Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"jambes" poems
Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute; Mais une nuit d’été, les voici à Ravenne, A l’aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises; La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne. Ils restent sur le dos écartant les genoux De quatre jambes molles tout gonflées de morsures. On relève le drap pour mieux égratigner. Moins d’une lieue d’ici est Saint Apollinaire En Classe, basilique connue des amateurs De chapitaux d’acanthe que tournoie le vent. Ils vont prendre le train de huit heures Prolonger leurs misères de Padoue à Milan Où se trouvent la Cène, et un restaurant pas cher. Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan. Ils auront vu la Suisse et traversé la France. Et Saint Apollinaire, raide et ascétique, Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encore Dans ses pierres écroulantes la forme précise de Byzance.
0
3.8k
Lune De Miel
You said that I could find you In the space that lies between The reality that binds you And the traces of your dream. You asked me, "Can you dance To a poem by Baudelaire?" "La danse," said I. "C'est la poésie Avec des bras et des jambes." Your hands made a ballroom of my body Your fingers tap-danced on my skin Oh, and how I moved under your melody Like a waltzing gypsy violin.
0
Aug 21, 2010
Aug 21, 2010 at 7:56 PM UTC
La Danse
Je festine ici et là Je festine dans l’au delà Je festine indécemment Ma sauvage est de retour. Je m’accouple aux vents boucs Je m’accouple aux pluies vipères Je m’accouple diaboliquement Ma sage-femme est de retour. Je sodomise les mares crapauds Je sodomise les fleuves lézards Je sodomise exécrablement Ma guérisseuse est de retour. Je blasphème aux solstices Je blasphème aux équinoxes Je blasphème scandaleusement Mon infirmière est de retour. Je me venge en la noyant Je me venge en la brûlant Je me venge insidieusement Mon hérétique est de retour Je cours après tous onguents Je cours après tous poisons Je cours brutalement Ma dénaturée est de retour. J’aime sa danse surnaturelle J’aime ses pas diaboliques J’aime ardemment Ma forcluse est de retour. Je caresse le soufre de son âme Je caresse son pied gauche Je caresse amoureusement Ma Maligne est de retour. Je m’accointe à sa lumière Je m’accointe à son derrière Je m’accointe horriblement Ma pécheresse est de retour. Je badine avec la lune Je badine avec les étoiles Je badine imprudemment Ma prêtresse est de retour. Je pèche des poissons capitaux Je pèche des poissons capiteux Je pèche lubriquement Ma catin est de retour. Je vénère les toisons Je vénère les vipères Je vénère précieusement Mon dragon est de retour. Je me frictionne l’entre-deux-jambes Je me frictionne entre deux outre-tombes Je me frictionne inlassablement Mon ombre est de retour. Je tremble de peur Je tremble de joie Je tremble frénétiquement Ma sorcière est de retour. Je décharge à tous vents Je décharge à tout va Je décharge instantanément Ma bougresse est de retour. Je danse en bégayant Je danse en babillant Je danse ordement jusqu'au chant du coq Ma muse est de retour
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:55 AM UTC
Je tremble, je tremble, je tremble
Je festine ici et là Je festine dans l’au delà Je festine indécemment Ma sauvage est de retour. Je m’accouple aux vents boucs Je m’accouple aux pluies vipères Je m’accouple diaboliquement Ma sage-femme est de retour. Je sodomise les mares crapauds Je sodomise les fleuves lézards Je sodomise exécrablement Ma guérisseuse est de retour. Je blasphème aux solstices Je blasphème aux équinoxes Je blasphème scandaleusement Mon infirmière est de retour. Je me venge en la noyant Je me venge en la brûlant Je me venge insidieusement Mon hérétique est de retour Je cours après tous onguents Je cours après tous poisons Je cours brutalement Ma dénaturée est de retour. J’aime sa danse surnaturelle J’aime ses pas diaboliques J’aime ardemment Ma forcluse est de retour. Je caresse le soufre de son âme Je caresse son pied gauche Je caresse amoureusement Ma Maligne est de retour. Je m’accointe à sa lumière Je m’accointe à son derrière Je m’accointe horriblement Ma pécheresse est de retour. Je badine avec la lune Je badine avec les étoiles Je badine imprudemment Ma prêtresse est de retour. Je pèche des poissons capitaux Je pèche des poissons capiteux Je pèche lubriquement Ma catin est de retour. Je vénère les toisons Je vénère les vipères Je vénère précieusement Mon dragon est de retour. Je me frictionne l’entre-deux-jambes Je me frictionne entre deux outre-tombes Je me frictionne inlassablement Mon ombre est de retour. Je tremble de peur Je tremble de joie Je tremble frénétiquement Ma sorcière est de retour. Je décharge à tous vents Je décharge à tout va Je décharge instantanément Ma bougresse est de retour. Je danse en bégayant Je danse en babillant Je danse ordement jusqu'au chant du coq Ma muse est de retour
Continue reading...
