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"obscur" poems
Passion fruit. Banana ***** papaya dreams so nice and juicy. Papa's up. The game is down, these other kings just ain't around. Bang, Bang, Who's Up?! Bang, Bang, Who's Down?! These other authors they hit the ground. I don't mean to fright, I don't mean to leave I just got this thing that drives me. I don't need to fight, but it feels, so, soo, good. But all the po' lease think that it's my neighborhood. Ooh girl I like ya' C'mon over I like ya' Ooh girl I like ya' C'mon over I'll bite ya' I know you's a freak, so bring a friend I got rubber sheets, so I can break you in Some other girls, think go around But the truth is I just go downtown The Rick Owens Store is like my homepage If you ain't Facebook than you ain't gettin' laid Obscur is fresh, Henrik's a boss, but I have to say Trentemoeller really Lost. I liked Last Resort, even Harbour Trips, but lately he's been on some ****** up **** My parents want me to go get a Jay Oh Bee But I'm too busy, sleeping. My baby's face is porcelain, but I can't afford it So I said it looked aluminum. Dem people not, be steppin' on my toes Cause' I'll show up reppin' Sheridan Rd. with my Colt '44. Ooh girl I like ya C'mon over ya ripe now Ooh girl I like ya C'mon over I'll bite ya Your black garters' hot, so is yo' lace bikini When it comes to lingerie, I play it like Houdini Whether it's Agent Provocateur or Victoria's Secret I hold my *** until I can put it in your **** Relationship is such a ***** word But when it comes to ***** I like 4-letter verbs You can bring..um..whatever you want But if you gotta **** **** ***** I'm out.
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Jan 16, 2014
Jan 16, 2014 at 3:09 AM UTC
Riff Raff Rag Stock
Passion fruit. Banana ***** papaya dreams so nice and juicy. Papa's up. The game is down, these other kings just ain't around. Bang, Bang, Who's Up?! Bang, Bang, Who's Down?! These other authors they hit the ground. I don't mean to fright, I don't mean to leave I just got this thing that drives me. I don't need to fight, but it feels, so, soo, good. But all the po' lease think that it's my neighborhood. Ooh girl I like ya' C'mon over I like ya' Ooh girl I like ya' C'mon over I'll bite ya' I know you's a freak, so bring a friend I got rubber sheets, so I can break you in Some other girls, think go around But the truth is I just go downtown The Rick Owens Store is like my homepage If you ain't Facebook than you ain't gettin' laid Obscur is fresh, Henrik's a boss, but I have to say Trentemoeller really Lost. I liked Last Resort, even Harbour Trips, but lately he's been on some ****** up **** My parents want me to go get a Jay Oh Bee But I'm too busy, sleeping. My baby's face is porcelain, but I can't afford it So I said it looked aluminum. Dem people not, be steppin' on my toes Cause' I'll show up reppin' Sheridan Rd. with my Colt '44. Ooh girl I like ya C'mon over ya ripe now Ooh girl I like ya C'mon over I'll bite ya Your black garters' hot, so is yo' lace bikini When it comes to lingerie, I play it like Houdini Whether it's Agent Provocateur or Victoria's Secret I hold my *** until I can put it in your **** Relationship is such a ***** word But when it comes to ***** I like 4-letter verbs You can bring..um..whatever you want But if you gotta **** **** ***** I'm out.
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- Air breton. - Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie ! Azur ! Adieu, maison, treille au fruit mûr, Adieu, les fleurs d'or du vieux mur ! Adieu, patrie ! Ciel, forêt, prairie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie, Azur ! Adieu, fiancée au front pur, Le ciel est noir, le vent est dur. Adieu, patrie ! Lise, Anna, Marie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est cri furie. Adieu, patrie, Azur ! Notre œil, que voile un deuil futur, Va du flot sombre au sort obscur ! Adieu, patrie ! Pour toi mon cœur prie. Adieu, patrie, Azur ! Jersey, le 31 juillet 1853.
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Le chant de ceux qui s'en vont sur mer
C'est le moment crépusculaire. J'admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s'éclaire La dernière heure du travail. Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D'un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons. Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours. On sent à quel point il doit croire À la fuite utile des jours. Il marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au **** Rouvre sa main, et recommence, Et je médite, obscur témoin, Pendant que, déployant ses voiles, L'ombre, où se mêle une rumeur, Semble élargir jusqu'aux étoiles Le geste auguste du semeur.
