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"plaisant" poems
Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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Les chiens qui dansent
Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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Fable V, Livre I. Pataud jouait avec Raton, Mais sans gronder, sans mordre ; en camarade, en frère. Les chiens sont bonnes gens ; mais les chats, nous dit-on ? Sont justement tout le contraire. Aussi, bien qu'il jurât toujours Avoir fait pate de velours, Raton, et ce n'est pas une histoire apocryphe, Dans la peau d'un ami, comme fait maint plaisant, Enfonçait, tout en s'amusant, Tantôt la dent, tantôt la griffe. Pareil jeu dut cesser bientôt. - Eh quoi, Pataud, tu fais la mine ! Ne sais-tu pas qu'il est d'un sot De se fâcher quand on badine ? Ne suis-je pas ton bon ami ? - Prends un nom qui convienne à ton humeur maligne ; Raton, ne sois rien à demi : J'aime mieux un franc ennemi, Qu'un bon ami qui m'égratigne.
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Le chien et le chat
C'était l'explosion du nouvel an : chaos de boue et de neige, traversé de mille carrosses, étincelant de joujoux et de bonbons, grouillant de cupidités et de désespoirs, délire officiel d'une grande ville fait pour troubler le cerveau du solitaire le plus fort. Au milieu de ce tohu-bohu et de ce vacarme, un âne trottait vivement, harcelé par un malotru armé d'un fouet. Comme l'âne allait tourner l'angle d'un trottoir, un beau monsieur ganté, verni, cruellement cravaté et emprisonné dans des habits tout neufs, s'inclina cérémonieusement devant l'humble bête, et lui dit, en ôtant son chapeau : « Je vous la souhaite bonne et heureuse ! » puis se retourna vers je ne sais quels camarades avec un air de fatuité, comme pour les prier d'ajouter leur approbation à son contentement. L'âne ne vit pas ce beau plaisant, et continua de courir avec zèle où l'appelait son devoir. Pour moi, je fus pris subitement d'une incommensurable rage contre ce magnifique imbécile, qui me parut concentrer en lui tout l'esprit de la France.
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Un plaisant
Marie, vous passez en taille, et en visage, En grâce, en ris, en yeux, en sein, et en téton, Votre moyenne soeur, d'autant que le bouton D'un rosier franc surpasse une rose sauvage. Je ne dis pas pourtant qu'un rosier de bocage Ne soit plaisant à l'oeil, et qu'il ne sente bon ; Aussi je ne dis pas que votre soeur Thoinon Ne soit belle, mais quoi ? vous l'êtes davantage. Je sais bien qu'après vous elle a le premier prix De ce bourg, en beauté, et qu'on serait épris D'elle facilement, si vous étiez absente. Mais quand vous approchez, lors sa beauté s'enfuit, Ou morne elle devient par la vôtre présente, Comme les astres font quand la Lune reluit.
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Marie, vous passez en taille, et en visage
Une colombe avait son nid Tout auprès du nid d'une pie. Cela s'appelle voir mauvaise compagnie, D'accord ; mais de ce point pour l'heure il ne s'agit. Au logis de la tourterelle Ce n'était qu'amour et bonheur ; Dans l'autre nid toujours querelle, Oeufs cassés, tapage et rumeur. Lorsque par son époux la pie était battue, Chez sa voisine elle venait, Là jasait, criait, se plaignait, Et faisait la longue ***** Des défauts de son cher époux : Il est fier, exigeant, dur, emporté, jaloux ; De plus, je sais fort bien qu'il va voir des corneilles ; Et cent autres choses pareilles Qu'elle disait dans son courroux. Mais vous, répond la tourterelle, Êtes-vous sans défauts ? Non, j'en ai, lui dit-elle ; Je vous le confie entre nous : En conduite, en propos, je suis assez légère, Coquette comme on l'est, par fois un peu colère, Et me plaisant souvent à le faire enrager : Mais qu'est-ce que cela ? - C'est beaucoup trop, ma chère : Commencez par vous corriger ; Votre humeur peut l'aigrir... qu'appelez-vous, ma mie ? Interrompt aussitôt la pie : Moi de l'humeur ! Comment ! Je vous conte mes maux, Et vous m'injuriez ! Je vous trouve plaisante : Adieu, petite impertinente ; Mêlez-vous de vos tourtereaux. Nous convenons de nos défauts ; Mais c'est pour que l'on nous démente.