64
Chaque poème que je sculpte dans le bois pour ma muse égarée Est un bout de sentier lumineux que je façonne Dans la glaise de la route de mon pèlerinage infatigable A la recherche des volcans éteints de ma muse. C'est un chemin de Compostelle Que j 'ai semé de ma trace d'olisbos de bois noir tendus vers le cosmos avec son image gravée Qui stridulent de plaisir à l 'approche de la lune descendante. C'est seulement hors sève que mes mots acceptent En holocauste que ce bel ébène de bonne grâce Soit coupé scié laminé en bonne lune Pour servir de festin lubrique à ma muse. Oh my God, dit ma muse Qui pourtant ne parle pas la langue de Shakespeare, Eblouie par la majestueuse forêt de godemichés De belle patine couleur miel En repos végétal. In God we trust, lui répond en stridulant toute l 'animalité volatile perchée au sommet de Priape Entre roses et croix : Ultreïa ! Ultreïa ! Et Suseïa ! Musa adjuva nos ! Ma muse devant un tel charivari frissonne Prend ses jambes à mon cou et dégouline du diable vauvert Sans demander son reste de canon à cent voix Maudissant les molles bandaisons du poète infidèle et vouant aux gémonies la lune, cette dévergondée, L 'accusant de guet-apens et autres sornettes Artificielles et sordides. Ultreïa ! Ultreïa ! Et Suseïa ! Musa adjuva nos !
0
Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:25 AM UTC
Olisbos
Il est difficile de dire adieu Lorsqu'on veut rester Le temps passe Les souvenirs s'estompent Les gens nous quittent Les sentiments changent Mais le coeur n'oublie jamais Passer à autres choses Ne se fait pas en un jour En quoi ça peut m'aider À vous dire vrai Je vois son visage À chaque fois Que je ferme les yeux Que je me reveille en larmes Parce qu'il n'est pas là J’ai comme les idees embrouillés Les reves et les espoirs brisés Les yeux embués Les poings serrés Les jambes paralysées Le coeur brisé J’ai tente de t’oublier Un bon nombre de fois Et je n’y suis jamais arrive
0
Sep 19, 2015
Sep 19, 2015 at 1:19 AM UTC
Sablier
Sonnet. Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi. - Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines De beurre et du jambon qui fût à moitié froid. Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table Verte : je contemplai les sujets très naïfs De la tapisserie. - Et ce fut adorable, Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs, - Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! - Rieuse, m'apporta des tartines de beurre, Du jambon tiède, dans un plat colorié, Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse Que dorait un rayon de soleil arriéré.
0
1.2k
Au cabaret-vert
Il existe près des écluses Un bas quartier de bohémiens Dont la belle jeunesse s'use À démêler le tien du mien En bande on s'y rend en voiture, Ordinairement au mois d'août, Ils disent la bonne aventure Pour des piments et du vin doux. On passe la nuit claire à boire On danse en frappant dans ses mains, On n'a pas le temps de le croire Il fait grand jour et c'est demain. On revient d'une seule traite Gais, sans un sou, vaguement gris, Avec des fleurs plein les charrettes Son destin dans la paume écrit. J'ai pris la main d'une éphémère Qui m'a suivi dans ma maison Elle avait des yeux d'outremer Elle en montrait la déraison. Elle avait la marche légère Et de longues jambes de faon, J'aimais déjà les étrangères Quand j'étais un petit enfant ! Celle-ci parla vite vite De l'odeur des magnolias, Sa robe tomba tout de suite Quand ma hâte la délia. En ce temps-là, j'étais crédule Un mot m'était promission, Et je prenais les campanules Pour des fleurs de la passion. À chaque fois tout recommence Toute musique me saisit, Et la plus banale romance M'est éternelle poésie Nous avions joué de notre âme Un long jour, une courte nuit, Puis au matin : "Bonsoir madame" L'amour s'achève avec la pluie.
