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"luttes" poems
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Mar 23, 2014
Mar 23, 2014 at 1:31 PM UTC
Notre ami, le Mouflon (A Muvra)
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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L'agonisant
Ce doit être bon de mourir, D'expirer, oui, de rendre l'âme, De voir enfin les cieux s'ouvrir ; Oui, bon de rejeter sa flamme Hors d'un corps las qui va pourrir ; Oui, ce doit être bon, Madame, Ce doit être bon de mourir ! Bon, comme de faire l'amour, L'amour avec vous, ma Mignonne, Oui, la nuit, au lever du jour, Avec ton âme qui rayonne, Ton corps royal comme une cour ; Ce doit être bon, ma Mignonne, Oui, comme de faire l'amour ; Bon, comme alors que bat mon cœur, Pareil au tambour qui défile, Un tambour qui revient vainqueur, D'arracher le voile inutile Que retenait ton doigt moqueur, De t'emporter comme une ville Sous le feu roulant de mon cœur ; De faire s'étendre ton corps, Dont le soupirail s'entrebâille. Dans de délicieux efforts, Ainsi qu'une rose défaille Et va se fondre en parfums forts, Et doux, comme un beau feu de paille ; De faire s'étendre ton corps ; De faire ton âme jouir, Ton âme aussi belle à connaître, Que tout ton corps à découvrir ; De regarder par la fenêtre De tes yeux ton amour fleurir, Fleurir dans le fond de ton être De faire ton âme jouir ; D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme, Oui d'être à deux comme une fleur, Une grande fleur qui se pâme, Qui se pâme dans la chaleur. Oui, bon, comme de voir tes yeux Humides des pleurs de l'ivresse, Quand le double jeu sérieux Des langues que la bouche presse, Fait se révulser jusqu'aux cieux, Dans l'appétit de la caresse, Les deux prunelles de tes yeux ; De jouir des mots que ta voix Me lance, comme des flammèches, Qui, me brûlant comme tes doigts, M'entrent au cœur comme des flèches, Tandis que tu mêles ta voix Dans mon oreille que tu lèches, À ton souffle chaud que je bois ; Comme de mordre tes cheveux, Ta toison brune qui ruisselle, Où s'étalent tes flancs nerveux, Et d'empoigner les poils de celle La plus secrète que je veux, Avec les poils de ton aisselle, Mordiller comme tes cheveux ; D'étreindre délicatement Tes flancs nus comme pour des luttes, D'entendre ton gémissement Rieur comme ce chant des flûtes, Auquel un léger grincement Des dents se mêle par minutes, D'étreindre délicatement, De presser ta croupe en fureur Sous le désir qui la cravache Comme une jument d'empereur, Tes seins où ma tête se cache Dans la délicieuse horreur Des cris que je... que je t'arrache Du fond de ta gorge en fureur ; Ce doit être bon de mourir, Puisque faire ce que l'on nomme L'amour, impérieux plaisir De la femme mêlée à l'homme, C'est doux à l'instant de jouir, C'est bon, dis-tu, c'est bon... oui... comme, Comme si l'on allait mourir ?
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Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.
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Le port
I. À qui donc le grand ciel sombre Jette-t-il ses astres d'or ? Pluie éclatante de l'ombre, Ils tombent...? - Encor ! encor ! Encor ! - lueurs éloignées, Feux purs, pâles orients, Ils scintillent... - ô poignées De diamant effrayants ! C'est de la splendeur qui rôde, Ce sont des points univers, La foudre dans l'émeraude ! Des bleuets dans des éclairs ! Réalités et chimères Traversant nos soirs d'été ! Escarboucles éphémères De l'obscure éternité ! De quelle main sortent-elles ? Cieux, à qui donc jette-t-on Ces tourbillons d'étincelles ? Est-ce à l'âme de Platon ? Est-ce à l'esprit de Virgile ? Est-ce aux monts ? est-ce au flot vert ? Est-ce à l'immense évangile Que Jésus-Christ tient ouvert ? Est-ce à la tiare énorme De quelque Moïse enfant Dont l'âme a déjà la forme Du firmament triomphant ? Ces feux-là vont-ils aux prières ? À qui l'Inconnu profond Ajoute-t-il ces lumières, Vagues flammes de son front ? Est-ce, dans l'azur superbe, Aux religions que Dieu, Pour accentuer son verbe, Jette ces langues de feu ? Est-ce au-dessus de la Bible Que flamboie, éclate et luit L'éparpillement terrible Du sombre écrin de la nuit ? Nos questions en vain pressent Le ciel, fatal ou béni. Qui peut dire à qui s'adressent Ces envois de l'infini ? Qu'est-ce que c'est que ces chutes D'éclairs au ciel arrachés ? Mystère ! Sont-ce des luttes ? Sont-ce des hymens ? Cherchez. Sont-ce les anges du soufre ? Voyons-nous quelque essaim bleu D'argyraspides du gouffre Fuir sur des chevaux de feu ? Est-ce le Dieu des désastres, Le Sabaoth irrité, Qui lapide avec des astres Quelque soleil révolté ?
