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"humide" poems
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Une croix sur le bord d'un chemin
Sur le bord du chemin, que j'aime à voir l'oiseau, Fuyant le nid léger que balance l'ormeau, Prendre le grain qu'il porte à sa couvée éclose, Les premiers jours de mai, quand s'entr'ouvre la rose. Sur le bord du chemin, que j'aime l'églantier, De pétales dorés parsemant le sentier, Disant que l'hiver fuit avec neige et froidure, Qu'un sourire d'avril ramène la verdure. Sur le bord du chemin, que j'aime à voir les fleurs Dont les hommes n'ont pas combiné les couleurs ; Les fleurs des malheureux, qu'aux malheureux Dieu donne, Du Dieu qui songe à tous, aimable et sainte aumône. Sur le bord du chemin, que j'aime le ruisseau, Qui, sous le nénuphar, sous l'aulne et le roseau, Me cache ses détours, mais qui murmure et chante, S'emparant en fuyant de ma pensée errante. Sur le bord du chemin, que j'aime le berger, Son vieux chien vigilant, son chalumeau léger ; La cloche du troupeau, triste comme une plainte, Qui s'arrête parfois, puis qui s'ébranle et tinte. Sur le bord du chemin, que j'aime mieux encor La simple croix de bois, sans sculpture, sans or ; À ses pieds, une fleur humide de rosée, Par l'humble laboureur, humblement déposée. Sur le bord du chemin, la fleur se fanera, Les troupeaux partiront, le ruisseau tarira ; Tout se flétrit et meurt, quand s'enfuit l'hirondelle ; Mais la croix restera saintement immortelle ! Sur le bord du chemin, tout varie en son cours, Le ciel seul, à notre âme, osa dire : Toujours ! Et quand nos cœurs brisés s'agitent dans le doute, Qu'il est bon de trouver une croix sur la route ! Sur le bord du chemin, les paroles d'amour, Murmure harmonieux qui ne dure qu'un jour, S'en vont avec le vent, aussi légère chose Qu'un chant d'oiseau dans l'air ou qu'un parfum de rose. Sur le bord du chemin, on tombe avant le soir, Les pieds tout déchirés et le cœur sans espoir ; Pèlerin fatigué que poursuivit l'orage, On s'assied sur la route à moitié du voyage. Sur le bord du chemin, ô croix ! reste pour moi ! Mes yeux ont moins de pleurs en se levant vers toi. Tu me montres le but ; une voix qui console, Dans le fond de mon cœur, semble être ta parole : « Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli, Ô pauvre ami blessé qui caches ta souffrance, Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! » Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix, Consolant les bergers et consolant les rois, Offrant à tout passant son appui tutélaire... Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre !
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Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, Je me suis promené dans le petit jardin Qu'éclairait doucement le soleil du matin, Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle. Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle De vigne folle avec les chaises de rotin... Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle. Les roses comme avant palpitent ; comme avant, Les grands lys orgueilleux se balancent au vent, Chaque alouette qui va et vient m'est connue. Même j'ai retrouvé debout la Velléda, Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue, Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.
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Après trois ans
C'est plutôt le sabbat du second Faust que l'autre. Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement Rhythmique. - Imaginez un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant. Des ronds-points ; au milieu, des jets d'eau ; des allées Toutes droites ; sylvains de marbre ; dieux marins De bronze ; çà et là, des Vénus étalées ; Des quinconces, des boulingrins ; Des châtaigniers ; des plants de fleurs formant la dune ; Ici, des rosiers nains qu'un goût docte effila ; Plus **** des ifs taillés en triangles. La lune D'un soir d'été sur tout cela. Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air De chasse : tel, doux, lent, sourd et mélancolique, L'air de chasse de Tannhauser. Des chants voilés de cors lointains où la tendresse Des sens étreint l'effroi de l'âme en des accords Harmonieusement dissonnants dans l'ivresse ; Et voici qu'à l'appel des cors S'entrelacent soudain des formes toutes blanches, Diaphanes, et que le clair de lune fait Opalines parmi l'ombre verte des branches, - Un Watteau rêvé par Raffet ! - S'entrelacent parmi l'ombre verte des arbres D'un geste alangui, plein d'un désespoir profond ; Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres Très lentement dansent en rond. - Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée Du poète ivre, ou son regret, ou son remords, Ces spectres agités en tourbe cadencée, Ou bien tout simplement des morts ? Sont-ce donc ton remords, ô rêvasseur qu'invite L'horreur, ou ton regret, ou ta pensée, - hein ? - tous Ces spectres qu'un vertige irrésistible agite, Ou bien des morts qui seraient fous ? - N'importe ! ils vont toujours, les fébriles fantômes, Menant leur ronde vaste et morne et tressautant Comme dans un rayon de soleil des atomes, Et s'évaporent à l'instant Humide et blême où l'aube éteint l'un après l'autre Les cors, en sorte qu'il ne reste absolument Plus rien - absolument - qu'un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant.
