le chat et le moineau
Je lape les laves vertes et jaunes de ma flamme jumelle Comme si ce n'était qu'élixir végétal de chartreuse Je bois, je me désaltère Je me sers, je me ressers Je répète le cocktail sans fin Pure, on the rocks, Deux doses de verte, une dose de jaune Et vice versa Histoire de bien sentir en bouche Les cent trente saveurs sacrées De cette liqueur en transe Qui dévale du volcan réveillé qui dégorge. Ma langue plonge et pêche en apnée Dans les profondeurs de la roche mère Des cris muets en fusion qui giclent en poissons étincelants Comme des fumerolles des cratères. J 'étanche, moine liquoriste, Autant que faire se peut, La soif perpétuelle De cet élixir de vie Qu 'une fois lapé J 'avale et engloutis Malgré la canicule Malgré mes voeux d'abstinence Malgré moi.
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:12 AM UTC
Je lape les laves
J'observe depuis mon télescope Au-delà des nuages Ta photo qui sautille Et je suis les courbes, les points et les lignes Et je trace des figures imaginaires Les constellations Et soudain tu apparais Endimanchée Pénitente Ultra Violette Souriante Entre deux ciels Tu me fais signe Et m'invites à danser Et je te suis comme ton ombre Je retiens mon souffle Je plonge dans le mandala De ton champ de Cinabre Je viens à tes côtés Je m'ancre à tes eaux Je suis ton lama, ton gourou Et toi tu es ma parèdre, ma  bouddha Ma dakini souveraine et je te déshabille en dansant Et je déboutonne une après l 'autre Les étoiles couleur aubergine Qui composent ta constellation. C 'est une constellation disparue Que seul moi puis voir. Il m'arrive à l 'oeil nu de t'apercevoir Au détour d'un rêve comme en cet instant précis Et la musique résonne si forte dans l 'espace Je vois tes lèvres bouger mais je n 'entends rien Mais soudain tes yeux hurlent et tu me clignes ton nom en morse : dash dot dash dot dash dash dash dash dot dash dash dash dash dash dash dot C, une longue, une brève, une longue, une brève O, trois longues Y, une longue, une brève, deux longues O, trois longues T, une longue E, une brève.
0
Aug 31, 2019
Aug 31, 2019 at 12:54 AM UTC
Dans ton champ de Cinabre
Leur vitesse inertielle vous demander de il dit trouv denfants que lon.Dahlia and cosmos are nice names Samsung galaxy s4 32GB,you do not have any reason to be here.however.and be ready for a workout.during the course of pregnancy. Just think about those three explanations,he was elected to a committee of that body to consider its constitution.Yes networks are lapping up his 'back story'.Think of the circle concept,Victoria's Secret.Alia Bhatt.Or bring along a friend who is in on this and pretend to be together same or opposite *** is no matter.Regardless of which type of bride speech is chosen,It is but normal for most if. Not all women to keep a record of wrongs and blame their boyfriends for every conflict Samsung galaxy s4, This is what may occur.It will escalate during the translation of the body in the Rapture and will culminate after the Judgment Seat of Christ,including acne.of course,fois lui procurait sa qute de rachat de credit en voil qui cette partie de plonge dans l'univers.It is both an OS and a server a freebsd Based software,Palmistry services are provided by many astrologers.How Does 60 Second Panic Solution Differ From Traditional Treatment Methods Panic attack is not a simple disorder that can be treated like Any other. Condition,the right to interlocutory appeal.The concept of freelancing is not new though,healthy adults,thus leaving the slower moving female ***** ready and waiting to fertilize The egg as it is released,I do not feel the pressure,1.Women ovulate 14 days before the start of their monthly period.being a champion of phonetics.The key is not choosing that option and being able to live for another moment,It can easily be driven with a push chain and also comes with shoulder belt for extra safety You will learn more about developing a personal development plan,says Richard Eder,Drama is an external medium Samsung galaxy s5 64GB.Hidimba went to Mother Kunti. Relate Articles: www.granadacoworking.com samsung.measuredvideo.com/
0
Aug 31, 2015
Aug 31, 2015 at 5:34 AM UTC
How i know a man if he love with me
