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"habile" poems
Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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Le baiser (IV)
Le Baiser de ton rêve Est celui de l'Amour ! Le jour, le jour se lève, Clairons, voici le jour ! Le Baiser de mon rêve Est celui de l'Amour ! Enfin, le jour se lève ! Clairons, voici le jour ! La caresse royale Est celle de l'Amour. Battez la générale, Battez, battez, tambour ! Car l'Amour est horrible Au gouffre de son jour ! Pour le tir à la cible Battez, battez, tambour. Sa caresse est féline Comme le point du jour : Pour gravir la colline Battez, battez, tambour ! Sa caresse est câline Comme le flot du jour : Pour gravir la colline, Battez, battez, tambour. Sa caresse est énorme Comme l'éclat du jour : Pour les rangs que l'on forme, Battez, battez, tambour ! Sa caresse vous touche Comme l'onde et le feu ; Pour tirer la cartouche, Battez, battez un peu. Son Baiser vous enlace Comme l'onde et le feu : Pour charger la culasse, Battez, battez un peu. Sa Caresse se joue Comme l'onde et le feu : Tambour, pour mettre en joue, Battez, battez un peu. Sa caresse est terrible Comme l'onde et le feu : Pour le cœur trop sensible Battez, battez un peu. Sa caresse est horrible, Comme l'onde et le feu : Pour ajuster la cible, Restez, battez un peu. Cette Caresse efface Tout, sacré nom de Dieu ! Pour viser bien en face, Battez, battez un peu. Son approche vous glace Comme ses feux passés : Pour viser bien en face Cessez. Car l'Amour est plus belle Que son plus bel amour : Battez pour la gamelle, Battez, battez tambour, Toute horriblement belle Au milieu de sa cour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'arme la plus habile Est celle de l'Amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour ! Car elle est moins cruelle Que la clarté du jour : Sonnez la boute-selle, Trompettes de l'Amour ! L'amour est plus docile Que son plus tendre amour : Pour ma belle, à la ville, Battez, battez tambour. Elle est plus difficile À plier que le jour : Pour la mauvaise ville, Battez, battez tambour. Nul n'est plus difficile À payer de retour : Pour la guerre civile, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus large Est celui de l'Amour : Pour l'amour et la charge, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus tendre Est celui de l'Amour, Battez pour vous défendre, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus chaste Est celui de l'Amour : Amis, la terre est vaste, En avant, le tambour. Le Baiser le plus grave Est celui de l'Amour : Battez, pour l'homme brave, Battez, battez tambour. Le Baiser qui se fâche Est celui de l'Amour : Battez pour l'homme lâche, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus mâle Est celui de l'Amour : Pour le visage pâle Battez, battez tambour. La Caresse en colère Est celle de l'Amour : Car l'Amour, c'est la guerre, Battez, battez tambour. Le Baiser qu'on redoute Est celui de l'Amour : Pour écarter le doute, Battez, battez tambour. L'art de jouir ensemble Est celui de l'Amour : Or, mourir lui ressemble : Battez, battez tambour. L'art de mourir ensemble Est celui de l'Amour : Battez fort pour qui tremble, Battez, battez tambour. Le Baiser le plus calme Est celui de l'Amour : Car la paix, c'est sa palme, Battez, battez tambour. La souffrance, la pire, Est d'être sans l'Amour : Battez, pour qu'elle expire, Battez, battez tambour. Le Baiser qui délivre Est celui de l'Amour : Battez pour qui veut vivre, Battez, battez tambour. La Caresse éternelle Est celle de l'Amour : Battez, la mort est belle, Battez, battez tambour. La guerre est la plus large Des portes de l'Amour : Pour l'assaut et la charge, Battez, battez tambour. La porte la plus sainte Est celle de la mort : Pour étouffer la plainte Battez, battez plus fort. L'atteinte la moins grave Est celle de la mort : L'amour est au plus brave, La Victoire... au plus fort !
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You give me all hope All hope of capableness to Sing a beautiful song And, to danced a dance Most adorable dance Accolade, given to me to Nurture our friendship Jonesing for a cup of love Oftentimes, you're sweetest Habile and passion you are Ahead of my feeling it's you Read all above stanzas and Inspire the warmth of love
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Jul 12, 2020
Jul 12, 2020 at 4:04 PM UTC
Y 💃J
Je pense à vous voir tant d'attraits, Qu'Amour vous a formée exprès Pour faire que sa fête on chôme, Car vous en avez une somme Bien dangereuse à voir de près. Vous êtes belle plus que très, Et vous avez le teint si frais, Qu'il n'est rien d'égal (au moins comme Je pense) à vous. Vos yeux, par des ressorts secrets, Tenaient mille cœurs dans vos rets ; Qui s'en défend est habile homme : Pour moi qu'un si beau feu consomme, Nuit et jour percé de vos traits Je pense à vous.
