"horizontale" poems
Parmi les marbres qu'on renomme
Sous le ciel d'Athène ou de Rome,
Je prends le plus pur, le plus blanc,
Je le taille et puis je l'étale
Dans ta pose d'Horizontale
Soulevée... un peu... sur le flanc...
Voici la tête qui se dresse,
Qu'une ample chevelure presse,
Le cou blanc, dont le pur contour
Rappelle à l'œil qui le contemple
Une colonne, au front d'un temple,
Le plus beau temple de l'Amour !
Voici la gorge féminine,
Le bout des seins sur la poitrine
Délicatement accusé,
Les épaules, le dos, le ventre
Où le nombril se renfle et rentre
Comme un tourbillon apaisé.
Voici le bras plein qui s'allonge ;
Voici, comme on les voit en songe,
Les deux petites mains d'Éros,
Le bassin immense, les hanches,
Et les adorablement blanches
Et fermes fesses de Paros.
Voici le mont au fond des cuisses
Les plus fortes pour que tu puisses
Porter les neuf mois de l'enfant ;
Et voici tes jambes parfaites...
Et, pour les sonnets des poètes,
Voici votre pied triomphant.
Pas plus grande que Cléopâtre
Pour qui deux peuples vont se battre,
Voici la Femme dont le corps
Fait sur les gestes et les signes
Courir la musique des lignes
En de magnifiques accords.
Je m'élance comme un barbare,
J'abats la tête, le pied rare,
Les mains... et puis... au bout d'un an...
Lorsque sa gloire est colossale,
Je la dispose en une salle,
La plus riche du Vatican.
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Ma belle de jouir
Ma quatrième épouse
Est un grand quelqu'un
Une sauvageonne de pure race muse
De l'ethnie cavaquinho
Et de la lignée ukulele
Et quand on frôle son bas du dos à vide
Le la, le do, le mi, le sol
Frémissent à l'unisson
Et résonnent à l'infini
En notes tentaculaires
Dans la peau tendue du tambourinaire.
S'envolent alors comme des rossignols
Toutes les règles de bienséance
Et les canons se désintègrent
Les cordes grincent, les corps couinent
Le cacao certifié fond
En rimes masculines et féminines
Dans une frénésie desarçonnante
Où les volcans tour à tour meurent
Et renaissent
Inlassablement
Comme des vagues qui au lieu de rouler à l'horizontale vers l'estran
Grimperaient verticalement
Comme aspirées
Par les tiges du soleil couchant
Qui déploie ses doigts de feu
Comme pour apprivoiser les neuf tentacules
De la dame aux neuf rires
Qui se donne au feu follet du plaisir.
Nov 27, 2019
Nov 27, 2019 at 4:10 AM UTC