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"mourir" poems
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
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Les yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
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A Odessa je suis morte un matin d’octobre Si je devais revivre je voudrais être psychopathe et brûler des maisons Non, surtout pas ça C’est effroyable de savoir écrire, même juste un peu.                                                                               …/… Marcher Errer Déambuler Fermer les yeux Ne plus penser Mourir demain Il faudrait que je meure demain Mais vraiment, je veux dire Me pendre au cerisier M'étouffer avec le noyau d'une cerise N'importe quoi Trouver un truc Mais mourir demain Pour justifier ma raison d’être Simplement poser mon stylo Sur cette jolie place ensoleillée je vous ai regardé Vous lisiez les yeux fermés ALORS CHUT ! Pour justifier ma raison d’écrire Simplement m’envoler Ne plus avoir à me justifier Etre juste un peu plus simple Partir Continuer l’errance à Odessa Devenir transparente La peau sur les os Rêver Pourquoi elle Pourquoi moi Dans le fond Je ne suis pas bien différente de vous Je n'avais rien à écrire Je n'ai rien à te dire De ma vie tu ne sais rien Et si je dois mourir demain Tu découvriras alors peut-être Je dis bien peut-être Et si tu lis ces lignes demain Tu comprendras alors peut-être Je dis bien peut-être A Odessa cet après-midi Je n'ai fait que vous regarder Peut-être aurais-je dû m'y poser Je travaille pour survivre Je vis pour écrire J’écris comme je respire Le souffle coupé Je tombe. Puisque je dois mourir demain Juste fermer les yeux M’éclater la tête contre le radiateur A Odessa cet après-midi Je n'ai fait que vous regarder Un jeu dangereux qui se joue uniquement à la première personne. A Odessa cet après-midi Nous avions rendez-vous Tu n'aurais jamais dû venir, maman.
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Mar 25, 2012
Mar 25, 2012 at 9:54 AM UTC
Odessa- "LAISSE LA PORTE FERMEE EN ENTRANT", extrait.
A Odessa je suis morte un matin d’octobre Si je devais revivre je voudrais être psychopathe et brûler des maisons Non, surtout pas ça C’est effroyable de savoir écrire, même juste un peu.                                                                               …/… Marcher Errer Déambuler Fermer les yeux Ne plus penser Mourir demain Il faudrait que je meure demain Mais vraiment, je veux dire Me pendre au cerisier M'étouffer avec le noyau d'une cerise N'importe quoi Trouver un truc Mais mourir demain Pour justifier ma raison d’être Simplement poser mon stylo Sur cette jolie place ensoleillée je vous ai regardé Vous lisiez les yeux fermés ALORS CHUT ! Pour justifier ma raison d’écrire Simplement m’envoler Ne plus avoir à me justifier Etre juste un peu plus simple Partir Continuer l’errance à Odessa Devenir transparente La peau sur les os Rêver Pourquoi elle Pourquoi moi Dans le fond Je ne suis pas bien différente de vous Je n'avais rien à écrire Je n'ai rien à te dire De ma vie tu ne sais rien Et si je dois mourir demain Tu découvriras alors peut-être Je dis bien peut-être Et si tu lis ces lignes demain Tu comprendras alors peut-être Je dis bien peut-être A Odessa cet après-midi Je n'ai fait que vous regarder Peut-être aurais-je dû m'y poser Je travaille pour survivre Je vis pour écrire J’écris comme je respire Le souffle coupé Je tombe. Puisque je dois mourir demain Juste fermer les yeux M’éclater la tête contre le radiateur A Odessa cet après-midi Je n'ai fait que vous regarder Un jeu dangereux qui se joue uniquement à la première personne. A Odessa cet après-midi Nous avions rendez-vous Tu n'aurais jamais dû venir, maman.
