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"mers" poems
Nous etions, en cet instant, prisonniers du bonheur. Heritiers de cette douce mais, o combien lourde, ferveur Brulant sous cette peau vernie de sueur, de sable et de sel, Portes, en princes sous les ficelles des tisseuses de ciel. Nous regardions le gris a nous ecorcher les yeux, Aimant de la passion infidele du zenith bleu Le vide encombrant de nos plus incroyables espoirs Et le remou sans debut ni fin de nouvelles memoires. Nous les connaissions, ces esprits, vagabonds des mers Chassant, au milieu des vagues ces humeurs incidencieres, Celles la meme qui jadis se prenommaient “reves d’enfance” Et qui depuis de sont transformes en dependence. Nous les connaissions, et meme si la nature de ce lien M’est masque par un sacerdoce qui ne sera jamais mien, Elle me dicte toujours chaque contour de leur lames grises Qui de cet air sec et fier sont tragiquement eprises Nous etions, en cet instant prisonniers de beaute, Celle la meme qui voit nos poumons dechiquetes A vouloir engouffrer ce monde entier sous nos pores Que demain a travers ces lettres je puisse a nouveau le voir.
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Feb 19, 2015
Feb 19, 2015 at 1:01 PM UTC
A Solis Occasum Cardine
les étoiles s'allongent dans les champs des chambres noires, les mers, perdues dans le papier-nuit des temps, un poisson glisse en aval et, le sommeil des pelouses, vu d'en bas hier soir, dure encore. la lune, un orateur dans les bois; elle dire: "j'oublie le ciel d'azur, je deviens le nageur à heure du dîner jusqu'à l'éclipse d'aube, je crie sous le vide, sous l'eau d'octobre, se termine, et la marée, sur ces mers, s'affaiblit en bruit de rêve." et moi, dévisageant la solution des points claires, miniscules et faible lueurs, je m'anime, encore endormi, toujours, toujours endormi, tant que les arbres respirént, tendres et lents.
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Mar 27, 2013
Mar 27, 2013 at 4:21 AM UTC
premier
Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes, Les ailes de mon âme à tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensée avec elles, Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers. Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin Des continents de vie et des îles de joie Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main. J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume, Heureuse d'aspirer au rivage inconnu, Et maintenant, assis au bord du cap qui fume, J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu. Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées, Non plus comme le champ de mes rêves chéris, Mais comme un champ de mort où mes ailes semées De moi-même partout me montrent les débris. Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste, Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ; La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste Et chacun de ces flots roule un peu de mon coeur.
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Les voiles
It amuses me how I often thought of the Colour Green As simply Hue stained leaves that dressed the Trees Or Carpeted parts of the Earth Like Seas of Turf Also taking Flight In the Sky Certain Birds Distinctly Green And a number of Reptiles With such a Glow However now I know In our World When Human Beings Create They may tap into the Stream That Flows Green.... DLR 08/10/2016 Mosaïque de vert Cela m’amuse comment j’ai pensé souvent à la couleur verte Simplement comme teinte coloré des feuilles qui habille les arbres Ou des parties de la moquette des mers comme terre de gazon En prenant le vol dans le ciel Certains oiseaux Distinctement vert Et un certain nombre de Reptiles Avec un tel éclat Mais maintenant je sais Dans notre monde Quand créer des êtres humains Ils peuvent puiser dans le flux Les coulées vertes.... DLR 08/10/2016
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Oct 7, 2016
Oct 7, 2016 at 10:03 PM UTC
Mosaic of Green
I want to build a country, not just some dirt, not just a land a nation so great, a fatherland. Tú estarás ahí, mi amigo, sonriendo, mirando al frente, haciendo camino conmigo. Nous ferons un pays sans frontières, sans limites, avec des montagnes faites de sable, prêtes à être soufflées. Elle sera une patrie où les mers seront des étangs et nos ciels ne seront qu'à un saut de distance. We'll have families and friends, todos los paisajes que el mundo nos ha de ofrecer sans préjugés ni douleur qui puissent nous confiner. We'll build a land where friendship will prosper and traveling will be the fuel of our hearths Construiremos un hogar que sea propio sin esas reglas que nos separan Nous ferons un refuge des distances où on habitera sans peur aux menaces.