0
829
L'Etrangère
Comment une  Femme m'a émue Des jambes fines terminées par des baskets, Des cheveux qui tombent sur les épaules, Un bracelet vert sur le bras, Et ce petit short noir si pudique, qu'il en est émouvant. Chère belle inconnue rencontrée dans ce bus, Je me gardais bien de t'aborder ni  de t’importuner, A peine t’avais-je jeté un regard discret, pour respecter ton intimité, et parce que nos âges étaient par trop lointains. Mais ta fugitive beauté, ta fraîcheur, ta joliesse, ont été l'arc-en-ciel en  cette  journée. Il existe parfois des croisements éphémères Qui vous apportent plus, Que de longs propos et des espoirs déçus. Paul Arrighi
0
Mar 25, 2016
Mar 25, 2016 at 6:14 PM UTC
Comment une Femme m'a émue ? (As a woman touched me ? )
C'est de ma coeur L'amour de la chaude C'est le gros feu orange La rouge de ma peau A new life Gorge us On the heat of your bleu base The vastness of the ciel is captured in your core The blanc A bleached blank blot of light Blotching the irises of Nos yeux Mes jambes burn with the blaze My coeur melts quand tu rire Mais tu es seulment le feu Feu C'est plus que ca It is the waves and forces in my chest The spark in mes yeux The high of a rolling wit being exhausted C'est la langue avec ce que j'etais nee Et puis ca, c'est la frustration que j'avais avec Anglais et French C'est ma mere Elle est la feu dans ma coeur Tres fort But it burns It will always burn Oceans of salt will not wash away the singe I am rouge with force Forte avec heat I will burn on Like fire
0
Mar 14, 2016
Mar 14, 2016 at 11:09 AM UTC
Feu
Je te note, Maitreyi, Comme je te l'ai promis Non pas que je te compare à d'autres Ni que j'évalue ta sismicité Sur une échelle quelconque de Richter Ou une valence particulière À laquelle tu serais prédisposée . Je te note, ma poétesse, ma philosophe, Ma peintre, mon actrice, ma nourrice, Non pas pour te donner une côte Un numéro dans une course handicap À la jouissance absolue À la jouissance infinie À la jouissance inaccessible. Dans ma note il n'y a ni favori Ni outsider ni tocard Il n'y a pas de trente-huit contre un Et je ne joue pas le champ sur ton nom Et peu m'importent ton entraîneur, ton soigneur, ton jockey, ton lad Peu m'importe le guru qui te drive Je ne te note ni de zéro à vingt Je ne te note ni de a à z Et même si je sais fort bien Que toute note dénote un à priori Un parti pris J'essaie d'être le moins partial possible J'essaie d'être juste. Et même quand on chante faux On ne mérite jamais de zéro pointé Car on a essayé, on a osé On a performé. On a perforé l'air de sa voix. On a existé. Je te note donc, ma pantheiste, Tout en relativisant la portée de mon geste Je te note les lèvres mineures et majeures, Les jambes, les chevilles au ralenti Comme par effraction symbolique Je t'effleure de ma clé d'ut Et je te parsème de dièses et de bémols Subjectivement Inconsciemment Je soupèse tes noires et tes blanches Je te caresse indistinctement tes do Tes la, tes mi, tes sol, tes fa, tes ré Qui bouillonnant de concert Dans un indécryptable maelström Et je décrète de ma toute-puissance Arbitrale et analytique Que tu es muse atypique De chocolat et de vanille En sempiternelle excursion dans le plaisir Et donc par définition histrionique Éternellement insatisfaite Et la note coquette que je te donne en dot C'est le silence de la divine comédie Que j'ai plaisir à déchiffrer Dans la distance pudique de l'absence incurable Des Ganges couleur avocat qui couinent muets Entre trente-deuxième de soupir Et bâton de pause.
