"nain" poems
More Nain Piya
Sang Laag Rahe
Beloved is within my eyes
May this affect remain
Mohe Hosh Nahi
Ab Tann Mann Ka
I have no consciousness
Over my body and soul
Mohe Sudh Budh Sagri Bhool Gayee
Mukh Daikh Ke Apne Sajan Ka
Presence of my mind is no longer
O' after a sight of my sweetheart’s face
— Translated by Jamil Hussain, Sung by Nusrat Fateh Ali Khan
Dec 1, 2016
Dec 1, 2016 at 10:06 AM UTC
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw timidity,
Like the folding of a leaf
At the touch of a dew drop.
You looked away,
And in your eyes
I smiled.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw anger,
Like the burning of paper
And the words on it.
You looked into my eyes,
And in yours
I couldn't see myself.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw forgiveness,
Like the sound of falling rain
On a heated window pane.
You looked down,
And in your eyes
I saw the ground.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw longing,
Like the words in my mind
Waiting to reach your pen.
You looked at my palms,
And in your eyes
I saw my tomorrow.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw lust,
Like butterflies in spring
Dancing in mid-air.
You looked at me,
And in your eyes
I saw wildfire.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw love,
Like the tears in my mother's voice
Asking me to stay awhile.
You looked into my eyes,
And in yours
I saw only myself.
Jun 21, 2012
Jun 21, 2012 at 5:25 PM UTC
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw timidity,
Like the folding of a leaf
At the touch of a dew drop.
You looked away,
And in your eyes
I smiled.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw anger,
Like the burning of paper
And the words on it.
You looked into my eyes,
And in yours
I couldn't see myself.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw forgiveness,
Like the sound of falling rain
On a heated window pane.
You looked down,
And in your eyes
I saw the ground.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw longing,
Like the words in my mind
Waiting to reach your pen.
You looked at my palms,
And in your eyes
I saw my tomorrow.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw lust,
Like butterflies in spring
Dancing in mid-air.
You looked at me,
And in your eyes
I saw wildfire.
Main toh piya se nain laga aai re
And I saw love,
Like the tears in my mother's voice
Asking me to stay awhile.
You looked into my eyes,
And in yours
I saw only myself.
Jun 21, 2012
Jun 21, 2012 at 5:23 PM UTC
wahid. don't spread yourself between my thighs, and expect my breath to come in gasps because i forgot your name. sprawl on a bed and weep for nothing, i won't wipe your tears.
ith-nain. jilted lovers are the worst kind, don't tell me about the romance of a broken heart when you don't have one to break. don't spin beautiful tales with perfect grammar that follow a flaxen haired princess from a tower into the jaws of a dragon.
thalatha. a cocked hat, painted coal black, some unidentifiable baseball team inscribed on the the front with mercerized cotton.
arba'a. don't take your ears in my hands and close my mouth slowly, i want my words to leak all down your clothes and stain your skin and carve me into every pore, microscopically and geometrically. i want to **** your soul to a hell that doesn't exist, slice your anima into three point five inch wide pieces and strew them across my palm, counting your molecules of existence with glee, don't stop me.
Nov 4, 2010
Nov 4, 2010 at 7:53 PM UTC
À Mademoiselle Marie Laurencin.
Frôlée par les ombres des morts
Sur l'herbe où le jour s'exténue
L'arlequine s'est mise nue
Et dans l'étang mire son corps
Un charlatan crépusculaire
Vante les tours que l'on va faire
Le ciel sans teinte est constellé
D'astres pâles comme du lait
Sur les tréteaux l'arlequin blême
Salue d'abord les spectateurs
Des sorciers venus de Bohême
Quelques fées et les enchanteurs
Ayant décroché une étoile
Il la manie à bras tendu
Tandis que des pieds un pendu
Sonne en mesure les cymbales
L'aveugle berce un bel enfant
La biche passe avec ses faons
Le nain regarde d'un air triste
Grandir l'arlequin trismégiste.
844
La première est toute d'argent
Et son nom tremblant c'est Pâline
Sa lame un ciel d'hiver neigeant
Son destin sanglant gibeline
Vulcain mourut en la forgeant
La seconde nommée Noubosse
Est un bel arc-en-ciel joyeux
Les dieux s'en servent à leurs noces
Elle a tué trente Bé-Rieux
Et fut douée par Carabosse
La troisième bleu féminin
N'en est pas moins un chibriape
Appelé Lul de Faltenin
Et que porte sur une nappe
L'Hermès Ernest devenu nain
La quatrième Malourène
Est un fleuve vert et doré
C'est le soir quand les riveraines
Y baignent leurs corps adorés
Et des chants de rameurs s'y traînent
La cinquième Sainte-Fabeau
C'est la plus belle des quenouilles
C'est un cyprès sur un tombeau
Où les quatre vents s'agenouillent
Et chaque nuit c'est un flambeau
La sixième métal de gloire
C'est l'ami aux si douces mains
Dont chaque matin nous sépare
Adieu voilà votre chemin
Les coqs s'épuisaient en fanfares
Et la septième s'exténue
Une femme une rose morte
Merci que le dernier venu
Sur mon amour ferme la porte
Je ne vous ai jamais connue.