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Nuit du Walpurgis classique
C'est plutôt le sabbat du second Faust que l'autre. Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement Rhythmique. - Imaginez un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant. Des ronds-points ; au milieu, des jets d'eau ; des allées Toutes droites ; sylvains de marbre ; dieux marins De bronze ; çà et là, des Vénus étalées ; Des quinconces, des boulingrins ; Des châtaigniers ; des plants de fleurs formant la dune ; Ici, des rosiers nains qu'un goût docte effila ; Plus **** des ifs taillés en triangles. La lune D'un soir d'été sur tout cela. Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air De chasse : tel, doux, lent, sourd et mélancolique, L'air de chasse de Tannhauser. Des chants voilés de cors lointains où la tendresse Des sens étreint l'effroi de l'âme en des accords Harmonieusement dissonnants dans l'ivresse ; Et voici qu'à l'appel des cors S'entrelacent soudain des formes toutes blanches, Diaphanes, et que le clair de lune fait Opalines parmi l'ombre verte des branches, - Un Watteau rêvé par Raffet ! - S'entrelacent parmi l'ombre verte des arbres D'un geste alangui, plein d'un désespoir profond ; Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres Très lentement dansent en rond. - Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée Du poète ivre, ou son regret, ou son remords, Ces spectres agités en tourbe cadencée, Ou bien tout simplement des morts ? Sont-ce donc ton remords, ô rêvasseur qu'invite L'horreur, ou ton regret, ou ta pensée, - hein ? - tous Ces spectres qu'un vertige irrésistible agite, Ou bien des morts qui seraient fous ? - N'importe ! ils vont toujours, les fébriles fantômes, Menant leur ronde vaste et morne et tressautant Comme dans un rayon de soleil des atomes, Et s'évaporent à l'instant Humide et blême où l'aube éteint l'un après l'autre Les cors, en sorte qu'il ne reste absolument Plus rien - absolument - qu'un jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant.
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Voyez-vous de l'or de ces urnes S'échapper ces esprits des fleurs, Tout trempés de parfums nocturnes, Tout vêtus de fraîches couleurs ? Ce ne sont pas de vains fantômes Créés par un art décevant, Pour donner un corps aux arômes Que nos gazons livrent au vent. Non : chaque atome de matière Par un esprit est habité ; Tout sent, et la nature entière N'est que douleur et volupté ! Chaque rayon d'humide flamme Qui jaillit de vos yeux si doux ; Chaque soupir qui de mon âme S'élance et palpite vers vous ; Chaque parole réprimée Qui meurt sur mes lèvres de feu, N'osant même à la fleur aimée D'un nom chéri livrer l'aveu ; Ces songes que la nuit fait naître Comme pour nous venger du jour, Tout prend un corps, une âme, un être, Visibles, mais au seul amour ! Cet ange flottant des prairies, Pâle et penché comme ses lis, C'est une de mes rêveries Restée aux fleurs que je cueillis. Et sur ses ailes renversées Celui qui jouit d'expirer, Ce n'est qu'une de mes pensées Que vos lèvres vont respirer.