0
Nov 30, 2019
Nov 30, 2019 at 3:06 AM UTC
Je te note
Je te note, Maitreyi, Comme je te l'ai promis Non pas que je te compare à d'autres Ni que j'évalue ta sismicité Sur une échelle quelconque de Richter Ou une valence particulière À laquelle tu serais prédisposée . Je te note, ma poétesse, ma philosophe, Ma peintre, mon actrice, ma nourrice, Non pas pour te donner une côte Un numéro dans une course handicap À la jouissance absolue À la jouissance infinie À la jouissance inaccessible. Dans ma note il n'y a ni favori Ni outsider ni tocard Il n'y a pas de trente-huit contre un Et je ne joue pas le champ sur ton nom Et peu m'importent ton entraîneur, ton soigneur, ton jockey, ton lad Peu m'importe le guru qui te drive Je ne te note ni de zéro à vingt Je ne te note ni de a à z Et même si je sais fort bien Que toute note dénote un à priori Un parti pris J'essaie d'être le moins partial possible J'essaie d'être juste. Et même quand on chante faux On ne mérite jamais de zéro pointé Car on a essayé, on a osé On a performé. On a perforé l'air de sa voix. On a existé. Je te note donc, ma pantheiste, Tout en relativisant la portée de mon geste Je te note les lèvres mineures et majeures, Les jambes, les chevilles au ralenti Comme par effraction symbolique Je t'effleure de ma clé d'ut Et je te parsème de dièses et de bémols Subjectivement Inconsciemment Je soupèse tes noires et tes blanches Je te caresse indistinctement tes do Tes la, tes mi, tes sol, tes fa, tes ré Qui bouillonnant de concert Dans un indécryptable maelström Et je décrète de ma toute-puissance Arbitrale et analytique Que tu es muse atypique De chocolat et de vanille En sempiternelle excursion dans le plaisir Et donc par définition histrionique Éternellement insatisfaite Et la note coquette que je te donne en dot C'est le silence de la divine comédie Que j'ai plaisir à déchiffrer Dans la distance pudique de l'absence incurable Des Ganges couleur avocat qui couinent muets Entre trente-deuxième de soupir Et bâton de pause.
Continue reading...
60
frog skin pickle with my 82% milk fat french croissant "ribbit ribbit, mon croissant flakey?" "Oui, et ma peau est en cuir du marais, Et mes jambes ont le goût de poulet". "le vert de mon visage cache bien dans l'herbe" "Oui, Oui, parce que vous êtes un amphibie" "What are you with such a souple, épluchée dorée?" "Moi? Je suis le travail de mains amoureuses I tear apart to feed your taste for metamorphosis."
0
Jun 2, 2017
Jun 2, 2017 at 2:10 PM UTC
frog skin pickle
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
0
702
Le beau navire
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
Continue reading...
40
* as i do not rhyme in metrics any more i do not care as i used to write jambes all i want is just to express the words in ways by tellin' ye how i exactly feel waves might be there aswell a melody tho to ponder upon ye'll have to dive in the stanzas may seem made purposely if love is the drive the answer is within a heart ever rhythmic as its beat plays to emerge a writin' of a sonnet kind of by the inner burnin' that never decays tho no words known ever to be enough witness me sayin' as forever 'n' always lo my love is for love 'n' love is my love *..love always... عرفان بن يوسف © AH 27/06/1436**
0
Dec 18, 2015
Dec 18, 2015 at 12:23 PM UTC
..writin'...