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Saison des semailles (Le soir)
Quand nous habitions tous ensemble Sur nos collines d'autrefois, Où l'eau court, où le buisson tremble, Dans la maison qui touche aux bois, Elle avait dix ans, et moi trente ; J'étais pour elle l'univers. Oh ! comme l'herbe est odorante Sous les arbres profonds et verts ! Elle faisait mon sort prospère, Mon travail léger, mon ciel bleu. Lorsqu'elle me disait : Mon père, Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu ! À travers mes songes sans nombre, J'écoutais son parler joyeux, Et mon front s'éclairait dans l'ombre À la lumière de ses yeux. Elle avait l'air d'une princesse Quand je la tenais par la main. Elle cherchait des fleurs sans cesse Et des pauvres dans le chemin. Elle donnait comme on dérobe, En se cachant aux yeux de tous. Oh ! la belle petite robe Qu'elle avait, vous rappelez-vous ? Le soir, auprès de ma bougie, Elle jasait à petit bruit, Tandis qu'à la vitre rougie Heurtaient les papillons de nuit. Les anges se miraient en elle. Que son bonjour était charmant ! Le ciel mettait dans sa prunelle Ce regard qui jamais ne ment. Oh ! je l'avais, si jeune encore, Vue apparaître en mon destin ! C'était l'enfant de mon aurore, Et mon étoile du matin ! Quand la lune claire et sereine Brillait aux cieux, dans ces beaux mois, Comme nous allions dans la plaine ! Comme nous courions dans les bois ! Puis, vers la lumière isolée Étoilant le logis obscur, Nous revenions par la vallée En tournant le coin du vieux mur ; Nous revenions, coeurs pleins de flamme, En parlant des splendeurs du ciel. Je composais cette jeune âme Comme l'abeille fait son miel. Doux ange aux candides pensées, Elle était gaie en arrivant... - Toutes ces choses sont passées Comme l'ombre et comme le vent ! À Villequier, le 4 septembre 1844.
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Quand nous habitions tous ensemble
Quand nous habitions tous ensemble Sur nos collines d'autrefois, Où l'eau court, où le buisson tremble, Dans la maison qui touche aux bois, Elle avait dix ans, et moi trente ; J'étais pour elle l'univers. Oh ! comme l'herbe est odorante Sous les arbres profonds et verts ! Elle faisait mon sort prospère, Mon travail léger, mon ciel bleu. Lorsqu'elle me disait : Mon père, Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu ! À travers mes songes sans nombre, J'écoutais son parler joyeux, Et mon front s'éclairait dans l'ombre À la lumière de ses yeux. Elle avait l'air d'une princesse Quand je la tenais par la main. Elle cherchait des fleurs sans cesse Et des pauvres dans le chemin. Elle donnait comme on dérobe, En se cachant aux yeux de tous. Oh ! la belle petite robe Qu'elle avait, vous rappelez-vous ? Le soir, auprès de ma bougie, Elle jasait à petit bruit, Tandis qu'à la vitre rougie Heurtaient les papillons de nuit. Les anges se miraient en elle. Que son bonjour était charmant ! Le ciel mettait dans sa prunelle Ce regard qui jamais ne ment. Oh ! je l'avais, si jeune encore, Vue apparaître en mon destin ! C'était l'enfant de mon aurore, Et mon étoile du matin ! Quand la lune claire et sereine Brillait aux cieux, dans ces beaux mois, Comme nous allions dans la plaine ! Comme nous courions dans les bois ! Puis, vers la lumière isolée Étoilant le logis obscur, Nous revenions par la vallée En tournant le coin du vieux mur ; Nous revenions, coeurs pleins de flamme, En parlant des splendeurs du ciel. Je composais cette jeune âme Comme l'abeille fait son miel. Doux ange aux candides pensées, Elle était gaie en arrivant... - Toutes ces choses sont passées Comme l'ombre et comme le vent ! À Villequier, le 4 septembre 1844.
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Oh, factious viper! whose envenom’d tooth Would mangle, still, the dead, perverting truth; What, though our “nation’s foes” lament the fate, With generous feeling, of the good and great; Shall dastard tongues essay to blast the name Of him, whose meed exists in endless fame? When PITT expir’d in plenitude of power, Though ill success obscur’d his dying hour, Pity her dewy wings before him spread, For noble spirits “war not with the dead:” His friends in tears, a last sad requiem gave, As all his errors slumber’d in the grave; He sunk, an Atlas bending “’neath the weight” Of cares o’erwhelming our conflicting state. When, lo! a Hercules, in Fox, appear’d, Who for a time the ruin’d fabric rear’d: He, too, is fall’n, who Britain’s loss supplied, With him, our fast reviving hopes have died; Not one great people, only, raise his urn, All Europe’s far-extended regions mourn. “These feelings wide, let Sense and Truth undue, To give the palm where Justice points its due;” Yet, let not canker’d Calumny assail, Or round her statesman wind her gloomy veil. FOX! o’er whose corse a mourning world must weep, Whose dear remains in honour’d marble sleep; For whom, at last, e’en hostile nations groan, While friends and foes, alike, his talents own.— Fox! shall, in Britain’s future annals, shine, Nor e’en to PITT, the patriot’s ‘palm’ resign; Which Envy, wearing Candour’s sacred mask, For PITT, and PITT alone, has dar’d to ask.