823
Supposez Goliath mené par Myrmidon.
Le cornac est tout jeune et la bête est énorme.
Le palanquin tremblant par instant se déforme
Et vous cahote au point de vous estropier
Sous ses rideaux de cuir et son toit de papier.
Un monstre n'a pas moins de roulis qu'un navire ;
Comme un vaisseau chancelle un éléphant chavire,
Et vous avez le mal de mer sur Béhémoth.
Le cornac, nain pensif, conseille à demi-mot
Le colosse, et le monstre écoute et ne se trompe
Sur rien, ni sur le gué qu'il sonde avec sa trompe,
Ni sur la route à suivre, et jamais l'éléphant
N'a peur, pourvu qu'il soit conduit par un enfant.
759
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké.
Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué,
Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ;
On met le naturel de côté ; bête brute,
On se fait ange ; on est le nain Micromégas ;
Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ;
On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie,
On trouve bon le givre et la bise et la pluie,
On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ;
Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci :
Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut :
L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot.
C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe.
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme.
As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.
Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Jugez ce que devint l'ogre devant la mère
Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin.
Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ;
Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ;
N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe,
Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
813
Fable I, Livre II.
À M. Andrieux, de L'Institut.
Toi qui vis vraiment comme un sage,
Sans te montrer, sans te cacher,
Sans fuir les grands, sans les chercher,
Exemple assez rare en notre âge ;
Pardonne-moi, cher Andrieux,
Dans ces vers qu'aux vents je confie,
De dévoiler à tous les yeux
Ta secrète philosophie.
Certain Lapon des plus trapus,
Certain Cafre des plus camus,
Équipaient, comme on dit, de la bonne manière,
Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons
Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons,
Enfante la chaleur, et produit la lumière.
- Peut-il ériger, s'il n'est fou,
En bienfaiteur de la nature,
Un astre qui, six mois, me cache sa figure,
Et va briller je ne sais où,
Tandis que je gèle en mon trou,
Malgré ma femme et ma fourrure ?
On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi
N'était pas l'habitant de la zone torride.
Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride,
Je ne gèle pas, Dieu merci !
Mais je rôtis en récompense ;
Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense
Qu'un fou, lui seul, a pu vanter
La douce et bénigne influence
Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ;
Qui, d'un bout de l'année à l'autre,
Embrase la terre, les airs,
Et porte en mon pays, jusques au fond des mers,
La chaleur qu'il refuse au vôtre.
Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits
Du roi de la plaine éthérée,
Fils de la zone tempérée,
N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français.
Sans se formaliser des vives apostrophes
Du nègre et du nain philosophes,
Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement
Est sans réplique, en Sibérie ;
Comme le vôtre en Cafrerie,
Monsieur le noir ; mais franchement,
Autre part, c'est tout autrement.
En France, par exemple, on ne vous croirait guère.
L'astre à qui vous faites la guerre,
Là, par ses rayons bienfaisants,
De fleurs et de fruits, tous les ans,
Couvre mes champs et mon parterre ;
S'éloignant sans trop me geler,
S'approchant sans trop me brûler,
De mon climat, qu'il favorise ;
À la faucille, au soc, il livre tour à tour
Mes campagnes, qu'il fertilise
Par son départ et son retour.
Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace
Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil
Disent qu'un sage ne se place
Trop près ni trop **** du soleil.
711
VII.
Quand sur votre poitrine il jeta sa médaille,
Ses rubans et sa croix, après cette bataille
Et ce coup de lacet,
Ô soldats dont l'Afrique avait hâlé la joue,
N'avez-vous donc pas vu que c'était de la boue
Qui vous éclaboussait ?
Oh ! quand je pense à vous, mon œil se mouille encore !
Je vous pleure, soldats ! je pleure votre aurore,
Et ce qu'elle promit.
Je pleure ! car la gloire est maintenant voilée
Car il est parmi vous plus d'une âme accablée
Qui songe et qui frémit !
Ô soldats ! nous aimions votre splendeur première ;
Fils de la république et fils de la chaumière,
Que l'honneur échauffait,
Pour servir ce bandit qui dans leur sang se vautre,
Hélas ! pour trahir l'une et déshonorer l'autre,
Que vous ont-elles fait ?
