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"limpide" poems
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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L'enfant qui priait
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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Rive enchantée, Berceau de mes amours ; Onde argentée, Image des beaux jours ; Que ton cours est limpide ! Que ta fuite est rapide ! Ah ! pour mon cœur, C'est l'adieu du bonheur. Déjà ma lyre Gémit dans les roseaux, Et mon délire A fait frémir tes eaux. La naïade plaintive Se penche sur la rive Pour m'écouter, Me plaindre, et m'arrêter. Cette eau si belle T'abandonne en courant ; Moi, plus fidèle, Je m'éloigne en pleurant. Demain celui que j'aime M'appellera lui-même !... Vœux superflus ! Je ne l'entendrai plus. Ah ! dans ta course, Emporte mes tourments ! Mais, à ta source, Retiens tous mes serments ! Si l'objet que j'adore Vient m'y chercher encore, Dis-lui qu'Amour T'a promis mon retour.
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À la Seine
Sulla chiara aderenza del suo viso dove balena il ritmico, selvaggio, sentimento dell'alba mentre della notturna s'addolora quiete silvestre e cinge a dominare il boato del tempo la più cauta trepida luce, salgono veloci i profili irrequieti del destino. Mirabile linguaggio che trascorre dalle limpide acque alla vibrata forza dell'inumana profezia! Ora nell'ampia conca dell'eremo un soffuso candore si raccoglie dalle acque sui rami ed accompagna di cenni lacrimevoli il congedo.
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Maria Egiziaca (Tintoretto)
J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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J'aime le souvenir de ces époques nues
J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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Ce n'était, l'an passé, qu'une enfant blanche et blonde Dont l'œil bleu, transparent et calme comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprimait que bonheur et naïve gaîté. Que j'aimais dans le parc la voir sur la pelouse Parmi ses jeunes sœurs courir, voler, jalouse D'arriver la première ! Avec grâce les vents Berçaient de ses cheveux les longs anneaux mouvants ; Son écharpe d'azur se jouait autour d'elle Par la course agitée, et, souvent infidèle, Trahissait une épaule au contour gracieux, Un sein déjà gonflé, trésor mystérieux, Un col éblouissant de fraîcheur, dont l'albâtre Sous la peau laisse voir une veine bleuâtre. - Dans son petit jardin que j'aimais à la voir À grand'peine portant un léger arrosoir, Distribuer en pluie, à ses fleurs desséchées Par la chaleur du jour, et vers le sol penchées, Une eau douce et limpide ; à ses oiseaux ravis, Des tiges de plantain, des grains de chènevis !... C'est une jeune fille à présent blanche et blonde, La même ; mais l'œil bleu, jadis pur comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprime plus bonheur et naïve gaîté.
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Les deux âges
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
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Les musées
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
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Toi qui du jour mourant consoles la nature, Parais, flambeau des nuits, lève-toi dans les cieux ; Etends autour de moi, sur la pâle verdure, Les douteuses clartés d'un jour mystérieux ! Tous les infortunés chérissent ta lumière ; L'éclat brillant du jour repousse leurs douleurs : Aux regards du soleil ils ferment leur paupière, Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs. Viens guider mes pas vers la tombe Où ton rayon s'est abaissé, Où chaque soir mon genou tombe Sur un saint nom presque effacé. Mais quoi ! la pierre le repousse !... J'entends !... oui ! des pas sur la mousse ! Un léger souffle a murmuré ; Mon oeil se trouble, je chancelle : Non, non, ce n'est plus toi ; c'est elle Dont le regard m'a pénétré !... Est-ce bien toi ? toi qui t'inclines Sur celui qui fut ton amant ? Parle ; que tes lèvres divines Prononcent un mot seulement. Ce mot que murmurait ta bouche Quand, planant sur ta sombre couche, La mort interrompit ta voix. Sa bouche commence... Ah ! j'achève : Oui, c'est toi ! ce n'est point un rêve ! Anges du ciel, je la revois !... Ainsi donc l'ardente prière Perce le ciel et les enfers ! Ton âme a franchi la barrière Qui sépare deux univers ! Gloire à ton nom, Dieu qui l'envoie ! Ta grâce a permis que je voie Ce que mes yeux cherchaient toujours. Que veux-tu ? faut-il que je meure ? Tiens, je te donne pour cette heure Toutes les heures de mes jours ! Mais quoi ! sur ce rayon déjà l'ombre s'envole ! Pour un siècle de pleurs une seule parole ! Est-ce tout ?... C'est assez ! Astre que j'ai chanté, J'en bénirai toujours ta pieuse clarté, Soit que dans nos climats, empire des orages, Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages, Tu perces rarement la triste obscurité ; Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière, Dans un limpide azur poursuivant ta carrière, Des couleurs du matin tu dores les coteaux ; Ou que, te balançant sur une mer tranquille, Et teignant de tes feux sa surface immobile, Tes rayons argentés se brisent dans les eaux !
