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"jouait" poems
Le Joaillier des Mots Il était joaillier des mots, sans que l’on ne sût pourquoi peut être cherchait il le soleil qui trop souvent nous est masqué, et nous cache le sens profond de la beauté de notre vie. Il était homme du commun, pas très brillant dans les affaires, car souvent son Esprit volait, **** des chiffres et de l’âpre lutte que l’Homme se mène à lui-même. C’était un luthier sans harpe. Il voyait du rêve partout, et voulait les fermer dans les mots. qui, s’égrenaient comme des perles et s’écoulaient comme des notes, la musique était Poésie la poésie se faisait musique. Il était joaillier des mots, à l’heure ou tous sont morts de peur et courent comme gibier traqué plutôt que de goûter la vie. Il n’avait pas peur de manquer, moins encore de posséder, son seul souci était de vivre. Il n’aimait guère la violence, qui endeuille la vie des êtres n’avait aucun impératif qui rend esclave des idées, mais son sourire était de miel, et son rire était cristallin. L’amitié était sa boussole, et l’humain son diamant secret. Jamais il n’injuriait la vie et il jouait avec les mots comme un peintre avec son pinceau s’efforce d’embellir la vie. Paul d’Aubin (Paul Arrighi) à Toulouse en France.
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May 16, 2014
May 16, 2014 at 9:32 AM UTC
Le Joaillier des Mots ( The Jeweller of words)
C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or Je croyais voir Ses patientes mains calmer un incendie C'était au beau milieu de notre tragédie Et pendant un long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit C'était au beau milieu de notre tragédie Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire Pendant tout ce long jour assise à son miroir Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire Pendant tout ce long jour assise à son miroir À ranimer les fleurs sans fin de l'incendie Sans dire ce qu'une autre à sa place aurait dit Elle martyrisait à plaisir sa mémoire C'était au beau milieu de notre tragédie Le monde ressemblait à ce miroir maudit Le peigne partageait les feux de cette moire Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire C'était un beau milieu de notre tragédie Comme dans la semaine est assis le jeudi Et pendant un long jour assise à sa mémoire Elle voyait au **** mourir dans son miroir Un à un les acteurs de notre tragédie Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits Et ce que signifient les flammes des longs soirs Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie.
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Elsa au miroir
Hey, bab', what's up today? I don't know, let us play! Connais-tu l'histoire des enfants qui jouaient à l'humain ? Leurs parents les avaient abandonnés Ils ne savaient pas comment s'occuper. C'est alors que l'un dit : "Allumons la télé !" Et tous crièrent : "Oh oui, Allons nous amuser !" Au bout d'un temps certains pleurèrent Les autres ne comprenèrent Alors ils firent comme à la télé. Au bout d'un temps certains rièrent Les autres ne comprenèrent Alors ils firent comme à la télé. Au bout d'un temps certains se chamaillèrent Les autres ne comprenèrent Alors ils firent comme à la télé. Au bout d'un temps, tous devenus grands Personne ne se comprenait Alors ils furent comme à la télé !
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Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:50 PM UTC
Et si on jouait à l'humain ?
Fable V, Livre I. Pataud jouait avec Raton, Mais sans gronder, sans mordre ; en camarade, en frère. Les chiens sont bonnes gens ; mais les chats, nous dit-on ? Sont justement tout le contraire. Aussi, bien qu'il jurât toujours Avoir fait pate de velours, Raton, et ce n'est pas une histoire apocryphe, Dans la peau d'un ami, comme fait maint plaisant, Enfonçait, tout en s'amusant, Tantôt la dent, tantôt la griffe. Pareil jeu dut cesser bientôt. - Eh quoi, Pataud, tu fais la mine ! Ne sais-tu pas qu'il est d'un sot De se fâcher quand on badine ? Ne suis-je pas ton bon ami ? - Prends un nom qui convienne à ton humeur maligne ; Raton, ne sois rien à demi : J'aime mieux un franc ennemi, Qu'un bon ami qui m'égratigne.
