"lignes" poems
A Odessa je suis morte un matin d’octobre
Si je devais revivre je voudrais être psychopathe et brûler des maisons
Non, surtout pas ça
C’est effroyable de savoir écrire, même juste un peu.
…/…
Marcher
Errer
Déambuler
Fermer les yeux
Ne plus penser
Mourir demain
Il faudrait que je meure demain
Mais vraiment, je veux dire
Me pendre au cerisier
M'étouffer avec le noyau d'une cerise
N'importe quoi
Trouver un truc
Mais mourir demain
Pour justifier ma raison d’être
Simplement poser mon stylo
Sur cette jolie place ensoleillée je vous ai regardé
Vous lisiez les yeux fermés
ALORS CHUT !
Pour justifier ma raison d’écrire
Simplement m’envoler
Ne plus avoir à me justifier
Etre juste un peu plus simple
Partir
Continuer l’errance à Odessa
Devenir transparente
La peau sur les os
Rêver
Pourquoi elle
Pourquoi moi
Dans le fond
Je ne suis pas bien différente de vous
Je n'avais rien à écrire
Je n'ai rien à te dire
De ma vie tu ne sais rien
Et si je dois mourir demain
Tu découvriras alors peut-être
Je dis bien peut-être
Et si tu lis ces lignes demain
Tu comprendras alors peut-être
Je dis bien peut-être
A Odessa cet après-midi
Je n'ai fait que vous regarder
Peut-être aurais-je dû m'y poser
Je travaille pour survivre
Je vis pour écrire
J’écris comme je respire
Le souffle coupé
Je tombe.
Puisque je dois mourir demain
Juste fermer les yeux
M’éclater la tête contre le radiateur
A Odessa cet après-midi
Je n'ai fait que vous regarder
Un jeu dangereux qui se joue uniquement à la première personne.
A Odessa cet après-midi
Nous avions rendez-vous
Tu n'aurais jamais dû venir, maman.
Mar 25, 2012
Mar 25, 2012 at 9:54 AM UTC
The planes in the sky look dwarf size, compare to the large skies.
Swallowing the blue atheist clouds
all spotless
as the ocean sparkles, flirting with the blazing sun, flirting with sailing ships as they smoothly take their leave.
Hypnotizing the captains onto their long journey on this massive 70% part of water they are on.
they are seen somewhere along the lines of the horizon
in the Atlantic ocean leaving with the sun at 7:52 PM with 17 seconds.
The black haired beauty is seen, with a beige round hat wearing a long black dress, fleeing into the black hole sun.
***********************************************
Les avions dans le ciel ressemblent à la taille des nains, comparés aux grands cieux.
Avaler les nuages athées bleus
tout impeccable
alors que l'océan scintille, flirtant avec le soleil flamboyant, flirtant avec des voiliers alors qu'ils partent tranquillement.
Hypnotiser les capitaines sur leur long voyage sur cette énorme partie de soixante dix pour cent d'eau qu'ils sont.
ils sont vus quelque part le long des lignes de l'horizon
dans l'océan Atlantique laissant au soleil à 19h52 avec 17 secondes.
On voit la beauté aux cheveux noirs, avec un chapeau rond beige portant une longue robe noire, fuyant dans le soleil du trou noir.
Jul 20, 2018
Jul 20, 2018 at 1:25 PM UTC
J'observe depuis mon télescope
Au-delà des nuages
Ta photo qui sautille
Et je suis les courbes, les points et les lignes
Et je trace des figures imaginaires
Les constellations
Et soudain tu apparais
Endimanchée
Pénitente
Ultra Violette
Souriante
Entre deux ciels
Tu me fais signe
Et m'invites à danser
Et je te suis comme ton ombre
Je retiens mon souffle
Je plonge dans le mandala
De ton champ de Cinabre
Je viens à tes côtés
Je m'ancre à tes eaux
Je suis ton lama, ton gourou
Et toi tu es ma parèdre, ma bouddha
Ma dakini souveraine
et je te déshabille en dansant
Et je déboutonne une après l 'autre
Les étoiles couleur aubergine
Qui composent ta constellation.