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Apparition
Toi qui du jour mourant consoles la nature, Parais, flambeau des nuits, lève-toi dans les cieux ; Etends autour de moi, sur la pâle verdure, Les douteuses clartés d'un jour mystérieux ! Tous les infortunés chérissent ta lumière ; L'éclat brillant du jour repousse leurs douleurs : Aux regards du soleil ils ferment leur paupière, Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs. Viens guider mes pas vers la tombe Où ton rayon s'est abaissé, Où chaque soir mon genou tombe Sur un saint nom presque effacé. Mais quoi ! la pierre le repousse !... J'entends !... oui ! des pas sur la mousse ! Un léger souffle a murmuré ; Mon oeil se trouble, je chancelle : Non, non, ce n'est plus toi ; c'est elle Dont le regard m'a pénétré !... Est-ce bien toi ? toi qui t'inclines Sur celui qui fut ton amant ? Parle ; que tes lèvres divines Prononcent un mot seulement. Ce mot que murmurait ta bouche Quand, planant sur ta sombre couche, La mort interrompit ta voix. Sa bouche commence... Ah ! j'achève : Oui, c'est toi ! ce n'est point un rêve ! Anges du ciel, je la revois !... Ainsi donc l'ardente prière Perce le ciel et les enfers ! Ton âme a franchi la barrière Qui sépare deux univers ! Gloire à ton nom, Dieu qui l'envoie ! Ta grâce a permis que je voie Ce que mes yeux cherchaient toujours. Que veux-tu ? faut-il que je meure ? Tiens, je te donne pour cette heure Toutes les heures de mes jours ! Mais quoi ! sur ce rayon déjà l'ombre s'envole ! Pour un siècle de pleurs une seule parole ! Est-ce tout ?... C'est assez ! Astre que j'ai chanté, J'en bénirai toujours ta pieuse clarté, Soit que dans nos climats, empire des orages, Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages, Tu perces rarement la triste obscurité ; Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière, Dans un limpide azur poursuivant ta carrière, Des couleurs du matin tu dores les coteaux ; Ou que, te balançant sur une mer tranquille, Et teignant de tes feux sa surface immobile, Tes rayons argentés se brisent dans les eaux !
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Virginité du cœur, hélas ! si tôt ravie ! Songes riants, projets de bonheur et d'amour, Fraîches illusions du matin de la vie, Pourquoi ne pas durer jusqu'à la fin du jour ? Pourquoi ?... Ne voit-on pas qu'à midi la rosée De ses larmes d'argent n'enrichit plus les fleurs, Que l'anémone frêle, au vent froid exposée, Avant le soir n'a plus ses brillantes couleurs ? Ne voit-on pas qu'une onde, à sa source limpide, En passant par la fange y perd sa pureté ; Que d'un ciel d'abord pur un nuage rapide Bientôt ternit l'éclat et la sérénité ? Le monde est fait ainsi : loi suprême et funeste ! Comme l'ombre d'un songe au bout de peu d'instants, Ce qui charme s'en va, ce qui fait peine reste : La rose vit une heure et le cyprès cent ans.