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To Which The Author Of These Pieces Sent The Following Reply For Insertion In The “Morning Chronicle.”
Oh, factious viper! whose envenom’d tooth Would mangle, still, the dead, perverting truth; What, though our “nation’s foes” lament the fate, With generous feeling, of the good and great; Shall dastard tongues essay to blast the name Of him, whose meed exists in endless fame? When PITT expir’d in plenitude of power, Though ill success obscur’d his dying hour, Pity her dewy wings before him spread, For noble spirits “war not with the dead:” His friends in tears, a last sad requiem gave, As all his errors slumber’d in the grave; He sunk, an Atlas bending “’neath the weight” Of cares o’erwhelming our conflicting state. When, lo! a Hercules, in Fox, appear’d, Who for a time the ruin’d fabric rear’d: He, too, is fall’n, who Britain’s loss supplied, With him, our fast reviving hopes have died; Not one great people, only, raise his urn, All Europe’s far-extended regions mourn. “These feelings wide, let Sense and Truth undue, To give the palm where Justice points its due;” Yet, let not canker’d Calumny assail, Or round her statesman wind her gloomy veil. FOX! o’er whose corse a mourning world must weep, Whose dear remains in honour’d marble sleep; For whom, at last, e’en hostile nations groan, While friends and foes, alike, his talents own.— Fox! shall, in Britain’s future annals, shine, Nor e’en to PITT, the patriot’s ‘palm’ resign; Which Envy, wearing Candour’s sacred mask, For PITT, and PITT alone, has dar’d to ask.
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I keep her clothing in the bed, Fresh wet daggers of this concupiscent World. That is the standard. Don't you Hear it? I watch the lamps and blankets singe Cigarettes and Heineken Nevermind, With the Lights Out Everything is 'About A Girl', And faking for no one. 'm too fuxked to know the difference Stress is a knot that kills the young I don't care about the other's wasting Their time isn't my business. My sick is so short sighted. It carries a Black lighter inside its Gareth Pugh jeans. Ann Demeulemeester top, Rick Owens Boots, an Obscur coat, Rad Hourani shirt Henrik Vibskov socks, an MB999 tee. Color is language for the body to read. Inertia and energy protect me. I am the Opposite of a black hole. This vessel governs its own space, but I don't attempt To understand anything or any one thing. This lizard brain keeps its ward and Wielding the almighty power of its Nightness, cosy's up near the Community of Death, Magic, and Numinous winter dirges, huffing Parfumes from her death-covered clothes.
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Nov 17, 2015
Nov 17, 2015 at 3:33 AM UTC
Messy New Evils
Tout seul au plus profond d'un bois, Dans un fouillis de ronce et d'herbe, Se dresse, oublié, mais superbe, Un grand vase du temps des rois. Beau de matière et pur de ligne, Il a pour anses deux béliers Qu'un troupeau d'amours familiers Enlace d'une souple vigne. À ses bords, autrefois tout blancs, La mousse noire append son givre ; Une lèpre aux couleurs de cuivre Étoile et dévore ses flancs. Son poids a fait pencher sa base Où gît un amas de débris, Car il a ses angles meurtris, Mais il tient bon, l'orgueilleux vase. Il songe : « Autour de moi tout dort, Que fait le monde ? Je m'ennuie, Mon cratère est plein d'eau de pluie, D'ombre, de rouille et de bois mort. « Où donc aujourd'hui se promène Le flot soyeux des courtisans ? Je n'ai pas vu figure humaine À mon pied depuis bien des ans. » Pendant qu'il regrette sa gloire, Perdu dans cet exil obscur, Un oiseau par un trou d'azur S'abat sur ses lèvres pour boire. « Holà ! Manant du ciel, dis-moi, Toi devant qui l'horizon s'ouvre, Sais-tu ce qui se passe au Louvre ? Je n'entends plus parler du roi. - Ah ! Tu prends, à l'heure où nous sommes, Dit l'autre, un bien tardif souci ! Rien n'est donc venu jusqu'ici Des branle-bas qu'on faits les hommes ? - Parfois un soubresaut brutal, Des rumeurs extraordinaires, Comme de souterrains tonnerres Font tressaillir mon piédestal. - C'est l'écho de leurs grands vacarmes : Plus une tour, plus un clocher Où l'oiseau puisse en paix nicher ; Partout l'incendie et les armes ! « J'ai naguère, à Paris, en vain Heurté du bec les vitres closes, Nulle part, même aux lèvres roses, La moindre miette de vrai pain. « Aux mansardes des tuileries Je logeais, le printemps passé, Mais les flammes m'en ont chassé, Ce n'était que feux et tueries. « Sur le front du génie ailé Qui plane où sombra la bastille, J'ai voulu poser ma famille, Mais cet asile a chancelé. « Des murs de granit qu'on restaure Nous sommes l'un et l'autre exclus, Là le temps des palais n'est plus, Et celui des nids, pas encore. »
