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"murmure" poems
Sonnet pour mon épagneul anglais Nils De son smoking de noir vêtu, mêmes quand il court dans les rues, à un artiste de gala il semble emprunter le pas Ton ventre est blanc comme une hermine. Sur ton museau blanc, une truffe Son dos de noir tout habillé. Sur le front, il se fait doré. De « prince », il s’attire le nom Tant sa démarche est altiere ; mais de « Nils », il a le surnom, Car autant qu’un jar, il est fier. Assis, il paraît méditer, Sur le monde sa vanité. De ses yeux noirs il vous regarde, Comme un reproche qui s’attarde. Quand il court, parmi les genêts, Il fend l’air comme un destrier ; Et le panache de sa queue En flottant, vous ravit les yeux. Mon épagneul est très dormeur, Et aux sofas, il fait honneur. Mais lorsque se lève le jour, A se promener, il accourt. Quand il dort, il est écureuil, mais jamais, il ne ferme l’œil. Un léger murmure l’éveille Tant aérien est son sommeil. Il semble emprunter le pas Lorsqu’un aboiement le réveille De sa voix, il donne l’éveil. Et les chats, les chiens maraudeurs, Il met en fuite avec bonheur. Lorsque dans mes bras, il vient, Son pelage se fait câlin. Et la douceur de sa vêture Lui fait une jolie voilure. Sur ma table, sa tête repose Lorsque je taquine la prose, Comme pour dire ; même par-là, je veux que tu restes avec moi. Sous ma caresse, il se blottit, comme le ferait un petit. De ma tristesse, il vient à bout, tant le regard qu’il pose est doux. Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse. *** Poème à ma chienne Laika dite «Caquine» Tu as un gros museau, Cocker chocolatine, Des yeux entre amandes et noisettes Teintés  d’une humeur suppliante. Ta fourrure est quelque peu rêche Mais prend l’éclat de la noisette et le reflet du renard roux. La caresse se fait satin. Ma fille Célia t’appelle : «Caquine» Pour des raisons que je ne peux Au lecteur dévoiler ici, Mais toute ta place tu tiens. A ta maitresses adorée Tu dresses ton gros museau Et te blottis pour la garder En menaçant ceux qui approchent. Tu es peureuse comme un lézard, Et sait ramper devant Célia. Mais ton museau, sur mes genoux Au petit déjeuner veille et guette. Quand je te sors, tu tires en laisse Jusqu’à m’en laisser essoufflé, Après avoir d’énervement Dans ta gueule, mes chaussons saisis. Sur les sentiers de senteur, Ton flair à humer se déploie. Tu es, ma chienne, compagnie. De mes longues après-midi. Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse.
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Oct 1, 2013
Oct 1, 2013 at 3:58 PM UTC
deux poémes pour mon épagneul king Charles et mon Cocker anglais
Sonnet pour mon épagneul anglais Nils De son smoking de noir vêtu, mêmes quand il court dans les rues, à un artiste de gala il semble emprunter le pas Ton ventre est blanc comme une hermine. Sur ton museau blanc, une truffe Son dos de noir tout habillé. Sur le front, il se fait doré. De « prince », il s’attire le nom Tant sa démarche est altiere ; mais de « Nils », il a le surnom, Car autant qu’un jar, il est fier. Assis, il paraît méditer, Sur le monde sa vanité. De ses yeux noirs il vous regarde, Comme un reproche qui s’attarde. Quand il court, parmi les genêts, Il fend l’air comme un destrier ; Et le panache de sa queue En flottant, vous ravit les yeux. Mon épagneul est très dormeur, Et aux sofas, il fait honneur. Mais lorsque se lève le jour, A se promener, il accourt. Quand il dort, il est écureuil, mais jamais, il ne ferme l’œil. Un léger murmure l’éveille Tant aérien est son sommeil. Il semble emprunter le pas Lorsqu’un aboiement le réveille De sa voix, il donne l’éveil. Et les chats, les chiens maraudeurs, Il met en fuite avec bonheur. Lorsque dans mes bras, il vient, Son pelage se fait câlin. Et la douceur de sa vêture Lui fait une jolie voilure. Sur ma table, sa tête repose Lorsque je taquine la prose, Comme pour dire ; même par-là, je veux que tu restes avec moi. Sous ma caresse, il se blottit, comme le ferait un petit. De ma tristesse, il vient à bout, tant le regard qu’il pose est doux. Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse. *** Poème à ma chienne Laika dite «Caquine» Tu as un gros museau, Cocker chocolatine, Des yeux entre amandes et noisettes Teintés  d’une humeur suppliante. Ta fourrure est quelque peu rêche Mais prend l’éclat de la noisette et le reflet du renard roux. La caresse se fait satin. Ma fille Célia t’appelle : «Caquine» Pour des raisons que je ne peux Au lecteur dévoiler ici, Mais toute ta place tu tiens. A ta maitresses adorée Tu dresses ton gros museau Et te blottis pour la garder En menaçant ceux qui approchent. Tu es peureuse comme un lézard, Et sait ramper devant Célia. Mais ton museau, sur mes genoux Au petit déjeuner veille et guette. Quand je te sors, tu tires en laisse Jusqu’à m’en laisser essoufflé, Après avoir d’énervement Dans ta gueule, mes chaussons saisis. Sur les sentiers de senteur, Ton flair à humer se déploie. Tu es, ma chienne, compagnie. De mes longues après-midi. Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse.