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Mar 1, 2015
Mar 1, 2015 at 8:02 AM UTC
My Country
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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Le coquillage au bord de la mer
(À une jeune étrangère.) Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille, Sur ce sable mouillé, frange d'or de la mer, Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer. L'écrin de l'Océan n'en a point de pareille ; Les roses de ta joue ont peine à l'égaler ; Et quand de sa voluté on approche l'oreille, On entend mille voix qu'on ne peut démêler. Tantôt c'est la tempête avec ses lourdes vagues, Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ; Tantôt c'est la forêt avec ses frissons vagues ; Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas. Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure Que rend le coquillage aux lèvres de carmin, Un écho merveilleux où l'immense nature Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ? Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis, Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue, Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits. Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille, Il en est un plus doux qui vienne te frapper, Et qui s'élève à peine aux bords de la coquille, Comme un aveu d'amour qui n'ose s'échapper ; S'il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ; S'il renaît en mourant presque éternellement ; S'il semble au fond d'un cœur rouler avec des larmes ; S'il tient de l'espérance et du gémissement... Ne te consume pas à chercher ce mystère ! Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c'est moi ! Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre, Qu'un écho de mon cœur qui m'entretient de toi ?
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(À un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ; La muse t'enivra de précoces faveurs ; Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune, Et tu verses des pleurs ! Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire Le stérile repos dont son coeur est jaloux Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre, Mais la lyre est à nous. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie. Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels. Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre S'élance ; et, soutenant son vol audacieux, Semble dire aux mortels : je suis né sur la terre, Mais je vis dans les cieux. Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et contemple A quel prix on pénètre en ses parvis sacrés ; Vois : l'infortune, assise à la porte du temple, En garde les degrés. Ici, c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie A vu de mers en mers promener ses malheurs : Aveugle, il mendiait au prix de son génie Un pain mouillé de pleurs. Là, le Tasse, brûlé d'une flamme fatale, Expiant dans les fers sa gloire et son amour, Quand il va recueillir la palme triomphale, Descend au noir séjour. Partout des malheureux, des proscrits, des victimes, Luttant contre le sort ou contre les bourreaux ; On dirait que le ciel aux coeurs plus magnanimes Mesure plus de maux. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre, Des coeurs nés sans vertu l'infortune est l'écueil ; Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil ! Que t'importe après tout que cet ordre barbare T'enchaîne **** des bords qui furent ton berceau ? Que t'importe en quels lieux le destin te prépare Un glorieux tombeau ? Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du Tage N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras : Lisbonne la réclame, et voilà l'héritage Que tu lui laisseras ! Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme ; Athène à des proscrits ouvre son Panthéon ; Coriolan expire, et les enfants de Rome Revendiquent son nom. Aux rivages des morts avant que de descendre, Ovide lève au ciel ses suppliantes mains : Aux Sarmates grossiers il a légué sa cendre, Et sa gloire aux Romains.
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La gloire
(À un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ; La muse t'enivra de précoces faveurs ; Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune, Et tu verses des pleurs ! Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire Le stérile repos dont son coeur est jaloux Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre, Mais la lyre est à nous. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie. Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels. Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre S'élance ; et, soutenant son vol audacieux, Semble dire aux mortels : je suis né sur la terre, Mais je vis dans les cieux. Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et contemple A quel prix on pénètre en ses parvis sacrés ; Vois : l'infortune, assise à la porte du temple, En garde les degrés. Ici, c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie A vu de mers en mers promener ses malheurs : Aveugle, il mendiait au prix de son génie Un pain mouillé de pleurs. Là, le Tasse, brûlé d'une flamme fatale, Expiant dans les fers sa gloire et son amour, Quand il va recueillir la palme triomphale, Descend au noir séjour. Partout des malheureux, des proscrits, des victimes, Luttant contre le sort ou contre les bourreaux ; On dirait que le ciel aux coeurs plus magnanimes Mesure plus de maux. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre, Des coeurs nés sans vertu l'infortune est l'écueil ; Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil ! Que t'importe après tout que cet ordre barbare T'enchaîne **** des bords qui furent ton berceau ? Que t'importe en quels lieux le destin te prépare Un glorieux tombeau ? Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du Tage N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras : Lisbonne la réclame, et voilà l'héritage Que tu lui laisseras ! Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme ; Athène à des proscrits ouvre son Panthéon ; Coriolan expire, et les enfants de Rome Revendiquent son nom. Aux rivages des morts avant que de descendre, Ovide lève au ciel ses suppliantes mains : Aux Sarmates grossiers il a légué sa cendre, Et sa gloire aux Romains.