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Le vase et l'oiseau
Tout seul au plus profond d'un bois, Dans un fouillis de ronce et d'herbe, Se dresse, oublié, mais superbe, Un grand vase du temps des rois. Beau de matière et pur de ligne, Il a pour anses deux béliers Qu'un troupeau d'amours familiers Enlace d'une souple vigne. À ses bords, autrefois tout blancs, La mousse noire append son givre ; Une lèpre aux couleurs de cuivre Étoile et dévore ses flancs. Son poids a fait pencher sa base Où gît un amas de débris, Car il a ses angles meurtris, Mais il tient bon, l'orgueilleux vase. Il songe : « Autour de moi tout dort, Que fait le monde ? Je m'ennuie, Mon cratère est plein d'eau de pluie, D'ombre, de rouille et de bois mort. « Où donc aujourd'hui se promène Le flot soyeux des courtisans ? Je n'ai pas vu figure humaine À mon pied depuis bien des ans. » Pendant qu'il regrette sa gloire, Perdu dans cet exil obscur, Un oiseau par un trou d'azur S'abat sur ses lèvres pour boire. « Holà ! Manant du ciel, dis-moi, Toi devant qui l'horizon s'ouvre, Sais-tu ce qui se passe au Louvre ? Je n'entends plus parler du roi. - Ah ! Tu prends, à l'heure où nous sommes, Dit l'autre, un bien tardif souci ! Rien n'est donc venu jusqu'ici Des branle-bas qu'on faits les hommes ? - Parfois un soubresaut brutal, Des rumeurs extraordinaires, Comme de souterrains tonnerres Font tressaillir mon piédestal. - C'est l'écho de leurs grands vacarmes : Plus une tour, plus un clocher Où l'oiseau puisse en paix nicher ; Partout l'incendie et les armes ! « J'ai naguère, à Paris, en vain Heurté du bec les vitres closes, Nulle part, même aux lèvres roses, La moindre miette de vrai pain. « Aux mansardes des tuileries Je logeais, le printemps passé, Mais les flammes m'en ont chassé, Ce n'était que feux et tueries. « Sur le front du génie ailé Qui plane où sombra la bastille, J'ai voulu poser ma famille, Mais cet asile a chancelé. « Des murs de granit qu'on restaure Nous sommes l'un et l'autre exclus, Là le temps des palais n'est plus, Et celui des nids, pas encore. »
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Fable XII, Livre V. LA LOUVE. Rarement à changer on gagne. Pourquoi veux-tu courir les champs ? Crois-moi, reste sur la montagne. J'aime ces bois, j'aime les chants Que ce vieux pâtre y fait entendre. Son chien n'est pas des plus méchants. Plus prompt à fuir qu'à se défendre, S'il aboie, il ne mord jamais ; On n'y vit que de chevreau ; mais, S'il n'est gras, du moins est-il tendre. LE LOUP. Qui ? moi ! rester dans ces déserts Pour n'ouïr que les mêmes airs Sur des pipeaux toujours plus aigres ? Qui ? moi ! rester sur ce rocher Pour jeûner ou pour n'accrocher Que des chevreaux toujours plus maigres À ce mets borner mon espoir, Et d'agneaux quand la plaine abonde, N'en pas tâter, n'en pas plus voir Que s'il n'en était point au monde ? Ah ! fuyons **** de ce canton, Théâtre obscur pour mon courage ! Vous le savez : dès mon jeune âge, J'aimai la gloire et le mouton. J'y retourne : en un frais bocage Qu'environnent des prés fleuris, Où sont rassemblés et nourris Les doux agneaux du voisinage, Demain, ce soir, je m'établis Tout au beau milieu des brebis. Défrayé par droit de conquête, Comme un héros russe ou prussien, J'engraisse là sans craindre rien ; Car est-il ou berger ou chien Assez fort pour me faire tête ? LA LOUVE. Sur ce point je suis sans effroi. Pris séparément, ce me semble, Aucun d'eux n'est plus fort que toi ; Mais si l'intérêt les rassemble, Mon fils, crois-tu de bonne foi Être aussi fort qu'eux tous ensemble ?