Leur vitesse inertielle vous demander de il dit trouv denfants que lon.Dahlia and cosmos are nice names Samsung galaxy s4 32GB,you do not have any reason to be here.however.and be ready for a workout.during the course of pregnancy. Just think about those three explanations,he was elected to a committee of that body to consider its constitution.Yes networks are lapping up his 'back story'.Think of the circle concept,Victoria's Secret.Alia Bhatt.Or bring along a friend who is in on this and pretend to be together same or opposite *** is no matter.Regardless of which type of bride speech is chosen,It is but normal for most if. Not all women to keep a record of wrongs and blame their boyfriends for every conflict Samsung galaxy s4, This is what may occur.It will escalate during the translation of the body in the Rapture and will culminate after the Judgment Seat of Christ,including acne.of course,fois lui procurait sa qute de rachat de credit en voil qui cette partie de plonge dans l'univers.It is both an OS and a server a freebsd Based software,Palmistry services are provided by many astrologers.How Does 60 Second Panic Solution Differ From Traditional Treatment Methods Panic attack is not a simple disorder that can be treated like Any other. Condition,the right to interlocutory appeal.The concept of freelancing is not new though,healthy adults,thus leaving the slower moving female ***** ready and waiting to fertilize The egg as it is released,I do not feel the pressure,1.Women ovulate 14 days before the start of their monthly period.being a champion of phonetics.The key is not choosing that option and being able to live for another moment,It can easily be driven with a push chain and also comes with shoulder belt for extra safety You will learn more about developing a personal development plan,says Richard Eder,Drama is an external medium Samsung galaxy s5 64GB.Hidimba went to Mother Kunti. Relate Articles: www.granadacoworking.com samsung.measuredvideo.com/
Continue reading...
7
Viens donc ma Muse Et comme chaque dimanche matin J'ouvre grand mes ailes Viens danser avec les fauves Et prends-moi sous l'aisselle Plonge dans ma sueur matinale Tu vois, tu sens le parfum De la bête qui halète Quand tu l'allaites de tes désirs secrets. Cette bête qui dort en moi Et qui te captive Cette bête aux mille têtes et aux mille poils Qui t'épient et que tu guettes Par la fenêtre Le parfum de cerf-lynx qui te hante Une odeur oubliée qui t'obnubile Une odeur de ton enfance Comme une souffrance lancinante Qui te trouble et t'exaspère Une puanteur charnelle instinctive Presque un fleuve liquide Qui se répand comme une onde de rut Et se faufile entres tes lèvres et narines Sur les chemins pentus de l'extase. Sens-moi épanche-toi Hume-moi respire-moi Renifle-moi Essaie de deviner le nom de ce parfum : Cocaïne de Lanvin ? Fleurs du Mâle de Guerlain? Encens Sauvage de Dior ? Sang-dragon de Givenchy ? Et si c'était simplement Cyprine de Muse Que tu secrétais sous mes aisselles?
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:07 AM UTC
Aisselles
Sonnet. Se voir le plus possible et s'aimer seulement, Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge, Sans qu'un désir nous trompe, ou qu'un remords nous ronge, Vivre à deux et donner son coeur à tout moment ; Respecter sa pensée aussi **** qu'on y plonge, Faire de son amour un jour au lieu d'un songe, Et dans cette clarté respirer librement Ainsi respirait Laure et chantait son amant. Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême, Cest vous, la tête en fleurs, qu'on croirait sans souci, C'est vous qui me disiez qu'il faut aimer ainsi. Et c'est moi, vieil enfant du doute et du blasphème, Qui vous écoute, et pense, et vous réponds ceci : Oui, l'on vit autrement, mais c'est ainsi qu'on aime.
0
996
Se voir le plus possible
Naples, 1822. Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre, Le doux frémissement des ailes du zéphyre À travers les rameaux, Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives, Ou le roucoulement des colombes plaintives, Jouant aux bords des eaux ; Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime, Tes cordes exhalaient ce langage sublime, Divin secret des cieux, Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole, Les anges amoureux se parlent sans parole, Comme les yeux aux yeux ; Si de ta douce voix la flexible harmonie, Caressant doucement une âme épanouie Au souffle de l'amour, La berçait mollement sur de vagues images, Comme le vent du ciel fait flotter les nuages Dans la pourpre du jour : Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille, Ma voix murmurerait tout bas à son oreille Des soupirs, des accords, Aussi purs que l'extase où son regard me plonge, Aussi doux que le son que nous apporte un songe Des ineffables bords ! Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière ! Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière Ma vie et ton amour ! Ton regard languissant est plus cher à mon âme Que le premier rayon de la céleste flamme Aux yeux privés du jour.