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Le jeune homme dont l'oeil est brillant, la peau brune, Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu, Et qu'eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu, Impétueux avec des douceurs virginales Et noires, fier de ses premiers entêtements, Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales, Qui se retournent sur des lits de diamants ; Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde, Tressaille dans son coeur largement irrité, Et plein de la blessure éternelle et profonde, Se prend à désirer sa soeur de charité. Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce, Tu n'es jamais la Soeur de charité, jamais, Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse, Ni doigts légers, ni seins splendidement formés. Aveugle irréveillée aux immenses prunelles, Tout notre embrassement n'est qu'une question : C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles, Nous te berçons, charmante et grave Passion. Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances, Et les brutalités souffertes autrefois, Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances, Comme un excès de sang épanché tous les mois. - Quand la femme, portée un instant, l'épouvante, Amour, appel de vie et chanson d'action, Viennent la Muse verte et la Justice ardente Le déchirer de leur auguste obsession. Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes, Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant Avec tendresse après la science aux bras almes, Il porte à la nature en fleur son front saignant. Mais la noire alchimie et les saintes études Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ; Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes. Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil, Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades Immenses, à travers les nuits de Vérité, Et t'appelle en son âme et ses membres malades, Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité.
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Les soeurs de charité
Le jeune homme dont l'oeil est brillant, la peau brune, Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu, Et qu'eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu, Impétueux avec des douceurs virginales Et noires, fier de ses premiers entêtements, Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales, Qui se retournent sur des lits de diamants ; Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde, Tressaille dans son coeur largement irrité, Et plein de la blessure éternelle et profonde, Se prend à désirer sa soeur de charité. Mais, ô Femme, monceau d'entrailles, pitié douce, Tu n'es jamais la Soeur de charité, jamais, Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse, Ni doigts légers, ni seins splendidement formés. Aveugle irréveillée aux immenses prunelles, Tout notre embrassement n'est qu'une question : C'est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles, Nous te berçons, charmante et grave Passion. Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances, Et les brutalités souffertes autrefois, Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances, Comme un excès de sang épanché tous les mois. - Quand la femme, portée un instant, l'épouvante, Amour, appel de vie et chanson d'action, Viennent la Muse verte et la Justice ardente Le déchirer de leur auguste obsession. Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes, Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant Avec tendresse après la science aux bras almes, Il porte à la nature en fleur son front saignant. Mais la noire alchimie et les saintes études Répugnent au blessé, sombre savant d'orgueil ; Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes. Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil, Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades Immenses, à travers les nuits de Vérité, Et t'appelle en son âme et ses membres malades, Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité.
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Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
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Tristesse en mer
Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
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Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Stances
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Ulric, nul oeil des mers n'a mesuré l'abîme, Ni les hérons plongeurs, ni les vieux matelots. Le soleil vient briser ses rayons sur leur cime, Comme un soldat vaincu brise ses javelots. Ainsi, nul oeil, Ulric, n'a pénétré les ondes De tes douleurs sans borne, ange du ciel tombé. Tu portes dans ta tête et dans ton coeur deux mondes, Quand le soir, près de moi, tu vas triste et courbé. Mais laisse-moi du moins regarder dans ton âme, Comme un enfant craintif se penche sur les eaux ; Toi si plein, front pâli sous des baisers de femme, Moi si jeune, enviant ta blessure et tes maux.