C 'est une constellation disparue
Que seul moi puis voir.
Il m'arrive à l 'oeil nu de t'apercevoir
Au détour d'un rêve comme en cet instant précis
Et la musique résonne si forte dans l 'espace
Je vois tes lèvres bouger mais je n 'entends rien
Mais soudain tes yeux hurlent
et tu me clignes ton nom en morse :
dash dot dash dot
dash dash dash
dash dot dash dash
dash dash dash
dash
dot
C, une longue, une brève, une longue, une brève
O, trois longues
Y, une longue, une brève, deux longues
O, trois longues
T, une longue
E, une brève.
Aug 31, 2019
Aug 31, 2019 at 12:54 AM UTC
Une par une, les lignes s'accumulent
Mais des traits rien ne paraît
Et le dessein sombre dans le ridicule.
D'une noirceur lasse des temps indéfinis
Le graveur cherche sa matière.
Dans les recoins du monde archivé
Se serait-il égaré ?
La route est la même
Qui mène de la remembrance à l'oubli.
Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:32 PM UTC
Bas le masque
Dulcinea del Toboso !
Bas le masque
Aldonza Lorenzo !
Bas le masque
Idolâtres !
Aphrodites de tout acabit
Dames de mes pensées
Invisibles Dulcinées
Dont j 'essuie les refus
Pour chacune de mes avances !
Mes feuilles, mes flammes, mes âmes !
Vénérées comme je n 'ai jamais été aimé !
Priées comme je n 'ai jamais été désiré !
Chantées comme je n 'ai jamais été embrassé !
Caressées comme jamais on ne m'a honoré !
Vos panoplies diverses et variées de Muse de chevalier errant
Ont pu jadis faire illusion auprès des fous errants
De triste figure et autres Rocinantes
Mais don Quijote de la Mancha
Est transi dans la place !
Fuyez Aphrodites vulgaires
Venez à moi Aphrodites célestes
Déployez en moi animus et anima
L 'énergie d'Eros.
Défiez-moi par vos énigmes
Questionnez-moi, jouons
A qui sera le moins sage
A qui saura lire entre les lignes
Des lèvres philosophes de l 'autre
Les chemins de traverse qui mènent au bonheur
Je suis Philon ! Soyez donc ma Sophie !
Je suis Salomon ! Soyez donc ma reine de Saba !
Vous êtes Désirée ? Et muse si affinités ?
Adoubez-moi Napoléon, prince consort !
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:28 AM UTC
Dancing Desire/Désire dansant_
Chest to chest
I gently rest
My heart
On the beat
Of your heartbeat
Peau contre peau
Mon coeur, doucement
Se repose contre
Le rythme
De ton coeur
My secrets shine
Enchanted music
Along the symphonic
Mild and melodic
Lines of your lips
Mes secrets brillent
Musique magique
Le long des symphoniques
Douces et mélodiques
Lignes de tes lèvres
The handsomeness
Of your proud eyes
Pierces the skies
Of my pleasures
Tender treasures
La délicatesse
De tes yeux fiers
Perce les ciels
De mes plaisirs
Trésors de tendresses
Passionately
And endlessly
In this blissful
Embrace I trace
Your soft face
Passionnément
Et éternellement
Dans ce paysage
Je trace les traits
De ton doux visage
The dance goes on
Over and over
Oh my lover
As we hold on
To each other
On danse encore
Encore et encore
Oh mon amour
En se tenant
L’un contre l’autre
The night draws near
So do her sands
We touch this time
With our hands
Realm of the rhyme
La nuit est proche
Ses sables approchent
Nous touchons de nos doigts
Le temps, royaume
De la rime
My secrets shine
Enchanted music
Along the symphonic
Mild and melodic
Lines of your lips
Mes secrets brillent
Musique magique
Le long des symphoniques
Douces et mélodiques
Lignes de tes lèvres
The stars cannot
The dust will not
Or so it seems
Destroy our dreams
Lost in the streams
Les étoiles ne vont pas
La poussière ne va pas
Il semblerait du moins
Détruire nos lendemains
Perdus dans les courants
In the motion
Of this passion
In your fusion
You feel the heat
Hold to the beat
En mouvement
De cette passion
Dans ta fusion
Suis le rythme
De cette heure
Let the peaceful
Night wrap its shade
So we can fade
Away graceful
Within our bodies.
