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"malade" poems
Ce que j'ai ressenti quand j'ai écouté ses chansons True sorry Sa musique t'envahit Te coupe le souffle Rien que des sentiments graves, étouffantes Il te prend par la main Et t'étrangle soudainement Il te caresse dans ta gifle Il est avec toi et t'abandonne quand tu le désires le plus Il est là Sur des vibrations sonores hors norme Ce qu'il fait t'exaspère te rend malade Il ment sans même rougir L'improbable c'est lui L'horizon , les jardins vivent dans ses imaginations mais il aime me montrer ses démons Nomade Slang Je me balade dans tes pensées Je veille sur tes routines plates Ton âme danse dans cet espace Je te voix heureux mais effrayé de ce monde et ne montrant que ta tristesse Essentielles La mer, le vent chaud les gens qui passent Tout est familier Tu revoit ta jeunesse A l'aise dans un coin Ce que tu es ne te ressemble plus
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Mar 8, 2018
Mar 8, 2018 at 2:01 PM UTC
La musique de Ibrahim Maalouf et son pouvoir de boulverser
Sonnet. C'est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
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Le dormeur du val
Je suis comme le roi d'un pays pluvieux, Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux, Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes, S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes. Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon, Ni son peuple mourant en face du balcon. Du bouffon favori la grotesque ballade Ne distrait plus le front de ce cruel malade ; Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau, Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau, Ne savent plus trouver d'impudique toilette Pour tirer un souris de ce jeune squelette. Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu De son être extirper l'élément corrompu, Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent, Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent, Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.
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Je suis comme le roi d'un pays pluvieux
The docile cork passes us by as we struggle between the waves torn between moon and sun drawn out to open waters followed by megalodons of our world viewed by haughty fishermen plummeting below the frothy waters spun around in vertical vertices turbulence taking hold crushing pressure pulling down the light above fades red hands start to turn blue lips start to tremble bubbles trickle up up up a presence appears, I am not alone a dolphins beak nudges me gently the eyes ingratiate my being I feel my breathing ease my lungs now as one within the space tension around my head is released audacious colours are diverse the motion of the water provides comfort the dolphin fills my being at one the boundaries of sanity are established I power for the surface in confidence the water erupts suspended in air folds I bark in delight freedom fingers drill into my soft tissues my breath is warm amongst the towelling toes and fingers tingle my nose walks through the lavender field drifting banks of pollen powder my bare back carefree, what a great time to live the door closes I enter my world again same time next week
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Jul 7, 2020
Jul 7, 2020 at 12:25 PM UTC
Quelle ambiance de malade
J'ay varié ma vie en devidant la trame Que Clothon me filoit entre malade et sain, Maintenant la santé se logeoit en mon sein, Tantost la maladie extreme fleau de l'ame. La goutte ja vieillard me bourrela les veines, Les muscles et les nerfs, execrable douleur, Montrant en cent façons par cent diverses peines Que l'homme n'est sinon le subject de malheur. L'un meurt en son printemps, l'autre attend la vieillesse, Le trespas est tout un, les accidens divers : Le vray tresor de l'homme est la verte jeunesse, Le reste de nos ans ne sont que des hivers. Pour long temps conserver telle richesse entiere Ne force ta nature, ains ensuy la raison, Fuy l'amour et le vin, des vices la matiere, Grand loyer t'en demeure en la vieille saison. La jeunesse des Dieux aux hommes n'est donnee Pour gouspiller sa fleur, ainsi qu'on void fanir La rose par le chauld, ainsi mal gouvernee La jeunesse s'enfuit sans jamais revenir.
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J'ay varié ma vie en devidant la trame
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
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La couronne et le bonnet de nuit
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
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L’amitié ne se regrette jamais mais l’amour toujours L’espace qui reste de nos sentiments se rétrécie chaque jour un cm de plus Tu peux avoir tout sauf une âme similaire à une personne que tu aimes Ce qui nous fatigue nous rend malade sans remède sur des terrases de maisons d ’inconnues
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Jun 5, 2018
Jun 5, 2018 at 1:24 AM UTC
Little french poems
Couleurs en lambeaux du à trois jours Ça pique , ça chatouille , elle arrive , je la sens , pas bien... Ses pas sont vert , porte la music tel une mélodie qui ne connait limite Les petits coup de , l'oeil devinent la vie , ram ou rav Ma peur , mots , ne se manifeste auprès d'elle , chaque fois Elle se retourne , que regarder , que penser , figé , respiré , demande Comment va tu ? Non , trop formel , tu a prit tes soins ? Trop personnel ... Parler , il le faut , parle la , elle se retourne , je me tourne ... Non Sa voix est faible , ses chants plus possible , yeux sur mien Arrete , mots , sortis , " je t'attendais",  " j'étais venu te voir , la porte était fermé " " Désolé " , Elle sourit , pour moi , moi .
