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"oser" poems
FAILURE. NO GOOD. NOTHING. WORTHLESS. LOSER. FAILURE. NO GOOD. NOTHING. WOR THLESS. LOSER. FAILURE. NO GOOD. NOTHIN G. WORTH LESS. LOSE R. FAILURE. NO GOOD. NOTHING. WORTHLESS. LOSE R. FAILURE. NO GOOD. NOTH ING. WORTHLESS. LOSER. **FAIL URE.** NO G OOD. NOT HING. WO RTHLESS. L OSER. **FAIL URE.** NO G OOD. NOT HING. WO RTHLESS.
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Dec 15, 2014
Dec 15, 2014 at 4:34 PM UTC
This Wasn't How I Wanted To Face My Fears
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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Le pacha et le dervis
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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L'aimable et tendre Philomèle, Voyant commencer les beaux jours, Racontait à l'écho fidèle Et ses malheurs et ses amours. Le plus beau paon du voisinage, Maître et sultan de ce canton, Elevant la tête et le ton, Vint interrompre son ramage : C'est bien à toi, chantre ennuyeux, Avec un si triste plumage, Et ce long bec, et ces gros yeux, De vouloir charmer ce bocage ! A la beauté seule il va bien D'oser célébrer la tendresse : De quel droit chantes-tu sans cesse ? Moi, qui suis beau, je ne dis rien. Pardon, répondit Philomèle : Il est vrai, je ne suis pas belle ; Et si je chante dans ce bois, Je n'ai de titre que ma voix. Mais vous, dont la noble arrogance M'ordonne de parler plus bas, Vous vous taisez par impuissance, Et n'avez que vos seuls appas. Ils doivent éblouir sans doute ; Est-ce assez pour se faire aimer ? Allez, puisqu'amour n'y voit goutte, C'est l'oreille qu'il faut charmer.
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Le rossignol et le paon
Il est de longs soupirs qui traversent les âges Pour apprendre l'amour aux âmes les plus sages. Ô sages ! De si **** que ces soupirs viendront, Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront. Et s'il vous faut garder parmi vos solitudes Le calme qui préside aux sévères études, Ne risquez pas vos yeux sur les tendres éclairs De l'orage éternel enfermé dans ces vers, Dans ces chants, dans ces cris, dans ces plaintes voilées, Tocsins toujours vibrant de douleurs envolées. Oh ! N'allez pas tenter, d'un courage hardi, Tout cet amour qui pleure avec Léopardi ! Léopardi ! Doux Christ oublié de son père, Altéré de la mort sans le ciel qu'elle espère, Qu'elle ouvre d'une clé pendue à tout berceau, Levant de l'avenir l'insoulevable sceau. Ennemi de lui seul ! Aimer, et ne pas croire ! Sentir l'eau sur sa lèvre, et ne pas l'oser boire ! Ne pas respirer Dieu dans l'âme d'une fleur ! Ne pas consoler l'ange attristé dans son coeur ! Ce que l'ange a souffert chez l'homme aveugle et tendre, Ce qu'ils ont dit entre eux sans venir à s'entendre, Ce qu'ils ont l'un par l'autre enduré de combats, Sages qui voulez vivre, oh ! Ne l'apprenez pas ! Oh ! La mort ! Ce sera le vrai réveil du songe ! Liberté ! Ce sera ton règne sans mensonge ! Le grand dévoilement des âmes et du jour ! Ce sera Dieu lui-même... oh ! Ce sera l'amour !
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Au livre de Léopardi
Elle est fragile à caresser, L'épousée au front diaphane, Lis pur qu'un rien ternit et fane, Lis tendre qu'un rien peut froisser, Que nul homme ne peut presser, Sans remords sur son cœur profane. La main digne de l'approcher N'est pas la main rude qui brise L'innocence qu'elle a surprise Et se fait jeu d'effaroucher, Mais la main qui semble toucher Au blanc voile comme une brise ; La lèvre qui la doit baiser N'est pas la lèvre véhémente, Effroi d'une novice amante Qui veut le respect pour oser, Mais celle qui se vient poser Comme une ombre d'abeille errante ; Et les bras faits pour l'embrasser Ne sont pas les bras dont l'étreinte Laisse une impérieuse empreinte Au corps qu'ils aiment à lasser, Mais ceux qui savent l'enlacer Comme une onde où l'on dort sans crainte. L'hymen doit la discipliner Sans lire sur son front un blâme, Et les prémices qu'il réclame Les faire à son cœur deviner : Elle est fleur, il doit l'incliner, La chérir sans lui troubler l'âme.