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La pie et la colombe
Amour me tue, et si je ne veux dire Le plaisant mal que ce m'est de mourir : Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir Le mal, par qui doucement je soupire. Il est bien vrai, que ma langueur désire Qu'avec le temps je me puisse guérir : Mais je ne veux ma dame requérir Pour ma santé : tant me plaît mon martyre. Tais-toi langueur je sens venir le jour, Que ma maîtresse, après si long séjour, Voyant le soin qui ronge ma pensée, Toute une nuit, folâtrement m'ayant Entre ses bras, prodigue, ira payant Les intérêts de ma peine avancée.
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Amour me tue, et si je ne veux dire
Je n'ay plus que les os, un Schelette je semble, Decharné, denervé, demusclé, depoulpé, Que le trait de la mort sans pardon a frappé, Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son filZ deux grans maistres ensemble, Ne me sçauroient guerir, leur mestier m'a trompé, Adieu plaisant soleil, mon oeil est estoupé, Mon corps s'en va descendre où tout se desassemble. Quel amy me voyant en ce point despouillé Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé, Me consolant au lict et me baisant la face, En essuiant mes yeux par la mort endormis ? Adieu chers compaignons, adieu mes chers amis, Je m'en vay le premier vous preparer la place.
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Je n'ay plus que les os, un Schelette je semble
Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes, Des créanciers, des duels hilares à propos De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes. Voici venir, ami très tendre qui t'allumes Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots, Horatio, terreur et gloire des tripots, Cher diseur de jurons à remplir cent volumes, Voici venir parmi les brumes d'Elseneur Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur, Qu'Ophélia, l'enfant aimable qui s'étonne, C'est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne, Hélas ! et nul moyen de remettre à demain !
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À Horatio
Riche ventre qui n'a jamais porté, Seins opulents qui n'ont pas allaité, Bras frais et gras, purs de tout soin servile, Beau cou qui n'a plié que sous le poids De lents baisers à tous les chers endroits, Menton où la paresse se profile, Bouche éclatante et rouge d'où jamais Rien n'est sorti que propos que j'aimais, Oiseux et gais - et quel nid de délices ! Nez retroussé quêtant les seuls parfums De la santé robuste, yeux plus que bruns Et moins que noirs, indulgemment complices, Front peu penseur mais pour cela bien mieux, Longs cheveux noirs dont le grand flot soyeux, Jusques aux reins lourdement se hasarde, Croupe superbe éprise de loisir Sauf aux travaux du suprême plaisir, Aux gais combats dont c'est l'arrière-garde, Jambes enfin, vaillantes seulement Dans le plaisant déduit au bon moment Serrant mon buste et ballant vers la nue, Puis, au repos, - cuisses, genoux, mollet, - Fleurant comme ambre et blanches comme lait - Tel le pastel d'après ma femme nue.
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Riche ventre
Je n'ay plus que les os, un squelete je semble, Decharné, denervé, demusclé, depoulpé, Que le trait de la mort sans pardon a frappé ; Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble. Apollon et son fils, deux grands maistres ensemble, Ne me sçauroient guerir, leur mestier m'a trompé ; Adieu plaisant soleil ! mon œil est estoupé, Mon corps s'en va descendre où tout se desassemble. Quel amy me voyant en ce poinct dépouillé, Ne remporte au logis un œil triste et mouillé, Me consolant au lict, et me baisant la face, En essuyant mes yeux par la mort endormis ? Adieu, chers compagnons ! adieu, mes chers amis ! Je m'en vay le premier vous préparer la place.
