"menteur" poems
" A poet doesn't invent;
he is a liar who speaks
the truth and listens.
Un poete n'invente pas,
il est un menteur qui dit
la verite et a l'ecoute ."
Jul 5, 2011
Jul 5, 2011 at 12:01 PM UTC
Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Et la blessure est encore vibrante,
Ô mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.
Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé
Et la brûlure est encor là qui tonne,
Ô mon Dieu, votre crainte m'a frappé.
Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil
Et votre gloire en moi s'est installée,
Ô mon Dieu, j'ai connu que tout est vil.
Noyez mon âme aux flots de votre Vin,
Fondez ma vie au Pain de votre table,
Noyez mon âme aux flots de votre Vin.
Voici mon sang que je n'ai pas versé,
Voici ma chair indigne de souffrance,
Voici mon sang que je n'ai pas versé.
Voici mon front qui n'a pu que rougir,
Pour l'escabeau de vos pieds adorables,
Voici mon front qui n'a pu que rougir.
Voici mes mains qui n'ont pas travaillé,
Pour les charbons ardents et l'encens rare,
Voici mes mains qui n'ont pas travaillé.
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain,
Pour palpiter aux ronces du Calvaire,
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain.
Voici mes pieds, frivoles voyageurs,
Pour accourir au cri de votre grâce,
Voici mes pieds, frivoles voyageurs.
Voici ma voix, bruit maussade et menteur,
Pour les reproches de la Pénitence,
Voici ma voix, bruit maussade et menteur.
Voici mes yeux, luminaires d'erreur,
Pour être éteints aux pleurs de la prière,
Voici mes yeux, luminaires d'erreur.
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Quel est le puits de mon ingratitude,
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Dieu de terreur et Dieu de sainteté,
Hélas ! ce noir abîme de mon crime,
Dieu de terreur et Dieu de sainteté,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Vous connaissez tout cela, tout cela,
Et que je suis plus pauvre que personne,
Vous connaissez tout cela, tout cela,
Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.
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Je suis compliqué
Je suis bizarre
Je suis fou
Je suis un extrême compétiteur
Je suis borné
Je suis lunatique
Je suis pragmatique
Je suis trop rationnel
Je suis français
Je suis intelligent
Je suis (une) personne
Je suis con
Je suis ignorant
Je suis un menteur
Je suis sexiste
Je suis un amant
Je suis xénophobe
Je suis curieux
Je suis inquisiteur
Je suis hésitant
Je suis un auteur
Je suis myope
Je suis droitier
Je suis gauche
Je suis égocentrique
Je suis doué
Je suis un scientifique
Je suis démuni
Je peux être dogmatique
Je suis lent
Je suis sensible
Je suis un rêveur
Je suis très fier
J’ai des principes
Je suis un procrastinateur
J’ai tort
Je suis égoïste
Je suis en forme
Je suis relativement calme
Je suis partial
Je suis susceptible
Je suis un étranger
Je suis un gamin, un garçon, un homme
Non, rien!
Je suis humain.
Apr 18, 2020
Apr 18, 2020 at 6:51 AM UTC
Amour qui voles dans les nues,
Baisers blancs, fuyant sur l'azur,
Et qui palpites dans les mues,
Au nid sourd des forêts émues ;
Qui cours aux fentes des vieux murs,
Dans la mer qui de joie écume,
Au flanc des navires, et sur
Les grandes voiles de lin pur ;
Amour sommeillant sur la plume
Des aigles et des traversins,
Que clame la sibylle à Cume,
Amour qui chantes sur l'enclume ;
Amour qui rêves sur les seins
De Lucrèce et de Messaline,
Noir dans les yeux des assassins,
Rouge aux lèvres des spadassins ;
Amour riant à la babine
Des dogues noirs et des taureaux,
Au bout de la patte féline
Et de la rime féminine ;
Amour qu'on noie au fond des brocs
Ou qu'on reporte sur la lune,
Cher aux galons des caporaux,
Doux aux guenilles des marauds ;
Aveugle qui suis la fortune,
Menteur naïf dont les leçons
Enflamment, dans l'ombre opportune,
L'oreille rose de la brune ;
Amour bu par les nourrissons
Aux boutons sombres des Normandes ;
Amour des ducs et des maçons,
Vieil amour des jeunes chansons ;
Amour qui pleures sur les brandes
Avec l'angélus du matin,
Sur les steppes et sur les landes
Et sur les polders des Hollandes ;
Amour qui voles du hautain
Et froid sourire des poètes
Aux yeux des filles dont le teint
Semble de fleur et de satin ;
Qui vas, sous le ciel des prophètes,
Du chêne biblique au palmier,
De la reine aux anachorètes,
Du coeur de l'homme au coeur des bêtes ;
De la tourterelle au ramier,
Du valet à la demoiselle,
Des doigts du chimiste à l'herbier,
De la prière au bénitier ;
Du prêtre à l'hérétique belle,
D'Abel à Caïn réprouvé ;
Amour, tu mêles sous ton aile
Toute la vie universelle !
Mais, ô vous qui m'avez trouvé,
Moi, pauvre pécheur que Dieu pousse
Diseur de Pater et d'Ave,
Sans oreiller que le pavé,
Votre présence me soit douce.
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La sainte, ta patronne, est surtout vénérée
Dans nos pays du Nord et toute la contrée
Dont je suis à demi, la Lorraine et l'Ardenne.
Elle fut courageuse et douce et mourut vierge
Et martyre. Or il faut lui brûler un beau cierge
En ce jour de ta fête et de quelque fredaine
De plus, peut-être, en son honneur, ô ma païenne !
Tu n'es pas vierge, hélas ! mais encore martyre
Non pour Dieu, mais qui te plut. (Qu'ont-ils à rire ?)
A cause de ton cœur saignant resté sublime.
Courageuse, tu l'es, pauvre chère adorée,
Pour supporter tant de douleur démesurée
Avec cette fierté qui pare une victime,
Avec tout ce pardon joyeux et longanime.
Et douce ? Ah oui ! malgré ton allure si vive
Et si forte et rude parfois. Douce et naïve
Comme ta voix d'enfant aux notes paysannes.
Douce au pauvre et naïve envers tous et que bonne
Sous un dehors souvent brutal qui vous étonne,
Vous, les gens, mais dont j'ai vite su les arcanes !
Douce et bonne et naïve, âme exquise qui planes
Au-dessus de tout préjugé bête ou féroce,
Au-dessus de l'hypocrisie et du cant rosse
Et du jargon menteur et de l'argot fétide
Dans la région pure où la haine s'ignore,
Où la rancune expire, où l'amour pur arbore
Sur la blancheur des cieux sa bannière candide.
Ô résignation infiniment splendide.
En ce jour de ta fête et malgré nos frivoles
Préoccupations moins coupables que folles
De baisers redoublés pour le cas, et l'antienne
Plus gentille encor qu'excessive des mots lestes,
Recueillons-nous pourtant, pensons aux fins célestes
Afin qu'après ma mort ou, las ! après la tienne,
Le survivant pour l'absent prie, ô ma chrétienne !
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