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Les esprits des fleurs
Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
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Tristesse en mer
Les mouettes volent et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air. Le jour tombe ; une fine pluie Eteint les fournaises du soir, Et le steam-boat crachant la suie Rabat son long panache noir. Plus pâle que le ciel livide Je vais au pays du charbon, Du brouillard et du suicide ; - Pour se tuer le temps est bon. Mon désir avide se noie Dans le gouffre amer qui blanchit ; Le vaisseau danse, l'eau tournoie, Le vent de plus en plus fraîchit. Oh ! je me sens l'âme navrée ; L'Océan gonfle, en soupirant, Sa poitrine désespérée, Comme un ami qui me comprend. Allons, peines d'amour perdues, Espoirs lassés, illusions Du socle idéal descendues, Un saut dans les moites sillons ! A la mer, souffrances passées, Qui revenez toujours, pressant Vos blessures cicatrisées Pour leur faire pleurer du sang ! A la mer, spectre de mes rêves, Regrets aux mortelles pâleurs Dans un coeur rouge ayant sept glaives, Comme la mère des douleurs. Chaque fantôme plonge et lutte Quelques instants avec le flot Qui sur lui ferme sa volute Et l'engloutit dans un sanglot. Lest de l'âme, pesant bagage, Trésors misérables et chers, Sombrez, et dans votre naufrage Je vais vous suivre au fond des mers. Bleuâtre, enflé, méconnaissable, Bercé par le flot qui bruit, Sur l'humide oreiller du sable Je dormirai bien cette nuit ! ... Mais une femme dans sa mante Sur le pont assise à l'écart, Une femme jeune et charmante Lève vers moi son regard, Dans ce regard, à ma détresse La Sympathie à bras ouverts Parle et sourit, soeur ou maîtresse, Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts ! Les mouettes voient et jouent ; Et les blancs coursiers de la mer, Cabrés sur les vagues, secouent Leurs crins échevelés dans l'air.
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Mot-dièse : pharaonne Synonyme : reine-pharaon Exemple: Hapshepsout Attributs : pagne court en chendjit Coiffe-némès Double-couronne pschent Collier Barbe postiche cérémonielle Sceptre foral Mot-cible : pharaonne Synonyme : maîtresse souveraine Exemple : Maakarê Attributs: double plume sur mortier Robe fourreau Croix ankh Serpent-Uraeus Couronne néret Mot-balise : momie Mot-clic : le sistre Mot-clé : la ménat Tous les mots du monde Dièse cible clic clé ou balise Tous les hashtags du monde Entre croisillons et carrés Ne mettront sous étiquette ni label Qu'une infime parcelle intérimaire De ma pharaonne titulaire. Ses hanches généreuses s'imbriquent Idéalement dans l'architecture des pyramides fanfaronnes Ses courbes défient les lignes droites lubriques des pierres Et serpentent en gazouillant Comme des vautours tumides Entre les grains de sable humide Et l'oeil du cyclone solaire. Ma pharaonne porte barbiche cérémonielle Tous azimuts elle agite son hochet sacré Et tous les mois sont avril pour elle Qui ne se découvre jamais d'un fil de siècle. Veuve numide jamais nue Mais toujours vulve sincère à neuf têtes Jamais postiche, jamais potiche, Jamais cruche, jamais crèche Pharaonne de plein exercice, Dame de haute lignée tout simplement fraîche Et éternellement dispose A célébrer en elle les clics et les clacs de l'immortalité.
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Oct 4, 2019
Oct 4, 2019 at 5:38 AM UTC
Mot-dièse : pharaonne
À Madame ***. La rose humide et vierge encore, Que l'aube embellit de ses pleurs, N'est pas plus fraîche que les fleurs Que votre pinceau fait éclore. On vante la voix et les chants De la plaintive Philomèle : Vos airs ne sont pas moins touchants, Et vous chantez aussi bien qu'elle. Par vous est réhabilité Cet art accusé d'imposture : Mensonge plein de vérité, Par vous il devient la nature. Mais de ce triomphe entre nous Ne tirez pas trop d'avantage : La nature a fait mieux que vous, Bonneuil ; vous êtes son ouvrage. Écrit en 1790.