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Méditation
Pourquoi le prononcer ce nom de la patrie ? Dans son brillant exil mon coeur en a frémi ; Il résonne de **** dans mon âme attendrie, Comme les pas connus ou la voix d'un ami. Montagnes que voilait le brouillard de l'automne, Vallons que tapissait le givre du matin, Saules dont l'émondeur effeuillait la couronne, Vieilles tours que le soir dorait dans le lointain, Murs noircis par les ans, coteaux, sentier rapide, Fontaine où les pasteurs accroupis tour à tour Attendaient goutte à goutte une eau rare et limpide, Et, leur urne à la main, s'entretenaient du jour, Chaumière où du foyer étincelait la flamme, Toit que le pèlerin aimait à voir fumer, Objets inanimés, avez-vous donc une âme Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?
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Milly ou la terre natale (I)
Peste J'hiberne jusqu'à ce qu'il soit temps, perfide, Limpide Contemplez-moi, impies, Le jour du jugement est ici ! Courez par centaines, Car seule la quarantaine Peut vous soigner. Peut vous sauver, Seul l'exil De la prévisibilité infernale de la ville J'ai arraché les pétales de toutes les fleurs Des cloches sonnent à toutes les heures Pour ceux qui sont malades de pleurs, Que ne peuvent soigner aucun docteur. Je rempli les terroirs, Je gratte les fumoirs Je suis le tout, Je suis le fou Guerre Je suis le vouloir Je suis le pouvoir Mourrez sous la loi martiale Souffrez de la vie impartiale Macabre moulin à viande tendre Dans un champ fertilisé à la cendre Le Minos des temps modernes, Que l'on nourrit de notre jeunesse Consomme, vorace comme en ivresse Consume nos amis et nos frères, Salit nos soeurs et nos terres Les mains tachées du sang des atrocités Que l'on regrette un fois revenue la lucidité Personne ne nous détruits mieux que nous-même Personne n'a jamais été sauvé dès son baptême Je tue les espoirs Je vole les avoirs Je suis lucide, Livide Famine Je suis le rat dans les geôles Je n'ai plus de contrôle Même si je fuis ailleurs, On me ronge de l'intérieur ! Sauvez-moi de cet insatiable creux ! Je salive de tous mes yeux À la vue de nourritures fines Dont je suis en manque, j'imagine La vie n'est que désirs, Bonheur, l'excès et son plaisir Que ne ferait pas un homme pour ne pas rater son train Quand il se meurt, et qu'on lui promet un bout de pain ? Que ne ferait pas un homme quand il est seul et qu'il a faim Quand de l'intérieur il meurt, et qu'il besoin de soin ? Je vide les armoires, Je gratte les contoires Je suis le vide Je suis l'avide Mort La limpide clarté La déchirante pureté De la puissante nature, Et de ses créatures Les plus virtueuses, Les plus malicieuses. Célèbre dramaturge, J'ai ce désir de purge, De soulager des siècles d'agonie Et ainsi cloître le cycle de la vie Rien n'est aussi grandiose qu'un dernier coup de théâtre Quand on est seule dans le silence de l'audience à l'amphithéâtre Bien petite compensation pour avoir réprimé ses désirs Que de pouvoir rêver un peu avant d'enfin s'endormir Je vide les boudoirs J'écarte le doute de revoir Je meurs d’ennui, je suis mort, Je meurtris la vie, je suis la mort
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Apr 25, 2020
Apr 25, 2020 at 7:24 PM UTC
Les Quatres cavaliers de l'apocalypse
Peste J'hiberne jusqu'à ce qu'il soit temps, perfide, Limpide Contemplez-moi, impies, Le jour du jugement est ici ! Courez par centaines, Car seule la quarantaine Peut vous soigner. Peut vous sauver, Seul l'exil De la prévisibilité infernale de la ville J'ai arraché les pétales de toutes les fleurs Des cloches sonnent à toutes les heures Pour ceux qui sont malades de pleurs, Que ne peuvent soigner aucun docteur. Je rempli les terroirs, Je gratte les fumoirs Je suis le tout, Je suis le fou Guerre Je suis le vouloir Je suis le pouvoir Mourrez sous la loi martiale Souffrez de la vie impartiale Macabre moulin à viande tendre Dans un champ fertilisé à la cendre Le Minos des temps modernes, Que l'on nourrit de notre jeunesse Consomme, vorace comme en ivresse Consume nos amis et nos frères, Salit nos soeurs et nos terres Les mains tachées du sang des atrocités Que l'on regrette un fois revenue la lucidité Personne ne nous détruits mieux que nous-même Personne n'a jamais été sauvé dès son baptême Je tue les espoirs Je vole les avoirs Je suis lucide, Livide Famine