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À Ulric G
Fable I, Livre II. À M. Andrieux, de L'Institut. Toi qui vis vraiment comme un sage, Sans te montrer, sans te cacher, Sans fuir les grands, sans les chercher, Exemple assez rare en notre âge ; Pardonne-moi, cher Andrieux, Dans ces vers qu'aux vents je confie, De dévoiler à tous les yeux Ta secrète philosophie. Certain Lapon des plus trapus, Certain Cafre des plus camus, Équipaient, comme on dit, de la bonne manière, Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons, Enfante la chaleur, et produit la lumière. - Peut-il ériger, s'il n'est fou, En bienfaiteur de la nature, Un astre qui, six mois, me cache sa figure, Et va briller je ne sais où, Tandis que je gèle en mon trou, Malgré ma femme et ma fourrure ? On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi N'était pas l'habitant de la zone torride. Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride, Je ne gèle pas, Dieu merci ! Mais je rôtis en récompense ; Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense Qu'un fou, lui seul, a pu vanter La douce et bénigne influence Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ; Qui, d'un bout de l'année à l'autre, Embrase la terre, les airs, Et porte en mon pays, jusques au fond des mers, La chaleur qu'il refuse au vôtre. Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits Du roi de la plaine éthérée, Fils de la zone tempérée, N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français. Sans se formaliser des vives apostrophes Du nègre et du nain philosophes, Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement Est sans réplique, en Sibérie ; Comme le vôtre en Cafrerie, Monsieur le noir ; mais franchement, Autre part, c'est tout autrement. En France, par exemple, on ne vous croirait guère. L'astre à qui vous faites la guerre, Là, par ses rayons bienfaisants, De fleurs et de fruits, tous les ans, Couvre mes champs et mon parterre ; S'éloignant sans trop me geler, S'approchant sans trop me brûler, De mon climat, qu'il favorise ; À la faucille, au soc, il livre tour à tour Mes campagnes, qu'il fertilise Par son départ et son retour. Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil Disent qu'un sage ne se place Trop près ni trop **** du soleil.
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Les trois zones
Fable I, Livre II. À M. Andrieux, de L'Institut. Toi qui vis vraiment comme un sage, Sans te montrer, sans te cacher, Sans fuir les grands, sans les chercher, Exemple assez rare en notre âge ; Pardonne-moi, cher Andrieux, Dans ces vers qu'aux vents je confie, De dévoiler à tous les yeux Ta secrète philosophie. Certain Lapon des plus trapus, Certain Cafre des plus camus, Équipaient, comme on dit, de la bonne manière, Un homme qui, fermant l'oreille à leurs raisons Vantait l'astre éclatant qui préside aux saisons, Enfante la chaleur, et produit la lumière. - Peut-il ériger, s'il n'est fou, En bienfaiteur de la nature, Un astre qui, six mois, me cache sa figure, Et va briller je ne sais où, Tandis que je gèle en mon trou, Malgré ma femme et ma fourrure ? On conçoit que celui qui s'exprimait ainsi N'était pas l'habitant de la zone torride. Pour moi, disait cet autre, en mon climat aride, Je ne gèle pas, Dieu merci ! Mais je rôtis en récompense ; Et sans avoir l'honneur d'être Lapon, je pense Qu'un fou, lui seul, a pu vanter La douce et bénigne influence Du soleil, qui ne luit que pour me tourmenter ; Qui, d'un bout de l'année à l'autre, Embrase la terre, les airs, Et porte en mon pays, jusques au fond des mers, La chaleur qu'il refuse au vôtre. Le fou, qui cependant célébrait les bienfaits Du roi de la plaine éthérée, Fils de la zone tempérée, N'était rien moins que fou, quoiqu'il fût né Français. Sans se formaliser des vives apostrophes Du nègre et du nain philosophes, Seigneur Lapon, dit-il, votre raisonnement Est sans réplique, en Sibérie ; Comme le vôtre en Cafrerie, Monsieur le noir ; mais franchement, Autre part, c'est tout autrement. En France, par exemple, on ne vous croirait guère. L'astre à qui vous faites la guerre, Là, par ses rayons bienfaisants, De fleurs et de fruits, tous les ans, Couvre mes champs et mon parterre ; S'éloignant sans trop me geler, S'approchant sans trop me brûler, De mon climat, qu'il favorise ; À la faucille, au soc, il livre tour à tour Mes campagnes, qu'il fertilise Par son départ et son retour. Vous qui craignez le feu, vous qui craignez la glace Venez donc à Paris. Gens d'excellent conseil Disent qu'un sage ne se place Trop près ni trop **** du soleil.