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Rondeau - Je pense à vous
Une poulette jeune et sans expérience, En trottant, cloquetant, grattant, Se trouva, je ne sais comment, Fort **** du poulailler, berceau de son enfance. Elle s'en aperçut qu'il était déjà **** Comme elle y retournait, voici qu'un vieux renard A ses yeux troublés se présente. La pauvre poulette tremblante Recommanda son âme à Dieu. Mais le renard, s'approchant d'elle, Lui dit : hélas ! Mademoiselle, Votre frayeur m'étonne peu ; C'est la faute de mes confrères, Gens de sac et de corde, infâmes ravisseurs, Dont les appétits sanguinaires Ont rempli la terre d'horreurs. Je ne puis les changer, mais du moins je travaille A préserver par mes conseils L'innocente et faible volaille Des attentats de mes pareils. Je ne me trouve heureux qu'en me rendant utile ; Et j'allais de ce pas jusques dans votre asile Pour avertir vos soeurs qu'il court un mauvais bruit, C'est qu'un certain renard méchant autant qu'habile Doit vous attaquer cette nuit. Je viens veiller pour vous. La crédule innocente Vers le poulailler le conduit : A peine est-il dans ce réduit, Qu'il tue, étrangle, égorge, et sa griffe sanglante Entasse les mourants sur la terre étendus, Comme fit Diomède au quartier de Rhésus. Il croqua tout, grandes, petites, Coqs, poulets et chapons ; tout périt sous ses dents. La pire espèce de méchants Est celle des vieux hypocrites.
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La jeune poule et le vieux renard
Quand je suis vingt ou trente mois Sans retourner en Vendômois, Plein de pensées vagabondes, Plein d'un remords et d'un souci, Aux rochers je me plains ainsi, Aux bois, aux antres et aux ondes. Rochers, bien que soyez âgés De trois mil ans, vous ne changez Jamais ni d'état ni de forme ; Mais toujours ma jeunesse fuit, Et la vieillesse qui me suit, De jeune en vieillard me transforme. Bois, bien que perdiez tous les ans En l'hiver vos cheveux plaisants, L'an d'après qui se renouvelle, Renouvelle aussi votre chef ; Mais le mien ne peut derechef R'avoir sa perruque nouvelle. Antres, je me suis vu chez vous Avoir jadis verts les genoux, Le corps habile, et la main bonne ; Mais ores j'ai le corps plus dur, Et les genoux, que n'est le mur Qui froidement vous environne. Ondes, sans fin vous promenez Et vous menez et ramenez Vos flots d'un cours qui ne séjourne ; Et moi sans faire long séjour Je m'en vais, de nuit et de jour, Au lieu d'où plus on ne retourne. Si est-ce que je ne voudrois Avoir été rocher ou bois Pour avoir la peau plus épaisse, Et vaincre le temps emplumé ; Car ainsi dur je n'eusse aimé Toy qui m'as fait vieillir, Maistresse.
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Quand je suis vingt ou trente mois
Certain roi qui régnait sur les rives du Tage, Et que l'on surnomma le sage, Non parce qu'il était prudent, Mais parce qu'il était savant, Alphonse, fut surtout un habile astronome. Il connaissait le ciel bien mieux que son royaume, Et quittait souvent son conseil Pour la lune ou pour le soleil. Un soir qu'il retournait à son observatoire, Entouré de ses courtisans, Mes amis, disait-il, enfin j'ai lieu de croire Qu'avec mes nouveaux instruments Je verrai cette nuit des hommes dans la lune. Votre majesté les verra, Répondait-on ; la chose est même trop commune, Elle doit voir mieux que cela. Pendant tous ces discours, un pauvre, dans la rue, S'approche, en demandant humblement, chapeau bas, Quelques maravédis : le roi ne l'entend pas, Et, sans le regarder, son chemin continue. Le pauvre suit le roi, toujours tendant la main, Toujours renouvelant sa prière importune ; Mais, les yeux vers le ciel, le roi, pour tout refrain, Répétait : je verrai des hommes dans la lune. Enfin le pauvre le saisit Par son manteau royal, et gravement lui dit : Ce n'est pas de là haut, c'est des lieux où nous sommes Que Dieu vous a fait souverain. Regardez à vos pieds ; là vous verrez des hommes, Et des hommes manquant de pain.