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La rose humide et vierge
Vous êtes la douce lueur de l’Aube, comme elle scintille à travers l’herbe humide, Comme des étoiles sous mes pieds. C’est le paradis que je peux atteindre Toujours avec toi, mon ange, à mes côtés.
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Feb 14, 2019
Feb 14, 2019 at 1:49 PM UTC
Mon Ange
Ton corps est devenu falaise Insufflée de ton aura Et pour en escalader les parois Je contemple la pierre abrupte Et ses labyrinthes infranchissables J'envoie des papillons en éclaireurs Tout autour du précipice A la recherche d'une faille, D'un interstice infime Où je pourrais m'introduire En catimini et partir A l'assaut de tes cimes Les rochers se dérobent, S'effritent, se désagrègent Mes mains n'adhèrent plus à ta surface Mes mains sont moites Je suis humide Je grimpe à même la roche Pendant des années-lumière Les mains blanchies de craie Je suis comme une exoplanète Autour d'une naine rouge Toutes mes rivières Tous mes océans Toutes mes eaux Gravitent vers toi, Ma petite étoile sacrée Ma Muse constellée de Mer Noire.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:42 AM UTC
Moite
Qui entendra mon cris du cœur, ce léger frisson dans la nuit? Quand comprendrais-je que je n’étais qu’une bouche où il a pris appui? Recroquevillée dans ma douleur, la musique pour remplir le vide des promesses oubliées. Ressassant le passé, croyant y trouver la réalité qui me rendra ma vitalité. Rien de plus qu’une chair humide et naïve, Maintenant mes sentiments se mettent en exil. Mon corps et mon âme s’emportant au rythme de sa vigueur. Devenue femme au gré de mains pleines de douceur. Des mots ravageurs pour faire mourir l’innocence. Une nuit remplie de souvenirs à jamais synonyme de souffrance. Une lourdeur noire écrasant ma poitrine. La vie est bien plus belle de l’autre côté de la vitrine. À bout de souffle à force de me battre contre mes propres pensées. Tout en moi se met à dériver vers ce tourment de culpabilité.
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May 10, 2019
May 10, 2019 at 10:22 PM UTC
Douleur
Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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Au Sieur Robertet
Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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Vous avez un regard singulier et charmant ; Comme la lune au fond du lac qui la reflète, Votre prunelle, où brille une humide paillette, Au coin de vos doux yeux roule languissamment ; Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ; Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite, Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète, Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement. Mille petits amours, à leur miroir de flamme, Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux, Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux. Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme, Comme une fleur céleste au calice idéal Que l'on apercevrait à travers un cristal.
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À deux beaux yeux
Il est un bosquet sombre où se cache la rose, Et le doux rossignol y va souvent gémir ; Il est un fleuve pur dont le cristal l'arrose : Ce fleuve, on l'a nommé le calme Bendemir. Dans ma rêveuse enfance, où mon cœur se replonge, Lorsque je ressemblais au mobile roseau, En glissant sous les fleurs comme au travers d'un songe J'écoutais l'eau fuyante et les chants de l'oiseau. Je n'ai pas oublié cette musique tendre, Qui remplissait les airs d'un murmure enchanté ; Dans ma chaîne souvent il m'a semblé l'entendre : J'ai dit : Le rossignol là-bas a-t-il chanté ? Penchent-elles encor leurs têtes couronnées, Ces belles fleurs, dans l'eau que j'écoutais gémir ? Non, elles étaient fleurs ; le temps les a fanées, Et leur chute a troublé le calme Bendemir. Mais lorsqu'elles brillaient dans l'éclat de leurs charmes, Avant de s'effeuiller sur l'humide tombeau, On puisa dans leur sein ces odorantes larmes Qui rappellent l'été dont le règne est si beau ! Ainsi le souvenir rend à mes rêveries Les chants du rossignol que j'écoutais gémir ; Et ma chaîne s'étend jusqu'aux rives fleuries Où je crois voir couler le calme Bendemir.