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I Dansons la gigue ! J'aimais surtout ses jolis yeux, Plus clairs que l'étoile des cieux, J'aimais ses yeux malicieux. Dansons la gigue ! Elle avait des façons vraiment De désoler un pauvre amant, Que c'en était vraiment charmant ! Dansons la gigue ! Mais je trouve encore meilleur Le baiser de sa bouche en fleur, Depuis qu'elle est morte à mon cœur. Dansons la gigue ! Je me souviens, je me souviens Des heures et des entretiens, Et c'est le meilleur de mes biens. Dansons la gigue ! Soho. II Ô la rivière dans la rue ! Fantastiquement apparue Derrière un mur haut de cinq pieds, Elle roule sans un murmure Son onde opaque et pourtant pure, Par les faubourgs pacifiés. La chaussée est très large, en sorte Que l'eau jaune comme une morte Dévale ample et sans nuls espoirs De rien refléter que la brume, Même alors que l'aurore allume Les cottages jaunes et noirs. Paddington
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Streets
Luna, Piuma di cielo, Cosi velina, Arida, Trasporti il murmure d'anime spoglie? E alla pallida che diranno mai Pipistrelli dai ruderi del teatro, In sogno quelle capre, E fra **** foglie come in fermo fumo Con tutto il suo sgolarsi di cristallo Un usignuolo?
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Ultimo quarto
La nuit quand je souffre face a mes doutes et mes angoisses, La nuit j'entends ton souffle qui fait battre mon coeur à ma place. C'est comme les vagues viennent genéreusement lecher les plages, Pour rafraichir et apaiser le sable qui brule et s'effrite au vent. C'est comme le murmure d'un oiseau sorti de sa cage, Dont on ne voit les ailes que parcequ'on entends leur battements.
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Jul 9, 2014
Jul 9, 2014 at 7:23 AM UTC
La nuit
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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Le coquillage au bord de la mer
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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Sonnet. Mon âme a son secret, ma vie a son mystère, Un amour éternel en un moment conçu : Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire, Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su. Hélas ! j'aurai passé près d'elle inaperçu, Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire. Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre, N'osant rien demander et n'ayant rien reçu. Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre, Elle suit son chemin, distraite et sans entendre Ce murmure d'amour élevé sur ses pas. À l'austère devoir, pieusement fidèle, Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle " Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas.
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L'amour caché
closing my eyes I feel your lips close over me in firm embrace close to your ears I murmure words of love and then go on to close my lips lovingly all over yours holding each other close we close ourselves to the rest of the world for a while and open up to us * * *
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Oct 2, 2015
Oct 2, 2015 at 5:40 PM UTC
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Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Une croix sur le bord d'un chemin
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, Je me suis promené dans le petit jardin Qu'éclairait doucement le soleil du matin, Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle. Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle De vigne folle avec les chaises de rotin... Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle. Les roses comme avant palpitent ; comme avant, Les grands lys orgueilleux se balancent au vent, Chaque alouette qui va et vient m'est connue. Même j'ai retrouvé debout la Velléda, Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue, Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.
