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"guerrier" poems
Mon Papa c'est le roi, ma maman c'est la reine, Elle arrive à nous faire rire, Même quand on a de la peine. Tu nous prépares des jus d'oranges du guerrier, Et des petits plats biens mitonnés. Même si parfois on critique ta cuisine, Tu sais bien, qu'en fait, on te taquine. Tu nous fais des bisous tous les soirs, Tu n'oublies jamais, même s'il est **** Avec toi on peut toujours se confier, Bien que souvent, on a peur de t'inquiéter. Tu nous soutiens dans les moments difficiles, Tu sais toujours comment rendre notre vie plus facile. On adore te faire plaisir, Et encore plus te faire rire! Je ne sais pas ce qu'on ferait sans toi, Heureusement que ce n'est pas le cas! Même pas peur des monstres sous mon lit Ils sont chassés dès que tu viens la nuit; Tu nous fais un bisou protecteur, Avec lui je peux affronter toutes mes peurs.
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Sep 20, 2014
Sep 20, 2014 at 6:11 AM UTC
Maman
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Stances
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Un angora que sa maîtresse Nourrissait de mets délicats Ne faisait plus la guerre aux rats ; Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse, Allaient, trottaient partout, et ne se gênaient pas. Un jour, dans un grenier retiré, solitaire, Où notre chat dormait après un bon festin, Plusieurs rats viennent dans le grain Prendre leur repas ordinaire. L'angora ne bougeait. Alors mes étourdis Pensent qu'ils lui font peur ; l'orateur de la troupe Parle des chats avec mépris. On applaudit fort, on s'attroupe, On le proclame général. Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal : Braves amis, dit-il, courons à la vengeance. De ce grain désormais nous devons être las, Jurons de ne manger désormais que des chats : On les dit excellents, nous en ferons bombance. À ces mots, partageant son belliqueux transport, Chaque nouveau guerrier sur l'angora s'élance, Et réveille le chat qui dort. Celui-ci, comme on croit, dans sa juste colère, Couche bientôt sur la poussière Général, tribuns et soldats. Il ne s'échappa que deux rats Qui disaient, en fuyant bien vite à leur tanière : Il ne faut point pousser à bout L'ennemi le plus débonnaire ; On perd ce que l'on tient quand on veut gagner tout.
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Le chat et les rats
À Mademoiselle Contat. Vos doigts de rose ont déchiré Le crêpe étendu sur ma vie ; Par vous, belle et sensible amie, De mes fers je suis délivré. Je ne suis plus seul sur la terre ; Je redeviens, par vos bienfaits, Fils, époux, citoyen et père, Ami, frère, et surtout Français. Me savaient-ils cette existence, Ceux qui m'avaient calomnié ? Riche et fier de votre amitié, Pouvais-je abandonner la France ? Ami de la tranquillité, Je ne suis ni guerrier ni prêtre. J'ai fait quelques héros peut-être ; Mais je ne l'ai jamais été. C'est depuis qu'elle m'est ravie Que j'estime la liberté : Elle ressemble à la santé, Que le seul malade apprécie. Mille fois heureux qui par vous Recouvre ce bien que j'adore ; Mille fois plus heureux encore Qui peut le perdre à vos genoux ! À Dunkerque, le 9 décembre 1792
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Ami de la tranquillité
Mon amie, ma muse Nue et sincère Tu cherches l'oiseau rare, L'âme effervescente aux yeux d'eau noire, Aux yeux sans visage De sel, de cendre, de vin Qui te ressemble Et qui profusément te rassemble Entre tumescences et détumescences. Tu l'appelles Décébale, géant guerrier de pierre, Tu le pries Gilgamesh, immortel héros mythique, Tu le couves des yeux Lucifer, Ange déchu, doux démon Entre tumescences et détumescences Tu les synthétises, tu les allaites Tu les baptises et débaptises Tu les tatoues En femelle animale virginale En chatonne de lynx captive Un jour Regina, le lendemain Jao, le surlendemain Zoé. Je l'appelle sublime élan vital, Entre zénith et nadir, incandescence. Il se manifeste entre boursouflures, Dilatations, bascules, Turgescences, érections, éruptions, bandaisons, Flux et reflux de sang et de sève, Marées basses, dégorgements, Enflures, dégonflements, coulées de lave. Alors dans cet entre-deux parfait où les eaux Animales, humaines et divines Se déversent en impossible amour Ton masque entre en transe Et tu nages jusqu'au delta lustral Des colombes aux abois. Tu es Dyonissia, tu es Aura, Gradiva, Annabel Lee, Princesse Brambilla, Tu es immortelle, tu es Tout-Monde Entre tumescences et détumescences Tu renais immortelle.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:17 PM UTC