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Je suis Orphie, fils d'Orphée et d'Eurydice Petits fils d'Oeagre et de Calliope, Bercé par les Muses et les Naïades J'ai hérité de la lyre à sept cordes D'Apollon et j'en ai rajouté deux Rien que pour caresser ma Muse Ma voix est miel Ma voix est feu Ma voix est pierre Elle joue, elle chante, elle danse Elle s'insinue comme un fleuve secret sous la roche et la fissure L'attendrit et elle s'élève tel un ballon et flotte dans le vent Elle dévie le cours des laves en fusion Et pénètre au coeur du Stromboli intime De la colère des Muses Quand elles se font Furies. Elle dompte les bêtes féroces et charnelles A distance elle fait fondre Les résistances et les fantômes On m'appelle aussi Amore Les Furies pourront me déchiqueter Me mettre en lambeaux Me jeter comme mon père du haut du mont Rhodope Je chanterai encore du fond des mers L 'amour de mon éternelle Muse Ma naïade bien aimée Nue.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:25 AM UTC
Je suis Orphie
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs ! Tu te rappelleras la beauté des caresses, La douceur du foyer et le charme des soirs, Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses ! Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon, Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses. Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon ! Nous avons dit souvent d'impérissables choses Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant ! En me penchant vers toi, reine des adorées, Je croyais respirer le parfum de ton sang. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison, Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles, Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison ! Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles. La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison. Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses, Et revis mon passé blotti dans tes genoux. Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ? Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses ! Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être lavés au fond des mers profondes ? - Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
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Le balcon
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs ! Tu te rappelleras la beauté des caresses, La douceur du foyer et le charme des soirs, Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses ! Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon, Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses. Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon ! Nous avons dit souvent d'impérissables choses Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant ! En me penchant vers toi, reine des adorées, Je croyais respirer le parfum de ton sang. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison, Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles, Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison ! Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles. La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison. Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses, Et revis mon passé blotti dans tes genoux. Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ? Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses ! Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être lavés au fond des mers profondes ? - Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
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Sonnet. A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes : A, noir corset velu des mouches éclatantes Qui bombinent autour des puanteurs cruelles, Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ; I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles Dans la colère ou les ivresses pénitentes ; U, cycles, vibrements divins des mers virides, Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ; O, suprême Clairon plein des strideurs étranges, Silences traversés des Mondes et des Anges ; - O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
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Voyelles
Le monde attend un nouveau Dieu. Joseph de Maistre. Je m'adresse à tout l'Univers, Après David, le roi psalmiste. Oui, Madame, en ces quelques vers, Je m'adresse à tout l'Univers. Sur les continents et les mers, Si tant est qu'un athée existe, C'est moi, dis-je, à tout l'Univers, Après David, le roi psalmiste. Je me fous bien de tous vos dieux, Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent, Et bons à foutre dans les lieux. Je me fous bien de tous vos dieux, Je me fous même du bon vieux, L'unique, devant qui tous tremblent ; Je me fous bien de tous vos dieux, Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent. Je ris du Dieu des bonnes gens, S'il en est encor par le monde ; Avec les gens intelligents. Je ris du Dieu des bonnes gens. Sacré Dieu ! quels airs indulgents ! Quel gros cul, quelle panse ronde ! Mais... pour les seules bonnes gens, S'il en est encor par le monde. Je me fous aussi de celui Des grands philosophes, très drôles, Qui parfois se prennent pour lui. Je me fous aussi de celui Dont l'incommensurable ennui Voudrait peser sur nos épaules. Je me fous aussi de celui Des grands philosophes, très drôles. Je plains fort, vous entendez bien, Tout homme qui dit : Dieu, sur terre, Indou, musulman ou chrétien, Je le plains, vous entendez bien ; Le déiste aussi, qui n'est rien Dans l'église ou le phalanstère. Je plains fort, vous entendez bien, Tout homme qui dit : Dieu sur terre. Je suis comme le vieux Blanqui Je dis aussi : « Ni Dieu ni maître. » Ni maîtresse... c'est riquiqui. Je suis comme le vieux Blanqui. Je me fous de n'importe qui. Je jette tout par la fenêtre, Et je me fous bien de Blanqui, Comme de son « Ni Dieu ni maître. » Je n'en ai qu'un, mais assez bon Nom de Dieu ! pour que je l'écule, Votre vrai Dieu, Dieu sans... rayon. Je n'en ai qu'un, mais assez bon : Le monde entier, ce grand capon, Vit dans la peur de sa férule. Je n'en ai qu'un mais assez bon Nom de Dieu ! pour que je l'écule. L'un ou l'autre mot m'est égal, Si mon langage est clair, Madame. Être clair c'est le principal. L'un ou l'autre mot m'est égal. Mais l'autre était grossier pas mal, Et... j'ai le respect de la femme. L'un ou l'autre mot m'est égal. Si mon langage est clair, Madame.