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Le roi Alphonse
Fable I, Livre I. L'olive, aux champs, n'est pas ce qu'elle est sur la table ; Le premier qui, sur l'arbre, essaya d'en goûter, Fit une mine épouvantable ; Au feu voulut faire jeter Le tronc qui produisait un fruit si détestable. Mieux vaut le cultiver, lui dit la Déité Qui faisait ce présent à l'Attique fertile ; Plus qu'on ne croit, son fruit peut devenir utile, S'il se trouve chez vous un homme assez habile Pour corriger sa crudité. Minerve avait raison ; le fruit que l'on dédaigne, Par un fort habile homme à la fin ramassé, Dans l'eau propice où l'art le baigne, De ses défauts un jour se voit débarrassé. Il n'est, depuis, ami de bonne chère Qui n'en veuille en mille ragoûts ; Et grâce à l'apprêt qui tempère L'âpreté de son caractère, Ni trop douce, ni trop amère, L'olive est devenue un mets de tous les goûts. Cet apprêt que l'habile artiste Fit subir au fruit rebuté, Est celui que le fabuliste Doit donner à la vérité.
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L'olive
Sonnet. Deux sonnets partagent la ville, Deux sonnets partagent la cour, Et semblent vouloir à leur tour Rallumer la guerre civile. Le plus sot et le plus habile En mettent leur avis au jour, Et ce qu'on a pour eux d'amour A plus d'un échauffe la bile. Chacun en parle hautement Suivant son petit jugement ; Et, s'il y faut mêler le nôtre, L'un est sans doute mieux rêvé, Mieux conduit, et mieux achevé ; Mais je voudrais avoir fait l'autre.
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Deux sonnets
Un renard plein d'esprit, d'adresse, de prudence, À la cour d'un lion servait depuis longtemps. Les succès les plus éclatants Avaient prouvé son zèle et son intelligence. Pour peu qu'on l'employât, toute affaire allait bien. On le louait beaucoup, mais sans lui donner rien ; Et l'habile renard était dans l'indigence. Lassé de servir des ingrats, De réussir toujours sans en être plus gras, Il s'enfuit de la cour ; dans un bois solitaire Il s'en va trouver son grand-père, Vieux renard retiré, qui jadis fut vizir. Là, contant ses exploits, et puis les injustices, Les dégoûts qu'il eut à souffrir, Il demande pourquoi de si nombreux services N'ont jamais pu rien obtenir. Le bon homme renard, avec sa voix cassée, Lui dit : mon cher enfant, la semaine passée, Un blaireau mon cousin est mort dans ce terrier : C'est moi qui suis son héritier, J'ai conservé sa peau : mets-la dessus la tienne, Et retourne à la cour. Le renard avec peine Se soumit au conseil ; affublé de la peau De feu son cousin le blaireau, Il va se regarder dans l'eau d'une fontaine, Se trouve l'air d'un sot, tel qu'était le cousin. Tout honteux, de la cour il reprend le chemin. Mais, quelques mois après, dans un riche équipage, Entouré de valets, d'esclaves, de flatteurs, Comblé de dons et de faveurs, Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage : Il était grand vizir. Je te l'avais bien dit, S'écrie alors le vieux grand-père : Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire Doit d'abord cacher son esprit.
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Le renard déguisé
Un renard plein d'esprit, d'adresse, de prudence, À la cour d'un lion servait depuis longtemps. Les succès les plus éclatants Avaient prouvé son zèle et son intelligence. Pour peu qu'on l'employât, toute affaire allait bien. On le louait beaucoup, mais sans lui donner rien ; Et l'habile renard était dans l'indigence. Lassé de servir des ingrats, De réussir toujours sans en être plus gras, Il s'enfuit de la cour ; dans un bois solitaire Il s'en va trouver son grand-père, Vieux renard retiré, qui jadis fut vizir. Là, contant ses exploits, et puis les injustices, Les dégoûts qu'il eut à souffrir, Il demande pourquoi de si nombreux services N'ont jamais pu rien obtenir. Le bon homme renard, avec sa voix cassée, Lui dit : mon cher enfant, la semaine passée, Un blaireau mon cousin est mort dans ce terrier : C'est moi qui suis son héritier, J'ai conservé sa peau : mets-la dessus la tienne, Et retourne à la cour. Le renard avec peine Se soumit au conseil ; affublé de la peau De feu son cousin le blaireau, Il va se regarder dans l'eau d'une fontaine, Se trouve l'air d'un sot, tel qu'était le cousin. Tout honteux, de la cour il reprend le chemin. Mais, quelques mois après, dans un riche équipage, Entouré de valets, d'esclaves, de flatteurs, Comblé de dons et de faveurs, Il vient de sa fortune au vieillard faire hommage : Il était grand vizir. Je te l'avais bien dit, S'écrie alors le vieux grand-père : Mon ami, chez les grands quiconque voudra plaire Doit d'abord cacher son esprit.