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Le loup et sa mère
Duel de l'âme entre clair et obscur Clair de lune sous la voûte étoilée éclairant l'obscurité de nos vies les ténèbres se révèlent à la faveur de la lumière Noir et blanc Complément-air Terre Ether et Univers Symbole d'Unité Retrouvée Ying et Yang réuni dans une danse sans fin Danse des âmes s'accordant se révélant dans la fusion mystique Musique des sphères s'accordant sur les rythmes de l'Univers Noir et Blanc caro royer
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Dec 30, 2016
Dec 30, 2016 at 3:32 AM UTC
Noir et blanc
Nuit, des amours ministre et sergente fidèle Des arrêts de Venus, et des saintes lois d'elle, Qui secrète accompagne L'impatient ami de l'heure accoutumée, Ô l'aimée des Dieux, mais plus encore aimée Des étoiles compagnes, Nature de tes dons adore l'excellence, Tu caches les plaisirs dessous muet silence Que l'amour jouissante Donne, quand ton obscur étroitement assemble Les amants embrassés, et qu'ils tombent ensemble Sous l'ardeur languissante. Lorsque l'amie main court par la cuisse, et ores Par les tétins, auxquels ne se compare encore Nul ivoire qu'on voie, Et la langue en errant sur la joue, et la face, Plus d'odeurs, et de fleurs, là naissantes, amasse Que I'Orient n'envoie. C'est toi qui les soucis, et les gênes mordantes, Et tout le soin enclos en nos âmes ardentes Par ton présent arraches. C'est toi qui rends la vie aux vergers qui languissent, Aux jardins la rosée, et aux cieux qui noircissent Les idoles attaches. Mais, si te plaît déesse une fin à ma peine, Et donte sous mes bras celle qui est tant pleine De menaces cruelles. Afin que de ses yeux (yeux qui captifs me tiennent) Les trop ardents flambeaux plus brûler ne me viennent Le fond de mes mouelles.
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Hymne à la nuit
Abandon de soi A la lumière d'un clair de lune Démission Rupture A la faveur d'un clair obscur Se retirer A pas feutrés dans le silence en partance vers la voie lactée Départ pour un ailleurs aux confins des mondes Déployer ses ailes Prendre son envol vers d'autres rivages Abolition du temps et de ce passage Ultime voyage Dans le sillage des Etoiles caro royer
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Dec 30, 2016
Dec 30, 2016 at 3:23 AM UTC
Dernier voyage
xxEn leur envoyant la cantate intitulée La Tempête, qu'elles ont mise en musique. Souvent cette trame grossière Qu'ourdit la main du tisserand Se transforme en tapis brillant Sous les jolis doigts de Glycère. Le chanvre obscur a disparu, Recouvert par l'or et la soie ; Ce n'est plus qu'un brillant tissu Où l'art triomphant se déploie. Le plus mince des opéras Subira ces métamorphoses : J'ai disposé le canevas, Et sous vos doigts naîtront les roses. Écrit en 1788.
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À deux sœurs
Abandon de soi A la lumière d'un clair de lune Démission Rupture à la faveur d'un clair obscur S e retirer à pas feutrés en silence vers la voie lactée Départ pour un ailleurs aux confins des mondes Déployer ses ailes Prendre son envol vers d'autres rives-âge Abolition du temps et de son passage Dans le sillage des Etoiles Ultime voyage
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Jan 11, 2017
Jan 11, 2017 at 1:06 PM UTC
Untitled
Je voudrais être Ixion et Tantale, Dessus la roue et dans les eaux là-bas, Et nu à nu presser entre mes bras Cette beauté qui les anges égale. S'ainsi était, toute peine fatale Me serait douce et ne me chaudrait pas, Non, d'un vautour fussé-je le repas, Non, qui le roc remonte et redévale. Lui tâtonner seulement le tétin. Echangerait l'obscur de mon destin Au sort meilleur des princes de l'Asie : Un demi-dieu me ferait son baiser, Et flanc à flanc entre ses bras m'aiser, Un de ces Dieux qui mangent l'Ambrosie.
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Je voudrais être Ixion et Tantale
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Dans les vieilles forêts où la sève à grands flots Court du fût noir de l'aulne au tronc blanc des bouleaux, Bien des fois, n'est-ce pas ? à travers la clairière, Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif, Ô mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif ! On devine, devant tes tableaux qu'on vénère, Que dans les noirs taillis ton œil visionnaire Voyait distinctement, par l'ombre recouverts, Le faune aux doigts palmés, le sylvain aux yeux verts, Pan, qui revêt de fleurs l'antre où tu te recueilles, Et l'antique dryade aux mains pleines de feuilles. Une forêt pour toi, c'est un monde hideux. Le songe et le réel s'y mêlent tous les deux. Là se penchent rêveurs les vieux pins, les grands ormes Dont les rameaux tordus font cent coudes difformes, Et dans ce groupe sombre agité par le vent, Rien n'est tout à fait mort ni tout à fait vivant. Le cresson boit ; l'eau court ; les frênes sur les pentes, Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes, Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs. Les fleurs au cou de cygne ont les lacs pour miroirs ; Et sur vous qui passez et l'avez réveillée, Mainte chimère étrange à la gorge écaillée, D'un arbre entre ses doigts serrant les larges nœuds, Du fond d'un antre obscur fixe un œil lumineux. Ô végétation ! esprit ! matière ! force ! Couverte de peau rude ou de vivante écorce ! Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois. Le 20 avril 1837.