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Les étoiles filantes
I. À qui donc le grand ciel sombre Jette-t-il ses astres d'or ? Pluie éclatante de l'ombre, Ils tombent...? - Encor ! encor ! Encor ! - lueurs éloignées, Feux purs, pâles orients, Ils scintillent... - ô poignées De diamant effrayants ! C'est de la splendeur qui rôde, Ce sont des points univers, La foudre dans l'émeraude ! Des bleuets dans des éclairs ! Réalités et chimères Traversant nos soirs d'été ! Escarboucles éphémères De l'obscure éternité ! De quelle main sortent-elles ? Cieux, à qui donc jette-t-on Ces tourbillons d'étincelles ? Est-ce à l'âme de Platon ? Est-ce à l'esprit de Virgile ? Est-ce aux monts ? est-ce au flot vert ? Est-ce à l'immense évangile Que Jésus-Christ tient ouvert ? Est-ce à la tiare énorme De quelque Moïse enfant Dont l'âme a déjà la forme Du firmament triomphant ? Ces feux-là vont-ils aux prières ? À qui l'Inconnu profond Ajoute-t-il ces lumières, Vagues flammes de son front ? Est-ce, dans l'azur superbe, Aux religions que Dieu, Pour accentuer son verbe, Jette ces langues de feu ? Est-ce au-dessus de la Bible Que flamboie, éclate et luit L'éparpillement terrible Du sombre écrin de la nuit ? Nos questions en vain pressent Le ciel, fatal ou béni. Qui peut dire à qui s'adressent Ces envois de l'infini ? Qu'est-ce que c'est que ces chutes D'éclairs au ciel arrachés ? Mystère ! Sont-ce des luttes ? Sont-ce des hymens ? Cherchez. Sont-ce les anges du soufre ? Voyons-nous quelque essaim bleu D'argyraspides du gouffre Fuir sur des chevaux de feu ? Est-ce le Dieu des désastres, Le Sabaoth irrité, Qui lapide avec des astres Quelque soleil révolté ?
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I. Ô soldats de l'an deux ! ô guerres ! épopées ! Contre les rois tirant ensemble leurs épées, Prussiens, autrichiens, Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes, Contre le czar du nord, contre ce chasseur d'hommes Suivi de tous ses chiens, Contre toute l'Europe avec ses capitaines, Avec ses fantassins couvrant au **** les plaines, Avec ses cavaliers, Tout entière debout comme une hydre vivante, Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante Et les pieds sans souliers ! Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle, Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule, Passant torrents et monts, Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres Ainsi que des démons ! La Liberté sublime emplissait leurs pensées. Flottes prises d'assaut, frontières effacées Sous leur pas souverain, Ô France, tous les jours, c'était quelque prodige, Chocs, rencontres, combats ; et Joubert sur l'Adige, Et Marceau sur le Rhin ! On battait l'avant-garde, on culbutait le centre ; Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre, On allait ! en avant ! Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes, Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes, Se dispersaient au vent ! Oh ! que vous étiez grands au milieu des mêlées, Soldats ! L'œil plein d'éclairs, faces échevelées Dans le noir tourbillon, Ils rayonnaient, debout, ardents, dressant la tête Et comme les lions aspirent la tempête Quand souffle l'aquilon, Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques, Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques, Le fer heurtant le fer, La Marseillaise ailée et volant dans les balles, Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales, Et ton rire, ô Kléber ! La Révolution leur criait : - Volontaires, Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères ! - Contents, ils disaient oui. - Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes ! - Et l'on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes Sur le monde ébloui ! La tristesse et la peur leur étaient inconnues. Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues Si ces audacieux, En retournant les yeux dans leur course olympique, Avaient vu derrière eux la grande République Montrant du doigt les cieux ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (I)