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Chant d'une jeune esclave
Une femme mystérieuse, Dont la beauté trouble mes sens, Se tient debout, silencieuse, Au bord des flots retentissants. Ses yeux, où le ciel se reflète, Mêlent à leur azur amer, Qu'étoile une humide paillette, Les teintes glauques de la mer. Dans les langueurs de leurs prunelles, Une grâce triste sourit ; Les pleurs mouillent les étincelles Et la lumière s'attendrit ; Et leurs cils comme des mouettes Qui rasent le flot aplani, Palpitent, ailes inquiètes, Sur leur azur indéfini. Comme dans l'eau bleue et profonde, Où dort plus d'un trésor coulé, On y découvre à travers l'onde La coupe du roi de Thulé. Sous leur transparence verdâtre, Brille parmi le goémon, L'autre perle de Cléopâtre Prés de l'anneau de Salomon. La couronne au gouffre lancée Dans la ballade de Schiller, Sans qu'un plongeur l'ait ramassée, Y jette encor son reflet clair. Un pouvoir magique m'entraîne Vers l'abîme de ce regard, Comme au sein des eaux la sirène Attirait Harald Harfagar. Mon âme, avec la violence D'un irrésistible désir, Au milieu du gouffre s'élance Vers l'ombre impossible à saisir. Montrant son sein, cachant sa queue, La sirène amoureusement Fait ondoyer sa blancheur bleue Sous l'émail vert du flot dormant. L'eau s'enfle comme une poitrine Aux soupirs de la passion ; Le vent, dans sa conque marine, Murmure une incantation. " Oh ! viens dans ma couche de nacre, Mes bras d'onde t'enlaceront ; Les flots, perdant leur saveur âcre, Sur ta bouche, en miel couleront. " Laissant bruire sur nos têtes, La mer qui ne peut s'apaiser, Nous boirons l'oubli des tempêtes Dans la coupe de mon baiser. " Ainsi parle la voix humide De ce regard céruléen, Et mon coeur, sous l'onde perfide, Se noie et consomme l'hymen.
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Caerulei oculi
Une femme mystérieuse, Dont la beauté trouble mes sens, Se tient debout, silencieuse, Au bord des flots retentissants. Ses yeux, où le ciel se reflète, Mêlent à leur azur amer, Qu'étoile une humide paillette, Les teintes glauques de la mer. Dans les langueurs de leurs prunelles, Une grâce triste sourit ; Les pleurs mouillent les étincelles Et la lumière s'attendrit ; Et leurs cils comme des mouettes Qui rasent le flot aplani, Palpitent, ailes inquiètes, Sur leur azur indéfini. Comme dans l'eau bleue et profonde, Où dort plus d'un trésor coulé, On y découvre à travers l'onde La coupe du roi de Thulé. Sous leur transparence verdâtre, Brille parmi le goémon, L'autre perle de Cléopâtre Prés de l'anneau de Salomon. La couronne au gouffre lancée Dans la ballade de Schiller, Sans qu'un plongeur l'ait ramassée, Y jette encor son reflet clair. Un pouvoir magique m'entraîne Vers l'abîme de ce regard, Comme au sein des eaux la sirène Attirait Harald Harfagar. Mon âme, avec la violence D'un irrésistible désir, Au milieu du gouffre s'élance Vers l'ombre impossible à saisir. Montrant son sein, cachant sa queue, La sirène amoureusement Fait ondoyer sa blancheur bleue Sous l'émail vert du flot dormant. L'eau s'enfle comme une poitrine Aux soupirs de la passion ; Le vent, dans sa conque marine, Murmure une incantation. " Oh ! viens dans ma couche de nacre, Mes bras d'onde t'enlaceront ; Les flots, perdant leur saveur âcre, Sur ta bouche, en miel couleront. " Laissant bruire sur nos têtes, La mer qui ne peut s'apaiser, Nous boirons l'oubli des tempêtes Dans la coupe de mon baiser. " Ainsi parle la voix humide De ce regard céruléen, Et mon coeur, sous l'onde perfide, Se noie et consomme l'hymen.