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Après trois ans
Tout près du lac filtre une source, Entre deux pierres, dans un coin ; Allègrement l'eau prend sa course Comme pour s'en aller bien **** Elle murmure : Oh ! quelle joie ! Sous la terre il faisait si noir ! Maintenant ma rive verdoie, Le ciel se mire à mon miroir. Les myosotis aux fleurs bleues Me disent : Ne m'oubliez pas ! Les libellules de leurs queues M'égratignent dans leurs ébats ; A ma coupe l'oiseau s'abreuve ; Qui sait ? - Après quelques détours Peut-être deviendrai-je un fleuve Baignant vallons, rochers et tours. Je broderai de mon écume Ponts de pierre, quais de granit, Emportant le steamer qui fume A l'Océan où tout finit. Ainsi la jeune source jase, Formant cent projets d'avenir ; Comme l'eau qui bout dans un vase, Son flot ne peut se contenir ; Mais le berceau touche à la tombe ; Le géant futur meurt petit ; Née à peine, la source tombe Dans le grand lac qui l'engloutit !
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La source
Un murmure, un rombo... Son solo: ** la testa confusa di tetri pensieri. Mi desta quel murmure ai vetri. Che brontoli, o bombo? Che nuove mi porti? E cadono l'ore giù giù, con un lento gocciare. Nel cuore lontane risento parole di morti... Che brontoli, o bombo? Che avviene nel mondo? Silenzio infinito. Ma insiste profondo, solingo smarrito, quel lugubre rombo.
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Il Nunzio
Naples, 1822. Si tu pouvais jamais égaler, ô ma lyre, Le doux frémissement des ailes du zéphyre À travers les rameaux, Ou l'onde qui murmure en caressant ces rives, Ou le roucoulement des colombes plaintives, Jouant aux bords des eaux ; Si, comme ce roseau qu'un souffle heureux anime, Tes cordes exhalaient ce langage sublime, Divin secret des cieux, Que, dans le pur séjour où l'esprit seul s'envole, Les anges amoureux se parlent sans parole, Comme les yeux aux yeux ; Si de ta douce voix la flexible harmonie, Caressant doucement une âme épanouie Au souffle de l'amour, La berçait mollement sur de vagues images, Comme le vent du ciel fait flotter les nuages Dans la pourpre du jour : Tandis que sur les fleurs mon amante sommeille, Ma voix murmurerait tout bas à son oreille Des soupirs, des accords, Aussi purs que l'extase où son regard me plonge, Aussi doux que le son que nous apporte un songe Des ineffables bords ! Ouvre les yeux, dirais-je, ô ma seule lumière ! Laisse-moi, laisse-moi lire dans ta paupière Ma vie et ton amour ! Ton regard languissant est plus cher à mon âme Que le premier rayon de la céleste flamme Aux yeux privés du jour.
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Chant d'amour (I)
Entre Muses et Furies Il y a une seringue de cyprine amère Où se coagule fréquemment ma Muse. Elle entre dans tous ses états M'injurie et me voue aux gémonies En pleine crise de jalousie. Ma muse est une guerrière blessée D'une volée de bois vert et de cons Elle veut me froisser, m'effacer, m'annihiler Me priant de fourrer sa prétendue Rivale De poèmes lubriques dans le trou de balle. Et ma Sans-Rivale, ma Déesse, ma Chatte Sainte et Vierge Ma Muse soi-disant végétarienne se révèle cannibale De la pire espèce des tribus anthropophages Et me déchiquette, moi son zmeu, son dragon nuageux, Sa muse masculine, son pervers narcissique, Son ombre réfléchie dans le miroir, Me dépèce comme une hyène frénétique Aux crocs d'ivoire en chaleur Elle me saigne tant et tant Que je suinte de tous mes lambeaux Résine, sève, latex, musc Comme une plantation hétéroclite et sauvage D'hévéas, de pissenlits, de sapotilliers D'ignames jaunes et de dachines. Et quand rassasiée de ma gomme à mâcher Certifiée bio et sans additif Elle se barbouille les lèvres de ma saignée Je lui murmure encore que c 'est elle Mon Unique, Ma Précieuse Ombre, Ma Chatte Immaculée Entre toutes les chattes, mon chewing gum préféré Et que je bande pour ses entrailles Cérébralement Mystiquement.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:46 AM UTC
Ira Musae