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Nov 9, 2018
Nov 9, 2018 at 6:33 AM UTC
96' ( french version ) Elle est malade ...
Que mon sort est affreux ! S'écriait un hibou : Vieux, infirme, souffrant, accablé de misère, Je suis isolé sur la terre, Et jamais un oiseau n'est venu dans mon trou Consoler un moment ma douleur solitaire. Un pigeon entendit ces mots, Et courut auprès du malade : Hélas ! Mon pauvre camarade, Lui dit-il, je plains bien vos maux. Mais je ne comprends pas qu'un hibou de votre âge Soit sans épouse, sans parents, Sans enfants ou petits-enfants. N'avez-vous point serré les nœuds du mariage Pendant le cours de vos beaux ans ? Le hibou répondit : non vraiment, mon cher frère : Me marier ! Et pourquoi faire ? J'en connaissais trop le danger. Vouliez-vous que je prisse une jeune chouette, Bien étourdie et bien coquette, Qui me trahît sans cesse ou me fît enrager, Qui me donnât des fils d'un méchant caractère, Ingrats, menteurs, mauvais sujets, Désirant en secret le trépas de leur père ? Car c'est ainsi qu'ils sont tous faits. Pour des parents, je n'en ai guère, Et ne les vis jamais : ils sont durs, exigeants, Pour le moindre sujet s'irritent, N'aiment que ceux dont ils héritent ; Encor ne faut-il pas qu'ils attendent longtemps. Tout frère ou tout cousin nous déteste et nous pille. Je ne suis pas de votre avis, Répondit le pigeon : mais parlons des amis ; Des orphelins c'est la famille : Vous avez dû près d'eux trouver quelques douceurs. - Les amis ! Ils sont tous trompeurs. J'ai connu deux hiboux qui tendrement s'aimèrent Pendant quinze ans, et, certain jour, Pour une souris s'égorgèrent. Je crois à l'amitié moins encor qu'à l'amour. - Mais ainsi, Dieu me le pardonne ! Vous n'avez donc aimé personne ? - Ma foi, non, soit dit entre nous. - En ce cas-là, mon cher, de quoi vous plaignez-vous ?
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Le hibou et le pigeon
Que mon sort est affreux ! S'écriait un hibou : Vieux, infirme, souffrant, accablé de misère, Je suis isolé sur la terre, Et jamais un oiseau n'est venu dans mon trou Consoler un moment ma douleur solitaire. Un pigeon entendit ces mots, Et courut auprès du malade : Hélas ! Mon pauvre camarade, Lui dit-il, je plains bien vos maux. Mais je ne comprends pas qu'un hibou de votre âge Soit sans épouse, sans parents, Sans enfants ou petits-enfants. N'avez-vous point serré les nœuds du mariage Pendant le cours de vos beaux ans ? Le hibou répondit : non vraiment, mon cher frère : Me marier ! Et pourquoi faire ? J'en connaissais trop le danger. Vouliez-vous que je prisse une jeune chouette, Bien étourdie et bien coquette, Qui me trahît sans cesse ou me fît enrager, Qui me donnât des fils d'un méchant caractère, Ingrats, menteurs, mauvais sujets, Désirant en secret le trépas de leur père ? Car c'est ainsi qu'ils sont tous faits. Pour des parents, je n'en ai guère, Et ne les vis jamais : ils sont durs, exigeants, Pour le moindre sujet s'irritent, N'aiment que ceux dont ils héritent ; Encor ne faut-il pas qu'ils attendent longtemps. Tout frère ou tout cousin nous déteste et nous pille. Je ne suis pas de votre avis, Répondit le pigeon : mais parlons des amis ; Des orphelins c'est la famille : Vous avez dû près d'eux trouver quelques douceurs. - Les amis ! Ils sont tous trompeurs. J'ai connu deux hiboux qui tendrement s'aimèrent Pendant quinze ans, et, certain jour, Pour une souris s'égorgèrent. Je crois à l'amitié moins encor qu'à l'amour. - Mais ainsi, Dieu me le pardonne ! Vous n'avez donc aimé personne ? - Ma foi, non, soit dit entre nous. - En ce cas-là, mon cher, de quoi vous plaignez-vous ?