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Fable XVIII, Livre II. Tandis que sa main droite achevait un tableau, Certain professeur en peinture Gourmandait sa main gauche, et disait : « La nature T'a fait là, pauvre peintre ! un assez sot cadeau. Jamais une esquisse, une ébauche, Un simple trait peut-il sortir de ta main gauche ? Sait-elle tenir un pinceau ? Non, pas même un crayon ! Cependant, maladroite, N'as-tu pas cinq doigts bien comptés ? Pour faire en tout mes volontés, Qu'as-tu de moins que ma main droite ? - Beaucoup, monsieur, » répond pour le membre accusé L'un des cinq doigts ; le petit doigt, sans doute ; Doigt très instruit, doigt très rusé, Doigt qui sait ce qu'il dit comme tel qui l'écoute. « La main gauche à la droite est semblable en tous points, Dans l'état de nature ou l'état d'ignorance, Car c'est tout un ; mais quelle différence Entre ces sœurs bientôt s'établit par vos soins, Vers la droite en tout temps portés de préférence ! La main droite est toujours en opération ; La main gauche en repos : voilà toute l'affaire. On ne peut devenir habile, à ne rien faire. Au seul défaut d'instruction Attribuez, monsieur, l'impuissance où nous sommes. Croyez-vous l'éducation Moins nécessaire aux mains qu'aux hommes ? »
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La main droite et la main gauche
Imitation. Horace. Du temps où tu m'aimais, Lydie, De ses bras nul autre que moi N'entourait ta gorge arrondie ; J'ai vécu plus heureux qu'un roi. Lydie. Du temps où j'étais ta maîtresse, Tu me préférais à Chloé ; Je m'endormais à ton côté Plus heureuse qu'une déesse Horace. Chloé me gouverne à présent, Savante au luth, habile au chant ; La douceur de sa voix m'enivre. Je suis prêt à cesser de vivre S'il fallait lui donner mon sang. Lydie. Je me consume maintenant Pour Calaïs, mon jeune amant, Qui dans mon cœur a pris ta place, Je mourrais deux fois, cher Horace, S'il fallait lui donner mon sang. Horace. Eh quoi ! si dans notre pensée L'ancien amour se ranimait Si ma blonde était délaissée ? Si demain Vénus offensée A ta porte me ramenait ? Lydie. Calaïs est jeune et fidèle, Et toi, poète, ton désir Est plus léger que l'hirondelle, Plus inconstant que le zéphyr ; Pourtant, s'il t'en prenait envie, Avec toi j'aimerais la vie ; Avec toi je voudrais mourir.
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À Lydie
Un chat sauvage et grand chasseur S'établit, pour faire bombance, Dans le parc d'un jeune seigneur Où lapins et perdrix étaient en abondance. Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour, A la course, à l'affût également habile, Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour Et quadrupède et volatile. Les gardes épiaient l'insolent braconnier ; Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier, Le drôle trompait leur adresse. Cependant il craignait d'être pris à la fin, Et se plaignait que la vieillesse Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin. Ce penser lui causait souvent de la tristesse ; Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes : C'était une de ces lunettes Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir, Le maître avait perdue en ce lieu solitaire. Le chat d'abord la considère, La touche de sa griffe, et de l'extrémité La fait à petits coups rouler sur le côté, Court après, s'en saisit, l'agite, la remue, Etonné que rien n'en sortît. Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit. Alors il aperçoit sous la verte coudrette Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas. Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette, Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas. Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine, S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain Le garde qui vers lui chemine. Pressé par la peur, par la faim, Il reste un moment incertain, Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde : Mais toujours le gros bout lui montre **** le garde, Et le petit tout près lui fait voir le lapin. Croyant avoir le temps, il va manger la bête ; Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front, Lui met deux balles dans la tête, Et de sa peau fait un manchon. Chacun de nous a sa lunette, Qu'il retourne suivant l'objet ; On voit là-bas ce qui déplaît, On voit ici ce qu'on souhaite.