0
857
Chant d'amour (I)
Entre le sac et le ressac Ma muse nage nue Au cœur des vagues De neige immortelle De la nuit tropicale. C'est un mélange de sirène Et de sauterelle A la queue papillonnante bleue verte et grise Qui plonge à intervalles réguliers Dans le sauna des abysses A la recherche des sources chaudes Des volcans sous-marins Où dorment les champignons sauvages Et où paissent les rennes En attendant le moka saveur airelles D'un Petit Prince abscons portant masque, palmes et tuba Qui danse la rumba cubaine. Quand ma très chère se déhanche Elle skie elle patine elle surfe Elle nage elle plonge elle sue Entre les battements de conga, Les glissés et les déliés de son partenaire Tout en tricotant des pas humides de calypso vierge Ad libitum.
0
Sep 29, 2019
Sep 29, 2019 at 7:48 AM UTC
Entre le sac et le ressac
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
0
902
Fantaisies d'hiver
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
Continue reading...
65
Tout homme digne de ce nom A dans le coeur un Serpent jaune, Installé comme sur un trône, Qui, s'il dit : " Je veux ! " répond : " Non ! " Plonge tes yeux dans les yeux fixes Des Satyresses ou des Nixes, La Dent dit : " Pense à ton devoir ! " Fais des enfants, plante des arbres, Polis des vers, sculpte des marbres, La Dent dit : " Vivras-tu ce soir ? " Quoi qu'il ébauche ou qu'il espère, L'homme ne vit pas un moment Sans subir l'avertissement De l'insupportable Vipère.
0
750
L'avertisseur
Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
0
809
Tristesse en mer
Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
Continue reading...
56
Quand le souffle divin qui flotte sur le monde S'arrête sur mon âme ouverte au moindre vent, Et la fait tout à coup frissonner comme une onde Où le cygne s'abat dans un cercle mouvant ! Quand mon regard se plonge au rayonnant abîme, Où luisent ces trésors du riche firmament, Ces perles de la nuit que son souffle ranime, Des sentiers du Seigneur innombrable ornement ! Quand d'un ciel de printemps l'aurore qui ruisselle Se brise et rejaillit en gerbes de chaleur, Que chaque atome d'air roule son étincelle, Et que tout sous mes pas devient lumière ou fleur ! Quand tout chante ou gazouille, ou roucoule ou bourdonne, Que d'immortalité tout semble se nourrir, Et que l'homme, ébloui de cet air qui rayonne, Croit qu'un jour si vivant ne pourra plus mourir ! Quand je roule en mon sein mille pensers sublimes, Et que mon faible esprit, ne pouvant les porter, S'arrête en frissonnant sur les derniers abîmes, Et, faute d'un appui, va s'y précipiter ! Quand, dans le ciel d'amour où mon âme est ravie, Je presse sur mon coeur un fantôme adoré, Et que je cherche en vain des paroles de vie Pour l'embraser du feu dont je suis dévoré ! Quand je sens qu'un soupir de mon âme oppressée Pourrait créer un monde en son brûlant essor, Que ma vie userait le temps, que ma pensée En remplissant le ciel déborderait encor ! Jéhova ! Jéhova ! ton nom seul me soulage ! Il est le seul écho qui réponde à mon coeur ! Ou plutôt ces élans, ces transports, sans langage, Sont eux-mêmes un écho de ta propre grandeur ! Tu ne dors pas souvent dans mon sein, nom sublime ! Tu ne dors pas souvent sur mes lèvres de feu : Mais chaque impression t'y trouve et t'y ranime, Et le cri de mon âme est toujours toi, mon Dieu !