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La vipère disait un jour à la sangsue : Que notre sort est différent ! On vous cherche, on me fuit, si l'on peut on me tue ; Et vous, aussitôt qu'on vous prend, **** de craindre votre blessure, L'homme vous donne de son sang Une ample et bonne nourriture : Cependant vous et moi faisons même piqûre. La citoyenne de l'étang Répond : oh que nenni, ma chère ; La vôtre fait du mal, la mienne est salutaire. Par moi plus d'un malade obtient sa guérison, Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle. Entre nous deux, je crois, la différence est belle : Je suis remède, et vous poison. Cette fable aisément s'explique : C'est la satire et la critique.
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La vipère et la sangsue
Quand l'été, dans ton lit, tu te couches malade, Couverte d'un linceul, de roses tout semé, Amour, d'arc et de trousse et de flèches armé, Caché sous ton chevet, se tient en embuscade. Personne ne te voit, qui d'une couleur fade Ne retourne au logis ou malade ou spasmé ; Qu'il ne sente d'Amour tout son cœur entamé, Ou ne soit ébloui des rais de ton œillade. C'est un plaisir de voir tes cheveux arrangés Sous un scofion (1) peint d'une soie diverse ; Voir deçà, voir delà tes membres allongés, Et ta main qui le lit nonchalante traverse, Et ta voix qui me charme, et ma raison renverse Si fort que tous mes sens en deviennent changés. 1. Escofion, scofion : Coiffe de femme.
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Quand l'été, dans ton lit, tu te couches malade
Tu es mon meilleur ami Je suis très désolée Mais je ne sais pas pourquoi tu aime moi Peut être tu es soif pour quelque chose nouvelle Peut être il est vrai, ton sentiments Ton mots Je m'en fiche du passé Je sais que tu t'en fiche l'un ou l'autre Mais je suis malade avec mes décisions Pourquoi je suis le criminel Pourquoi je suis coupable Je ne devrais pas existe Tu es très spectaculaire, génial, magnifique Mais je ne peux pas continuer avec toi Avec nous Avec la planète La terre n'est plus ma maison Je n'appartiens pas ici Je suis désolée Très très très désolée Mais il doit être fini Au revoir mon meilleur ami Mi amour Mon amour pour toujours Au revoir lune brilliant Et toute ta beauté Je aller me manquer ton façade Je reviendrai Pas bientôt Mais éventuellement Quand tu ne m'aimes pas plus Et je peux être libre de moi Mais rappelles toi Je t'aime toujours D'une autre façon En amitiée, Ton copine
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Apr 19, 2018
Apr 19, 2018 at 9:22 AM UTC
Si Longtemps
À Mademoiselle Contat. Vos doigts de rose ont déchiré Le crêpe étendu sur ma vie ; Par vous, belle et sensible amie, De mes fers je suis délivré. Je ne suis plus seul sur la terre ; Je redeviens, par vos bienfaits, Fils, époux, citoyen et père, Ami, frère, et surtout Français. Me savaient-ils cette existence, Ceux qui m'avaient calomnié ? Riche et fier de votre amitié, Pouvais-je abandonner la France ? Ami de la tranquillité, Je ne suis ni guerrier ni prêtre. J'ai fait quelques héros peut-être ; Mais je ne l'ai jamais été. C'est depuis qu'elle m'est ravie Que j'estime la liberté : Elle ressemble à la santé, Que le seul malade apprécie. Mille fois heureux qui par vous Recouvre ce bien que j'adore ; Mille fois plus heureux encore Qui peut le perdre à vos genoux ! À Dunkerque, le 9 décembre 1792
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Ami de la tranquillité
Stance. J'ai vu la peste en raccourci : Et s'il faut en parler sans feindre, Puisque la peste est faite ainsi, Peste, que la peste est à craindre ! De cœurs qui n'en sauraient guérir Elle est partout accompagnée, Et dût-on cent fois en mourir, Mille voudraient l'avoir gagnée. L'ardeur dont ils sont emportés, En ce péril leur persuade, Qu'avoir la peste à ses côtés, Ce n'est point être trop malade. Aussi faut-il leur accorder Qu'on aurait du bonheur de reste, Pour peu qu'on se pût hasarder Au beau milieu de cette peste. La mort serait douce à ce prix, Mais c'est un malheur à se pendre Qu'on ne meurt pas d'en être pris, Mais faute de la pouvoir prendre. L'ardeur qu'elle fait naître au sein N'y fait même un mal incurable Que parce qu'elle prend soudain, Et qu'elle est toujours imprenable. Aussi chacun y perd son temps, L'un en gémit, l'autre en déteste, Et ce que font les plus contents C'est de pester contre la peste.
