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"laissa" poems
Le ciel est gris La pluie s'écoule Je marche et je marche Insensible à tout L'harmonie des bruits routiniers Doucement fond en arrière-plan Pour mettre en avant Mes angoisses si troublantes Il semblerait Que ma vie a bousculé de travers Suis-je tombée de l'autre côté du miroir? C'est alors que ces pensées Descendirent vers mon cœur Qui serra de douleur Je laissa finalement mes larmes couler Au rythme de la pluie Comme mon cœur bat Au tempo de mes pas
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May 8, 2015
May 8, 2015 at 3:37 PM UTC
vulnérable
Pourtant si ta maîtresse est un petit putain, Tu ne dois pour cela te courroucer contre elle. Voudrais-tu bien haïr ton ami plus fidèle Pour être un peu jureur, ou trop haut à la main ? Il ne faut prendre ainsi tous péchés à dédain, Quand la faute en péchant n'est pas continuelle ; Puis il faut endurer d'une maîtresse belle Qui confesse sa faute, et s'en repent soudain. Tu me diras qu'honnête et gentille est t'amie, Et je te répondrai qu'honnête fut Cynthie, L'amie de Properce en vers ingénieux, Et si ne laissa pas de faire amour diverse. Endure donc, Ami, car tu ne vaux pas mieux Que Catulle valut, que Tibulle et Properce.
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Pourtant si ta maîtresse est un petit putain
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké. Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué, Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ; On met le naturel de côté ; bête brute, On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ; On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie, On trouve bon le givre et la bise et la pluie, On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ; Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci : Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut : L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue, Se présente au palais de la fée, et salue, Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky. La fée avait un fils, on ne sait pas de qui. Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche, Bel enfant blond nourri de crème et de brioche, Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso, Il était sous la porte et jouait au cerceau. On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre. Comment passer le temps quand il neige en décembre. Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ? L'ogre se mit alors à croquer le marmot. C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite, Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite, Que de gober ainsi les mioches du prochain. Le bâillement d'un ogre est frère de la faim. Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe. La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme. As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ? Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé. Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire, Jugez ce que devint l'ogre devant la mère Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin. Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ; N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
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Bon conseil aux amants
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké. Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué, Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ; On met le naturel de côté ; bête brute, On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ; On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie, On trouve bon le givre et la bise et la pluie, On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ; Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci : Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut : L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue, Se présente au palais de la fée, et salue, Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky. La fée avait un fils, on ne sait pas de qui. Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche, Bel enfant blond nourri de crème et de brioche, Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso, Il était sous la porte et jouait au cerceau. On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre. Comment passer le temps quand il neige en décembre. Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ? L'ogre se mit alors à croquer le marmot. C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite, Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite, Que de gober ainsi les mioches du prochain. Le bâillement d'un ogre est frère de la faim. Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe. La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme. As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ? Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé. Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire, Jugez ce que devint l'ogre devant la mère Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin. Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ; N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
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Marie, vous avez la joue aussi vermeille Qu'une rose de mai, vous avez les cheveux De couleur de châtaigne, entrefrisés de noeuds, Gentement tortillés tout autour de l'oreille. Quand vous étiez petite, une mignarde abeille Dans vos lèvres forma son doux miel savoureux, Amour laissa ses traits dans vos yeux rigoureux, Pithon vous fit la voix à nulle autre pareille. Vous avez les tétins comme deux monts de lait, Qui pommellent ainsi qu'au printemps nouvelet Pommellent deux boutons que leur châsse environne. De Junon sont vos bras, des Grâces votre sein, Vous avez de l'Aurore et le front, et la main, Mais vous avez le coeur d'une fière lionne.
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Marie, vous avez la joue aussi vermeille
Rondeau. Dans son assiette arrondi mollement, Un pâté chaud, d'un aspect délectable, D'un peu trop **** m'attirait doucement. J'allais à lui. Votre instinct charitable Vous fit lever pour me l'offrir gaiement. Jupin, qu'Hébé grisait au firmament, Voyant ainsi Vénus servir à table, Laissa son verre en choir d'étonnement Dans son assiette. Pouvais-je alors vous faire un compliment ? La grâce échappe, elle est inexprimable ; Les mots sont faits pour ce qu'on trouve aimable, Les regards seuls pour ce qu'on voit charmant ; Et je n'eus pas l'esprit en ce moment Dans son assiette.