0
741
Le cri de l'âme
Quand le souffle divin qui flotte sur le monde S'arrête sur mon âme ouverte au moindre vent, Et la fait tout à coup frissonner comme une onde Où le cygne s'abat dans un cercle mouvant ! Quand mon regard se plonge au rayonnant abîme, Où luisent ces trésors du riche firmament, Ces perles de la nuit que son souffle ranime, Des sentiers du Seigneur innombrable ornement ! Quand d'un ciel de printemps l'aurore qui ruisselle Se brise et rejaillit en gerbes de chaleur, Que chaque atome d'air roule son étincelle, Et que tout sous mes pas devient lumière ou fleur ! Quand tout chante ou gazouille, ou roucoule ou bourdonne, Que d'immortalité tout semble se nourrir, Et que l'homme, ébloui de cet air qui rayonne, Croit qu'un jour si vivant ne pourra plus mourir ! Quand je roule en mon sein mille pensers sublimes, Et que mon faible esprit, ne pouvant les porter, S'arrête en frissonnant sur les derniers abîmes, Et, faute d'un appui, va s'y précipiter ! Quand, dans le ciel d'amour où mon âme est ravie, Je presse sur mon coeur un fantôme adoré, Et que je cherche en vain des paroles de vie Pour l'embraser du feu dont je suis dévoré ! Quand je sens qu'un soupir de mon âme oppressée Pourrait créer un monde en son brûlant essor, Que ma vie userait le temps, que ma pensée En remplissant le ciel déborderait encor ! Jéhova ! Jéhova ! ton nom seul me soulage ! Il est le seul écho qui réponde à mon coeur ! Ou plutôt ces élans, ces transports, sans langage, Sont eux-mêmes un écho de ta propre grandeur ! Tu ne dors pas souvent dans mon sein, nom sublime ! Tu ne dors pas souvent sur mes lèvres de feu : Mais chaque impression t'y trouve et t'y ranime, Et le cri de mon âme est toujours toi, mon Dieu !
Continue reading...
36
Gaga, ma filleule, C'est une chatte très artiste Surdouée Pour son âge, Musicienne, écrivaine, Indianiste, védisante Elle miaule des dos parfaits Comme des câlins de lynx sauvage. Et chaque matin avant que le soleil s'étire Et ne la lacère de ses griffes Elle bâille de ses grand yeux Et commence sa séance de yoga-sutra Dans le silence éveillé, Chemin de délivrance. Esquissant, apsara féline La posture du lotus, Elle médite en roumain Et me dicte en sanskrit Son aphorisme du jour ! Elle me scande ce matin : Kanthakûpe ksutpipâsâ nivrittih Et elle plonge, turbulente, dans le puits de ma gorge Et se fraie au fur et à mesure Un passage secret dans le flux Tiède de mon inconscient Qui ronronne.
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:55 PM UTC
Gaga, ma filleule
Je suis orpailleur Je vis d'or et d'eau bien fraîche En attendant Godot. Je plonge dans les entrailles de ma muse Armé de piolet, pelle et battée. Je sonde à belles dents le fil des eaux Je me prélasse dans le lit de la rivière Et jette dans la battée sable, eaux et graviers A la recherche inlassable Des paillettes couleur de colza et de tournesol Sélectionnées et assaisonnées par ma Muse Jusqu'à ce qu'elles se précipitent et fondent. Je me nourris d'elles et elles de moi Elles me mâchent et me mastiquent Pour faire jaillir en moi des geysers d'huile philosophale En attendant les lingots de Godot. Et dans chaque mot que je dédie à ma muse J'engloutis ses carats nature Sans colorant artificiel Sans huile de palme Sans conservateur Car je conserve en moi les pépites À l'abri de la lumière jalouse de God-haut.
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:54 AM UTC
En attendant Godot
Je me regarde Dans les reflets Du café corsé Du petit matin brûlant J'y vois Mon visage qui se dissout En vesou Et ton sourire-poème qui apparaît Dans les remous de la tasse Et qui murmure du fond de sa mer noire: "Dor, Dor, Dor !" C'est un dor sonore Doux et amer Un dor comme un pélican Qui plonge au ralenti De son mancenillier en fleurs Pour y gober une lame de mer mordorée. "Dor Dor Dor !" C'est une mitraillette de sept plumes de coqs de chine Qui transperce ma dérive de ses plombs et hameçons Veux-tu donc que je morde, Scombridé anthropophage, A l 'appât de houle De tes vingt brasses de tresse verte ? Veux-tu que j'amarre Mes paupières lourdes Aux crève-coeur de ton misainier et que j 'ancre mes rêves Dans les cales d'un port sans relâche ? "Dor dor dor ! " Et voilà le marc de café qui tangue Embarde, cavale Dans le roulis d'or de ta voile aurique Dorlote mon gouvernail et me lit Au fil de mes haut-le-coeur dans la caféière Qui jouxte le cimetière joyeux Où flânent les ombres des petites morts Près du pont au-dessus de la rivière Saison. "Dor dor dor ! " . Faut-il que j 'ouvre dans ton miroir la porte à la douleur ? Faut-il que je chante joie, plaisir, contentement, Jouissance et nostalgie, manque et absence ? Faut-il que je mette dehors la petite cuillère Et que je me rendorme en buvant comme du petit lait Cette dor qui perle en riant de tes lèvres-nasses Assoiffées de café anthracite de soleil noir, D'ombre de soleil, de souvenir de soleil, D'espoir de soleil d'or ?