Laisse la calme nuit
Nous voiler
Gracieusement nous laisser
Disparaitre au **** dans l’or
De nos corps.
February, 23 2015
23 Février 2015
University of California, Riverside
Université de Californie, Riverside
Nov 28, 2015
Nov 28, 2015 at 6:43 AM UTC
Mot-dièse : pharaonne
Synonyme : reine-pharaon
Exemple: Hapshepsout
Attributs : pagne court en chendjit
Coiffe-némès
Double-couronne pschent
Collier
Barbe postiche cérémonielle
Sceptre foral
Mot-cible : pharaonne
Synonyme : maîtresse souveraine
Exemple : Maakarê
Attributs: double plume sur mortier
Robe fourreau
Croix ankh
Serpent-Uraeus
Couronne néret
Mot-balise : momie
Mot-clic : le sistre
Mot-clé : la ménat
Tous les mots du monde
Dièse cible clic clé ou balise
Tous les hashtags du monde
Entre croisillons et carrés
Ne mettront sous étiquette ni label
Qu'une infime parcelle intérimaire
De ma pharaonne titulaire.
Ses hanches généreuses s'imbriquent
Idéalement dans l'architecture des pyramides fanfaronnes
Ses courbes défient les lignes droites lubriques des pierres
Et serpentent en gazouillant
Comme des vautours tumides
Entre les grains de sable humide
Et l'oeil du cyclone solaire.
Ma pharaonne porte barbiche cérémonielle
Tous azimuts elle agite son hochet sacré
Et tous les mois sont avril pour elle
Qui ne se découvre jamais d'un fil de siècle.
Veuve numide jamais nue
Mais toujours vulve sincère à neuf têtes
Jamais postiche, jamais potiche, Jamais cruche, jamais crèche
Pharaonne de plein exercice,
Dame de haute lignée tout simplement fraîche
Et éternellement dispose
A célébrer en elle les clics et les clacs de l'immortalité.
Oct 4, 2019
Oct 4, 2019 at 5:38 AM UTC
J'ai toujours sous la main
Une ou deux molécules de ma muse effervescente,
Sa poudrière et sa houppe pour le teint.
Et quand vient le boléro de la migraine
Et que l'hallali explose dans ma tête en pleine chasse à courre
Et que c'est la curée chaude
Je rappelle la meute des mots chiens et taureaux
Et je transforme en plein couvent les kilomètres de petit-lait entier en fa dièse mineur
De ma Decatur ecclésiastique
En AOP.
AOP,
C'est Aspirine et Antimoine,
Les deux vocalises de ma muse,
Deux sœurs siamoises,
Deux divas effervescentes de Cadix
Que nul bistouri ne peut disjoindre
Quand en duo, aveugles, elles dansent leur boléro dans un bain d'encre
Allegretto con moto
Au son des cors de chasse
Au lieu des castagnettes.
Ces deux divas sont une lettre d'indulgence,
Un passeport incunable pour le paradis,
Dont je suis l'enlumineur, le rubricateur, l'imprimeur, le relieur
Et l'auteur.
J'imprime à grand tirage leur psautier poisseux sur deux colonnes
Et quarante deux lignes
Oct 26, 2019
Oct 26, 2019 at 9:00 AM UTC
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ;
Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule,
Le pied rit au miroir des parquets précieux,
Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux,
Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles,
L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles.
Sous la voûte, sur les paliers,
Par les rampes en fleurs et les grands escaliers,
Un courant d'air vaste circule,
Et douce est la fraîcheur où vous marchez,
Parmi le peuple blanc des marbres recherchés :
Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule !
Comme vous reposez les yeux,
Ô blancheur sombre des musées !
La fièvre de nos sens expire dans ces lieux,
Et nos âmes y sont largement amusées.
Ô génie, ô lent créateur,
Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres,
Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ;
Et sur la pierre, à la hauteur
Des bras de la statue ou du col de l'amphore,
L'œil croit voir voltiger encore
Les mains illustres du sculpteur.
Alors notre cœur se rappelle
Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle !
Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant,
Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves,
Les toges du forum, les plis des laticlaves,
César spirituelI Sophocle éblouissant !
Rome, Athène ! O palais que la colline élève !
Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ;
Et vous qui soupez chez les dieux,
Vous possédez la grâce et vous la versez toute,
Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute
Le grand hymne muet qui chante pour les yeux,
Le long des lignes, sous la voûte
De vos temples mélodieux.
Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines,
Les âmes en rêvait se promènent ici,
Caressant tous les fronts d'un regret adouci,
Et font, sur les lèvres hautaines
Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi,
Chuchoter un long flot de paroles lointaines.
Ô belle antiquité, toute nouvelle encor !
Berce-nous de tes bons murmures,
Comme une abeille d'or,
Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres
Pour la jeter en Prairial,
Grisée
Et bourdonnante, autour de la salle apaisée,
Où, visiteur royal,
Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses,
Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
701
Ma maîtresse, mon esclave, ma sans-rivale
Mon bienheureuse et peureuse idole
Mon biscuit, mon aphrodisiaque
Je chante aujourd'hui pour toi l'hybride
Le tout-monde, le divers
Je sais que tu trembles
A ce seul nom évoqué
Hybride
Mais en même temps il t'attire et te bouleverse
Il t'attise, il te brûle, il te prend, il te chavire
Il est multiple céramique polychrome
Il est faïence, il est glaise
Il est ombre, il t'assombre
Il est tout et toute et son contraire:
Il est pudique
De porcelaine et majolique impudique
Sublimé par l'émail, l'or et le zinc de tes fantasmes.
L'hybride idole te gouverne
Comme les astres et les lignes de ta main
Il t'oblige !
Hybride oblige !
Tu es chat et Ganesha
Eléphante et hippocampe,
Opaque et translucide
Exempte de toute déchirure,
Gerçure et boursouflure
Parfaite et vicieusement fatale
Blanche et noire et bleue
Musicale et cacophonique
Genghis Khan et Décébale
Tu es relecture antique et moderne
Mystique réincarnation des idoles
Mythiques
Et le masque de sourires malicieux que tu t'es approprié
Est un tableau vivant des hybridoles
Mi dragon mi ange
Mi vamp mi vampire
Qui tournoient en ton sang
Qui nagent dans tes eaux
Et te pourlèchent les lèvres de leur semence érotique.
Tu es Napoléon et Francesca de Rimini
Revus et corrigés par le lit de Jocuste,
Centaure aux vulve et verge mêlées
Livrant au Divin Matador
Queue et oreilles.
Forêt vierge jamais pénétrée
Dans son Saint des Saints
Par la verve de l'oeil du cyclone de Pharaon.
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 4:17 AM UTC
Parmi les marbres qu'on renomme
Sous le ciel d'Athène ou de Rome,
Je prends le plus pur, le plus blanc,
Je le taille et puis je l'étale
Dans ta pose d'Horizontale
Soulevée... un peu... sur le flanc...
Voici la tête qui se dresse,
Qu'une ample chevelure presse,
Le cou blanc, dont le pur contour
Rappelle à l'œil qui le contemple
Une colonne, au front d'un temple,
Le plus beau temple de l'Amour !
Voici la gorge féminine,
Le bout des seins sur la poitrine
Délicatement accusé,
Les épaules, le dos, le ventre
Où le nombril se renfle et rentre
Comme un tourbillon apaisé.
Voici le bras plein qui s'allonge ;
Voici, comme on les voit en songe,
Les deux petites mains d'Éros,
Le bassin immense, les hanches,
Et les adorablement blanches
Et fermes fesses de Paros.