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À Albert Dürer
Dans les vieilles forêts où la sève à grands flots Court du fût noir de l'aulne au tronc blanc des bouleaux, Bien des fois, n'est-ce pas ? à travers la clairière, Pâle, effaré, n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté, tremblant et d'un pas convulsif, Ô mon maître Albert Dure, ô vieux peintre pensif ! On devine, devant tes tableaux qu'on vénère, Que dans les noirs taillis ton œil visionnaire Voyait distinctement, par l'ombre recouverts, Le faune aux doigts palmés, le sylvain aux yeux verts, Pan, qui revêt de fleurs l'antre où tu te recueilles, Et l'antique dryade aux mains pleines de feuilles. Une forêt pour toi, c'est un monde hideux. Le songe et le réel s'y mêlent tous les deux. Là se penchent rêveurs les vieux pins, les grands ormes Dont les rameaux tordus font cent coudes difformes, Et dans ce groupe sombre agité par le vent, Rien n'est tout à fait mort ni tout à fait vivant. Le cresson boit ; l'eau court ; les frênes sur les pentes, Sous la broussaille horrible et les ronces grimpantes, Contractent lentement leurs pieds noueux et noirs. Les fleurs au cou de cygne ont les lacs pour miroirs ; Et sur vous qui passez et l'avez réveillée, Mainte chimère étrange à la gorge écaillée, D'un arbre entre ses doigts serrant les larges nœuds, Du fond d'un antre obscur fixe un œil lumineux. Ô végétation ! esprit ! matière ! force ! Couverte de peau rude ou de vivante écorce ! Aux bois, ainsi que toi, je n'ai jamais erré, Maître, sans qu'en mon cœur l'horreur ait pénétré, Sans voir tressaillir l'herbe, et, par le vent bercées, Pendre à tous les rameaux de confuses pensées. Dieu seul, ce grand témoin des faits mystérieux, Dieu seul le sait, souvent, en de sauvages lieux, J'ai senti, moi qu'échauffe une secrète flamme, Comme moi palpiter et vivre avec une âme, Et rire, et se parler dans l'ombre à demi-voix, Les chênes monstrueux qui remplissent les bois. Le 20 avril 1837.
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En mars, quand s'achève l'hiver, Que la campagne renaissante Ressemble à la convalescente Dont le premier sourire est cher ; Quand l'azur, tout frileux encore, Est de neige éparse mêlé, Et que midi, frais et voilé, Revêt une blancheur d'aurore ; Quand l'air doux dissout la torpeur Des eaux qui se changeaient en marbres ; Quand la feuille aux pointes des arbres Suspend une verte vapeur ; Et quand la femme est deux fois belle, Belle de la candeur du jour, Et du réveil de notre amour Où sa pudeur se renouvelle, Oh ! Ne devrais-je pas saisir Dans leur vol ces rares journées Qui sont les matins des années Et la jeunesse du désir ? Mais je les goûte avec tristesse ; Tel un hibou, quand l'aube luit, Roulant ses grands yeux pleins de nuit, Craint la lumière qui les blesse, Tel, sortant du deuil hivernal, J'ouvre de grands yeux encore ivres Du songe obscur et vain des livres, Et la nature me fait mal.
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Mars
Sonnet. Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. Voilà que j'ai touché l'automne des idées, Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux. Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ? - Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie, Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
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L'ennemi
II. Le jour s'enfuit des cieux ; sous leur transparent voile De moments en moments se hasarde une étoile ; La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs ; Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre, Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre, Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs. Et là-bas, allumant ses vitres étoilées, Avec sa cathédrale aux flèches dentelées, Les tours de son palais, les tours de sa prison, Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie, Posée au bord du ciel comme une longue scie, La ville aux mille toits découpe l'horizon. Oh ! qui m'emportera sur quelque tour sublime D'où la cité sous moi s'ouvre comme un abîme ! Que j'entende, écoutant la ville où nous rampons, Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve, Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve, Le grand fleuve irrité luttant contre les ponts ! Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues, Les étoiles des chars se croiser dans les rues, Et serpenter le peuple en l'étroit carrefour, Et tarir la fumée au bout des cheminées, Et, glissant sur le front des maisons blasonnées, Cent clartés naître, luire et passer tour à tour ! Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche S'étende, qu'un soupir s'échappe de sa bouche, Comme si de fatigue on l'entendait gémir ! Que, veillant seul, debout sur son front que je foule, Avec mille bruits sourds d'océan et de foule, Je regarde à mes pieds la géante dormir ! Juillet 1828.