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Le chien et le chat
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké. Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué, Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ; On met le naturel de côté ; bête brute, On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ; On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie, On trouve bon le givre et la bise et la pluie, On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ; Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci : Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut : L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue, Se présente au palais de la fée, et salue, Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky. La fée avait un fils, on ne sait pas de qui. Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche, Bel enfant blond nourri de crème et de brioche, Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso, Il était sous la porte et jouait au cerceau. On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre. Comment passer le temps quand il neige en décembre. Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ? L'ogre se mit alors à croquer le marmot. C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite, Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite, Que de gober ainsi les mioches du prochain. Le bâillement d'un ogre est frère de la faim. Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe. La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme. As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ? Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé. Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire, Jugez ce que devint l'ogre devant la mère Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin. Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ; N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
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Bon conseil aux amants
L'amour fut de tout temps un bien rude Ananké. Si l'on ne veut pas être à la porte flanqué, Dès qu'on aime une belle, on s'observe, on se scrute ; On met le naturel de côté ; bête brute, On se fait ange ; on est le nain Micromégas ; Surtout on ne fait point chez elle de dégâts ; On se tait, on attend, jamais on ne s'ennuie, On trouve bon le givre et la bise et la pluie, On n'a ni faim, ni soif, on est de droit transi ; Un coup de dent de trop vous perd. Oyez ceci : Un brave ogre des bois, natif de Moscovie, Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut : L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue, Se présente au palais de la fée, et salue, Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky. La fée avait un fils, on ne sait pas de qui. Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche, Bel enfant blond nourri de crème et de brioche, Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso, Il était sous la porte et jouait au cerceau. On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre. Comment passer le temps quand il neige en décembre. Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ? L'ogre se mit alors à croquer le marmot. C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite, Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite, Que de gober ainsi les mioches du prochain. Le bâillement d'un ogre est frère de la faim. Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe. La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme. As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ? Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé. Or, c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire, Jugez ce que devint l'ogre devant la mère Furieuse qu'il eût soupé de son dauphin. Que l'exemple vous serve ; aimez, mais soyez fin ; Adorez votre belle, et soyez plein d'astuce ; N'allez pas lui manger, comme cet ogre russe, Son enfant, ou marcher sur la patte à son chien.
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Ce n'était, l'an passé, qu'une enfant blanche et blonde Dont l'œil bleu, transparent et calme comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprimait que bonheur et naïve gaîté. Que j'aimais dans le parc la voir sur la pelouse Parmi ses jeunes sœurs courir, voler, jalouse D'arriver la première ! Avec grâce les vents Berçaient de ses cheveux les longs anneaux mouvants ; Son écharpe d'azur se jouait autour d'elle Par la course agitée, et, souvent infidèle, Trahissait une épaule au contour gracieux, Un sein déjà gonflé, trésor mystérieux, Un col éblouissant de fraîcheur, dont l'albâtre Sous la peau laisse voir une veine bleuâtre. - Dans son petit jardin que j'aimais à la voir À grand'peine portant un léger arrosoir, Distribuer en pluie, à ses fleurs desséchées Par la chaleur du jour, et vers le sol penchées, Une eau douce et limpide ; à ses oiseaux ravis, Des tiges de plantain, des grains de chènevis !... C'est une jeune fille à présent blanche et blonde, La même ; mais l'œil bleu, jadis pur comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprime plus bonheur et naïve gaîté.
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Les deux âges
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
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L'hermine, le castor et le sanglier
Une hermine, un castor, un jeune sanglier, Cadets de leur famille, et partant sans fortune, Dans l'espoir d'en acquérir une Quittèrent leur forêt, leur étang, leur hallier. Après un long voyage, après mainte aventure, Ils arrivent dans un pays Où s'offrent à leurs yeux ravis Tous les trésors de la nature, Des prés, des eaux, des bois, des vergers pleins de fruits. Nos pèlerins, voyant cette terre chérie, Éprouvent les mêmes transports Qu'Énée et ses troyens en découvrant les bords Du royaume de Lavinie. Mais ce riche pays était de toutes parts Entouré d'un marais de bourbe Où des serpents et des lézards Se jouait l'effroyable tourbe. Il fallait le passer ; et nos trois voyageurs S'arrêtent sur le bord, étonnés et rêveurs. L'hermine la première avance un peu la patte ; Elle la retire aussitôt, En arrière elle fait un saut, En disant : mes amis, fuyons en grande hâte ; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir, Pour arriver là bas il faudrait se salir ; Et moi je suis si délicate, Qu'une tache me fait mourir. Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : Il faut alors du temps et de l'intelligence ; Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon. Quinze jours ! Ce terme est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite ; Vous allez voir comment. En prononçant ces mots, Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, À travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue ; Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain : Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.
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La lune était sereine et jouait sur les flots. - La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, La sultane regarde, et la mer qui se brise, Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots. De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare. Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos. Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos, Battant l'archipel grec de sa rame tartare ? Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour, Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ? Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'un voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ? Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? - Ni le noir cormoran, sur la vague bercé, Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames. Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... - La lune était sereine et jouait sur les flots. Le 2 septembre 1828.
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Clair de lune