Tant que la lame n'aura Pas coupé cette cervelle, Ce paquet blanc, vert et gras, A vapeur jamais nouvelle, (Ah ! Lui, devrait couper son Nez, sa lèvre, ses oreilles, Son ventre ! et faire abandon De ses jambes ! ô merveille !) Mais non ; vrai, je crois que tant Que pour sa tête la lame, Que les cailloux pour son flanc, Que pour ses boyaux la flamme, N'auront pas agi, l'enfant Gêneur, la si sotte bête, Ne doit cesser un instant De ruser et d'être traître, Comme un chat des Monts-Rocheux, D'empuantir toutes sphères ! Qu'à sa mort pourtant, ô mon Dieu ! S'élève quelque prière !
0
472
Honte
De vous le dire je m'empresse... Oh ! la fâcheuse inversion ! D'ailleurs la seule qui paraisse Être échappée à ma paresse, Au cours de cette édition. Je m'empresse de vous le dire, Allons ! voilà qui va bien mieux ! Je ne suis pas (faut-il l'écrire ?) Un poète, je suis sans lyre. Je crois que cela saute aux yeux. Mais, vous m'avez dit, d'aventure, Un soir : « Je n'aime pas les vers. » Or, nous revenions en voiture ; « Quoi ? pas même ceux de Voiture ? » Je vous regardai de travers. Je trouvai la chose hardie. Nous traversions le carrefour, De l'Ancienne Comédie, « Moi, je les aime, quoiqu'on dise Presqu'autant que faire l'amour. » La rue était silencieuse, Pas un soupir d'accordéon, Et sous vos yeux de scabieuse Là-bas se dressait, soucieuse, La façade de l'Odéon. Vous voyez, j'ai bonne mémoire. Eh ! bien ! ce mot d'après dîner, Si j'ai composé mon grimoire, C'est de sa faute, et c'est histoire,Madame, de vous taquiner. Et je vous le jette... à la tête ? Ah ! fi ! Sur les bras ?... oh ! que non ? Dans les jambes ?... Ce serait bête. Ou tu le verrais à la fête, C'est entre ton fauteuil et ton... Qu'on se le dise au Montparnasse, Pays des vers estropiés, Et des madrigaux à la glace : Si je veux qu'il soit à sa place Je le glisserais sous vos pieds. Toutefois, du fond de ton siège Reçois-le comme un compliment « À la française »... qu'on abrège Si l'on entend : « Est-ce qu'il neige ? » Ou si l'on vous dit : « C'est charmant. »
0
468
Le Livre
De vous le dire je m'empresse... Oh ! la fâcheuse inversion ! D'ailleurs la seule qui paraisse Être échappée à ma paresse, Au cours de cette édition. Je m'empresse de vous le dire, Allons ! voilà qui va bien mieux ! Je ne suis pas (faut-il l'écrire ?) Un poète, je suis sans lyre. Je crois que cela saute aux yeux. Mais, vous m'avez dit, d'aventure, Un soir : « Je n'aime pas les vers. » Or, nous revenions en voiture ; « Quoi ? pas même ceux de Voiture ? » Je vous regardai de travers. Je trouvai la chose hardie. Nous traversions le carrefour, De l'Ancienne Comédie, « Moi, je les aime, quoiqu'on dise Presqu'autant que faire l'amour. » La rue était silencieuse, Pas un soupir d'accordéon, Et sous vos yeux de scabieuse Là-bas se dressait, soucieuse, La façade de l'Odéon. Vous voyez, j'ai bonne mémoire. Eh ! bien ! ce mot d'après dîner, Si j'ai composé mon grimoire, C'est de sa faute, et c'est histoire,Madame, de vous taquiner. Et je vous le jette... à la tête ? Ah ! fi ! Sur les bras ?... oh ! que non ? Dans les jambes ?... Ce serait bête. Ou tu le verrais à la fête, C'est entre ton fauteuil et ton... Qu'on se le dise au Montparnasse, Pays des vers estropiés, Et des madrigaux à la glace : Si je veux qu'il soit à sa place Je le glisserais sous vos pieds. Toutefois, du fond de ton siège Reçois-le comme un compliment « À la française »... qu'on abrège Si l'on entend : « Est-ce qu'il neige ? » Ou si l'on vous dit : « C'est charmant. »
Continue reading...