Je suis le rat dans les geôles Je n'ai plus de contrôle Même si je fuis ailleurs, On me ronge de l'intérieur ! Sauvez-moi de cet insatiable creux ! Je salive de tous mes yeux À la vue de nourritures fines Dont je suis en manque, j'imagine La vie n'est que désirs, Bonheur, l'excès et son plaisir Que ne ferait pas un homme pour ne pas rater son train Quand il se meurt, et qu'on lui promet un bout de pain ? Que ne ferait pas un homme quand il est seul et qu'il a faim Quand de l'intérieur il meurt, et qu'il besoin de soin ? Je vide les armoires, Je gratte les contoires Je suis le vide Je suis l'avide Mort La limpide clarté La déchirante pureté De la puissante nature, Et de ses créatures Les plus virtueuses, Les plus malicieuses. Célèbre dramaturge, J'ai ce désir de purge, De soulager des siècles d'agonie Et ainsi cloître le cycle de la vie Rien n'est aussi grandiose qu'un dernier coup de théâtre Quand on est seule dans le silence de l'audience à l'amphithéâtre Bien petite compensation pour avoir réprimé ses désirs Que de pouvoir rêver un peu avant d'enfin s'endormir Je vide les boudoirs J'écarte le doute de revoir Je meurs d’ennui, je suis mort, Je meurtris la vie, je suis la mort
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Quand je touche rêveuse à ces feuilles sonores D'où montent les parfums des divines amphores, Prise par tout mon corps d'un long tressaillement, Je m'incline, et j'écoute avec saisissement. Ô fièvre poétique ! ô sainte maladie ! Ô jeunesse éternelle ! ô vaste mélodie ! Voix limpide et profonde ! Invisible instrument ! Nid d'abeille enfermé dans un livre charmant ! Trésor tombé des mains du meilleur de mes frères ! Doux Memnon ! Chaste ami de mes tendres misères, Chantez, nourrissez-moi d'impérissable miel ; Car je suis indigente à me nourrir moi-même ! Source fraîche, ouvrez-vous à ma douleur suprême Et m'aidez, par ce monde, à retrouver mon ciel !
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Au livre des consolations
De ta source pure et limpide Réveille-toi, fleuve argenté ; Porte trois mots, coursier rapide : Amour, patrie et liberté ! Quelle voile, au vent déployée, Trace dans l'onde un vert sillon ? Qui t'a jusqu'à nous envoyée ? Quel est ton nom, ton pavillon ? - J'ai porté la céleste flamme En tous lieux où Dieu l'a permis. Mon pavillon, c'est l'oriflamme ; Mon nom, c'est celui des amis. Fils des Saxons, fils de la France, Vous souvient-il du sang versé ? Près du soleil de l'Espérance Voyez-vous l'ombre du passé ? - Le Rhin n'est plus une frontière ; Amis, c'est notre grand chemin, Et, maintenant, l'Europe entière Sur les deux bords se tend la main. De ta source pure et limpide Retrempe-toi, fleuve argenté ; Redis toujours, coursier rapide ! Amour, patrie et liberté.
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Le chant des amis
Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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À un poète
Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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Dieu une profondeur, une pureté, un amour vrai, limpide On peut s'épanouir pleinement avec lui Se lâcher dans sa Présence Se donner sans retenu. Il est fidèle. Il surveille nos arrières. Il est digne de confiance. Faisons-le pas de l'échéance. Le doute est normal. On vous parle des mérites de quelqu'un que vous ne connaissez pas. Ça pourrait bien être des fables, je vous l'accorde. La meilleure fiction jamais inventée, tellement proche de la réalité. Et si c'était la réalité ? Accordez-nous le bénéfice du doute à nous Chrétiens, à ceux qui vous parlent de leur amour pour Jésus. Arrêté de râler et de vous trouver des raisons. On mérite  son amour , tous autant que nous sommes , Sa rédemption nous sied peu importe ce qu'on a fait ou ce qu'on n'a pas fait . Essayez, Acceptez de risquer ce qu'il y a à risquer.  Lancez-vous sincèrement, même pour un jour dans la voie de Dieu.  Emprunter avec nous le chemin resserré,  la porte étroite. Et si ça ne vaut pas la peine, Si Dieu ne vous soutient pas sur cette voie, si vous ne trouvez pas la paix qu'on essaie de vous décrire, reprenez votre train-là ou vous l'avez laissé et vous pourrez nous dire avec raison, qu'on vit un conte de fée.  Si ce n'est pas votre cas , sachez que c'est a tort que vous râler et que vous vociférer quand on vous parle de ce JÉSUS .