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L'épousée
La plus délicate des roses Est, à coup sûr, la rose-thé. Son bouton aux feuilles mi-closes De carmin à peine est teinté. On dirait une rose blanche Qu'aurait fait rougir de pudeur, En la lutinant sur la branche, Un papillon trop plein d'ardeur. Son tissu rose et diaphane De la chair a le velouté ; Auprès, tout incarnat se fane Ou prend de la vulgarité. Comme un teint aristocratique Noircit les fronts bruns de soleil, De ses soeurs elle rend rustique Le coloris chaud et vermeil. Mais, si votre main qui s'en joue, A quelque bal, pour son parfum, La rapproche de votre joue, Son frais éclat devient commun. Il n'est pas de rose assez tendre Sur la palette du printemps, Madame, pour oser prétendre Lutter contre vos dix-sept ans. La peau vaut mieux que le pétale, Et le sang pur d'un noble coeur Qui sur la jeunesse s'étale, De tous les roses est vainqueur !
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La rose-thé
Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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La tourterelle et la fauvette
Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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Rummeligheden oser mellem væggene i dit hjem Imens familiære søvnige melodier undslipper munde Toner indpakket i bobler baner sig vej gennem brystets dyb, runger og spadserer ud gennem tungens fastlagte rute I takt til morgenfriske Beethovenlyttende mænd kravler søvnrester på skift ud af vanddrænede kroge Baner sig vej mod møre fingre Og havner dernæst på foranliggende aviser Endnu engang omhandlende jorden og dens utallige affærer med fjenden Måske det havner på gulvet så det kan trædes på Måske det havner på stolen så det kan siddes på Uanede mængder søvnrester knuses under ballernes velvære og tyngde, som var det ulovligt at savne bløde sengelinneder Kroppe kæmper sig standhaftigt op på ømme fødder Størkner i lodret position Vipper hovedets ydmyge vinkel ud af takt Pudens smertetærskel har vokset sig større end nakkens Mærker blæren presse på som var det en fødsel Som ville kroppen tvinge al udmattelse ud af ren desperation om At få tømt urinsække Nyder undslippelsen kan nu Sidde på stolen, knuse søvn, begynde opstandelsen på ny som en marionetdukke Husker på ikke at være en glemsom sjæl Glemmer trods alt ikke at hive i egne snore
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Jan 11, 2019
Jan 11, 2019 at 3:37 PM UTC
Søvnbrunst
Vicomte de Foucault, lorsque vous empoignâtes L'éloquent Manuel de vos mains auvergnates, Comme l'océan bout quand tressaille l'Etna, Le peuple tout entier s'émut et frissonna ; On vit, sombre lueur, poindre mil huit cent trente L'antique royauté, fière et récalcitrante, Chancela sur son trône, et dans ce noir moment On sentit commencer ce vaste écroulement ; Et ces rois, qu'on punit d'oser toucher un homme, Etaient grands, et mêlés à notre histoire en somme, Ils avaient derrière eux des siècles éblouis, Henri quatre et Coutras, Damiette et saint-Louis. Aujourd'hui, dans Paris, un prince de la pègre, Un pied plat, copiant Faustin, singe d'un nègre, Plus faux qu'Ali pacha, plus cruel que Rosas, Fourre en prison la loi, met la gloire à Mazas, Chasse l'honneur, le droit, les probités punies, Orateurs, généraux, représentants, génies, Les meilleurs serviteurs du siècle et de l'état, Et c'est tout ! et le peuple, après cet attentat, Souffleté mille fois sur ces faces illustres, Va voir de l'Elysée étinceler les lustres, Ne sent rien sur sa joue, et contemple César ! Lui, souverain, il suit en esclave le char ! Il regarde danser dans le Louvre les maîtres, Ces immondes faisant vis-à-vis à ces traîtres, La fraude en grand habit, le meurtre en apparat, Et le ventre Berger près du ventre Murat ! On dit : - vivons ! adieu grandeur, gloire, espérance ! - Comme si, dans ce monde, un peuple appelé France, Alors qu'il n'est plus libre, était encor vivant ! On boit, on mange, on dort, on achète et l'on vend, Et l'on vote, en riant des doubles fonds de l'urne Et pendant ce temps-là, ce gredin taciturne, Ce chacal à sang froid, ce corse hollandais, Etale, front d'airain, son crime sous le dais, Gorge d'or et de vin sa bande scélérate, S'accoude sur la nappe, et cuvant, noir pirate, Son guet-apens français, son guet-apens romain, Mâche son cure-dents taché de sang humain ! Jersey, le 20 mai 1853.