44
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
0
502
L'aveugle et le paralytique
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
Continue reading...
40
Parmi les marbres qu'on renomme Sous le ciel d'Athène ou de Rome, Je prends le plus pur, le plus blanc, Je le taille et puis je l'étale Dans ta pose d'Horizontale Soulevée... un peu... sur le flanc... Voici la tête qui se dresse, Qu'une ample chevelure presse, Le cou blanc, dont le pur contour Rappelle à l'œil qui le contemple Une colonne, au front d'un temple, Le plus beau temple de l'Amour ! Voici la gorge féminine, Le bout des seins sur la poitrine Délicatement accusé, Les épaules, le dos, le ventre Où le nombril se renfle et rentre Comme un tourbillon apaisé. Voici le bras plein qui s'allonge ; Voici, comme on les voit en songe, Les deux petites mains d'Éros, Le bassin immense, les hanches, Et les adorablement blanches Et fermes fesses de Paros. Voici le mont au fond des cuisses Les plus fortes pour que tu puisses Porter les neuf mois de l'enfant ; Et voici tes jambes parfaites... Et, pour les sonnets des poètes, Voici votre pied triomphant. Pas plus grande que Cléopâtre Pour qui deux peuples vont se battre, Voici la Femme dont le corps Fait sur les gestes et les signes Courir la musique des lignes En de magnifiques accords. Je m'élance comme un barbare, J'abats la tête, le pied rare, Les mains... et puis... au bout d'un an... Lorsque sa gloire est colossale, Je la dispose en une salle, La plus riche du Vatican.
0
488
La statue
"Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" Dit Marguerite Duras Toi, mon HYDRE-MUSE, tu jouis Par l'oreille absolue et frivole Magnifiée Par la danse à contre-temps De la poésie pénétrante Du saxo et de la tumba Du coupé décalé et de l'azonto Entre violons et accordéons Qui fait voltiger sur tes hanches Toute la copelia complicada de ta libido. Je rentre sans hâte dans la mue de la couleuvre Et je te ceins la taille. Réinventons les croisés en cinquième position Du ballet classique de Noureev, Petipa et Balanchine Et à quatre pattes virevoltons dans le Bolchoi. Setenta y ocho : Je te tatoue le bas des reins D'un tatou boule qui exécute Des renversés arrière multicolores Dans les plus intimes sillons de ta peau. Cero : Verbum Sapientiae Principium Est ! De mon pinceau chatoyant je dessine Des pas de bourrée étourdissants Aux confins de tes cambrures Setenta y siete : Tu miaules des entrechats charnels Et tu tournoies comme un ventilateur Et tu me dis : viens, mon prince, Montre-moi tes ronds de jambes doubles Ochenta y quatro : je te prends par les orteils tout en te caressant l'oreille Et je te dis vas-y Cuarenta y cinco : Dombolo baroque dès que tu bouges tes fesses pour m'inviter à tes Messes de sabbat Très y media : Demi-pointe sur les tétons qui frémissent et qui clignent des yeux La peau de ton aréole gauche  danse la biguine Ton sein droit fait voltiger du jus de grenade Sesenta : Un deux trois cinq six sept Un seul fouetté Tu enchaînes les figures libres et académiques Passe après passe Tu plantes dans le taureau farceur tes aromates Et je crie Banco et tu me mordilles la paume de la main. Setenta complicada : J'aime notre gourmandise choreographee clitoridienne, anale, phallique et vaginale Cet appétit colossal de ballet épicé à la Merce Cunningham, Alvin Ailey et Martha Graham Qui nous prend entre deux morts de tous nos lacs des cygnes primaux Nous en sommes les danseurs étoiles les solistes les premiers danseurs les petits rats les chorégraphes et les maîtres de ballet À nous deux nous formons une troupe Réincarnée Et nous signons de nos plumes de chair notre martingale lubrique : Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept
0
Nov 1, 2019
Nov 1, 2019 at 3:31 AM UTC
Un deux trois ... Cinq six sept