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Incongruous by nature wrapped in ignominious twine I eat sushi and a 12 dollar slice of cheese cake Chug two old english and spend the night at the porcelain throne both ends screaming staring into eyes rapt with fear all eyes are rapt with fear Of what then? Death? Shame? in the rubber belts and fulcrum arms and cogs of the melting *** all perspectives have value and the decadence signified in a haircut or a cadillac is nothing more than the words on the bathroom walls or little brown note books Clarity is for saps Flourish dans l'entropy Ou mourir dans la peur
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Jun 25, 2014
Jun 25, 2014 at 11:27 AM UTC
An Oil Drum of Dunken Donuts Iced Coffee, Cream, Sugar, and Auntie Anne's Cinnamon Pretzel Sticks
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
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Sep 24, 2012
Sep 24, 2012 at 2:34 PM UTC
"Des choux de Bruxelles"- 180109- Journal
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
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Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ. Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant, Noir squelette laissant passer le crépuscule. Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule, L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx. Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux Tombaient ; elle changeait en désert Babylone, Le trône en échafaud et l'échafaud en trône, Les roses en fumier, les enfants en oiseaux, L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux. Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être. Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? - Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ; Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ; Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ; Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ; Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit. Derrière elle, le front baigné de douces flammes, Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.
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Mors
Et nous voilà très doux à la bêtise humaine, Lui pardonnant vraiment et même un peu touchés De sa candeur extrême et des torts très légers, Dans le fond, qu'elle assume et du train qu'elle mène. Pauvres gens que les gens ! Mourir pour Célimène, Epouser Angélique ou venir de nuit chez Agnès et la briser, et tous les sots péchés, Tel est l'Amour encor plus faible que la Haine ! L'Ambition, l'orgueil, des tours dont vous tombez, Le Vin, qui vous imbibe et vous tord imbibés, L'Argent, le Jeu, le Crime, un tas de pauvres crimes ! C'est pourquoi, mon très cher Mérat, Mérat et moi, Nous étant dépouillés de tout banal émoi, Vivons dans un dandysme épris des seules Rimes !
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À Albert Mérat
Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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Le baiser (IV)
Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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Naître avec le printemps, mourir avec les roses, Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur, Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses, S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur, Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes, S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles, Voilà du papillon le destin enchanté ! Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose, Et sans se satisfaire, effleurant toute chose, Retourne enfin au ciel chercher la volupté !
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Le papillon
Comment peux-tu, âme brûlée aux yeux crevés, vivre encore ? La tête noyée Cratère géant Ame gênante Le diable est entré en moi A dévoré mes entrailles Quant il eut fini de moi Il m’a laissé là gisant le ventre à l’air et la jupe retroussée à l’aurore d’une nuit étoilée Penses-tu parfois à moi ? Je voudrais te dire Ma vie n’a pas de suite Personne n’a jamais rien voulu savoir Après chaque nuit tombée, un énième jour Après chaque enfant au corps volé, d’énièmes assemblages de cochons sauvages La vie est une fable informe et infâme Maintenant Eteins-moi. Je déteste l’homme Pour ce qu’il m’a fait Je vais mourir de l’horreur cette nuit. J’aurais tant voulu que tu m’aides Mais ils n’entreront plus jamais en moi Personne n’a jamais voulu prendre le temps de comprendre PRENDRE LE TEMPS Ecouter cette petite voix qui dans la plus profonde de vos nuits vous criait de lui venir en aide Alors allez tous au Diable Cette nuit est ma dernière Je la dédie entière à ma folie …/… Mes mots sont là.