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La peste
Mère, quel doux chant me réveille ? Minuit ! c'est l'heure où l'on sommeille. Qui peut, pour moi, venir si **** Veiller et chanter à l'écart ? Dors, mon enfant, dors ! c'est un rêve. En silence la nuit s'achève, Mon front repose auprès du tien, Je l'embrasse et je n'entends rien. Nul ne donne de sérénade À toi, ma pauvre enfant malade ! Ô mère ! ils descendent des cieux, Ces sons, ces chants harmonieux ; Nulle voix d'homme n'est si belle, Et c'est un ange qui m'appelle ! Le soleil brille, il m'éblouit... Adieu, ma mère, bonne nuit ! Le lendemain, quand vint l'aurore, La blanche enfant dormait encore ; Sa mère l'appelle en pleurant, Nul baiser n'éveille l'enfant... Son âme s'était envolée Quand les chants l'avaient appelée.
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La Sérénade
Je suis malade Je suis fatigué Mais tous ces maux stéréotypées pâle en comparaison de la douleur creusée dans mes os qui restaient quand vous avez creusé ma moelle et m'a laissé sans une greffe Je suis fatigué Je suis malade
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Sep 13, 2014
Sep 13, 2014 at 8:58 PM UTC
I am
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Laisse-moi sommeiller, Amour ! Ne te suffit-il que de jour Les yeux trop cruels de ma dame Me tourmentent le corps et l'âme, Sans la nuit me vouloir ainsi Tourmenter d'un nouveau souci, Alors que je devrais refaire Dans le lit la peine ordinaire Que tout le jour je souffre au cœur ! Hélas ! Amour plein de rigueur, Cruel enfant, que veux-tu dire ? Toujours le vautour ne martyre Le pauvre cœur Promethean Sur le sommet Caucasean, Mais de nuit recroître le laisse, À fin qu'au matin s'en repaisse. Mais tu me ronges jour et nuit, Et ton soin, qui toujours me suit, Ne veut que mon cœur se refasse ; Mais toujours, toujours le tirasse, Ainsi qu'un acharné limier Tirasse le cœur d'un sanglier. Chacun dit que je suis malade, Me voyant la couleur si fade Et le teint si morne et si blanc ; Et dit-on vrai, car je n'ai sang En veine, ni force en artère ; Aussi la nuit je ne digère Et mon souper me reste cru Dans l'estomac d'amours recru. Mais, Amour, j'aurai la vengeance De ta cruelle outrecuidance Quittant ma vie, et, si je meurs, Je serai franc de tes douleurs : Car rien ne peut ta tyrannie Sur un corps qui n'a plus de vie.