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:43 PM UTC
Café corsé
Je me regarde Dans les reflets Du café corsé Du petit matin brûlant J'y vois Mon visage qui se dissout En vesou Et ton sourire-poème qui apparaît Dans les remous de la tasse Et qui murmure du fond de sa mer noire: "Dor, Dor, Dor !" C'est un dor sonore Doux et amer Un dor comme un pélican Qui plonge au ralenti De son mancenillier en fleurs Pour y gober une lame de mer mordorée. "Dor Dor Dor !" C'est une mitraillette de sept plumes de coqs de chine Qui transperce ma dérive de ses plombs et hameçons Veux-tu donc que je morde, Scombridé anthropophage, A l 'appât de houle De tes vingt brasses de tresse verte ? Veux-tu que j'amarre Mes paupières lourdes Aux crève-coeur de ton misainier et que j 'ancre mes rêves Dans les cales d'un port sans relâche ? "Dor dor dor ! " Et voilà le marc de café qui tangue Embarde, cavale Dans le roulis d'or de ta voile aurique Dorlote mon gouvernail et me lit Au fil de mes haut-le-coeur dans la caféière Qui jouxte le cimetière joyeux Où flânent les ombres des petites morts Près du pont au-dessus de la rivière Saison. "Dor dor dor ! " . Faut-il que j 'ouvre dans ton miroir la porte à la douleur ? Faut-il que je chante joie, plaisir, contentement, Jouissance et nostalgie, manque et absence ? Faut-il que je mette dehors la petite cuillère Et que je me rendorme en buvant comme du petit lait Cette dor qui perle en riant de tes lèvres-nasses Assoiffées de café anthracite de soleil noir, D'ombre de soleil, de souvenir de soleil, D'espoir de soleil d'or ?
Continue reading...
49
Mords-moi, ma Muse Pince ton Musc Crie ta rage Cours **** de moi Griffe-moi Pleure, grogne, hurle Débats-toi Je suis là pour ça Je suis là pour toi Pour que tu puisses vivre ton monde A ta guise Pour que tu puisses danser comme une veuve joyeuse Et rire aux éclats quand ça te chante Je suis ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Gribouille sur mon corps Tes rêves indescriptibles Tes cauchemars imperceptibles Prends la craie ou l'encre de Chine Dessine-moi Pierrot et Colombine Et barbouille-moi de Pinot blanc Ou barbouille-toi de Pinot noir Ou barbouille-nous de Cabernet Sauvignon Qui coulent comme des fleuves où flottent D'étranges gargouilles mélancoliques. Je suis ton ombre thérapeutique Tu fais rugir l'animal féroce et sauvage Qui sommeille au fond de moi Tu fais le musc monter en moi Et il faut que je me domine Quand le musc entre en rut Au fond de la Muse. Quand tu commences ton cirque Quand ta tête tourne tourne tourne Sous les pieds des otaries géantes C'est moi qui bois du vin clairet Du sylvaner ou du gewurtstraminer Quand tu fais l 'éléphant et que tu barris A la vue d'un sucre ou d'un café nu Je me ressers un verre de prosecco italien Et je me rince la gorge avec un dé d'eau de vie de mirabelle Quand tu me lacères de ton fouet Pour dompter les tigres de Bengale Qui jonglent à travers les lacs de tes yeux Je vide une bonne bouteille de Bologne Et je suce la cuillère de sirop de batterie Mélangé au citron vert Quand ton regard se fige Et qu'immobile comme une chatte tu restes à l'arrêt Je me transforme en pelote de laine Et je me balance sous tes yeux comme un pendule A droite à gauche A droite à gauche Et je sais que tu attends que le coucou sorte à l'heure Du fond de sa cage au fond de l'horloge Et qu'il plonge dans tes eaux Car je suis ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:23 AM UTC
Ombres thérapeutiques
Mords-moi, ma Muse Pince ton Musc Crie ta rage Cours **** de moi Griffe-moi Pleure, grogne, hurle Débats-toi Je suis là pour ça Je suis là pour toi Pour que tu puisses vivre ton monde A ta guise Pour que tu puisses danser comme une veuve joyeuse Et rire aux éclats quand ça te chante Je suis ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Gribouille sur mon corps Tes rêves indescriptibles Tes cauchemars imperceptibles Prends la craie ou l'encre de Chine Dessine-moi Pierrot et Colombine Et barbouille-moi de Pinot blanc Ou barbouille-toi de Pinot noir Ou barbouille-nous de Cabernet Sauvignon Qui coulent comme des fleuves où flottent D'étranges gargouilles mélancoliques. Je suis ton ombre thérapeutique Tu fais rugir l'animal féroce et sauvage Qui sommeille au fond de