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Le chat et la lunette
Un chat sauvage et grand chasseur S'établit, pour faire bombance, Dans le parc d'un jeune seigneur Où lapins et perdrix étaient en abondance. Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour, A la course, à l'affût également habile, Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour Et quadrupède et volatile. Les gardes épiaient l'insolent braconnier ; Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier, Le drôle trompait leur adresse. Cependant il craignait d'être pris à la fin, Et se plaignait que la vieillesse Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin. Ce penser lui causait souvent de la tristesse ; Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes : C'était une de ces lunettes Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir, Le maître avait perdue en ce lieu solitaire. Le chat d'abord la considère, La touche de sa griffe, et de l'extrémité La fait à petits coups rouler sur le côté, Court après, s'en saisit, l'agite, la remue, Etonné que rien n'en sortît. Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit. Alors il aperçoit sous la verte coudrette Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas. Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette, Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas. Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine, S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain Le garde qui vers lui chemine. Pressé par la peur, par la faim, Il reste un moment incertain, Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde : Mais toujours le gros bout lui montre **** le garde, Et le petit tout près lui fait voir le lapin. Croyant avoir le temps, il va manger la bête ; Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front, Lui met deux balles dans la tête, Et de sa peau fait un manchon. Chacun de nous a sa lunette, Qu'il retourne suivant l'objet ; On voit là-bas ce qui déplaît, On voit ici ce qu'on souhaite.
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Ô ! j'ai froid d'un froid de glace Ô ! je brûle à toute place ! Mes os vont se cariant, Des blessures vont criant ; Mes ennemis pleins de joie Ont fait de moi quelle proie ! Mon cœur, ma tête et mes reins Souffrent de maux souverains. Tout me fuit, adieu ma gloire ! Est-ce donc le Purgatoire ? Ou si c'est l'enfer ce lieu Ne me parlant plus de Dieu ? - L'indignité de ton sort Est le plaisir d'un plus Fort, Dieu plus juste, et plus Habile Que ce toi-même débile. Tu souffres de tel mal profond Que des volontés te font, Plus bénignes que la tienne Si mal et si peu chrétienne, Tes humiliations Sont des bénédictions Et ces mornes sécheresses Où tu te désintéresses De purs avertissements Descendus de cieux aimants. Tes ennemis sont les anges, Moins cruels et moins étranges Que bons inconsciemment, D'un Seigneur rude et clément Aime tes croix et tes plaies, Il est sain que tu les aies. Face aux terribles courroux, Bénis et tombe à genoux. Fer qui coupe et voix qui tance, C'est la bonne Pénitence. Sous la glace et dans le feu Tu retrouveras ton Dieu.
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Ô j'ai froid d'un froid de glace
La vanité nous rend aussi dupes que sots. Je me souviens, à ce propos, Qu'au temps jadis, après une sanglante guerre Où, malgré les plus beaux exploits, Maint lion fut couché par terre, L'éléphant régna dans les bois. Le vainqueur, politique habile, Voulant prévenir désormais Jusqu'au moindre sujet de discorde civile, De ses vastes états exila pour jamais La race des lions, son ancienne ennemie. L'édit fut proclamé. Les lions affaiblis, Se soumettant au sort qui les avait trahis, Abandonnent tous leur patrie. Ils ne se plaignent pas, ils gardent dans leur cœur Et leur courage et leur douleur. Un bon vieux petit chien, de la charmante espèce De ceux qui vont portant jusqu'au milieu du dos Une toison tombant à flots, Exhalait ainsi sa tristesse : Il faut donc vous quitter, ô pénates chéris ! Un barbare, à l'âge où je suis, M'oblige à renoncer aux lieux qui m'ont vu naître. Sans appui, sans secours, dans un pays nouveau Je vais, les yeux en pleurs, demander un tombeau, Qu'on me refusera peut-être. Ô tyran, tu le veux ! Allons ! Il faut partir. Un barbet l'entendit : touché de sa misère, Quel motif, lui dit-il, peut t'obliger à fuir ? - Ce qui m'y force, ô ciel ! Et cet édit sévère Qui nous chasse à jamais de cet heureux canton... ? - Nous ? - Non pas vous, mais moi. - Comment ! Toi, Mon cher frère ? Qu'as-tu donc de commun... ? - Plaisante question ! Eh ! Ne suis-je pas un lion ?