I. Ô soldats de l'an deux ! ô guerres ! épopées ! Contre les rois tirant ensemble leurs épées, Prussiens, autrichiens, Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes, Contre le czar du nord, contre ce chasseur d'hommes Suivi de tous ses chiens, Contre toute l'Europe avec ses capitaines, Avec ses fantassins couvrant au **** les plaines, Avec ses cavaliers, Tout entière debout comme une hydre vivante, Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante Et les pieds sans souliers ! Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle, Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule, Passant torrents et monts, Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres Ainsi que des démons ! La Liberté sublime emplissait leurs pensées. Flottes prises d'assaut, frontières effacées Sous leur pas souverain, Ô France, tous les jours, c'était quelque prodige, Chocs, rencontres, combats ; et Joubert sur l'Adige, Et Marceau sur le Rhin ! On battait l'avant-garde, on culbutait le centre ; Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre, On allait ! en avant ! Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes, Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes, Se dispersaient au vent ! Oh ! que vous étiez grands au milieu des mêlées, Soldats ! L'œil plein d'éclairs, faces échevelées Dans le noir tourbillon, Ils rayonnaient, debout, ardents, dressant la tête Et comme les lions aspirent la tempête Quand souffle l'aquilon, Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques, Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques, Le fer heurtant le fer, La Marseillaise ailée et volant dans les balles, Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales, Et ton rire, ô Kléber ! La Révolution leur criait : - Volontaires, Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères ! - Contents, ils disaient oui. - Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes ! - Et l'on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes Sur le monde ébloui ! La tristesse et la peur leur étaient inconnues. Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues Si ces audacieux, En retournant les yeux dans leur course olympique, Avaient vu derrière eux la grande République Montrant du doigt les cieux ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Seras-tu de l'amour l'éternelle pâture ? À quoi te sert la volonté, Si ce n'est point, ô cœur, pour vaincre ta torture, Et dans la paix enfin, plus fort que la nature, T'asseoir sur le désir dompté, Ainsi qu'un bestiaire, après la lutte, règne Sur son tigre qui s'est rendu, Et s'assied sur la bête, et, de son poing qui saigne La courbant jusqu'à terre, exige qu'elle craigne Alors même qu'elle a mordu ? Et comme ce dompteur, seul au fond de la cage, Ne cherche qu'en soi son appui, Car nul dans ce péril avec lui ne s'engage, Et nul ne sait parler le tacite langage Que le monstre parle avec lui, Ainsi, dans les combats que le désir te livre, Ne compte sur personne, ô cœur ! N'attends pas, sous la dent, qu'un autre te délivre ! Tu luttes quelque part où nul ne peut te suivre, Toujours seul, victime ou vainqueur.
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Combats intimes
Vrai, nous avons trop d'esprit. Chérie ! Je crois que mal nous en prit, Chérie ! D'ainsi lutter corps à corps Encore ! Sans repos et sans remords Encore ! Plus, n'est-ce pas ? de ces luttes Sans but, Plus de ces mauvaises flûtes. Ce luth, Ô ce luth de bien se faire Tel air, Toujours vibrant, chanson hère Dans l'air ! Et n'ayons plus d'esprit, T'en prie ! Tu vois que mal nous en prit... T'en prie. Soyons bons tout bêtement, Charmante, Aimons-nous aimablement M'amante !