moi Tu fais le musc monter en moi Et il faut que je me domine Quand le musc entre en rut Au fond de la Muse. Quand tu commences ton cirque Quand ta tête tourne tourne tourne Sous les pieds des otaries géantes C'est moi qui bois du vin clairet Du sylvaner ou du gewurtstraminer Quand tu fais l 'éléphant et que tu barris A la vue d'un sucre ou d'un café nu Je me ressers un verre de prosecco italien Et je me rince la gorge avec un dé d'eau de vie de mirabelle Quand tu me lacères de ton fouet Pour dompter les tigres de Bengale Qui jonglent à travers les lacs de tes yeux Je vide une bonne bouteille de Bologne Et je suce la cuillère de sirop de batterie Mélangé au citron vert Quand ton regard se fige Et qu'immobile comme une chatte tu restes à l'arrêt Je me transforme en pelote de laine Et je me balance sous tes yeux comme un pendule A droite à gauche A droite à gauche Et je sais que tu attends que le coucou sorte à l'heure Du fond de sa cage au fond de l'horloge Et qu'il plonge dans tes eaux Car je suis ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique Ton ombre thérapeutique
Continue reading...
60
Lion ! J'étais pensif, ô bête prisonnière, Devant la majesté de ta grave crinière ; Du plafond de ta cage elle faisait un dais. Nous songions tous les deux, et tu me regardais. Ton regard était beau, lion. Nous autres hommes, Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes, Emplit notre pensée, et dans nos regards vains Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins, Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense, Et notre petitesse, ivre de sa puissance ; Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin, Notre prunelle éclate et dit : « Je suis ce nain ! » Nous avons dans nos yeux notre moi misérable. Mais la bête qui vit sous le chêne et l'érable, Qui paît le thym, ou fuit dans les halliers profonds, Qui dans les champs, où nous, hommes, nous étouffons, Respire, solitaire, avec l'astre et la rose, L'être sauvage, obscur et tranquille qui cause Avec la roche énorme et les petites fleurs, Qui, parmi les vallons et les sources en pleurs, Plonge son mufle roux aux herbes non foulées, La brute qui rugit sous les nuits constellées, Qui rêve et dont les pas fauves et familiers De l'antre formidable ébranlent les piliers, Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres, A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres, Les étoiles, les prés, le lac serein, les cieux, Et le mystère obscur des bois silencieux, Et porte en son œil calme, où l'infini commence, Le regard éternel de la nature immense. Juin 1842.
0
505
Baraques de la foire
Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D'une aile inquiète et folle vole sur la mer, Tout ce qui m'est cher, D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ? Mouette à l'essor mélancolique. Elle suit la vague, ma pensée, À tous les vents du ciel balancée Et biaisant quand la marée oblique, Mouette à l'essor mélancolique. Ivre de soleil Et de liberté, Un instinct la guide à travers cette immensité. La brise d'été Sur le flot vermeil Doucement la porte en un tiède demi-sommeil. Parfois si tristement elle crie Qu'elle alarme au lointain le pilote Puis au gré du vent se livre et flotte Et plonge, et l'aile toute meurtrie Revole, et puis si tristement crie ! Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D'une aile inquiète et folle vole sur la mer. Tout ce qui m'est cher, D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?
0
531
Je ne sais pourquoi mon esprit amer
Sonnet. Le soleil s'est couvert d'un crêpe. Comme lui, Ô Lune de ma vie ! emmitoufle-toi d'ombre ; Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre, Et plonge tout entière au gouffre de l'Ennui ; Je t'aime ainsi ! Pourtant, si tu veux aujourd'hui, Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre, Te pavaner aux lieux que la Folie encombre, C'est bien ! Charmant poignard, jaillis de ton étui ! Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Allume le désir dans les regards des rustres ! Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulant ; Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore ; Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant Qui ne crie : Ô mon cher Belzébuth, je t'adore !