Après qui marchez-vous, ô légion trompée ?
L'homme à qui vous avez prostitué l'épée,
Ce criminel flagrant,
Cet aventurier vil en qui vous semblez croire,
Sera Napoléon le Petit dans l'histoire,
Ou Cartouche le Grand.
Armée ! ainsi ton sabre a frappé par derrière
Le serment, le devoir, la loyauté guerrière,
Le droit aux vents jeté,
La révolution sur ce grand siècle empreinte,
Le progrès, l'avenir, la République sainte,
La sainte Liberté,
Pour qu'il puisse asservir ton pays que tu navres,
Pour qu'il puisse s'asseoir sur tous ces grands cadavres,
Lui, ce nain tout-puissant,
Qui préside l'orgie immonde et triomphale,
Qui cuve le massacre et dont la gorge exhale
L'affreux hoquet du sang !
Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
618
Lion ! J'étais pensif, ô bête prisonnière,
Devant la majesté de ta grave crinière ;
Du plafond de ta cage elle faisait un dais.
Nous songions tous les deux, et tu me regardais.
Ton regard était beau, lion. Nous autres hommes,
Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes,
Emplit notre pensée, et dans nos regards vains
Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins,
Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense,
Et notre petitesse, ivre de sa puissance ;
Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin,
Notre prunelle éclate et dit : « Je suis ce nain ! »
Nous avons dans nos yeux notre moi misérable.
Mais la bête qui vit sous le chêne et l'érable,
Qui paît le thym, ou fuit dans les halliers profonds,
Qui dans les champs, où nous, hommes, nous étouffons,
Respire, solitaire, avec l'astre et la rose,
L'être sauvage, obscur et tranquille qui cause
Avec la roche énorme et les petites fleurs,
Qui, parmi les vallons et les sources en pleurs,
Plonge son mufle roux aux herbes non foulées,
La brute qui rugit sous les nuits constellées,
Qui rêve et dont les pas fauves et familiers
De l'antre formidable ébranlent les piliers,
Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres,
A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres,
Les étoiles, les prés, le lac serein, les cieux,
Et le mystère obscur des bois silencieux,
Et porte en son œil calme, où l'infini commence,
Le regard éternel de la nature immense.
Juin 1842.
505
Donc c'est fait. Dût rugir de honte le canon,
Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom !
Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure !
Toi qui n'as jamais pris la fortune qu'à l'heure,
Te voilà presque assis sur ce hautain sommet !
Sur le chapeau d'Essling tu plantes ton plumet ;
Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ;
Tu prends Napoléon dans les régions bleues ;
Tu fais travailler l'oncle, et, perroquet ravi,
Grimper à ton perchoir l'aigle de Mondovi !
Thersite est le neveu d'Achille Péliade !
C'est pour toi qu'on a fait toute cette Iliade !
C'est pour toi qu'on livra ces combats inouïs !
C'est pour toi que Murat, aux russes éblouis,
Terrible, apparaissait, cravachant leur armée !
C'est pour toi qu'à travers la flamme et la fumée
Les grenadiers pensifs s'avançaient à pas lents !
C'est pour toi que mon père et mes oncles vaillants
Ont répandu leur sang dans ces guerres épiques !
Pour toi qu'ont fourmillé les sabres et les piques,
Que tout le continent trembla sous Attila,
Et que Londres frémit, et que Moscou brûla !
C'est pour toi, pour tes Deutz et pour tes Mascarilles,
Pour que tu puisses boire avec de belles filles,
Et, la nuit, t'attabler dans le Louvre à l'écart,
C'est pour monsieur Fialin et pour monsieur Mocquart,
Que Lannes d'un boulet eut la cuisse coupée,
Que le front des soldats, entrouvert par l'épée,
Saigna sous le shako, le casque et le colback,
Que Lasalle à Wagram, Duroc à Reichenbach,
Expirèrent frappés au milieu de leur route,
Que Caulaincourt tomba dans la grande redoute,
Et que la vieille garde est morte à Waterloo !
C'est pour toi qu'agitant le pin et le bouleau,
Le vent fait aujourd'hui, sous ses âpres haleines,
Blanchir tant d'ossements, hélas ! dans tant de plaines !
Faquin ! - Tu t'es soudé, chargé d'un vil butin,
Toi, l'homme du hasard, à l'homme du destin !
Tu fourres, impudent, ton front dans ses couronnes !
Nous entendons claquer dans tes mains fanfaronnes
Ce fouet prodigieux qui conduisait les rois
Et tranquille, attelant à ton numéro trois
Austerlitz, Marengo, Rivoli, Saint-Jean-d'Acre,
Aux chevaux du soleil tu fais traîner ton fiacre !