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À Madame Cne T
Fable VI, Livre III. Pendant mille ans et plus, Jupiter fut fêté. C'était justice : alors il portait le tonnerre ; Il était immortel : dans les cieux, sur la terre, La pluie et le beau temps, et la paix et la guerre, Tout allait à sa volonté. À ses autels, parés de fleurs et de guirlandes, Devant la pierre ou l'or qui le représentait, L'indigent, l'opulent, tour à tour apportait Ses oraisons et ses offrandes. Mais les dons étaient différents, Bien que la ferveur fût la même. Si les parfums étaient prodigués par les grands, « On offre ce qu'on a », disaient les pauvres gens ; Et la poix quelquefois fumait, au lieu d'encens, Devant la déité suprême. Jupiter de ce tour jamais ne s'offensa : Il avait l'âme bonne, et sa bonté fut telle, Qu'en bon homme il récompensa La foi d'une sempiternelle Qui, voulant l'encenser, faute de mieux, laissa Sous son nez tout-puissant fumer une chandelle. La fumée est toujours un mets délicieux. Allons, flatteurs, faites des vôtres : Les nez des hommes et des dieux Sont faits les uns comme les autres.
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La fumée
Un jour Ali passait : les têtes les plus hautes Se courbaient au niveau des pieds de ses arnautes ; Tout le peuple disait : Allah ! Un derviche soudain, cassé par l'âge aride, Fendit la foule, prit son cheval par la bride, Et voici comme il lui parla : « Ali-Tépéléni, lumière des lumières, Qui sièges au divan sur les marches premières, Dont le grand nom toujours grandit, Ecoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre, Ombre du padischah qui de Dieu même est l'ombre, Tu n'es qu'un chien et qu'un maudit ! « Un flambeau du sépulcre à ton insu t'éclaire. Comme un vase trop plein tu répands ta colère Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une faulx dans l'herbe Et tu fait un ciment à ton palais superbe De leur os broyés dans leur sang. « Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe, Que sous tes pas enfin croule et s'ouvre la tombe ; Dieu te garde un carcan de fer Sous l'arbre du segjin chargé d'âmes impies Qui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies, Dans la nuit du septième enfer ! « Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimes Un démon te lira les noms de tes victimes ; Tu les verras autour de toi, Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines, Se presser, plus nombreux que les paroles vaines Que balbutiera ton effroi ! « Ceci t'arrivera, sans que ta forteresse Ou ta flotte te puisse aider dans ta détesse De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde, Pour tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde, En mourant changerait de nom ! » Ali sous sa pelisse avait un cimeterre, Un tromblon tout chargé, s'ouvrant comme un cratère, Trois longs pistolets, un poignard ; Il écouta le prêtre et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard. Le 8 novembre 1828.
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Le Derviche
Un jour Ali passait : les têtes les plus hautes Se courbaient au niveau des pieds de ses arnautes ; Tout le peuple disait : Allah ! Un derviche soudain, cassé par l'âge aride, Fendit la foule, prit son cheval par la bride, Et voici comme il lui parla : « Ali-Tépéléni, lumière des lumières, Qui sièges au divan sur les marches premières, Dont le grand nom toujours grandit, Ecoute-moi, vizir de ces guerriers sans nombre, Ombre du padischah qui de Dieu même est l'ombre, Tu n'es qu'un chien et qu'un maudit ! « Un flambeau du sépulcre à ton insu t'éclaire. Comme un vase trop plein tu répands ta colère Sur tout un peuple frémissant ; Tu brilles sur leurs fronts comme une faulx dans l'herbe Et tu fait un ciment à ton palais superbe De leur os broyés dans leur sang. « Mais ton jour vient. Il faut, dans Janina qui tombe, Que sous tes pas enfin croule et s'ouvre la tombe ; Dieu te garde un carcan de fer Sous l'arbre du segjin chargé d'âmes impies Qui sur ses rameaux noirs frissonnent accroupies, Dans la nuit du septième enfer ! « Ton âme fuira nue ; au livre de tes crimes Un démon te lira les noms de tes victimes ; Tu les verras autour de toi, Ces spectres, teints du sang qui n'est plus dans leurs veines, Se presser, plus nombreux que les paroles vaines Que balbutiera ton effroi ! « Ceci t'arrivera, sans que ta forteresse Ou ta flotte te puisse aider dans ta détesse De sa rame ou de son canon ; Quand même Ali-Pacha, comme le juif immonde, Pour tromper l'ange noir qui l'attend hors du monde, En mourant changerait de nom ! » Ali sous sa pelisse avait un cimeterre, Un tromblon tout chargé, s'ouvrant comme un cratère, Trois longs pistolets, un poignard ; Il écouta le prêtre et lui laissa tout dire, Pencha son front rêveur, puis avec un sourire Donna sa pelisse au vieillard. Le 8 novembre 1828.
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