mots simples ils ne écrire des mots d'amour que sérénade métissage, sur la musique breeze tombe pleurant murmure d'amour à suivre la lecture de la berceuse de leur chère notes par les anges, qui écrit dans le ciel ... Leur beauté en porcelaine pour tous à voir oblige une swift stride qui ne peut cacher qu'ils partagent leur coeur en vol ludique qu'ils écrivent dans le ciel ... Angels Write In the Sky Simple words they do write words of love that serenades mingling, on the breeze music falls weeping whispering of love to follow the lullaby from their cherished notes by the angels, writing in the sky .... Their porcelain beauty for all to see compels a swift stride that cannot hide they share they hearts in playful flight as they write in the sky... Debbie Brooks 2014
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Oct 7, 2014
Oct 7, 2014 at 5:22 PM UTC
Anges écrire dans le ciel--- "Angels Write In the Sky"
Voyager seul est triste, et j'ai passé la nuit Dans une étrange hôtellerie. À la plus vieille chambre un enfant m'a conduit, De galerie en galerie. Je me suis étendu sur un grand lit carré Flanqué de lions héraldiques ; Un rideau blanc tombait à longs plis, bigarré Du reflet des vitraux gothiques. J'étais là, recevant, muet et sans bouger, Les philtres que la lune envoie, Quand j'ouïs un murmure, un froissement léger, Comme fait l'ongle sur la soie ; Puis comme un battement de fléaux sourds et prompts Dans des granges très éloignées ; Puis on eût dit, plus près, le han des bûcherons Tour à tour lançant leurs cognées ; Puis un long roulement, un vaste branle-bas, Pareil au bruit d'un char de tôle Attelé d'un dragon toujours fumant et las, Qui souffle à chaque effort d'épaule ; Puis soudain serpenta dans l'infini du soir Un sifflement lugubre, intense, Comme le cri perçant d'une âme au désespoir En fuite par le vide immense. Or, c'était un convoi que j'entendais courir À toute vapeur dans la plaine. Il passa, laissant **** derrière lui mourir Son fracas et sa rouge haleine. Le passage du monstre un moment ébranla Les carreaux étroits des fenêtres, Fit geindre un clavecin poudreux qui dormait là Et frémir des portraits d'ancêtres ; Sur la tapisserie Actéon tressaillit, Diane contracta les lèvres ; Un plâtras détaché du haut du mur faillit Briser l'horloge de vieux sèvres. Ce fut tout. Le silence aux voûtes du plafond Replia lentement son aile, Et la nuit, arrachée à son rêve profond, Se redrapa plus solennelle. Mais mon cœur remué ne se put assoupir : J'écoutais toujours dans l'espace Cette course effrénée et ce strident soupir, Image d'un siècle qui passe.
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Effet de nuit
Voyager seul est triste, et j'ai passé la nuit Dans une étrange hôtellerie. À la plus vieille chambre un enfant m'a conduit, De galerie en galerie. Je me suis étendu sur un grand lit carré Flanqué de lions héraldiques ; Un rideau blanc tombait à longs plis, bigarré Du reflet des vitraux gothiques. J'étais là, recevant, muet et sans bouger, Les philtres que la lune envoie, Quand j'ouïs un murmure, un froissement léger, Comme fait l'ongle sur la soie ; Puis comme un battement de fléaux sourds et prompts Dans des granges très éloignées ; Puis on eût dit, plus près, le han des bûcherons Tour à tour lançant leurs cognées ; Puis un long roulement, un vaste branle-bas, Pareil au bruit d'un char de tôle Attelé d'un dragon toujours fumant et las, Qui souffle à chaque effort d'épaule ; Puis soudain serpenta dans l'infini du soir Un sifflement lugubre, intense, Comme le cri perçant d'une âme au désespoir En fuite par le vide immense. Or, c'était un convoi que j'entendais courir À toute vapeur dans la plaine. Il passa, laissant **** derrière lui mourir Son fracas et sa rouge haleine. Le passage du monstre un moment ébranla Les carreaux étroits des fenêtres, Fit geindre un clavecin poudreux qui dormait là Et frémir des portraits d'ancêtres ; Sur la tapisserie Actéon tressaillit, Diane contracta les lèvres ; Un plâtras détaché du haut du mur faillit Briser l'horloge de vieux sèvres. Ce fut tout. Le silence aux voûtes du plafond Replia lentement son aile, Et la nuit, arrachée à son rêve profond, Se redrapa plus solennelle. Mais mon cœur remué ne se put assoupir : J'écoutais toujours dans l'espace Cette course effrénée et ce strident soupir, Image d'un siècle qui passe.