Jersey, le 31 mai 1853.
503
I saw a photo of you yesterday of granular colour
Fading fast, poor in quality.
Hurriedly taken, poorly processed:
It was one I'd never seen.
A second glance made me pause.
You were not quite as I recall:
Strange, that I would forget details;
Laugh lines here and there, and the sheer whiteness of your hair.
My own memory's snapshot is a composite.
A mish-mash of impressions developed by my mind,
Fading fast as time goes by.
Jan 26, 2019
Jan 26, 2019 at 8:27 AM UTC
Amor,
A chaque fois que je décalotte ta coquille
Aux portes de la Chambre d' Amour
Ton Aura vient à la rescousse.
Elle danse, elle court.
Je ne vois plus rien
Je deviens aveugle
Tout se trouble, tout est flou
Et quand c'est flou c'est qu'il y a un loup !
La migraine me prend
Me culbute, me renverse
Je cherche une bouée
Où m'agripper
Et je me retrouve naufragé sur ton atoll
Et quand je rouvre enfin les yeux
Que je retrouve la lumière de ton ombre
C'est ton aréole de sable d'or qui m'envahit,
Pointe immergée d'un volcan sous-marin oublié,
Où se dresse aux vents alizés, tel un cocotier nain,
Ton mamelon, seul promontoire, phare bleu cobalt
Sublimement dressé contre vents et marées.
La mer se prélasse sous les hortensias de toutes nuances
De bleu et vert et rouge et café
Et réclame aux hippocampes et aux orphies
Qui se faufilent et la chevauchent
De lui servir son punch coco
On the rocks.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:58 AM UTC
Sonnet.
Océan, que vaux-tu dans l'infini du monde ?
Toi, si large à nos yeux enchaînés sur tes bords,
Mais étroit pour notre âme aux rebelles essors,
Qui, du haut des soleils te mesure et te sonde ;
Presque éternel pour nous plus instables que l'onde,
Mais pourtant, comme nous, œuvre et jouet des sorts,
Car tu nous vois mourir, mais des astres sont morts,
Et nulle éternité dans les jours ne se fonde.
Comme une vaste armée où l'héroïsme bout
Marche à l'assaut d'un mur, tu viens heurter la roche,
Mais la roche est solide et reparaît debout.
Va, tu n'es cru géant que du nain qui t'approche :
Ah ! Je t'admirais trop, le ciel me le reproche,
Il me dit : « Rien n'est grand ni puissant que le Tout ! »
325
Le vieil esprit de nuit, d'ignorance et de haine
Des clous de Jésus-Christ forge à l'homme une chaîne,
Change l'enfant candide et pur en nain vieillot,
Lie au bûcher Jean Huss et Morus au billot,
Frappe de sa férule Horace, et, si Voltaire
Et Rousseau font du bruit en classe, il les fait taire.
Il donne sur les doigts au bon Dieu stupéfait.
Il refroidit les fronts que l'aube réchauffait,
Il insulte le ciel dans la femme, et le nie
Dans l'astre, dans la fleur, dans l'art, dans le génie.
L'éteignoir sur les yeux, la torche au poing, boudeur,
Sournois, pédant, féroce, il aspire l'odeur
De la pensée éteinte et de la chair brûlée.
Il fait mettre à genoux le vieillard Galilée
Sur la terre qui tourne et devant le soleil.
Sur œil qui veut s'ouvrir il verse le sommeil.
Il tient dans ses dents l'âme humaine, et la grignote.
Il inspire Nisard, Veuillot, Planche, Nonotte,
Laisse derrière lui tout cœur mort et glacé,
Et l'herbe ne croît plus où son âne a passé.
302
Nain qui me railles,
Gnome aperçu
Dans les broussailles,
Ailé, bossu ;
Face moisie,
Sur toi, boudeur,
La poésie
Tourne en laideur.
Magot de l'Inde,
Dieu d'Abydos,
Ce mont, le Pinde,
Est sur ton dos.
Ton nom est Fable.
Ton boniment
Quelquefois hâble
Et toujours ment.
Ta verve est faite
De ton limon,
Et le poète
Sort du démon.
Monstre apocryphe,
Trouble-raisons,
On sent ta griffe
Dans ces buissons.
Tu me dénonces
Un rendez-vous,
Ô fils des ronces,
Frère des houx,
Et ta voix grêle
Vient accuser
D'un sourire, elle,
Lui, d'un baiser.
Quel vilain rôle !
Je n'en crois rien,
Vieux petit drôle
Aérien.
Reprends ta danse,
Spectre badin ;
Reçois quittance
De mon dédain.
Où j'enveloppe
Tous tes aïeux
Depuis Ésope
Jusqu'à Mayeux.
302