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Vrai, nous avons trop d'esprit
Musa, ma jolie banane jaune Toute mûre et parfumée, Avant que je te pèle et que je te déguste Je te regarde et sous le masque de ta peau Je vois l'ombre de ton jardin secret. Ce n'est ni un potager ni un verger secret Ni un champ de vigne ni une oliveraie ou une mangueraie Ton jardin secret est une plantation De cannes éternellement précoces. Tu défriches, tu plantes, tu sarcles, tu boutures De ta houe de ta pelle et de ta pioche Tu creuses, tu nettoies, tu récoltes Tu luttes contre les cyclones et la sécheresse Et les ravageurs Tu vois fleurir Et tu aiguises ton sabre pour la récolte. Quand les roseaux sucrés Atteignent le ****** de leur fruité Ta coupe millimétrique Taille dans la chair des cannes Un spécimen Qu'une fois rincé à l'eau de ta source Tu suces à pleine bouche Tu broies sans merci Malaxes, presses, purges. Le vesou sourd de ton sein droit De sa belle couleur vert canne Cent pour cent bio avec un goût de mirabelle Et de ton sein gauche le lait gicle en punch coco Et la source se déverse dans un bénitier Où je communie aux deux espèces Irradié de ce jardin secret.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:28 AM UTC
L'ombre de ton jardin secret
Pourquoi t'exiler, ô poète, Dans la foule où nous te voyons ? Que sont pour ton âme inquiète Les partis, chaos sans rayons ? Dans leur atmosphère souillée Meurt ta poésie effeuillée : Leur souffle égare ton encens ; Ton cœur, dans leurs luttes serviles, Est comme ces gazons des villes Rongés par les pieds des passants. Dans les brumeuses capitales N'entends-tu pas avec effroi, Comme deux puissances fatales, Se heurter le peuple et le roi ? De ces haines que tout réveille À quoi bon remplir ton oreille, Ô poète, ô maître, ô semeur ? Tout entier au Dieu que tu nommes, Ne te mêle pas à ces hommes Qui vivent dans une rumeur ! Va résonner, âme épurée, Dans le pacifique concert ! Va t'épanouis, fleur sacrée, Sous les larges cieux du désert ! Ô rêveur, cherche les retraites, Les abris, les grottes discrètes, Et l'oubli pour trouver l'amour, Et le silence afin d'entendre La voix d'en haut, sévère et tendre, Et l'ombre afin de voir le jour ! Va dans les bois ! va sur les plages ! Compose tes chants inspirés Avec la chanson des feuillages Et l'hymne des flots azurés ! Dieu t'attend dans les solitudes ; Dieu n'est pas dans les multitudes ; L'homme est petit, ingrat et vain. Dans les champs tout vibre et soupire. La nature est la grande lyre, Le poète est l'archet divin ! Sors de nos tempêtes, ô sage ! Que pour toi l'empire en travail, Qui fait son périlleux passage Sans boussole et sans gouvernail, Soit comme un vaisseau qu'en décembre Le pêcheur, du fond de sa chambre Où pendent ses filets séchés, Entend la nuit passer dans l'ombre Avec un bruit sinistre et sombre De mâts frissonnants et penchés !
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Fonction du poète (I)
Pourquoi t'exiler, ô poète, Dans la foule où nous te voyons ? Que sont pour ton âme inquiète Les partis, chaos sans rayons ? Dans leur atmosphère souillée Meurt ta poésie effeuillée : Leur souffle égare ton encens ; Ton cœur, dans leurs luttes serviles, Est comme ces gazons des villes Rongés par les pieds des passants. Dans les brumeuses capitales N'entends-tu pas avec effroi, Comme deux puissances fatales, Se heurter le peuple et le roi ? De ces haines que tout réveille À quoi bon remplir ton oreille, Ô poète, ô maître, ô semeur ? Tout entier au Dieu que tu nommes, Ne te mêle pas à ces hommes Qui vivent dans une rumeur ! Va résonner, âme épurée, Dans le pacifique concert ! Va t'épanouis, fleur sacrée, Sous les larges cieux du désert ! Ô rêveur, cherche les retraites, Les abris, les grottes discrètes, Et l'oubli pour trouver l'amour, Et le silence afin d'entendre La voix d'en haut, sévère et tendre, Et l'ombre afin de voir le jour ! Va dans les bois ! va sur les plages ! Compose tes chants inspirés Avec la chanson des feuillages Et l'hymne des flots azurés ! Dieu t'attend dans les solitudes ; Dieu n'est pas dans les multitudes ; L'homme est petit, ingrat et vain. Dans les champs tout vibre et soupire. La nature est la grande lyre, Le poète est l'archet divin ! Sors de nos tempêtes, ô sage ! Que pour toi l'empire en travail, Qui fait son périlleux passage Sans boussole et sans gouvernail, Soit comme un vaisseau qu'en décembre Le pêcheur, du fond de sa chambre Où pendent ses filets séchés, Entend la nuit passer dans l'ombre Avec un bruit sinistre et sombre De mâts frissonnants et penchés !
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