Voici le mont au fond des cuisses
Les plus fortes pour que tu puisses
Porter les neuf mois de l'enfant ;
Et voici tes jambes parfaites...
Et, pour les sonnets des poètes,
Voici votre pied triomphant.
Pas plus grande que Cléopâtre
Pour qui deux peuples vont se battre,
Voici la Femme dont le corps
Fait sur les gestes et les signes
Courir la musique des lignes
En de magnifiques accords.
Je m'élance comme un barbare,
J'abats la tête, le pied rare,
Les mains... et puis... au bout d'un an...
Lorsque sa gloire est colossale,
Je la dispose en une salle,
La plus riche du Vatican.
488
Cette sensation de plénitude,
Cette sensation qui je l’espère deviendra une habitude,
Tout en restant inconnue à la routine,
Qui pourrait en écorcher la saveur exquise,
Je l’ai déjà ressentie sous la brise et l’humeur florentine,
Plusieurs fois, n’est pas inéluctablement synonyme de partie remise,
Une sensation divine, cette fois s’est emparée de moi,
Une expression divine émanant d’une déesse en qui désormais je crois,
La paume de nos mains, hier, nous a révélé ses secrets,
Ce n’était rien par rapport à tes incommensurables attraits,
Je m’allongerai plus **** en imaginant la prochaine fois,
Rêve ou réalité, peu importe au final,
L’ivresse et l’allégresse, souvent s’accompagnent de ce suc royal,
Qui, ruisselant dans nos veines fait glisser les parois
De nos inhibitions qui nous enferment et nous mettent à l’étroit.
Cette sensation de plénitude que j’ai ressentie avec toi,
J’ai besoin de la revivre pour conforter cette pensée,
Cette expression si futile « jamais deux sans trois »,
Pour une fois, suscite en moi un désir que je ne saurais réprimer.
Voici en quelques mots ce que j’ai ressenti,
Ces quelques lignes pour exprimer mon avis.
Feb 26, 2020
Feb 26, 2020 at 5:12 AM UTC
Je veux
J'exige
Que tu suives à la lettre
Rigoureusement
Le menu des ébats que j'organise
Minutieusement pour toi.
Je veux
J'exige que tu suives
Mes instructions
Sans dévier d'un iota.
Toutes les étapes,
Toutes les indications,
Tous les menus détails,
Des pages, des chapitres et des lignes
Qui mènent à ton *****
Du samedi soir,
Je veux en être l'architecte et le témoin.
J'exige
Je veux
Que tu t'effeuilles
Que tu sortes de ton corps
Et que tu te regardes
Quand soumise et délurée
Tu offres ton corps en pâture orgamisque
À mes yeux exorbités
À la lumière d'une bougie translucide
Qui te pénètre de sa flamme de cire.
Je veux
J'exige
Je te possède
Je te prends
Scrupuleusement
De mes yeux fous de faucon.
Ce sont des yeux indomptables
Mais tu sais les apprivoiser
Quand ils battent leurs ailes
Au gré de tes envies d'oiseau
Au gré de tes scénarios.
Je veux
J'exige
Que tu m'exhibes
Les moindres pleins et déliés
De ton âme en rut,
Que tu m'implores
D'un mouvement imperceptible
À la commissure de tes lèvres
Un toucher du regard
Au bas du dos,
Un massage à distance,
Et que tu te tortilles
Quand je te délivre
À tire d'aile
Le sceau royal
Du toucher des écrouelles.
Tu es ma fauconnière
Je suis ton faucon royal
Prisonnier sans l'être
De tes appâts rebelles.
Le ciel dont je m'abreuve
Quand je te fais la cour
Est une cage sans filets
Où la meute de nos sens enfouis
Se délecte dans une chasse à courre
Archaïque et délicieuse
Entre ta coupe pleine et tes lèvres
Assoiffées.
Nov 17, 2019
Nov 17, 2019 at 1:55 AM UTC
Dans cette mascarade immense des vivants
Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ;
Faite pour révéler, la parole déguise,
Et la face n'est plus qu'un masque aux traits savants.