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Mar 23, 2012
Mar 23, 2012 at 12:24 PM UTC
170311- Journal
Je t'aime mon ami Je ne sais pas pourquoi Une triste histoire d'amour C'etait ca le fin mot de l'histoire Immense chagrin C'est pourquoi Etre a bout de forces pousser des cris Je t'aime Pour rien au monde Mourir de chagrin Ce n'est pas sorcier
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Feb 17, 2010
Feb 17, 2010 at 6:03 PM UTC
Je t'aime
C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or Je croyais voir Ses patientes mains calmer un incendie C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit C'était au beau milieu de notre tragédie Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire Pendant tout ce long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire Pendant tout ce long jour assise à son miroir À ranimer les fleurs sans fin de l'incendie Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit Elle martyrisait à plaisir sa mémoire C'était au beau milieu de notre tragédie Le monde ressemblait à ce miroir maudit Le peigne partageait les feux de cette moire Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire C'était un beau milieu de notre tragédie Comme dans la semaine est assis le jeudi Et pendant un long jour assise à sa mémoire Elle voyait au **** mourir dans son miroir Un à un les acteurs de notre tragédie Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits Et ce que signifient les flammes des longs soirs Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie.
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Elsa au miroir
« Du vin ! Nous sommes trois ; du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. - Entrez, seigneurs, entrez.... le vent est froid, la nuit. Ma vigne donne un vin qui brûle et réjouit ; Le soleil a mûri les raisins qu'elle porte, Mon vin est clair et bon : buvez !... Ma fille est morte ! - Morte ? - Depuis un jour. - Morte, la belle enfant ! Laisse-nous la revoir. Plus de vin, plus de chant ! Que ta lampe un instant éclaire son visage ; Chapeau bas, nous dirons la prière d'usage. » Et les passants criaient : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le premier voyageur s'inclina près du lit, Écartant les rideaux, à demi-voix il dit : « Belle enfant, maintenant glacée, inanimée, Pourquoi mourir si tôt ? Moi, je t'aurais aimée ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le second voyageur s'inclina près du lit, Et fermant les rideaux, à demi-voix il dit : « Moi, je t'aimais, enfant ; j'aurais été fidèle Adieu donc pour toujours, à toi qui fus si belle ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le dernier voyageur s'inclina près du lit ; Baisant ce front de marbre, à demi-voix il dit : « Je t'aimais et je t'aime, enfant si tôt enfuie ! Je n'aimerai que toi jusqu'au soir de ma vie. » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Et la mère à genoux disait, mais sans pleurer : « Un cœur pur en ces lieux ne pouvait demeurer ; Un bon ange veillait sur ma fille innocente... Elle pleurait ici, dans le ciel elle chante ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. - Entrez, seigneurs, entrez ! le vent est froid, la nuit. Ma vigne donne un vin qui brûle et réjouit ; Le soleil a mûri les raisins qu'elle porte, Mon vin est clair et bon ; buvez !... Ma fille est morte !
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La fille de l'hôtesse
« Du vin ! Nous sommes trois ; du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. - Entrez, seigneurs, entrez.... le vent est froid, la nuit. Ma vigne donne un vin qui brûle et réjouit ; Le soleil a mûri les raisins qu'elle porte, Mon vin est clair et bon : buvez !... Ma fille est morte ! - Morte ? - Depuis un jour. - Morte, la belle enfant ! Laisse-nous la revoir. Plus de vin, plus de chant ! Que ta lampe un instant éclaire son visage ; Chapeau bas, nous dirons la prière d'usage. » Et les passants criaient : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le premier voyageur s'inclina près du lit, Écartant les rideaux, à demi-voix il dit : « Belle enfant, maintenant glacée, inanimée, Pourquoi mourir si tôt ? Moi, je t'aurais aimée ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le second voyageur s'inclina près du lit, Et fermant les rideaux, à demi-voix il dit : « Moi, je t'aimais, enfant ; j'aurais été fidèle Adieu donc pour toujours, à toi qui fus si belle ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Le dernier voyageur s'inclina près du lit ; Baisant ce front de marbre, à demi-voix il dit : « Je t'aimais et je t'aime, enfant si tôt enfuie ! Je n'aimerai que toi jusqu'au soir de ma vie. » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. » Et la mère à genoux disait, mais sans pleurer : « Un cœur pur en ces lieux ne pouvait demeurer ; Un bon ange veillait sur ma fille innocente... Elle pleurait ici, dans le ciel elle chante ! » Et l'on disait en bas : « Du vin, allons, du vin ! Hôtesse ! nous voulons chanter jusqu'au matin. As-tu toujours ta vigne et ta fille jolie ? L'amour, le vin, voilà les seuls biens de la vie. - Entrez, seigneurs, entrez ! le vent est froid, la nuit. Ma vigne donne un vin qui brûle et réjouit ; Le soleil a mûri les raisins qu'elle porte, Mon vin est clair et bon ; buvez !... Ma fille est morte !