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Sonnet (I)
Ma Dame ne donne pas Des baisers, mais des appas Qui seuls nourrissent mon âme, Les biens dont les Dieux sont sous, Du Nectar, du sucre doux, De la cannelle et du bâme (1), Du thym, du lis, de la rose, Entre les lèvres écloses Fleurante en toutes saisons, Et du miel tel qu'en Hymette (2) La desrobe-fleur avette Remplit ses douces maisons. O dieux, que j'ai de plaisir Quand je sens mon col saisir De ses bras en mainte sorte ! Sur moi se laissant courber, D'yeux clos je la vois tomber Sur mon sein à demi-morte. Puis mettant la bouche sienne Tout à plat dessus la mienne, Me mord et je la remords : Je lui darde, elle me darde Sa languette frétillarde, Puis en ses bras je m'endors. D'un baiser mignard et long Me resuce l'âme adonc (3), Puis en soufflant la repousse, La resuce encore un coup, La ressoude (4) tout à coup Avec son haleine douce. Tout ainsi les colombelles Trémoussant un peu des ailes Avidement se vont baisant, Après que l'oiseuse glace A quitté la froide place Au Printemps doux et plaisant. Hélas! mais tempère un peu Les biens dont je suis repu, Tempère un peu ma liesse (5) : Tu me ferais immortel. Hé ! je ne veux être tel Si tu n'es aussi Déesse. 1. Bâme : Baume parfumé très agréable. 2. Hymette : Le mont Hymette est un massif grec connu pour son miel. 3. Adonc : En ce moment, alors. 4. Ressoude : Se réunir, être soudé ensemble. 5. Liesse : Joie.
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À sa maîtresse (II)
La neige à travers la brume Tombe et tapisse sans bruit Le chemin creux qui conduit A l'église où l'on allume Pour la messe de minuit. Londres sombre flambe et fume ; La chère qui s'y cuit Et la boisson qui s'ensuit ! C'est Christmas et sa coutume De minuit jusqu'à minuit. Sur la plume et le bitume, Paris bruit et jouit. Ripaille et Plaisant déduit Sur le bitume et la plume S'exaspèrent dès minuit. Le malade en l'amertume De l'hospice où le poursuit Un espoir toujours détruit S'épouvante et se consume Dans le noir d'un long minuit... La cloche au son clair d'enclume Dans la cour fine qui luit, **** du péché qui nous nuit, Nous appelle en grand costume A la messe de minuit.
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La neige à travers la brume
Chanson IV. Plus étroit que la vigne à l'Ormeau se marie, De bras souplement forts, Du lien de tes mains, maîtresse, je te prie, Enlace-moi le corps. Et feignant de dormir, d'une mignarde face Sur mon front penche-toi ; Inspire, en me baisant, ton haleine et ta grâce Et ton cœur dedans moi. Puis appuyant ton sein sur le mien qui se pâme, Pour mon mal apaiser, Serre plus fort mon col, et me redonne l'âme Par l'esprit d'un baiser. Si tu me fais ce bien, par tes yeux je te jure, Serment qui m'est si cher, Que de tes bras aimez jamais autre aventure Ne pourra m'arracher. Mais souffrant doucement le joug de ton Empire, Tant soit-il rigoureux, Dans les champs Élysez un même navire Nous passera tous deux. Là, morts de trop aimer, sous les branches Myrtilles Nous verrons tous les jours Les anciens Héros auprès des Héroïnes Ne parler que d'amours. Tantôt nous danserons par les fleurs des rivages Sous maints accords divers, Tantôt lassés du bal irons sous les ombrages Des Lauriers toujours verts ; Où le mollet Zéphyr en haletant secoue De soupirs printaniers Ores les Orangers, ores mignard se joue Entre les Citronniers. Là du plaisant Avril la saison immortelle Sans échange le suit : La terre, sans labeur, de sa grasse mamelle, Toute chose y produit. D'en bas la troupe sainte autrefois amoureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s'estimant bienheureuse De s'accointer (1) de nous. Puis nous faisant asseoir dessus l'herbe fleurie, De toutes au milieu, Nulle, en se retirant, ne sera point marrie De nous quitter son lieu ; Non celle (2) qu'un Taureau sous une peau menteuse Emporta par la mer ; Non celle (3) qu'Apollon vu, vierge dépiteuse, En Laurier se former ; Ni celles qui s'en vont toutes tristes ensemble, Artemise et Didon ; Ni cette belle Grecque, à qui ta beauté semble Comme tu fais de nom. 1. S'accointer : S'approcher, se lier. 2. Europe. 3. Daphné.