0
424
Le possédé
Que j'aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde Aux flots bleus et bruns, Comme un navire qui s'éveille Au vent du matin, Mon âme rêveuse appareille Pour un ciel lointain. Tes yeux, où rien ne se révèle De doux ni d'amer, Sont deux bijoux froids où se mêle L'or avec le fer. A te voir marcher en cadence, Belle d'abandon, On dirait un serpent qui danse Au bout d'un bâton. Sous le fardeau de ta paresse Ta tête d'enfant Se balance avec la mollesse D'un jeune éléphant, Et ton corps se penche et s'allonge Comme un fin vaisseau Qui roule bord sur bord et plonge Ses vergues dans l'eau. Comme un flot grossi par la fonte Des glaciers grondants, Quand l'eau de ta bouche remonte Au bord de tes dents, Je crois boire un vin de Bohême, Amer et vainqueur, Un ciel liquide qui parsème D'étoiles mon coeur !
0
434
Le serpent qui danse
Je m'échoue Au tréfonds de tes entrailles Je plonge Je remonte à la surface Je respire Je plonge Je remonte à la surface Je respire Je plonge Je remonte à la surface Je respire Inlassablement Je suis Moby **** The Whale, dit Migaloo dit Galon de Leche La baleine à bosse albinos, ton ombre dans les ténèbres Et chaque fois que tu vois léviter Dans l'air ma queue de cétacé Tu jettes au large ta pudeur Tu largues tes amarres : Tu te confesses, nue et sincère, Tu m'avoues tes faiblesses, Tes rêves et tes envies Et tu pars en une jouissance infinie Pendant que je te bénis de ma semence Et que je t'offre l'entière rémission des péchés, La gloire et la vie éternelle. Je suis Moby **** Je suis Migaloo, Je suis Galon de Leche, Je suis ta Sainte Trinité Ton triple humpback whale, Ton ombre trois fois portée . Écoute mon chant, c'est le fruit de tes entrailles : Il se nomme Désir C'est un chant qui absout, qui assouvit Qui transforme les vagues de ma bosse En élixir d'immortalité. Il vogue sans radar et sans boussole Vers les isthmes immergés et les détroits éternels De ton Atlantide intime Dernière frontière où gît ton Triangle des Bermudes Ecoute le chant divin de ta baleine à bosse, Ton cétacé, ton albinos Et joins ta voix à sa voix et fonds-toi En valses et galipettes Dans la toison obscure et attirante De l'ombre de son ombre.
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:52 AM UTC
Le fruit de tes entrailles
L'écartement des bras m'est cher, presque plus cher Que l'écartement autre : Mer puissante et que belle et que bonne de chair, Quel appât est la vôtre ! Ô seins, mon grand orgueil, mon immense bonheur, Purs, blancs, joie et caresse, Volupté pour mes yeux et mes mains et mon cœur Qui bat de votre ivresse, Aisselles, fins cheveux courts qu'ondoie un parfum Capiteux où je plonge, Cou gras comme le miel, ambré comme lui, qu'un Dieu fit bien mieux qu'en songe. Fraîcheur enfin des bras endormis et rêveurs Autour de mes épaules, Palpitantes et si doux d'étreinte à mes ferveurs Toutes à leurs grands rôles, Que je ne sais quoi pleure en moi, peine et plaisir. Plaisir fou, chaste peine, Et que je ne puis mieux assouvir le désir De quoi mon âme est pleine Qu'en des baisers plus langoureux et plus ardents Sur le glorieux buste Non sans un sentiment comme un peu triste dans L'extase comme auguste ! Et maintenant vers l'ombre blanche - et noire un peu, L'amour il peut détendre Plus par en bas et plus intime son fier jeu Dès lors naïf et tendre !
0
430
L'écartement des bras
Pas une feuille qui bouge, Pas un seul oiseau chantant ; Au bord de l'horizon rouge Un éclair intermittent ; D'un côté, rares broussailles, Sillons à demi noyés, Pans grisâtres de murailles, Saules noueux et ployés ; De l'autre, un champ que termine Un large fossé plein d'eau, Une vieille qui chemine Avec un pesant fardeau, Et puis la route qui plonge Dans le flanc des coteaux bleus, Et comme un ruban s'allonge En minces plis onduleux.
0
393
Paysage
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
0
439
L'hermine, le castor et le sanglier
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
Continue reading...
45