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*My love my love                                        Mon amour mon amour       You leave me blind                                    Vous me quittez aveugle     Kept in the dark                                         Gardé dans l'obscurité Where light doesn’t shine                          Où la lumière ne brille pas My love my love                                        Mon amour mon amour I am restless                                               Je suis agité You hold me so tight                                Vous me tenez si serré I am left breathless                                    On me quitte essoufflé My love my love                                        Mon amour mon amour You are cruel                                              Vous êtes cruels You paint such sweet lies                           Vous peignez de tels mensonges doux Taking me for a fool                                   La prise de moi pour un imbécile My love my love                                         Mon amour mon amour You leave me bereft                                    Vous me quittez privé Of dignity and hate                                    De la dignité et de la haine There is nothing left                                    Il n'y a rien My love my love                                         Mon amour mon amour You will leave me to die                             Vous me quitterez pour mourir We cannot go together                              Nous ne pouvons pas aller ensemble So I will say goodbye                                 Donc je dirai au revoir My love my love                                      Mon amour mon amour You gave such sweet thoughts               Vous avez donné de telles pensées douces Nothing was ever wanting                     Rien ne voulait jamais In you whom I sought                            Dans vous que j'ai cherchés*
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Jan 23, 2011
Jan 23, 2011 at 5:13 PM UTC
My love my love
*My love my love                                        Mon amour mon amour       You leave me blind                                    Vous me quittez aveugle     Kept in the dark                                         Gardé dans l'obscurité Where light doesn’t shine                          Où la lumière ne brille pas My love my love                                        Mon amour mon amour I am restless                                               Je suis agité You hold me so tight                                Vous me tenez si serré I am left breathless                                    On me quitte essoufflé My love my love                                        Mon amour mon amour You are cruel                                              Vous êtes cruels You paint such sweet lies                           Vous peignez de tels mensonges doux Taking me for a fool                                   La prise de moi pour un imbécile My love my love                                         Mon amour mon amour You leave me bereft                                    Vous me quittez privé Of dignity and hate                                    De la dignité et de la haine There is nothing left                                    Il n'y a rien My love my love                                         Mon amour mon amour You will leave me to die                             Vous me quitterez pour mourir We cannot go together                              Nous ne pouvons pas aller ensemble So I will say goodbye                                 Donc je dirai au revoir My love my love                                      Mon amour mon amour You gave such sweet thoughts               Vous avez donné de telles pensées douces Nothing was ever wanting                     Rien ne voulait jamais In you whom I sought                            Dans vous que j'ai cherchés*
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Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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À Ninon
Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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Comme une ville qui s'allume Et que le vent achève d'embraser, Tout mon cœur brûle et se consume, J'ai soif, oh ! j'ai soif d'un baiser. Baiser de la bouche et des lèvres Où notre amour vient se poser, Plein de délices et de fièvres, Ah ! j'ai soif, j'ai soif d'un baiser ! Baiser multiplié que l'homme Ne pourra jamais épuiser, Ô toi, que tout mon être nomme, J'ai soif, oui, j'ai soif d'un baiser. Fruit doux où la lèvre s'amuse, Beau fruit qui rit de s'écraser, Qu'il se donne ou qu'il se refuse, Je veux vivre pour ce baiser. Baiser d'amour qui règne et sonne Au cœur battant à se briser, Qu'il se refuse ou qu'il se donne, Je veux mourir de ce baiser.