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Chanson (I)
Chanson IV. Plus étroit que la vigne à l'Ormeau se marie, De bras souplement forts, Du lien de tes mains, maîtresse, je te prie, Enlace-moi le corps. Et feignant de dormir, d'une mignarde face Sur mon front penche-toi ; Inspire, en me baisant, ton haleine et ta grâce Et ton cœur dedans moi. Puis appuyant ton sein sur le mien qui se pâme, Pour mon mal apaiser, Serre plus fort mon col, et me redonne l'âme Par l'esprit d'un baiser. Si tu me fais ce bien, par tes yeux je te jure, Serment qui m'est si cher, Que de tes bras aimez jamais autre aventure Ne pourra m'arracher. Mais souffrant doucement le joug de ton Empire, Tant soit-il rigoureux, Dans les champs Élysez un même navire Nous passera tous deux. Là, morts de trop aimer, sous les branches Myrtilles Nous verrons tous les jours Les anciens Héros auprès des Héroïnes Ne parler que d'amours. Tantôt nous danserons par les fleurs des rivages Sous maints accords divers, Tantôt lassés du bal irons sous les ombrages Des Lauriers toujours verts ; Où le mollet Zéphyr en haletant secoue De soupirs printaniers Ores les Orangers, ores mignard se joue Entre les Citronniers. Là du plaisant Avril la saison immortelle Sans échange le suit : La terre, sans labeur, de sa grasse mamelle, Toute chose y produit. D'en bas la troupe sainte autrefois amoureuse, Nous honorant sur tous, Viendra nous saluer, s'estimant bienheureuse De s'accointer (1) de nous. Puis nous faisant asseoir dessus l'herbe fleurie, De toutes au milieu, Nulle, en se retirant, ne sera point marrie De nous quitter son lieu ; Non celle (2) qu'un Taureau sous une peau menteuse Emporta par la mer ; Non celle (3) qu'Apollon vu, vierge dépiteuse, En Laurier se former ; Ni celles qui s'en vont toutes tristes ensemble, Artemise et Didon ; Ni cette belle Grecque, à qui ta beauté semble Comme tu fais de nom. 1. S'accointer : S'approcher, se lier. 2. Europe. 3. Daphné.
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Ce me sera plaisir, Genèvre, de t'écrire, Étant absent de toi, mon amoureux martyre... J'ai certes éprouvé par mainte expérience, Que l'amour se renforce et s'augmente en l'absence, Ou soit en rêvassant le plaisant souvenir, Ainsi que d'un appât la vienne entretenir, Ou soit les portraits des liesses passées S'impriment dans l'esprit de nouveau ramassées ; Soit que l'âme ait regret au bien qu'elle a perdu, Soit que le vide corps plus plein se soit rendu, Soit que la volupté soit trop tôt périssable, Soit que le souvenir d'elle soit plus durable. Bref, je ne sais que c'est ; mais certes je sais bien Que j'aime mieux absent qu'étant près de mon bien...
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L'absence