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Laisse-moi sommeiller, amour
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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L'aveugle et le paralytique
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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You ever notice how it's hard to appreciate giant bronze statues when you're hungry? I rumble an empty stomach I need to be filled and a thousand dollar plane ticket leads to an attempt to do that It gets blasé after awhile "Oh, you're church doesn't have gold mosaic ceilings? What is this trash?" I'm surrounded, guns drawn by an endless litany of priceless art and artifacts but I find more inspiration in the teen trying to herd pigeons than the golden horses on the Venice balcony more from the father trying to teach his baby daughter that cigarette butts aren't a thing to be picked off the ground (there are some conversations you don't need to speak the same language to understand) than the ancient cannons in the Salzburg castle wall the cannons used in some ancient battle that truly represented the blah blah blah A long time ago men died here, killed each other, defending their home so that years later privileged ***** like me could stand around it and take pictures and not give a **** All for the low low price of 10 €. If you stand very still you can feel the ground shake underneath you the collective drone of the tourists rumbling Mouths watering on feed me your culture I step into a building older than my country. In the bottom is an H&M I fill myself in the simple message poured out of a spray can on a Munich subway wall I ♥ U or perhaps, what filled me the most Thanksgiving dinner was some graffiti scrawled in shaky hand at the base of a statue in Barcelona. The graffiti was in French "Je suis malade" I am sick
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Jan 30, 2018
Jan 30, 2018 at 5:19 PM UTC
Travel
You ever notice how it's hard to appreciate giant bronze statues when you're hungry? I rumble an empty stomach I need to be filled and a thousand dollar plane ticket leads to an attempt to do that It gets blasé after awhile "Oh, you're church doesn't have gold mosaic ceilings? What is this trash?" I'm surrounded, guns drawn by an endless litany of priceless art and artifacts but I find more inspiration in the teen trying to herd pigeons than the golden horses on the Venice balcony more from the father trying to teach his baby daughter that cigarette butts aren't a thing to be picked off the ground (there are some conversations you don't need to speak the same language to understand) than the ancient cannons in the Salzburg castle wall the cannons used in some ancient battle that truly represented the blah blah blah A long time ago men died here, killed each other, defending their home so that years later privileged ***** like me could stand around it and take pictures and not give a **** All for the low low price of 10 €. If you stand very still you can feel the ground shake underneath you the collective drone of the tourists rumbling Mouths watering on feed me your culture I step into a building older than my country. In the bottom is an H&M I fill myself in the simple message poured out of a spray can on a Munich subway wall I ♥ U or perhaps, what filled me the most Thanksgiving dinner was some graffiti scrawled in shaky hand at the base of a statue in Barcelona. The graffiti was in French "Je suis malade" I am sick
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Tu restes avec moi quand je suis malade avec tes cheveux drapés comme des rideaux les lèvres peintes en rouge comme des roses sur la table tu t'es couchée avec moi, les bras enroulés autour de moi ton souffle sur mon épaule et ton cœur dans mes paumes sèches tu m'as donné chaque partie de toi ton amour, ton corps, ton âme, ta vie... "tout ce que tu veux dans le monde, je te le donnerai" tu m'as parlé en silence mais quand je me réveille, les fleurs rouges vibrantes sont fanées tes marques ont disparu les draps sont neufs et propres et je pleure
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Apr 13, 2021
Apr 13, 2021 at 11:21 AM UTC
Quand je me réveille
Ô père qu'adore mon père ! Toi qu'on ne nomme qu'à genoux ! Toi, dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère ! On dit que ce brillant soleil N'est qu'un jouet de ta puissance ; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil. On dit que c'est toi qui fais naître Les petits oiseaux dans les champs, Et qui donne aux petits enfants Une âme aussi pour te connaître ! On dit que c'est toi qui produis Les fleurs dont le jardin se pare, Et que, sans toi, toujours avare, Le verger n'aurait point de fruits. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié ; Nul insecte n'est oublié À ce festin de la nature. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, La mouche au bord du vase puise Les blanches gouttes de mon lait ! L'alouette a la graine amère Que laisse envoler le glaneur, Le passereau suit le vanneur, Et l'enfant s'attache à sa mère. Et, pour obtenir chaque don, Que chaque jour tu fais éclore, À midi, le soir, à l'aurore, Que faut-il ? prononcer ton nom ! Ô Dieu ! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté. Un enfant même est écouté Dans le choeur qui te glorifie ! On dit qu'il aime à recevoir Les voeux présentés par l'enfance, À cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir. On dit que leurs humbles louanges A son oreille montent mieux, Que les anges peuplent les cieux, Et que nous ressemblons aux anges ! Ah ! puisqu'il entend de si **** Les voeux que notre bouche adresse, Je veux lui demander sans cesse Ce dont les autres ont besoin. Mon Dieu, donne l'onde aux fontaines, Donne la plume aux passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l'ombre et la rosée aux plaines. Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu'il pleure, À l'orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté. Donne une famille nombreuse Au père qui craint le Seigneur, Donne à moi sagesse et bonheur, Pour que ma mère soit heureuse ! Que je sois bon, quoique petit, Comme cet enfant dans le temple, Que chaque matin je contemple, Souriant au pied de mon lit. Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité, Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon coeur mûrisse ! Et que ma voix s'élève à toi Comme cette douce fumée Que balance l'urne embaumée Dans la main d'enfants comme moi !