Tumescences et détumescences
Mon âge et mon sang ne sont plus en vigueur, Les ardents pensers ne m'eschauffent le cœur ; Plus mon chef grison ne se veut enfermer Sous le joug d'aimer. En mon jeune avril, d'Amour je fus soudart, Et, vaillant guerrier, portay son estendart ; Ores à l'autel de Venus je l'appens, Et forcé me rens. Plus ne veux ouyr ces mots delicieux : « Ma vie, mon sang, ma chere âme, mes yeux. » C'est pour les amants à qui le sang plus chaud Au cœur ne défaut. Je veux d'autre feu ma poitrine eschaufer, Cognoistre nature et bien philosopher, Du monde sçavoir et des astres le cours, Retours et destours. Donc, sonnets, adieu ! adieu, douces chansons ! Adieu, dance ! adieu de la lyre les sons ! Adieu, traits d'Amour ! volez en autre part Qu'au cœur de Ronsard. Je veux estre à moy, non plus servir autruy ; Pour autruy ne veux me donner plus d'ennuy. Il faut essayer, sans plus me tourmenter, De me contenter. L'oiseau prisonnier, tant soit-il bien traité, Sa cage rompant, cherche sa liberté : Servage d'esprit tient de liens plus forts Que celuy du corps. Vostre affection m'a servy de bonheur. D'estre aimé de vous ce m'est un grand honneur. Tant que l'air vital en moy se respandra, II m'en souviendra. Plus ne veut mon âge à l'amour consentir, Repris de nature et d'un **** repentir. Combattre contre elle et luy estre odieux, C'est forcer les dieux.
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Ode saphique XXXI
Dixain. Muses, souvenez-vous du guerrier, - de l'ancien Qui ne fut général ni polytechnicien, Mais qui charma dix ans les mânes du grand Hômme ! Cet invalide était la gaîté de son dôme. Mon cœur est plein du bruit de sa jambe de bois. Pauvre vieux ! j'ai rêvé de vous plus d'une fois, La nuit, quand passe au ciel, avec ses gros yeux vides, La lune au nez d'argent, astre des invalides, Ou que le vent se meurt, comme un chant du départ... Et j'ai fait encadrer le mot de faire-part.
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Muses, souvenez-vous
Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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Retour
Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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Perte de la gaieté et absence de sérénité, Une découverte déserte, certes, toute inerte. Cherchant à comprendre, détachant des évènements méchants, tout en trébuchant, tomberai-je dans le néant? Une grande ombre bien sombre, cependant éclaircissant les décombres, avance. Grande malchance pour le guerrier contrarié, fuyant la chute, se fera emmurer par sa lutte. Tenté, par la délivrance, mais c’est une révolution sans la moindre solution, étrange, car toujours rien ne change. En dépit de quelques récits, ça chauffe, ça boue, serais-je qu’un pauvre fou? Risque ou réalité j'ai tout connu, cette fureur, pourvu qu’elle ne m’avale tout cru…
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Aug 16, 2017
Aug 16, 2017 at 1:56 PM UTC
Disparaître
Qu'attend-il sur la route Ce guerrier voyageur ? L'idole de son cœur, C'est la gloire, sans doute ? Mais à Notre-Dame d'Amour Il priait l'autre jour. Bien que l'on dût m'attendre, J'ai ralenti mes pas ; Mais il priait trop bas ; Dieu seul pouvait l'entendre. Ah ! si Notre-Dame d'Amour Voulait parler un jour ! Ne sait-il de victoire Qu'en suivant son drapeau ? Que sert-il d'être beau Pour n'aimer que la gloire ? Est-ce bien là, Dame d'Amour, Son vœu de l'autre jour ? Un charme m'environne... Vous qui priez pour nous, Pourquoi sur vos genoux Posa-t-il ma couronne ? Faudra-t-il pas, Dame d'Amour, Qu'il me la rende un jour ?
