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"futiles" poems
Fable V, Livre II. Plus galant que sensé, Colin voulut jadis Réunir dans son champ l'agréable à l'utile, Et cultiver les fleurs au milieu des épis, Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile. Parmi les blés, dans la saison, Il va donc semant à foison Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille Qu'on voit égayer nos guérets, Quand Flore, en passant chez Cérès, A laissé pencher sa corbeille. Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau ! Avant l'ample récolte au moissonneur promise, Que de bouquets pour Suzette, pour Lise, Pour les fillettes du hameau ! Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ; Ou rien pour rien, c'est ma devise. Le doux printemps paraît enfin : Le bluet naît avec la rose. En mai, le bonheur de Colin Faisait envie à maint voisin ; En août ce fut tout autre chose. Tandis qu'il n'était pas d'endroits Où la moisson ne fût certaine ; Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine, Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine Que celle de trouver ses greniers trop étroits ; Trop **** désabusé de ses projets futiles, D'un œil obscurci par les pleurs, Colin, dans ses sillons stérilement fertiles, Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs. Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance, Ceci vous regarde, je crois ; Chez vous, on apprend à la fois Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse. C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis, Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis. Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système Colin, vous dit-il sagement, Ne cultivons que le froment, Le bluet viendra de lui-même.
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Les blés et les fleurs
Fable V, Livre II. Plus galant que sensé, Colin voulut jadis Réunir dans son champ l'agréable à l'utile, Et cultiver les fleurs au milieu des épis, Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile. Parmi les blés, dans la saison, Il va donc semant à foison Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille Qu'on voit égayer nos guérets, Quand Flore, en passant chez Cérès, A laissé pencher sa corbeille. Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau ! Avant l'ample récolte au moissonneur promise, Que de bouquets pour Suzette, pour Lise, Pour les fillettes du hameau ! Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ; Ou rien pour rien, c'est ma devise. Le doux printemps paraît enfin : Le bluet naît avec la rose. En mai, le bonheur de Colin Faisait envie à maint voisin ; En août ce fut tout autre chose. Tandis qu'il n'était pas d'endroits Où la moisson ne fût certaine ; Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine, Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine Que celle de trouver ses greniers trop étroits ; Trop **** désabusé de ses projets futiles, D'un œil obscurci par les pleurs, Colin, dans ses sillons stérilement fertiles, Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs. Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance, Ceci vous regarde, je crois ; Chez vous, on apprend à la fois Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse. C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis, Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis. Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système Colin, vous dit-il sagement, Ne cultivons que le froment, Le bluet viendra de lui-même.
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L’âme de chacun Effervescente et angoissée Elle vole au-dessus des nuées Remplie de rêves abîmés   Des rêves qui nous guident, des rêves qui nous aspirent L’âme est jetée comme les dés, pour aboutir Elle est constamment tourmentée par la notion du temps Comment ? Combien ? Quand ? Le temps est la champagne du vent Les humains, dirigés par de futiles moments Ou par la compulsion d’amasser de l’argent Esclaves du temps Esclaves d’une horloge Conduits par leur désir Qu’ils sèment au vent
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Jul 30, 2017
Jul 30, 2017 at 8:30 PM UTC
Les Dés de la Vie
Notre être, à l’incipit, apparaît minuscule Puis se développe notre histoire jusqu’à son crépuscule Une existence imaginée comme un cycle par quelques têtus Constituée d’un début, d’une suite d’intrigues, et d’une fin, avant de nous voir repus La partie la plus longue est communément appelée la vie Selon le contexte certaines dérangent et d’autres donnent envie Certaines sont accompagnées de louanges et d’autres de mépris D’échecs qui démangent, et de réussites anodines qu’on oublie Est-il raisonnable de se comparer et de se sentir misérable ? Alors qu’en creusant un peu on trouverait facilement quelque chose de louable Quelque chose que l’on a accompli pour aider une personne Peu importe la teneur de l’effort, l’essentiel est que l’on donne De sa personne, de son temps, de son pécule Apportant ainsi un instant de joie, un sourire, en somme rien de ridicule A quelqu’un dans le besoin, en détresse, ou se sentant inutile Tel une montre suisse à laquelle il manquerait une pile En oubliant que nous faisons tous partie d’un seul et même écosystème Que la mort du phytoplancton* entraînerait l’extinction de la race humaine Dans une époque où il semblerait que la réussite se mesure à la hauteur de ce qui est ou peut être consommé, J’estime que nous sommes tous importants et avons tous une valeur Inestimable, tout en étant palpable et faisant preuve de splendeur Et qui ne se restreint pas seulement à quelques possessions futiles et prochainement démodées Pauvreté et richesse se retrouvent souvent en cohabitation Quelques âmes en peine et perdues rêvent de jouir un jour de la possibilité de posséder un avion Alors qu’il est possible de voler et de voyager rien qu’avec de l’imagination Que courir, c’est voler entre deux foulées, voler par intermittence Que penser c’est voyager et contempler des pensées, sans avoir besoin de prendre des vacances Il est possible de créer et d’exister via la culture d’une passion Permettant la naissance d’un bien commun Un bien immatériel ou non, portant un amour inconsidéré en son sein Non par hasard mais par dessein. « Au milieu des choses », on se retrouve parachuté Dans un monde, une société qu’il est pénible de changer Mais l’histoire française nous a montré Qu’en nous y mettant tous ensemble rien ne pourra nous résister.