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Soleils couchants (II)
II. Le jour s'enfuit des cieux ; sous leur transparent voile De moments en moments se hasarde une étoile ; La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs ; Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre, Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre, Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs. Et là-bas, allumant ses vitres étoilées, Avec sa cathédrale aux flèches dentelées, Les tours de son palais, les tours de sa prison, Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie, Posée au bord du ciel comme une longue scie, La ville aux mille toits découpe l'horizon. Oh ! qui m'emportera sur quelque tour sublime D'où la cité sous moi s'ouvre comme un abîme ! Que j'entende, écoutant la ville où nous rampons, Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve, Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve, Le grand fleuve irrité luttant contre les ponts ! Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues, Les étoiles des chars se croiser dans les rues, Et serpenter le peuple en l'étroit carrefour, Et tarir la fumée au bout des cheminées, Et, glissant sur le front des maisons blasonnées, Cent clartés naître, luire et passer tour à tour ! Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche S'étende, qu'un soupir s'échappe de sa bouche, Comme si de fatigue on l'entendait gémir ! Que, veillant seul, debout sur son front que je foule, Avec mille bruits sourds d'océan et de foule, Je regarde à mes pieds la géante dormir ! Juillet 1828.
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Sonnet. J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime, Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé. C'est un univers morne à l'horizon plombé, Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ; Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois, Et les six autres mois la nuit couvre la terre ; C'est un pays plus nu que la terre polaire ; - Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois ! Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse La froide cruauté de ce soleil de glace Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ; Je jalouse le sort des plus vils animaux Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide. Tant l'écheveau du temps lentement se dévide !
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De profundis clamavi
Un aveugle au coin d'une borne, Hagard comme au jour un hibou, Sur son flageolet, d'un air morne, Tâtonne en se trompant de trou, Et joue un ancien vaudeville Qu'il fausse imperturbablement ; Son chien le conduit par la ville, Spectre diurne à l'oeil dormant. Les jours sur lui passent sans luire ; Sombre, il entend le monde obscur, Et la vie invisible bruire Comme un torrent derrière un mur ! Dieu sait quelles chimères noires Hantent cet opaque cerveau ! Et quels illisibles grimoires L'idée écrit en ce caveau ! Ainsi dans les puits de Venise, Un prisonnier à demi fou, Pendant sa nuit qui s'éternise, Grave des mots avec un clou. Mais peut-être aux heures funèbres, Quand la mort souffle le flambeau, L'âme habituée aux ténèbres Y verra clair dans le tombeau !
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L'aveugle
Minos, ne pouvant plus suffire Au fatigant métier d'entendre et de juger Chaque ombre descendue au ténébreux empire, Imagina, pour abréger, De faire faire une balance Où dans l'un des bassins il mettait à la fois Cinq ou six morts, dans l'autre un certain poids Qui déterminait la sentence. Si le poids s'élevait, alors plus à loisir Minos examinait l'affaire ; Si le poids baissait au contraire, Sans scrupule il faisait punir. La méthode était sûre, expéditive et claire ; Minos s'en trouvait bien. Un jour, en même temps, Au bord du Styx la mort rassemble Deux rois, un grand ministre, un héros, trois savants. Minos les fait peser ensemble. Le poids s'élève, il en met deux, Et puis trois, c'est en vain ; quatre ne font pas mieux. Minos, un peu surpris, ôte de la balance Ces inutiles poids, cherche un autre moyen ; Et, près de là voyant un pauvre homme de bien Qui dans un coin obscur attendait en silence, Il le met seul en contrepoids : Les six ombres alors s'élèvent à la fois.
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La balance de Minos
Lion ! J'étais pensif, ô bête prisonnière, Devant la majesté de ta grave crinière ; Du plafond de ta cage elle faisait un dais. Nous songions tous les deux, et tu me regardais. Ton regard était beau, lion. Nous autres hommes, Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes, Emplit notre pensée, et dans nos regards vains Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins, Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense, Et notre petitesse, ivre de sa puissance ; Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin, Notre prunelle éclate et dit : « Je suis ce nain ! » Nous avons dans nos yeux notre moi misérable. Mais la bête qui vit sous le chêne et l'érable, Qui paît le thym, ou fuit dans les halliers profonds, Qui dans les champs, où nous, hommes, nous étouffons, Respire, solitaire, avec l'astre et la rose, L'être sauvage, obscur et tranquille qui cause Avec la roche énorme et les petites fleurs, Qui, parmi les vallons et les sources en pleurs, Plonge son mufle roux aux herbes non foulées, La brute qui rugit sous les nuits constellées, Qui rêve et dont les pas fauves et familiers De l'antre formidable ébranlent les piliers, Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres, A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres, Les étoiles, les prés, le lac serein, les cieux, Et le mystère obscur des bois silencieux, Et porte en son œil calme, où l'infini commence, Le regard éternel de la nature immense. Juin 1842.