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Le baiser (II)
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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L'agonisant
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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Si vous croyez que je vais dire Qui j'ose aimer, Je ne saurais, pour un empire, Vous la nommer. Nous allons chanter à la ronde, Si vous voulez, Que je l'adore et qu'elle est blonde Comme les blés. Je fais ce que sa fantaisie Veut m'ordonner, Et je puis, s'il lui faut ma vie, La lui donner. Du mal qu'une amour ignorée Nous fait souffrir, J'en porte l'âme déchirée Jusqu'à mourir. Mais j'aime trop pour que je die Qui j'ose aimer, Et je veux mourir pour ma mie Sans la nommer.
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Chanson de Fortunio
Que me veux-tu, chère fleurette, Aimable et charmant souvenir ? Demi-morte et demi-coquette, Jusqu'à moi qui te fait venir ? Sous ce cachet enveloppée, Tu viens de faire un long chemin. Qu'as-tu vu ? que t'a dit la main Qui sur le buisson t'a coupée ? N'es-tu qu'une herbe desséchée Qui vient achever de mourir ? Ou ton sein, prêt à refleurir, Renferme-t-il une pensée ? Ta fleur, hélas ! a la blancheur De la désolante innocence ; Mais de la craintive espérance Ta feuille porte la couleur. As-tu pour moi quelque message ? Tu peux parler, je suis discret. Ta verdure est-elle un secret ? Ton parfum est-il un langage ? S'il en est ainsi, parle bas, Mystérieuse messagère ; S'il n'en est rien, ne réponds pas ; Dors sur mon coeur, fraîche et légère. Je connais trop bien cette main, Pleine de grâce et de caprice, Qui d'un brin de fil souple et fin A noué ton pâle calice. Cette main-là, petite fleur, Ni Phidias ni Praxitèle N'en auraient pu trouver la soeur Qu'en prenant Vénus pour modèle. Elle est blanche, elle est douce et belle, Franche, dit-on, et plus encor ; A qui saurait s'emparer d'elle Elle peut ouvrir un trésor. Mais elle est sage, elle est sévère ; Quelque mal pourrait m'arriver. Fleurette, craignons sa colère. Ne dis rien, laisse-moi rêver.
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À une fleur
Stance. Que vous sert-il de me charmer ? Aminte, je ne puis aimer Où je ne vois rien à prétendre ; Je sens naître et mourir ma flamme à votre aspect, Et si pour la beauté j'ai toujours l'âme tendre, Jamais pour la vertu je n'ai que du respect. Vous me recevez sans mépris, Je vous parle, je vous écris, Je vous vois quand j'en ai l'envie ; Ces bonheurs sont pour moi des bonheurs superflus ; Et si quelque autre y trouve une assez douce vie, Il me faut pour aimer quelque chose de plus. Le plus grand amour sans faveur, Pour un homme de mon humeur, Est un assez triste partage ; Je cède à mes rivaux cet inutile bien, Et qui me donne un cœur, sans donner davantage, M'obligerait bien plus de ne me donner rien. Je suis de ces amants grossiers Qui n'aiment pas fort volontiers Sans aucun prix de leurs services, Et veux, pour m'en payer, un peu mieux qu'un regard ; Et l'union d'esprit est pour moi sans délices Si les charmes des sens n'y prennent quelque part.
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Je ne puis aimer
Vous surtout que je plains si vous n'êtes chéries, Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes soeurs : C'est à vous qu'elles vont, mes lentes rêveries, Et de mes pleurs chantés les amères douceurs. Prisonnière en ce livre une âme est contenue. Ouvrez, lisez : comptez les jours que j'ai soufferts. Pleureuses de ce monde où je passe inconnue, Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers. Chantez ! Un chant de femme attendrit la souffrance. Aimez ! Plus que l'amour la haine fait souffrir. Donnez ! La charité relève l'espérance : Tant que l'on peut donner on ne veut pas mourir ! Si vous n'avez le temps d'écrire aussi vos larmes, Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers. Absoudre, c'est prier ; prier, ce sont nos armes. Absolvez de mon sort les feuillets entr'ouverts ! Pour livrer sa pensée au vent de la parole, S'il faut avoir perdu quelque peu sa raison, Qui donne son secret est plus tendre que folle : Méprise-t-on l'oiseau qui répand sa chanson ?