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Jun 12, 2020
Jun 12, 2020 at 7:35 AM UTC
In medias res
Notre être, à l’incipit, apparaît minuscule Puis se développe notre histoire jusqu’à son crépuscule Une existence imaginée comme un cycle par quelques têtus Constituée d’un début, d’une suite d’intrigues, et d’une fin, avant de nous voir repus La partie la plus longue est communément appelée la vie Selon le contexte certaines dérangent et d’autres donnent envie Certaines sont accompagnées de louanges et d’autres de mépris D’échecs qui démangent, et de réussites anodines qu’on oublie Est-il raisonnable de se comparer et de se sentir misérable ? Alors qu’en creusant un peu on trouverait facilement quelque chose de louable Quelque chose que l’on a accompli pour aider une personne Peu importe la teneur de l’effort, l’essentiel est que l’on donne De sa personne, de son temps, de son pécule Apportant ainsi un instant de joie, un sourire, en somme rien de ridicule A quelqu’un dans le besoin, en détresse, ou se sentant inutile Tel une montre suisse à laquelle il manquerait une pile En oubliant que nous faisons tous partie d’un seul et même écosystème Que la mort du phytoplancton* entraînerait l’extinction de la race humaine Dans une époque où il semblerait que la réussite se mesure à la hauteur de ce qui est ou peut être consommé, J’estime que nous sommes tous importants et avons tous une valeur Inestimable, tout en étant palpable et faisant preuve de splendeur Et qui ne se restreint pas seulement à quelques possessions futiles et prochainement démodées Pauvreté et richesse se retrouvent souvent en cohabitation Quelques âmes en peine et perdues rêvent de jouir un jour de la possibilité de posséder un avion Alors qu’il est possible de voler et de voyager rien qu’avec de l’imagination Que courir, c’est voler entre deux foulées, voler par intermittence Que penser c’est voyager et contempler des pensées, sans avoir besoin de prendre des vacances Il est possible de créer et d’exister via la culture d’une passion Permettant la naissance d’un bien commun Un bien immatériel ou non, portant un amour inconsidéré en son sein Non par hasard mais par dessein. « Au milieu des choses », on se retrouve parachuté Dans un monde, une société qu’il est pénible de changer Mais l’histoire française nous a montré Qu’en nous y mettant tous ensemble rien ne pourra nous résister.
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Fable VIII, Livre V. « Laridon, soit dit sans reproche, C'est un sot métier que le tien, » Disait un écureuil à certain citoyen Qui de son espèce était chien Et de son métier tournebroche. « Pardon, petit ami, pardon ; « Mais ce que tu dis là, répond le Laridon, « On le dirait peut-être avec plus de justice, « Du métier que le long du jour « Tu fais enfermé dans ce tour. « - Ce n'est pas un métier ; ce n'est qu'un exercice. « - J'estime autant l'oisiveté. « Cesse de tirer vanité « De consommer ta force en efforts si futiles ; « Et méprise un peu moins mon humble activité. « Tous tes pas sont perdus ; tous les miens sont utiles. »
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L'écureuil qui tourne dans sa cage