"Les femmes jouissent d'abord par l'oreille" Dit Marguerite Duras Toi, mon HYDRE-MUSE, tu jouis Par l'oreille absolue et frivole Magnifiée Par la danse à contre-temps De la poésie pénétrante Du saxo et de la tumba Du coupé décalé et de l'azonto Entre violons et accordéons Qui fait voltiger sur tes hanches Toute la copelia complicada de ta libido. Je rentre sans hâte dans la mue de la couleuvre Et je te ceins la taille. Réinventons les croisés en cinquième position Du ballet classique de Noureev, Petipa et Balanchine Et à quatre pattes virevoltons dans le Bolchoi. Setenta y ocho : Je te tatoue le bas des reins D'un tatou boule qui exécute Des renversés arrière multicolores Dans les plus intimes sillons de ta peau. Cero : Verbum Sapientiae Principium Est ! De mon pinceau chatoyant je dessine Des pas de bourrée étourdissants Aux confins de tes cambrures Setenta y siete : Tu miaules des entrechats charnels Et tu tournoies comme un ventilateur Et tu me dis : viens, mon prince, Montre-moi tes ronds de jambes doubles Ochenta y quatro : je te prends par les orteils tout en te caressant l'oreille Et je te dis vas-y Cuarenta y cinco : Dombolo baroque dès que tu bouges tes fesses pour m'inviter à tes Messes de sabbat Très y media : Demi-pointe sur les tétons qui frémissent et qui clignent des yeux La peau de ton aréole gauche  danse la biguine Ton sein droit fait voltiger du jus de grenade Sesenta : Un deux trois cinq six sept Un seul fouetté Tu enchaînes les figures libres et académiques Passe après passe Tu plantes dans le taureau farceur tes aromates Et je crie Banco et tu me mordilles la paume de la main. Setenta complicada : J'aime notre gourmandise choreographee clitoridienne, anale, phallique et vaginale Cet appétit colossal de ballet épicé à la Merce Cunningham, Alvin Ailey et Martha Graham Qui nous prend entre deux morts de tous nos lacs des cygnes primaux Nous en sommes les danseurs étoiles les solistes les premiers danseurs les petits rats les chorégraphes et les maîtres de ballet À nous deux nous formons une troupe Réincarnée Et nous signons de nos plumes de chair notre martingale lubrique : Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept Un deux trois... Cinq six sept
Continue reading...
59
La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ; Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse Pour vous pomper le sang, Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes, Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes, Roulent leur oeil luisant. En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne Des os demi-rongés, des restes de charogne, Des crânes sonnant creux. On voit de chaque trou sortir des jambes raides ; Des apparitions monstrueusement laides Fendent l'air ténébreux. C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe, Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe L'antique obscurité. C'est ici que la mort propose son problème, Et que le voyageur, devant sa face blême, Recule épouvanté. Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies, Vainement, à travers toutes les poésies, Toutes les passions, Ont poursuivi le mot de la page fatale, Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale Et sans inscriptions ! Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies Sous les plus doux baisers, Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère ! Que de désirs au ciel sont remontés de terre Toujours inapaisés ! Il est des écoliers qui voudraient tout connaître, Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître De Méphistophélès. Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite, Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ; Tous ceux-là, plaignez-les ! Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ; Ils mêlent une larme à chaque grain de sable Que le temps laisse choir. Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine, Râle piteusement dans leur maigre poitrine L'hymne du désespoir. Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne, Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne Quelque reste de vert, Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues, Silencieux, pareils à des files de grues Quand approche l'hiver. Leurs tourments ne sont point redits par le poète Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête L'auréole qui luit ; Par les chemins du monde ils marchent sans cortège, Et sur le sol glacé tombent comme la neige Qui descend dans la nuit.