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I L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance, L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ; la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes sous les murs dont quelque pucelle eut la défense ; L'ébat des anges ; - Non... le courant d'or en marche, meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d'herbe. Elle sombre, ayant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche. II Eh ! l'humide carreau tend ses bouillons limpides ! L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes. Les robes vertes et déteintes des fillettes font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides. Plus pure qu'un louis, jaune et chaude paupière le souci d'eau - ta foi conjugale, ô l'Épouse ! - au midi prompt, de son terne miroir, jalouse au ciel gris de chaleur la Sphère rose et chère. III Madame se tient trop debout dans la prairie prochaine où neigent les fils du travail ; l'ombrelle aux doigts ; foulant l'ombelle ; trop fière pour elle ; des enfants lisant dans la verdure fleurie leur livre de maroquin rouge ! Hélas, Lui, comme mille anges blancs qui se séparent sur la route, s'éloigne par delà la montagne ! Elle, toute froide, et noire, court ! après le départ de l'homme ! IV Regret des bras épais et jeunes d'herbe pure ! Or des lunes d'avril au coeur du saint lit ! Joie des chantiers riverains à l'abandon, en proie aux soirs d'août qui faisaient germer ces pourritures ! Qu'elle pleure à présent sous les remparts ! l'haleine des peupliers d'en haut est pour la seule brise. Puis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise : un vieux, dragueur, dans sa barque immobile, peine. V Jouet de cet oeil d'eau morne, je n'y puis prendre, ô canot immobile ! oh ! bras trop courts ! ni l'une ni l'autre fleur : ni la jaune qui m'importune, là ; ni la bleue, amie à l'eau couleur de cendre. Ah ! la poudre des saules qu'une aile secoue ! Les roses des roseaux dès longtemps dévorées ! Mon canot, toujours fixe ; et sa chaîne tirée Au fond de cet oeil d'eau sans bords, - à quelle boue ?
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Mémoire
I L'eau claire ; comme le sel des larmes d'enfance, L'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ; la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes sous les murs dont quelque pucelle eut la défense ; L'ébat des anges ; - Non... le courant d'or en marche, meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d'herbe. Elle sombre, ayant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche. II Eh ! l'humide carreau tend ses bouillons limpides ! L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes. Les robes vertes et déteintes des fillettes font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides. Plus pure qu'un louis, jaune et chaude paupière le souci d'eau - ta foi conjugale, ô l'Épouse ! - au midi prompt, de son terne miroir, jalouse au ciel gris de chaleur la Sphère rose et chère. III Madame se tient trop debout dans la prairie prochaine où neigent les fils du travail ; l'ombrelle aux doigts ; foulant l'ombelle ; trop fière pour elle ; des enfants lisant dans la verdure fleurie leur livre de maroquin rouge ! Hélas, Lui, comme mille anges blancs qui se séparent sur la route, s'éloigne par delà la montagne ! Elle, toute froide, et noire, court ! après le départ de l'homme ! IV Regret des bras épais et jeunes d'herbe pure ! Or des lunes d'avril au coeur du saint lit ! Joie des chantiers riverains à l'abandon, en proie aux soirs d'août qui faisaient germer ces pourritures ! Qu'elle pleure à présent sous les remparts ! l'haleine des peupliers d'en haut est pour la seule brise. Puis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise : un vieux, dragueur, dans sa barque immobile, peine. V Jouet de cet oeil d'eau morne, je n'y puis prendre, ô canot immobile ! oh ! bras trop courts ! ni l'une ni l'autre fleur : ni la jaune qui m'importune, là ; ni la bleue, amie à l'eau couleur de cendre. Ah ! la poudre des saules qu'une aile secoue ! Les roses des roseaux dès longtemps dévorées ! Mon canot, toujours fixe ; et sa chaîne tirée Au fond de cet oeil d'eau sans bords, - à quelle boue ?
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D'où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ? Dans l'ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs, Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ? Un enfant du village a-t-il perdu ces fleurs ? Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive Sous la croix où s'arrête un pauvre voyageur ? Est-ce d'un fils errant la mémoire naïve Qui d'une pâle rose y cacha la blancheur ? De nos mères partout nous suit l'ombre légère ; Partout l'amitié prie et rêve à l'amitié ; Le pèlerin souffrant sur la route étrangère Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié ! Solitaire bouquet, ta tristesse charmante Semble avec tes parfums exhaler un regret. Peut-être es-tu promis au songe d'une amante : Souvent dans une fleur l'amour a son secret ! Et moi j'ai rafraîchi les pieds de la madone De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ; Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne : Elle entend la pensée au fond de notre cœur !