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À celles qui pleurent
Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes, Implore l'essaim blanc des rêves indistincts, Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes Avec de frêles doigts aux ongles argentins. Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs, Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs. Il écoute chanter leurs haleines craintives Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers. Il entend leurs cils noirs battant sous les silences Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux Font crépiter parmi ses grises indolences Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux. Voilà que monte en lui le vin de la Paresse, Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ; L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses, Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.
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Les chercheuses de poux
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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Voie lactée (2)
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d'ahan Ton cours vers d'autres nébuleuses Les démons du hasard selon Le chant du firmament nous mènent A sons perdus leurs violons Font danser notre race humaine Sur la descente à reculons Destins destins impénétrables Rois secoués par la folie Et ces grelottantes étoiles De fausses femmes dans vos lits Aux déserts que l'histoire accable Luitpold le vieux prince régent Tuteur de deux royautés folles Sanglote-t-il en y songeant Quand vacillent les lucioles Mouches dorées de la Saint-Jean Près d'un château sans châtelaine La barque aux barcarols chantants Sur un lac blanc et sous l'haleine Des vents qui tremblent au printemps Voguait cygne mourant sirène Un jour le roi dans l'eau d'argent Se noya puis la bouche ouverte Il s'en revint en surnageant Sur la rive dormir inerte Face tournée au ciel changeant Juin ton soleil ardente lyre Brûle mes doigts endoloris Triste et mélodieux délire J'erre à travers mon beau Paris Sans avoir le cœur d'y mourir Les dimanches s'y éternisent Et les orgues de Barbarie Y sanglotent dans les cours grises Les fleurs aux balcons de Paris Penchent comme la tour de Pise Soirs de Paris ivres du gin Flambant de l'électricité Les tramways feux verts sur l'échine Musiquent au long des portées De rails leur folie de machines Les cafés gonflés de fumée Crient tout l'amour de leurs tziganes De tous leurs siphons enrhumés De leurs garçons vêtus d'un pagne Vers toi toi que j'ai tant aimée Moi qui sais des lais pour les reines Les complaintes de mes années Des hymnes d'esclave aux murènes La romance du mal aimé Et des chansons pour les sirènes.
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Douce Maîtresse, touche, Pour soulager mon mal, Ma bouche de ta bouche Plus rouge que coral ; Que mon col soit pressé De ton bras enlacé. Puis, face dessus face, Regarde-moi les yeux, Afin que ton trait passe En mon coeur soucieux, Coeur qui ne vit sinon D'Amour et de ton nom. Je l'ai vu fier et brave, Avant que ta beauté Pour être son esclave Du sein me l'eût ôté ; Mais son mal lui plaît bien, Pourvu qu'il meure tien. Belle, par qui je donne A mes yeux, tant d'émoi, Baise-moi, ma mignonne, Cent fois rebaise-moi : Et quoi ? faut-il en vain Languir dessus ton sein ? Maîtresse, je n'ai garde De vouloir t'éveiller. Heureux quand je regarde Tes beaux yeux sommeiller, Heureux quand je les vois Endormis dessus moi. Veux-tu que je les baise Afin de les ouvrir ? Ha ! tu fais la mauvaise Pour me faire mourir ! Je meurs entre tes bras, Et s'il ne t'en chaut pas ! Ha ! ma chère ennemie, Si tu veux m'apaiser, Redonne-moi la vie Par l'esprit d'un baiser. Ha ! j'en sens la douceur Couler jusques au coeur. J'aime la douce rage D'amour continuel Quand d'un même courage Le soin est mutuel. Heureux sera le jour Que je mourrai d'amour !
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Douce Maîtresse
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Les pauvres à l'église
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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