0
448
La spirale sans fin
La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ; Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse Pour vous pomper le sang, Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes, Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes, Roulent leur oeil luisant. En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne Des os demi-rongés, des restes de charogne, Des crânes sonnant creux. On voit de chaque trou sortir des jambes raides ; Des apparitions monstrueusement laides Fendent l'air ténébreux. C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe, Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe L'antique obscurité. C'est ici que la mort propose son problème, Et que le voyageur, devant sa face blême, Recule épouvanté. Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies, Vainement, à travers toutes les poésies, Toutes les passions, Ont poursuivi le mot de la page fatale, Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale Et sans inscriptions ! Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies Sous les plus doux baisers, Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère ! Que de désirs au ciel sont remontés de terre Toujours inapaisés ! Il est des écoliers qui voudraient tout connaître, Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître De Méphistophélès. Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite, Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ; Tous ceux-là, plaignez-les ! Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ; Ils mêlent une larme à chaque grain de sable Que le temps laisse choir. Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine, Râle piteusement dans leur maigre poitrine L'hymne du désespoir. Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne, Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne Quelque reste de vert, Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues, Silencieux, pareils à des files de grues Quand approche l'hiver. Leurs tourments ne sont point redits par le poète Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête L'auréole qui luit ; Par les chemins du monde ils marchent sans cortège, Et sur le sol glacé tombent comme la neige Qui descend dans la nuit.
Continue reading...
54
Riche ventre qui n'a jamais porté, Seins opulents qui n'ont pas allaité, Bras frais et gras, purs de tout soin servile, Beau cou qui n'a plié que sous le poids De lents baisers à tous les chers endroits, Menton où la paresse se profile, Bouche éclatante et rouge d'où jamais Rien n'est sorti que propos que j'aimais, Oiseux et gais - et quel nid de délices ! Nez retroussé quêtant les seuls parfums De la santé robuste, yeux plus que bruns Et moins que noirs, indulgemment complices, Front peu penseur mais pour cela bien mieux, Longs cheveux noirs dont le grand flot soyeux, Jusques aux reins lourdement se hasarde, Croupe superbe éprise de loisir Sauf aux travaux du suprême plaisir, Aux gais combats dont c'est l'arrière-garde, Jambes enfin, vaillantes seulement Dans le plaisant déduit au bon moment Serrant mon buste et ballant vers la nue, Puis, au repos, - cuisses, genoux, mollet, - Fleurant comme ambre et blanches comme lait - Tel le pastel d'après ma femme nue.
0
365
Riche ventre
Orphée, au bois du Caystre, Ecoutait, quand l'astre luit, Le rire obscur et sinistre Des inconnus de la nuit. Phtas, la sibylle thébaine, Voyait près de Phygalé Danser des formes d'ébène Sur l'horizon étoilé. Eschyle errait à la brune En Sicile, et s'enivrait Des flûtes du clair de lune Qu'on entend dans la forêt. Pline, oubliant toutes choses Pour les nymphes de Milet, Epiait leurs jambes roses Quand leur robe s'envolait. Plaute, rôdant à Viterbe Dans les vergers radieux, Ramassait parfois dans l'herbe Des fruits mordus par les dieux. Versailles est un lieu sublime Où le faune, un pied dans l'eau, Offre à Molière la rime, Etonnement de Boileau. Le vieux Dante, à qui les âmes Montraient leur sombre miroir, Voyait s'évader des femmes Entre les branches le soir. André Chénier sous les saules Avait l'éblouissement De ces fuyantes épaules Dont Virgile fut l'amant. Shakespeare, aux aguets derrière Le chêne aux rameaux dormants, Entendait dans la clairière De vagues trépignements. Ô feuillage, tu m'attires ; Un dieu t'habite ; et je crois Que la danse des satyres Tourne encore au fond des bois.
0
349
Orphée, au bois du Caystre
Pour sauver son époux, Çavitri fit le vœu De se tenir trois jours entiers, trois nuits entières, Debout, sans remuer jambes, buste ou paupières : Rigide, ainsi que dit Vyaça, comme un pieu. Ni, Curya, tes rais cruels, ni la langueur Que Tchandra vient épandre à minuit sur les cimes Ne firent défaillir, dans leurs efforts sublimes, La pensée et la chair de la femme au grand cœur. - Que nous cerne l'Oubli, noir et morne assassin, Ou que l'Envie aux traits amers nous ait pour cibles. Ainsi que Çavitri faisons-nous impassibles, Mais, comme elle, dans l'âme ayons un haut dessein.
0
317
Çavitri