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Baraques de la foire
Mon doux Georges, viens voir une ménagerie Quelconque, chez Buffon, au cirque, n'importe où ; Sans sortir de Lutèce allons en Assyrie, Et sans quitter Paris partons pour Tombouctou. Viens voir les léopards de Tyr, les gypaètes, L'ours grondant, le boa formidable sans bruit, Le zèbre, le chacal, l'once, et ces deux poètes, L'aigle ivre de soleil, le vautour plein de nuit. Viens contempler le lynx sagace, l'amphisbène À qui Job comparait son faux ami Sepher, Et l'obscur tigre noir, dont le masque d'ébène A deux trous flamboyants par où l'on voit l'enfer. Voir de près l'oiseau fauve et le frisson des ailes, C'est charmant ; nous aurons, sous de très sûrs abris, Le spectacle des loups, des jaguars, des gazelles, Et l'éblouissement divin des colibris. Sortons du bruit humain. Viens au jardin des plantes. Penchons-nous, à travers l'ombre où nous étouffons Sur les douleurs d'en bas, vaguement appelantes, Et sur les pas confus des inconnus profonds. L'animal, c'est de l'ombre errant dans les ténèbres ; On ne sait s'il écoute, on ne sait s'il entend ; Il a des cris hagards, il a des yeux funèbres ; Une affirmation sublime en sort pourtant. Nous qui régnons, combien de choses inutiles Nous disons, sans savoir le mal que nous faisons ! Quand la vérité vient, nous lui sommes hostiles, Et contre la raison nous avons des raisons. Corbière à la tribune et Frayssinous en chaire Sont fort inférieurs à la bête des bois ; L'âme dans la forêt songe et se laisse faire ; Je doute dans un temple, et sur un mont je crois. Dieu par les voix de l'ombre obscurément se nomme ; Nul Quirinal ne vaut le fauve Pélion ; Il est bon, quand on vient d'entendre parler l'homme, D'aller entendre un peu rugir le grand lion.
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À Georges
Mon doux Georges, viens voir une ménagerie Quelconque, chez Buffon, au cirque, n'importe où ; Sans sortir de Lutèce allons en Assyrie, Et sans quitter Paris partons pour Tombouctou. Viens voir les léopards de Tyr, les gypaètes, L'ours grondant, le boa formidable sans bruit, Le zèbre, le chacal, l'once, et ces deux poètes, L'aigle ivre de soleil, le vautour plein de nuit. Viens contempler le lynx sagace, l'amphisbène À qui Job comparait son faux ami Sepher, Et l'obscur tigre noir, dont le masque d'ébène A deux trous flamboyants par où l'on voit l'enfer. Voir de près l'oiseau fauve et le frisson des ailes, C'est charmant ; nous aurons, sous de très sûrs abris, Le spectacle des loups, des jaguars, des gazelles, Et l'éblouissement divin des colibris. Sortons du bruit humain. Viens au jardin des plantes. Penchons-nous, à travers l'ombre où nous étouffons Sur les douleurs d'en bas, vaguement appelantes, Et sur les pas confus des inconnus profonds. L'animal, c'est de l'ombre errant dans les ténèbres ; On ne sait s'il écoute, on ne sait s'il entend ; Il a des cris hagards, il a des yeux funèbres ; Une affirmation sublime en sort pourtant. Nous qui régnons, combien de choses inutiles Nous disons, sans savoir le mal que nous faisons ! Quand la vérité vient, nous lui sommes hostiles, Et contre la raison nous avons des raisons. Corbière à la tribune et Frayssinous en chaire Sont fort inférieurs à la bête des bois ; L'âme dans la forêt songe et se laisse faire ; Je doute dans un temple, et sur un mont je crois. Dieu par les voix de l'ombre obscurément se nomme ; Nul Quirinal ne vaut le fauve Pélion ; Il est bon, quand on vient d'entendre parler l'homme, D'aller entendre un peu rugir le grand lion.
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A l'horizon monte une nue, Sculptant sa forme dans l'azur : On dirait une vierge nue Emergeant d'un lac au flot pur. Debout dans sa conque nacrée, Elle vogue sur le bleu clair, Comme une Aphrodite éthérée, Faite de l'écume de l'air. On voit onder en molles poses Son torse au contour incertain, Et l'aurore répand des roses Sur son épaule de satin. Ses blancheurs de marbre et de neige Se fondent amoureusement Comme, au clair-obscur du Corrège, Le corps d'Antiope dormant. Elle plane dans la lumière Plus haut que l'Alpe ou l'Apennin ; Reflet de la beauté première, Soeur de " l'éternel féminin ". A son corps, en vain retenue, Sur l'aile de la passion, Mon âme vole à cette nue Et l'embrasse comme Ixion. La raison dit : " Vague fumée, Où l'on croit voir ce qu'on rêva, Ombre au gré du vent déformée, Bulle qui crève et qui s'en va ? " Le sentiment répond : " Qu'importe ! Qu'est-ce après tout que la beauté, Spectre charmant qu'un souffle emporte Et qui n'est rien, ayant été ! " A l'Idéal ouvre ton âme ; Mets dans ton coeur beaucoup de ciel, Aime une nue, aime une femme, Mais aime ! - C'est l'essentiel ! "
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La nue