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Le bouquet sous la croix
Il y a les moissons du ciel Et les moissons de la mer. Et les anguilles préfèrent, au vent Et aux nuages, Les jungles flottantes sans rivage Pour y pondre leurs hommages. Ce n'est pas l'œil du cyclone Ni l'arc-en-ciel Qui captive les poissons volants Et les anémones Et les alimente de goemon, varech De nitrates et phosphates. C'est la mer des sargasses, Refuge des eaux salines, immobiles Et chaudes Où vague et vent sont bannis, Qui mène le bal d'entre deux morts, Le bal des sargasses. Chaque tortue de mer qui éclot, Chaque marin qui s'y frotte, Sens dessus dessous Chante les tentacules de la muse hydroïde Bryozoaire Calme Humide Et nourricière Garantie sans OGM Qui hante ce port d'attache de sa dentelle Fine et négligemment ouvragée .
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Oct 26, 2019
Oct 26, 2019 at 9:06 AM UTC
Le bal des Sargasses
Sonnet. Que le soleil est beau quand tout frais il se lève, Comme une explosion nous lançant son bonjour ! - Bienheureux celui-là qui peut avec amour Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve ! Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon, Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite... - Courons vers l'horizon, il est **** courons vite, Pour attraper au moins un oblique rayon ! Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ; L'irrésistible Nuit établit son empire, Noire, humide, funeste et pleine de frissons ; Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage, Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage, Des crapauds imprévus et de froids limaçons.
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Le coucher du soleil romantique
À mon retour (eh ! je m'en désespère), Tu m'as reçu d'un baiser tout glacé, Froid, sans saveur, baiser d'un trépassé, Tel que Diane en donnait à son frère, Tel qu'un fille en donne à sa grand-mère, La fiancée en donne au fiancé, Ni savoureux, ni moiteux (1), ni pressé : Eh quoi, ma lèvre est-elle si amère ? Ah ! tu devrais imiter les pigeons, Qui bec en bec de baisers doux et longs Se font l'amour sur le haut d'une souche Je te supplie, maîtresse, désormais Ou baise-moi la saveur en la bouche, Ou bien du tout ne me baise jamais. 1. Moiteux : Humide. 2. Souche : Branche.
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À mon retour
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, Et que de l'horizon embrassant tout le cercle Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ; Quand la terre est changée en un cachot humide, Où l'Espérance, comme une chauve-souris, S'en va battant les murs de son aile timide Et se cognant la tête à des plafonds pourris ; Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux, Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux, Des cloches tout à coup sautent avec furie Et lancent vers le ciel un affreux hurlement, Ainsi que des esprits errants et sans patrie Qui se mettent à geindre opiniâtrement. - Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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Quand le ciel bas et lourd
On trouve dans les monts des lacs de quelques toises, Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises, Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel, Où le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire, S'imagine, trompé par l'optique illusoire, Laper l'azur du ciel. Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète, Ont comme la prunelle une humide paillette ; Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux, Par lesquels la montagne en extase contemple, Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple, Dieu, l'ouvrier jaloux !
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Les yeux bleus de la montagne
Sonnet. Le soldat frappé tombe en poussant de grands cris ; On l'emporte ; le baume assainit la blessure, Elle se ferme un jour ; il marche, il se rassure, Et, par un beau soleil, il croit ses maux guéris. Mais, au premier retour d'un ciel humide et gris, De l'ancienne douleur il ressent la morsure ; Alors la guérison ne lui paraît pas sûre, Le souvenir du fer gît dans ses flancs meurtris. Ainsi, selon le temps qu'il fait dans ma pensée, À la place où mon âme autrefois fut blessée Il est un renouveau d'angoisses que je crains ; Une larme, un chant triste, un seul mot dans un livre, Nuage au ciel limpide où je me plais à vivre, Me fait sentir au cœur la dent des vieux chagrins.
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Les blessures