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"hauteurs" poems
(Extrait) Aigles qui passez sur nos têtes, Allez dire aux vents déchaînés Que nous défions leurs tempêtes Avec nos mâts enracinés. Qu'ils montent, ces tyrans de l'onde, Que leur aile s'ameute et gronde Pour assaillir nos bras nerveux ! Allons ! leurs plus fougueux vertiges Ne feront que bercer nos tiges Et que siffler dans nos cheveux ! Fils du rocher, nés de nous-même, Sa main divine nous planta ; Nous sommes le vert diadème Qu'aux sommets d'Éden il jeta. Quand ondoiera l'eau du déluge, Nos flancs creux seront le refuge De la race entière d'Adam, Et les enfants du patriarche Dans nos bois tailleront l'arche Du Dieu nomade d'Abraham ! C'est nous quand les tribus captives Auront vu les hauteurs d'Hermon, Qui couvrirons de nos solives L'arche immense de Salomon ; Si, plus **** un Verbe fait homme D'un nom plus saint adore et nomme Son père du haut d'une croix, Autels de ce grand sacrifice, De l'instrument de son supplice Nos rameaux fourniront le bois. En mémoire de ces prodiges, Des hommes inclinant leurs fronts Viendront adorer nos vestiges, Coller leurs lèvres à nos troncs. Les saints, les poètes, les sages Ecouteront dans nos feuillages Des bruits pareils aux grandes eaux, Et sous nos ombres prophétiques Formeront leurs plus beaux cantiques Des murmures de nos rameaux.
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Chœur des Cèdres du Liban
Jéhova de la terre a consacré les cimes ; Elles sont de ses pas le divin marchepied, C'est là qu'environné de ses foudres sublimes Il vole, il descend, il s'assied. Sina, l'Olympe même, en conservent la trace ; L'Oreb, en tressaillant, s'inclina sous ses pas ; Thor entendit sa voix, Gelboé vit sa face ; Golgotha pleura son trépas. Dieu que l'Hébron connait, Dieu que Cédar adore, Ta gloire à ces rochers jadis se dévoila ; Sur le sommet des monts nous te cherchons encore ; Seigneur, réponds-nous ! es-tu là ? Paisibles habitants de ces saintes retraites, Comme l'ont entendu les guides d'Israël, Dans le calme des nuits, des hauteurs où vous êtes N'entendez-vous donc rien du ciel ? Ne voyez-vous jamais les divines phalanges Sur vos dômes sacrés descendre et se pencher ? N'entendez-vous jamais des doux concerts des anges Retentir l'écho du rocher ? Quoi ! l'âme en vain regarde, aspire, implore, écoute ; Entre le ciel et nous, est-il un mur d'airain ? Vos yeux, toujours levés vers la céleste voûte, Vos yeux sont-ils levés en vain ? Pour s'élancer, Seigneur, où ta voix les appelle, Les astres de la nuit ont des chars de saphirs, Pour s'élever à toi, l'aigle au moins a son aile ; Nous n'avons rien que nos soupirs ! Que la voix de tes saints s'élève et te désarme, La prière du juste est l'encens des mortels ; Et nous, pêcheurs, passons: nous n'avons qu'une larme A répandre sur tes autels.
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À la grande chartreuse
(Extrait) Peuples ! écoutez le poète ! Écoutez le rêveur sacré ! Dans votre nuit, sans lui complète, Lui seul a le front éclairé. Des temps futurs perçant les ombres, Lui seul distingue en leurs flancs sombres Le germe qui n'est pas éclos. Homme, il est doux comme une femme. Dieu parle à voix basse à son âme Comme aux forêts et comme aux flots. C'est lui qui, malgré les épines, L'envie et la dérision, Marche, courbé dans vos ruines, Ramassant la tradition. De la tradition féconde Sort tout ce qui couvre le monde, Tout ce que le ciel peut bénir. Toute idée, humaine ou divine, Qui prend le passé pour racine A pour feuillage l'avenir. Il rayonne ! il jette sa flamme Sur l'éternelle vérité ! Il la fait resplendir pour l'âme D'une merveilleuse clarté. Il inonde de sa lumière Ville et désert, Louvre et chaumière, Et les plaines et les hauteurs ; À tous d'en haut il la dévoile ; Car la poésie est l'étoile Qui mène à Dieu rois et pasteurs !
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Fonction du poète (II)
I. Je vis la nuit et rêve le jour Et parfois je te parle quand mes idées deviennent floues Les effluves de vin dansent et Les étoiles n’entendent parler que de toi. Obstinée, dans ma lancée, Je leur chante ton sourire. Ô D.eu, combien de fois les ais-je entendues me dire de partir ? Mes souvenir se reflètent sur la Seine dormante Impressionnante mais bienveillante Il m’est même arrivée de l’entendre me répondre Alors que mon esprit voguait sur les hauteurs Lune, quand tu n’es pas là les étoiles chantent II. Lassées de m’entendre chanter, Les étoiles sont parties Elles m’ont laissées avec toi, Ton souvenir dansant autour de moi, Pendant que j’essaie de trouver mon chemin Mais je me retourne Vers des routes brûlantes Mais tu me détournes Inconsciemment
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Sep 10, 2019
Sep 10, 2019 at 6:52 PM UTC
Reflet immaculé
Je vis cloîtré dans mon âme profonde, Sans rien d'humain, sans amour, sans amis, Seul comme un dieu, n'ayant d'égaux au monde Que mes aïeux sous la tombe endormis ! Hélas ! grandeur veut dire solitude. Comme une idole au geste surhumain, Je reste là, gardant mon attitude, La pourpre au dos, le monde dans la main. Comme Jésus, j'ai le cercle d'épines ; Les rayons d'or du nimbe sidéral Percent ma peau comme des javelines, Et sur mon front perle mon sang royal. Le bec pointu du vautour héraldique Fouille mon flanc en proie aux noirs soucis : Sur son rocher, le Prométhée antique N'était qu'un roi sur son fauteuil assis. De mon olympe entouré de mystère, Je n'entends rien que la voix des flatteurs ; C'est le seul bruit qui des bruits de la terre Puisse arriver à de telles hauteurs ; Et si parfois mon peuple, qu'on outrage, En gémissant entrechoque ses fers : « Sire ! dormez, me dit-on, c'est l'orage ; Les cieux bientôt vont devenir plus clairs. » Je puis tout faire, et je n'ai plus d'envie. Ah ! si j'avais seulement un désir ! Si je sentais la chaleur de la vie ! Si je pouvais partager un plaisir ! Mais le soleil va toujours sans cortège ; Les plus hauts monts sont aussi les plus froids ; Et nul été ne peut fondre la neige Sur les sierras et dans le coeur des rois !
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Le roi solitaire