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Athée
Le monde attend un nouveau Dieu. Joseph de Maistre. Je m'adresse à tout l'Univers, Après David, le roi psalmiste. Oui, Madame, en ces quelques vers, Je m'adresse à tout l'Univers. Sur les continents et les mers, Si tant est qu'un athée existe, C'est moi, dis-je, à tout l'Univers, Après David, le roi psalmiste. Je me fous bien de tous vos dieux, Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent, Et bons à foutre dans les lieux. Je me fous bien de tous vos dieux, Je me fous même du bon vieux, L'unique, devant qui tous tremblent ; Je me fous bien de tous vos dieux, Ils sont jolis, s'ils vous ressemblent. Je ris du Dieu des bonnes gens, S'il en est encor par le monde ; Avec les gens intelligents. Je ris du Dieu des bonnes gens. Sacré Dieu ! quels airs indulgents ! Quel gros cul, quelle panse ronde ! Mais... pour les seules bonnes gens, S'il en est encor par le monde. Je me fous aussi de celui Des grands philosophes, très drôles, Qui parfois se prennent pour lui. Je me fous aussi de celui Dont l'incommensurable ennui Voudrait peser sur nos épaules. Je me fous aussi de celui Des grands philosophes, très drôles. Je plains fort, vous entendez bien, Tout homme qui dit : Dieu, sur terre, Indou, musulman ou chrétien, Je le plains, vous entendez bien ; Le déiste aussi, qui n'est rien Dans l'église ou le phalanstère. Je plains fort, vous entendez bien, Tout homme qui dit : Dieu sur terre. Je suis comme le vieux Blanqui Je dis aussi : « Ni Dieu ni maître. » Ni maîtresse... c'est riquiqui. Je suis comme le vieux Blanqui. Je me fous de n'importe qui. Je jette tout par la fenêtre, Et je me fous bien de Blanqui, Comme de son « Ni Dieu ni maître. » Je n'en ai qu'un, mais assez bon Nom de Dieu ! pour que je l'écule, Votre vrai Dieu, Dieu sans... rayon. Je n'en ai qu'un, mais assez bon : Le monde entier, ce grand capon, Vit dans la peur de sa férule. Je n'en ai qu'un mais assez bon Nom de Dieu ! pour que je l'écule. L'un ou l'autre mot m'est égal, Si mon langage est clair, Madame. Être clair c'est le principal. L'un ou l'autre mot m'est égal. Mais l'autre était grossier pas mal, Et... j'ai le respect de la femme. L'un ou l'autre mot m'est égal. Si mon langage est clair, Madame.
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Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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Ce que disent les hirondelles
Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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Forever now, a part of me is a part of you Embedded in your soul, and your heart too. I found you nestled in a constellation of stars Putting back the pieces of your broken heart. You’ve buried your tears everywhere you’ve gone Hoping to see a new light by the break of dawn Your shattered self can build back up again In a new spring, soaring, like a beautiful wren Gazing proud, like a sacred evergreen Forever now, a part of you is a part of me. /// Pentru totdeauna, o parte din mine face parte din tine Înglobat în sufletul tău și în inima ta. Te-am găsit cuibărit într-o constelație de stele Punând la loc bucățile inimii tale sparte. Ți-ai îngropat lacrimile oriunde ai mers Sperând să vedem o nouă lumină până la zorii zorilor Sinele tău spulberat poate fi reconstruit Într-o nouă primăvară, în creștere, ca un wren frumos Arătând mândru, ca un sacru veșnic verde Pentru totdeauna, o parte din tine face parte din mine.