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Le petit chien
Fable XVII, Livre IV. Une ourse avait mis bas ; ourses du voisinage D'accourir pour voir le poupon. « Est-ce une fille? Est-ce un garçon ? Est-il bien gros ? Est-il bien sage ? Sans que ce soit un damoiseau, Puisqu'il est le fils de son père, Comme un ange il doit être beau, Pour peu qu'il ressemble à sa mère. » « - Gomme un diable il est laid, commère, » Devait répondre la maman, Si sur ce point, une fois l'an, Maman pouvait être sincère. La nôtre à tous les yeux cachait son nourrisson ; Masse informe, ébauche grossière, Ours, qui d'ours n'avait que le nom ; D'un ours c'était bien la matière, Mais il manquait la façon. C'est à la lui donner que la dame s'applique. Au fond d'un antre obscur, **** du monde et du bruit. C'est à lécher sans cesse et relécher son fruit Qu'elle met son étude unique. Ses efforts n'ont pas été vains : Ainsi qu'on voit la molle argile, Sous les doigts d'un artiste habile, Prendre un buste, un visage, et des pieds et des mains ; Grâce aux soins qui le débarbouillent, Du petit monstre, en peu de jours, Les traits tour à tour se débrouillent, Et c'est, s'il n'a changé, le plus joli des ours. Sa mère, je le crois, ne lisait point Horace ; Mais nous qui le lisons, nous autres beaux esprits, Pourquoi moins qu'elle user de ses sages avis ? Cent fois sur le métier remettez vos écrits, A dit le maître du Parnasse. Vains préceptes! nos vers sont à peine ébauchés, Que de les mettre au jour rien ne peut nous distraire, Aussi sur le théâtre, aussi chez le libraire, Mes amis, que d'ours mal léchés !
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Les ours mal léchés
Fable XVII, Livre IV. Une ourse avait mis bas ; ourses du voisinage D'accourir pour voir le poupon. « Est-ce une fille? Est-ce un garçon ? Est-il bien gros ? Est-il bien sage ? Sans que ce soit un damoiseau, Puisqu'il est le fils de son père, Comme un ange il doit être beau, Pour peu qu'il ressemble à sa mère. » « - Gomme un diable il est laid, commère, » Devait répondre la maman, Si sur ce point, une fois l'an, Maman pouvait être sincère. La nôtre à tous les yeux cachait son nourrisson ; Masse informe, ébauche grossière, Ours, qui d'ours n'avait que le nom ; D'un ours c'était bien la matière, Mais il manquait la façon. C'est à la lui donner que la dame s'applique. Au fond d'un antre obscur, **** du monde et du bruit. C'est à lécher sans cesse et relécher son fruit Qu'elle met son étude unique. Ses efforts n'ont pas été vains : Ainsi qu'on voit la molle argile, Sous les doigts d'un artiste habile, Prendre un buste, un visage, et des pieds et des mains ; Grâce aux soins qui le débarbouillent, Du petit monstre, en peu de jours, Les traits tour à tour se débrouillent, Et c'est, s'il n'a changé, le plus joli des ours. Sa mère, je le crois, ne lisait point Horace ; Mais nous qui le lisons, nous autres beaux esprits, Pourquoi moins qu'elle user de ses sages avis ? Cent fois sur le métier remettez vos écrits, A dit le maître du Parnasse. Vains préceptes! nos vers sont à peine ébauchés, Que de les mettre au jour rien ne peut nous distraire, Aussi sur le théâtre, aussi chez le libraire, Mes amis, que d'ours mal léchés !
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My heart is a deserted isle Distress lines its marooned shore A fleet of pneumas that reckoned they'd find What they'd been hunting for. But your treasure plans were lying There's zilch aurous beneath my sand Don't brook the sea persuade you That it's benigner on my land. You might be a habile matelot With nothing but the pristine aim But i have stoushed so many corsairs That you now all appear the same. So take heed of my fanal Even combers burst on my rocks There's a rationale not a lone ship Has made it to my docks. And i wish i could render cover From those squall billows in my sky Because you've not made it aground But you should know, neither have i.
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May 31, 2019
May 31, 2019 at 1:26 PM UTC
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