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xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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Au jour le jour
xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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Un Barde a vu sa reine fugitive : Il dit qu'un luth, exprimant sa douleur, De son retour avertissait la rive Où la rappelle un trône... ou le malheur. Lorsque sa voix, et peut-être ses larmes, Faisaient pleurer les tristes matelots, Elle n'oppose à de perfides armes Que ce murmure apporté par les flots : « God save the king ! J'avais quitté les liens de l'enfance, Pour me parer des chaînes de l'amour : Aimer son maître est sans doute une offense, Puisqu'à ma vie il n'a souri qu'un jour. Lorsque des pleurs roulaient sous ma paupière Et retombaient lentement sur mon cœur, Mon cœur tout bas mêlait à sa prière Cette prière encor pour mon vainqueur : God save the king ! Seule souvent au berceau de sa fille, Formant des vœux qui n'étaient plus pour moi, Je lui disais : « A ma noble famille Mon jeune ***** n'offrira-t-il que toi ! » Cachant alors mes pleurs sous ma couronne, D'un chant d'amour je berçais son sommeil ; Et de ce chant, dont la rive résonne, Ma voix toujours salua son réveil : God save the king ! Sur mon front triste, abattu, mais sans crainte, On cherche en vain la trace d'un remord : Jamais mon front n'en recevra l'empreinte, Et je la laisse à qui rêve ma mort. Qu'au moins la mort m'attende à ton rivage, Ô beau pays qui vis mes plus beaux jours ! En d'autres jours si tu vois mon naufrage, Dis que ta reine au moins chanta toujours : God save the king ! »
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Une reine
Laggiù, nella notte, tra scosse d'un lento sonaglio, uno scalpito è fermo. Non anco son rosse le cime dell'Alpi. Nel cielo d'un languido azzurro, le stelle si sbiancano appena: si sente un confuso sussurro nell'aria serena. Chi passa per tacite strade? Chi parla da tacite soglie? Nessuno. È la guazza che cade sopr'aride foglie. Si parte, ch'è ora, né giorno, sbarrando le vane pupille; si parte tra un murmure intorno di piccole stille. In mezzo alle tenebre sole, qualcuna riluce un minuto; riflette il tuo Sole, o mio Sole; poi cade: ha veduto.
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La Guazza
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe, Le voir passer ; Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace, Le voir glisser ; À l'horizon, s'il fume un toit de chaume, Le voir fumer ; Aux alentours, si quelque fleur embaume, S'en embaumer ; Si quelque fruit, où les abeilles goûtent, Tente, y goûter ; Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent, Chante, écouter... Entendre au pied du saule où l'eau murmure L'eau murmurer ; Ne pas sentir, tant que ce rêve dure, Le temps durer ; Mais n'apportant de passion profonde Qu'à s'adorer ; Sans nul souci des querelles du monde, Les ignorer ; Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse, Sans se lasser, Sentir l'amour, devant tout ce qui passe, Ne point passer !
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Au bord de l'eau
Je me regarde Dans les reflets Du café corsé Du petit matin brûlant J'y vois Mon visage qui se dissout En vesou Et ton sourire-poème qui apparaît Dans les remous de la tasse Et qui murmure du fond de sa mer noire: "Dor, Dor, Dor !" C'est un dor sonore Doux et amer Un dor comme un pélican Qui plonge au ralenti De son mancenillier en fleurs Pour y gober une lame de mer mordorée. "Dor Dor Dor !" C'est une mitraillette de sept plumes de coqs de chine Qui transperce ma dérive de ses plombs et hameçons Veux-tu donc que je morde, Scombridé anthropophage, A l 'appât de houle De tes vingt brasses de tresse verte ? Veux-tu que j'amarre Mes paupières lourdes Aux crève-coeur de ton misainier et que j 'ancre mes rêves Dans les cales d'un port sans relâche ? "Dor dor dor ! " Et voilà le marc de café qui tangue Embarde, cavale Dans le roulis d'or de ta voile aurique Dorlote mon gouvernail et me lit Au fil de mes haut-le-coeur dans la caféière Qui jouxte le cimetière joyeux Où flânent les ombres des petites morts Près du pont au-dessus de la rivière Saison. "Dor dor dor ! " . Faut-il que j 'ouvre dans ton miroir la porte à la douleur ? Faut-il que je chante joie, plaisir, contentement, Jouissance et nostalgie, manque et absence ? Faut-il que je mette dehors la petite cuillère Et que je me rendorme en buvant comme du petit lait Cette dor qui perle en riant de tes lèvres-nasses Assoiffées de café anthracite de soleil noir, D'ombre de soleil, de souvenir de soleil, D'espoir de soleil d'or ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:43 PM UTC