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Nov 13, 2021
Nov 13, 2021 at 6:59 PM UTC
Dieu 3
Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ? Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme : Baisse-les, ou je meurs. Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne, Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs. ............................................ Aux bords d'un lac d'azur il est une colline Dont le front verdoyant légèrement s'incline Pour contempler les eaux ; Le regard du soleil tout le jour la caresse, Et l'haleine de l'onde y fait flotter sans cesse Les ombres des rameaux. Entourant de ses plis deux chênes qu'elle embrasse, Une vigne sauvage à leurs rameaux s'enlace, Et, couronnant leurs fronts, De sa pâle verdure éclaircit leur feuillage, Puis sur des champs coupés de lumière et d'ombrage Court en riants festons. Là, dans les flancs creusés d'un rocher qui surplombe, S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe Aime à gémir d'amour ; La vigne, le figuier, la voilent, la tapissent, Et les rayons du ciel, qui lentement s'y glissent, Y mesurent le jour. La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes Conservent plus longtemps aux pâles violettes Leurs timides couleurs ; Une source plaintive en habite la voûte, Et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte Des accords et des pleurs. Le regard, à travers ce rideau de verdure, Ne voit rien que le ciel et l'onde qu'il azure ; Et sur le sein des eaux Les voiles du pêcheur, qui, couvrant sa nacelle, Fendent ce ciel limpide, et battent comme l'aile Des rapides oiseaux. L'oreille n'entend rien qu'une vague plaintive Qui, comme un long baiser, murmure sur sa rive, Ou la voix des zéphyrs, Ou les sons cadencés que gémit Philomèle, Ou l'écho du rocher, dont un soupir se mêle À nos propres soupirs.
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Chant d'amour (IV)
Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ? Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme : Baisse-les, ou je meurs. Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne, Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs. ............................................ Aux bords d'un lac d'azur il est une colline Dont le front verdoyant légèrement s'incline Pour contempler les eaux ; Le regard du soleil tout le jour la caresse, Et l'haleine de l'onde y fait flotter sans cesse Les ombres des rameaux. Entourant de ses plis deux chênes qu'elle embrasse, Une vigne sauvage à leurs rameaux s'enlace, Et, couronnant leurs fronts, De sa pâle verdure éclaircit leur feuillage, Puis sur des champs coupés de lumière et d'ombrage Court en riants festons. Là, dans les flancs creusés d'un rocher qui surplombe, S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe Aime à gémir d'amour ; La vigne, le figuier, la voilent, la tapissent, Et les rayons du ciel, qui lentement s'y glissent, Y mesurent le jour. La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes Conservent plus longtemps aux pâles violettes Leurs timides couleurs ; Une source plaintive en habite la voûte, Et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte Des accords et des pleurs. Le regard, à travers ce rideau de verdure, Ne voit rien que le ciel et l'onde qu'il azure ; Et sur le sein des eaux Les voiles du pêcheur, qui, couvrant sa nacelle, Fendent ce ciel limpide, et battent comme l'aile Des rapides oiseaux. L'oreille n'entend rien qu'une vague plaintive Qui, comme un long baiser, murmure sur sa rive, Ou la voix des zéphyrs, Ou les sons cadencés que gémit Philomèle, Ou l'écho du rocher, dont un soupir se mêle À nos propres soupirs.