Mais vient l'heure où le corps, infidèle ministre,
Ne prête plus son geste à l'âme éparse au ****
Et, tombant tout à coup dans un repos sinistre,
Cesse d'être complice et demeure témoin.
Alors l'obscur essaim des arrière-pensées,
Qu'avait su refouler la force du vouloir,
Se lève et plane au front comme un nuage noir
Où gît le vrai motif des œuvres commencées ;
Le cœur monte au visage, où les plis anxieux
Ne se confondent plus aux lignes du sourire ;
Le regard ne peut plus faire mentir les yeux,
Et ce qu'on n'a pas dit vient aux lèvres s'écrire.
C'est l'heure des aveux. Le cadavre ingénu
Garde du souffle absent une empreinte suprême,
Et l'homme, malgré lui redevenant lui-même,
Devient un étranger pour ceux qui l'ont connu.
Le rire des plus gais se détend et s'attriste,
Les plus graves parfois prennent des traits riants ;
Chacun meurt comme il est, sincère à l'improviste :
C'est la candeur des morts qui les rend effrayants.
320
Sonnet.
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
283
Ce ne sont pas des mains d'altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct.
Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;
Car les mains ont leur caractère,
C'est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant.
Les météores de la tête
Comme les tempêtes du cœur,
Tout s'y répète et s'y reflète
Par un don logique et vainqueur.
Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent « Travail qui ne doit rien. »
Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d'églises
Les saints sous le rinceau doré,
Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu'ils narrent entre haut et bas.
Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d'âpres pensers.
Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
À leur façon, mains qu'elles sont.
J'ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D'inflexible et de furieux.
La main droite est bien à ma droite,
L'autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,
Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux...
Ah ! si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux !
354
A notre premier rendez-vous , dis !
T'oublieras pas d'amener tes poupées
et ta corde à sauter et Robinson Crusoë
et moi c'est promis je ramènerai mes billes, mes osselets
et Vendredi.
On jouera au cerf-volant aussi c'est promis.
S'il y a du vent
Et s'il fait beau et qu'on en a envie
On fera du toboggan et on jouera à chat perché.
S 'il pleut on se mettra sous un porche et on jouera aux cartes.
tu sais jouer aux jeu des sept familles ?
sinon on pourra toujours essayer
les petits chevaux ou le jeu de l'oie.
Je te laisserai jouer avec mes soldats de plomb
et j'espère que tu me prêteras pour la journée
Ta dînette pour que je te prépare
Une menthe à l'eau ou un diabolo fraise.
S'il fait trop soleil
On se mettra à l'ombre
Et je te lirai les lignes de la main
et je te montrerai ma collection de timbres roumains.
Et s'il fait nuit et qu'on voit des fantômes
On se cachera sous les couvertures
Je t'apprendrai à faire de la bicyclette
Et des cocottes en papier
tu verras c'est fastoche
Et ça fout les chocottes aux fantômes !
Ah j 'oubliais ! J 'amènerai ma fronde aussi
Pour te dégommer de l'arbre une mangue bien mûre
Qu'on dégustera tous les deux en même temps
Et on promettra-jurera-crachera qu'on est amis pour toujours !
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:39 AM UTC
Sonnet.
Les lignes du labour dans les champs en automne
Fatiguent l'œil, qu'à peine un toit fumant distrait,
Et la voûte du ciel tout entière apparaît,
Bornant d'un cercle nu la plaine monotone.
En des âges perdus dont la vieillesse étonne
Là même a dû grandir une vierge forêt,
Où le chant des oiseaux sonore et pur vibrait,
Avec l'hymne qu'au vent le clair feuillage entonne !
Les poètes chagrins redemandent aux bras
Qui font ce plat désert sous des rayons sans voile
La verte nuit des bois que le soleil étoile ;
Ils pleurent, oubliant, dans leurs soupirs ingrats,
Que des mornes sillons sort le pain qui féconde
Leurs cerveaux, dont le rêve est plus beau que le monde !
288