Café corsé
Je me regarde Dans les reflets Du café corsé Du petit matin brûlant J'y vois Mon visage qui se dissout En vesou Et ton sourire-poème qui apparaît Dans les remous de la tasse Et qui murmure du fond de sa mer noire: "Dor, Dor, Dor !" C'est un dor sonore Doux et amer Un dor comme un pélican Qui plonge au ralenti De son mancenillier en fleurs Pour y gober une lame de mer mordorée. "Dor Dor Dor !" C'est une mitraillette de sept plumes de coqs de chine Qui transperce ma dérive de ses plombs et hameçons Veux-tu donc que je morde, Scombridé anthropophage, A l 'appât de houle De tes vingt brasses de tresse verte ? Veux-tu que j'amarre Mes paupières lourdes Aux crève-coeur de ton misainier et que j 'ancre mes rêves Dans les cales d'un port sans relâche ? "Dor dor dor ! " Et voilà le marc de café qui tangue Embarde, cavale Dans le roulis d'or de ta voile aurique Dorlote mon gouvernail et me lit Au fil de mes haut-le-coeur dans la caféière Qui jouxte le cimetière joyeux Où flânent les ombres des petites morts Près du pont au-dessus de la rivière Saison. "Dor dor dor ! " . Faut-il que j 'ouvre dans ton miroir la porte à la douleur ? Faut-il que je chante joie, plaisir, contentement, Jouissance et nostalgie, manque et absence ? Faut-il que je mette dehors la petite cuillère Et que je me rendorme en buvant comme du petit lait Cette dor qui perle en riant de tes lèvres-nasses Assoiffées de café anthracite de soleil noir, D'ombre de soleil, de souvenir de soleil, D'espoir de soleil d'or ?
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Sonnet. Il me semble parfois que mon sang coule à flots, Ainsi qu'une fontaine aux rythmiques sanglots. Je l'entends bien qui coule avec un long murmure, Mais je me tâte en vain pour trouver la blessure. A travers la cité, comme dans un champ clos, Il s'en va, transformant les pavés en îlots, Désaltérant la soif de chaque créature, Et partout colorant en rouge la nature. J'ai demandé souvent à des vins captieux D'endormir pour un jour la terreur qui me mine ; Le vin rend l'oeil plus clair et l'oreille plus fine ! J'ai cherché dans l'amour un sommeil oublieux ; Mais l'amour n'est pour moi qu'un matelas d'aiguilles Fait pour donner à boire à ces cruelles filles !
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La fontaine de sang
Quand d'une aube d'amour mon âme se colore, Quand je sens ma pensée, ô chaste amant de Laure, **** du souffle glacé d'un vulgaire moqueur, Eclore feuille à feuille au plus profond du cœur, Je prends ton livre saint qu'un feu céleste embrase, Où si souvent murmure à côté de l'extase La résignation au sourire fatal, Ton beau livre, où l'on voit, comme un flot de cristal Qui sur un sable d'or coule à sa fantaisie, Tant d'amour ruisseler sur tant de poésie ! Je viens à ta fontaine, ô maître ! et je relis Tes vers mystérieux par la grâce amollis, Doux trésor, fleur d'amour qui, dans les bois recluse, Laisse après cinq cents ans sont odeur à Vaucluse ! Et tandis que je lis, rêvant, presque priant, Celui qui me verrait me verrait souriant, Car, **** des bruits du monde et des sombres ****** Tes pudiques chansons, tes nobles élégies, Vierges au doux profil, sœurs au regard d'azur, Passent devant mes yeux, portant sur leur front pur, Dans les sonnets sculptés, comme dans des amphores, Ton beau style, étoilé de fraîches métaphores ! Le 14 octobre 1835.
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Écrit sur la première page d'un Pétrarque
Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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Au Sieur Robertet
Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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C'est l'extase langoureuse, C'est la fatigue amoureuse, C'est tous les frissons des bois Parmi l'étreinte des brises, C'est, vers les ramures grises, Le choeur des petites voix. Ô le frêle et frais murmure ! Cela gazouille et susurre, Cela ressemble au cri doux Que l'herbe agitée expire... Tu dirais, sous l'eau qui vire, Le roulis sourd des cailloux. Cette âme qui se lamente En cette plainte dormante, C'est la nôtre, n'est-ce pas ? La mienne, dis, et la tienne, Dont s'exhale l'humble antienne Par ce tiède soir, tout bas ?
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C'est l'extase langoureuse
Un soir des plages à la mode on joue un air Qui fait prendre aux petits chevaux un train d'enfer Et la fille se pâme et murmure Weber Moi je prononce Wèbre et regarde la mer.
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Casino des lumières crues