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Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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Chant d'amour (III)
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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À quoi je songe ? - Hélas ! **** du toit où vous êtes, Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes, Espoir de mon été déjà penchant et mûr, Rameaux dont, tous les ans, l'ombre croît sur mon mur, Douces âmes à peine au jour épanouies, Des rayons de votre aube encor tout éblouies ! Je songe aux deux petits qui pleurent en riant, Et qui font gazouiller sur le seuil verdoyant, Comme deux jeunes fleurs qui se heurtent entre elles, Leurs jeux charmants mêlés de charmantes querelles ! Et puis, père inquiet, je rêve aux deux aînés Qui s'avancent déjà de plus de flot baignés, Laissant pencher parfois leur tête encor naïve, L'un déjà curieux, l'autre déjà pensive ! Seul et triste au milieu des chants des matelots, Le soir, sous la falaise, à cette heure où les flots, S'ouvrant et se fermant comme autant de narines, Mêlent au vent des cieux mille haleines marines, Où l'on entend dans l'air d'ineffables échos Qui viennent de la terre ou qui viennent des eaux, Ainsi je songe ! - à vous, enfants, maisons, famille, A la table qui rit, au foyer qui pétille, A tous les soins pieux que répandent sur vous Votre mère si tendre et votre aïeul si doux ! Et tandis qu'à mes pieds s'étend, couvert de voiles, Le limpide océan, ce miroir des étoiles, Tandis que les nochers laissent errer leurs yeux De l'infini des mers à l'infini des cieux, Moi, rêvant à vous seuls, je contemple et je sonde L'amour que j'ai pour vous dans mon âme profonde, Amour doux et puissant qui toujours m'est resté. Et cette grande mer est petite à côté ! Le 15 juillet 1837.
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À quoi je songe
À quoi je songe ? - Hélas ! **** du toit où vous êtes, Enfants, je songe à vous ! à vous, mes jeunes têtes, Espoir de mon été déjà penchant et mûr, Rameaux dont, tous les ans, l'ombre croît sur mon mur, Douces âmes à peine au jour épanouies, Des rayons de votre aube encor tout éblouies ! Je songe aux deux petits qui pleurent en riant, Et qui font gazouiller sur le seuil verdoyant, Comme deux jeunes fleurs qui se heurtent entre elles, Leurs jeux charmants mêlés de charmantes querelles ! Et puis, père inquiet, je rêve aux deux aînés Qui s'avancent déjà de plus de flot baignés, Laissant pencher parfois leur tête encor naïve, L'un déjà curieux, l'autre déjà pensive ! Seul et triste au milieu des chants des matelots, Le soir, sous la falaise, à cette heure où les flots, S'ouvrant et se fermant comme autant de narines, Mêlent au vent des cieux mille haleines marines, Où l'on entend dans l'air d'ineffables échos Qui viennent de la terre ou qui viennent des eaux, Ainsi je songe ! - à vous, enfants, maisons, famille, A la table qui rit, au foyer qui pétille, A tous les soins pieux que répandent sur vous Votre mère si tendre et votre aïeul si doux ! Et tandis qu'à mes pieds s'étend, couvert de voiles, Le limpide océan, ce miroir des étoiles, Tandis que les nochers laissent errer leurs yeux De l'infini des mers à l'infini des cieux, Moi, rêvant à vous seuls, je contemple et je sonde L'amour que j'ai pour vous dans mon âme profonde, Amour doux et puissant qui toujours m'est resté. Et cette grande mer est petite à côté ! Le 15 juillet 1837.
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Sonnet. Le soldat frappé tombe en poussant de grands cris ; On l'emporte ; le baume assainit la blessure, Elle se ferme un jour ; il marche, il se rassure, Et, par un beau soleil, il croit ses maux guéris. Mais, au premier retour d'un ciel humide et gris, De l'ancienne douleur il ressent la morsure ; Alors la guérison ne lui paraît pas sûre, Le souvenir du fer gît dans ses flancs meurtris. Ainsi, selon le temps qu'il fait dans ma pensée, À la place où mon âme autrefois fut blessée Il est un renouveau d'angoisses que je crains ; Une larme, un chant triste, un seul mot dans un livre, Nuage au ciel limpide où je me plais à vivre, Me fait sentir au cœur la dent des vieux chagrins.
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Les blessures