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Vicomte de Foucault
Vicomte de Foucault, lorsque vous empoignâtes L'éloquent Manuel de vos mains auvergnates, Comme l'océan bout quand tressaille l'Etna, Le peuple tout entier s'émut et frissonna ; On vit, sombre lueur, poindre mil huit cent trente L'antique royauté, fière et récalcitrante, Chancela sur son trône, et dans ce noir moment On sentit commencer ce vaste écroulement ; Et ces rois, qu'on punit d'oser toucher un homme, Etaient grands, et mêlés à notre histoire en somme, Ils avaient derrière eux des siècles éblouis, Henri quatre et Coutras, Damiette et saint-Louis. Aujourd'hui, dans Paris, un prince de la pègre, Un pied plat, copiant Faustin, singe d'un nègre, Plus faux qu'Ali pacha, plus cruel que Rosas, Fourre en prison la loi, met la gloire à Mazas, Chasse l'honneur, le droit, les probités punies, Orateurs, généraux, représentants, génies, Les meilleurs serviteurs du siècle et de l'état, Et c'est tout ! et le peuple, après cet attentat, Souffleté mille fois sur ces faces illustres, Va voir de l'Elysée étinceler les lustres, Ne sent rien sur sa joue, et contemple César ! Lui, souverain, il suit en esclave le char ! Il regarde danser dans le Louvre les maîtres, Ces immondes faisant vis-à-vis à ces traîtres, La fraude en grand habit, le meurtre en apparat, Et le ventre Berger près du ventre Murat ! On dit : - vivons ! adieu grandeur, gloire, espérance ! - Comme si, dans ce monde, un peuple appelé France, Alors qu'il n'est plus libre, était encor vivant ! On boit, on mange, on dort, on achète et l'on vend, Et l'on vote, en riant des doubles fonds de l'urne Et pendant ce temps-là, ce gredin taciturne, Ce chacal à sang froid, ce corse hollandais, Etale, front d'airain, son crime sous le dais, Gorge d'or et de vin sa bande scélérate, S'accoude sur la nappe, et cuvant, noir pirate, Son guet-apens français, son guet-apens romain, Mâche son cure-dents taché de sang humain ! Jersey, le 20 mai 1853.
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Nous recevions sa visite assidue ; J'étais enfant. Jours lointains ! Depuis lors La porte est close et la maison vendue : Les foyers vendus sont des morts. Quand j'entendais son pas de demoiselle, Adieu mes jeux ! Courant sur son chemin, J'allais, les yeux levés tout grands vers elle, Glisser ma tête sous sa main. Et quelle joie inquiète et profonde Si je sentais une caresse au front ! Cette main-là, pas de lèvres au monde En douceur ne l'égaleront. Je me souviens de mes tendresses vagues, Des aveux fous que je jurais d'oser, Lorsque, tout bas, rien qu'aux chatons des bagues Je risquais un fuyant baiser. Elle a passé, bouclant ma chevelure, Prenant ma vie ; et, comme inoccupés, Ses doigts m'ont fait une étrange brûlure, Par l'âge de mon cœur trompés. Comme l'aurore étonne la prunelle, L'éveille à peine, et c'est déjà le jour : Ainsi la grâce au cœur naissant nouvelle L'émeut, et c'est déjà l'amour.
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Jours lointains
Tu m'as frappé, c'est ridicule, Je l'ai battue et c'est affreux : Je m'en repens et tu m'en veux. C'est bien, c'est selon la formule. Je n'avais qu'à me tenir coi Sous l'aimable averse des gifles De ta main experte en mornifles, Sans même demander pourquoi. Et toi, ton droit, ton devoir même, Au risque de t'exténuer, Il serait de continuer De façon extrême et suprême... Seulement, ô ne m'en veux plus, Encore que ce fût un crime De t'avoir faite ma victime... Dis, plus de refus absolus, Bats-moi, petite, comme plâtre, Mais ensuite viens me baiser, Pas ? quel besoin d'éterniser Une querelle trop folâtre. Pour se brouiller plus d'un instant, Le temps de nous faire une moue Qu'éteint un bécot sur la joue, Puis sur la bouche en attendant Mieux encor, n'est-ce pas, gamine ? Promets-le-moi sans biaiser. C'est convenu ? Oui ? Puis-je oser ? Allons, plus de ta grise mine !
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Tu m'as frappé, c'est ridicule