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Jun 25, 2021
Jun 25, 2021 at 12:03 PM UTC
A Part Of You
VI. Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ; Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit ! Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons. Et la face des eaux, et le front des montagnes, Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers. Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien manque au monde, immense et radieux ! Avril 1829.
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Soleils couchants (VI)
Dear ribbons of waterflame,                        gold, green and blue                 swathes itself around my palms,                                                             becoming             a ball of radiant waters that floats in           cupped hands and at the thought of       love, it buds and curls like a lily's petal        and              the years of hushed times                   eat at my very soul, nulling                       deafening me to the music                              of the mint-dark sky,                                 of the flame-thorn sun                           of the bone-white stars                  My feet are kissed by the             star-studded shores, washing,        relieving the   fragments of my shattered past I keep the shell of my hope   shielded       in my ***** near the heart         My eyes dancing zultanites            With my gaze on the horizon                    rise the clouds of trouble                     How long will I plan to thrive                   when I am but a shrinking violet             cold, iced with scorn           but        I am the Mistress of Waterflame     Daughter of the Mers and   Scion of the Dragon Line      So blood will bend and billow          like flowers             So fits the one of the skies and sea              An expert who delivers in         the trade of     death But the hope in my ***** pulses       As my bloodlust evulses                 As I dream of the warmth that will soothe my weary
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May 27, 2018
May 27, 2018 at 4:27 PM UTC
Whispers
Dear ribbons of waterflame,                        gold, green and blue                 swathes itself around my palms,                                                             becoming             a ball of radiant waters that floats in           cupped hands and at the thought of       love, it buds and curls like a lily's petal        and              the years of hushed times                   eat at my very soul, nulling                       deafening me to the music                              of the mint-dark sky,                                 of the flame-thorn sun                           of the bone-white stars                  My feet are kissed by the             star-studded shores, washing,        relieving the   fragments of my shattered past I keep the shell of my hope   shielded       in my ***** near the heart         My eyes dancing zultanites            With my gaze on the horizon                    rise the clouds of trouble                     How long will I plan to thrive                   when I am but a shrinking violet             cold, iced with scorn           but        I am the Mistress of Waterflame     Daughter of the Mers and   Scion of the Dragon Line      So blood will bend and billow          like flowers             So fits the one of the skies and sea              An expert who delivers in         the trade of     death But the hope in my ***** pulses       As my bloodlust evulses                 As I dream of the warmth that will soothe my weary
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Neptune était en Vierge Quand ma sultane, Ma Muse matriarche d'honneur, Ma Miss Bell arrogante et ruisselante de dynamite A rompu les amarres M'a baptisé Criminel, Casanova de pire aloi, Et condamné sans mea culpa Sans tambours ni trompettes A 169 ans de chevauchées sauvages Et de maladies imaginaires Dans son lit de cocagne De mistral et de tramontane. Condamné comme une marionnette Par ma reine sans couronne A faire le tour du zodiaque de ses hanches En derviche tourneur Dans le secteur 5 de la rose des vents De sa Babylone mythique A arpenter de long en large les planètes lentes et rapides De son enfer lubrique : Les spirituelles, les raffinées, les embrouillées Les délicates, les pudiques, les lubriques, Les pastels. les îles roses et les mers noires. Et prétextant mon ascendant verseau Elle a peaufiné mon oiseau antique L 'envoyant valdinguer entre les volcans de Vénus, Mars et Lune Histoire de me civiliser dans l 'anarchie du monde De ses tentacules cosmiques