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Notre-Dame d'Amour
Merveilleux tableaux que la vue découvre à la pensée. Charles NODIER. I. J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs, Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs Ensevelis dans les feuillages ; Soit que la brume au **** s'allonge en bancs de feu ; Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu A des archipels de nuages. Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants, Amoncelés là-haut sous le souffle des vents, Groupent leurs formes inconnues ; Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair. Comme si tout à coup quelque géant de l'air Tirait son glaive dans les nues. Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ; Tantôt fait, à l'égal des larges dômes d'or, Luire le toit d'une chaumière ; Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ; Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons, Comme de grands lacs de lumière. Puis voilà qu'on croit voir, dans le ciel balayé, Pendre un grand crocodile au dos large et rayé, Aux trois rangs de dents acérées ; Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ; Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir Comme des écailles dorées. Puis se dresse un palais. Puis l'air tremble, et tout fuit. L'édifice effrayant des nuages détruit S'écroule en ruines pressées ; Il jonche au **** le ciel, et ses cônes vermeils Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils A des montagnes renversées. Ces nuages de plomb, d'or, de cuivre, de fer, Où l'ouragan, la trombe, et la foudre, et l'enfer Dorment avec de sourds murmures, C'est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds, Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds Ses retentissantes armures. Tout s'en va ! Le soleil, d'en haut précipité, Comme un globe d'airain qui, rouge, est rejeté Dans les fournaises remuées, En tombant sur leurs flots que son choc désunit Fait en flocons de feu jaillir jusqu'au zénith L'ardente écume des nuées. Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu'a fui le jour, En tout temps, en tout lieu, d'un ineffable amour, Regardez à travers ses voiles ; Un mystère est au fond de leur grave beauté, L'hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l'été, Quand la nuit les brode d'étoiles. Juin 1828.
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Soleils couchants
Merveilleux tableaux que la vue découvre à la pensée. Charles NODIER. I. J'aime les soirs sereins et beaux, j'aime les soirs, Soit qu'ils dorent le front des antiques manoirs Ensevelis dans les feuillages ; Soit que la brume au **** s'allonge en bancs de feu ; Soit que mille rayons brisent dans un ciel bleu A des archipels de nuages. Oh ! regardez le ciel ! cent nuages mouvants, Amoncelés là-haut sous le souffle des vents, Groupent leurs formes inconnues ; Sous leurs flots par moments flamboie un pâle éclair. Comme si tout à coup quelque géant de l'air Tirait son glaive dans les nues. Le soleil, à travers leurs ombres, brille encor ; Tantôt fait, à l'égal des larges dômes d'or, Luire le toit d'une chaumière ; Ou dispute aux brouillards les vagues horizons ; Ou découpe, en tombant sur les sombres gazons, Comme de grands lacs de lumière. Puis voilà qu'on croit voir, dans le ciel balayé, Pendre un grand crocodile au dos large et rayé, Aux trois rangs de dents acérées ; Sous son ventre plombé glisse un rayon du soir ; Cent nuages ardents luisent sous son flanc noir Comme des écailles dorées. Puis se dresse un palais. Puis l'air tremble, et tout fuit. L'édifice effrayant des nuages détruit S'écroule en ruines pressées ; Il jonche au **** le ciel, et ses cônes vermeils Pendent, la pointe en bas, sur nos têtes, pareils A des montagnes renversées. Ces nuages de plomb, d'or, de cuivre, de fer, Où l'ouragan, la trombe, et la foudre, et l'enfer Dorment avec de sourds murmures, C'est Dieu qui les suspend en foule aux cieux profonds, Comme un guerrier qui pend aux poutres des plafonds Ses retentissantes armures. Tout s'en va ! Le soleil, d'en haut précipité, Comme un globe d'airain qui, rouge, est rejeté Dans les fournaises remuées, En tombant sur leurs flots que son choc désunit Fait en flocons de feu jaillir jusqu'au zénith L'ardente écume des nuées. Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu'a fui le jour, En tout temps, en tout lieu, d'un ineffable amour, Regardez à travers ses voiles ; Un mystère est au fond de leur grave beauté, L'hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l'été, Quand la nuit les brode d'étoiles. Juin 1828.
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Si je trépasse entre tes bras, Madame, Il me suffit, car je ne veux avoir Plus grand honneur, sinon que de me voir En te baisant, dans ton sein rendre l'âme. Celui que Mars horriblement enflamme Aille à la guerre, et manque de pouvoir, Et jeune d'ans, s'ébatte à recevoir En sa poitrine une Espagnole lame ; Mais moi, plus froid, je ne requiers, sinon Après cent ans, sans gloire, et sans renom, Mourir oisif en ton giron, Cassandre. Car je me trompe, ou c'est plus de bonheur, Mourir ainsi, que d'avoir tout l'honneur, Pour vivre peu, d'un guerrier Alexandre.
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Si je trépasse entre tes bras, Madame