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Hymne de l'enfant à son réveil
Ô père qu'adore mon père ! Toi qu'on ne nomme qu'à genoux ! Toi, dont le nom terrible et doux Fait courber le front de ma mère ! On dit que ce brillant soleil N'est qu'un jouet de ta puissance ; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil. On dit que c'est toi qui fais naître Les petits oiseaux dans les champs, Et qui donne aux petits enfants Une âme aussi pour te connaître ! On dit que c'est toi qui produis Les fleurs dont le jardin se pare, Et que, sans toi, toujours avare, Le verger n'aurait point de fruits. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié ; Nul insecte n'est oublié À ce festin de la nature. L'agneau broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, La mouche au bord du vase puise Les blanches gouttes de mon lait ! L'alouette a la graine amère Que laisse envoler le glaneur, Le passereau suit le vanneur, Et l'enfant s'attache à sa mère. Et, pour obtenir chaque don, Que chaque jour tu fais éclore, À midi, le soir, à l'aurore, Que faut-il ? prononcer ton nom ! Ô Dieu ! ma bouche balbutie Ce nom des anges redouté. Un enfant même est écouté Dans le choeur qui te glorifie ! On dit qu'il aime à recevoir Les voeux présentés par l'enfance, À cause de cette innocence Que nous avons sans le savoir. On dit que leurs humbles louanges A son oreille montent mieux, Que les anges peuplent les cieux, Et que nous ressemblons aux anges ! Ah ! puisqu'il entend de si **** Les voeux que notre bouche adresse, Je veux lui demander sans cesse Ce dont les autres ont besoin. Mon Dieu, donne l'onde aux fontaines, Donne la plume aux passereaux, Et la laine aux petits agneaux, Et l'ombre et la rosée aux plaines. Donne au malade la santé, Au mendiant le pain qu'il pleure, À l'orphelin une demeure, Au prisonnier la liberté. Donne une famille nombreuse Au père qui craint le Seigneur, Donne à moi sagesse et bonheur, Pour que ma mère soit heureuse ! Que je sois bon, quoique petit, Comme cet enfant dans le temple, Que chaque matin je contemple, Souriant au pied de mon lit. Mets dans mon âme la justice, Sur mes lèvres la vérité, Qu'avec crainte et docilité Ta parole en mon coeur mûrisse ! Et que ma voix s'élève à toi Comme cette douce fumée Que balance l'urne embaumée Dans la main d'enfants comme moi !
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Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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À un poète
Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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Il n'y a rien de plus libre que d'être associal, Dans cet univers de malade mental. - Il n'y a rien de mieux que de se retrouver seul avec soi même - A quoi bon vivre une grande vie de bohème ? J'ai appris une seule chose dans mon ivresse : J'aime la solitude autant que je la déteste.
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Jun 9, 2017
Jun 9, 2017 at 2:33 PM UTC
Le solitaire
C'est un trou de verdure, où chante une riviere Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent, où le soleil, de la montagne fière, Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort; il est étendu dans 1'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumiere pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme. Nature, berce-le chaudement: il a froid! Les parfums ne font pas frissonner sa narine; II dort dans le soleil, la main stir sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. Arthur Rimbaud, Oeuvres translation: THE VALLEY SLEEPER It's a green vale where a river runs clawing madly at silver herbs that toss shade, while from proud mountain the sun's rays fall on a crater foaming with moss. A young soldier, mouth open, head bare, neck nape bathed in blue water cress sleeps; white faced, of clouds unaware and in green bed, the light's caress. Feet in gladioli, smiling, dozing, still as a sick child smiles, he is taking a rest. His nostrils uncloyed by scents, he sleeps in the sun, hand on chest, In his right side are two red rents. TOBIAS
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Mar 24, 2018
Mar 24, 2018 at 1:38 PM UTC
Le Dormeur Du Val