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:22 AM UTC
Sultana Sans Mea Culpa
Dieu dit un jour à son soleil : - Toi par qui mon nom luit, toi que ma droite envoie Porter à l'univers ma splendeur et ma joie, Pour que l'immensité me loue à son réveil ; De ces dons merveilleux que répand ta lumière, De ces pas de géant que tu fais dans les cieux, De ces rayons vivants que boit chaque paupière, Lequel te rend, dis-moi, dans toute ta carrière, Plus semblable à moi-même et plus grand à tes yeux ? Le soleil répondit en se voilant la face : - Ce n'est point d'éclairer l'immensurable espace, De faire étinceler les sables des déserts, De fondre du Liban la couronne de glace, Ni de me contempler dans le miroir des mers, Ni d'écumer de feu sur les vagues des airs : Mais c'est de me glisser aux fentes de la pierre Du cachot où languit le captif dans sa tour, Et d'y sécher des pleurs au bord d'une paupière Que réjouit dans l'ombre un seul rayon du jour ! - Bien ! reprit Jéhovah ; c'est comme mon amour ! Ce que dit le rayon au Bienfaiteur suprême, Moi, l'insecte chantant, je le dis à moi-même. Ce qui donne à ma lyre un frisson de bonheur, Ce n'est point de frémir au vain souffle de la gloire, Ni de jeter au temps un nom pour sa mémoire, Ni de monter au ciel dans un hymne vainqueur ; Mais c'est de résonner, dans la nuit du mystère, Pour l'âme sans écho d'un pauvre solitaire Qui n'a qu'un son lointain pour tout bruit sur la terre, Et d'y glisser ma voix par les fentes du cœur.
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La charité
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
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Un hémisphère dans une chevelure
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
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fatalism și reavăn. reavăn și fatalism. n-am mai scris, n-am mai scris. mi-a mers gura prea puțin și acum mi-e capu-n groapă. mă soarbe Oltul ? Rămân o cruce ortodoxă, stingheră pe marginea drumului, îndoită de mașini în depășire. reavăn... e reavăn după ploaie și îmi intră în vene. fatalism slav și decăderea omului, cui i-am mai dat urechile mele? asta nu sunt eu aici, nu eu aud, nu eu simt. ace și mâini atinse, drumuri scurse, reavăn și fatalism. da n-am mai scris! nu, nu, pentru că nu *** nu în București, nu în tramvai, nu in scaunul din dreapta, nu cu mâna lui tata strânsă pe volan, nu cu piciorul scuturându-mi în spital. un chist pe ovar, un folicul hormonal habar n-am;tot e un reavăn tot e fatalism și eu iar n-am scris. poate că nu mai am de ce. viața e film destul nu mai are nevoie de scenarist, viața m-a depășit uite, e self-sustaining! Tata a zis că i-am frânt inima când i-am zis să mă ia acasă la 2 ani, ce isteric. Nu mai vreau să aud, nu mai vreau să simt atât de greu din cer curgându-mi la tălpi, rămân reavăn și fatalism și nu mai scriu nimic, nimic. reavăn sărută buzele astea - petale de iris lăsate în soare! reavăn, reavăn sărută trupul ăsta și mintea ce duc oriunde în nicăieri! reavăn, sărută fatalismul ăsta infantil și torturat și dă-mi înapoi tot ce a fost și poate fi eu!
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May 20, 2022
May 20, 2022 at 4:47 PM UTC
mmm ce cuvinte bune de mestecat
Telle de l'Angelus, la cloche matinale Fait dans les carrefours hurler les chiens errants, Tel ton luth chaste et pur, trempé dans l'eau lustrale, Ô George, a fait pousser de hideux aboiements, Mais quand les vents sifflaient sur ta muse au front pâle, Tu n'as pu renouer tes longs cheveux flottants ; Tu savais que Phébé, l'Étoile virginale Qui soulève les mers, fait baver les serpents. Tu n'as pas répondu, même par un sourire, A ceux qui s'épuisaient en tourments inconnus, Pour mettre un peu de fange autour de tes pieds nus. Comme Desdémona, t'inclinant sur ta lyre, Quand l'orage a passé tu n'as pas écouté, Et tes grands yeux rêveurs ne s'en sont pas douté.
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À George Sand II